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vendredi 30 juin 2017

Macron a-t-il amorcé une "dérive absolutiste" ?

Macron en majesté devant le Congrès, "coup de com' à 500 000 €" ... : menaces de boycottage

Macron écrase son entourage et la représentation nationale

Le président a décidé d'afficher brutalement sa prééminence, 
décidant de réunir le Congrès à Versailles - haut lieu de la monarchie - qui le fascine, le 3 juillet, la veille de la déclaration de politique générale de son Premier ministre. La personne du président Emmanuel Macron s'impose à tous et à la politique que les Français devront subir. Macron 1er s'attire ainsi les foudres de l'opposition qui y voit une opération de communication coûteuse qui rabaisserait le gouvernement. 

Le silence de sa majorité est autrement plus symptomatique d'une dérive absolutiste engagée, sans contrôle parlementaire, au mépris des mandats qui leurs sont confiés.

Des modérés regimbent.




La droite républicaine souhaiterait voir respecter le fantoche de Matignon
Le député Les Républicains (LR) des Alpes-Maritimes Eric Ciotti partage l'analyse du centriste et pointe du doigt l'abaissement du rôle du Premier ministre au niveau de collaborateur, sans que les socialistes et les macroniens ne s'en émeuvent. "Il n'y a plus de Premier ministre", a-t-il estimé ce 29 juin. Edouard Philippe se voit ainsi "relégué dans un rôle totalement subalterne", a-t-il déclaré. 

Damien Abad, député LR de la 5e circonscription de l'Ain, analyse le choix d'Emmanuel Macron comme une opération de communication visant à renforcer sa posture présidentielle. L'occasion pour le chef de l'Etat de s'exprimer devant les deux chambres réunies, introduite dans la Constitution par la révision de 2008, revêt en effet un caractère exceptionnel. Damien Abad, rappelle au passage qu'elle ne doit servir qu'à proposer des réformes constitutionnelles de fond, et s'agace donc de voir Emmanuel Macron détourner la fonction du Congrès pour "soigner son image"

Il évalue en outre ce  "pied de nez à 500.000 euros fait au Premier ministre"
, alors que sont annoncés de nouveaux efforts de la Nation pour réduire la facture de 9 milliards laissée par Hollande, Cazeneuve et Sapin. Le prix estimé de la convocation du Congrès se situerait en effet entre 200.000 euros et 600.000 euros, selon les calculs de Paris Match, qui rappelle que l'opération avait coûté seulement 250.000 euros sous Nicolas Sarkozy.

La droite radicale s'élève contre cet alignement sur les Etats-Unis
Florian Philippot, vice-président du Front national, a également dénoncé une opération de communication personnelle. Il a ajouté que cette convocation des représentants du peuple aurait pour but de "singer le président américain". L'initiative d'Emmanuel Macron rappelle en effet le discours sur l'état de l'Union, déclaration du président des Etats-Unis aux sénateurs et députés chaque mois de janvier, vieille tradition de la république américaine.


La droite souverainiste pointe un souverain qui se dégage de ses contraintes démocratiques
Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président du parti Debout la France, voit dans cette "humiliation" infligée à Edouard Philippe la preuve qu'Emmanuel Macron, loin d'avoir choisi ce dernier pour ses qualités ou ses idées, ne souhaitait que recueillir les voix de la droite. Les législatives passées, le président de la République ne s'embarrasse donc plus du respect de ses collaborateurs et alliés et s'affranchit de ses obligations constitutionnelles à l'égard de son Premier ministre.

Le PS préfère polémiquer 
Le chef de file du mini-groupe socialiste et député de la 11e circonscription de Seine-et-Marne, Olivier Faure, a cru le moment opportun de voler au secours du président en établissant un parallèle avec Nicolas Sarkozy. Il ne réussit ainsi qu'à justifier l'ancien président qui avait qualifié son Premier ministre François Fillon de simple 'collaborateur' en 2008 et à participer à l'affaiblissement du locataire de Matignon venu de Les Républicains, tout en concédant une tendance présidentialiste de l'actuel président de la République. "Avec Nicolas Sarkozy le Premier ministre était un collaborateur, avec Emmanuel Macron, il risque de devenir un simple répétiteur", a tweeté le député, qui s'est inquiété d'une "dérive absolutiste".

La gauche extrême boycotte la grand messe de Versailles
Faute de représentativité au Parlement , e boycottage devient l'outil privilégié de la contestation. Plusieurs voix se sont élevées contre le caractère imposé de cette cérémonie et à l'occasion de laquelle les différents groupes parlementaires n'auront pas l'occasion de débattre: ils devront recevoir la parole présidentielle, sans possibilité d'échange. 
Certains parlementaires, comme le sénateur de Paris et secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, ont évoqué l'hypothèse du recours à un droit de retrait des députés et sénateurs de leur camp.

D'autres se sont montrés plus déterminés.
C'est le cas notamment du député socialiste proche de François Hollande, Régis Juanico, élu de la Loire qui, s'exprimant en des termes prêtant à confusion, voit dans son absence u"une marque d'irrespect" de la part d'Emmanuel Macron.

Bouclant la boucle des
mises en garde contre la dérive présidentielle, dès les premières six semaines, de gouvernance de Macron, Jean-Christophe Lagarde, chef de file des députés de l'UDI, synthétisant les trois types de rappels au respect des institutions adressés à Emmanuel Macron, a lui aussi annoncé qu'il ne se rendra pas à Versailles pour contester le coût d'un événement qu'il juge "rabaissant" pour l'exécutif et d'ordre purement médiatique.

L'ex-ministre Nadine Morano se joint à la grogne
Nadine Morano, député européen LR, a appelé ses camarades parlementaires siégeant au Palais du Luxembourg et au Palais Bourbon à ne pas répondre à l'appel du président de la République.

Emmanuel Macron aurait décidé de faire fi de la contestation

Le jeune président n'en démord pas et balaie l'avis de certains de ses proches. Evoquant un "visiteur du soir" qui aurait tenté de dissuader le chef de l'Etat d'une telle "mise en scène du pouvoir absolu", avec pour conséquence une attente de résultats accrue de la part des Français, le  journal Le Parisien note que l'orgueilleux président n'a finalement pas renoncé, choisissant de relever un défi et d'engager un bras de fer qui s'annonce d'ores et déjà comme périlleux.

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