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vendredi 2 juin 2017

Affaire Ferrand : le soutien de Macron à son ministre condamné par les Français

54 % estiment que le président Macron a tort de maintenir le ministre au gouvernement

Les critiques 
d'une nette majorité de Français nuisent aux candidats 
de "La République en marche"

Malgré des intentions de vote encore favorables à "La République en marche" aux prochaines législatives, la crise morale autour de deux de ses ministres ternit l'image du gouvernement qui prétend réaliser la moralisation de la vie publique, selon un sondage Odoxa pour franceinfo au 1er juin.

Fort des moyens de l'Etat, l'exécutif s'était installé dans le déni. "L’affaire judiciaire n’existe pas", assura Benjamin Griveaux, le porte-parole du mouvement LREM, tandis que Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement, répéta qu’"il y a un débat mais pas d’affaire Ferrand".

Le soutien du président Macron, désavoué par la population.

54% des Français trouvent qu’Emmanuel Macron a tort de maintenir Richard Ferrand (ex-PS) au gouvernement. Depuis les révélations du Canard enchaîné, le président de la République et le Premier ministre affirment leur soutien au ministre de la Cohésion des territoires, au prétexte qu'il n'est pas mis en examen et bien qu'une enquête préliminaire ait finalement été ouverte par le Parquet de Brest. Est-ce un pas en avant pour patienter jusqu'au soir du 18 juin, date du second tour des législatives ?

Jusqu'ici, l'exécutif pouvait s'appuyer sur le refus du Parquet de Brest, et surtout du Parquet national financier (PNF), par ailleurs zélé dans le Penelopegated'inquiéter  Ferrand en s'emparant de l'affaire, mais l'ouverture d'une enquête en Bretagne vient contenter l'opinion sans déranger la stratégie gouvernementale consistant à gagner du temps. Il n'empêche qu'à vouloir finasser, l'exécutif met en difficulté les candidats de En marche!
"A un moment donné, il faut siffler la fin..."(un député macronien à franceinfo)
Pour l'instant, alors que François Bayrou a présenté les contours de son projet de loi sur la moralisation politique, rédigé en dix jours, Emmanuel Macron a décidé de temporiser.
Le procureur de la République de Brest a ouvert jeudi 1er juin une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant le ministre du gouvernement Philippe. Alors maintenir à son poste un ministre ainsi soupçonné apparaît sans doute contradictoire avec la détermination par ailleurs affichée par le président Macron à rompre avec les anciennes pratiques et l'urgence affichée pour annoncer le projet de loi sur la moralisation de la vie publique.

L'image du gouvernement mise à mal par la polémique autour de Marielle de Sarnez (MoDem)

Outre l'affaire Ferrand, 57% des sondés déclarent que l'enquête préliminaire sur l'emploi d'un collaborateur au Parlement européen visant Marielle de Sarnez, la ministre des Affaires européennes (et proche de François Bayrou, le porteur de le loi de moralisation), dégrade l'image qu'ils avaient du gouvernement.
La déception des Français est en vérité plus générale sur la capacité du président Macron de former un gouvernement irréprochable. Alors qu’ils étaient 66 % à s’en dire satisfaits au lendemain de l’annonce, ils ne sont plus que 59 % à se montrer ainsi positifsune baisse de 7 points en dix jours. L'insatisfaction de l'opposition a augmenté de 14 points à droite (à 56 % ) et de 16 points au FN (à 26 % ).Cela entame en partie la réussite de "l’opération Edouard Philippe".
En nommant un juppéiste à Matignon et deux ministres issus 
de LR, l'héritier de François Hollande avait troublé une partie des sympathisants LR et UDI, ceux qui attendaient le plus la composition du gouvernement pour effectuer leur choix aux législatives.
Même si REM part aux législatives avec une large marge d’avance, 
cela peut lui coûter plusieurs dizaines de sièges de députés et entamer la crédibilité de ce tout récent mouvement qui vise à se muer en parti politique présidentiel. Il reste une dizaine de jours de campagne et le mécontentement peut s'amplifier, d’autant que l'enquête Odoxa intervient avant l'annonce de l’enquête préliminaire du Parquet de Brest sur Richard Ferrand.
Cette enquête Odoxa pour franceinfo a été réalisée auprès d'un échantillon de 989 personnes interrogées par Internet les 31 mai et 1er juin.

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