Dans sa repentance, Hollande implique ses prédécesseurs...
Avant de prendre sa valise, Hollande a reconnu"les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis" à l'issue de la guerre d'Algérie.

Hollande a repris quasiment mot pour mot le texte de sa déclaration d'avril 2012, durant la campagne présidentielle. Il avait déjà amorcé cette reconnaissance lors de la même cérémonie le 25 septembre 2012 mais, à l'époque, c'était via un simple message lu par Kader Arif, son ministre délégué aux Anciens combattants. Certains avaient alors protesté, avec le soutien de nombreuses voix à droite, lorsque, le 19 mars 2016, le chef de l'Etat avait commémoré le cessez-le-feu du 19 mars 1962 en Algérie au lendemain des accords d'Evian, une date qu'ils considèrent comme symbolique de leur abandon.
"Je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines de ceux transférés en France", a précisément déclaré François Hollande, applaudi par les représentants des Harkis présents dans l'assistance.
Hollande n'a pas rappelé que ces fidèles de la France ont été torturés et exécutés par leurs corelégionnaires algériens du FLN
Le FLN fonde son auto-légitimation sur trois idéologies : le nationalisme et la guerre révolutionnaire contre la France (idéologie anti-coloniale) ; le socialisme, vaguement interprété comme un credo anti-exploitation populaire ; l'islam, défini comme le fondement principal de la conscience nationale et facteur déterminant dans la consolidation de l'identité algérienne, distinctif de celle des Algériens français.
En dépit des accords d'Evian de mars 1962, dont l'engagement du FLN (Front de Libération nationale, aujourd'hui présidé par l'actuel président algérien Abdelaziz Bouteflika) à ne pas exercer de représailles,
55.000 à 75.000 harkis ont été abandonnés en Algérie - certains ayant refusé de quitter leur département pour trouver refuge en métropole - et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes algériens. Quelque 60.000 ont été admis en France. Avec leurs descendants, cette communauté estimée à 500.000 personnes s'est intégrée à la population métropolitaine, après avoir été hébergée dans des camps de fortune qui indigneraient aujourd'hui France terre d'asile (1971), s'ils étaient des clandestins syriens, érythréens ou afghans.
Nicolas Sarkozy avait déjà exprimé cette reconnaissance au nom de la France en avril 2012 en tant que chef de l'Etat, huit jours avant le premier tour de l'élection présidentielle. Le candidat à la primaire n'avait pas manqué de saisir l'occasion d'une visite à Perpignan pour rendre hommage aux Harkis. Sarkozy s'était également engagé, s'il était élu président, à supprimer la date commémorative du 19 mars 1962, choisie par la gauche comme journée à la "mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie".
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