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vendredi 23 juin 2017

"Fait du prince" : Ferrand contesté comme président de groupe imposé par l'Elysée

Ferrand président de groupe : un député REM souhaite avoir "le choix"
 
Joachim Son-Forget souhaité qu'il y ait d'autres candidatures que celle de Richard Ferrand à la présidence du groupe REM à l'Assemblée

Ce député La République en marche souligne qu' "avoir le choix ce sont les bases de la démocratie". "L'exercice démocratique voudrait qu'on appelle toujours de nos voeux la présence de plusieurs personnes", insiste l'insolent, interrogé sur RMC à propos de l'auto-proclamation de l'ex-ministre de la Cohésion des territoires comme président de groupe de novices. 

Joachim Son-Forget réclame d'autres candidatures que celle du favori de Macron 1er. 
"Ce que j'appelle de mes voeux, en effet, c'est qu'on ait le choix", a-t-il répondu à la question de savoir s'il espérait d'autres candidats. 

Le frondeur ne votera pas pour Richard Ferrand

"Reste à voir qui on nous présente, parce que on entend une candidature, qui nous dit qu'il n'y en a pas d'autres…", a ensuite nuancé le député des Français de l'étranger, surpris de sa propre témérité. 
"Je pense qu'il n'y aura pas d'autre candidat pour la présidence du groupe samedi matin", a déclaré de son côté sur franceinfo François de Rugy, ex-écologiste réélu député sous la bannière de La République en marche et candidat au perchoir. 

Richard Ferrand, qui se dit "nommé" à la présidence du groupe de députés La République en marche, fait l'objet d'une enquête préliminaire
La publication fin mai d'un article du Canard enchaîné a révélé que les Mutuelles de Bretagne avaient décidé en 2011, lorsqu'il en était directeur général, de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne. 

"Je crois qu'on ne doit pas avoir un retour de la morale, parce que ça c'est le début de la charia", a déclaré Son-Forget. "Je ne sais pas le détail complet de cette histoire; elle ne m'intéresse pas tout à fait, mais il y a en tout cas des éléments où on se dit 'bon, certaines choses peuvent être légales, mais néanmoins, moi est-ce que j'aurais fait ça?' ”, a-t-il ajouté.
 
La candidature de R. Ferrand est critiquée par ses collègues en politique. Les responsables qui ont un peu de sens moral accusent le président jupitérien de l'avoir "exfiltré" du gouvernement pour l' "installer" à la présidence du groupe REM à l'Assemblée, un "acte d'autorité" qui ne respecte ni la constitution, ni le règlement de l'Assemblée.


Une exfiltration sous forme de promotion ?


S'il démissionne du gouvernement, ce n'est pas par repentance,
mais pour présider le groupe parlementaire LREM à l'Assemblée. Le sort de Richard Ferrand fait bondir des politiques, ironisant sur la moralisation de la vie publique promise par Emmanuel Macron. 
Le 19 juin, le président Emmanuel Macron a demandé au ministre de la Cohésion des territoires de renoncer à ses fonctions à la faveur du remaniement qui, au départ, se voulait simplement technique. 
Mais cette formalité d'usage après des élections législatives a viré au remaniement politique, une contrainte consécutive à la révélation du système de fraude mis en place par le MoDem de Bayrou, garde des Sceaux et ministre de la Justice, au détriment du Parlement européen qui, pendant des années, a versé des salaires d'assistants parlementaires à une dizaine de collaborateurs nationaux du parti centriste. Une première démission, celle de Sylvie Goulard, ministre des Armées, a eu un effet domino sur ses collègues du MoDem, Murielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, et de François Bayrou, ministre de la Justice. 
Et on s'attend encore à d'autres dommages collatéraux frappant bientôt Nathalie Griesbeck, député européenne, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, pour une affaire en cours impliquant le président Macron pour un événement à Las Vegas financé par Havas et Business France.  

Une  exfiltration de Richard Ferrand qui n'a trompé personne.
Richard Ferrand qui s'était prévalu d'une "nomination" directe livre aujourd'hui une version nouvelle de sa promotion par l'Elysée. Il raconte désormais qu'après avoir été réélu député en Bretagne le 18 juin dernier, il s'est vu proposer de briguer la présidence du groupe La République en marche (REM). Cette sanction-promotion, soigneusement orchestrée après la réélection de Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, a d'ores et déjà fait réagir bon nombre de personnalités politiques.

La plupart s'indignent et dénoncent le double discours de REM, à l'instar du Front National.
Florian Philippot, secrétaire national du parti, estime que Richard Ferrand a en réalité été "promu", ce qui ne correspond pas, d'après lui, aux objectifs de moralisation de la vie publique affichés par REM.
Joffrey Bollée, conseiller régional d'Ile-de-France du FN, s'interroge même sur d'éventuels "dossiers" dont disposerait Richard Ferrand au sujet d'Emmanuel Macron pour se voir ainsi épargner une démission forcée.
Les Républicains ne peut que partager cet avis
Emmanuel Macron "tourne le dos à son objectif d’exemplarité dès le lendemain des élections," estime LR dans un communiqué. "Dans ces conditions, nous pouvons nous interroger sur la sincérité de l’exécutif à restaurer la confiance dans notre vie démocratique, qui fera pourtant l’objet du premier projet de loi qui sera soumis à la nouvelle Assemblée", poursuit Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains (LR) et auteur du texte.

Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais, déplore que Richard Ferrand, qui n'est pas jugé "digne" de conserver ses fonctions ministérielles, se voit néanmoins "recyclé à la présidence du groupe LREM". Le ré-élu de la droite républicaine y voit le signe d'un "mépris pour l'Assemblée nationale".
Certains, comme Pierre-Henri Dumont, député-maire LR de Marck-en-Bareuil (Pas-de-Calais), soulignent les conditions avantageuses dans lesquelles le départ du ministre de la Cohésion des territoires a été organisé. Ce dernier bénéficierait en effet ainsi d'une immunité parlementaire le mettant potentiellement à l'abri des poursuites judiciaires liées à l'affaire qui porte désormais son nom.
Pour l'ancien député LR de la 11e circonscription des Français de l'étranger Thierry Mariani, une docilité des députés LREM qui accepteraient de confirmer par leur vote le reclassement de Richard Ferrand constituerait une "perte de toute crédibilité morale", conduisant à une Assemblée de "godillots".
Premier test de crédibilité des parlementaires LREM

Manuel Bombard, ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon et candidat aux législatives de la France insoumise (FI), souligne également la responsabilité qui incombe désormais aux députés de la majorité présidentielle. Selon lui, il s'agit là d'une occasion pour eux de "montrer leur liberté" en proposant une autre candidature que celle décidée par Emmanuel Macron.
Courberont-ils l'échine sans broncher, dès les premiers jours de la législature ?
L'attitude des nouveaux élus REM siégeant à l'Assemblée nationale à propos de cette décision de l'Elysée confirmera-t-elle leur indépendance, comme ils l'ont assuré au cours de la campagne des législatives, ou respecteront-ils la discipline de parti ? Car c'est à eux seuls qu'appartient la décision de désigner leur président de groupe par un vote libre. 

Jean-Christophe Cambadélis voit dans cet épisode un "test pour la majorité" et l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste (PS) s'interroge sur la capacité des députés REM à faire preuve d'indépendance en s'opposant éventuellement à l'élection de Richard Ferrand à leur tête.
De son côté, Richard Ferrand ne semble pas changer sa ligne de défense.
Le favori du président continue de clamer son indépendance et il se prévaut du fait qu'il n'a pas, pour l'instant, été mis en examen. "Si le Procureur souhaite m'entendre, il m'entendra; pas question d'immunité parlementaire", a-t-il assuré au micro de RTL, le 20 juin au matin, semblant ainsi faire pleinement confiance à l'indépendance du Parquet désormais dépendant de Nicole Belloubet.

Les députés ont jusqu'au 26 juin pour élire leurs présidents de groupe. Pour l'heure, les petits nouveaux semble très soumis dans les rangs LREM et du MoDem, puisque aucun des 350 députés de la majorité présidentielle n'avait encore émis de réserve quant à une éventuelle présidence de leur futur groupe par le ministre démissionnaire. Né à Séoul il y a 34 ans, et radiologue à Lausanne, Joachim Son-Forget est la seule forte tête déclarée: restera-t-il un cas isolé ?

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