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mardi 20 mars 2018

Après dix ans, dont cinq d'instruction, Sarkozy est mis en garde à vue, ce jour

Cette nouvelle opération médiatico-judiciaire vise à salir Sarkozy et sa victoire de 2007

La campagne présidentielle qui amorça le déclin du Parti socialiste a-t-elle profité d'un financements libyen ?
 
L'ex-chef de l'Etat a été placé en garde à vue mardi, à Nanterre, près de Paris, après cinq années de mise en sommeil, une première dans ce dossier qui n'avait donné lieu qu'à des auditions

Comme il en avait été informé il y a une semaine, l'ancien président est entendu depuis mardi matin par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), un service de la Direction centrale de la Police judiciaire créé par décret le 25 octobre 2013, a indiqué "une source proche de l'enquête", confirmant une information du journal Le Monde et du site révolutionnaire trotskiste Mediapart, également très proches de l'enquête.
Ce service est placé sous la tutelle politique du ministère de l'Intérieur, en la personne du commissaire divisionnaire Thomas de Ricolfis, 52 ans. Ce service gouvernemental  de police est en charge des affaires d’argent particulièrement sensibles ou complexes : les emplois familiaux de Bruno Le Roux, François Fillon et Michel Mercier, les dossiers Business France (agence dont Muriel Pénicaud fut la directrice générale de janvier 2015 à mai 2017, laquelle est au centre d'une enquête préliminaire, ouverte par le Parquet de Paris, concernant l’organisation d'une soirée de promotion des start-up françaises à l’hôtel The Linq, organisée autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, à Las Vegas le 6 janvier 2016, lors du Consumer Electronics Show (CES), dont l'organisation a été confiée à Havas, sans appel d'offres, ce qui est contraire à la loi, et qui est soupçonnée d'avoir été le prétexte pour une levée de fonds au profit de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. En juillet 2017 une information judiciaire pour favoritisme et recel de favoritisme a été confiée au juge Renaud Van Ruymbeke), Bygmalion, Dassault, Balkany, Dieudonné, Campion,
l’enquête sur un
éventuel financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, la vente de sous-marins Scorpène au Brésil (contrat de 6,7 milliards d'euros cinq sous-marins au pays d'Amérique Latine, conclu en septembre 2009 par DCNS au Brésil : depuis octobre 2016, anticipant la campagne présidentielle de 2017, les magistrats du PNF aimeraient découvrir des pots de vin en marge de ce contrat et susceptibles d'avoir aussi fait l'objet de rétro-commissions), plusieurs scandales de corruption dans le sport (citons les investigations sur l'attribution des Jeux Olympiques de 2016 au Brésil : à l'époque, la France a vivement soutenu la candidature du pays d'Amérique Latine opposé au Japon. "Or, l'attribution de l'organisation des jeux au Brésil s'est faite au même moment que la signature du contrat d'armement", accuse Le Parisien), les assistants parlementaires du MoDem et du Front national, etc...
Au total, 
environ 350 enquêtes occupent en ce moment les 83 policiers, gendarmes et agents de l'OCLCIFF, dont une bonne partie sont très médiatisées. Pas étonnant que la corbeille à papier du commissaire déborde de journaux.
A l'issue de cette garde à vue, qui peut durer jusqu'à 48 heures, Nicolas Sarkozy peut être remis en liberté, présenté à un juge en vue d'une éventuelle mise en examen ou convoqué ultérieurement. Dans cinq ans ?

Un très proche, qui fut son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, est pour sa part entendu en audition libre, sans mise en garde à vue, plus infamante et médiatiquement malveillante, selon "une source proche du dossier".

La résurgence fracassante d'un dossier touffu

AFP / Sabrina BLANCHARDNicolas Sarkozy et les affaires judiciaires


Les juges du pôle financier (PNF) s'intéressent à des flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de l'ancien chef de l'Etat libyen Mouammar Kadhafi. 
D'anciens responsables lybiens, vindicatifs, suite à l'engagement français en Lybie, et le sulfureux intermédiaire franco-libanais druzze Ziad Takkiedine, ci-contre, condamné à plusieurs reprises  notamment pour abandon de famille (deux mois ferme), pour diffamation en 2014 pour avoir accusé l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant d'avoir touché de l'argent en marge de la libération des infirmières bulgares de leur prison libyenne, le 30 mai 2016 à une amende douanière de 375.000 euros pour n'avoir pas déclaré 1,5 million d'euros en liquide, en 2011 à l'aéroport parisien du Bourget - ont distillé la thèse de versements au profit présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy. 
Sur BFMTV, le 27 mars 2012, Ziad Takieddine annonça  qu'il voterait François Hollande à l'élection présidentielle de 2012.

D'autres responsables de ce pays les ont d'ailleurs démentis
et l'ancien chef de l'Etat a toujours rejeté ces accusations.

L'enquête a été élargie en janvier à des faits présumés de "financement illégal de campagne électorale", a indiqué "une autre source proche du dossier," alors qu'elle avait été ouverte notamment pour détournements de fonds publics et corruption active et passive, laquelle a probablement conduit les juges à une impasse. En septembre 2017, les policiers anti-corruption de l'OCLCIFF - qui ne craignent pas les soupçons d'amalgames et donc d'analogie fallacieuse à portée de disqualification - avaient remis aux juges un rapport qui pointait la circulation d'espèces dans l'entourage de Sarkozy durant la campagne 2007. Ce midi, sur BFMTV, Sarah-Lou Cohen, chef d'un service police-justice, glissait même dans son récit  que Sarkozy réceptionnait les "valises" de billets...

Interrogés par les enquêteurs, Eric Woerth, trésorier de la campagne présidentielle, et son adjoint chargé de la distribution des enveloppes, Vincent Talvas, ont répondu que l'argent provenait de dons anonymes, pour un montant global entre 30.000 et 35.000 euros. 

C'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours...
Une justification aussitôt contestée au cours d'autres auditions, dont celle de "la personne" - la stagiaire ? - chargée du courrier reçu à l'UMP durant cette campagne présidentielle, qui a déclaré n'avoir "jamais vu de courrier arrivant qui contenait des espèces". 

L'affaire a éclaté en 2012 après une publication d'un site révolutionnaire.
Ce site d'information trotskiste, Mediapart, produisait une note qu'il attribuait à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, laissant penser à un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy.
Dans ce dossier, l'ex-secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant était mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée. Rien que ça !...

Dix plus tard, les magistrats cherchent toujours à établir un lien entre l'affaire et un virement de 500.000 euros perçu  d'une société d'un avocat malaisien par C. Guéant, en mars 2008. Il a toujours expliqu qu'il s'agit du fruit de la vente de deux tableaux.

L'enquête avait déjà connu une accélération en novembre 2016.
Mediapart avait alors relancé l'affaire avec des déclarations fracassantes de Ziad Takieddine, qui assurait - sur l'honneur et "les yeux dans les yeux" -  avoir remis à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant - qui ont  démenti -, trois valises contenant 5 millions d'euros en provenance du régime Kadhafi, entre novembre 2006 et début 2007.

La fable des trois valises avec 5 millions d'euros a grossi à 50 millions.
L'avocat de Claude Guéant a souligné ce mardi que l'ancien président "aurait pu tout à fait être entendu sous le régime de l'audition libre""Il n'y a pas d'élément dans le dossier qui justifie aujourd'hui une telle mesure spectaculaire de garde à vue. 
Après cinq ans d'enquête, on n'arrive toujours pas à prouver qu'un seul centime d'argent libyen a été versé à Nicolas Sarkozy", a également observé son avocat Philippe Bouchez El Ghozi.

Les juges s'interrogent également sur la vente suspecte en 2009 d'une villa située à Mougins (Alpes-Maritimes)
Il ne s'agit pas de celle des Hollande-Royal. Celle incriminée, estimée à environ 10 millions d'euros, était la propriété d'un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien argentier du régime.
Les enquêteurs sont encore animés par des soupçons. Ils se portent cette fois sur l'homme d'affaires Alexandre Djouhri qui aurait pu être le véritable propriétaire et vendeur de ce bien et qui se serait entendu avec Bachir Saleh pour fixer un prix d'achat "très surévalué".
Actuellement en exil, B. Saleh, que la justice française souhaite interroger dans le cadre de cette affaire, a été blessé par balles fin février en Afrique du Sud. Il est visé par un mandat d'arrêt international.

Quant à Alexandre Djouhri, il a été arrêté en janvier à Londres en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française et incarcéré. Souffrant de problèmes cardiaques, il est hospitalisé depuis une dizaine de jours à Londres, selon une source proche de l'enquête.

jeudi 7 septembre 2017

Muriel Pénicaud: nouvelle révélation sur sa rémunération chez Danone

Les conditions du départ de Muriel Pénicaud de chez Danone en 2014 interpellent

Ca explique le prix du pot de yaourt à la consommation

La ministre du Travail du banquier Macron, Muriel Pénicaud, a encaissé des critiques
Pénicaud, ambassadrice déléguée aux 
investissements internationaux, 
 puis directrice générale de ...
Business France
sur sa méthode éclatée pour préparer les ordonnances sur la réforme du Code du travail. Les partenaires patronaux et syndicaux avaient nuancé les louanges tressées jour après jour par la presse macronienne.
Mais la sortie de Martine Aubry  - "On dit que je l’ai formée; moi, je l’ai trouvée déformée" - le 6 septembre sur France info, ternit quelque peu l'image flatteuse que l'Elysée entend lui accoler avec sa réforme dans les media. 

Les révélations de Challenges sur les conditions de son départ de Danone, relativiseront encore la réalité de la super-DRH débarquant en politique. 
Avec un portrait de la ministre à paraître le 7 septembre, le groupe Perdriel, autrement dit le groupe Nouvel Observateur -avec le groupe Le Monde - tente de se défaire des accusations de la Société des journalistes de Challenges qui dénonça le parti-pris du site internet en faveur d'Emmanuel Macron.

Ce portrait réaliste apportera un éclairage supplémentaire sur le niveau de sa rémunération dans le privé, qui avait déjà fait polémique. Au mois de juillet en effet, le salaire de Muriel Pénicaud, comme ex-directrice générale des ressources humaines de Danone (entre 1,14 et 1,21 million d’euros nets par an, selon sa déclaration d’intérêt déposée le 17 juillet, consultable sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique) avait surpris

Et L’Humanité ne s’était pas privé, de son côté, de compléter le tableau avec la révélation d'une levée de stock-options assurant à la future ministre une plus-value de 1,13 million d’euros en 2013. Pourtant, ces montants, pour élevés qu’ils apparaissent, correspondent aux niveaux qu’une entreprise du CAC 40 réserve aux membres de son comité exécutif, particulièrement chez Danone, connue pour la largesse de ses rémunérations – son président Franck Riboud n’ayant jamais eu de complexes sur le sujet.  En somme, circulez, y a rien à voir...

Plus surprenant encore est le niveau de son salaire déclaré en 2014 

2,39 millions d’euros nets, pour à peine quatre mois de travail : Muriel Pénicaud a intégré l’Agence française des investissements internationaux le 1er mai 2014.
Interrogée par Challenges sur cette anomalie, la ministre a répondu dans un premier temps qu’il s’agissait de "primes de performances différés"
Vérification faite auprès de Danone, cette somme correspond plutôt à une package mêlant effectivement des queues de rémunérations pluriannuelles, et un geste de l’entreprise pour "accompagner" les départs des membres de son comité exécutif. Nul besoin de passer par les prud'hommes...
Certains chez Danone auraient-ils souhaité que la patronne des ressources humaines démissionne ? 
En aucune façon du côté des partenaires syndicaux, qui n’ont cessé de l’apprécier: "Elle respecte tous ces interlocuteurs, et ce n’est pas quelqu’un de dogmatique", témoigne ainsi un représentant de la CFE-CGC du groupe alimentaire, qui a négocié avec elle un plan de départ volontaire. Au point d’imaginer quelque chose de similaire pour elle ? 

La réalité est plus complexe, dans une entreprise où chacun se sent un peu investi des dossiers sociaux, et dont la DRH n’était pas très partageuse… "La séparation s’est faite de manière naturelle et harmonieuse, résume un membre du comité exécutif. Elle avait fait le job, mais avait envie de partir. 
Et comme sa gestion très personnelle et désorganisée était moyennement appréciée au sein de l’entreprise, tout le monde a mis du sien pour trouver un accord." En particulier la DRH… experte évidemment dans la négociation de ruptures transactionnelles.
Se faire mal voir pour gagner plus...

jeudi 6 juillet 2017

Macronie: le président jupitérien est-il libre et indépendant ?

La galaxie, un vaste réseau de soutiens au sommet de l'Etat

La galaxie Macron est composée de personnalités, allant de véritables soutiens à de simples sources d'inspiration pour l'ex-ministre

Elle a participé à la fécondation d'En Marche!, le mouvement politique porteur d'Emmanuel Macron. Petit tour d'horizon des donneurs de sperme. 

Monde économique

Résultat de recherche d'images pour "Henry Hermand"
- Henry Hermand, ci-contre : cet homme d'affaires de 92 ans qui a fait fortune dans l'immobilier commercial est considéré comme le parrain en politique d'Emmanuel Macron. Rocardien, il est impliqué dans plusieurs think-tanks, et est notamment administrateur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS.
- Claude Bébéar: fondateur du groupe d'assurances Axa, il a aussi créé l'Institut Montaigne, cercle libéral réputé proche du patronat. Selon le Figaro, il l'aurait poussé, avec l'ex-président du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade, à lancer son mouvement. Contactés par l'AFP, M. Bébéar et M. Peyrelevade ont démenti cette information.
- Marc Simoncini: le fondateur du site de rencontres Meetic, qui a rallié En Marche!, s'est réjoui dès mardi de la démission du ministre et assuré qu'il "serait toujours à titre personnel derrière lui".
- Saïd Hammouche: le patron du cabinet de recrutement Mozaik RH, surnommé le "DRH des banlieues", est revendiqué par l'entourage de M. Macron comme un de ses soutiens. "Je n'ai rien rallié du tout", a déclaré à l'AFP M. Hammouche, tout en reconnaissant "respecter" M. Macron, qui a "très bien compris les enjeux de la diversité". "C'est quelqu'un qu'on va tous découvrir", a-t-il poursuivi, disant avoir "confiance en lui". Autre chose ?
- Catherine Barbaroux: une des très rares femmes de l'entourage macronien, la présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui avait remis à Bercy en janvier un rapport proposant de revoir les qualifications professionnelles nécessaires pour exercer certains métiers, est membre du conseil d'administration d'En Marche!, selon l'entourage d'Emmanuel Macron.
- Xavier Niel : patron d'Iliad-Free a tenu des propos très élogieux de M. Macron dans une interview en mai à Society. Interrogé par l'AFP sur un éventuel soutien, M. Niel a répondu: "Je ne fais pas de politique".
Relais politiques
- Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon, cofondateur du courant des réformateurs. Ce franc-maçon a rencontré une cinquantaine de parlementaires de gauche pour discuter d'éventuels parrainages. Les "noms qui vont apparaître" parmi les soutiens de Macron "vont surprendre", notamment au centre-droit, avait-il prévenu.

Les députés PS 
Richard Ferrand (rapporteur de la loi Macron, ancien soutien de Martine Aubry), Arnaud Leroy (ex-soutien de Montebourg),  Christophe Castaner, Stéphane Travert et (feue) Corinne Erhel, le sénateur PS François Patriat. Chez les Radicaux de gauche, le député Alain Tourret
43 parlementaires étaient présents le 12 juillet à la Mutualité pour le meeting parisien d'"En Marche".
- Au centre et à droite: dans Le Parisien mercredi, Jean-Christophe Lagarde avait balancé, estimant que son parti, l'UDI, avait "vocation à parler" avec M. Macron qui a "des points communs" avec les centristes, et n'a pas exclu une candidature commune à la présidentielle. 
L'ex-ministe de Jacques Chirac Renaud Dutreil, présent lui aussi à la Mutualité en juillet, a exprimé son "soutien" et sa "confiance" à Emmanuel Macron dans L'Opinion.

Cercle intellectuel

Résultat de recherche d'images pour "Macronie"- Laurent Bigorgne: le directeur de l'Institut Montaigne est un ami proche d'Emmanuel Macron. L'adresse légale d'En Marche! a été déposée à son adresse personnelle.
- Thierry Pech: l'entourage de M. Macron revendique le soutien du directeur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS, qui pour sa part a démenti récemment dans Libération oeuvrer pour En Marche!, tout en reconnaissant une "proximité intellectuelle" avec l'ex-ministre.
- Erik Orsenna: l'écrivain était présent au premier meeting à la Mutualité.
- Philippe Aghion: considéré comme un autre parrain de M. Macron, l'économiste, professeur au Collège de France, a indiqué à l'AFP être un "bon ami" de l'ex-ministre, qui s'inspire de ses doctrines économiques, mais assuré ne pas être impliqué dans son mouvement.
- Jacques Attali: avant d'arriver à Bercy, le jeune Macron avait été en 2007 rapporteur général adjoint de la commission Attali sur la libération de la croissance, des travaux dont il s'est largement inspiré une fois au ministère. Selon le mouvement, il ne fait pas partie à proprement dit de la galaxie Macron, mais les deux hommes échangent souvent.
Par ailleurs, Emmanuel Macron, titulaire d'un DEA de philosophie, puise régulièrement son inspiration chez de grands philosophes et penseurs comme Paul Ricoeur (1913-2005) dont il a été l'assistant.

Entourage et équipe

- Brigitte Macron: son épouse, une ancienne professeure de français d'une vingtaine d'années son aînée, s'est beaucoup impliquée dans En Marche!, s'imposant de plus en plus dans les media
Résultat de recherche d'images pour "cercle rapproché Macron"
Alexis Kohler, ci-contre, ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici, puis d'Emmanuel Macron au ministère des Finances, il est nommé secrétaire général de l'Elysée, le 14 mai 2017
- Julien Denormandie: ex-directeur adjoint du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, qui a quitté le ministère avant l'été, il fut coordinateur d'En Marche!, avant d'être appelé au gouvernement Philippe 2

L'équipe du mouvement est aussi constituée par
Image associéeIsmaël Emelien, ci-dessus au centre, sans cravate, bolivarien, membre de la Fondation Jean-Jaurès, ancien du cabinet de Macron au ministère de l'Économie et des Finances (comme conseiller chargé de la stratégie, de la communication et des discours) cf. affaire Business France, ci-dessous, puis participant au lancement d'En marche !, conseiller communication et affaires stratégiques du candidat Emmanuel Macron et conseiller du président à l'Elysée. En 2013, il a fait partie de l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela par intérim après le décès d'Hugo Chávez.
Or, l'agence Havas est co-organisatrice d’une soirée de promotion américaine du candidat Macron à Las Vegas dans le Nevada, pour le compte de Business France, agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française, placée sous la tutelle du ministère de l'Économie et des Finances, dont la première directrice générale est Muriel Pénicaud, laquelle a été nommée ministre du Travail dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron et au coeur d'une affaire "favoritisme" complicité et recel de favoritisme en faveur de la société ...Havas. Le cabinet d’Emmanuel Macron, lorsque ce dernier était au ministère de l’Economie, a été impliqué dans l’organisation par Havas. C’est ce qu’affirme le quotidien Libération dans son édition de mercredi 28 juin, se référant à un audit réalisé par le cabinet d’audit EY (ex-Ernst & Young) que le titre s’est procuré.
Benjamin Griveaux (porte-parole), directeur de la communication d'Unibail-Rodamco, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn, passé par le Conseil général de Saône-et-Loire, et entré au gouvernement après les législatives 
Julie de Sablière (attachée de presse), patronne de l'agence de communication Little Wing, 
ou encore Adrien Taquet, un des patrons de l'agence de publicité Jesus et Gabriel. Christian Dargnat, ancien de BNP Paribas Asset Management, s'occupe de la levée de fonds et de la gestion des dons. 
(Source principale AFP)

mercredi 28 juin 2017

Dans l'affaire Pénicaud, Castaner fait pression sur la presse : liberté de l'information en péril

Castaner appelle la presse à "ne pas chercher à affaiblir" Pénicaud

Un porte-parole stalinien pour le président jupitérien

L'affaire Business France est susceptible d'affaiblir la ministre de Macron.
Le porte-parole du gouvernement a dû se faire l'avocat de Muriel Pénicaud en défendant la ministre sur le fond du dossier. Il a fait valoir que lorsqu'elle avait constaté des "irrégularités" sur des frais engagés par Business France, agence qu'elle dirigeait, pour une visite d'Emmanuel Macron à Las Vegas, elle aurait demandé d'abord un audit, puis saisi l'inspection générale.

Sous le coup d’une enquête préliminaire pour violation présumée des règles de mise en concurrence, la ministre est plongée dans l'embarras, confirme Castaner. 
Elle va en effet devoir défendre le projet de loi d'habilitation à réformer le droit du travail par ordonnances, principale réforme voulue par Emmanuel Macron.

Mais Libération maintient que la ministre a "validé" certaines dépenses relatives à l'organisation à Las Vegas d'un événement mettant en valeur Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie. Il en avait profité pour rencontrer des dirigeants de start-up françaises, de potentiels sponsors de sa campagne, un "contournement des règles" - pour le moins - de l'agence publique chargée de faire la promotion de la France auprès des investisseurs étrangers. 

Le quotidien assure que Pénicaud aurait ensuite tenté d'étouffer l'affaire.

"Il y a eu une erreur de procédure", a reconnu Mme Pénicaud mercredi sur RTL, avant de prétendre qu'elle a "immédiatement déclenché un audit, interne et externe". Sauf qu'aucune preuve et pièce ne vient étayer son assertion.

"Il y a eu ensuite une inspection générale qui a confirmé qu'effectivement il y avait eu erreur et que d'autre part j'avais pris les bonnes mesures", a-t-elle conclu, réfutant tout tentative d'étouffer l'affaire, bien que cet avis de l'inspection générale n'ait pas transpiré...

Selon Le Canard enchaîné, le coût de l'opération réalisée par Havas pour Business France aurait été de 381.759 euros, dont 100.000 euros pour frais d'hôtel, sans appel d'offres
Or, Business France a le statut d'établissement public qui gère une activité de service public. Il est placé sous la tutelle du ministère de l'Économie et des Finances, du ministère des Affaires étrangères et du Développement international et du ministère de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire et donc financé sur des fonds publics.
Dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte notamment pour favoritisme, les sièges de Business France et d'Havas ont été perquisitionnés le 20 juin.
Muriel Pénicaud, ambassadrice déléguée aux investissements internationaux, fut la première directrice générale de Business France, en janvier 2015Ex-secrétaire d'État chargée des Collectivités territoriales dans le gouvernement Valls II, puis confirmée dans le gouvernement Cazeneuve, Estelle Grelier, alors députée PS de Seine-Maritime, a été nommée le 17 août 2015 au poste de présidente du conseil d'administration de l'établissement laissé par Pénicaud. Le 12 mai 2016, la députée PS de Paris Seybah Dagoma l'a remplacée, mais elle a perdu  son siège élections législatives de 2017, au profit de Benjamin Griveaux, candidat de En Marche, lequel a été nommé 29e et dernier membre du gouvernement Philippe, au poste de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, le juppéiste Bruno Le Maire ainsi placé sous surveillance.Trois nominations en 2 ans et six mois : un 'turn over' effarant, tous les dix mois, pour une plus grande efficacité... sur un poste réservé aux femmes.

Le cabinet d’Emmanuel Macron a été impliqué dans l’organisation de cette soirée litigieuse, affirme Libération dans un article publié ce mercredi 28 juin.
"Nous comprenons que la définition exacte des besoins a pu être en partie déterminée par des personnes extérieures à Business France, en particulier le cabinet du ministre de l’Économie", pointe notamment le rapport cité par Libération, un audit réalisé par le cabinet d’audit EY (ex-Ernst & Young).

Lorsque l’affaire avait éclaté, Macron avait écarté la responsabilité de son entourage, affirmant que son "ministère a toujours respecté les règles des appels d’offres et des marchés publics ". Circulez, il n'y a rien à voir...

Le successeur de Macron au ministère de l’Économie, Michel Sapin, avait lui-même dédouané son ancien collègue, affirmant que la saisine de l’Inspection générale des finances (IGF) dans cette affaire "ne concerne en aucun cas Emmanuel Macron".
La presse est donc missionner pour nous rebattre les oreilles avec un élément de langage qui ne passe déjà plus, à savoir un soi-disant "sans faute" jusqu'ici d'Emmanuel Macron.

vendredi 23 juin 2017

"Fait du prince" : Ferrand contesté comme président de groupe imposé par l'Elysée

Ferrand président de groupe : un député REM souhaite avoir "le choix"
 
Joachim Son-Forget souhaité qu'il y ait d'autres candidatures que celle de Richard Ferrand à la présidence du groupe REM à l'Assemblée

Ce député La République en marche souligne qu' "avoir le choix ce sont les bases de la démocratie". "L'exercice démocratique voudrait qu'on appelle toujours de nos voeux la présence de plusieurs personnes", insiste l'insolent, interrogé sur RMC à propos de l'auto-proclamation de l'ex-ministre de la Cohésion des territoires comme président de groupe de novices. 

Joachim Son-Forget réclame d'autres candidatures que celle du favori de Macron 1er. 
"Ce que j'appelle de mes voeux, en effet, c'est qu'on ait le choix", a-t-il répondu à la question de savoir s'il espérait d'autres candidats. 

Le frondeur ne votera pas pour Richard Ferrand

"Reste à voir qui on nous présente, parce que on entend une candidature, qui nous dit qu'il n'y en a pas d'autres…", a ensuite nuancé le député des Français de l'étranger, surpris de sa propre témérité. 
"Je pense qu'il n'y aura pas d'autre candidat pour la présidence du groupe samedi matin", a déclaré de son côté sur franceinfo François de Rugy, ex-écologiste réélu député sous la bannière de La République en marche et candidat au perchoir. 

Richard Ferrand, qui se dit "nommé" à la présidence du groupe de députés La République en marche, fait l'objet d'une enquête préliminaire
La publication fin mai d'un article du Canard enchaîné a révélé que les Mutuelles de Bretagne avaient décidé en 2011, lorsqu'il en était directeur général, de louer des locaux commerciaux appartenant à sa compagne. 

"Je crois qu'on ne doit pas avoir un retour de la morale, parce que ça c'est le début de la charia", a déclaré Son-Forget. "Je ne sais pas le détail complet de cette histoire; elle ne m'intéresse pas tout à fait, mais il y a en tout cas des éléments où on se dit 'bon, certaines choses peuvent être légales, mais néanmoins, moi est-ce que j'aurais fait ça?' ”, a-t-il ajouté.
 
La candidature de R. Ferrand est critiquée par ses collègues en politique. Les responsables qui ont un peu de sens moral accusent le président jupitérien de l'avoir "exfiltré" du gouvernement pour l' "installer" à la présidence du groupe REM à l'Assemblée, un "acte d'autorité" qui ne respecte ni la constitution, ni le règlement de l'Assemblée.


Une exfiltration sous forme de promotion ?


S'il démissionne du gouvernement, ce n'est pas par repentance,
mais pour présider le groupe parlementaire LREM à l'Assemblée. Le sort de Richard Ferrand fait bondir des politiques, ironisant sur la moralisation de la vie publique promise par Emmanuel Macron. 
Le 19 juin, le président Emmanuel Macron a demandé au ministre de la Cohésion des territoires de renoncer à ses fonctions à la faveur du remaniement qui, au départ, se voulait simplement technique. 
Mais cette formalité d'usage après des élections législatives a viré au remaniement politique, une contrainte consécutive à la révélation du système de fraude mis en place par le MoDem de Bayrou, garde des Sceaux et ministre de la Justice, au détriment du Parlement européen qui, pendant des années, a versé des salaires d'assistants parlementaires à une dizaine de collaborateurs nationaux du parti centriste. Une première démission, celle de Sylvie Goulard, ministre des Armées, a eu un effet domino sur ses collègues du MoDem, Murielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes, et de François Bayrou, ministre de la Justice. 
Et on s'attend encore à d'autres dommages collatéraux frappant bientôt Nathalie Griesbeck, député européenne, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, pour une affaire en cours impliquant le président Macron pour un événement à Las Vegas financé par Havas et Business France.  

Une  exfiltration de Richard Ferrand qui n'a trompé personne.
Richard Ferrand qui s'était prévalu d'une "nomination" directe livre aujourd'hui une version nouvelle de sa promotion par l'Elysée. Il raconte désormais qu'après avoir été réélu député en Bretagne le 18 juin dernier, il s'est vu proposer de briguer la présidence du groupe La République en marche (REM). Cette sanction-promotion, soigneusement orchestrée après la réélection de Richard Ferrand à l'Assemblée nationale, a d'ores et déjà fait réagir bon nombre de personnalités politiques.

La plupart s'indignent et dénoncent le double discours de REM, à l'instar du Front National.
Florian Philippot, secrétaire national du parti, estime que Richard Ferrand a en réalité été "promu", ce qui ne correspond pas, d'après lui, aux objectifs de moralisation de la vie publique affichés par REM.
Joffrey Bollée, conseiller régional d'Ile-de-France du FN, s'interroge même sur d'éventuels "dossiers" dont disposerait Richard Ferrand au sujet d'Emmanuel Macron pour se voir ainsi épargner une démission forcée.
Les Républicains ne peut que partager cet avis
Emmanuel Macron "tourne le dos à son objectif d’exemplarité dès le lendemain des élections," estime LR dans un communiqué. "Dans ces conditions, nous pouvons nous interroger sur la sincérité de l’exécutif à restaurer la confiance dans notre vie démocratique, qui fera pourtant l’objet du premier projet de loi qui sera soumis à la nouvelle Assemblée", poursuit Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains (LR) et auteur du texte.

Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais, déplore que Richard Ferrand, qui n'est pas jugé "digne" de conserver ses fonctions ministérielles, se voit néanmoins "recyclé à la présidence du groupe LREM". Le ré-élu de la droite républicaine y voit le signe d'un "mépris pour l'Assemblée nationale".
Certains, comme Pierre-Henri Dumont, député-maire LR de Marck-en-Bareuil (Pas-de-Calais), soulignent les conditions avantageuses dans lesquelles le départ du ministre de la Cohésion des territoires a été organisé. Ce dernier bénéficierait en effet ainsi d'une immunité parlementaire le mettant potentiellement à l'abri des poursuites judiciaires liées à l'affaire qui porte désormais son nom.
Pour l'ancien député LR de la 11e circonscription des Français de l'étranger Thierry Mariani, une docilité des députés LREM qui accepteraient de confirmer par leur vote le reclassement de Richard Ferrand constituerait une "perte de toute crédibilité morale", conduisant à une Assemblée de "godillots".
Premier test de crédibilité des parlementaires LREM

Manuel Bombard, ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon et candidat aux législatives de la France insoumise (FI), souligne également la responsabilité qui incombe désormais aux députés de la majorité présidentielle. Selon lui, il s'agit là d'une occasion pour eux de "montrer leur liberté" en proposant une autre candidature que celle décidée par Emmanuel Macron.
Courberont-ils l'échine sans broncher, dès les premiers jours de la législature ?
L'attitude des nouveaux élus REM siégeant à l'Assemblée nationale à propos de cette décision de l'Elysée confirmera-t-elle leur indépendance, comme ils l'ont assuré au cours de la campagne des législatives, ou respecteront-ils la discipline de parti ? Car c'est à eux seuls qu'appartient la décision de désigner leur président de groupe par un vote libre. 

Jean-Christophe Cambadélis voit dans cet épisode un "test pour la majorité" et l'ancien premier secrétaire du Parti socialiste (PS) s'interroge sur la capacité des députés REM à faire preuve d'indépendance en s'opposant éventuellement à l'élection de Richard Ferrand à leur tête.
De son côté, Richard Ferrand ne semble pas changer sa ligne de défense.
Le favori du président continue de clamer son indépendance et il se prévaut du fait qu'il n'a pas, pour l'instant, été mis en examen. "Si le Procureur souhaite m'entendre, il m'entendra; pas question d'immunité parlementaire", a-t-il assuré au micro de RTL, le 20 juin au matin, semblant ainsi faire pleinement confiance à l'indépendance du Parquet désormais dépendant de Nicole Belloubet.

Les députés ont jusqu'au 26 juin pour élire leurs présidents de groupe. Pour l'heure, les petits nouveaux semble très soumis dans les rangs LREM et du MoDem, puisque aucun des 350 députés de la majorité présidentielle n'avait encore émis de réserve quant à une éventuelle présidence de leur futur groupe par le ministre démissionnaire. Né à Séoul il y a 34 ans, et radiologue à Lausanne, Joachim Son-Forget est la seule forte tête déclarée: restera-t-il un cas isolé ?