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vendredi 6 avril 2018

Un photographe accuse un CRS de l'avoir frappé à la tête : à suivre...

Y a de la diffamation gauchiste dans l'air...

Blessé lors d'une manifestation, un photographe accuse un CRS de l'avoir frappé à la tête 

Cliché de 'Tuff' par 'Graine'
Il dit avoir été frappé à la tête et à la cuisse par au moins un CRS lors de la manifestation depuis la gare de l’Est et en direction de la gare Saint-Lazare contre la réforme de la SNCF qu'il couvrait, mardi 3 avril à Paris. 

Il est environ 16 heures, rue de Maubeuge, au nord de la capitale, quand le photographe note "une agitation certaine". Je vois des manifestants courir. D’un coup, les CRS arrivent en formation et déclenchent une première charge. 
Selon la préfecture de police de Paris, les forces de l'ordre sont intervenues "pour faire cesser les troubles", alors que "des dégradations de vitrines de magasins et de mobilier urbain" avaient lieu à hauteur "de la rue de Maubeuge et du boulevard de Rochechouart". 

"Ce que j'ai vécu peut arriver à n’importe qui," assure la victime présumée, qui tente désormais de citer son aventure en exemple, faisant de son cas une possible généralité.  

Or, le plaignant est 'Tuff', membre du collectif La Meute 

Ce collectif de gauche s'est aguerri dans la couverture des manifestations et son militant dénonce aussitôt des violences policières. 
Tuff raconte à franceinfo qu'il s'est avancé en tête du cortège, "plutôt sur le côté, pour diminuer les risques", afin de prendre des clichés, raconte-t-il. "Je crie que je suis photographe" Alors qu'il estime la situation "sécurisée", 
Selon lui, une "deuxième charge", qu'il n'anticipe pas, a lieu à ce moment-là. Les CRS matraquent à tout-va, assure-t-il. L'un d'eux arrive vers moi en hurlant. J'agite les mains en l'air et je crie que je suis photographe." 
Tuff, photographe indépendant assure à France Info ne pas être "belliqueux" et  précise qu'il n'est pas cagoulé, comme c'est le cas d'autres manifestants en tête de cortège. Cet activiste est davantage dans la guerre psychologique que dans l'affrontement. 
Il n'arbore pas le brassard l'identifiant comme un photographe – à la différence des journalistes – car il ce signalement attire plus d'ennuis qu'il ne protège, polémique-t-il. Mais  il tient à la main son appareil photo, son arme psychologique. 
Le CRS me donne un premier coup sur le crâne. Je tombe. Je suis désarçonné, j'ai mal. L'acctiviste assure ensuite être "frappé à la cuisse", probablement par "un autre CRS". 

Un autre photographe, qui se fait appeler Graine, lui aussi membre du collectif LaMeutePhoto, assiste à la scène.
Deux bonnets noirs
qui n'ont pas seulement une caméra au poing
Ce témoin partial confirme évidemment à franceinfo la version de son camarade. Il criait 'photographe, photographe', assure-t-il. Le CRS ne pouvait pas ne pas savoir. 
Sur une photo prise à ce moment par Graine, on voit un CRS, matraque à la main, s'approcher de Tuff et d'un autre homme, qui a, lui, le visage masqué et un bâton à la main : un groupe d'au moins trois activistes, donc... 

Un nombre important de photographes - militants à LaMeute - recruté par France Info
Sur une autre photographie, prise quelques instants plus tard par un troisième photographe, dans la même zone d'affrontements, on peut encore voir Tuff, toujours à terre et cherchant à se protéger. Un CRS est au dessus de lui, matraque à la main. Deux photographes en meute avec la pseudo victime, elle-même photographe, ont-ils monté cette affaire d'agression ? 

Immédiatement après son agression, Graine porte secours à son camarade de luttes, en l'emmenant à l'écart de la manifestation. Tuff enlève le bonnet qu'il porte, "et c’est là que tout le sang coule". Je comprends à ce moment-là que c’est un peu plus grave qu’un simple bleu comme je le pensais, commente le militant. 

Ce photographe indépendant de 24 ans souhaite porter plainte

"Je veux témoigner"... 
"Ça résonne dans mon crâne. Comme si j'étais tombé très fort sur du carrelage," précise le traumatisé.  Graine demande alors à son ami de le prendre en photo, le sang ruisselant sur le visage. "C'est mon seul moment de lucidité, assure le jeune homme blessé. Je veux témoigner, je me dis que c'est grave ce qui se passe." 

Un journaliste indépendant qui couvre lui aussi la manifestation, publie ensuite sur Twitter une photo où apparaît possiblement du sang, attribué à Tuff, répandu par terre.
Selon le récit de Graine et Tuff, parties prenantes à l'affaire, des manifestants auto-formés aux premiers secours, les "street medic", ont ensuite porté assistance au photographe blessé, en attendant l'arrivée des pompiers. Il est évacué à l'hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement. 

Le certificat - que franceinfo a pu consulter -, établi à cette occasion, constate un "traumatisme crânien" avec une "plaie de 7 cm", nécessitant la pose de "sept agrafes", ainsi qu'un "hématome à la cuisse droite". Un arrêt de travail de quatre jours - lui aussi consulté par franceinfo - est en outre prescrit mercredi 5 avril à Tuff par un médecin qu'il va voir pour vérifier l'état de sa plaie. 

Avec le recul, le photographe s'estime "chanceux" d'être "encore vivant". 
"Mon bonnet a bien amorti le choc." Il dit donc vouloir porter plainte auprès de l'Inspection générale de la police (IGPN) et il promet de "retourner en manifestation faire [s]on travail" dès qu'il sera remis. 

Ce que j'ai vécu peut arriver à n’importe qui, carte de presse ou pas. 
Contactée par franceinfo, la préfecture de police de Paris dit pourtant ne "pas avoir eu connaissance" de cet incident. 
Alexandre Langlois, secrétaire général de la ...CGT Police - également joint par franceinfo, très investi - a été mis au courant par voie de presse, mais n'a pas parlé aux policiers accusés. S'il reconnaît que "l'image [du CRS et de Tuff] est choquante, évidemment", il attend de connaître le contexte dans lequel Tuff a été frappé pour se prononcer sur la légitimité ou non des violences. 
Le syndicaliste d'extrême gauche rappelle simplement que "frapper la tête n'est pas enseigné en formation", mais il reconnaît qu'"avec les mouvements de foule, le coup qui doit atterrir dans le torse peut être dévié. Je ne peux pas imaginer qu'un CRS ait choisi de frapper volontairement la tête."

La manifestation où les violences présumées se serait déroulées avait lieu
à l'appel de plusieurs syndicats, dont la CGT.

Le photographe Graine affirme que cette attaque ne visait pas seulement le jeune homme mais toute une profession. 
Habitué lui aussi des mouvements sociaux, il dit remarquer une escalade des violences policières depuis 2015 :
"Depuis la loi travail, on voit qu’on est visé en tant que photographe. Quand on n’arrive pas à calmer un mouvement social parce qu’il grossit, la deuxième tentative pour l’endiguer, c’est de s’attaquer à sa communication, du moins la diffusion de ses idées dans les media. On vise notre travail, comme ça a pu être le cas avec le journaliste Alexis Kraland, le vidéaste ou le reporter-photographe Nnoman qui avait été interdit de manifestation pendant la loi travail sans raison.
Tuff a levé les bras au ciel pour ne pas être frappé,
on lui a mis un coup de matraque au visage. C’est bien que c’est le photographe qui est visé," analyse Graine.
Pour pouvoir continuer à exercer leur profession en sécurité, de nombreux photographes de manifestations essaient de se rassembler et des initiatives devraient être lancées prochainement, annonce Graine qui semble être l'homme -orchestre.

Quant à La Meute, elle se défend d'être une association proche de l'extrême gauche et ayant partie liée avec l'islam radical. Le réseau féministe mixte et international La Meute qui est engagé contre la publicité sexiste, et membre du Collectif national des droits des femmes et l'association Chiennes de garde constituent depuis 2008 La Meute des Chiennes de garde.

jeudi 6 juillet 2017

Macronie: le président jupitérien est-il libre et indépendant ?

La galaxie, un vaste réseau de soutiens au sommet de l'Etat

La galaxie Macron est composée de personnalités, allant de véritables soutiens à de simples sources d'inspiration pour l'ex-ministre

Elle a participé à la fécondation d'En Marche!, le mouvement politique porteur d'Emmanuel Macron. Petit tour d'horizon des donneurs de sperme. 

Monde économique

Résultat de recherche d'images pour "Henry Hermand"
- Henry Hermand, ci-contre : cet homme d'affaires de 92 ans qui a fait fortune dans l'immobilier commercial est considéré comme le parrain en politique d'Emmanuel Macron. Rocardien, il est impliqué dans plusieurs think-tanks, et est notamment administrateur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS.
- Claude Bébéar: fondateur du groupe d'assurances Axa, il a aussi créé l'Institut Montaigne, cercle libéral réputé proche du patronat. Selon le Figaro, il l'aurait poussé, avec l'ex-président du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade, à lancer son mouvement. Contactés par l'AFP, M. Bébéar et M. Peyrelevade ont démenti cette information.
- Marc Simoncini: le fondateur du site de rencontres Meetic, qui a rallié En Marche!, s'est réjoui dès mardi de la démission du ministre et assuré qu'il "serait toujours à titre personnel derrière lui".
- Saïd Hammouche: le patron du cabinet de recrutement Mozaik RH, surnommé le "DRH des banlieues", est revendiqué par l'entourage de M. Macron comme un de ses soutiens. "Je n'ai rien rallié du tout", a déclaré à l'AFP M. Hammouche, tout en reconnaissant "respecter" M. Macron, qui a "très bien compris les enjeux de la diversité". "C'est quelqu'un qu'on va tous découvrir", a-t-il poursuivi, disant avoir "confiance en lui". Autre chose ?
- Catherine Barbaroux: une des très rares femmes de l'entourage macronien, la présidente de l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), qui avait remis à Bercy en janvier un rapport proposant de revoir les qualifications professionnelles nécessaires pour exercer certains métiers, est membre du conseil d'administration d'En Marche!, selon l'entourage d'Emmanuel Macron.
- Xavier Niel : patron d'Iliad-Free a tenu des propos très élogieux de M. Macron dans une interview en mai à Society. Interrogé par l'AFP sur un éventuel soutien, M. Niel a répondu: "Je ne fais pas de politique".
Relais politiques
- Gérard Collomb, sénateur-maire (PS) de Lyon, cofondateur du courant des réformateurs. Ce franc-maçon a rencontré une cinquantaine de parlementaires de gauche pour discuter d'éventuels parrainages. Les "noms qui vont apparaître" parmi les soutiens de Macron "vont surprendre", notamment au centre-droit, avait-il prévenu.

Les députés PS 
Richard Ferrand (rapporteur de la loi Macron, ancien soutien de Martine Aubry), Arnaud Leroy (ex-soutien de Montebourg),  Christophe Castaner, Stéphane Travert et (feue) Corinne Erhel, le sénateur PS François Patriat. Chez les Radicaux de gauche, le député Alain Tourret. 
43 parlementaires étaient présents le 12 juillet à la Mutualité pour le meeting parisien d'"En Marche".
- Au centre et à droite: dans Le Parisien mercredi, Jean-Christophe Lagarde avait balancé, estimant que son parti, l'UDI, avait "vocation à parler" avec M. Macron qui a "des points communs" avec les centristes, et n'a pas exclu une candidature commune à la présidentielle. 
L'ex-ministe de Jacques Chirac Renaud Dutreil, présent lui aussi à la Mutualité en juillet, a exprimé son "soutien" et sa "confiance" à Emmanuel Macron dans L'Opinion.

Cercle intellectuel

Résultat de recherche d'images pour "Macronie"- Laurent Bigorgne: le directeur de l'Institut Montaigne est un ami proche d'Emmanuel Macron. L'adresse légale d'En Marche! a été déposée à son adresse personnelle.
- Thierry Pech: l'entourage de M. Macron revendique le soutien du directeur du cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS, qui pour sa part a démenti récemment dans Libération oeuvrer pour En Marche!, tout en reconnaissant une "proximité intellectuelle" avec l'ex-ministre.
- Erik Orsenna: l'écrivain était présent au premier meeting à la Mutualité.
- Philippe Aghion: considéré comme un autre parrain de M. Macron, l'économiste, professeur au Collège de France, a indiqué à l'AFP être un "bon ami" de l'ex-ministre, qui s'inspire de ses doctrines économiques, mais assuré ne pas être impliqué dans son mouvement.
- Jacques Attali: avant d'arriver à Bercy, le jeune Macron avait été en 2007 rapporteur général adjoint de la commission Attali sur la libération de la croissance, des travaux dont il s'est largement inspiré une fois au ministère. Selon le mouvement, il ne fait pas partie à proprement dit de la galaxie Macron, mais les deux hommes échangent souvent.
Par ailleurs, Emmanuel Macron, titulaire d'un DEA de philosophie, puise régulièrement son inspiration chez de grands philosophes et penseurs comme Paul Ricoeur (1913-2005) dont il a été l'assistant.

Entourage et équipe

- Brigitte Macron: son épouse, une ancienne professeure de français d'une vingtaine d'années son aînée, s'est beaucoup impliquée dans En Marche!, s'imposant de plus en plus dans les media
Résultat de recherche d'images pour "cercle rapproché Macron"
- Alexis Kohler, ci-contre, ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici, puis d'Emmanuel Macron au ministère des Finances, il est nommé secrétaire général de l'Elysée, le 14 mai 2017
- Julien Denormandie: ex-directeur adjoint du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, qui a quitté le ministère avant l'été, il fut coordinateur d'En Marche!, avant d'être appelé au gouvernement Philippe 2

L'équipe du mouvement est aussi constituée par
Image associéeIsmaël Emelien, ci-dessus au centre, sans cravate, bolivarien, membre de la Fondation Jean-Jaurès, ancien du cabinet de Macron au ministère de l'Économie et des Finances (comme conseiller chargé de la stratégie, de la communication et des discours) cf. affaire Business France, ci-dessous, puis participant au lancement d'En marche !, conseiller communication et affaires stratégiques du candidat Emmanuel Macron et conseiller du président à l'Elysée. En 2013, il a fait partie de l'équipe de Havas chargée de la communication de Nicolás Maduro, président du Venezuela par intérim après le décès d'Hugo Chávez.
Or, l'agence Havas est co-organisatrice d’une soirée de promotion américaine du candidat Macron à Las Vegas dans le Nevada, pour le compte de Business France, agence nationale au service de l’internationalisation de l’économie française, placée sous la tutelle du ministère de l'Économie et des Finances, dont la première directrice générale est Muriel Pénicaud, laquelle a été nommée ministre du Travail dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron et au coeur d'une affaire "favoritisme" complicité et recel de favoritisme en faveur de la société ...Havas. Le cabinet d’Emmanuel Macron, lorsque ce dernier était au ministère de l’Economie, a été impliqué dans l’organisation par Havas. C’est ce qu’affirme le quotidien Libération dans son édition de mercredi 28 juin, se référant à un audit réalisé par le cabinet d’audit EY (ex-Ernst & Young) que le titre s’est procuré.
Benjamin Griveaux (porte-parole), directeur de la communication d'Unibail-Rodamco, ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn, passé par le Conseil général de Saône-et-Loire, et entré au gouvernement après les législatives 
Julie de Sablière (attachée de presse), patronne de l'agence de communication Little Wing, 
ou encore Adrien Taquet, un des patrons de l'agence de publicité Jesus et Gabriel. Christian Dargnat, ancien de BNP Paribas Asset Management, s'occupe de la levée de fonds et de la gestion des dons. 
(Source principale AFP)

dimanche 5 juin 2016

Hommage à Clément Méric, prétexte à échauffourées entre manifestants et policiers

"Tous les flics sont des bâtards," selon les anarcho-révolutionnaires soutenus par EELV 

Des heurts ont éclaté samedi à Paris lors d’une marche en mémoire de Clément Méric, 
mort il y a trois ans au cours d'une rixe avec des skinheads, en juin 2013.

Des échauffourées entre manifestants et policiers ont éclaté samedi à Paris lors d’une marche de plusieurs centaines de militants antifascistes, rassemblés en mémoire de Clément Méric.
Des manifestants ont envoyé fumigènes et bouteilles de verre sur les forces de l’ordre, qui ont répliqué en lançant des gaz lacrymogènes et ont chargé sur le quai de Valmy, le long du canal Saint-Martin, dans le nord-est de la capitale, là où une voiture de police a été incendiée le 18 mai dernier au cours d'un rassemblement anarchiste anti-policiers.
Après l'éclatement "des violences et des exactions", le préfet de police avait demandé aux organisateurs "d'appeler à la dispersion du cortège", alors que les interventions de police étaient "délicates du fait de la présence du canal Saint-Martin". La manifestation, initialement prévue entre la place Stalingrad et Ménilmontant, et qui a rassemblé un millier de personnes selon la police, a été interrompue par le préfet lorsque le cortège s'est dirigé vers le quai de Valmy, "où des dégradations significatives et des violences croissantes" ont été déplorées.

Certains manifestants ont jeté des rétroviseurs sur les policiers, d’autres avaient ouvert des parapluies.
Des membres des forces de l’ordre bloquaient une passerelle pour empêcher des activistes de passer sur l’autre quai. Des renforts de CRS sont arrivés peu avant 16 heures. 
La manif des "antifas" dégénère Quai de Valmy,
le 4 juin 2016 : quatre interpellations

Les extrémistes de gauche qui sont partis de la place Stalingrad peu après 14 heures aux cris de "on n’oublie pas, on n’oublie pas", "tous les flics sont des bâtards", "tout le monde déteste la police", "pas de fachos dans le quartier, pas de quartier pour les fachos", comptaient de nombreux jeunes, dont certains encagoulés et lunettes de protection et agitant des drapeaux rouges. Une pancarte proclamait: "Clément, tu chanteras toujours plus fort qu’eux". 

Emoi à la mort d'un jeune activiste, s'il est antifa
 

La mort de Clément Méric, 18 ans, le 5 juin 2013 à Paris, avait causé une vive émotion dans les media. Il s'agissait d'un militant libertaire et d'extrême gauche, membre de la milice Action antifasciste Paris-Banlieue et de Solidaires Étudiant-e-s, à la suite d'une rixe avec un groupe des Jeunesses nationalistes révolutionnaires d'extrême droite. 

A l’issue de l’enquête clôturée le 22 mars, quatre skinheads ont été mis en examen, dont deux pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, des faits passibles de la cour d’Assises, et deux autres pour violences.

Ministre de l’Intérieur à l’époque des faits, Manuel Valls avait évoqué un "assassinat" et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, avait promis de "tailler en pièces" les groupuscules d’extrême droite. Dans la foulée, le gouvernement avait dissous Troisième Voie, dont étaient issus les skinheads, et son service d’ordre, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), que dirigeait Serge Ayoub, un vétéran de la mouvance.

Des provocations chaque année depuis trois ans

Clément Méric
"Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos !"
Les slogans hurlés de haine restent inchangés. "Clément ! Clément ! On n’oublie pas, on pardonne pas !": "Flics assassins, justice complice !"… Slogans antifascistes et anti-policiers s'étaient déjà mêlés, le samedi 6 juin 2015 place de la Bastille à Paris. Tout ce que la capitale compte de militants libertaires et antifascistes, issus des collectifs qui ont appelé à manifester, ont défilé en la mémoire de Clément Méric. Ce jeune militant d’extrême gauche avait été tué deux ans plus tôt, le 5 juin 2013 à Paris, lors d’une des rixes dont sont coutumiers ces jeunes extrémistes de gauche et de droite. 
A 14h, son portrait ornait une bannière noire place de la Bastille, où les militants s’étaient donné rendez-vous. Ils étaient plusieurs milliers. Le pouvoir n'y avait pas pris garde et il a retrouvé ces anti-capitalistes aguerris dans les manifestations contre sa loi travail: on les appelle alors  pudiquement des "casseurs"...



Manif antifasciste en cours à Bastille, 2 ans après la mort de Clément Méric

LIRE
PaSiDupes

Les militants du parti kurde HDP participaient à cette manif internationaliste
De nombreux partis, syndicats et associations d’extrême gauche étaient présents : Action antifasciste, Alternative libertaire, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti de gauche (PdG de Mélenchon, associé au PCF), SUD-Etudiants (trotskistes),… Alors que de vieilles barbes distribuaient leurs journaux militants – Révolution, L’Anticapitaliste… – des drapeaux du parti kurde HDP (Parti démocratique des peuples, qualifié de "Syriza turc", 2% aux municipales de 2014: il défend des valeurs de "travail, d'égalité, de liberté, de paix et de justice", dénonçant chez ses adversaires des forces racistes, nationalistes, militaristes, sexistes, conservatrices et mercantiles") ont fleuri en masse à l’arrière du cortège qui s’apprêtait à s’élancer sur le Boulevard Richard-Lenoir. Le HDP râtisse large: "travailleurs, ouvriers, paysans, petits commerçants, retraités, femmes, jeunes, intellectuels, artistes, LGBT, handicapés, opprimés et exploités".
Quelques heures plus tôt, deux explosions d’origine indéterminée avaient fait deux morts et des centaines de blessés lors d’un meeting électoral de ce parti d’opposition pro-kurde, dans le Sud-est de la Turquie, à deux jours des élections législatives. 
Ces militants ont donc grossi les rangs des antifascistes sous le mot d’ordre : "Erdogan assassin, Turquie fasciste !” et “Solution politique pour le Kurdistan !".

Des militants pro-palestiniens étaient également présents. 
Vu à Tourcoing,
lors des funérailles de Pierre-Eliott Zighem
Leur banderole réclamait la libération de Georges Abdallah, militant communiste considéré comme le chef de la Fraction armée révolutionnaire libanaise, et plus vieux prisonnier de France, incarcéré en 1984 et libérable depuis 1999. Les attentats islamistes par des djihadistes, français ou non, et l'"état d'urgence" décrété et prolongé par Hollande ne se prêtent pas à une libération...

Les agresseurs de l'extrémiste révolutionnaire mis en procès
L’essentiel des manifestants, qui ont défilé sur une partie du boulevard Richard-Lenoir, dans le ...11e arrondissement de Paris, réclamaient principalement "la tenue d’un procès pour les agresseurs de Clément [Méric]". En effet l’enquête sur les circonstances de sa mort est toujours en cours : le doute demeure sur le groupe qui a provoqué l’autre en premier, et sur l’utilisation d’un poing américain. Le rapport des experts évoque seulement l' "utilisation d’objets métalliques" Le 26 mai dernier, les protagonistes du drame ont été convoqués pour une reconstitution des faits.

Une banderole faisait également référence à Pierre-Eliott Zighem, "jeune homme de 19 ans", selon la presse, mort dans une voiture qui a fini sa course folle dans un arbre, rue du Tilleul près de la gare de Tourcoing, alors qu’il était poursuivi par la police pour avoir refusé de se soumettre à un contrôle routier. Sa mort, alors que deux autres jeunes étaient blessés (dont un grièvement), dans la nuit du 31 mai au 1er juin, avait déclenché quatre nuits de violences.
photo 2 (1)
Le GUD serait dans le coup
En 2013, suite à la mort de Clément Méric, Manuel Valls avait dissout plusieurs groupuscules d’extrême droite dont les agresseurs étaient proches : les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, Troisième voie et Oeuvre française. Il reste cependant encore des groupuscules extrémistes de droite pour s'opposer aux antifascistes.
photo 2Sur leur passage, ce 6 juin, les "antifa" auraient découvert des affiches fraîchement collées du GUD (Groupe Union Défense), une organisation étudiante d’extrême droite réputée violente dans les années ...70.  Après les avoir lacérées et barrées en partie, ils ont poursuivi leur chemin aux cris de "Non à la quenelle; oui au poing levé !"

Selon la légende, le GUD aurait trouvé ses premiers financements en assurant des services d'ordre pour la campagne présidentielle de Georges Pompidou en 1969. Il aurait également assuré celui des campagnes présidentielles de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et 1981, ainsi que celui de Raymond Barre en 1988. Parmi les rumeurs de type complotiste, il faut encore citer l'affirmation du journal communiste L'Humanité, selon lequel la Syrie aurait financé des ouvrages et campagnes de communication du GUD.

Les camarades de Méric veulent faire revivre les skinheads des années Mitterrand


Les années 80 correspondent en effet à la grande époque des mouvements skinheads, époque où ils posaient fièrement avec leurs battes de baseball et où extrême gauche et extrême droite se disputaient le pavé, notamment parisien.

Le mouvement skinhead n’est pas forcément synonyme d’extrême droite,
comme tendent à le faire croire les violences fortement médiatisées qui ont conduit au décès du militant d'extrême gauche Clément Méric. Il existe aussi des skinheads antifascistes. Mais d’un côté comme de l’autre, une chose les unit: leur besoin de violence.



A l'extrême droite, la montée du Front national de Jean-Marie Le Pen les aurait fait rentrer dans le rang. Ce dernier était accusé d'en utiliser un certain nombre dans son service d'ordre, pour paradoxalement "se respectabiliser", assurent ses détracteurs, dont Erwann Lecoeur, sociologue altermondialiste et spécialiste de ce mouvement, qui note que, "depuis quelques temps, on sent que quelque chose réapparaît en souterrain." Hollande est arrivé au pouvoir et, avec ses ministres successifs de l'Intérieur, il s'accommode de cet extrémisme-là.

Les skinheads d'extrême gauche sont confortés par l'Etat-PS qui mise sur eux pour combattre le FN. En effet, la montée en puissance de Marine le Pen inquiète et les "skins" reprennent les affrontements, multipliant les provocations et les actions coup de poing contre les militants antifascistes. 

Selon une source policière, les "antifa" (antifascistes) et le "seul groupe skin organisé en France", les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR, bras armé de mouvement d'extrême droite "Troisième voie"), créé par Serge Ayoub qui a démenti être lié à l'agression, "se cherchent" à nouveau depuis ces dernières années.

La dernière rixe datait du 1er mai 2013 à Paris. Une quarantaine de personnes s’en étaient pris à un groupe de militants d’extrême gauche, venus rendre hommage à Brahim Bouarram, un Marocain tué par des skinheads d'extrême droite, dans l'entre-deux tours de la présidentielle de 1995.


Les "skinheads" d'extrême gauche

Solidaires Étudiant-e-s – Syndicats de Luttes n'est pas à proprement parler une fédération de syndicats étudiants français, mais une association loi de 1901, membre de l'Union syndicale Solidaires s'inscrivant dans le syndicalisme de lutte. L' "antifa" Clément Méric en était militant à l'IEP de Paris.
Née le 27 janvier 2013 de la fusion de la Fédération SUD Étudiant et de la Fédération syndicale étudiante, Solidaires Étudiant-e-s est membre de l'Union syndicale Solidaires (à laquelle appartiennent aussi bien SUD que le Syndicat national des journalistes, SNJ), laquelle s'était engagée en 2006 et 2008 dans les mouvements contre la loi pour l'égalité des chances et contre la loi relative aux libertés et responsabilités des universités.

Le Red and Anarchist Skinheads (ou RASH, ce qui signifie 'skinheads rouges et anarchistes') est un mouvement mondial de skinheads communistes et libertaires qui luttent contre le fascisme, le racisme et le capitalisme.
Créé à New York en 1993, le RASH s'est étendu au Canada, avant d'apparaître en la première fois en France dans la ville du Havre avant de se propager aux villes de Marseille et Bordeaux, puis au reste de la France. Le RASH est issu d'un regroupement assez récent (fin de la décennie 1990) des "redskins" (punk/rock/alternatifs) communistes et de nouveaux skinheads influencés par l'anarchisme. Ce sont des skinheads engagés à l'extrême gauche, voire à l'ultragauche (avec discours révolutionnaire) ou en groupes "autonomes" (c’est-à-dire sans lien avec les grands partis politiques).

Certains affiliés du RASH sont issus de la scène SHARP des années 90, positionné contre le racisme, à la différence des skinheads 'antifa'). Les skinheads RASH sont convaincus d'être le seul mouvement de jeunesse authentiquement prolétaire et international et l'appartenance à la mouvance skinhead devient un complément logique de l'engagement politique ou syndical. 
4 juin 2016, dans Paris

Les skinheads RASH français sont ainsi proches des organisations suivantes : 
- la CNT (Confédération nationale du travail, syndicaliste révolutionnaire), 
- la Fédération anarchiste (FA, pour la construction d' "une société libre sans classes ni états, sans patries ni frontières", membre du réseau Sortir du nucléaire, association agréée par le ministère de l'Écologie, depuis 2005, animée par Stéphane Lhomme, ex-LCR, soutien en 2012 d'une alliance entre le Front de gauche, Europe Écologie Les Verts et le NPA), 
- l'Union des anarchistes (UA, sécessionniste de la précédente jugée molle), 
- l'Organisation Communiste Libertaire (OCL, aux positions anticolonialistes et favorables aux luttes de libération nationale)
- le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA, parti trotskiste), 
- la Section carrément anti Le Pen (SCALP, appelée aussi Réseau No Pasaran).
On peut citer aussi, au niveau international : 
- l'Anarchist black cross (ABC, autonomes révolutionnaires anarchistes de soutiens aux prisonniers qui ont usé de violence) 
- ou Socialisme International (SI, mouvement trotskiste franco-anglais, très proche du NPA d'Olivier Besancenot, qui participa activement à la campagne contre l'interdiction du 'foulard islamique' à l'école -loi de mars 2004- 
à travers notamment le Collectif des féministes pour l'égalité, CFPE - féministes sous l'influence de Tariq Ramadan, dont Christine Delphy, CNRS, participante à la naissance du MLF et du mouvement des Indigènes de la République. 
Le SI a milité pour José Bové (EELV et Confédération paysanne) à la présidentielle de 2007 (1,32 % des voix).