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mercredi 12 juin 2019

Des 577 députés, le gouvernement Philippe obtient 363 votes de confiance

Le gouvernement d'Edouard Philippe s'essouffle...

363 voix pour, 163 contre et 47 abstentions : une baisse de confiance par rapport à 2017


Une majorité de députés a encore accordé la confiance  à son gouvernement, après le discours de politique générale du premier ministre, mercredi 12 juin.
L'Edouard, lors de son discours de politique générale,
le 12 juin à l'Assemblée nationale

Edouard Philippe s'est contenté d'un simple "merci" à l'attention de l’hémicycle. Ce vote fait suite au discours de politique générale, que le premier ministre a prononcé pendant plus d'une heure devant l'Assemblée nationale, assurant que "ma grand-mère avait coutume de dire que les discours les moins longs étaient les plus brefs". Mais le compte de détails et de précisions n'y est pas.

Ce score s'avère en recul sur le vote de confiance d'il  y a seulement un an

Lors de la première déclaration de politique générale, le 4 juillet 2017,  le chef du gouvernement avait obtenu 370 voix pour,  les trois quarts des Républicains, soit 75 élus, s’étaient abstenus et 23 avaient voté contre. Et si les Insoumis et une grande majorité des quelques communistes avaient déjà voté contre, les socialistes s’étaient partagés entre 23 abstentions, 5 contre et 3 pour. Les positions s'étaient ensuite raidies en deuxième année.  

Un an et demi plus tard, les deux groupes majoritaires, La République en marche (LREM) et le MoDem, continuent de faire bloc derrière le gouvernement, sachant que certains s'apprêtent à quitter l'Assemblée pour se présenter aux municipales, mais le vote de 2019 esquisse une majorité plus étriquée, avec une perte de sept soutiens en un an en 2019,  à laquelle s'ajoutent les circonspects .


La droite parlementaire est parvenue à exprimer son unité. 81 élus LR ont voté contre, 22 se sont encore abstenus. Aucun élu n’a voté la confiance, rejetant ainsi l’injonction du patron de LREM, au début du mois : "Ceux qui veulent se rassembler avec nous, avec LREM, doivent voter la confiance", avait menacé Stanislas Guerini, en référence aux municipales.

Le groupe UDI et Indépendants très divisé,  LR 'contre' plutôt qu’abstentionnistes. Sur le point d’exploser, le groupe de centre droit se divise sur l’appui à manifester à Edouard Philippe. Les 7 élus de la branche d'Agir! du groupe juppéiste, dont est issu l’actuel ministre de la Culture, Franck Riester, ont soutenu la politique du gouvernement. Les autres UDI se sont majoritairement abstenus (16 sur 28 députés). "Plutôt que la confiance a priori, je demande à vérifier les actes", a expliqué le chef de file du groupe, l’UDI Jean-Christophe Lagarde.
Edouard Philippe avait d'ailleurs énuméré les annonces de son gouvernement à un rythme effréné. 

Des élus portent 
sur le gouvernement un regard moins béat qu’en 2017
Parmi eux, les ex-députés frondeurs de LREM, désormais hors du groupe majoritaire: François-Michel Lambert, Paul Molac, Jean-Michel Clément et Sébastien Nadot ont voté contre, après avoir voté pour. 
L’écologiste Matthieu Orphelin a, de son côté, fait le choix d’une "abstention bienveillante mais exigeante"... 

Dans les rangs de LR, le député Mansour Kamardine a cette fois-ci voté contre, après avoir été le seul dans son groupe à avoir voté pour en 2017. Un seul député LR est passé, en deux ans, du vote contre à l’abstention: l’élu de Paris Claude Goasguen, désormais prêt à s’allier à LREM en vue des municipales

Inflexibles, les 17 députés de La France insoumise (LFI), les communistes et les 6 membres du Rassemblement national (RN) ont voté contre la feuille de route gouvernementale. Comme en 2017.

dimanche 25 juin 2017

Le PS se déclare dans l'opposition à Emmanuel Macron, officiellement

Mais des indiscipliné(e)s se désolidarisent déjà 

Officiellement, une r
ésolution adoptée en conseil national place désormais le PS "clairement" dans l'opposition

Des membres du Conseil national arrivent autour de Jean-Christophe Cambadelis, qui s'est retiré de la tête du parti.
Déambulation des morts-vivants socialistes, souriants
Après avoir longtemps tergiversé, le Parti socialiste a tranché: ils seront dans l'opposition à Emmanuel Macron. "Nous nous situons (...) clairement dans l'opposition au gouvernement d'Edouard Philippe. Nous ne voterons pas la confiance à ce gouvernement", peut-on lire dans la résolution adoptée samedi 24, reprenant le consensus qui a émergé mardi en bureau national. 
"Nous ne serons pas dans la majorité présidentielle. Et donc nous ne voterons pas la confiance", a solennellement déclaré Jean-Christophe Cambadélis.
Or, une seule chose est claire, le texte cite déjà un premier cas particulier. "A l'exception de la loi sur la moralisation de la vie publique qui s'inscrit dans la continuité de ce qui a été réalisé lors du précédent quinquennat, le Parti socialiste ne peut pas se reconnaître dans les mesures annoncées ou déjà engagées", lit-on également, une dizaine de jours avant le vote de la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe.

Le Conseil national appelle à ne pas voter la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe, le 4 juillet prochain, à l'issue du discours de politique générale du Premier ministre.

En fait, la formulation retenue dans ce texte approuvé à environ 85% n'interdit pas non plus aux députés de s'abstenir s'ils le veulent... Ils ont longtemps tergiversé, mais pour ne rien régler au final. La formulation retenue est inspirée d'une proposition d'amendement porté par le député européen Emmanuel Maurel (aile gauche).
C’est donc un compromis entre les tenants d’une ligne ferme à l'égard de l’exécutif et ceux pour qui il ne faut pas entrer dans une opposition stérile au gouvernement. En trois heures de huis clos, le Parti socialiste a réussi à se mettre d'accord pour laisser chacun agir à sa guise : le parti se place dans l'opposition, même s'il n'appelle pas explicitement à voter contre le gouvernement d'Édouard Philippe. C'est donc l'abstention qui devrait dominer.
C'était en même temps que se déroulait la Marche des fiertés, mais la grande marche du PS en avait-elle la fierté présumée ? Ce n'était pas le terme qui collait le mieux à l'ordre du jour. Les 31 députés qui lui restent à l'Assemblée ne savent pas mieux sur quel pied danser.

Samedi, les 200 participants ont également évoqué la "feuille de route de la refondation" que sera chargée d’établir la future direction collégiale d'une dizaine de personnes nommées le 8 juillet

Elle devra respecter une ligne "ni Macron, ni Mélenchon" pour permettre au PS de se reconstruire par lui-même. Cependant, les socialistes souhaitent associer à cette démarche, outre ses militants, des personnes extérieures au parti. La version définitive de ce plan de sauvetage doit être soumise aux militants en septembre, après un séminaire de travail prévu fin août.

Sortie rincée de la présidentielle et essorée aux législatives du printemps, la formation socialiste ne dit pas pour l'heure quel sort pourrait être réservé aux parlementaires qui donneraient leur confiance au gouvernement. Le PS ne compte plus qu'une petite trentaine de députés, soit environ dix fois moins que lors de la précédente législature. Elle ne peut braquer les derniers des Mohicans et plus personne ne commande plus à rien Rue de Solférino.
A Marseille, Mennucci brade : il a mis le siège du parti en vente.

Des socialistes déserteurs programment le reniement de leurs origines 

Ainsi
, dès le début mai, l'ex-ministre de l'Agriculture de Hollande apporta-t-il, son soutien à Emmanuel Macron contre le FN dans un entretien au journal le Parisien. 
Stéphane Le Foll avait refusé de choisir publiquement avant le 1er tour entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron, pour qui il appela ensuite à voter sans ambiguïté, au nom de la démocratie et parce qu'il est à l'écoute des Français : "Je veux la défaite du FN, donc je voterai Macron". 
Puis Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, n'avait pas hésité à clamer que le meilleur des candidats des gens de gauche c'est "pas Emmanuel Macron mais "François Hollande".

Et celui qui fut directeur du cabinet de Hollande, premier secrétaire du PS, pendant 11 ans (1997-2008), de susciter la stupéfaction en estimant qu'après cinq ans de présidence de Hollande, "c'est la fin du parti tel qu'il a vécu jusqu'ici. Il va falloir se réinventer. Il faudra y réfléchir après les législatives. Dans le moment présent, il faut rester rassemblés et responsables. Sinon, on risque l'éclatement général."

Il accusait déjà le parti de ne pas s'être clairement situé dans une forme de synthèse entre Benoît Hamon et Emmanuel Macron durant cette campagne.  
"Il faut simplement essayer d'imposer le retour à une ligne qui est le socialisme démocratique. Et puis, il faut regarder ce que propose Emmanuel Macron. Je trouve que la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des Français, dans un contexte où beaucoup souffrent, est une bonne piste. De même que la réduction du nombre d'élèves par classe dans les zones prioritaires, ou le plan d'investissement à hauteur de 50 Mds€. Enfin et surtout, il a un engagement européen qui est essentiel face aux défis et aux menaces qui pèsent sur le monde." Bref, Le Foll était déjà mûr pour un retournement de veste.[...] Je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas constructifs." Le mot était lâché et fera son petit chemin.

Aujourd'hui, réélu dans la Sarthe sans Marcheur face à lui, Le Foll poursuit sa marche vers Macron
Celui qui fait partie de la poignée d'anciens ministres socialistes contre lesquels le mouvement d'Emmanuel Macron n'a pas investi de concurrent aux élections législatives, amorça une volte-face au cours des législatives. "Nous ne sommes pas dans la stratégie de l'opposition" au gouvernement d'Emmanuel Macron, avait annoncé avant le scrutin Stéphane Le Foll en prônant une attitude "constructive" tout en conservant son identité socialiste.
Le FNne justifiait plus 

D'autres crevures attendent d'être exclus pour se rallier à Macron
Pour le moment, l'avenir de trois députés socialistes "constructifs" n'est pas non plus scellé. Guillaume Garot, David Habib, Olivier Dussopt ont annoncé qu'ils voteraient la confiance au gouvernement Philippe. "Se recroqueviller n'est pas la bonne solution", assure le député PS Guillaume Garot, député PS de la Mayenne, qui ne partage pas la position de son parti.  "Les Français veulent qu'on donne sa chance au nouveau président, car il y a des défis considérables devant nous, contre le chômage, pour réorienter l'Europe. En même temps, ce soutien est un soutien exigeant," raconte-il. Ce dimanche, il apporte "une soutien exigeant à Emmanuel Macron".

Certains députés de gauche, dont des socialistes comme Manuel Valls, sont tentés par la création d'un groupe des "constructifs", à l'image de Les Républicains constructifs UDI et indépendants créé du côté droit de l'hémicycle. "Aujourd'hui, le périmètre de ce que pourrait être le groupe PS n'est pas encore constitué, selon Olivier Dussopt, membre de l'équipe de Valls lors de la primaire et réélu en Ardèche face à la candidate En Marche. L'hypothèse d'un autre groupe réunissant des socialistes, des radicaux et des divers gauche fait son chemin." Pour eux, le dilemme est clair : changer de groupe ou s'opposer à la décision du PS... Il reste 9 jours aux députés socialistes, tentés par la confiance, pour résoudre ce dilemme.

Pourraient-ils être exclus, si Le Foll est maintenu ? Certains disent que ceux qui votent la confiance au gouvernement d'Edouard Philippe se mettent en dehors du PS, mais l'ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire dans le gouvernement Ayrault II soutient que "si on commence à exclure au moment où on veut reconstruire, on n'ira pas très loin. Moi j'ai une sensibilité que j'exprime au sein du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. J'entends que cette sensibilité soit respectée."
Pour Olivier Faure, président du groupe PS à l'Assemblée, marier les contraires est une gageure.
La menace FN n'expliquait plus l'alibi de la lutte contre les extrêmes...

"Je ne vois pas comment on peut vivre ensemble politiquement avec ceux qui voteront pour", glissait samedi le sénateur David Assouline à la sortie de la réunion.
"Ceux qui pensent que l'avenir est à En Marche !, qu'ils s'en aillent !" a tonné la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Au pouvoir ou dans l'opposition, les socialistes n'ont pas achevé leur agonie...

mercredi 17 septembre 2014

Vote de confiance : Valls sort affaibli d'une majorité toute relative

Dans la majorité présidentielle, tout fout le camp !

Les prévisionnistes de Matignon avaient sous-estimé le nouveau rapport de force à l'Assemblée nationale.
 

Vote de confiance : la répartition des voix

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Infographie : RTL.fr

Adieu les 270 voix sur lesquelles Manuel Valls tablait: il était convaincu de voir les frondeurs passer sous les 30, lors du vote de confiance. C'est raté!  

Les parlementaires ont accordé leur confiance au Premier ministre par 269 voix contre 244, loin du seuil symbolique de la majorité absolue (289 voix). Et les députés socialistes étaient même trois fois plus nombreux à s'abstenir que le 8 avril dernier. Le vote de la majorité marque un virage avec le triplement des abstentions au sein du groupe socialiste, 32 députés PS n'ont pas voté la confiance ce jeudi, contre 11 en avril, et l'abstention massive  des écologistes  - 17 en septembre (sur 18) contre 10 en avril.
Jean-Marc Germain (époux Hidalgo) et Christian Paul, parmi les leaders du mouvement de fronde, sont passés d'un vote favorable à Manuel Valls le 8 avril à l'abstention cinq mois plus tard. Leur opposition s'est radicalisée et formalisée depuis. Parmi les abstentionnistes, outre Laurent Baumel, Hervé Féron, Serge Bardy, Jean-Pierre Blazy, Kheira Bouziane-Laroussi, Dominique Chauvel, Daniel Goldberg, Edith Gueugneau, Mathieu Hanotin, Christophe Léonard, Michel Pouzol, Denys Robiliard et Michel Vergnier n'ont pas fait non plus confiance au premier ministre mardi.

Le chef du gouvernement doit donc composer avec le vote de confiance le plus faible depuis 1986. À partir d'aujourd'hui, la majorité absolue ne sera plus automatique à l'Assemblée nationale. 

Valls va devoir batailler pour tenir

Les enfumeurs du Premier ministre assurent le service après-vente. 
"Cette majorité est celle qui est nécessaire pour tous les textes importants qui sont devant nous. Le budget de la Sécurité sociale, la loi sur le vieillissement, la loi sur la transition énergétique", veut croire le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen
"Je ne pense pas que le feuilleton de l'incertitude du gouvernement soit très crédible. Les choses sont positives", assure le député Christophe Borgel.

L'heure des doutes a sonné. 
Matignon s'attend à devoir batailler sur chaque texte. La majorité au Sénat risque fort de basculer à droite. 

Le recours à l'arme de l'article 49.3 n'est plus tabou. Cela permettrait au gouvernement de faire adopter un texte sans passer par l'Assemblée nationale. Un passage en force dont a beaucoup usé Michel Rocard. Le mentor de Manuel Valls y a eu recours 28 fois lors de son passage à Matignon.

mardi 16 septembre 2014

Vote de confiance: beaucoup de bruit, mais combien de "frondeurs" voteront contre ?

Une trentaine d'abstentions, selon les pronostiqueurs

Un psychodrame pour la galerie
Frondeurs ou matamores médiatiques?
On annonce l'"abstention collective" d'une trentaine de socialistes foireux, auxquels s'ajouteront les Verts radicaux, lors du vote de confiance que sollicite Manuel Valls mardi à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre devrait donc disposer d'une marge de sécurité d'une centaine pour ce deuxième vote en cinq mois et le tapage des opposants socialistes n'aura été qu'un gage donné aux Français plongés dans le malheur par l'élection du président Hollande. Toutefois, une majorité relative affaiblirait encore un peu plus ce chef du gouvernement en chute libre dans les sondages.

Christian Paul, le député PS qui orchestre le show de la fronde, prévoit "quelques dizaines" d'abstentions sur l'aile gauche du Parti socialiste, "probablement une trentaine", soit trois fois plus que la fois précédente: en avril 2014, onze députés socialistes et six écologistes s'étaient abstenus. Qui sont-ils? Henri Emmanuelli, Pouria Amirshahi, Pascal Cherki, Jérôme Guedj, Barbara Romagnan, Fanélie Carrey-Comte, Nathalie Chabanne, Jean-Pierre Dufau, Philippe Noguès, Gérard Sebaoun et Suzanne Tallard, les seuls abstentionnistes sur 291 députés du groupe PS. Tous les autres ont voté pour.
"La politique qui est menée n'inspire pas confiance à la majorité des Français", a une nouvelle fois répété le député de la Nièvre sur RTL. "Notre devoir, c'est de nous abstenir."

Mais les frondeurs du PS ne passeront encore pas des paroles aux actes en votant contre. 

"Voter contre, c'est quitter la majorité, voire le Parti socialiste", s'est justifié Ch. Paul. Les frondeurs demandent "une autre politique avec ou sans Manuel Valls". Le pseudo-frondeurs observe qu'"il y a eu un désaveu massif lors des élections du printemps dernier et ce désaveu s'est confirmé depuis", mais Christian Paul, et Martine Aubry, donc, n'ont pas le courage d'entraîner les opposants dans un contre d'une politique qu'ils disent refuser. Ce proche de Martine Aubry a regretté le "gâchis historique" que représentent selon lui les premières années du quinquennat de François Hollande, marquées par un abandon des "engagements de 2012".

Le mouvement des frondeurs sortira inaudible de cette mascarade.
Le député déplore sous les caméras que la politique suivie par le gouvernement n'ait pas "été changée". "Elle a plutôt été approfondie, voire durcie", a même insisté Christian Paul, citant le dossier des seuils sociaux ou du travail dominical, mais ses amis et lui continuent de voter inutile dans les urnes
Le comportement des députés frondeurs n'est pas plus cohérent que la ligne politique de l'exécutif.  

mardi 9 septembre 2014

Echecs de Hollande: vers un vote de confiance ou vers la dissolution et la cohabitation ?

A la mi-mandat de Hollande, Valls joue l'avenir de la gauche au pouvoir
Le Premier ministre appelle sa majorité à la responsabilité collective
"Faut pas se crisper", conseille Aubry à Valls
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement le 16 septembre prochain ne s'annonce pas comme une simple formalité pour Manuel Valls. A titre personnel, l'ancienne ministre de l'Ecologie, Cécile Duflot, a fait connaître son refus d'accorder sa confiance à Valls, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement et des députés socialistes "frondeurs" ne font même plus planer la menace de l'abstention. "Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a déclaré cet élu proche de Martine Aubry au côté d'autres animateurs des "frondeurs", Laurent Baumel et Pouria Amirshahi, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

VOIR et ENTENDRE le parcours de la Ch'tite Martine Aubry, caricature du Judas socialiste:

Vote de confiance : les frondeurs du PS vers "l'abstention collective"

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis appelle à la "responsabilité collective", alors que les députés socialistes "frondeurs" faisaient planer la menace de l'abstention, le 16 septembre prochain.
De toute évidence, le vote de confiance que va solliciter le gouvernement ne sera pas une simple formalité pour Manuel Valls. Alors qu'en début de matinée l'anceinne ministre de l'écologie, Cécile Duflot, a annoncé qu'elle ne votera pas la confiance au gouvernement, c'est au tour des députés socialistes "frondeurs" de faire planer la menace de l'abstention.
Une prise de position qui a conduit le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a se bouger. "J'appelle tout le monde à la responsabilité politique" dans "un moment difficile du point de vue politique". Trotskiste un jour, trotskiste toujours, réactive les vieilles scies du PS. Il anticipe déjà le retour de Nicolas Sarkozy, avec le sentiment qu'il "va être sur une ligne d'une rare violence sur le plan économique". Il sait aussi par avance que le Front national "rôde à deux pas du pouvoir." C'était avant la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, à laquelle assiste aussi le Premier ministre Manuel Valls: séparation des pouvoirs oblige !

"Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique" actuelle, a répliqué Laurent Baumel, un ancien cadre de la Banque de France (service public) originaire de Charleville-Mézières (Ardennes) et député de  proche de J.-P. Chevènement, d'Henri Weber et de Martine Aubry, aux côtés d'autres animateurs des "frondeurs", tels Jean-Marc Germain, époux Anne Hidalgo, et Pouria Amirshahi ou Christian Paul, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

V
OIR et ENTENDRE Christian Paul frondeur du PS et proche de Martine Aubry:

A l'extrême gauche, les élus du Front de gauche disent qu'ils ne se posent pas la question d'une éventuelle dissolution et appellent les "frondeurs" à ne pas voter la confiance, comme eux.  "Nous on répondra à la question qui nous est posée. On ne se posera pas la question de la dissolution", a affirmé Marc Dolezdéputé du Nord, lors d'une conférence de presse. "Notre position est déjà prise et ferme; ce sera un vote d'opposition contre un gouvernement qui engage une politique plus droitière que jamais", a prévenu André Chassaigne, député communiste.

Une session parlementaire à haut risque

Duflot ne votera pas la confiance au gouvernement de Manuel Valls
L'ancienne ministre de Valls est plus catégorique. Elle a fait l'annonce de sa détermination alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour l’exécutif. Pour faire tomber les incertitudes ce matin sur RTL, elle a profité que les "frondeurs" du PS évoquent aussi une abstention collective ce matin: " Les conditions ne sont pas remplies pour faire confiance à la politique qui est menée ". La députée de Paris -par la grâce du PS- indique ne pas pouvoir voter la confiance "sauf à ce qu’il y ait un grand changement." 
"Je ne crois pas (...) que cette politique va fonctionner", a insisté l'écologiste radicale, prononçant ainsi une sorte de sentence de mort, disant refuser " cette assignation" du gouvernement. Sans pour autant être passée dans l’opposition.

L’écologiste, ancienne ministre du Logement, a fait cette annonce mardi, alors que s’ouvre une session parlementaire à haut risque pour un couple exécutif miné par l'absence de résultats économiques et par l’impopularité record de François Hollande, elle-même entretenue par des "affaires", et par le dévissage du Premier ministre dans les sondages. Dernière en date, la sortie de Thomas Thévenoud du PS . Thomas Thévenoud, secrétaire d’Etat de neuf jours, suite à trois années de fraude fiscale - qualifiée d'"indélicatesse" (sic) - alors qu'il était membre de la commission parlementaire chargée de la combattre, a tout de même choisi, et obtenu, de conserver son mandat de député, évitant ainsi au PS de perdre une nouvelle voix à l’Assemblée.

Le 16 septembre, lPremier ministre engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement, sachant que le vote sur sa déclaration de politique générale s’annonce serré à l’Assemblée nationale. Manuel Valls espère rassembler son camp en appelant à la solidarité raisonnée des députés peu assurés de retrouver leur siège en cas de dissolution et en brandissant l'épouvantail des loups du FN "aux portes de Paris. 
Manuel Valls affiche sa confiance sur ce vote du même nom. 
Le danger est portant réél à l’Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot. Le 10 députés du Front de gauche se situent dans l’opposition depuis plusieurs moisles 18 députés écologistes refusent souvent de voter les textes gouvernementaux et les "frondeurs" de l'aile gauche du PS seraient passés à environ 30. Un total de 58 opposants à la ligne socio-libérale de Valls, présenté comme le vice-président. Après que ses 17 députés ont votés contre la réforme territoriale, les radicaux de gauche restent pour l’instant fidèle à la majorité.
La majorité absolue étant de 290, cette majorité présidentielle ne dispose que d'une voix d'avance (290) membres. Le vice-président Valls fanfaronne néanmoins du haut de ses 30% de sondés à lui faire encore confiance, soit 14% perdus en un seul mois.
Valls avait annoncé la semaine dernière sur France 2 que le discours de politique générale qu'il prononcera devant l'Assemblée engageant la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance aurait lieu "en septembre ou en octobre". Pourtant,c'est finalement un vote d'urgence qui a été fixé le 16 septembre.
Ce matin, le gouvernement s’annonce "serein" sur le vote de mardi, comme le certifie Jean-Marie Le Guen ce mardi à Libération.
"L’appel des 100", qui lança le mouvement, comptait un peu plus de 80 députés du groupe SRC (qui comprend les membres du PS et quelques apparentés). Mais lors du vote sur le pacte de stabilité présenté par Manuel Valls, le 29 avril, ils n’étaient que 41 à s’abstenir dans le groupe, ce qui est à ce jour leur record. Et trois, n’appartenant pas au PS mais au MRC, avaient voté contre. Sur les 564 votants ce jour-là, 242 députés SRC avaient voté «pour», ce qui ne suffisait pas à atteindre la majorité absolue de 249 voix. Le vote était passé assez largement (265 pour, 232 contre) grâce à l’appui des radicaux, de quelques écologistes et même d’un UMP, Frédéric Lefebvre.

mercredi 3 septembre 2014

Valls fera passer l'examen de rentrée de son nouveau gouvernement devant l'Assemblée

Manuel Valls engagera la responsabilité de son nouveau gouvernement le 16 septembre

Cette décision fait suite à la dissolution du Valls 1 et à la formation du Valls 2, son clone, après 150 jours
Manuel Valls engagera la responsabilité de son gouvernement devant l'Assemblée nationale le 16 septembre.  "Le Conseil des ministres a autorisé le Premier ministre à engager, conformément au premier alinéa de l'article 49 de la Constitution, la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale qui sera présentée le 16 septembre devant le Parlement", peut-on lire dans un communiqué publié mercredi par l'Elysée. 

"La majorité, elle sera là", promet Valls
L'entourage de François Hollande a expliqué que "sous la Ve République, la pratique institutionnelle veut que la confiance soit demandée après la formation d'un gouvernement", indique l'agence de presse Reuters. 
Manuel Vall s'était d'ailleurs lui-même engagé à demander la confiance du parlement, juste après la mise en place de sa nouvelle équipe. "Vous verrez, la majorité elle sera là", avait-t-il affirmé sur France 2 le soir de la dissolution.

Le premier ministre balayait déjà le risque posé par les "frondeurs" du Parti socialiste
"Il n'y a pas, sans doute, d'autre politique possible", avait-il lancé. Et les frondeurs ? Dans une tribune publiée par 'Le Monde', 200  "godillots"sur les 290 députés socialistes - que compte le groupe - ont lancé la semaine dernière un appel au rassemblement derrière le nouveau gouvernement de Manuel Valls et demandent de mettre fin au "pseudo-débat entre godillots et déloyaux"

Les "frondeurs" se sont déjà déconsidérés: après avoir poussé des cris d'orfraies, la plupart ont baissé la culotte, s'abstenant au Parlement ces derniers mois, sans toutefois empêcher l'adoption d'aucun texte.

dimanche 6 avril 2014

Vote de confiance : le nombre des députés PS qui défient Hollande et Valls grossit

Plus de 100 députés PS posent leurs conditions

Près de 100 députés socialistes en colère ont signé une pétition réclamant un "contrat de majorité"
 
avec le nouveau gouvernement, juste avant le discours de politique générale de Manuel Valls mardi. Soit déjà un tiers du groupe à l'Assemblée nationale.
Ce texte est "une démarche inédite qui répond à une situation politique sans précédent à gauche", explique au journal socialiste Le Monde le député de la Nièvre Christian Paul, un de ses initiateurs. La vague bleue a ébranlé le Parti socialiste aux municipales: c'est, selon lui, "une des plus graves défaites de mi-mandat de la gauche au pouvoir".

Plusieurs députés menacent de ne pas voter la confiance
, sauf à obtenir un "contrat de majorité".  Quoiqu'encore doté d'une cote de popularité positive, Manuel Valls ne connaîtra pas l'état de grâce de ses prédécesseurs. Ayrault a frappé dur. Fiscalité et austérité ont augmenté mais la courbe du chômage  n'a rien cédé et les déficits publics ont crû. La paire de gifles des municipales ne semble pas avoir été assez cuisante pour que Hollande évite de ressortir de rossignols et de reconduire des bras cassés dans le nouveau gouvernement. Hollande et Valls ont tout fait pour que Matignon soit bel et bien le point de confluence des rancœurs, des méfiances et des jalousies. 

Surveillé par François Hollande, qui a placé ses fidèles aux postes clés (même s'il n'a pu imposer son ami François Rebsamen à l'Intérieur) et invite par voie de presse son nouveau Premier ministre à "faire du Valls", le promu qui est déjà dans le collimateur de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, qui n'a pas digéré les conditions de son limogeage à la façon de Delphine Batho, ni le choix de son successeur, est en butte déjà aux tentatives d'émancipation de l'une (Ségolène Royal) et aux rivalités des autres (Fabius et Montebourg, Montebourg et Sapin…). Lâché par les altermondialistes d'EELV que ses options droitières révulsent, voici Manuel Valls focalise tous reproches des vaincus et des aigris et la fronde de nombreux parlementaires socialistes monte.

La confiance à son gouvernement sera votée mardi soir à l'Assemblée nationale. Cela ne fait guère de doute, mais dans quelles conditions ! Et la question est de savoir si la majorité qu'il obtiendra sera une mise en garde. La confiance sera certainement votée par les velléitaires de gauche, même si l'opposition reçoit le renfort des 10 députés du Front de gauche. Seuls sont comptabilisés en effet les suffrages exprimés. 
Ne seront pas pris en compte dans le résultat final les abstentions possibles des écologistes, voire des trois élus chevènementistes (qui siègent au groupe PS) ou de quelques députés de l'aile gauche du PS. Et les menaces de dissolution brandies par François Hollande devraient refroidir les ardeurs.

Le vent de fronde souffle fort au groupe socialiste
 
Un texte circule, qui serait signé par une centaine de députés. 
La liste des signataires devrait être connue ce week-end. "Le Monde" explique qu'on retrouve plusieurs courants du socialisme : "membres des 'reconstructeurs', sensibilité composée de fabiusiens et d'anciens strauss-kahniens, des proches de Martine Aubry, de Benoît Hamon ou d'Arnaud Montebourg, ainsi que l'aile gauche traditionnelle du PS".

Ce texte pose clairement "les conditions de la confiance" exigeant "un contrat de majorité" qui en dit long sur le climat de défiance au PS. Y figureraient  une "réorientation" de l'Europe, "un plan de relance contre la déflation", "une révision des trajectoires budgétaires" envoyées à Bruxelles, une "réforme fiscale" incluant notamment une CSG progressive, une plus forte régulation des activités bancaires et financières.

Les pétionnaires veulent "agir et ne pas subir" 

"Le temps du Parlement est venu", affirment-ils, posant "les conditions de la confiance". Ils demandent notamment la remise en cause de l'austérité européenne "par un plan de relance contre la déflation" et "une révision des règles budgétaires" qu'ils estiment "insoutenables et ennemies de la croissance et de l'emploi". Pour eux, l'Union européenne doit procéder à des "investissements massifs" dans "les énergies renouvelables, les transports, le numérique, la construction de logements, la recherche", sans quoi il n'y aurait pas "d'échappatoire au déclin".  Le spectre d'Athènes se dresse devant les frondeurs, alors que la Grèce a amorcé son redressement.

Ils demandent également plus de social :"la création réelle d'emplois", "des mesures en faveur des bas salaires" et la revitalisation du Parlement.

Il s'agit aussi de "réaffirmer et amplifier les choix et les engagements de 2012", soit "muscler les efforts de régulation des activités financières et bancaires", "rendre populaire la transition écologique" ou encore "défendre l’égalité des territoires".

"Cette lettre n'est ni une rébellion, ni une dissidence, mais l'expression de ce qu'attendent de nous les Français", affirme Christian Paul au "Monde". Le vote de confiance à Manuel Valls n'est pas remis en question. "Ne pas voter la confiance serait comme nous autodissoudre", reconnaît un signataire.

Les députés exigent une meilleure association à l'action du gouvernement
Alors qu'en 2012 Hollande promettait dialogue et concertation à tous les étages, les signataires brandissent cette menace : "Si le gouvernement rejette systématiquement nos amendements, il manquera plusieurs voix le jour du vote." Ces signataires veulent pour l'heure simplement peser et prendre date. Le danger pour Valls est qu'ils ne viennent pas - ou pas seulement - de la turbulente aile gauche, mais de plusieurs courants, à commencer par celui qui avait porté Martine Aubry à la tête du PS en 2008. Ce sont d'ailleurs deux proches de la maire de Lille qui se trouvent à la manœuvre, à savoir son ancien directeur de cabinet au PS, Jean-Marc Germain, aujourd'hui député des Hauts-de-Seine, et l'ancien ministre Christian Paul.

Les avatars du passage de Martine Aubry rue de Solferino n'en finissent pas de se faire sentir pour François Hollande et ses premiers ministres successifs. Il y avait d'abord eu l'accord passé avec sa complice C. Duflot en faveur des Verts, qui leur a permis d'avoir un groupe grâce à des circonscriptions laissées par le Parti socialiste. Il y a aujourd'hui tous ces députés PS qui doivent leur investiture à Martine Aubry et font du groupe socialiste un groupe bien peu " hollandais". 
À cela s'ajoute l'aversion profonde de Mme Aubry pour Manuel Valls, qu'elle avait même menacé en 2009 d'exclure du Parti socialiste après que celui-ci eut multiplié les prises de position iconoclastes.


Même si ces troupes aubrystes se montrent encore disciplinées, tout le groupe socialiste votera-t-il pour autant la confiance ? "Je n'en mettrais pas ma main au feu, souffle un bon connaisseur des arcanes parlementaires. Il en manquera peut-être quelques-uns, les éternels trublions." 

Nombreux sont sans doute ceux qui partagent la position exprimée hier par Henri Emmanuelli (ci-contre) dans Sud Ouest : "Je ne suis pas enthousiaste à l'idée de voter la confiance à ce nouveau gouvernement, explique le député des Landes. Surtout si, comme je l'entends dire, on y greffe le vote sur le pacte de responsabilité. Cela me paraît difficilement acceptable."

Il paraît en effet probable que le gouvernement n'engagera pas une deuxième fois sa confiance dans un mois ou deux sur le pacte de responsabilité.
Ce pacte ne devrait faire l'objet que d'une déclaration éventuellement suivie d'un vote. Manuel Valls devrait préciser que le vote de confiance portera aussi - et surtout - sur le pacte de responsabilité. Un pack anti-démocratique qui force la main des élus du peuple.  D'où l'indignation croissante d'une partie du PS. 
L'heure de vérité devrait en tout état de cause sonner vraiment lors du vote des textes budgétaires qui intégreront les milliards d'économies annoncés.