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samedi 6 juin 2020

Les députés ont fait gonfler les remboursements de leurs frais en 2019

La majorité présidentielle ne se laisse pas abattre par les crises sanitaire, politique et sociale


Les crises n'ont pas entamé le pouvoir d'achat des députés

Collège des Questeurs - Mars 2018
Les questeurs Eric Ciotti (LR), Florian Bachelier (LREM) et Laurianne Rossi (ex-PS, LREM)
 
Taxis, téléphonie, hébergement, etc passent aux frais de la princesse en haillons. 
Certains frais de fonctionnement des députés sont pris en charge par l’Assemblée nationale. Or, leurs montants ont augmenté en 2019, parfois dans des proportions importantes, au mépris d'un contexte difficile pour le contribuable français et de résultat budgétaire déficitaire du Palais Bourbon, comme l'année précédente déjà.

Les députés serrent la ceinture des Français, mais ne se privent pas
 
En 2019, l’Assemblée nationale a enregistré un déficit de 22 millions d’euros — sur un budget global de 547 millions d’euros — indique le rapport que les questeurs (gestionnaires financiers de l’hémicycle) ont remis à la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes, laquelle est présidée par Marie-Christine Dalloz, assistée de Charles de Courson, Nadia Hai, Mohamed Laqhila, sans oublier quelques membres telles Cendra Motin ou Marie-Christine Verdier-Jouclas. 
Une situation que la majorité présidentielle de l'ex-banquier explique à la fois par la hausse des investissements (opérations immobilières, travaux...) et la chute des recettes propres. 
Elle s'explique encore moins facilement par la légère augmentation des charges parlementaires (+1% à 310 millions d’euros environ), qui intègrent les frais remboursés aux 577 élus de la chambre basse
Le déficicit de l’Assemblée nationale a atteint un degré tel qu'elle a dû puiser dans ses réserves propres pour combler le manque de recettes. Elle n’a donc pas eu besoin de solliciter du contribuable une augmentation de la dotation budgétaire de l’Etat, stabilisée à 518 millions d’euros depuis 2012.
 
La dotation d'hébergement séduit un nombre croissant de députés 

L’une des augmentations de charges parlementaires les plus significatives concerne les dépenses d’hébergement des députés, dont le montant global a atteint 1,80 million d’euros en 2019, en hausse de 12%. Et on sait en outrequ'ils ont même la fâcheuse tendance à convertir leurs locaux de campagne en logement et d'ainsi se les approprier. 
Si le recours au remboursement des nuitées d’hôtel en Ile-de-France a fortement baissé (- 47%) pour s’établir à 357.000 euros, le rapport des questeurs relève en revanche “l’accroissement symétrique de la dotation pour la location d’un appartement à Paris”
Le montant de cette dotation d’hébergement, utilisée par 116 députés en 2019 — contre 98 en 2018, année de sa création — a ainsi augmenté de 80%, pour atteindre 1,1 million d’euros. Toutes catégories confondues (frais d’agence, frais de loyer, charges…), la prise en charge moyenne s’est élevée à 892 euros par mois et par député, selon les chiffres des questeurs. Sachant qu'en France, le seuil de pauvreté est établi à 1.050 euros par mois environ pour une personne seule, le parti du président qui détient la majorité atteint un degré d'indécence qui devrait interdire à ses  députés de se montrer.


Cette dotation d’hébergement s’ajoute à l’Avance de frais de mandat (5.373 euros par mois). Elle est versée aux seuls députés qui ne bénéficient pas d'un des 250 bureaux "avec possibilité de couchage", qui n'habitent pas à Paris ou la petite couronne, et qui n'ont pas pu accéder à l'une des 51 chambres de la résidence de l'Assemblée. 
Initialement fixée à 900 euros par mois, elle a été revalorisée à 1.200 euros en novembre dernier, afin de “tenir compte du niveau élevé des loyers parisiens”, selon les explications fournies par le bureau de l’Assemblée. 

Les dépenses de taxis, courrier et téléphonie ont également augmenté de 15% en 2019 
 
Leur montant atteint ainsi un total cumulé de 6 millions d’euros. 
Ces frais ont fait bondir à 54% le taux de consommation de la dotation matérielle des députés (DMD), l’enveloppe budgétaire — plafonnée à 18.950 euros par an et par député ! — sur laquelle ces trois types de dépenses sont prises en charge par l'Assemblée, c'est-à-dire par les "gens qui ne sont rien"
Toutefois, les fonds dédiés à la DMD n'ont pas été utilisés intégralement. “Seuls 39 députés sur 577 ont utilisé la totalité de cette enveloppe en 2019”, fait valoir l’équipe qui travaille pour Florian Bachelier, premier questeur de l’Assemblée nationale, pendant qu'il déclare être au "travail" aux dossiers "sur la table".

Les dépenses afférentes au courrier ont augmenté de 15% pour atteindre un montant légèrement supérieur à 2,5 millions d’euros, ce qui n'est pas non plus un détail.
 
Quant aux frais de téléphone de nos élus ils augmentent également (+ 23%) plus vite que les primes aux salariés — qui comprennent l’achat de terminaux mobiles — dont le total cumulé a dépassé 1,5 million d’euros en 2019. Sans doute leurs prédécesseurs partent avec... 
"Cette augmentation est purement comptable," tente de rassurer le cabinet de Laurianne Rossi (LREM), questeure de l’Assemblée, une ex-collaboratrice parlementaire PS. Cette "équipe" fait le travail, puisqu'elle est également responsable des relations du mouvement LREM avec les groupes parlementaires... LREM de l'Assemblée nationale et du Sénat. En 2018, de fortes pénalités ont été honorées par l'opérateur Orange". Traduction : le budget "téléphonie" inscrit dans les comptes 2018 ne correspondait pas tout à fait à la réalité, puisqu'il intégrait des remboursements d'Orange à l'Assemblée.
 
Les frais de taxis grimpent encore

Une protégée de la ministre de la Culture en 2014, Aurélie Filippetti, nommée au poste de présidente de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), Agnès Saal, avait été épinglée et condamnée ( 6 mois de suspension sans solde et une condamnation à trois mois de prison avec sursis et une double amende) pour détournement de biens publics du fait de ses notes de taxi, plus de 40.000 euros de frais de déplacement facturés à l'INA en dix mois. Réintégrée en 2016, fin août 2018, elle sera pourtant nommée haut fonctionnaire à l'égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations, auprès de Hervé Barbaret, secrétaire général du ministère de la Culture.
 
Enfin, les frais de taxis remboursés

Ils avaient littéralement explosé entre 2017 et 2018 (+ 65%), mais ils ont poursuivi leur hausse en 2019 (+ 11%), pour atteindre 1,8 million d’euros. Ce qui représente, en moyenne, 260 euros de notes de taxis par député chaque mois. Et pourtant, les élus écolos circulent à vélo, à l'instar de Rugy (comme Noël Mamère, en son temps) !

Une progression qui serait la conséquence logique du déplafonnement du remboursement de ces frais, ainsi que de son extension aux déplacements sur l’ensemble du territoire, depuis 2018, alors qu’il ne concernait auparavant que les trajets dans Paris et sa petite couronne.

Quelques bons points budgétaires ?

Bien que la balance débit-crédit soit défavorable, le collège des questeurs se félicite. 
Il signale une baisse de 4%, celle du niveau des achats de fournitures et de biens (papeterie, petits équipements de bureau…), ce qui est la preuve manifeste qu'ils ne font effectivement que "regarder" ce qui est "sur la table"... 

Les frais de représentation (les frais de bouche, organisation de réceptions, dépenses liées aux activités internationales des commissions…). En léger recul, ces derniers ont atteint 4,5 millions d’euros. Cet effort est particulièrement visible en ce qui concerne la présidence de l'Assemblée nationale, dont les frais de représentation se sont élevés à 336.000 euros seulement, en baisse de plus de 15% sur un an. François de Rugy a été contraint à la démission de la présidence en septembre 2018... 

En outre, les grèves et la peur des Gilets Jaunes aidant, les dépenses consacrées aux voyages et déplacements des députés (trains, avions, péages...) sont restées globalement stables en 2019 (+ 1,5% à 6,2 millions d’euros).

La réalité d’une gestion budgétaire à l'abandon 

Certains membres de la commission spéciale chargée de vérifier et d’apurer les comptes s'en sont ému. "On est en train de creuser un véritable déficit structurel à l’Assemblée, à cause des orientations qui ont été prises”, s’alarme l’un d’entre eux, malgré le trésor de guerre. 
Prévue la semaine prochaine, l’audition des questeurs devant la commission spéciale devrait donner lieu à une franche explication.  
Sans perdre de vue que ça reste un entre-soi...

mercredi 11 mars 2020

Coronavirus: Belloubet, Riester et Véran dépistés, alors que le test n'est plus systématique

Deux poids, deux mesures en faveur de l'exécutif....

Belloubet, Franck Riester et Olivier Véran ont-ils pu être dépistés, alors que le test n'est plus systématique ? 

Ont-ils bénéficié d'un passe-droit ?
Les malades qui ne présentent que des symptômes légers, comme c'est le cas des trois membres du gouvernement, ne font plus systématiquement l'objet d'un dépistage. Matignon se défend au prétexte que tous trois ont été en contact avec des malades avérés.

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a-t-elle psychotté ? Elle a en effet été "testée négativement" au nouveau coronavirus Covid-19, et l'a fait savoir mardi 10 mars, au lendemain de l'annonce de la contamination du ministre de la Culture, Franck Riester, qui s'est placé en quarantaine.
Riester est-il un dommage collatéral de la cérémonie des César? Lundi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait également expliqué avoir été testé, avec un résultat négatif. Ni Belloubet, ni Véran n'était présent à la remise des prix, mais n'ont-ils donc pas confiance en l'efficacité des mesures prises en Conseil des ministres? 

Ces ministres ont-ils bénéficié d'un traitement de faveur?

C'est la question légitime que se posent de nombreux Français, notamment les patients: les personnes qui ne sont pas gravement malades ne font plus systématiquement l'objet d'un test à ce stade de l'épidémie. Alors pourquoi eux? Matignon se défend de tout régime spécial: "Les règles de protection et les mesures à prendre en cas de contamination sont les mêmes pour les ministres que pour tous les Français." Il fallait (oser) le dire...

Traitement différencié pour les "cas possibles" de contamination
C'est la porte ouverte aux discriminations et à la subjectivité. Aujourd'hui, les tests sont appliqués aux cas de contamination possible. Mais, pour être considéré comme tel, présenter des symptômes du Covid-19 ne suffit pas. Selon la définition établie par Santé publique France, il faut également avoir voyagé dans une "zone d'exposition à risque", en France ou à l'étranger, dans les quatorze jours précédents, avoir eu un "contact étroit" avec un cas confirmé ou présenter des symptômes graves.
Dans les zones "où la diffusion du virus est très active", comme l'Oise ou le Haut-Rhin, les agences régionales de santé (ARS) peuvent même choisir de ne tester que les patients dont l'état est "sévère" et les pensionnaires d' "établissements médico-sociaux", explique le site du gouvernement.
Matignon affirme que seuls les ministres "qui ont des symptômes et qui ont eu des contacts avec des malades avérés sont testés". 
Or, Olivier Véran est allé dans l'Oise, pour rassurer...
a expliqué, sur BFMTV, avoir été testé "parce qu['il] avai[t] [lui]-même un petit début de rhume, et qu['il est] allé dans plusieurs endroits où circule activement le virus, notamment dans l'Oise". Une zone à risque, selon les critères de Santé publique France. Le test a déterminé qu'il n'était pas porteur du virus.

Les trois ministres en question correspondent-ils à ce profil ? 
Franck Riester aurait été "en contact" avec un malade. Dès vendredi sur Facebook, le ministre de la Culture a expliqué pourquoi il craignait d'être contaminé : il ne présentait alors aucun symptôme, mais deux cas avérés venaient d'être détectés à l'Assemblée nationale. Or, Franck Riester venait de fréquenter le Palais-Bourbon "pendant quatre jours" pour présenter un projet de loi sur l'audiovisuel. "Il a été en contact avec quelqu'un de malade à l'Assemblée", confirme son conseiller en communication, Ludovic Guillot.
En fait, une semaine plus tôt, il était aux César... 

Le ministre a alors suspendu sa participation à la campagne des municipales à Coulommiers (Seine-et-Marne), où il est tête de liste. Il a ensuite développé des symptômes, "une fièvre modérée", a-t-il expliqué lundi, ce qui l'a poussé à demander un test. Il remplissait alors les critères d'un cas possible. "Je ne me suis pas fait tester par précaution sans symptômes", a-t-il assuré. Son conseiller affirme que le médecin de Franck Riester lui a assuré qu'il n'avait pas été contagieux plus de 48 heures avant son diagnostic - donc le samedi 7 précédent - , une période durant laquelle il n'a pas été en contact avec d'autres ministres.
Or, le délai entre la contamination et l'apparition des symptômes est estimé à 5 jours, ce qui nous amène au dimanche 1er février. Et la cérémonie des César a eu lieu le vendredi précédent...
, Nicole Belloubet, elle 

Mardi soir, la ministre de la Justice a annoncé avoir été "testée négativement" au Covid-19. 
Avant cette annonce, Matignon a inclus implicitement la ministre de la Justice parmi ceux "qui ont eu des contacts avec des malades avérés", sans pour autant, transparence mise à part, livrer davantage de détails. La semaine passée, la garde des Sceaux s'était rendue à l'Assemblée pour les questions au gouvernement, mais on ignore si elle a été en contact avec les cas détectés – désormais cinq députés et deux membres du personnel. Si "ON" ne sait pas, en revanche, Belloubet doit bien le savoir, ce qui interpelle sur la traçabilité effective du virus...  

Si l'exécutif et sa presse institutionnelle dissimulent, sur qui peut-on compter pour élucider cette série de mystères et lever les doutes sur les versions officielles ?
La thèse des milieux proches de Macron met en cause les députés contaminés: les six contaminateurs potentiels sont deux élus LREM (Guillaume Vuilletet, EELV proche de Rugu, et Michèle Victory, suppléante d'Olivier Dussopt, membre du gouvernement), deux socialistes et deux députés Les Républicains (Jean-Luc Reitzer et Elisabeth Toutut-Picard, laquelle avait échappé au glyphosate) . Aucun n'est un Insoumis...   

vendredi 19 juillet 2019

Rugy jugeait "inacceptable" qu'on demande des comptes aux députés

Les députés n'ont pas à être plus transparents sur leurs frais de mandat, selon monsieur de Rugy

de Rugy n'a pas entendu parler de la nuit d'abolition des privilèges et des droits féodaux (Nuit du 4 août 1789)

Résultat de recherche d'images pour "uit d'abolition des privilèges et des droits féodaux"Après la démission de François de Rugy, 'Regards citoyens' - "collectif visant à utiliser un maximum de données publiques pour alimenter le débat politique" - a détaillé vendredi 19 juillet sur Twitter un rendez-vous avec l'écologiste lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale. Selon l'association qui vise à promouvoir l'ouverture des données publiques, Rugy ne voulait pas livrer les relevés de son compte bancaire d'indemnités pour frais de mandat (IRFM).

Le ministre d'Etat de Macron, ministre de la Transition écologique, François de Rugy a dû démissionner en début de semaine, confronté aux scandales sur son train de vie et ses pratiques fiscales - dîners fastueux à l'Assemblée nationale, rénovation coûteuse de son appartement de fonction ou "loyer social préférentiel" attribué sur déclaration d'imposition exceptionnellement réduite... : l'ancien président de l'Assemblée nationale a utilisé ses frais de mandat de député pour payer une partie de ses cotisations d'élu à son ancien parti EELV, tout en les déduisant du calcul de ses impôts, selon la dernière enquête de Mediapart publié mardi, qui montre que tout le monde y gagnait (son compte en banque et son parti, EELV). De nouvelles révélations qui semblent avoir précipité son départ.

Un rendez-vous avec Rugy, alors qu'il était président de l'Assemblée en 2017,  revient à l'esprit de l'association Regards citoyens

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Armes de la famille Goullet de Rugy,
qui comporte un capitaine de la grande fauconnerie.
"Il ne faut jamais dire : 
fontaine, je ne boirai pas de ton eau"
"A notre grande surprise, l'entretien débute avec une photo souvenir par le photographe de l'Assemblée : la communication était manifestement un objectif important du rendez-vous", explique, ce vendredi 19 juillet, le collectif à l'origine du site nosdéputés.fr, "qui vise à promouvoir la transparence des données publiques en mettant au jour l'activité parlementaire des députés" dans une série de tweets. 

"Entamant un long monologue, François de Rugy manifesta son envie d'avancer et de reprendre certaines de nos idées, mais ses propositions pro-transparence manquaient de vision politique. Les rapports de force lui étant défavorables, il semblait chercher du soutien de l'extérieur", précise Regards citoyens. Certains points sont abordés et semblent avoir une issue favorable.

"Les relevés bancaires, c'est personnel"...

"Arrive alors la dernière partie du rendez-vous : la transparence institutionnelle de l'Assemblée nationale (...) Au moment où nous abordons la question des frais de mandat, François de Rugy s'énerve en déclarant : 'Il y a même une association qui a demandé aux députés de faire la transparence sur leur IRFM, c'est inacceptable ! Les relevés bancaires, c'est personnel !'". Un égarement face à un collectif tel que Regards citoyens. "En mai 2017, nous l'avions contacté, ainsi que tous ses collègues, pour lui demander les six derniers mois de relevés de son compte bancaire IRFM."
Lors de ce rendez-vous, le président de l'Assemblée, assure que le dossier a été géré avec la Commission d'Accès aux Documents Administratifs (CADA). "Il faisait référence à un courrier demandant à la CADA de refuser notre demande, et laissait entendre qu'il avait eu une action décisive dans la décision prise par l'autorité indépendante", dénonce l'association, dont la demande de transparence a été rejetée fin juin par le Conseil d'État. 

"Nous avons quitté l'hôtel de Lassay avec l'impression que si François de Rugy allait permettre de faire bouger des choses en matière de transparence, ces changements ne seraient pas structurels et qu'il faudrait attendre encore pour obtenir la nécessaire publicité des frais de mandats", conclut Regards Citoyens. 

Quelle évolution des frais de mandat ?

En plus de leur rémunération, les députés bénéficiaient jusqu'en 2015 d'une "avance" de frais pour faire face à certaines dépenses liées à leur mandat. Cette enveloppe de quelque 5.000 euros mensuels n'était pas contrôlée. Après des abus (vacances, téléviseurs et autres dépenses payées avec l'IRFM), Assemblée nationale puis Sénat avaient édicté en 2015 une liste - très générale - des dépenses autorisées et interdites (dont l'acquisition d'un bien immobilier et les cotisations aux partis), et imposé le versement de l'indemnité sur un compte bancaire dédié. Les députés devaient aussi certifier sur l'honneur le bon usage des dépenses.
Or, en novembre 2017, on apprenant que certains députés s'enrichissaient en utilisaient leurs indemnités pour se livrer à des opérations immobilières. Ces derniers ont acquis leurs permanences parlementaires avec leur indemnité de frais de mandat. Une pratique dénoncée par les associations anti-corruption et interdite par l’Assemblée nationale et le Sénat en 2015. Un socialiste et ancien ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, avait été visé par une plainte pour l'achat de sa permanence parlementaire avec des fonds publics. Urvoas aurait acheté sa permanence à Quimper (Finistère), et en serait resté propriétaire. A l'origine de cette plainte, Cicero 29, un "Comité d'Intervention des Citoyens Enquêteurs pour une République honnête", qui dénonce un "enrichissement personnel" estimé à plus de 200.000 euros.confiance-frais.jpg

Un système plus strict - pour les députés comme les sénateurs - a été fixé par les lois "pour la confiance dans la vie politique" adoptées à l'été 2017. La majorité a opté pour une transformation de l'IRFM, depuis le 1er janvier 2018, en une "avance" de frais de mandat (AFM) d'un montant mensuel de 5.373 euros (même montant que l'ancienne IRFM), dont 600 euros peuvent être dépensés sans justificatifs.

Une trentaine de députés auraient avoué avoir utilisé leurs indemnités pour acquérir leur permanence. 
Parmi eux, plusieurs noms émergent. L'ancienne ministre PS de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso aurait notamment acheté un local à Grenoble grâce à un prêt à faible taux de l'Assemblée nationale. 

François Sauvadet, ancien ministre UDI de la Fonction publique, aurait quant à lui fait l'acquisition d'une maison avec piscine, en remboursant son prêt avec ses indemnités d'élu.

Alain Gest à Amiens ou encore Guy Geoffroy en Seine-et-Marne (LR) sont également cités, certains ayant revendu ou mis en location leur permanence, avec une plus-value à la clé. "C'était la règle il y a quinze ans. On achetait; on [?] nous disait de faire ainsi", justifie même Patricia Adam, une professionnelle des services sociaux, militante active dans les associations de planning familial.

De son côté, la députée PS du Finistère, Patricia Adam, s'est offert un appartement à Brest, en 2003, pour 88.769 euros. "Je l'ai entièrement financé avec l'IRFM, en remboursant pendant dix ans. Pendant mon dernier mandat, je ne me suis pas versé de loyer, ça n'a rien coûté", a même détaillé l'élue bretonne. 

jeudi 20 décembre 2018

Les députés légifèrent à-tout-va, sous la pression populaire : n'importe comment

Ce député de la majorité présidentielle ne mâche pas ses mots contre l'absence de convictions du gouvernement

Matignon annule des mesures censées accompagner la Transition écologique
et pourtant annoncées au début de la crise sociale incarnée par les gilets jaunes
Orphelin de Nicolas Hulot

Le député Matthieu Orphelin a beau faire partie de la majorité, sa parole est libre. A la différence des gogillots, il n'hésite pas à critiquer publiquement les choix du gouvernement quand ils desservent la transition écologique. Or, ce proche de Nicolas Hulot n'a visiblement pas apprécié l'abandon des mesures promises par le premier ministre au tout début de la crise sociale incarnée par les gilets jaunes.
Les mesures annoncées en novembre par le gouvernement, dans une première réponse aux gilets jaunes, et auxquelles Matignon avait dit mardi après-midi renoncer en partie, sont finalement toutes maintenues, a annoncé l'entourage du locataire de Matignon, Edouard Philippe.
"Après discussion avec les parlementaires de la majorité [qui ont exprimé leur saturation des incessants changements de position de l'exécutif qui les mettent en porte-à-faux face à leurs électeurs], le gouvernement maintient l'ensemble des mesures annoncées par le Premier ministre en novembre. L'accompagnement de la transition écologique sera l'un des enjeux clefs du futur grand débat national", a même indiqué cette source.
Interrogé par la presse après le revirement de Matignon, Matthieu Orphelin a salué "une excellente nouvelle, car ce sont des mesures très adaptées pour accompagner les ménages dans la transition énergétique". Et d'ajouter: "C'est très bien que le dialogue entre le gouvernement et les parlementaires de la majorité soit fructueux"...
"Renoncer à des mesures pour accompagner la Transition énergétique, comme la super-prime pour les gros rouleurs, est à mon sens une VRAIE ERREUR". 

Stakhanovimse macronien : le bonheur d'aller au charbon
pour le petit père des députés LREM
"Et inaudible et incompréhensible dans la situation actuelle. Sans parler de la forme", s'est-il désolé, ce mardi 18 décembre, quelques minutes après l'annonce de l'abandon de ces mesures.

Matignon a en effet annoncé renoncer à une partie des mesures promises par Edouard Philippe mi-novembre au motif que certaines d'entre elles ne s'imposent plus, notamment en raison de l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant.

130 millions d'euros économisés

Dans le budget 2019 en cours d'adoption à l'Assemblée nationale, l'exécutif compte notamment renoncer à l'extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires. 

Autres mesures abandonnées: "Le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion" pour les gros rouleurs, confirme l'entourage du Premier ministre.

Même chose pour l'extension du chèque énergie à 2 millions de nouveaux bénéficiaires qui est annulée. Autant de mesures qui avaient été saluées par plusieurs élus à tendance "écolo", membre de la majorité ou non.

En revanche, la hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels ainsi que la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes sont maintenues.

Au final, ces renoncements vont permettre d'économiser 130 des 500 millions d'euros que devaient coûter ces premières mesures au total. Depuis l'exécutif a annoncé diverses mesures de pouvoir d'achat pour plus de 10 milliards d'euros.

"Nous avons sûrement fait une erreur sur le séquençage et la lisibilité des mesures", selon Orphelin : le moins que l'on puisse dire !

Supercherie sur le SMIC

La hausse du SMIC de 1,5 % au 1er janvier prochain, adoptée par décret en conseil des ministres, ce mercredi, n'est pas un coup de pouce, mais une hausse mécanique calculée selon deux critères : l’inflation constatée pour les 20 % de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire ouvrier et employé.... Si le gouvernement a annoncé une augmentation du salaire minimum de 100 euros net, il devrait à l'honnêteté de dire que l’objectif sera atteint grâce à la revalorisation de la prime d’activité, mais sans "coup de pouce " notable.
Le SMIC horaire est porté de 9,88 à 10,03 euros, et le Smic mensuel de 1.498 à 1.521 euros sur la base de 35 heures hebdomadaires, soit 16 euros à 1.204 euros net.
Le petit bricolage du gouvernement autour de la hausse du SMIC.
Il ne s'agit plus de valse-hésitation ou de reculade, mais d'entourloupette. La carbistouille de Macron consista à affirmer que le Smic allait augmenter de 100 euros par mois en 2019: puisque la majeure partie de cette hausse est en réalité liée à la prime d’activité, une prestation sociale, ce qu'il ne peut ignorer, il a essayer de faire passer des vessies pour des lanternes. Mais s'il n'entend pas les Français, eux l'ont décrypté: ils ont compris que l'augmentation du revenu des travailleurs au Smic ne sera donc pas automatique.

Et Macron a une telle estime de ses contemporains qu'il a continué dans sa tentative pour les rouler dans la farine.
"Le salaire d’un travailleur au Smic augmentera [...] sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur" ? La petite phrase d’Emmanuel Macron prononcée lundi soir 10 décembre a aussitôt été reprise, tête baissée par les ministres et les députés LREM pour montrer avec satisfaction et enthousiasme qu’avec cette hausse significative, le gouvernement avait entendu cette doléance des "gilets jaunes".
Preuve que les prétentieux législateurs de la majorité présidentielle n'y comprennent goutte, autant qu'ils sont, l'imbécile heureux Benjamin Griveaux a twitté plus vite que son cerveau : 
On dit Macron intelligent, mais ce ne serait au final qu'enflure gazeuse.
Si la bande à Gilles Le Gendre est "trop intelligente et subtile", alors le Français moyen est un génie. Car, à y regarder de plus près, la phrase d’Emmanuel Macron comporte une contradiction, une ambiguïté, voire une erreur. Le président évoque en même temps une hausse du "salaire" (le Smic), et l’absence de conséquences financières pour l’entreprise. Pourtant, en théorie, toute augmentation de salaire se traduit par une augmentation du coût supporté par l’employeur (hors mesures d’allègements de charges).

L'ancien conseiller de Hollande croit-il qu'une augmentation du "revenu" est une hausse du "salaire"?
L’exécutif a réalisé un tour de passe-passe tordu pour gonfler sa mesure. Il suffit d’écouter l'illustre Benjamin Griveaux, ce mardi 11: "le décompte des 100 [euros], c’est 20 euros de baisse de charges [réalisées en 2018 pour tous les salariés] et 80 euros de prime d’activité," a détaillé le porte-parole du gouvernement sur RMC. 
Autrement dit, 80 % de la "hausse" du Smic provient d’une prestation sociale (la prime d’activité)… qui n’est pas un salaire. Pour rappel à l'ex-patron de Bercy, et à Benjamin-le-Turlupin.

mardi 18 décembre 2018

Patron des députés macroniens : le gouvernement a été "trop intelligent" et "trop subtil" pour les Gilets jaunes

L'odieux Gilles Le Gendre, emblématique de la majorité présidentielle

Ce cuistre est un ancien journaliste...

Défaut constitutif de la majorité présidentielle, elle a été désignée, au mieux sur des mal-entendus, au pire, par tromperie sur la marchandise.
Ce qui était "justifié par la situation des finances publiques"n'avait "manifestement pas été compris" par une partie des Français, lâche - comme un vent-  le patron des députés LREM, invité de Public Sénat. Référence à la "pensée complexe" du président, véhiculée par ses charrettes de députés envoyés en mission sur les terres barbares à évangéliser et incomprise des alcooliques bretons, des Marseillais de mauvaise foi ou des fainéants corses, comme des crétins des Alpes, qui les ont portés au Palais Bourbon...

Cette semaine, Macron et Philippe se sont succédé dans les media pour s'auto-flageller sans plaisir, reconnaître quelques-unes de leurs "erreurs" et tenter d'endormir les "gilets jaunes" les plus jaunes, au sens syndical de 'vendus'. Le premier l'a fait au travers d'une allocution présidentielle larmoyante de jésuite commis d'office à un prêche d'enterrement, lundi soir, et le second, dans un entretien entre amis avec Les Echos, publié dimanche soir. 

Mais le patron des députés LREM, Gilles Le Gendre, est venu chambouler le tout

Pour livrer son analyse, le fat a cru bon de changer de registre, sans se départir de son naturel, lundi matin sur Public Sénat. La prétention et la fatuité sont deux marqueurs de l'ADN macronien.

"Nous avons insuffisamment expliqué ce que nous faisons", a d'abord expliqué ce militant pour Valéry Giscard d’Estaing lors de la campagne présidentielle de 1974. 
Il a ensuite ajouté: "Et une deuxième erreur a été faite, dont nous portons tous la responsabilité (...): le fait d'avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques, dans les mesures de pouvoir d'achat." 
Christophe Castaner, alors secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, avait déjà placé au plus haut  - et astiqué frénétiquement - la barre, dans sa déclaration d'amour à Emmanuel Macron : "Tout en lui est fascinant, son parcours, son intelligence, sa vivacité et même sa puissance physique." (Le Point, 29/09/17).

"Nous avons saucissonné toutes les mesures favorables au pouvoir d'achat dans le temps.
C'était justifié par la situation des finances publiques mais manifestement ça n'a pas été compris". 
Le Gendre écrase la concurrence pour le prix "Press Club, humour et politique" jusqu'à la fin du quinquennat de son total mépris pour ses concitoyens, au degré climacique du plaisir solitaire.

L'opposition monte immédiatement au créneau

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Invité à préciser si l'expression «trop intelligents» signifiait que les Français sont des abrutis incapables d'intégrer ces mesures, il a répondu d'un "Non" lapidaire et hautain. 
"Mais quand vous expliquez que les charges sociales vont baisser en deux fois, que la taxe d'habitation va baisser pour 80% des Français mais que pour ces 80% ça se fera en trois fois, etc., etc., manifestement, vous perdez tout l'effet positif des mesures de pouvoir d'achat", a-t-il avancé, sans toutefois revenir sur l'arrogance du jugement blessant qu'il avait porté quelques secondes plus tôt.

Le président du groupe des députés de la majorité présidentielle a été incité  à  présenter des excuses sur Twitter. "Quelques mots sortis de leur contexte... Trop intelligents = trop techniques = trop compliqués. Je n'ai rien voulu dire d'autre: les mesures sur le pouvoir d'achat sont désormais simples et lisibles. Désolé, sincèrement, si j'en ai choqué certains", a-t-il publié en fin de matinée, sans admettre qu'il n'était pas justifié à se placer au-dessus du lot moyen. 

Tandis que la majorité assumait pour elle-même cette suffisance du sexagénaire égaré, c'était trop pour "certains", dans l'opposition.

"Le macronisme: suffisance, condescendance, mépris. C'est tellement incroyable que l'on croirait une "fake news"! (...) Il est temps de redescendre sur terre messieurs!», a lancé la porte-parole de LR, Lydia Guirous. 

"L'arrogance et le mépris de caste sont désormais la marque de fabrique de LaREM", a abondé le porte-parole du RN, Sébastien Chenu. 

Trop intelligents, trop subtils? "Trop modeste aussi", a ironisé Boris Vallaud, le porte-parole du PS, qui ne se prend pas pour la queue d'une poire. 

"Pas trop modestes, en tout cas", a conclu Ian Brossat, tête de liste PCF pour les européennes.

VOIR et ENTENDRE la justification du mouvement de rejet de la macronie par les Gilets jaunes :

vendredi 13 juillet 2018

Finale du Mondial : des députés se donnent en spectacle dans le sillage des Bleus

Des députés récupèrent l'événement en réalisant une vidéo de soutien des Bleus

Plus populistes, tu meurs, mais Les Insoumis n'en sont pas ! 


Les Insoumis grognons n'ont pas souhaité participer à cette vidéo, observent les journalistes présents sur place. "On ne va pas être sur la photo quand même", aurait déclaré l'un d'eux. Ils ne jouent pas collectif...

Le drapeau tricolore semble avoir un effet repoussoir sur les camarades de Mélenchon.

Quelques minutes avant la fin de la séance matinale à l'Assemblée nationale, vendredi 13 juillet,
une cinquantaine de députés et de collaborateurs se sont réunis pour tourner une vidéo de soutien aux joueurs de l'équipe de France.
A deux jours de la finale de la Coupe du monde, dimanche 15 juillet entre la France et la Croatie, d'autres députés n'ont pas craint de pécher par excès d'enthousiasme en récupérant cet exploit inattendu. A l'initiative François de Rugy, le président de l'Assemblée nationale, ceux de la région parisienne se sont rassemblés dans la cour d'honneur du Palais Bourbon, peu avant la fin de la séance matinale consacrée au projet de réforme constitutionnelle.

Les "godillots" entraînés à applaudir l'exécutif se sont livrés à un "clapping" 

"La Coupe du monde, c'est un moment de grâce", lance à la cantonade Philippe Gosselin, avant d'entonner un "Atchik, atchik, atchik, aïe, aïe aïe", repris en chœur par ses collègues. Une cinquantaine d'élus et de collaborateurs, dont Yaël Braun-Pivet (La République en marche, Yvelines), Marc Fesneau (MoDem, Loir-et-Cher) ou encore Philippe Gosselin (Les Républicains, Manche) et Sylvia Pinel (Parti radical de gauche, ex-ministre de Hollande, Tarn-et-Garonne), ont participé à cette vidéo. 

Erwan Balanant (MoDem, Finistère) a ensuite lancé un "clapping" les bras en l'air, tandis que la garde des Sceaux Nicole Belloubet, qui était auparavant au banc sur le projet de révision constitutionnelle, les prend en photo. Selon les journalistes présents sur place, les Insoumis n'auraient pas participé : "on ne va pas être sur la photo quand même", aurait déclaré l'un d'eux.


Les Insoumis grognons n'ont pas souhaité participer à cette vidéo, observent les journalistes présents sur place.
"On ne va pas être sur la photo quand même", aurait déclaré l'un d'eux. Ils ne jouent pas collectif...
Le drapeau tricolore semble avoir repoussé les camarades de Mélenchon.

Les Insoumis manquent de suite dans les idées
François Ruffin avec le maillot de l'Olympique Eaucourtois, le 7 décembre, à l'Assemblée nationale.

Le 7 décembre 2017, François Ruffin avait arboré le maillot de l'Olympique Eaucourtois à l'Assemblée nationaleLa sanction du député de la France insoumise a été confirmée. Il sera privé de 1.378 euros de son indemnité parlementaire.