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lundi 8 mai 2017

Présidentielle : seulement 4 Français sur 10 ont fait confiance à Macron au second tour. Pas le dernier...

Le compte n'y est pas : avec une majorité relative, ce n'est pas le dernier tour de Macron !

66,06 % des suffrages exprimés ne font pas une majorité d’électeurs inscrits



Malgré sa victoire sans conteste face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron n’a pas remporté les suffrages d’une majorité des Français inscrits sur les listes électorales, dimanche 7 mai. 

Bien que face à Marine Le Pen, candidate diabolisée qui a rassemblé  près de 11 millions de Français sur son programmele candidat d’En marche ! n'a obtenu que 66,1 % des suffrages exprimés, dimanche 7 mai, selon les résultats définitifs du second tour publiés par le ministère de l’Intérieur. Un score qui ne confère à Macron que l'apparence de la légitimité. Et si on ajoute le nombre de votes blancs ou nuls, qui dépassent 4 millions, le président qui a surnagé dans les urnes doit donc se préparer à des jours qui déchantent. 

L'héritier de Normal 1er se place au troisième rang des présidents les mieux élus en terme de pourcentage, derrière le général de Gaulle, élu au premier tour avec 78,5% des voix en 1958 (mais au suffrage universel indirect) et derrière Jacques Chirac en 2002, avec 82,5% des voix, contre le FN.  Anormal 1er n'obtient que 20,7 millions de voix, quand Jacques Chirac avait, de son côté, réuni 25 millions de suffrages en 2002 (avec un corps électoral moindre de six millions par rapport à 2017).  En 2002, Jean-Marie Le Pen n'avait gagné que 700.000 voix entre les deux tours; sa fille, 1,5 millions. Et le candidat RPR (UMP-LR) demeure le seul à avoir été élu avec plus de 50% des inscrits.

Avec ses 66%, Macron n'a pas été bon. Le candidat d'En Marche ! doit relativiser son succès acquis dans l'indifférence (voire le rejet) et l'appeler à l'humilité et l'écoute. En effet, l'abstention record de 25,38% qui plombe son élection est inédite depuis 1969, lors de l'élection de Georges Pompidou.
Contre la fille Le Pen (10.650.000 suffrages), Anormal 1er (20.750.000 voix) s'est d'ailleurs vu refuser le "front républicain" dont avait bénéficié Chirac (25.537.956 voix) face au père (5.520.000), candidat du Front national.

Anormal 1er ne dépasse pas la barre des 50 % des suffrages des électeurs inscrits : pas de majorité absolue 

Dit autrement, si il y a environ 47,4 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, selon le ministère de l’Intérieur. De même source, environ 25,4 % de ceux-ci se sont abstenus, et environ 4,1 millions de ceux qui sont allés voter dimanche ont déposé un bulletin blanc ou nul dans l’urne. Emmanuel Macron a réuni sur son nom environ 20,7 millions de bulletins de vote et Marine Le Pen environ 10,6 millions.

Si l’on tient compte de l’ensemble des bulletins (en intégrant les blancs et nuls), le score d’Emmanuel Macron est donc d’environ 58 % et celui de Marine Le Pen se situe autour de 30 %. Restent environ 12 % de bulletins blancs ou nuls qui font encore chuter le score de Macron à 46 %.


Moins d’un électeur inscrit sur deux a voté Macron
Si l’on intègre à ces chiffres les 12 millions des électeurs inscrits sur les listes électorales qui se sont abstenus, Emmanuel Macron n’obtient en revanche pas une majorité des suffrages (43,63 %). Marine Le Pen, elle, se situe 22,42 % des électeurs inscrits. 
Quant à eux, les abstentionnistes et les bulletins blancs ou nuls représentent, plus d’un tiers du collège électoral (33,96 %).



Anormal 1er n'est pas le plus mauvais élu de la Ve, soutiennent ses partisans 
Ce score de 43 % des électeurs inscrits ne fait pas d’Emmanuel Macron un président particulièrement mal élu, assurent-ils. Mais c'est faire abstraction de Jacques Chirac en 2002, puisqu'il avait rassemblé 62 % du corps électoral. Leur mauvaise foi est d'autant plus flagrante - et de mauvais augure pour la suite - que le FN était aussi le challenger, dans les deux cas de figure. 

Il faut en outre que les "marcheurs" l'admettent, avec 20.700.000 voix au 2e tour contre 10.650.000 à la Frontiste  (et 7.678.500 au 1er tour) en 2017, et compte tenu de l'abstention et des bulletins blancs ou nuls (soit environ 4,2 millions de bulletins)Anormal 1er fait moins bien que son mentor en 2012 (18 millions de voix au 2e tour et 10.270.000 au 1er tour) contre le FN (6.420.000, au 1er tour), lequel était arrivé troisième derrière Sarkozy.

Avec 4,2 millions de bulletins blancs ou nuls, ajoutés aux près de 11 millions de bulletins frontistes,
Anormal 1er part avec un handicap d'environ 15 millions de Français hostiles, alors qu'il ne dispose que d'environ 20 millions de sympathisants. 
A ne pas braquer.

mercredi 17 septembre 2014

Vote de confiance : Valls sort affaibli d'une majorité toute relative

Dans la majorité présidentielle, tout fout le camp !

Les prévisionnistes de Matignon avaient sous-estimé le nouveau rapport de force à l'Assemblée nationale.
 

Vote de confiance : la répartition des voix

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Infographie : RTL.fr

Adieu les 270 voix sur lesquelles Manuel Valls tablait: il était convaincu de voir les frondeurs passer sous les 30, lors du vote de confiance. C'est raté!  

Les parlementaires ont accordé leur confiance au Premier ministre par 269 voix contre 244, loin du seuil symbolique de la majorité absolue (289 voix). Et les députés socialistes étaient même trois fois plus nombreux à s'abstenir que le 8 avril dernier. Le vote de la majorité marque un virage avec le triplement des abstentions au sein du groupe socialiste, 32 députés PS n'ont pas voté la confiance ce jeudi, contre 11 en avril, et l'abstention massive  des écologistes  - 17 en septembre (sur 18) contre 10 en avril.
Jean-Marc Germain (époux Hidalgo) et Christian Paul, parmi les leaders du mouvement de fronde, sont passés d'un vote favorable à Manuel Valls le 8 avril à l'abstention cinq mois plus tard. Leur opposition s'est radicalisée et formalisée depuis. Parmi les abstentionnistes, outre Laurent Baumel, Hervé Féron, Serge Bardy, Jean-Pierre Blazy, Kheira Bouziane-Laroussi, Dominique Chauvel, Daniel Goldberg, Edith Gueugneau, Mathieu Hanotin, Christophe Léonard, Michel Pouzol, Denys Robiliard et Michel Vergnier n'ont pas fait non plus confiance au premier ministre mardi.

Le chef du gouvernement doit donc composer avec le vote de confiance le plus faible depuis 1986. À partir d'aujourd'hui, la majorité absolue ne sera plus automatique à l'Assemblée nationale. 

Valls va devoir batailler pour tenir

Les enfumeurs du Premier ministre assurent le service après-vente. 
"Cette majorité est celle qui est nécessaire pour tous les textes importants qui sont devant nous. Le budget de la Sécurité sociale, la loi sur le vieillissement, la loi sur la transition énergétique", veut croire le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen
"Je ne pense pas que le feuilleton de l'incertitude du gouvernement soit très crédible. Les choses sont positives", assure le député Christophe Borgel.

L'heure des doutes a sonné. 
Matignon s'attend à devoir batailler sur chaque texte. La majorité au Sénat risque fort de basculer à droite. 

Le recours à l'arme de l'article 49.3 n'est plus tabou. Cela permettrait au gouvernement de faire adopter un texte sans passer par l'Assemblée nationale. Un passage en force dont a beaucoup usé Michel Rocard. Le mentor de Manuel Valls y a eu recours 28 fois lors de son passage à Matignon.

lundi 10 juin 2013

La majorité de gauche à l'Assemblée rétrécit comme peau de chagrin

Le PS envisage de perdre la majorité absolue
Ayrault l'a bien courte
...la majorité !

Le PS a perdu les sept élections partielles auquel il a dû faire face depuis les élections législatives de juin dernier. Et la majorité pourrait encore perdre des sièges dans les mois à venir. 

Ce qui fait dire au porte-parole des députés PS, Thierry Mandon, que la majorité absolue obtenue par le Parti socialiste en juin 2012 n'est pas assurée jusqu'à la fin du quinquennat.

Le PS perd encore deux sièges à la chambre des députés

Le très sarkozyste Frédéric Lefebvre (UMP) fait son retour et où le vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Meyer Habib (UDI) son entrée, à la faveur de deux législatives partielles des Français de l'étranger. Dans les deux cas les scrutins étaient organisés pour remplacer des députées socialistes élues en mai 2012, dont les comptes de campagne ont depuis été invalidés, entraînant leur inéligibilité pour un an.

Le président de l'UMP Jean-François Copé a salué la victoire de Frédéric Lefebvre, "un désaveu très clair" de la politique de François Hollande. "Le PS a perdu les sept élections législatives partielles qui ont eu lieu depuis un an", se félicite le patron de l'UMP, qui estime que le président "doit tirer les conséquences de ces défaites successives en changeant de politique". "Leçon des partielles : si l'UMP dépasse les rivalités, personnelles, elle gagnera largement les municipales", a jugé pour sa part dans un tweet l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. 

A l'UDI, Yves Jégo a lui aussi jugé que la victoire de son candidat Meyer Habib marque "un rejet de la politique gouvernementale". Mais  le délégué général du mouvement souligne également que les électeurs d'Europe du Sud et d'Israël ont choisi "une opposition véritablement plurielle qui porte une vision libérale, humaniste, écologiste et européenne telle que l'UDI souhaite l'incarner". Le patron du mouvement Jean-Louis Borloo s'est dit pour sa part "très heureux" d'accueillir un 31e député pour son groupe à l'Assemblée.

Au PS, Christophe Borgel minimise l'hécatombe 

Le secrétaire national aux élections
 cherche à se rassurer sans convaincre
que cette victoire de l'UMP en Amérique du nord - la seule des deux circonscriptions où un PS était encore en lice ! - n'est "pas étonnante".  Sans se poser de questions, il la justifie par "l'abstention de l'électorat socialiste". 

Il a noté un répit. Malgré ces deux défaites, le groupe à l'Assemblée conserve la majorité absolue à l'Assemblée, avec 292 sièges. Soit trois petites voix de plus que la majorité absolue. Et dimanche, avec Villeneuve-sur-Lot, peut-être même 2... 

Invité d'Europe 1 ce lundi 10 juin, le député PS de l'Essonne ne semble pas confiant quant à la majorité absolue mais relativise en rappelant que le PS a déjà gouverné avec une majorité relative : 
- Etes-vous sûr de conserver la majorité absolue jusqu'à la fin du quinquennat ?
- Euh, non, nous ne sommes pas sûrs... Il y a encore une petite marge, y compris s'il nous arrivait un accident dans le Lot-et-Garonne. Nous aurions encore la majorité absolue. Finalement, dans les deux dernières expériences gouvernementales de la gauche, 1988-1993 et 1997-2002, nous n'avions qu'une majorité relative; ça ne nous a pas empêchés de réformer le pays..." La réforme des retraites a toutefois attendu...

Thierry Mandon désigne l'arrogance du PS 
Il faut changer, non pas tant sur le fond de la politique que sur les relations du PS avec ses alliés de la majorité, déclare-t-il. 
"Il reste une majorité absolue et quelques réserves parmi nos alliés, les radicaux de gauche et les écologistes. Il n'y a rien d'inquiétant pour le gouvernement et la majorité, même s'il faudra sûrement changer de façon de faire." 

Le porte-parole du groupe PS met en cause certains décalages avec les alliés du PS. "On ne s'est pas assez suffisamment parlé", avoue-t-il. Et conlut par répéter les parole de François Hollande : les deux premières années sont difficiles, mais se montre confiant pour la suite, à défaut de bonne foi... 
"Ces deux premières années du quinquennat sont dures, mais malheureusement, nous l'avions anticipé. Ce n'est pas possible de retrouver un pays à terre, d'essayer de le relever dans les efforts, et en même temps d'être plébiscité par l'électorat... Ca ne paiera qu'à moyen terme donc il n'est pas question de changer en effet..."

Un socialiste ne change jamais.