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lundi 9 décembre 2013

EADS restructure: crash de 5.000 à 6 000 postes et salariés européens

Mais à quoi sert donc Montebourg, le ministre redressseur de l'industrie ?

EADS a dévoilé lundi en Allemagne les détails d’une vaste restructuration de ses activités "Défense" et "Espace"
aux syndicats européens.
 
Le directeur exécutif du géant européen de l’aéronautique, Tom Enders, avait rendez-vous lundi soir à Munich (sud) avec le comité d’entreprise européen, à qui il a déjà annoncé, mais par voie de presse, des "mesures draconiennes", surtout dans les activités de défense en Allemagne.
Après avoir réussi à desserrer l’emprise des États sur EADS, "Major Tom" a entrepris de regrouper les divisions défense, (Cassidian), espace (Astrium), avec la production d’avions de transport militaire d’Airbus Military, au sein d’une seule division, Airbus Defense and Space. La restructuration est inévitable pour rendre le groupe plus efficace et performant dans les compétitions sur les marchés émergents, explique la direction d’EADS,  rebaptisé groupe Airbus en juillet dernier.

Majoritaire chez EADS, le syndicat Force Ouvrière (FO) annonce que 5.800 postes seront supprimés dans le cadre du plan de compétitivité d'Airbus Defence & Space, la nouvelle entité qui regroupera à partir du 1er janvier 2014, les activités défense (Cassidian), avions militaires (Airbus Military) et spatial (Astrium) d'EADS. 
L'Allemagne paiera le plus lourd tribut à ce "plan de compétitivité" avec 2.440 suppressions d'emplois, suivie de la France avec 1440 suppressions de postes (dont 360 contrats d'intérim arrêtés), puis de la Grande-Bretagne qui perd 660 emplois et enfin l'Espagne (560). D’après le quotidien français Le Figaro, les réductions d’emplois seraient obtenues via des plans de départs volontaires, des reclassements, le non-remplacement de salariés partant en retraite et le non-renouvellement de contrats d’intérimaires et de CDD.

Appels à des interventions des gouvernements nationaux

Le plus grand syndicat d’Allemagne, IG Metall, a organisé le mois dernier une vaste journée d’action en guise d’avertissement. 
Plusieurs syndicats français ont adressé une lettre au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, estimant qu’un "groupe industriel dont le carnet de commandes est d’environ 650 milliards d’euros (...) doit être en mesure de maintenir l’activité de ses sites". Ils demandent à l’État, qui détient 12% du capital, de "peser afin que les intérêts industriels nationaux, ainsi que les intérêts sociaux des personnels d’EADS soient préservés".

Des appels à une intervention politique vont mettre à l’épreuve la nouvelle gouvernance du groupe, que Tom Enders a voulu indépendante des trois États présents au capital, la France, l’Allemagne et l’Espagne. Depuis une réforme entrée en vigueur cette année, ils ne sont que de simples actionnaires et ne sont plus représentés au conseil d’administration. Le patron allemand recule rarement devant une épreuve de force avec les gouvernements, mais cela ne lui a pas toujours réussi. L’Allemagne a ainsi bloqué l’année dernière sa tentative de fusion avec le fabricant d’armes britannique BAE Systems.

La restructuration annoncée n’a pas encore déclenché de réactions politiques notables à Paris ni à Berlin. Il est vrai que la chancelière Angela Merkel et ses lieutenants étaient accaparés par la formation d’un nouveau gouvernement. EADS emploie quelque 50 000 personnes dans chacun des deux pays.
Reste à voir si les déclarations musclées de Tom Enders, qui ressemblent à une préparation d’artillerie avant un assaut, sont destinées à faire accepter des réductions d’emplois moins drastiques que ce que redoute le personnel. La division Airbus, aujourd’hui en plein essor et qui réalise près de 80% du chiffre d’affaires du groupe, avait dû se restructurer en 2007 et n'est plus visée. Le plan prévoyait 10.000 suppressions de postes sur quatre ans chez Airbus et ses sous-traitants, la réduction avait finalement atteint 7.900 postes.

La France a choisi la facilité, à n'importe quel prix...
Le gouvernement Ayrault doit notamment acheter deux drones de surveillance Reaper aux USA pour une livraison avant la fin 2013, a annoncé le ministre de la Défense au "Grand rendez-vous Europe1-Itélé-Le Parisien. "Il faut donc aujourd'hui que, sur notre demande, les industriels français et européens se mettent en relation pour élaborer ce que pourra être demain le drone de nouvelle génération qui ne sera pas uniquement français, puisqu'il y a la même demande du côté allemand et du côté britannique. Voilà une bonne manière de construire l'Europe de la défense" s'est réjoui Le Drian.
 
Pour faire face à la dépense, l’Etat français vend pour 1,2 milliard d’euros d’actions EADS, industrie au combien stratégique en matière de défense. 
EADS est pourtant porteur du programme Talarion, des drones de défense, auxquels la France préfère pourtant ceux des Américains, au détriment de ses salariés... Cette stratégie atlantiste est désastreuse pour le statut géostratégique de la France. "La vente des parts de l’État dans des entreprises stratégiques pour le financement des crédits militaires consiste à faire le choix du sacrifice des ambitions françaises en termes de défense souveraine pour satisfaire les exigences du ministère du Budget, explique Mélenchon. 
Les syndicales annoncent qu'ils se réuniront en comités européens par branche, demain mardi.

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