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lundi 9 décembre 2013

EADS restructure: crash de 5.000 à 6 000 postes et salariés européens

Mais à quoi sert donc Montebourg, le ministre redressseur de l'industrie ?

EADS a dévoilé lundi en Allemagne les détails d’une vaste restructuration de ses activités "Défense" et "Espace"
aux syndicats européens.
 
Le directeur exécutif du géant européen de l’aéronautique, Tom Enders, avait rendez-vous lundi soir à Munich (sud) avec le comité d’entreprise européen, à qui il a déjà annoncé, mais par voie de presse, des "mesures draconiennes", surtout dans les activités de défense en Allemagne.
Après avoir réussi à desserrer l’emprise des États sur EADS, "Major Tom" a entrepris de regrouper les divisions défense, (Cassidian), espace (Astrium), avec la production d’avions de transport militaire d’Airbus Military, au sein d’une seule division, Airbus Defense and Space. La restructuration est inévitable pour rendre le groupe plus efficace et performant dans les compétitions sur les marchés émergents, explique la direction d’EADS,  rebaptisé groupe Airbus en juillet dernier.

Majoritaire chez EADS, le syndicat Force Ouvrière (FO) annonce que 5.800 postes seront supprimés dans le cadre du plan de compétitivité d'Airbus Defence & Space, la nouvelle entité qui regroupera à partir du 1er janvier 2014, les activités défense (Cassidian), avions militaires (Airbus Military) et spatial (Astrium) d'EADS. 
L'Allemagne paiera le plus lourd tribut à ce "plan de compétitivité" avec 2.440 suppressions d'emplois, suivie de la France avec 1440 suppressions de postes (dont 360 contrats d'intérim arrêtés), puis de la Grande-Bretagne qui perd 660 emplois et enfin l'Espagne (560). D’après le quotidien français Le Figaro, les réductions d’emplois seraient obtenues via des plans de départs volontaires, des reclassements, le non-remplacement de salariés partant en retraite et le non-renouvellement de contrats d’intérimaires et de CDD.

Appels à des interventions des gouvernements nationaux

Le plus grand syndicat d’Allemagne, IG Metall, a organisé le mois dernier une vaste journée d’action en guise d’avertissement. 
Plusieurs syndicats français ont adressé une lettre au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, estimant qu’un "groupe industriel dont le carnet de commandes est d’environ 650 milliards d’euros (...) doit être en mesure de maintenir l’activité de ses sites". Ils demandent à l’État, qui détient 12% du capital, de "peser afin que les intérêts industriels nationaux, ainsi que les intérêts sociaux des personnels d’EADS soient préservés".

Des appels à une intervention politique vont mettre à l’épreuve la nouvelle gouvernance du groupe, que Tom Enders a voulu indépendante des trois États présents au capital, la France, l’Allemagne et l’Espagne. Depuis une réforme entrée en vigueur cette année, ils ne sont que de simples actionnaires et ne sont plus représentés au conseil d’administration. Le patron allemand recule rarement devant une épreuve de force avec les gouvernements, mais cela ne lui a pas toujours réussi. L’Allemagne a ainsi bloqué l’année dernière sa tentative de fusion avec le fabricant d’armes britannique BAE Systems.

La restructuration annoncée n’a pas encore déclenché de réactions politiques notables à Paris ni à Berlin. Il est vrai que la chancelière Angela Merkel et ses lieutenants étaient accaparés par la formation d’un nouveau gouvernement. EADS emploie quelque 50 000 personnes dans chacun des deux pays.
Reste à voir si les déclarations musclées de Tom Enders, qui ressemblent à une préparation d’artillerie avant un assaut, sont destinées à faire accepter des réductions d’emplois moins drastiques que ce que redoute le personnel. La division Airbus, aujourd’hui en plein essor et qui réalise près de 80% du chiffre d’affaires du groupe, avait dû se restructurer en 2007 et n'est plus visée. Le plan prévoyait 10.000 suppressions de postes sur quatre ans chez Airbus et ses sous-traitants, la réduction avait finalement atteint 7.900 postes.

La France a choisi la facilité, à n'importe quel prix...
Le gouvernement Ayrault doit notamment acheter deux drones de surveillance Reaper aux USA pour une livraison avant la fin 2013, a annoncé le ministre de la Défense au "Grand rendez-vous Europe1-Itélé-Le Parisien. "Il faut donc aujourd'hui que, sur notre demande, les industriels français et européens se mettent en relation pour élaborer ce que pourra être demain le drone de nouvelle génération qui ne sera pas uniquement français, puisqu'il y a la même demande du côté allemand et du côté britannique. Voilà une bonne manière de construire l'Europe de la défense" s'est réjoui Le Drian.
 
Pour faire face à la dépense, l’Etat français vend pour 1,2 milliard d’euros d’actions EADS, industrie au combien stratégique en matière de défense. 
EADS est pourtant porteur du programme Talarion, des drones de défense, auxquels la France préfère pourtant ceux des Américains, au détriment de ses salariés... Cette stratégie atlantiste est désastreuse pour le statut géostratégique de la France. "La vente des parts de l’État dans des entreprises stratégiques pour le financement des crédits militaires consiste à faire le choix du sacrifice des ambitions françaises en termes de défense souveraine pour satisfaire les exigences du ministère du Budget, explique Mélenchon. 
Les syndicales annoncent qu'ils se réuniront en comités européens par branche, demain mardi.

mercredi 6 novembre 2013

Restructuration chez Alstom : 1.300 emplois supprimés en Europe

1.300 "postes" supprimés en Europe

Odieuse sémantique
Le point de vue du naze de l'Elysée
"Le groupe industriel français annonce une "accélération" de ses économies"
Comment l'en blamer ?...
"Avec l’objectif d’atteindre 1,5 milliard de réductions de coûts d’ici avril 2016". N'est-ce point louable ?... 

La presse participe à cette manipulation de l'opinion 
"Ce sont près 1.300 "postes" qui sont supprimés". Ce seraient des "emplois" que ce serait plus grave mais, par chance, la gauche devrait  donc (peut-être) parvenir à éviter les drames humains: puisque l'annonce est faite en "postes", depuis mai 2012, les destructions d'emplois ne sont plus à prendre au tragique. 

Et puis, de même que les statistiques ne prennent plus jamais en compte les dix dernières années plutôt que les seuls dix-huit derniers mois, de même
le nombre de postes destruits est désormais annoncé à l'échelle européenne. Faut-il en croire que les Français sont épargnés?

Odieuses excuses autrefois irrecevables

Un méli-mélo de mesures 
Confronté à un environnement morose et à une chute de ses commandes (-22 % à fin septembre), Alstom a décidé d'accélérer son plan d'économie en cédant des actifs et en supprimant près 1.300 postes
L'objectif annoncé, ce mercredi, par le Pdg Patrick Kron, est de réaliser 1,5 milliard d'euros d'économies par an à l'horizon 2016.

Le groupe, spécialisé dans les transports et la production d'énergie, table sur une croissance de certains marchés plus faible qu'attendue ...justement "il y a 18 mois" et exactement ! 

Pour autant, ce plan intervient alors que ses résultats au premier semestre (décalé de mars à septembre) sont meilleurs que ceux anticipés par les analystes, pendant la campagne présidentielle, précisément... Même si le bénéfice a reculé de 3% à 375 millions d’euros, le chiffre d’affaires est resté stable à 9,73 milliards.

"Essentiellement en Europe". Ou notamment en France?...
Quant aux coupes dans les effectifs,  le détail des sites concernés n'a pas été dévoilé: les consignes de transparence ne sont plus ce qu'elles devaient être. Le groupe va tailler dans ses effectifs dans "un certain nombre d'activités d'Alstom Thermal Power (centrales électriques, plus de 40% du chiffre d'affaires), l'informatique et les coûts centraux". Pour Patrick Kron, son PDG, ces programmes de suppression de postes sont déjà engagés depuis quelques semaines et "sont en cours de réalisation"
"Est-ce qu'il y en aura d'autres, on verra; je ne veux certainement pas vous les annoncer avant d'en parler avec les partenaires sociaux, mais nous allons ajuster notre outil industriel où et quand il faut, au rythme correspondant à nos besoins", a prévenu Patrick Kron. Fin 2012, le groupe comptait environ 93 000 salariés, dont près de 60% en Europe. 
Alstom, emploie 93.000 personnes dans le monde, dont 18.000 en France.

Le plan d’économies intègre également un plan de cession d’actifs non stratégiques
de 1 à 2 milliards d’euros d’ici fin 2014. La vente d’une participation minoritaire à des partenaires industriels ou financiers de sa branche transport. "Cela va permettre d’accroître la flexibilité financière et de renforcer la mobilité stratégique tant pour le groupe que pour Alstom Transport", explique un communiqué du groupe. Ce mercredi matin, après l'annonce de ce plan, le titre d'Alstom enregistrait des pics avec des hausses spectaculaires de plus de 7%. 

En 2003, à l'arrivée de Patrick Kron, 60 ans et major de Polytechnique, le groupe Alstom, comptant actuellement parmi les leaders énergétiques et ferroviaires européens, frôlait la faillite. Le stratège, avec l’aide de l’Etat, a concouru au sauvetage de l’entreprise.

Et où en est le redressement de la courbe de l'emploi? Montebourg se sent-il concerné et envisage-t-il d'aider à la manoeuvre avec deux sachets de croissants?

mardi 11 juin 2013

Michelin : Montebourg a-t-il déjanté ?

Sapin, nouveau redresseur, réclame une réindustrialisation du site près de Tours
L'improductif Montebourg a-t-il été dessaisi du redressement de l'industrie ?
Suite à la sortie de route de Montebourg, le ministre du Travail s'en est pris mardi à Michelin, qui a annoncé l'arrêt de la production de pneus poids lourds à Joué-lès-Tours (agglomération de Tours en Indre-et-Loire): accablé par une cascade de plans sociaux,  Michel Sapin a exigé de l'entrepreneur une réindustrialisation du site. "Il ne faut pas qu'il y ait un salarié de Michelin qui se retrouve à Pôle Emploi", a décrété Michel Sapin sur France Inter. Mais comme il craint que l'accompagnement des 730 salariés concernés par la restructuration ne soit pas suffisant, l'ancien président de la région Centre (1998-2000 et 2004-2007) a eu une exigence de plus:  "Je veux qu'il y ait une réindustrialisation du site", a-t-il ajouté depuis Bercy.

Le patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, a essayé de ramener le ministre à la raison. "Il n'y a même pas de licenciement, il n'y a pas de préoccupation à avoir. M. Sapin le sait, il peut être serein de ce côté-là", a déclaré M. Senard sur BFM Business.
Michelin a annoncé lundi l'arrêt de la fabrication de pneus poids lourds à Joué-lès-Tours et le regroupement en France de cette activité à la Roche-sur-Yon, ce qui va entraîner la perte de 730 emplois à Tours sur 930.

M. Senard a répété que
Michelin "aidera tous les employés" concernés, le groupe clermontois prévoyant d'investir 800 millions d'euros dans ses activités en France.  
         "Nous avons assuré les collectivités que Michelin aiderait à la création de 730 postes dans les entreprises du bassin d'emploi", a indiqué un porte-parole du manufacturier.

Mais les élus locaux, qui ont rencontré la direction du groupe mardi matin à Joué-les-Tours, ne sont pas optimistes
.

"Michelin a tourné en boucle", a regretté le maire de la commune, Philippe Lebreton. "Il nous répète que le plan de compétitivité de l'activité poids lourds aurait coûté 200 millions à Joué, contre 100 millions à La Roche-sur-Yon. Mais ils ne viennent jamais nous voir pour qu'on les aide. Ils ne font pas appel aux PME de la région pour leurs marchés de sous-traitance. Les représentants de la direction semblaient découvrir les lieux et la réalité du territoire où ils sont implantés depuis 1961. Si Michelin est piloté à vue, il faut nous le dire", commentait l'élu PS.
"Nous avons demandé à Michelin de renforcer l'activité industrielle", a déclaré le maire de la ville, qui a refusé le mois dernier une proposition du manufacturier. "Ils sont venus nous proposer la vente de 7 hectares au profit d'une chaîne d'hypermarchés. Nous avons ce qu'il faut de ce côté-là. Nous voulons de l'emploi industriel, pas de nouveaux magasins qui flingueraient les autres", s'est-il insurgé.

Vers l'épreuve de force

Le président de l'agglomération de Tours, Jean Germain, a souligné que
la région Centre héberge à Orléans le pôle de compétitivité Elastopôle, auquel adhère Michelin.
"Pour l'instant, rien dans l'explication de Michelin ne nous convainc. Sur le critère de l'accessibilité, Tours est au carrefour de plusieurs autoroutes et axes ferroviaires (...) Je ne suis pas convaincu par le choix de La Roche-sur-Yon. Ni par celui de transférer en Espagne des pneus de métro ensuite assemblés en France", a-t-il déclaré.

Du côté des syndicats, l'inquiétude domine. 
"Tout le monde se doute que Michelin, qui veut des usines plus grandes et plus rentables, ne va pas garder un site de 200 personnes", dit Olivier Coutant, secrétaire SUD du comité d'établissement.

La direction de Michelin rencontrera vendredi matin les organisations syndicales pour fixer un calendrier
 "Cette réunion permettra de fixer un calendrier" de négociations, a précisé une porte-parole. Elle se tiendra au siège du groupe à Clermont-Ferrand, en amont d'un comité central extraordinaire prévu le 26 juin. Elle comptera les quatre syndicats représentatifs, la CGT, la CFDT, la CFE-CGC et SUD.                

mardi 29 janvier 2013

Renault et PSA : défiance dans les négociations

Les syndicats négocient en faisant monter la tension 

Un nouveau round de négociations a débuté mardi chez les deux constructeurs automobiles


Renault Flins: des grévistes CGT 
brûlent des palettes et des pneus 
en protestation contre l'accord de flexibilité de la direction (29/01/2013)


Des débrayages accompagnent les rencontres sur les sites Renault et la CGT  poursuit la grève dans l'usine PSA d'Aulnay : lien France Info.

Plus de 15.000 suppressions de postes annoncées chez PSA Peugeot-Citroën et Renault, des menaces de fermeture qui pèsent sur un tiers des douze usines françaises d'automobiles, un secteur qui reste en surcapacité de production : l'automobile française, qui pèse un emploi sur dix en France, est confrontée à une crise sans précédent. 

Malgré tensions sociales et débrayages, les groupes automobiles  sont à nouveau présents aux rendez-vous avec les syndicats aujourd'hui mardi : Renault pour négocier un accord de compétitivité, PSA pour discuter d'un plan de sauvegarde de l'emploi et de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois.

Chez Renault, la CGT relève la barre, malgré la crise dans le secteur automobile
Les syndicats racontent qu'ils espèrent "assister enfin à une réelle négociation" pour ce huitième rendez-vous avec la direction qui vise la signature d'un accord de compétitivité courant février. 

Les syndicats vont mettre la pression mardi sur les négociateurs: la CGT va notamment plaider pour rééquilibrer les volumes de production entre les sites (France, Roumanie, Turquie, Espagne), et pour que l'organisation du travail soit "repensée en profondeur"

Débrayage sur le site Renault
de Sandouville, le 29 janvier 2013
A l'usine de Douai, dans le Nord, des débrayages étaient en cours mardi matin à l'appel des syndicats FO, CGT et SUD, pour protester contre le projet d'accord de compétitivité. "Ils veulent mettre en concurrence tous les sites, c'est malsain", a déclaré Jean-Marie Ravry (FO), accusant de "chantage" la direction de Renault sur des "fermetures de sites et des licenciements secs". D'autres rassemblements sont prévus à Flins, dans les Yvelines, Sandouville en Seine-Maritime, et au Mans dans la Sarthe.

Réunion en cours au siège de PSA 
Dans l'usine d'Aulnay-sous-Bois (ci-contre), la production se poursuit mardi au compte-gouttes, comme la veille après dix jours d'arrêt du site. Ses salariés doivent se rassembler dans la matinée devant le siège de PSA, à Paris. 

Ils se joindront ensuite à la manifestation de salariés d'autres entreprises en difficultés programmée devant le ministère du Travail. Sapin sera absent et fera recevoir les syndicalistes par un collaborateur... 

Au siège du constructeur, une réunion était également en cours sur les plans de sauvegarde de l'emploi prévus à Rennes et Aulnay et sur les autres 3.600 salariés touchés par la restructuration. 

Jean-Pierre Mercier (CGT) a indiqué que 444 salariés se sont déclarés grévistes à Aulnay et qu'
un rassemblement est prévu devant le siège de PSA en fin de matinée. 

De son côté, 
"Négocier plutôt que bloquer : c'est l'intérêt des salariés. On ne lâche rien et on continue avec les organisations syndicales (hors CGT)", écrit sur twitter Tanja Sussest déléguée SIA (syndicat maison majoritaire à Aulnay).
Les syndicats veulent aussi améliorer les propositions faites jusqu'alors par la direction, allonger notamment la durée du congé senior permettant aux salariés les plus anciens de partir. Quid des contrats de générations ?

Par ailleurs, la Cour d'Appel de Paris a décidé de suspendre l'ensemble de la restructuration chez PSA Peugeot Citroën en raison de l'absence de consultation des salariés de l'équipementier Faurecia, filiale à 57% du constructeur. Cette décision - même provisoire - pourrait retarder le processus de restructuration.


VOIR et ENTENDRE la chronique de Nicolas Doze qui interpelle Hollande sur ses engagements de campagne non tenus, ce matin sur BFM Business:
 


mercredi 12 décembre 2012

PSA: 1 500 suppressions de postes, en plus des 8 000 annoncées...

Hollande laisse les syndicats livrés à eux-mêmes

Hollande et Montebourg se faisaient pourtant forts de tout

Belles paroles de Hollande,
le 2 mai, en Seine-Saint-Denis
Lors de l'entretien télévisé du 14 Juillet, le président de la République avait réaffirmé qu'il s'opposait au plan de restructuration proposé par le constructeur automobile PSA-Peugeot Citroën. 

Plan qu'il entendait d'ailleurs faire renégocier. "L'État ne laissera pas faire", a-t-il déclaré. Il s'était montré particulièrement virulent à l'égard de la direction du groupe, accusée de "mensonge" et d'avoir reporté l'annonce du plan à l'après-présidentielle.

Depuis l'
annonce de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois en 2014 et de la suppression de 8000 emplois, le gouvernement a multiplié les prises de parole pour faire part de sa "vive préoccupation" notamment quant aux conséquences sociales. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait assuré devant le Sénat que l'État n'acceptait pas les annonces faites par le président du directoire de PSA, Philippe Varin. Un expert, Emmanuel Sartorius, a également été nommé pour examiner la situation financière du groupe et obtenir des justifications sur sa situation. 

Le 20 septembre, l'intersyndicale de PSA Aulnay se sentait abandonnée à sa sortie de l'Elysée: elle n'avait obtenu aucun engagement de François Hollande sur le gel des 8.00O suppressions de postes annoncées par le groupe automobile: le chef de l'Etat avait seulement promis l'organisation d'une réunion tripartite (syndicat, direction, Etat) à la mi-octobre. Selon le délégué CGT Jean-Pierre Mercier, "les négociations auront lieu site par site", notamment celui de Rennes et d'Aulnay-sous-Bois. "Il va falloir que les salariés imposent leur ordre du jour (lors de tripartites) car Peugeot a dit jusqu'à présent qu'il ne voulait négocier que sur la réindustrialisation" et pas sur les 8.000 suppressions de postes annoncées mi-juillet par PSA, avait-il dit.

Et puis, plus rien...


Les syndicats de PSA Peugeot Citroën ont rejeté mardi la restructuration envisagée par la direction
Un plan dont l'ampleur a été soudainement alourdie mardi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire : 1500 départs naturels non remplacés d'ici à 2014 viendront s'ajouter aux 8000 suppressions déjà prévues. Au final, Hollande observe que les dirigeants de PSA envisagent 11 214 suppressions de postes entre mai 2012 et mi-2014. Les effectifs dans l'activité automobile du groupe devraient chuter de 67 112 postes à la fin mai 2012 à 55 989 d'ici à la mi-2014, selon les informations relayées par les syndicats.


Face à la crise, les syndicats se cherchent un interlocuteur

Hollande à PSA Rennes
Septembre 2012
"C'est la première fois que la direction nous avoue ces chiffres, elle n'a jamais voulu jusqu'à présent nous répondre sur les effectifs cibles", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. "Montebourg demandait en juillet à la famille Peugeot de reformater son plan à la baisse. Ils le reformatent à la hausse ! C'est un véritable scandale. Le gouvernement doit intervenir sérieusement", a lancé le responsable cégétiste. Un désaveu du ministre, agité, mais inefficient.

Franck Don, délégué central CFTC, a fait part de sa "stupéfaction" d'avoir dû "batailler" pendant des semaines pour connaître les effectifs. Il interpelle la direction afin qu'elle mette "tout en oeuvre pour réduire l'impact de son plan".

"Cela durcit encore l'addition qui était déjà salée. C'est monumental", a commenté pour sa part Christian Lafaye, délégué central FO. Il aurait été "plus gentleman" de la part de la direction d'annoncer ces chiffres avant, a-t-il noté, même si selon lui, il s'agit d'une "décision supplémentaire" dictée par des marchés en berne en Europe.

Les syndicats unanimes pour revoir le plan patronal

Avant la présidentielle et sous les caméras,
 le candidat était allé à la rencontre des salariés,
pour leur manifester toute son empathie 
Dans ses conclusions sur les finances du groupe, le cabinet d'expertise Secafi, mandaté par le CCE, reconnaît la nécessité d'une restructuration "urgente", mais critique aussi le flou entretenu par la direction autour des effectifs. Les experts chiffraient à près de 9900 les emplois concernés, hors départs naturels, par deux procédures successives (un plan de départs volontaires étalé du 1er janvier au 25 juillet en 2012 et le nouveau plan).

Hors réseau de distribution, l'activité automobile (PCA, Peugeot Citroën Automobile) emploie aujourd'hui 65 377 personnes, loin des 87 000 totalisés en 2004. Avant même ces précisions sur les effectifs, les organisations syndicales, dont la plupart reconnaissent la nécessité d'une restructuration, avaient unanimement réclamé le reformatage du plan. 
Ce dernier prévoit la fin de l'assemblage à Aulnay-sous-Bois (3000 postes directs) en 2014, la suppression d'un poste sur quatre à Rennes et de 3600 emplois dans les effectifs hors production.

mercredi 16 mai 2012

Iveco ferme son usine qui emploie 171 salariés en Savoie


Le gouvernement Ayrault va pouvoir démontrer son savoir-faire


Le constructeur de camions de pompiers CAMIVA, filiale d'IVECO, a annoncé la fermeture de son usine de Saint-Alban-en-Leysse (Savoie) à ses 171 salariés réunis mardi pour étudier un plan de reclassement, a indiqué la CGT. 

"C'est une véritable catastrophe industrielle pour l'agglomération de Chambéry", a dénoncé le délégué départemental CGT, Antoine Fatiga, qui estime à "600 à 800 le nombre total d'emplois détruits", en incluant les nombreux sous-traitants dans l'agglomération.

" Près deux millions d’euros de pertes en 2011 (une première en 25 ans), un CE réunit un lendemain d’élections et en plein pont du 8-Mai, ça ne sentait pas bon. On pensait à un plan de sauvegarde de l’emploi ou une restructuration, mais pas à la fermeture pure et simple de Camiva. C’est une décision brutale et cynique ", lâchent François Batiston et Jean Tardy, délégués syndicaux CGT de l’entreprise de camions de pompiers Iveco Magirus.






Manifestants d'Iveco Valladolid
( juillet 2011)



La direction conteste ces chiffres catastrophistes


"Trois entreprises locales, dont l'activité avec Camiva représente plus de 50% du chiffre d'affaires, sont concernées, soit une quinzaine de personnes", a déclaré de son côté une porte-parole de la direction.


"Des propositions de reclassement dans les autres entités du groupe vont être faites aux salariés afin d'éviter tout licenciement", a poursuivi l'entreprise qui justifie la fermeture par une volonté du groupe italien Iveco de "réorganiser" cette division. 
472 postes de reclassement vont être proposés, dont 161 dans la région Rhône-Alpes (110 à Annonay dans l'Ardèche (Irisbus) et 51 dans la région lyonnaise), 104 dans le reste de la France et 207 à l'étranger, a détaillé la même source.

CAMIVA, implanté en 1970 près de Chambéry et spécialisé dans la construction de véhicules de secours et de protection,  a compté jusqu’à 500 salariés.

L'entreprise, qui a été détenue par Renault, a été rachetée en 1997 par le groupe Iveco, filiale de l'italien Fiat Industrial, groupe issu de la scission de Fiat en 2011.
La production devrait être relocalisée en ... Allemagne où les syndicats pratiquent le dialogue social, à la différence de leurs homologues français.
Nos syndicats vont-ils se montrer plus accommodants avec un gouvernement de gauche ?




Un autre salarié de Valladolid
fait le show


Les délégués CGT se laissent le temps de mûrir leurs actions après ce fameux CE de mardi. " On ne veut pas partir bille en tête et faire n’importe quoi. Mais on se battra pour la sauvegarde des emplois et on médiatisera nos actions ", préviennent-ils.