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mercredi 30 avril 2014

Dossier Alstom: Hollande tente de laisser Montebourg sur la touche

Coup d'éclat de Montebourg qui refuse les rôles d'appoint

Le président a décidé de prendre en main ce sujet sensible


Le bouffon
Parce que sensible, l'affaire de la vente d'Alstom est retirée à Montebourg. Elle est traitée depuis l'Elysée, bien que Hollande ne soit pas au fait de la question. Lundi, François Hollande devait pourtant recevoir à l’Elysée les patrons de General Electric et de Siemens, ainsi que l’actionnaire principal d’Alstom, Martin Bouygues.

Le ministre caractériel de l'Economie Arnaud Montebourg a annulé son rendez-vous prévu le 27 après-midi avec Jeff Immelt et lui a adressé une lettre. Dans cette missive, il regrette d'avoir été mis devant le fait accompli de la candidature au rachat et justifie ses humeurs en rappelant qu'Alstom a des actifs stratégiques dans le nucléaire. Une vraie mise en garde pour empêcher l'annonce d'une transaction le lendemain.

Arnaud Montebourg a dû céder sa place en première ligne sur ce dossier.
"C’est du niveau du chef de l’Etat", a-t-on expliqué au Château. Une petite phrase lâchée dans l’entourage du chef de l’Etat confirme la mise à l’écart du ministre de l’Economie : "vous savez, il ne faut pas sur-interpréter les propos d’Arnaud Montebourg" qui passe de plus en plus pour un agité. Quand ce dernier donne l’impression d’avoir fait le choix européen de l’Allemand Siemens, au détriment de GE, l’Elysée s’empresse de reprendre les discussions en main. "Le sujet est devenu très vite hautement symbolique, c’est du niveau du chef de l’Etat", décrypte un conseiller de Hollande. Il est trop risqué de laisser un sujet aussi sensible, qui concerne 18.000 emplois en France, entre les mains de l’imprévisible Arnaud Montebourg.

Le conseiller économique de François Hollande a dû recevoir le patron d’Alstom discrètement et en urgence 

Montebourg se la joue à Florange
Montebourg a une propension au conflit avec les grands patrons
Le chef de l'Etat redoute qu'il maltraite le patron de GE, comme ce fut le cas à l'encontre de Lakshmi Mittal à Florange ou Philippe Varin dans l'affaire Peugeot. Pour empêcher Mittal de fermer des sites en Europe, Montebourg avait brandi la menace de droits de douanes sur les importations d'acier d'ArcelorMittal. "Tous les jours, cette entreprise privée cause du tort et du préjudice aux Etats et à leurs populations, utilise, quand elle sait le demander, l'argent public, et n'a aucune conscience de ses responsabilités", avait-il accusé en ténor de l'aile gauche du PS. Et de conclure: "Nous ne voulons plus de Mittal en France." 
Montebourg toise Ph. Varin
Il avait également taclé PSA sévèrement pour la gestion hasardeuse de son plan social, avant de faire son mea culpa. En juillet 2012, Montebourg a fait sortir la famille Peugeot de ses gonds, pour avoir comparé PSA à un "malade imaginaire", parle de "dissimulations", dit ne pas avoir une "confiance extraordinaire" en la direction du groupe...
Le 23 octobre 2012, le président de Mitsubishi France avait qualifié Arnaud Montebourg d'"abruti mental". Je ne comprends pas ce ministre qui ne connaît pas ses dossiers sur l’automobile qui représente 25% des revenus de la France et 10% de l’emploi dans notre pays, car il n’y a pas seulement les constructeurs mais aussi ceux qui travaillent par ou pour l’automobile directement ou indirectement." "Cet abruti mental, ce débile, augmente les malus écologique, réduit la vitesse des conducteurs sur le périphérique de Paris et pourrit la vie des automobilistes, de toutes les origines sociales… Tous le subissent !" "Il est bête et ne comprend rien. Vous pouvez me citer sans vous inquiéter… Grâce à mes précédentes déclarations sur les chaines de télévision nationales, j’ai déjà un contrôle fiscal ! "

Alors que Titan, le fabricant américain de pneus, essaie de racheter l'usine Goodyear à Amiens, le PDG Maurice Taylor adresse à Arnaud Montebourg une lettre 
raillant les "soi-disant ouvriers" de l'usine d'Amiens-Nord. "Les ouvriers français sont beaucoup payés, mais ne travaillent que trois heures (...). J'ai fait part de cette remarque aux syndicats. Ils m'ont dit que ça marchait comme ça en France !", écrit Taylor. Et l'Américain ironise : "Qu'a le syndicat fou ? Il a le gouvernement français." Le ministre du Redressement productif réplique aux propos de la missive et ne retient pas sa colère qualifiant les propos de "ridicules" et "désobligeants". "Vos propos, aussi extrémistes qu'insultants, témoignent d'une ignorance parfaite de ce qu'est notre pays, la France, de ses solides atouts, comme de son attractivité mondialement reconnue et de ses liens avec les Etats-Unis d'Amérique", assène-t-il.
Le PDG de Titan campe sur ses positions et riposte à Arnaud Montebourg : "L'extrémiste Monsieur le ministre, c'est votre gouvernement et son manque de connaissances sur la façon de bâtir une entreprise." Un peu plus tard, interrogé par Europe 1, Maurice Taylor s'en donne à cœur joie : "Mais pourquoi il m’embête avec ça, votre ministre ? Il est stupide ou quoi ? On parle de l’usine Goodyear et il s’adresse à moi. Vous devriez poser vos questions à cet imbécile !"

Montebourg pique maintenant une crise contre le président d'Alstom
"Depuis le mois de février, j’interroge Monsieur Patrick Kron, président de cette entreprise qui est notre fleuron national. Et Monsieur Patrick Kron, alors que je l’ai interrogé dûment, solennellement et sérieusement, m’a toujours dit qu’il n’avait aucun projet d’alliance", a lancé Arnaud Montebourg. "Est-ce que le ministre de l’Economie doit aller installer un détecteur de mensonges dans son bureau ? Pour les présidents du CAC 40 qui n’ont pas le civisme élémentaire d’avertir leur gouvernement ?" a-t-il ajouté.

L’affaire Alstom est menée par  Emmanuel Macron, à l’Elysée, même si, pour sauver les apparences, Arnaud Montebourg a assisté aux rendez vous avec les capitaines d’industrie qui se sont tenus au château. "François Hollande sait de toute façon que, politiquement, c’est lui qui sera jugé", assure l’entourage du président pour justifier son interventionnisme.

Hollande rêverait d'arriver à la cheville de Sarkozy. 
Le dossier est à la fois politique et européen. Berlin pousse pour arriver à une entente entre les européenne Alstom et Siemens. Et François Hollande ne peut pas donner le sentiment de laisser gagner l'américain GE sans tenter la solution européenne. Voilà aussi pourquoi il ne pouvait pas rester spectateur sur ce dossier. 
Une autre explication tient davantage au symbole : François Hollande sait qu’Alstom a été le succès de Nicolas Sarkozy qui, en 2004, sauva l'entrepris, et le socialiste fera tout pour que ce ne soit pas perçu comme son échec.

jeudi 21 février 2013

Spanghero poursuivra-t-il des ministres de Hollande dans l'affaire de la viande de cheval ?

L'entreprise française s'estime lésée par son gouvernement

Spanghero menace d'assigner des ministres devant la justice pour non-respect de la présomption d'innocence

L'entreprise de Castelnaudary (Aude), où des investigations se sont poursuivies mercredi, a été pointée du doigt jeudi dernier par le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll et les ministres délégués à la Consommation Benoît Hamon et à l'Agroalimentaire Guillaume Garot. Selon le gouvernement, la société aurait sciemment commercialisé de la viande de cheval sous l'étiquetage "boeuf".

"La société Spanghero s'élève contre les propos tenus par différents membres du gouvernement affirmant, à plusieurs reprises, qu'elle serait coupable de tromperie, avant la fin des enquêtes externes et internes en cours", déclare l'entreprise, qui compte environ 300 employés.


Les propos de certains ministres ont "des effets lourdement préjudiciables sur la reprise de l'activité de la société".

Dans un communiqué,  Spanghero les juge "prématurés" tant que l'enquête est en cours.

"La société Spanghero, qui cherche à protéger son activité, ses salariés et sa réputation, se réserve donc désormais la possibilité d'engager toute action judiciaire pour faire cesser ces atteintes répétées à son droit à la présomption d'innocence."



Le ministre de l'Agriculture prend l'entrepreneur de haut  


"C'est une plaisanterie, on accuse qui ? ", a raillé Stéphane Le Foll, méprisant.

"On fait une enquête, on tombe sur une entreprise où on s'aperçoit qu'il y a des étiquettes qui ont changé. Donc il y a tromperie. Qu'est-ce qu'on a dit d'autre ? ", se défend le ministre.

A la casserole !
Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avaient décidé le retrait de l'agrément sanitaire de Spanghero. C'est "condamner à mort 300 personnes et leurs familles, sans compter tous nos partenaires", avait souligné Christophe Giry, directeur commercial de Spanghero, donnant lecture d'un communiqué élaboré avec le personnel lors d'un comité d'entreprise extraordinaire. 

Le jeudi 14 février, le gouvernement avait ouvertement fait de Spanghero le principal responsable du scandale de la viande de cheval retrouvée dans des plats cuisinés étiquettés viande de boeuf. Spanghero savait qu'elle revendait de la viande de cheval pour de la viande de boeuf, elle s'est rendue coupable de "tromperie économique" et sera poursuivie, avait clamé le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait à son tour stigmatisé l'entreprise. En lui retirant son agrément sanitaire le jeudi soir pour le rétablir le lundi matin, quatre jours plus tard dont un weekend, le gouvernement a pris le risque de ternir l'image de Spanghero et donc de lui faire perdre des parts de marché et de détruire des emplois. 
Le Foll, Hamon, Garot,
tiercé perdant de l'économie française
Le pôle santé publique du tribunal de Grande instance de Paris s'est saisi la semaine dernière de cette affaire après la découverte de la viande de cheval dans des plats cuisinés. 

Une enquête préliminaire pour tromperie a été ouverte.

L'enquête a été confiée au service national d'enquête de la Direction générale de répression des fraudes (DGCCRF) et aux gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp).

Au lendemain de perquisitions et d'auditions dans l'usine de Castelnaudary, les investigations judiciaires se sont poursuivies mercredi, a rapporté une source proche de l'enquête.

Mardi soir, les enquêteurs sont repartis avec des documents et des disques durs d'ordinateur, a-t-on précisé.



Devoir de mémoire



Les entreprises françaises trouvent leur principaux détracteurs au gouvernement Ayrault.


Septembre 2011 - SeaFrance

Alors député d'opposition, Arnaud  Montebourg avait injurié Pierre Fa, patron de SeaFrance et les quatre membres du directoire (Katherine Burro-Fleta, Jean-Claude Dechappe, Jean-Luc Drugeon et Vincent Launay) en les traitant d’«escrocs». "On parle souvent de patrons voyous, là il s'agit d'une entreprise publique, c'est curieux... On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever".
Se sentant légitimement offensés, M. Fa et ces quatre personnes avaient assigné l’élu socialiste pour injure.

"JE regrette ces propos que j’ai tenus, puisqu’ils ont été censurés par la justice civile à travers la condamnation symbolique d’une euro", a-t-il déclaré, avant de lâcher un coup de sabot de l'âne. "JE veux quand même observer que la personne qui s’est plaint[e] en justice de mes propos a un casier judiciaire assez lourd. Il a été le patron de SeaFrance, il avait été condamné dans l’affaire Elf à la condamnation - excusez du peu - de 9 mois de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende. Et par ailleurs, cette entreprise SeaFrance, il l’a laissée mourir, avec 800 emplois sur le carreau laissant à la concurrence les parts de marché que nous aurions dû conserver", a-t-il attaqué. "JE considère que cette condamnation civile, finalement, permet de passer à autre chose", avait conclu Montebourg. 
SeaFrance, la dernière compagnie française de ferries à relier Calais et Douvres, a été définitivement liquidée le 9 janvier 2012.

Doux, juin 2012

Alors que les difficultés du groupe volailler apparaissaient au grand jour et que le ministre du redressement productif ne parvenait à rien redresser,
Arnaud Montebourg pointa nommément l’ex-PDG du groupe : "Charles Doux a refusé de faire la moindre concession sur son sort personnel, qu’il a privilégié par rapport au projet de restructuration de Bercy".

16 septembre 2012 - Sanofi 

"
J’accepterai votre plan de réorganisation si les syndicats sont d’accord. (…) Vous allez négocier avec les syndicats et nous veillerons à ce que ce soit le cas, sinon nous verrons comment nous réexaminons le dossier Sanofi",
 menaça le ministre sur M6.


25 septembre 2012 - Hyundai

Demandant la remise en cause d’un accord de libre-échange avec la Corée du Sud, le ministre
 accuse la firme automobile de "dumping commercial et social". "Nous, nous sommes solidaires avec les [
en français, 'solidaires des'] travailleurs de Hyundai et de Kia car le dumping commercial ressemble à du dumping social", accuse-t-il.

Juillet 2012 - Peugeot-PSA-Citroën

Après que le groupe PSA a dévoilé un important plan de restructuration, qui se traduit notamment pas la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois, Arnaud Montebourg contre-attaque le 18 juillet. Il soupçonne Peugeot-Citroën d’être un 
"malade imaginaire" et parle de "dissimulations" ayant conduit à un plan "inacceptable". François Hollande avait donné le ton, déclarant le 14 juillet que le plan de restructuration était "en l'état inacceptable" et devait être "renégocié". De son côté, Nono Montebourg avait ajouté avoir "un vrai problème sur la stratégie de Peugeot, l'alliance avec General Motors, 
le comportement de l'actionnaire", la famille Peugeot.

François Fillon l'accusa  de jouer contre les intérêts d'une entreprise française.

"Montebourg, c'est l'arrière qui tire dans le dos de ceux qui sont au premier rang du combat" économique, observa François Fillon, jugeant le gouvernement "irresponsable" sur ce dossier.
"Quelle est cette attitude qui consiste à taper sur une entreprise, à la dénoncer, à émettre des soupçons, alors que cette entreprise est aux premières loges dans le combat de la mondialisation", avait-il sanctionné sur Europe 1.

mercredi 12 décembre 2012

PSA: 1 500 suppressions de postes, en plus des 8 000 annoncées...

Hollande laisse les syndicats livrés à eux-mêmes

Hollande et Montebourg se faisaient pourtant forts de tout

Belles paroles de Hollande,
le 2 mai, en Seine-Saint-Denis
Lors de l'entretien télévisé du 14 Juillet, le président de la République avait réaffirmé qu'il s'opposait au plan de restructuration proposé par le constructeur automobile PSA-Peugeot Citroën. 

Plan qu'il entendait d'ailleurs faire renégocier. "L'État ne laissera pas faire", a-t-il déclaré. Il s'était montré particulièrement virulent à l'égard de la direction du groupe, accusée de "mensonge" et d'avoir reporté l'annonce du plan à l'après-présidentielle.

Depuis l'
annonce de la fermeture du site d'Aulnay-sous-Bois en 2014 et de la suppression de 8000 emplois, le gouvernement a multiplié les prises de parole pour faire part de sa "vive préoccupation" notamment quant aux conséquences sociales. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait assuré devant le Sénat que l'État n'acceptait pas les annonces faites par le président du directoire de PSA, Philippe Varin. Un expert, Emmanuel Sartorius, a également été nommé pour examiner la situation financière du groupe et obtenir des justifications sur sa situation. 

Le 20 septembre, l'intersyndicale de PSA Aulnay se sentait abandonnée à sa sortie de l'Elysée: elle n'avait obtenu aucun engagement de François Hollande sur le gel des 8.00O suppressions de postes annoncées par le groupe automobile: le chef de l'Etat avait seulement promis l'organisation d'une réunion tripartite (syndicat, direction, Etat) à la mi-octobre. Selon le délégué CGT Jean-Pierre Mercier, "les négociations auront lieu site par site", notamment celui de Rennes et d'Aulnay-sous-Bois. "Il va falloir que les salariés imposent leur ordre du jour (lors de tripartites) car Peugeot a dit jusqu'à présent qu'il ne voulait négocier que sur la réindustrialisation" et pas sur les 8.000 suppressions de postes annoncées mi-juillet par PSA, avait-il dit.

Et puis, plus rien...


Les syndicats de PSA Peugeot Citroën ont rejeté mardi la restructuration envisagée par la direction
Un plan dont l'ampleur a été soudainement alourdie mardi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire : 1500 départs naturels non remplacés d'ici à 2014 viendront s'ajouter aux 8000 suppressions déjà prévues. Au final, Hollande observe que les dirigeants de PSA envisagent 11 214 suppressions de postes entre mai 2012 et mi-2014. Les effectifs dans l'activité automobile du groupe devraient chuter de 67 112 postes à la fin mai 2012 à 55 989 d'ici à la mi-2014, selon les informations relayées par les syndicats.


Face à la crise, les syndicats se cherchent un interlocuteur

Hollande à PSA Rennes
Septembre 2012
"C'est la première fois que la direction nous avoue ces chiffres, elle n'a jamais voulu jusqu'à présent nous répondre sur les effectifs cibles", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. "Montebourg demandait en juillet à la famille Peugeot de reformater son plan à la baisse. Ils le reformatent à la hausse ! C'est un véritable scandale. Le gouvernement doit intervenir sérieusement", a lancé le responsable cégétiste. Un désaveu du ministre, agité, mais inefficient.

Franck Don, délégué central CFTC, a fait part de sa "stupéfaction" d'avoir dû "batailler" pendant des semaines pour connaître les effectifs. Il interpelle la direction afin qu'elle mette "tout en oeuvre pour réduire l'impact de son plan".

"Cela durcit encore l'addition qui était déjà salée. C'est monumental", a commenté pour sa part Christian Lafaye, délégué central FO. Il aurait été "plus gentleman" de la part de la direction d'annoncer ces chiffres avant, a-t-il noté, même si selon lui, il s'agit d'une "décision supplémentaire" dictée par des marchés en berne en Europe.

Les syndicats unanimes pour revoir le plan patronal

Avant la présidentielle et sous les caméras,
 le candidat était allé à la rencontre des salariés,
pour leur manifester toute son empathie 
Dans ses conclusions sur les finances du groupe, le cabinet d'expertise Secafi, mandaté par le CCE, reconnaît la nécessité d'une restructuration "urgente", mais critique aussi le flou entretenu par la direction autour des effectifs. Les experts chiffraient à près de 9900 les emplois concernés, hors départs naturels, par deux procédures successives (un plan de départs volontaires étalé du 1er janvier au 25 juillet en 2012 et le nouveau plan).

Hors réseau de distribution, l'activité automobile (PCA, Peugeot Citroën Automobile) emploie aujourd'hui 65 377 personnes, loin des 87 000 totalisés en 2004. Avant même ces précisions sur les effectifs, les organisations syndicales, dont la plupart reconnaissent la nécessité d'une restructuration, avaient unanimement réclamé le reformatage du plan. 
Ce dernier prévoit la fin de l'assemblage à Aulnay-sous-Bois (3000 postes directs) en 2014, la suppression d'un poste sur quatre à Rennes et de 3600 emplois dans les effectifs hors production.

samedi 20 octobre 2012

BPI: querelle Hollande-Jouyet sur le dos des salariés

Hollande assure que Florange n'est pas un "canard boiteux"

J.-P. Jouyet avait prévenu que la BPI "aura vocation à maintenir l'activité et non pas à aider les canards boiteux", en réponse à la question d'Europe 1  vendredi matin : "Est-ce que la BPI devra sauver Florange ? "


Mittal, propriétaire indien du site Arcelor,avait annoncé début octobre la fermeture des deux hauts-fourneaux de l'usine, déjà à l'arrêt depuis quatorze mois. Le président François Hollande a répliqué aux propos du futur président de la Banque publique d'investissement (BPI), Jean-Pierre Jouyet.

Le matin du vendredi 19 octobreHollande nie  que l'aciérie de Florange, en Moselle, est un "canard boiteux". "Florange fait partie d'ArcelorMittal et, à ma connaissance, ArcelorMittal n'est pas un canard boiteux", a mondialisé le président à la fin du sommet européen, ajoutant que "ce dossier ne relève donc pas de la BPI". En clair, Hollande remet le sort des salariés de Florange entre les mains exclusives de Mittal.

Vendredi après-midi, J.-P. Jouyet a accepté de s'auto-flageller, assurant, mais un peu tard dans un communiqué, qu'il a "le plus grand respect" pour les salariés de Florange.


Walter Broccoli, délégué FO à Florange, a immédiatement exprimé sa colère sur BMF-TV après les propos de l'homme de mains de Hollande. "C'est inadmissible de nous traiter de canards boiteux, aujourd'hui surtout vu que la situation est difficile. Si on est soutenu par le gouvernement, on ne comprend pas pourquoi la banque d'investissement nous traite de la sorte", a déclaré le délégué syndical. 

Le problème des salariés, c'est que - sur ordre du président socialiste - le gouvernement lâche Florange.

Hollande et FO à Florange, 24 février 2012
"Il faudrait signaler [à M. Jouyet] que nous, à Florange, ne sommes pas des canards boiteux puisque le rapport Faure [commandé par le gouvernement et remis en juillet] a dit qu'on était viable", a-t-il ajouté, estimant que "maintenir l'emploi à Florange, ce n'est pas sauver un canard boiteux, c'est plutôt sauver une entreprise d'avenir".


La BPI va réunir les moyens du Fonds stratégique d'investissement (
FSI), de l'entité de capital-investissement CDC Entreprises (dédié au financement des entreprises en croissance) et de la banque publique OSEO, pour proposer des financements aux entreprises ainsi que des prises de participation au capital. Détenue à parité par l'Etat et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), elle devrait voir le jour début 2013, dans au moins trois mois encore.

Profitez que l'article n'est pas payant pour lire le décryptage : A quoi sert la Banque publique d'investissement, promesse du candidat Hollande ?

Jouyet  confirme l'indifférence de Hollande aux salariés des grands groupes


Les grands groupes ne pourront compter que sur eux-mêmes  
Interrogé sur le cas de PSA Peugeot Citroën, constructeur automobile en difficulté, et sur l'opportunité pour la BPI d'intervenir dans le dossier, l'homme de main du Président n'a laissé aucun espoir aux salariés de l'automobile. "Je ne dis pas que ça ne nous regarde pas", a nuancé l'ancien secrétaire d'Etat aux affaires européennes, avant de prévenir que "la BPI aura vocation à financer essentiellement des PME et des entreprises de taille intermédiaire".
"Les exemples que vous avez cités relèvent de grands groupes. C'est une chose qui est différente", a-t-il insisté: qu'ils aillent se faire voir, patrons et salariés, sous-traitants et familles, tous autant qu'ils sont. La BPI "sera une banque pour prévenir les difficultés des entreprises et c'est une banque au service de l'avenir", a ajouté  Jouyet.

Les "canards boiteux" à la trappe, pour solde de tout compte
A Florange, Hollande soutenu par la CGT et la CFDT

A Florange, Hollande s’engage le 24 février 2012
à déposer une loi
pour éviter les démantèlements d'usine

"
Nous souhaitons aider à des projets d'avenir

pour compenser les difficultés que vous avez citées", a-t-il expliqué, en référence, outre
Florange et PSA, à Sanofi, Alcatel-Lucent, Air France et Areva. "Elle fera de la prévention contre le chômage, elle aidera à ce qu'il y ait de nouvelles activités. Pour le reste, c'est à d'autres dispositifs de jouer si nécessaire", selon lui.


Jouyet ne mélange pas les torchons et les serviettes de la banque publique

La future Banque publique d'investissement sera "indépendante", a aussi assuré Jean-Pierre Jouyet vendredi sur Europe 1. 
"Elle est présidée par quelqu'un qui, s'il a beau avoir beaucoup de sympathie et d'amitié pour le président de la République, a une réputation d'indépendance. Donc, elle sera indépendante", a revendiqué Jouyet, cumulard également directeur général de la Caisse des dépôts (CDC). L'ancien secrétaire d'Etat aux affaires européennes est un proche de François Hollande, qu'il a côtoyé à l'ENA, au sein de la promotion Voltaire, celle des quinqua en mal de pouvoir.

La "gauche molle" a un problème avec l'emblème du lion de PSA ou du CL
"Ce n'est pas une banque spéculative, ce n'est pas une banque qui a pris des risques. Elle est adossée à la Caisse des dépôts [...] qui a fait un travail sérieux en toute indépendance", se flatte Jouyet. Il a affirmé ne pas être inquiet "du tout" quant à l'éventualité d'engagements douteux de la BPI, en réponse à un parallèle visant le Crédit lyonnais, banque publique qui s'est effondrée en 1993.

Dommage, vous ne pourrez pas lire lire l'entretien du Monde avec Jean-Pierre Jouyet : 'La BPI ne devra pas s'interdire de vendre les parts dans les grands groupes' (lien abonnés)

Qu'en pensent Montebourg et Filippetti ?


Devoir de mémoire:

VOIR et ENTENDREGuy Bedos engagé "plutôt à gauche" et pour François Hollande.  En mars dernier, l'humoriste appelait à une "révolution citoyenne" à Florange: 

Il parle beaucoup de lui, mais a aussi déclaré sur BFMTV: "je suis là pour rendre visibles des choses dont certains pourraient faire mine de ne pas les connaître". "Ce n’est pas rien, une usine qui s’arrête, ce n’est pas rien des gens qui se retrouvent au chômage. " Balasko et la petite Béart ne diraient pas mieux... 
Guy Bedos a par ailleurs affirmé son soutien à François Hollande. "Je pense que c’est important de changer d’équipe. Faut nettoyer ! ," a-t-il conclu, en mars 2012.
A bientôt, père et fils, à l'Elysée, pour le grand nettoyage?

lundi 30 juillet 2012

Nono Montebourg programme une rencontre avec des syndicats...

Mais la girouette oublie de les prévenir

Montebourg ne serait pas, dit-on,
contre une petite fumette





Le socialiste cyclothymique n'est pas toujours dans l'invective

Le "gommeux"  est tombé d'accord avec lui-même... Comme d'hab !
Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, devait rencontrer cet après-midi les représentants syndicaux de PSA Peugeot Citroën. Mais la concertation a tourné court : ces derniers n'en ont pas été informés !

La rencontre, prévue cet après-midi à 15h, était officiellement inscrite à l'agenda d'Arnaud Montebourg. La presse en avait donc été informée... mais pas les invités. 
Et impossible de les faire venir à la dernière minute : tous les représentants syndicaux sont déjà partis en vacances, puisque les destructions d'emplois sont suspendues pendant la période estivale: les congés payés !.
Le rendez-vous a du être reporté à début septembre, tout comme le premier rapport commandé à Emmanuel Sartorius sur l'état financier du constructeur automobile, qui a prévu de supprimer 8.000 emplois en France.
Montebourg n'est pas le seul branquignol de la bande à Zayrault
La presse militante ne nous avait pas dit que e n'est pas la première fois qu'un membre du nouveau gouvernement lui pose un lapin. 
Il y a dix jours, Jean-Yves Le Drian avait prétexté un "malentendu d'agenda" après un rendez-vous manqué avec la famille d'un des soldats tués par Mohamed Merah. Le très motivé ministre de la Défense avait reporté la rencontre alors que les proches, qui vivent à Lyon, étaient déjà arrivés à Paris.


Respect !

mercredi 18 juillet 2012

Le pouvoir socialiste a lancé sa traque haineuse de la droite

Les socialistes impuissants détournent l'attention sur la droite 






Ce regard métallique exorbité
ne fait-il pas froid dans le dos ?







La famille Peugeot, ciblée par Montebourg 

La famille Peugeot s'indigne du procès instruit contre elle 
Elle dit avoir "toujours donné" priorité au groupe (PSA) premier actionnaire de PSA Peugeot Citroën et mise en cause par le gouvernement. "La famille Peugeot a toujours donné la priorité au développement du groupe et à sa stratégie, n’hésitant pas à diluer sa participation quand la situation le requérait", selon un communiqué de PSA Peugeot Citroën. "La famille Peugeot s’est toujours efforcée de suivre les opérations financières destinées à soutenir la stratégie du groupe", ajoute le communiqué, alors que le gouvernement s’interroge sur l’action de l’actionnaire historique du groupe. 

Mardi, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg a commencé à recevoir toutes les parties prenantes au dossier PSA, à commencer par les syndicats, mais multiplient en réalité les attaques contre la hiérarchie et la stratégie du groupe. Il a déclaré qu’il allait ..."inviter" la famille Peugeot   pour lui parler du pays et exiger en fait des explications. Résolument hostile, il désigne ainsi le responsable, selon lui, le principal actionnaire de PSA Peugeot Citroën: pas de présomption d'innocence pour les Peugeot ! "Je ne manquerai pas de les inviter au ministère pour que nous puissions en discuter", a lancé Montebourg, lors de la séance de questions au gouvernement.
A la CGT, dont l'objectif est "zéro licenciement" et "pas de fermeture d'usine", les amis communistes de Mélenchon se sont montrés moins confiants dans l'aide du gouvernement. 
"On ne peut compter que sur nous-mêmes", a réagi Jean-Pierre Mercier, délégué CGT. En annonçant 8.000 suppressions de postes, "PSA a mis la barre très haut pour obtenir ce qu'ils veulent. On va s'en tirer peut-être avec 6.000, 4.000, et cela ne nous satisfera pas", ajoute-t-il.

Mercredi matin sur France Inter, 
avant de rencontrer en fin d’après-midi, Philippe Varin, le président du directoire du groupe privéle redresseur improductif s'était un peu calmé, en apparence: "je veux savoir ce qu’il [l’actionnaire de référence] veut faire" dans ce groupe qui est un "symbole national". Le ministre socialiste en appelle au nationalisme: "  " la nation doit se rassembler autour du sauvetage et de la défense de Peugeot Citroën." Faut-il que le matamore soit dépassé !

Le ministre a aussi reproché à PSA d’avoir versé 250 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires, donc aux membres de la famille. 

Aucun dividende n’a été versé à la famille en 2009, 2010 et 2012, riposte le constructeur et en 2011 il s’est élevé à 78 millions d’euros, "à rapprocher des 133 millions d’euros investis" dans l’augmentation de capital. 

La famille dément aussi pratiquer l’évasion fiscale
Elle précise que tous les membres travaillant pour PSA "habitent en France et payent leurs impôts en France". Peut-on en dire autant de la dernière recrue du PSG dont les impôts sur le revenu sont payés par le ...club ! 

PSA Peugeot Citroën, premier constructeur automobile français, a provoqué une vive colère du gouvernement et des syndicats la semaine dernière en annonçant un plan de suppression de 8.000 postes et la fermeture programmée du site d’Aulnay-sous-Bois près de Paris. 

Les créateurs d'emploi et de richesse dans le collimateur socialiste

La famille Peugeot contrôle 25,4% du capital du constructeur et 38,1% des droits de vote via deux structures, Etablissements Peugeot Frères (EPF) et Société Foncière, Financière et de Participations (FFP). 

Les députés de la majorité agressent la droite

Dans la nuit de mardi à mercredi, le débat sur les heures supplémentaires a animé l'hémicycle. 

Jusqu'à provoquer des interruptions de séance. Ainsi, le président du groupe écologiste
François 
Goullet de Rugy, a-t-il critiqué le "Copé comedy club." Il a reproché à l'UMP d'être dans une stratégie d'opposante et c'est cet allié des ex-opposants socialistes qui considère que la nouvelle opposition fait de l'obstruction. Il n'a pas supporté les interventions de Jean-François Copé, Christian Jacob, Xavier Bertrand, Eric Woerth, Laurent Wauquiez  dans un débat qui vise à défaire ce qu'a fait le gouvernement Fillon. De Rugy avoua au passage que s'il avait lieu en séance de nuit, c'est que la majorité de gauche vertueuse spéculait sur le fait qu'il aurait moins d'écho médiatique.

J.-F. Copé dénonce la "haine, la morgue" de députés de la majorité 

Le secrétaire général de l’UMP a ainsi réagi sur BFM TV et RMC à l'attaque frontale du député écologiste, après les incidents qui se sont produits dans la nuit de mardi à mercredi à l’Assemblée nationale, a-t-il dit . Il était interrogé sur les propos de l'ancien adjoint au maire socialiste de Nantes, Jean-Marc Ayrault, et co-président du groupe écologiste François de Rugy, qui avait frontalement stigmatisé les "heures supplémentaires" de Jean-François Copé, dans un cabinet d’avocat d’affaires. 
VOIR et ENTENDRE  ce que le Nouvel Observateur, dirigé par Laurent Mouchard-Joffrin, appelle  le "clash entre Rugy et l'UMP à l'Assemblée" dans son montage maison et ...objectif:







Mais il existe une vidéo de l'agression caractérisée de François de Rugy pour rétablir la vérité.
VOIR et ENTENDRE une version non tronquée et non édulcorée du "stand-up" de l'écologiste de Rugy, en flagrant délit de réchauffement climatique   de surchauffe  mentale: 


La manipulation de l'opinion par la presse socialiste continue de plus belle.
Le député Rugy se fait finalement rappeler à l'ordre et à la décence par le président de séance. 

Le président des députés UMP, Christian Jacob, avait demandé des excuses publiques et la séance avait ensuite été levée. "C’est un propos de tribune qui est un peu sélectif puisqu’il (François de Rugy) s’est bien gardé de parler de son ami Noël Mamère (le député-maire de Bègles, en Gironde), qui est avocat également", a remarqué le responsable de l’UMP. 

Jean-François Copé s’est déclaré par ailleurs "très inquiet" devant les mesures du gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui "portent atteinte à la compétitivité de notre économie". 
"Jusqu’à quand on va nier les études qui montrent toutes sans exception que le coût du travail en France est plus important que dans d’autres pays, notamment l’Allemagne ?", a-t-il poursuivi. De nombreux pays européens "ont pris des mesures de réduction des finances publiques, comme nous l’avons fait, nous, et d’encouragement à la compétitivité. Attention. Ce que nous avions initié est systématiquement supprimé au nom de je ne sais quel anti-sarkozysme primaire", s’est-il aussi alarmé. 

"Calmons-nous. Vous avez tous les pouvoirs, vous avez tout gagné. Vous n’êtes donc plus à l’heure du règlement de comptes (…) Vous êtes à l’heure de prendre maintenant (…) des décisions courageuses. Je ne les vois pas venir", a-t-il conclu. 

Jean-François Copé a souhaité "une vague bleue" pour les municipales de 2014, "comme il y a eu une vague rose il y a un mois".