POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

samedi 27 mars 2010

Halde: Jeannette Bougrab, « sous-homme » président

La fin de l'ouverture a été fatale à Malek Boutih

Une rumeur sans fondement de plus

A quoi sert la Halde ? La question reste sans réponse, mais le machin a une nouveau président (lire PaSiDupes). Une désignation qui met les idées et les actes du gouvernement en adéquation.

Les rumeurs avaient un temps annoncé le socialiste Malek Boutih: c'était encore du n'importe quoi, et sans doute trop à la fois, s'agissant de la Halde. Mais, puisque cet organisme existe, les régionales ont eu cet effet positif que ce soit finalement une militante de l'UMP (ci-contre), Jeannette Bougrab, qui est depuis ce mercredi 24 à la présidence de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde). La propagande qui qualifie de tout-puissant le pouvoir présidentiel est ici encore prise en défaut, puisqu'avant de remplacer à cette fonction le socialiste Louis Schweitzer, la jeune femme doit être auditionnée par les commissions de l'Assemblée nationale et du Sénat.
En quittant son poste, début mars, Louis Schweitzer avait souligné que son successeur devrait être «engagé» dans la lutte contre les discriminations et avoir une «certaine notoriété» pour être entendu. Voeu en partie réalisé.

Ex-militante de SOS Racisme et candidate de l'UMP

Jeannette Bougrab, née dans la région de Chateauroux il y a 36 ans, est fille de parents harkis. Ses grands-parents ont été égorgés par le FLN en 1955 et son père est resté dans l'armée française jusqu'en 1967. Lire PaSiDupes

Professeur de droit, juriste au Conseil Constitutionnel, elle a été candidate de l'UMP aux législatives de juin 2007 dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Battue dans ce bastion de la gauche, elle a été nommée maître des requêtes au Conseil d'Etat en septembre de la même année.
Membre du conseil d’administration de l’Institut du monde arabe et du Conseil d'analyse de la société, elle défend des positions progressistes, notamment en faveur du mariage homosexuel et de l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. Militante de SOS Racisme lorsqu'elle était plus jeune, elle se montre réservée sur la notion de discrimination positive. Dans un rapport à l'UMP sur «Les Discriminations dans l’accès au marché de l’emploi», elle a indiqué lui préférer la notion de «mobilisation positive».
Auparavant, Jeannette Bougrab avait été la benjamine du Haut Conseil à l'intégration installé par Jean-Pierre Raffarin, lequel était Premier ministre d'ouverture à la création de le Halde.

Fin de la polémique autour de Malek Boutih

  • Cette nomination clôt la polémique née début mars autour de la succession de Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet du socialiste Laurent Fabius à Matignon, installé en 2004 par un premier ministre UMP...
  • En 2010, les socialistes refusent à Gérard Longuet la liberté d'expression. Le patron des sénateurs UMP avait eu l'outrecuidance d'estimer qu'il valait mieux nommer quelqu'un du « corps français traditionnel » plutôt que le socialiste Malek Boutih, qu'avec insistance la presse intéressée cherchait à imposer. Tous les moyens sont bons au "quatrième pouvoir" pour monter sur le podium...

    Malgré la démagogie de l'indignation politicienne des vertueux de profession
    , Gérard Longuet avait adressé ses excuses à Malek Boutih. A gauche, on se serait satisfait de regrets ! (lire PaSiDupes) Reste que dans les rangs de la majorité présidentielle, certains estimèrent que la franchise est maladroite, quoi que disent les faits têtus. Nul ne peut les ignorer et l'esprit sincère les nier, mais c'est sans compter avec les chasseurs de déni, les négationnistes les plus forcénés, les béats de l'époque stalinienne.
    Depuis les nominations de Michel Charasse au Conseil Constitutionnel et de Didier Migaud à la Cour des Comptes, celle de Malek Boutih à la Halde serait apparue comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase de l’ouverture. Les amateurs de bonne parité vertueuse de gauche ne se sont pas davantage extasiés pour la présidente de la Halde que pour celles des régions... Quant aux progressistes féministes, elles-mêmes ont réussi à contrôler leur enthousiasme.

    "Mon père a la Légion d'honneur, et on le traite de sale Arabe"

    Au cours de la campagne de 2007 pour les législatives, Jeannette Bougrab expliqua avoir "le même passé que les jeunes issus de l'immigration". Les problèmes de discrimination, elle connaît donc. "Mon père a la Légion d'honneur, et on le traite de "sale Arabe." Son frère, militaire, s'est quant à lui fait "refuser l'entrée d'une boîte de nuit à cause de sa tête"... "Vous ne trouvez pas cela révoltant ?" s'insurgeait-elle à l'époque, loin sans doute d'imaginer qu'elle prendrait un jour la tête d'une autorité de plus en charge de lutter contre ce genre de ségrégation et qui donne bonne conscience depuis décembre 2004.

    Une femme dédiée et compétente

    Nicolas Sarkozy n'a été inspiré d'aucune préoccupation médiatique. Il a donc préféré nommer une quasi-inconnue plutôt que Malek Boutih (43 ans), un temps pressenti pour prendre la tête de l'institution. Pierre Mazeaud, alors au Conseil Constitutionnel, confiait : "C'est une juriste de très grande qualité", auteur d'un rapport sur "les discriminations dans l'accès au marché de l'emploi". Le socialiste Georges Frêche appréciera-t-il cette nomination qui heurte son histoire et son idéologie. Lire PaSiDupes
    Autre lien vers ce personnage


  • 2009 -Largentière, Ardèche
    Dépôt de gerbe au monument dédié aux Harkis, par Monsieur le Sous-Préfet

    vendredi 26 mars 2010

    Philippe Bilger, avocat de la liberté d'expression

    Ou la démocratie menacée par la pensée dominante
    La gauche et la chasse aux sorcières

    Une opposition politique n'est que rarement objective, mais la version française, particulièrement affligeante depuis la campagne présidentielle amorcée en 2006, est passée, à la faveur de son succès régional de mars 2010, du stade amer et polémique de la récrimination systématique au degré intolérable de la censure totalitaire.
    Les journalistes et les media, au sens large et relâché, n'ont jamais manqué d'abuser de ces deux acquis exorbitants que sont la liberté de la presse et la liberté d'expression. Non élus et non représentatifs, ces démocrates auto-proclamés en sont en outre les propriétaires exclusifs et souverains, tandis que d'autres, les magistrats ou les policiers, sont astreints au devoir de réserve (ou ce qu'il en reste encore), et sont soumis à un conseil supérieur, un ordre ou un ministre. Mieux, des syndicats, associations et réseaux improbables les parent de toute critique, reproche et sanction. Ceux-là mêmes qui s'érigent en juges des gouvernants et des élus, qu'il s'agisse de leurs actions, telles les niches fiscales, ou de leurs personnes, tels Rachida Dati ou Eric Besson, jouissent donc du privilège d'ancien régime -pardon, soviétique- de l'agression, qu'on l'appelle campagne, rumeur ou lynchage médiatique, mais aussi de l'absolue impunité. Ces journalistes aux formations, capacités et fulgurances incertaines adhèrent de surcroît à un cercle de type mafieux, fait de solidarités et d'allégeances plus évidentes que leur supposées objectivité ou insolence. Pour donner du poids à leurs démonstrations charges, invectives et oukases, ils se déplacent en groupe sur les plateaux de télévision et apparaissent les coudes serrés dans les débats: ainsi, Gérard Miller et Frédéric Bonnaud, le Laurel maoiste et le Hardy anarchiste, laminent-ils, régulièrement les invités de Guillaume Durand, modérateur de fortune. Ensemble, ils désignent les déviants à la vindicte populaire et les vouent à la géhenne éternelle de l'opinion. Ces clercs vertueux et sévères ne recommandent ni la prévention, ni ne reconnaissent la présomption d'innocence, ni ne pratiquent la tolérance. Moines missionnaires, ils parcourent les radios, les télévisions et les salles de rédactions, en croisade perpétuelle. Ces chevaliers pointent l'Inquisition mais appartiennent à un clergé dont les croisés, laïcs et sectaires, vénèrent un maître commun: la pensée unique.

    Combien de détenteurs-corrupteurs de la liberté de la presse ne sont-ils pas des usurpateurs ?

    Malgré leurs excès, leurs menaces et leurs méfaits, nul pourtant ne leur conteste vraiment ce privilège, tout unique, inégalitaire et peu citoyen soit-il. Ils s'en disent les garants, mais n'en sont que les dépositaires souvent indignes, puisqu'ils ont détourné cet instrument de pouvoir pour en faire un moyen d'
    oppression idéologique et de manipulation de l'opinion. La liberté d'expression n'appartient en vérité qu'au peuple qui n'a jamais cédé les droits sur son bien. Considérant les dérives successives et les atteintes à la liberté d'expression, la question se pose du rétablissement du peuple souverain dans ses droits. Ce pouvoir est-il resté à son rang de quatrième ? Subalterne, n'a-t-il pas néanmoins outrepassé tel ou tel? Le peuple doit donc retrouver sa souveraineté qu'il n'a jamais déléguée à quiconque il n'a pas élu.

    Quand la liberté de la presse opprime la liberté d'expression
    Force est de constater que le quatrième pouvoir n'est pas dévoyé seulement pas ses journalistes. Certains dessins politiques et leurs auteurs ont traversé les siècles, alors qu'ils ne passent plus guère l'année aujourdhui. Les premiers ont installé leur réputation sur la qualité que le temps a patinée. Malgré les techniques nouvelles de conservation et de reproduction, leurs successeurs se satisfont médiocrité et d'éphémère, qu'ils soient fondés sur la superficialité, la provocation ou la vulgarité, mais plus sûrement des trois.
    Des humoristes qu'ils apprécient, tolèrent ou ne connaissent que par les scandales qu'ils suscitent, nos contemporains les plus inconséquents ou veules n'attendent plus ni réflexion approfondie, ni drôlerie de bon aloi. Il suffit que le crayon ou leurs propos les surprennent et les défoulent de tout ce qu'ils n'ont pas osé déverser au boulot ou au volant ou la morale l'interdit: la radio et la télévision sont au mieux devenus des poubelles thérapeutiques. Qu'ils soient secs ou gras, baveux ou tranchants, leurs outils médiatiques sont réduits à autant d'exutoires du quotidien aussi mesquin soit-il. Ils ne donnent plus à penser et n'aspirent donc plus à faire accéder la masse aux causes les plus hautes, mais à satisfaire leurs rancoeurs et bassesses ordinaires. Qu'ont-ils fait des exigences de justice et de respect qui les justifiaient dans leur tâche ? L'esprit français et l'humour britannique n'étaient-ils pas jusqu'ici plus respectables ? Le sont-ils encore autant que par le passé ou sont-ils entrés dans la catégorie des espèces en voie d'extinction ? Ainsi, le besogneux Stéphane Guillon serait-il prisé au-delà du quartier bobo (?) du Marais, jusqu'au Japon, qu'on le rangerait dans la catégorie du « thon rouge ». Non pas rouge révolutionnaire, mais rouge de folie furieuse, rouge de la honte qu'il inspire, sauf à être « vertueux » de gauche.

    Journalistes et humoristes dignes de ce nom étaient jusqu'ici plus ou moins justifiés par le besoin réel ou imaginaire qu'aurait la démocratie d'être défendue. Or, entre autres interrogations, on ne s'est guère posé de questions sur la qualité de ses défenseurs. Pour assurer une telle mission républicaine de salut public, les garanties semblent souvent bien minces et mériteraient d'être scrutées.
    La noblesse de l'opposition et de sa presse militante consiste d'ailleurs à lutter essentiellement contre les combattants de la crise plutôt que de se liguer contre elle. La vaine recherche des propositions de l'opposition a fini par lasser. La gauche en panne d'idées qui ne soient pas des négatifs harcèle le gouvernement et défigure ses propositions. A défaut, ou de surcroît, les partis et la media dévots consacrent toute leur énergie négative à l'interprétation des déclarations adverses, voire à la rumeur. A ce niveau, les Guillon font l'affaire... Cette dissection pointilleuse, et sans garantie d'asepsie, par des "décrypteurs"-maquilleurs-enfumeurs, chaque matin à jeûn, produit des gastro-polémiques en nombre, contre lesquels les doses de vaccins de la grippe A-H1NI auraient pu se trouver employées, si la pandémie de la polémique avait été correctement identifiée.

    Philippe Bilger -plus dignement- s'est inscrit en faux contre cet état de fait.

    La dictature de la gauche coalisée est une menace pour la liberté d'expression des citoyens, dont la liberté de la presse n'est qu'une émanation autorisée, mais dépendante et seconde.
    Voici son article publié sur
    son blog intitulé « Justice au singulier"

    Eric Zemmour ou le trublion officiel


    Si Eric Zemmour n'existait pas, il faudrait l'inventer, il manquerait chaque jour à notre univers médiatique.
    Il a encore frappé et, comme il l'espérait sans doute, des foudres judiciaires sont annoncées et on a même saisi, couronnement suprême, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) de son cas.
    Dans deux émissions : Salut les terriens sur Canal + et L'Hebdo sur France O, Eric Zemmour a soutenu que "les français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. C'est un fait" (nouvelobs.com).
    Levée de boucliers. Indignation. Morale brandie. Quelle honte ! Consensus de la dénonciation. En réalité, du vent.
    En effet, je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce "fait", la justesse de cette intuition qui, aujourd'hui, confirment un mouvement né il y a quelques années. Tous les noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. Je précise car rien dans ce domaine n'est inutile : qu'il y ait aussi des "trafiquants" ni noirs ni arabes est une évidence et ne me rend pas plus complaisant à leur égard. Il n'est point besoin d'aller chercher des consolations dans les statistiques officielles dont la finalité presque exclusive est de masquer ce qui crève les yeux et l'esprit si on accepte de regarder.
    Je regrette qu'Alain Jakubowicz, président de la Licra et personnalité de valeur, ait décidé de poursuivre pour ces propos Eric Zemmour et qu'il ait ajouté que ce dernier avait franchi "un cran". Je regrette que Rachid Arhab, du CSA, se soit égaré en répliquant à Eric Zemmour qu'il était "arabe, pas trafiquant mais au CSA", comme si ce dernier avait été assez stupide pour généraliser absurdement sa perception. Nous sommes tous très heureux que Rachid Arhab soit au CSA mais précisément parce qu'il n'est jamais tombé dans les travers dénoncés par Zemmour.
    La Licra, le MRAP et, avec retard, le CRAN ont invité le CSA à réfléchir sur les "dérapages" d'Eric Zemmour, comme si d'une part ceux-ci méritaient d'être qualifiés ainsi et que d'autre part un éventuel avertissement à Eric Zemmour pouvait avoir un autre effet que d'amplifier le caractère infiniment "porteur" du soufre relatif distillé à intervalles réguliers par ce polémiste.
    En réalité - et ce n'est pas la première fois -, personne n'a pris la peine d'examiner le fond du propos. L'indignation quasi unanime n'a donc pas été suscitée par la teneur de l'appréciation ni son éventuelle vérité ou fausseté mais par le simple fait qu'Eric Zemmour avait OSE DIRE cela. Comment quelqu'un avait-il pu aborder de front une telle matière sans prendre les précautions d'usage et en n'ayant pour obsession que de rendre acceptable par et pour tous ce que la nudité cruelle de l'exactitude précisément n'aurait pas permis ! Eric Zemmour n'est pas en tort pour avoir exprimé ce qu'il a déclaré mais pour s'être affranchi de la censure qui interdisait d'aborder clairement un tel sujet. Il doit être puni pour cause d'audace et non pour mensonge. Il n'a pas franchi "un cran" mais dépassé une ligne que la bienséance et l'hypocrisie considèrent comme absolue.
    Qu'Eric Zemmour ne se rassure pas trop vite : d'autres dangers le guettent, dont Renaud Dély, dans Marianne, a pointé le principal dans un lucide portrait. Celui d'être aujourd'hui "ingurgité", absorbé par le système qu'il prétend subvertir grâce à une parole libre et apparemment inconoclaste. En effet, Eric Zemmour est devenu "un trublion officiel", "un fou des médias" comme il y a eu des "fous du roi", avec cette conséquence subtile mais perceptible qu'un léger contentement de soi semble l'habiter (Voici). De plus en plus, il y a dans sa démarche une alliance contradictoire entre une aspiration affichée au dialogue et un ton péremptoire. La liberté de pensée qu'heureusement il s'octroie ne va plus tout à fait jusqu'à supporter celle des autres. Dorénavant il s'écoute plus qu'il n'écoute, trop facilement ravi par sa propre mécanique. J'avais perçu des indices de cette solitude satisfaite, dans sa volonté à plusieurs reprises de "judiciariser" les réactions d'autrui quand il les estimait intolérables. Il se serait honoré, à mon sens, en les prenant pour l'inévitable rançon d'une expression qui ne s'assignait pas de limites. Attention, danger !
    D'autant plus que ce n'est pas lui qui a gagné. Eric Naulleau, moins omniprésent, est plus épargné mais tout de même affecté par cette défaite. Comme il était prévisible à la longue, l'hilarité promotionnelle de Laurent Ruquier, sur France 2, a étouffé le miracle de ces deux intelligences caustiques et souvent pertinentes qui croyaient pouvoir réaliser ce rêve d'une télévision digne et vraie au milieu d'un océan de rires et de saillies programmés, d'hyperboles ridicules. Le bas, à force, s'approprie le haut et le dénature.
    A mon sens, Eric Zemmour est à la croisée des chemins. Aujourd'hui, son discours et ses écrits - c'est le risque fondamental de la liberté : si elle se répète, elle meurt - sont marqués du sceau du prévisible. On peut les imaginer par avance parce que "le style Zemmour" est devenu une sorte de marque déposée. Mais rien ne vaut la modestie d'une parole qui se cherche, s'invente et parfois même s'étonne. Rien ne vaut les jaillissements de l'imprévisible, les surgissements d'une pensée capable, quand il le faut, de se battre autant contre elle-même que contre les opinions majoritaires, les surprises qu'une personnalité veut bien offrir à ceux qui ont besoin d'elle dans un monde planifié.
    A l'évidence, pour et par toutes les bonnes consciences avides de stéréotypes. Qu'au moins les esprits libres tentent d'échapper à cette malédiction !
    ________________________________________________________
    Tout a été dit, grâce à la multitude de réponses, sur ce billet consacré à Eric Zemmour. Aussi vous me pardonnerez d'estimer que le débat est clos et donc de fermer l'accès aux commentaires sur ce post précis. Pas de censure, juste un afflux impossible à gérer sauf à y passer jour et nuit.

    D'autres lectures invitent à la réflexion et au retour à la raison
    Lien à placer parmi vos favoris

    jeudi 25 mars 2010

    Qui paie les dégâts sur le trajet des défilés syndicaux ?

    Les syndicats sont-ils au-dessus des lois ?
    Les contribuables doivent-ils payer ce prix aux syndicats ?

    Cas souvent abordé et réglé à l'avantage des casseurs

    Notre sujet n'est pas ici celui du financement des syndicats par l'Etat -et les contribuables: il mérite un traitement séparé plus approfondi.


    Au XXIe siècle, les suites de grèves violentes à la Zola (lien
    ) sont douces aux responsables et à leur main d'oeuvre syndicaux.

    A titre d'exemple, la CGT a estimé en février 2010 que, "même atténuées", les condamnations à des peines d'amende de six ouvriers de l'usine Continental de Clairoix (Oise) pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en 2009, n'étaient "pas acceptables". Le délégué syndical CGT de Continental-Clairoix, Xavier Mathieu (ci-contre), réclamait la relaxe.
    En première instance, la bande des six avait reçu des peines de deux à cinq mois de prison avec sursis pour le saccage d'un lieu symbolique de l'autorité républicaine. En appel, c'est une "justice de classe" qui les a condamnés à de simples peines d'amendes de 2000 à 4000 euros.

    Certaines pollutions ne font pas polémique chez les Verts


    Pollution de l'environnement et nettoiement du trajet des cortèges

    Bien d'autres comportements illégaux ne sont pas sanctionnés

    Métier, ou activité syndicale, à risque ?


    Risquer l'intoxication en brûlant des produits industriels dangereux, tels des pneus et des files entières de véhicules, lors de manifestations sur la voie publique, constitue une menace pour la sécurité mais aussi pour la santé publiques et singulièrement celles des "jeunes" enfants (comme disent les démagos), des personnes âgées (espèce envahissante) et de toutes celles qui rencontrent des problèmes respiratoires (population coûteuse).
    C'est bon pour la planète, c'est bon, c'est bon, bon...
    Les Verts travaillent-ils à l'extinction de l'espèce humaine, les écolos servent-ils le règne animal et Daniel Cohn-Bendit compte-il établir Europe Ecologie aux commandes de la planète des singes ?

    Pourquoi les Préfets ne portent-ils pas plainte pour de telles pollutions et atteintes à la santé ? Il en est de même quand des militants de Sud enflamment des torches qui polluent l'air des rues de leurs fumées toxiques.

    Les effectifs de personnels communaux sont-ils suffisants

    Certaines municipalités se déclarent dans l'impossibilité d'assurer le service minimum dans les écoles dont elles ont la charge.
    Elles ne disposent pas des personnels compétents suffisants, arguent-elles, prenant ainsi les enfants et leurs mamans à chaque mouvement syndical mensuel.

    Qu'en est-il des services de nettoiement municipaux chargés de la remise en état de la ville sur les passages des défilés ? Les effectifs sont-ils disponibles, les personnels -souvent immigrés- assez compétents et les budgets suffisants ?

    L'augmentation des impôts locaux est-elle au moins pour partie consécutive du rythme soutenu des actions et mouvements, défilés et cortèges organisés, chaque mois, avec une détermination que la crise ne semble pas entamer.




    Scène de rue à Toulouse



    Les choix budgétaires qui permettent de faire face à ce gaspillage, ne devraient-ils pas être reconsidérés, dans le respect des difficultés personnelles des contribuables, que les organisations syndicales s'accordent suffisamment à qualifier de durables et injustes ?



    Dans le 18e de Paris et à en croire la photo, les employés sont tout ce qu'il y a de plus européens...

    mercredi 24 mars 2010

    Désirdavenir Royal, abstentionniste du PS

    Ici et nulle part pour être visible

    La fin du scrutin des régionales marque le retour de Sa Cynique Majesté Royal sur la scène politique nationale


    Visiblement, au PS, on lève les yeux au ciel en feignant d'oublier les critiques virulentes de l'amère Royal après 2007 à l’égard de certaines propositions socialistes qu’elle avait snobées puis portées pour ainsi dire « à l’insu de son plein gré »…

    Les picto-charentais ne vont plus beaucoup l'entendre et ne la verront plus qu'à la télé: une grande date ! Là encore, Martine Aubry, son Premier secrétaire, préfère temporiser et pratiquer l'ouverture d'esprit à l’égard de celle qui va redevenir une épine dans le pied de quelques-uns: « J’ai toujours dit qu’elle avait un statut à part », lâche la Ch'tite Aubry. Selon elle, l'amère de Melle ne sort pas du lot: l'évocation de son échec de 2007 vient droit du coeur: « C’est notre ancienne candidate à la présidence de la République, donc elle se situe un peu au-delà de nous si je puis dire, un peu en-dehors de nous ». Et son trop-plein de coeur de déborder: « J’attends toujours que Ségolène vienne au cœur du Parti socialiste : elle a toute sa place et elle le sait très bien. »
    VOIR et ENTENDRE


    Confirmation d'une précédente déclaration de la maire de Lille qui a une fâcheuse tendance à effacer sa rivale de sa mémoire. Et de l'achever.
    REVOIR et REENTENDRE



    Egalement cet article de PaSiDupes

    En démocratie picto-charentaise, la presse passe avant le parti

    Les 18 présidents de région socialistes se sont réunis mardi au siège du PS pour la photo de famille traditionnelle. Mais sans l'amère Royal. Cette absence n'a pas gâté la fête: Martine Aubry, qui n'était pas en compétition, était tout sourire.


    La présidente sortante de la région Poitou-Charentes, restée obnubilée par sa région pendant la campagne, n'y a pas vraiment brillé, considérant en particulier son statut de candidate de la gauche à la présidentielle, de triste mémoire. Ses 39% n'ont en outre impressionné personne et certainement pas Alain Rousset ou Martin Malvy. L'amère Royal en aurait-elle pris ombrage ?...

    Si l'amère Royal a fait faux bond à la patronne socialiste malgré sa cordiale invitation, c'est une habitude de courtoisie naturelle. Lire PaSiDupes

    La marginale préparait son apparition au journal de 20 h 00 de TF1.

    La priorité était à la brigade de coiffeurs et d'esthéticiennes.
    Une intervention télévisée au cours de laquelle elle n'a pas vraiment clarifié ni son positionnement ni sa stratégie. "Je peux être candidate à l'élection présidentielle (...) mais je peux aussi ne pas l'être", a-t-elle révélé avant de constater qu'à l'heure actuelle elle n'était "pas candidate". Sa Cynique Majesté Royal aura apprécié que la télévision privée n'était pas frappée par la grève comme l'était le service public.

    Elle « veut prendre le temps de bien préparer » son intervention télévisée, avait argué son porte-parole.
    La boudeuse a assuré au 20 heures de TF1 qu’elle n’avait « pas boudé » cette réunion, estimant qu’il y aurait d'«autres occasions de faire des photos ». A la télévision ?


    Ses confrères n'en peuvent plus d'elle

    Elle devait ensuite participer au dîner des présidents de région, prévu initialement dans un restaurant parisien, mais qui devait avoir lieu ailleurs pour échapper à la curiosité des journalistes.

    La patronne du PS avait prévenu qu'un autre engagement l'empêcherait de participer à ce dîner, mais qu'Harlem Désir, numéro deux du PS, la représenterait.
    Accueillis devant les grilles de Solferino par une nuée de journalistes les pressant de commenter l’absence de l’ex-candidate à la présidentielle, certains présidents manifestèrent leur irritation.

    Le PS et les Verts font de la résistance à Europe Ecologie

    La « coopérative politique » de Cohn-Bendit n'est pas promise à un développement durable

    Ni rassemblés, ni solidaires, le PS et les Verts ne sont pas très chaleureux !

    Dimanche soir, Martine Aubry s'était félicitée d'avoir mis « le joli mot d'union au coeur de la gauche ». Pourtant l'idée de Daniel Cohn-Bendit de les rassembler dans une même «coopérative politique» laisse les socialistes et Verts le coeur froid.
    Au lendemain des élections régionales, ceraines volontés sont déjà tendues vers 2012 mais les coeurs de la gauche ne battent visiblement pas à l'unisson. Tiendront-ils jusque là ?


    Un politologue prend l'opinion en otage

    «L'alliance pour la présidentielle s'annonce plus compliquée que pour les régionales», concède Rémi Lefebvre, bombardé « politologue » pour les besoins de la cause, mais qui n'est en fait que professeur de sciences politiques à l’université de ...Reims et chercheur au CERAPS de ...Lille 2. Sa thèse sur le socialisme municipal reste d'ailleurs à paraître. Son argument choc, bien que non démontré: «Pour autant, les deux partis n'ont pas intérêt à casser cette dynamique parce que l'opinion y est très favorable. Au PS de régler cette future alliance assez vite
    Tandis que les socialistes se disputent le bout de gras et les commissions avec les uns et les autres, Europe écologie et son chef de file Daniel Cohn-Bendit sont déjà en ordre de marche pour 2012.


    Profiter de la dynamique des régionales

    Tandis que le PS et les Verts en sont donc encore aux tirs aux buts à la suite des deux mi-temps des régionales, Europe Ecologie s'échauffe pour le match suivant. Le meneur écologiste cherche à surfer sur les rancunes qui ont succédé à la belle union d'entre les deux tours et à tirer avantage des différends qui ont divisé les avides de pouvoir. Son «appel du 22 mars» prétend prolonger la magie mise en scène pour les électeurs naïfs. « Il veut profiter de la dynamique des régionales avant que la routine des partis et les contraintes qui vont avec ne reviennent», assure le 'politologue'.
    Toutefois, les réactions de Martine Aubry et de Cécile Duflot à la «coopérative politique» de Daniel Cohn-Bendit le contredisent et font craindre que le PS et les Verts aient sifflé la fin de la rencontre amicale du 21 mars.

    => Pour la première secrétaire du PS, cette proposition intervient «un peu tôt»: « Nous devons d'abord en discuter ensemble et puis la décision, elle appartient aux Verts ». On ne déplace pas les vieux meubles sans ménagements.

    => Du côté des Verts justement, l'accueil de «l'appel du 22 mars» est également mitigé. «C'est une bonne idée », a jugé Cécile Duflot ce lundi pour Canal+, mais la secrétaire nationale des Verts a prévenu le meneur d'Europe écologie que «ça va peut-être être compliqué, mais ce n'est pas obligé que ça se passe mal».

    L'immobilisme passé des régions socialistes n'était donc rien comparé à la période de glaciation que va traverser la gauche.
    De fortes dépressions traverseront deouis dimanche soir le ciel des régions pour gagner l'ensemble du territoire. Elles pourraient être accompagnées de forts orages de chaleur donnant passagèrement l'illusion d'un réchauffement climatique.
    Cécile Duflot entend en effet garder la bride sur les Verts.

    Elle pourrait aussi très bien se braquer face au contre-pouvoir «assez hostile» que lui oppose Daniel Cohn-Bendit. Il s'est en effet donné pour objectif de «liquider le noyau dur Verts traditionnel » pour faire passer son idée de candidature unique en 2012.

    Les contre-pouvoirs qui menacent la gauche comme la droite

    Michel Vauzelle, le président chenu de PACA, ne brigue pas seulement la présidence de l'Association des Régions de France (ARF) où une nouvelle Sylvie Andrieux serait pourtant du plus mauvais effet (Lire PaSiDupes). Non! Bien qu'élu avec l'un des plus faibles scores (43%, contre 56% à Alain Rousset, sortant, ou 67,7% à Bertrand Malvy en Midi-Pyrénées), le matamore s'oppose aussi à ITER pour envoyer aux présidents de région un signal viril. C'est une velléité de contre-pouvoir, mais surtout un reniement, puisqu'il refuse de mettre la main à la poche en cas de dépassement. Après avoir réclamé son implantation sur sa région, l'otage des Verts a bonne mine.

    Le PS ouvrira-t-il ses primaires aux écologistes ?

    Les deux secrétaires nationales ne s'inscrivent pas seulement dans une logique de positionnement et de maîtrise du calendrier. Si les mots ont un sens, elles seraient passées d'un faux-semblant de fusion à un risque réél d'anéantissement dans le piège de la coopération. Seul Dany-le-rouge sait ce que recouvre cette notion de « coopération » et il prépare les appâts qui prendront les souris.

    Si « rassemblée et solidaire » qu'elle puisse être, la gauche est très diverse et les laissés-pour-compte du Front de gauche pourraient être tentés par un coup de boule surprise.

    La France décomposée des régions

    Photo de famille, socialiste et consanguine
    L'une des 14 personnalités présentes (sur 26)
    n'est pas présidente de région


    PaSiDupes a envisagé quelques-uns des points de rupture entre PS et Europe Ecologie. D'autres restent à venir...

    La famille socialiste n'est ni solidaire ni rassemblée

    Première épreuve: donner un nom à chacun de ces visages

    Une minorité de Français les a placés à la tête des régions sans avoir jamais vu leurs têtes. Sans vouloir blesser les egos de ces messieurs (car le PS n'a pas fait de zèle sur la parité en matière de présidence de région: 1 seule sur 26 !...), une majorité d'entre ces minoritaires serait donc bien incapable de reconnaître son président ! Il a quatre ans pour parvenir à sortir de son anonymat et de son immobilisme: allons, bon courage !

    A défaut, cette photo peut servir de défouloir: tous les objets ne sont pas autorisés (les contondants sont proscrits, exceptions faite des faux de faucheurs: un juste retour des choses !)


    Exceptionnellement, vous pouvez toujours ressortir vos épingles. Rappelez-vous, celles qui ont eu un certain succès avec la vente de poupées vaudous: il est temps de les amortir (quatre ans, pour mémoire, suffiront-ils ?...)
    Seconde épreuve: nommer les absents

    Si personne, selon vous, ne manque sur la photo, vous êtes excusable.
    PaSiDupes ne peut vous aider à rectifier : pour nous personne n'est indispensable...

    Les Verts, OGM menaçant quatre régions

    « Rassemblés et solidaires », mais le PS aimerait les faucher

    PaSiDupes avait déjà pointé les sujets de désunion PS-Europe Ecologie en régions

    Le contre-pouvoir s'exercera d'abord en interne, entre camarades "rassemblés et solidaires", selon Aubry

    · En Rhône-Alpes
    Europe Ecologie (EE), qui remporte 37 sièges sur 157, disposera dans l'exécutif du socialiste Jean-Jack Queyranne, de 6 vice-présidences sur 15, dans des secteurs qui pourraient être l'aménagement du territoire, les énergies renouvelables, la santé, l'environnement ou encore l'emploi et la formation. « Nous avons acté nos sujets de désaccord pour lesquels nous garderons notre liberté de manoeuvre et de vote », indique Philippe Meirieu (lien PaSiDupes , mise en garde) qui conduisait la liste EE. Parmi les divergences figurent
    - les nanotechnologies,
    - pôle d'excellence de Grenoble jusque-là fortement soutenu par le Conseil Régional,
    - le projet de la gare TGV d'Allan entre Valence et Avignon
    - et la formation dans le nucléaire.

    · En Bretagne
    Avec 52 sièges sur 83, la majorité des socialistes et de leurs alliés est assez forte pour les dispenser, au moins à court terme, d'un accord avec EE (11 sièges). Victorieux, le socialiste Jean-Yves Le Drian a plaidé l'union dès le premier tour et accueilli sur sa liste 6 dissidents Verts, tous élus et dont l'un devrait obtenir une vice-présidence. De son côté, Guy Hascoët, tête de liste d'EE, a regroupé 17,37 % des suffrages et fait entrer 11 Verts dans la nouvelle assemblée. Demandeur de « dialogue » et de « respect », il veut s'inscrire dans une opposition « constructive » en espérant « plus de synergie et une réelle dynamique politique ». Il est probable que les socialistes et les élus EE s'opposent sur la question des algues vertes, les premiers n'entendant pas sacrifier l'agriculture que les seconds veulent faire évoluer vers un autre modèle.

    · Dans les Pays de la Loire
    Rallié au second tour à la liste de Jacques Auxiette (PS), en dépit du différend sur le projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes, EE se renforce dans la majorité régionale avec 18 sièges contre 13 auparavant, l'alliance totalisant 63 sièges sur 93. Le parti écologiste, qui a négocié quatre vice-présidences, s'intéresse de près aux questions économiques. « Notre priorité, c'est la réponse à la crise et la transformation écologiste de l'économie, il y a là un vrai enjeu de conversion », affirme Jean-Philippe Magnen, tête de liste d'EE. Selon lui, plus de 40.000 emplois peuvent être maintenus ou créés grâce à cette mutation environnementale. Parmi les points de friction, il cite
    - l'agriculture,
    - la conversion d'exploitations aux pratiques raisonnées ou bio,
    - mais aussi des secteurs comme la navale et ses évolutions possibles vers les énergies marines renouvelables.

    · En Ile-de-France
    Europe Ecologie aura quelque 50 sièges, contre 29 dans l'assemblée sortante, sur 209, face à 74 élus socialistes (65 en 2004). « Cela nous permet de dégager un rapport de force intéressant », note un proche des Verts. « Nous avions indiqué qu'il serait logique que nous détenions au moins un des portefeuilles importants comme le développement économique, les transports ou le logement. » Le nom de Jean-Vincent Placé circule avec insistance pour prendre une vice-présidence. La présidence du groupe a peu de chances d'échapper à Cécile Duflot.

    N.B. En PACA, Michel Vauzelle a déjà viré sa cuti sur ITER
    Maquette du site d'Iter


    A l'Assemblé Nationale, le Président socialiste de région a d'ores et déjà laissé entendre son intention de renier ses engagements avec le gouvernement (lire PaSiDupes), pris lorsqu'il s'agissait d'obtenir l'implantation d'ITER dans sa région (à Cadarache), plutôt qu'au Japon. Une fois réélu (pour un nouveau bail de 4 ans, après 12) Michel Vauzelle n'a plus de parole.

    François Fillon a bondi à l'annonce de cette désertion.
    Un autre effet de l'aliénation socialiste aux Verts

    Paca : Le Pen président de la région PACA

    Le président du FN présidera la séance inaugurale du Conseil Régional
    Jean-Marie Le Pen jubilait mardi 23, en commentant le score de son parti aux régionales
    11,42% au premier tour et 17,81% en moyenne au second dans les douze régions où il avait pu se maintenir. «J'ai un peu retrouvé l'atmosphère de ma campagne présidentielle de 2002.» Jean-Marie Le Pen, pour sa part, a respectivement obtenu 20,27% et 22,87% aux deux tours de scrutin en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

    Comble de satisfaction, le président du FN présidera la séance inaugurale du Conseil Régional vendredi, à Marseille.

    Né en 1928, c'est en sa qualité de doyen d'âge, qu'il exercera cette fonction, puisque Michel Vauzelle devrait se voir reconduit à la tête de la région pour la 3e fois.
    Le président frontiste vit toutefois cette situation comme une petite revanche. Au printemps 2009, le Parlement européen avait modifié son règlement intérieur pour l'empêcher de présider la séance inaugurale après les élections européennes du 7 juin dans l'hypothèse où il serait alors le doyen d'âge.
    Aussi le président du FN est-il bien décidé à se faire plaisir vendredi, si les démocrates régionaux lui en laissent le loisir. «Je vais prononcer un discours, même si les élus de gauche vont sans doute quitter la salle pendant mon allocution», confie-t-il en marge de sa conférence de presse.

    Les sondeurs lui avaient asséché les financements

    Savourant les résultats des régionales comme un grand cru, Jean-Marie Le Pen a assuré qu'il avait annoncé «trois semaines avant le premier tour» que le FN «dépasserait les 10% au plan national» et que lui-même «atteindrait 20% en Provence-Alpes-Côte d'Azur». Ses pronostics avaient été contrecarrés par les sondeurs qui avaient minimisé les intentions de vote pour siphonner l'arrivée d'argent frais au FN. Au cours de la campagne, les commentateurs se sont donc montrés fort sceptiques devant les prédictions de Jean-Marie Le Pen, qui apparu d'autant plus hâbleur. Les électeurs qui auront donc apporté leurs voix au FN avaient donc la foi...

    «J'avais senti le succès venir tout au long de la campagne», affirme le président du FN. Il a attribué son score à «la rancœur envers Nicolas Sarkozy» . Résolu à savourer son succès, l'ancien candidat à l'Élysée n'épargne certes pas Nicolas Sarkozy et «à l'islamisation, l'insécurité et le chômage», mais invoque des raisons plus personnelles. « Je suis un des Français les plus connus. Ma notoriété approche les 100%. Une famille africaine est venue me saluer avec sympathie dans la rue », évoque le président du FN. « C'est un signe qui ne trompe pas. Je fais partie du patrimoine politique français » , observe l'homme qui fut élu député pour la première fois en janvier 1956.

    Présente à ses côtés, Marine Le Pen, vice-présidente du FN, accuse une fois encore les sondeurs d'avoir «délibérément minimisé les intentions de vote en notre faveur pour dissuader nos électeurs potentiels de se déplacer». Ce serait la principale raison de l'échec des listes FN en Île-de-France, en Basse-Normandie et en Midi-Pyrénées à atteindre la barre fatidique des 10% qui permettait de se maintenir au second tour.

    mardi 23 mars 2010

    Chienlit mensuelle: les syndicats sont contents d'eux

    "Un succès", mais selon les syndicats...

    Cette énième journée d'action contredit la poussée de la gauche aux régionales

    Comme d'hab
    Des grévistes ont manifesté mardi pour l'emploi, les salaires et les retraites.
    Selon la CGT, qui n'a pas tendance à gonfler ses chiffres, comme chacun sait, ils auraient été au moins 800.000 personnes. Le syndicat Solidaires (SUD) n'en dénombre d'ailleurs que 600.000 manifestants, soit 25% de moins. Selon le ministère de l'Intérieur, les manifestants étaient à tout casser 380.000 pour l'ensemble du pays.
    Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires (SUD) et UNSA veulent faire au gouvernement des piqures mensuelles de rappel, mais la dernière en date aura moins mobilisé l'attention que le remaniement qui a vu Eric Woerth remplacer Xavier Darcos au ministère du Travail, et l'arrivée de Georges Tron comme secrétaire d'Etat à la Fonction publique.

    Rassemblés et solidaires, aurait dit la Chti'te Aubry
    Mais FO faisait encore bande à part...

    En rester sur l'impression des régionales aurait été préférable

    Ont-ils voulu exploiter la dynamique d'un scrutin intermédiaire? La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, et le porte-parole du PS, Benoît Hamon, croyaient sans doute positif de faire l'amalgame élection-manifestation et se joignirent donc malencontreusement aux responsables syndicaux Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) pour un défilé foiré. A bout de nerfs par chance pour elle, la petite Duflot (Verts) avait séché la manif...
    Troisième tour des régionales ?
    Comparer avec février dernier...

    Les grèves ont été assez faiblement suivies
    Elles ont quelque peu concerné les transports, la fonction publique (17,4% à la mi-journée), et les enseignants, dont 22% ont cessé le travail selon le ministère, mais surtout dans le primaire où les petits sont pourtant plus exposés et en ces circonstances à répétition le SNUipp ne craint pas de les perturber encore et encore.


    Les usagers ont appris à s'organiser: le préavis remonte à cinq semaines. De plus la photo est prise au moment le plus favorable: certainement pas aux heures de service garanti...

    L'intox est traditionnellement énorme dans la presse

    "Grève SNCF : trafic ferroviaire très perturbé ce mardi 23 mars", selon un media belge.
    Mais c'était une anticipation au regard des appels syndicaux... D'ailleurs, le site ajoute à l'attention de ceux qui ne lisent pas que les titres: "L’ensemble des trains de Bruxelles vers Paris/Lille et Londres fonctionnent correctement" ... Concernant l'école, elle cite le Snes-FSU, plus de quatre enseignants sur dix ont cessé le travail dans les collèges et les lycées: 22%, ça fait moins d'1 sur 4.
    R****** écrit encore que « la Fédération syndicale unitaire (FSU) a
    appelé les fonctionnaires à être "massivement en grève" et à manifester, tant pour le pouvoir d'achat que pour le "dossier essentiel des retraites". Or, ce « elle aussi » est hallucinant, car ce sont les mêmes, qu'ils soient SNUipp-FSU ou SNES-FSU !

    Le service garanti aura une nouvelle fois facilité la vie des usagers sans qu'ils n'en prennent vraiment conscience: c'est ainsi que, lorsqu'ils votent, ils rendent à Huchon et les autres, ce qu'ils doivent à Fillon.


  • Le trafic SNCF était conforme aux prévisions, soit 65% des TGV en circulation, de 35% à 75% des TER (régionaux!), plus de 50% des Transilien et de 50 à 60% des Corail. Le trafic des TGV internationaux (Eurostar, Thalys, Lyria, Aleo) était normal.
    Selon la direction de la SNCF, le taux de participation à la grève s'établissait à 28,3% à 11h00.
  • À la RATP, le trafic était quasi normal dans le métro, sur les réseaux des bus et tramways ainsi que sur le RER A. Toutefois, seul un RER B sur deux circulait.
    L'Union des transports publics et ferroviaires (UTP) évoque dans un communiqué des "perturbations limitées", avec "un fonctionnement normal ou presque dans plus de 75% du réseau". Les villes les plus touchées ont été Cannes, Clermont-Ferrand, Morlaix, Nice, Pau et le tramway à Lille.

    Du côté des manifestants, le défilé parisien rassemblant 31.000 personnes selon la préfecture de police, plus de la moitié plus selon les organisateurs, s'est rendu de la place de République à celle de la Nation.
  • Reste à savoir qui paie le nettoiement des rues empruntées par les manifestants et si les effectifs en personnels sont dans ce cas suffisants ?

    La famille UMP, « rassemblée » et « solidaire » au gouvernement

    Le retour des fils prodigues

    Le petit remaniement d'après régionales a bien eu lieu: annoncé « technique », il est « politique ».

    François Baroin, ministre du Budget
    Le député-maire UMP de Troyes remplace Éric Woerth. Entre les deux tours des élections régionales, François Baroin, un Chiraquien, a été l'une des principales voix de la majorité à critiquer la politique d'ouverture à gauche et le rythme de ses réformes.

    Georges Tron, secrétaire d'État à la Fonction publique
    Député villepiniste et député UMP de l'Essonne, il précise que "Dominique de Villepin a parfaitement compris ma démarche".

    Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives
    Né en 1953, cet ex-UDF est désormais UMP. Il fut secrétaire d'État au Logement de Jean-Pierre Raffarin (2004), puis ministre délégué au Logement et à la Ville (2004-2005). Avant sa nomination du 22 mars 2010, il était Secrétaire Général Adjoint de l'UMP, et parlementaire en mission auprès du Premier Ministre, chargé du Plan de relance.
    Mission accomplie, Martin Hirsch souhaitait quitter ses fonctions de commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, et haut commissaire à la Jeunesse. Il va être nommé président de l'Agence du service civique.

    Éric Woerth reste au gouvernement
    Le ministère du Travail, de la solidarité et de la Fonction publique lui échoue: un témoignage de confiance à celui qui finalement mènera la réforme des retraites. Xavier Darcos candidat de la majorité présidentielle battu en Aquitaine quitte le gouvernement , mais sera "prochainement appelé à d'autres responsabilités", précise l'Élysée.

    L'arrivée de Georges Tron au gouvernement interpelle

    En acceptant ce poste auprès d'Eric Woerth, ce proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin démontre que le clan des "villepinistes" n'en est plus à la vie, à la mort. Le Figaro dit pourtant mardi matin avoir trouvé un proche -qu'il ne nomme pas- du chef de l'État, qui ironiserait: "On va laisser Dominique de Villepin aussi isolé que Michel Jobert pendant sa traversée du désert". Il est vrai que Georges Tron a été d'un soutien sans faille pour Dominique de Villepin pendant le procès Clearstream fin 2009, mais c'est aussi un ancien collaborateur d'Édouard Balladur.

    La presse fait en fait beaucoup de tapage inutile autour de cette nomination qui n'est tout de même pas une première. Depuis juin 2009, le ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche n'est-il pas Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin
    Et puis, Villepin n'est pas Bayrou.
    Il ne reste pas seul comme on le dit. Brigitte Girardin, présidente du club Villepin, Jean-Pierre Grand et François Goulard, Marie-Anne Montchamp et Hervé Mariton, par exemple, serrent les rangs.

    Le complet gouvernement Fillon, à la date du 22 mars 2010
    lien

    Grippe A-H1N1: la facture ne sera pas celle dénoncée

    Le coût serait dix fois moins élevé au final

    La responsabilité de l'OMS et la part du gouvernement

    24 avril 2009: L’OMS annonce une centaine de cas de grippe, due à un nouveau virus, classé A-H1N1, au Mexique et aux Etats-Unis
    16 juillet: La France annonce la commande de 94 millions de doses de vaccins auprès de trois laboratoires: Sanofi, GlaxoSmithKline et Novartis.
    30 juillet: Premier décès en métropole, à Brest, d’une jeune fille fragilisée par une infection pulmonaire sévère.
    20 octobre: Début de la campagne de vaccination dans les hôpitaux, dont les personnels sont prioritaires.
    11 novembre: Un cas "probable" de syndrome de Guillain-Barré, une maladie rare du système nerveux, est signalé après vaccination, par le ministère de la Santé.
    12 novembre: Début de la campagne de vaccination, gratuite et non-obligatoire, dans des centres de vaccination. Lire PaSiDupes L'opposition développe une campagne de peur des vaccins et de dénigrement de l'action préventive gouvernementale. Lire PaSiDupes et l'engouement de Toulouse

    4 janvier 2010 : La France annonce son intention de revendre à l’étranger une partie de son surplus de vaccins et résilie près de la moitié des commandes, soit 50 millions de doses. Lire PaSiDupes
    On apprend que deux vaccins ne sont pas nécessaires et qu'un seul suffit aux volontaires.
    12 janvier : La ministre française de la Santé fait face à la polémique politicienne de l’opposition à l’Assemblée visant la gestion de la pandémie de grippe A(H1N1), qualifiée d’échec. Lire PaSiDupes
    13 janvier : La vague épidémique de grippe A-H1N1 en France s'éloigne alors que seulement 5,5 millions de volontaires sont vaccinées, en dépit de la contre-campagne. Lire PaSiDupes
    30 janvier : Fermeture des centres de vaccination.
    1er février: Les vaccins sont vendus en pharmacie et les médecins peuvent vacciner dans leur cabinet.
    24 février: Création d'une commission d'enquête parlementaire sur la grippe A.

    Ce qui reste de la polémique du coût des doses

    La prévention
    Le gouvernement s’est donc mis en ordre de bataille pour une véritable guerre contre un virus qui, selon l'OMS, devait frapper la population et faire perdre plusieurs points de PIB à l’économie nationale. En période de crises, financière puis économique, internationales, chaque fluctuation du PIB importe aux responsables en charge mais indiffère les observateurs inactifs primaires. La grippe A a fait 302 victimes en France… bien moins qu’une grippe saisonnière ordinaire. Un bilan Les moyens déployés ont-ils été disproportionnés, comme l'affirment les observateurs, rétrospectivement ?
    Le coût
    La France indemnisera les laboratoires pharmaceutiques à hauteur de 48 millions d'euros en contrepartie des 50 millions de vaccins annulés.

    Selon Le Figaro , le ministère de la Santé aurait conclu un accord avec trois laboratoires pharmaceutiques concernant les 50 millions de doses de vaccins annulées sur les 94 millions commandées pour faire face à l'épidémie de grippe A.
    Au final, l'Etat devrait débourser 48 millions d'euros.
    Et alors que la ministre Roselyne Bachelot avait annoncé en janvier dernier que la France ne paierait pas les vaccins non-livrés, les négociations - effectuées laboratoire par laboratoire par l'Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) - ont été difficiles. "Cela a été assez viril, mais correct", estime un négociateur.

    A l'été 2009, la France avait commandé des millions de doses à quatre laboratoires pharmaceutiques, à savoir GlaxoSmithKline (GSK), Sanofi-Pasteur, Novartis et Baxter. Au vu du nombre restreint de vaccins commandés, ce dernier a échappé aux annulations de commandes. Mais les autres ont réclamé un traitement identique. L'Eprus a donc fixé les indemnités à 16% du montant de la commande non livrée.

    Toutes les doses commandées n'ont pas été fabriquées.
    En fixant un plafond maximal de 50 millions d'euros, le gouvernement avait dès le départ annoncé la donne, prenant en compte l'interruption de la fabrication.
    L'établissement chargé de négocier les indemnités est parvenu à un accord avec le laboratoire suisse Novartis qui recevra 10,5 millions d'euros. De son côté, GSK a pris acte de la proposition de l'Etat s'élevant à 36 millions d'euros. Côté français, les tractations ont été encore plus difficiles puisque Sanofi Pasteur n'avait pas encore, lundi soir, accepté les deux millions d'euros proposé par le ministère de la Santé pour les 11 millions de vaccins annulés. D'après Le Figaro, le laboratoire "hésitait encore à signer la transaction ou à engager un recours".
    La gestion de l'épidémie sera également au cœur des discussions mardi après-midi au Sénat.

    Roselyne Bachelot sera entendue par la Commission d'enquête sur le grippe A.
    La ministre de la Santé devra en effet s'expliquer sur le rôle des laboratoires pharmaceutiques, mais également sur la mise en place d'un dispositif jugé, par beaucoup, démesuré.
    Les critiques les plus virulentes proviennent d'observateurs partisans d'une prise de risque et de polémistes patentés malveillants. Lire PaSiDupes sur les complotistes

    lundi 22 mars 2010

    Aubry ne convainc ni Montebourg, ni Collomb, ni Moscovici

    Si grande que soit la victoire, elle ne rassemble pas le PS

    Le XV de France de rugby, moins discutable que le PS

    Le mot d'ordre de la bande à Aubry au lendemain des Régionales ?
    Pour se congratuler, se féliciter et se louer, ils se relayent devant les media comme ils le font pour fustiger, dénoncer et attaquer le gouvernement: ils sont bien rodés...

    C'est "une victoire sans précédent" de "la gauche rassemblée", soutient Aubry. "L'unité de la gauche, c'est ce qui a permis ce succès", renchérit le numéro deux du PS, Harlem Désir. L'ancien Premier ministre Laurent Fabius défend également cette position en parlant d'"un succès de la gauche" dû "au fait que la gauche a été unie". Ce succès aux régionales, "c'est d'abord grâce aux socialistes rassemblés", lance encore le député de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone. Manque simplement le porte-parole officiel, qui représente la gauche du PS plutôt que le PS: il ne fait donc plus de zèle.

    Ce n'est "pas une victoire des partis" de l'alliance

    Les réjouissances auront été de courte durée
    Quelques voix pâteuses préfèrent célébrer la "victoire des présidents de régions et des élus locaux".


    C'est le cas du sénateur-maire de Lyon,
    Gérard Collomb, pour qui, "le PS d'en bas a gagné une victoire. Il faut être capable de la transformer lorsqu'il y aura des élections pour le PS d'en haut". Le PS n'est pas seulement hégémonique, il est hiérarchisé et le clergé régional commence déjà à dresser le tiers-état contre l'aristocratie. "En attendant 2012, ça demande que le Parti socialiste sache avoir un projet [...] et essayer de choisir celui ou celle qui sera capable de faire le meilleur score". C'est dire qu'au PS on n'accorde pas au pouvoir régional plus d'intérêt qu'il n'en a: seul la prise du pouvoir suprême fait briller les yeux.
    En effet, tous les éléphants du parti se rangent en ordre de bataille pour les primaires qui désigneront l'un d'entre eux candidat à l'élection présidentielle. Des primaires qui angoissent autrement plus les barons que le chômage dans le Tiers-état, puisqu'ils serviront de test sur la capacité du PS à rester uni, à s'ouvrir à gauche ou à imploser.

    Un modèle d'esprit d'équipe pour le PS
    puisque la couleur dominante est à la convenance de l'affreux Jojo Frêche

    La plus fébrile est visiblement la présidente de Poitou-Charentes qui a pris soin de voler la vedette à Martine Aubry dimanche soir, en s'exprimant dès les résultats annoncés. La battue de l'élection présidentielle et du congrès de Reims veut sa revanche. Indécrottablement méprisante de l'appareil parisien, l'amère de Melle travaille les fédérations et a salué « une belle victoire des présidents de gauche à travers toute la France », défiant ainsi dès à présent la maire de Lille dans la course 2012 à l'Elysée.

    Même son de cloche dissonant chez le député du Doubs, Pierre Moscovici, qui a rechigné à créditer le succès des régionales à Martine Aubry, préférant parler de "victoire des présidents de régions". Il concède simplement que la patronne "ne sort pas affaiblie du scrutin".

    Le président réélu de Languedoc-Roussillon et ancien PS, Georges Frêche, enfonce le clou, soulignant que le résultat de dimanche ne constitue "pas une victoire des partis" mais "une victoire des présidents de région".

    "La gauche n'a aucune raison de tirer gloire de ce scrutin"

    La prochaine campagne présidentielle socialiste s'annonce tumultueuse. Le marigot est agité de ses premiers remous.

    Arnaud Montebourg, le député de Saône-et-Loire, prévient:"On peut être champion des matchs amicaux et perdre en Coupe du monde". Faisant référence aux régionales de 2004 dont le PS est sorti triomphant pour échouer à la présidentielle de 2007, il insiste: "La gauche n'a aucune raison de tirer gloire de ce scrutin, car la moitié des électeurs qui ne viennent pas aux urnes se posent la question de savoir à quoi sert la politique". "La question de la mutation de la gauche [...] est posée pour l'avenir", ajoute même celui qui est supposé rénover le parti.

    Le député-maire d'Evry, Manuel Valls, monte la barre et souligne que ce résultat régional donne au PS "des responsabilités pour préparer l'avenir".

    Le PS a enterré les régionales

    "L'avenir" -le leur- est la seule question qui mobilise le PS et les barons locaux n'auront pas la tête à leurs régions.

    La prochaine échéance électorale étant l'élection présidentielle, d'ici 2012 tous yeux se tourneront donc vers les primaires "ouvertes" promises par Martine Aubry. Le Premier secrétaire a déjà fait connaître son intention d'y mêler les écologistes et l'extrême gauche pour faire émerger un candidat unique. Une position destinée à tenir Désirdavenir Royal à distance et soutenue par l'eurodéputé Verts Daniel Cohn-Bendit dans son appel du 22 mars et son idée d'inventer "ensemble une coopérative politique" pour 2012.

    En ce sens, l'ancien ministre socialiste et animateur du club Gauche Avenir, Paul Quilès, défend "la nécessité d'un 'rassemblement rouge, rose, vert' autour d'un manifeste et d'un programme pour 2012". "La gauche ne doit pas s'endormir sur ses lauriers", conclut-il. Les régionales ne sont qu'un avatar de la vie politique.