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vendredi 27 novembre 2015

Diplomatie: reculs de Hollande et Fabius sur tous les fronts de Syrie

A reculons, les psycho-rigides de l'exécutif socialiste accèdent à la raison

Laurent Fabius envisage une coopération avec Al-Assad pour aider à lutter contre l'EI

Pour la première foisLaurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères de Hollande, a envisagé comme une soudaine évidence que le président Bachar al-Assad pourrait associer les troupes syriennes à la lutte contre le groupe État islamique en Syrie.
Vendredi 27 novembre sur la radio RTL, Laurent Fabius s'est finalement rallié à l'idée générale que des forces du régime syrien puissent participer aux forces rassemblées des états démocratiques face aux agressions djihadistes de Daesh (EI).vendredi.
Pour lutter contre l'EI, "il y a deux séries de mesures : les bombardements [...] et des forces au sol, qui ne peuvent pas être les nôtres, mais qui doivent être des forces de l'Armée syrienne libre [opposition], des forces arabes sunnites, et pourquoi pas des forces du régime", a déclaré Laurent Fabius à la radio RTL.
Cette déclaration tranche avec la position d'intransigeance affichée par le pouvoir socialiste et ses media serviles depuis le début du conflit syrien qui consiste à réclamer le départ du président Bachar al-Assad. Comment justifier désormais l'éviction du chef légitime de l'état syrien.

Hollande est allé demander l'aide d'un Poutine qu'il diabolisait

A l'issue de la discussion jeudi entre Vladimir Poutine et François Hollande, la France et la Russie se sont mis d'accord pour "coordonner" leurs frappes contre l'Etat islamique et notamment leurs sites pétroliers, a indiqué le président de la République française. Le chef de l'Etat a assuré que Paris et Moscou augmenteraient "les échanges d'informations et de renseignements".<br>En revanche, François Hollande et Vladimir Poutine ne s'entendent toujours pas sur l'issue politique au conflit syrien. 

Selon François Hollande, la Russie et la France se seraient mis d'accord pour que "les forces luttant contre Daesh" ne soient pas "visées" par les actions militaires. Référence aux groupes que soutient 
l'Occident, bien que rebelles, tels que l'Armée syrienne libre. Toujours selon Hollande, les frappes viseront donc "uniquement Daesh et les autres groupes djihadistes".

Vladimir Poutine est toutefois apparu beaucoup plus réservé.
 
Il a ainsi indiqué que la Russie "essaie d'entrer en contact" avec de tels groupes d'opposition. Mais il a aussi maintenu que "seule l'armée de Bachar al-Assad est à même de lutter contre l'Etat islamique", car "je considère l'armée de Bachar comme notre allié naturel", a tenu à répéter le président russe.

Et c'est en quoi la démarche de Hollande est un échec: Poutine n'a rien cédé.
 
Les objectifs politiques diffèrent comme avant le voyage de Hollande. Pour le président français, "Bachar al-Assad n'a pas sa place dans l'avenir de la Syrie". Il préconise un gouvernement transitoire d'union nationale qui organiserait ensuite des "élections représentant toutes les communautés". Mais Vladimir Poutine a aussitôt rappelé que "le destin du président de la Syrie se trouve à 100% dans les mains du peuple syrien". Une leçon de démocratie.
D'autant qu'en 1920, la France imposa son mandat sur le pays, ce qui entraîna l’exil en Irak de Fayçal, premier et dernier roi arabe, issu de la famille hachémite, de la Syrie indépendante. La France et le Royaume-Uni, qui se disaient alliés des forces arabes de Fayçal, s’étaient mis d’accord pour se partager le Proche-Orient.Suite à la campagne de France de juin 1940, les Britanniques et les Forces françaises libres ont pris le contrôle du pays en juin-juillet 1941, redonnant le pouvoir à la France libre, mais les Syriens, avec l’appui des Britanniques, ont continué de réclamer le départ des Français. S'en sont suivis une prise de pouvoir par des civils en 1954, une République arabe unie de l'Égypte et de la Syrie en 1958, le chaos et plusieurs coups d'état par le parti Baas en 1963 et le ministre de la Défense, Hafez el-Assad, à la faveur de la défaite de l'Egypte et la Syrie dans la guerre des Six Jours, puis de la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir) en 1970. Grâce à sa "révolution corrective", Hafez el-Assad est devenu le nouveau premier ministre et chef de l’État de 1970 à 2000, quand son fils, Bachar el-Assad, lui a succédé en juillet 2000.
Un pouvoir syrien fort aux mains d'Alaouites, communauté religieuse minoritaire, proche du chiisme, qui résiste aux agressions sunnites et que combat l'Occident, comme il a combattu d'autres pouvoirs forts et de stabilité de la région, lors des "printemps arabes" successifs qui ont introduit l'instabilité en Egypte, en Tunisie et en Lybie, avant la Syrie. 
Sans tirer jamais les leçons de ses inconséquences tragiques.

jeudi 6 août 2015

Accord avec Poutine sur les Mistral: l'opposition dénonce la politique de Hollande et Fabius

La majorité se félicite-t-elle de 1,5 Mds de pertes ?

L'agence de presse d'Etat pointe, non pas le fiasco de Hollande, 
mais... l'opposition de droite !

L
a presse partisane française joue un rôle que ne renierait pas l'URSS 
Un contrat perdant-perdant pour la France
"Plusieurs élus de droite et d'extrême droite ont dénoncé jeudi l'accord annoncé la veille au soir entre Paris et Moscou sur la non-livraison des navires Mistral par la France à la Russie." Voilà que l'AFP s'extasie d'un "accord" avec le grand Satan Poutine sur l'annulation unilatérale d'une promesse de deux ventes de navires de guerre : on se pince ! 

Derrière l'agence de presse militante, Libération n'est que trop ravi de s'aligner: "Accord Mistral: droite et extrême droite critiquent Hollande... Le journal socialiste Le Monde parle même de "saga", certes "controversée", mais sans mentionner en titre le coût de cet "épilogue," annonçant la fermeture de l'incident...

Au Front national, donc, Marine Le Pen -"qui a souvent pris position pour la Russie depuis le début de la crise ukrainienne à l'origine de la décision de la France d'annuler la vente des deux Mistral à Moscou", rappelle l'AFP- "dénonce" dans un communiqué "une faute lourde de François Hollande, qui porte gravement atteinte à la crédibilité même de la France." "La France socialiste refuse de livrer des navires à la Russie mais équipe l'Arabie saoudite et le Qatar. Quelle honte!", s'indigne quant à lui, le député européen FN Louis Aliot dans un tweet. Une "faute lourde" qui n'appelle aucun développement de la "centrale" de presse... A l'AFP, on ne s'indigne que des critiques de l'opposition...

L'accord fait aussi "bondir" chez Les Républicains. "Hollande a cédé et la France obéit aux USA et à l'Europe. Jour de deuil pour ce qu'il  reste ["ce qui reste", en français] de notre indépendance nationale...", a-t-il souligné par tweet dès mercredi soir le député des Français de l'étranger, Thierry Mariani, "qui a récemment voyagé en Crimée à l'invitation de la Russie", insinue la presse fielleuse d'Etat. Aucune erreur de Fabius et Hollande ne fait "bondir" l'AFP.

"Que valent désormais les engagements pris par la France s'il suffit d'un claquement de doigts des États-Unis, de l'Allemagne et de la Pologne pour remettre en cause notre parole ?", "abonde" Nicolas Dupont-Aignan, président du parti souverainiste Debout la France, dans un communiqué.

L'addition sera d'environ 1,5 à 1,6 milliards (...) payés par le contribuable français"

Thierry Mariani a livré une contre-expertise du coût de l'annulation de cette livraison, avançant "jeudi matin, sur France Inter, que c'est  "bien plus que le montant évoqué par le gouvernement". L'AFP ne conteste pas, mais passe la parole au PS.

Le Parti socialiste a en revanche salué jeudi matin "une bonne nouvelle, qui satisfait les deux parties"... Pour le parti gouvernemental qui n'est pas à une contre-vérité près, l'accord permet à la France d'honorer "sa parole et sa réputation". 

Le ministre de la Défense a affirmé sur RTL que le montant exact sera inférieur au prix d'achat initial de 1,2 milliard d'euros. "Le Parlement recevra bientôt [sic, mais pas avant la rentrée parlementaire] le montant exact du remboursement, annoncé déjà comme étant inférieur au coût initial des deux bâtiments de guerre", assure dans un communiqué le parti, se faisant l'écho de l'engagement de Jean-Yves Le Drian, qui semble avoir lui-même besoin de temps pour développer une thèse foireuse pour sa défense.

"Quel gâchis que le dossier des remboursés à la Russie : la parole, la signature et les finances mises à mal", a également déploré l'ancien ministre Xavier Bertrand, député Les Républicains de l'Aisne, dès mercredi soir sur twitter.

Eric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, a de son côté dénoncé jeudi matin sur Sud Radio une "aberration", un "scandale" et une "dilapidation d'argent public". "Isoler la Russie, comme nous le faisons aujourd'hui, me paraît induire notre politique étrangère vers une impasse; nous avons besoin de la Russie, notamment pour combattre Daesh (l'organisation État islamique, terme rejeté par Fabius, inspirateur du fiasco de Hollande) en Irak et en Syrie", a-t-il déclaré.

samedi 24 mai 2014

Ukraine: comment le scrutin serait-il plus légal à l'Ouest qu'à l'Est ?

En plein conflit, les électeurs se détermineront sous la pression de la ruine de leur économie

Les pays occidentaux, dont l'Europe et la France, ont fait du "
roi du chocolat" leur champion. 
Le milliardaire, candidat des Occidentaux,
prochain président annoncé de l'Ukraine
Le milliardaire Petro Porochenko serait un candidat de compromis qui pourrait convenir à une partie des gens de l’Est du pays, assure la sociologue Irina Bekechkina, témoin choisi par le journal socialiste Le Monde et le site socialiste Huffington PostCette Ukrainienne est tellement indépendante qu'elle raconte avoir rencontré des habitants de Kiev qui s'exprimaient en russe et qui sont passés à l'ukrainien en signe de protestation contre l'intervention russe... On peut aussi prétendre l'inverse en citant des opposants à Kiev habitant Lviv qui ont décidé fin février de passer au russe le temps d'une journée ! A la vérité, selon les études, seulement 1% de la population ne comprend pas l'ukrainien et 1% ne comprend pas le russe, souligne Mme Bekechkina. 
Le clivage linguistique entre le russe et l'ukrainien est donc artificiel et exploité en signe d'appartenance. Mais le floutage est en revanche réel. Le Monde, ni le Huffington Post passent d'ailleurs sur certains détails qui desservent leur thèse. Ainsi, originaire de l'est russophone et qualifié d'"homme de Moscou", le président déchu Viktor Ianoukovitch s'est-il efforcé d'améliorer sa maîtrise de l'ukrainien pour être le président de tous. Pareillement, l'ex-Premier ministre pro-occidentale Ioulia Timochenko, aux accents volontiers nationalistes, est -contrairement aux apparences- elle aussi originaire de l'est russophone.

Obama, Hollande et Fabius soutiennent un ploutocrate
Le candidat des socio-démocrates  occidentaux est un capitaliste 
Petro Porochenko fut ministre des Affaires étrangères de Viktor Iouchtchenko, tandis que Ioulia Tymochenko, femme d'affaires de l'industrie gazière, était premier ministre: c'est dire l'importance du changement attendu à Kiev par Obama et l'Union européenne. Ni Le Monde, ni le HuffPost ne précise que le candidat de Fabius et Hollande est en fait un capitaliste Porochenko ne détient pas seulement le monopole de la confiserie en Ukraine, mais le favori de l'Europe libérale dénoncée par les socialistes possède surtout plusieurs sites de production d'automobiles et d'autobus, le chantier naval Leninska Kuznya, la chaîne de télévision 5 Kanal et le magazine Korrespondent. Le magazine Forbes estime sa fortune à 1,6 milliard de dollars.

Les Ukrainiens votent dimanche pour la présidentielle, dans le chaos

Des combats se déroulent pendant le vote
Nos media pointent des "attaques meurtrières" de "rebelles pro-russes" contre l' "armée régulière". Pour tout dire, le climat s'est effectivement alourdi, mais les vertueux qui traitent la foule des "séparatistes" russo-phones de rebelles, mais qualifient de "régulière" une armée levée par les insurgés du Maïdan à Kiev, où le pouvoir transitoire n'a aucune légitimité. 
Les élections ukrainiennes du 25 mai visent en effet à donner un pouvoir légitime à l'Ukraine divisée depuis février 2014, quand des batailles de rue s'engagèrent entre les manifestants de l'opposition et les forces de sécurité, incluant des snipers, qui tiraient à balles réelles et firent des centaines de blessés et des dizaines de morts. Le pouvoir du président Ianoukovitch en place à Kiev fut renversé par les insurgés pro-occidentaux qui s'étaient emparés de la rue dans la nuit du 21 au 22 février.
Depuis, les puissances occidentales soutiennent un pouvoir insurrectionnel qui cherche à sauver l'économie en ruines de l'Ukraine en se tournant vers l'Union européenne. Dans cette lutte d'influence contre la Russie de Poutine, l'Union européenne risque d'imposer un nouveau fardeau  à ses populations elles-mêmes en prise avec la crise.
Les USA du démocrate Obama sont accusés d'ingérence armée 
"Quelque 400 membres des commandos d'une compagnie de sécurité privée auraient été déployés en Ukraine dans le cadre de l'opération qualifiée "d'anti-terroriste" par Kiev, selon Bild am Sonntag. Le journal allemand relie ces mercenaires à la défunte société de sécurité privée Blackwater," relaie La Tribune.

Les occidentaux ont décidé que le scrutin sera légal, quoi qu'il arrive
Près de deux millions d'électeurs pourraient avoir du mal à voter. 36 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour la présidentielle et pour assurer sa tenue, Kiev a déployé 55.000 policiers et 20.000 volontaires.
Mais à quarante-huit heures d'une élection présidentielle censée rétablir l'ordre dans un pays en proie à une guerre civile larvée, les affrontements, ponctuels mais meurtriers, se multipliaient dans l'est de l'Ukraine, avec notamment la présence de "milices" pro-ukrainiennes venues en découdre avec les séparatistes, rapporte Le Monde, avec des photos de militaires exclusivement ...pro-russes à l'appui.  
Le quotidien Le Monde se félicite de combats - à 24h du scrutin - opposant des miliciens pro-russes et, "pour la première fois" depuis le début de "la reconquête" (par un pouvoir illégitime !) du "front de l'Est" par l'armée ukrainienne, des hommes armés se réclamant du bataillon Donbass, une "milice pro-ukrainienne", dans la région de Donetsk. Une vingtaine de ces agresseurs ont attaqué un barrage pro-russe près du village de Karlivka, à 25 km à l'ouest de la capitale régionale. Des membres du groupe ultranationaliste Pravyi Sektor étaient également présents dans les alentours, et affirment avoir pris part aux combats.
Le ministre des Affaires étrangères de Hollande n'y voit pas d'obstacle
Lundi à Pékin, Laurent Fabius a estimé qu'"il serait "très difficilement admissible" que l'on s'oppose de l'extérieur à l'élection présidentielle en Ukraine dimanche, seule issue démocratique au "vide politique" dans le pays.
Les mêmes qui dénoncèrent les conditions du vote d'auto-détermination de deux régions russophones de l'Est de l'Ukraine
,
à la suite de la demande de la Crimée de son rattachement à le Russie, sont aujourd'hui moins regardant sur le respect des conditions légales du déroulement du scrutin. 
Fabius crache d'ailleurs toujours son fiel, se livrant à l'un de ses parallèles douteux que la presse qualifie pourtant volontiers d'analyse.  "Les Russes sont dans une situation peut-être un petit peu paradoxale, pour employer un mot neutre [sic], car il est assez difficile de soutenir --ce qu'ils ne font pas d'ailleurs-- [quelle est la motivation malsaine de cette élucubration fétide ?] que l'élection en Ukraine serait illégitime, alors que celle en Syrie ne le serait pas", a souligné le ministre français des Affaires étrangères en précisant qu'en Syrie, contrairement à l'Ukraine, "on sait (à l'avance) qui est le vainqueur" du scrutin.
Or, lors d'une visite dans le Caucase, le président François Hollande,  avec un parti-pris atlantiste, avait par avance déclaré "nul et non avenu" le référendum organisé par les séparatistes, estimant que la seule élection qui vaudrait à ses yeux serait la présidentielle du 25 mai...

A Kiev le président par intérim, Olexandre Tourtchinov, a appelé "chacun" des Ukrainiens à se rendre aux urnes pour donner "un pouvoir légitime" [!] à leur pays et à Saint-Pétersbourg Poutine a déclaré vendredi qu'il respecterait le "choix du peuple ukrainien" dimanche et travaillerait avec le chef de l'Etat élu. "En principe, en vertu de la Constitution, il ne peut y avoir d'élection car le président (Viktor) Ianoukovitch (...) est le président en exercice", a déclaré vladimir Poutine.  Mais "nous voulons nous aussi qu'en fin de compte le calme revienne (en Ukraine), nous allons respecter le choix du peuple ukrainien", a-t-il ajouté, assurant que Moscou "travaillerait avec les nouvelles autorités".

   

mercredi 16 avril 2014

Le soutien des Occidentaux aux rebelles de Kiev conduit à la guerre civile

Hollande et Obama ont mis le feu à l'Ukraine
Séparatistes pro-russes d'Ukraine de l'Est
En août 1991, le Parlement ukrainien proclama l'indépendance du pays, qui était sous le contrôle de   l'Union soviétique. En décembre de la même année, plus de 90% des Ukrainiens confirmèrent cette décision lors d'un référendum, à la suite de la chute du Mur de Berlin.

Nommé Premier ministre en 1999, Viktor Iouchtchenko rencontra des difficultés avec les oligarches, patrons des puissantes entreprises énergétiques, mais il rebondit en 2002, devenant le chef de la coalition qui remporta plusieurs sièges au Parlement lors des élections et deviet alors le principal chef d'opposition.



En 2004, la victoire de Viktor Ianoukovitch, proche de la Russie, est dénoncée comme frauduleuse par Viktor Iouchtchenko, son principal adversaire, ainsi que par son alliée Ioulia Timochenko. Tous deux organisent une série de manifestations politiques qui prennent rapidement de l'ampleur. C'est le début de la Révolution orange.


Egérie de la Révolution orange, Ioulia Timochenko est nommée Premier ministre par Viktor Iouchtchenko en 2006. A l'issue de nouvelles législatives anticipées, ses relations avec le président Iouchtchenko sont tellement vives que la coalition entre le Bloc Timochenko et le parti présidentiel vole en éclats en mai 2009. 
L'Union européenne conclut alors un partenariat avec l'Ukraine (et  l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Moldavie et la Biélorussie). 
Au titre de "pays européen" voisin, l'Ukraine reçoit 300 millions d'euros d'aide financière. En 2010, Viktor Ianoukovitch remporte l'élection présidentielle avec 48,95 % des voix contre 45,47 % à Ioulia Timochenko.


L'Ukraine est tiraillée entre l'est et l'ouest comme en atteste cette carte des résultats de la présidentielle de 2010.

En octobre 2011, Ioulia Timochenko est condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir.
En novembre 2011, inspiré par l'Union européenne, Vladimir Poutine lance un projet d'union douanière entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et d'autres États qui ont fait partie de l'Union soviétique. En 2013, l'Union européenne fait pression pour la signature d'un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine, mais Ianoukovitch renonce à signer l'accord avec UE et devient la cible des pro-européens.

En novembre 2013, des centaines de milliers d'Ukrainiens pro-européens descendent dans les rues pour réclamer le départ du président Ianoukovitch qui a jugé "humiliante" la somme de 600 millions d'euros proposée par l'Europe. La Russie presse l'Ukraine d'entrer dans l'Union eurasiatique. Plus de 2000 manifestants bloquent les accès au gouvernement ukrainien, conformément aux mots d'ordre lancés des leaders de l'opposition pour contraindre le pouvoir à la démission.
En décembre, la Russie s'engage à réduire d'un tiers le tarif de ses livraisons de gaz à l'Ukraine et prévoit d'acquérir pour 13,3 milliards de francs d'obligations émises par Kiev. Le président Vladimir Poutine confirme ainsi son soutien à Ianoukovitch. 
En janvier 2014, le Parlement ukrainien fait passer des lois répressives envers les manifestants. Elles prévoient des peines de prison de 15 jours pour l'installation de tentes et d'estrades dans des endroits publics et jusqu'à 5 ans de prison pour les personnes bloquant des bâtiments officiels. Ces textes remettent le feu aux poudres. Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, les deux meneurs de la rebellion communiquent leurs inquiétudes aux chefs des diplomaties américain, français et allemand.
Hollande reçoit à l'Elysée
l'un des meneurs rebelles
En février 2014, la police anti-émeute lance un assaut contre les manifestants hostiles au président Viktor Ianoukovitch et on rapporte des scènes de guerre à Kiev. Destitué par le Parlement issu de la rue, le président Viktor Ianoukovitch dénonce "un coup d'Etat" et se réfugié dans l'est du pays. L'opposante Ioulia Timochenko est libérée.
Des Occidentaux, hormis l'Allemagne, menacent la Russie de sanctions.

Dans l'est de l'Ukraine, le gouvernement de Kiev déplace des troupes
Garde ukrainienne
mais celles-ci n'étaient pas vraiment intervenues jusqu'ici. Ces autorités rebelles de transition savent que si elles interviennent militairement, elles se mettent dans leur tort face à la Russie qui a le soutien du peuple dans l'Est du pays et maintient des milliers de soldats cantonnés juste au-delà de la frontière. 
Charge ukrainienne contre les séparatistes
Et l'armée ukrainienne ne ferait pas le poids. En même temps le gouvernement ukrainien ne pouvait pas ne pas agir face à ces contestations de son autorité. Il a donc déplacé ses troupes, les a rapprochées des lieux tenus par les pro-russes et observe maintenant l'évolution de la situation.



Six blindés de l'armée ukrainienne ont rejoint les Ukrainiens russophones séparatistes dans la ville de Kramatorsk.

Ces événements prennent place alors que Vladimir Poutine a averti que l'Ukraine est au bord de la guerre civile après l'envoi par Kiev de l'armée contre les insurgés séparatistes dans l'Est du pays.


Des blindés arborant un drapeau russe ont été aperçus à Kramatorsk et des hommes en armes ont envahi la mairie de Donetsk.

Envoyés par le gouvernement transitoire constitué par les rebelles de Kiev pour contenir les velléités indépendantistes des militants pro-russes d'Ukraine, des soldats ukrainiens sont passés du côté russe ce mercredi.
Selon Der Spiegel, six blindés avec chacun une douzaine de militaires ont changé de camp, abandonnant leur mission à Kramatorsk et hissant des drapeaux russes avant de traverser la ville.
Horliwka, le drapeau ukrainien a été remplacé 
par le drapeau tricolore russe 

mercredi 2 avril 2014

Changement de gouvernement: Fabius et Montebourg se disputent le commerce extérieur

Question de périmètre et non de bout de gras

Fabius s'est annexé le Commerce extérieur avant que Nicole Bricq n'ait déménagé
Le nouveau gouvernement connaît déjà des remous avec la redistribution des portefeuilles. 
Le ministère des Affaires étrangères a empoché ce portefeuille avant la passation de pouvoirs de la ministre jeudi 3 avril. Le nouveau ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, crie au hold-up. 
"Pour nous, la passation de pouvoir se fait demain [jeudi] à 10 heures à Bercy avec Arnaud Montebourg", annonce un responsable de Bercy. Pourtant, le ministère des Affaires étrangères a annoncé plus tôt qu'il a réalisé sur le Commerce extérieur un "Anschluss" peu diplomatique.

Montebourg avait assuré que ce domaine relèverait du portefeuille du nouveau ministre de l'Economie
", mais "le commerce extérieur est dans le champ des attributions de Laurent Fabius", a décrété un responsable du Quai d'Orsay, sous couvert d'anonymat... peu après ce coup de force.

Le Poutine du Quai d'Orsay annexe la Crimée de Bercy

Jusqu'à présent, le Commerce extérieur était de la compétence de Bercy et ce rattachement au Quai d'Orsay serait une première sous la Ve République.
"Les décrets d'attribution des compétences des ministres sont en cours de rédaction et c'est très délicat, car des pans de Bercy vont passer sous le contrôle du Quai d'Orsay", a précisé un autre anonyme du ministère des Affaires étrangères.

Le chancelier Kurt von Montebourg va-t-il organiser un référendum pour demander à la population du ministère du Commerce si elle souhaite rester quai de Bercy ou être incorporée aux Affaires Etrangères ?

dimanche 9 mars 2014

Sondages: Fabius démontre que plus on s'agite, plus on monte !

L'important n'est pas d'être honnête, mais vu...

Le patron de notre diplomatie soutient les insurgés d'Ukraine !

Mais, dans le même temps, en France, il cherche à être le Premier ministre légitime...
Les Français se font actuellement laver le cerveau par la presse gouvernementale qui reprend les éléments de langage Fabius via l'AFP sur le conflit ukrainien. Tandis qu'elle pose Hollande en partenaire principal d'Obama, zappant Angela Merkel à l'interface pourtant avec le président russe, notre ministre des Affaires étrangères s'est choisi un interlocuteur douteux qui est chef de gouvernement de transition et sans autre légitimité que la rue. Fabius ignore-t-il donc que le coup de force des nouveaux maîtres de Kiev trouve sa source officielle dans le refus du pouvoir légitime d'une association entre l'Ukraine et l'Union européenne? Et que la minorité qui a mis fin à la corruption du clan Ianoukovitch, d'une part, a pris le pouvoir par la force, et d'autre part ne fait déjà plus l'unanimité sur place Maïdan
A-t-il aussi échappé à Fabius que certains insurgés de Kiev sont soupçonnés de fascisme et que les habitants de Crimée viennent d'apprendre qu'ils pourraient se voir interdire la pratique du russe, langue officielle de cette république autonome? 

L'U.E. a plus à perdre qu'à gagner à une association avec l'Ukraine. 
Tandis que l'Allemagne continuerait à s'approvisionner en gaz et en pétrole russe, ses partenaires n'aurait que la facture d'une économie ukrainienne en ruine à y gagner.

Dans ce contexte, Fabius fait illusion à la télé 

Selon un sondage exclusif BVA paru ce dimanche dans Le Parisien-Aujourd'hui en France", Laurent Fabius fait impression sur les Français. 63 % des personnes sondées estiment qu'il est un bon ministre des Affaires étrangères. A gauche, ils sont même presque 9 sur 10 (88 %) à le penser. 
Les interventions au Mali et en Centrafrique ont donné beaucoup de visibilité à son ingérence: les Français sont pris dans le tourbillon de ses tours du monde mensuels. Le ministre continue sur sa lancée en Ukraine, sans que, à entendre les envoyés de la presse, les Français ne comprennent quoi que ce soit à une situation aussi lointaine que complexe. Peu concernés, ça ne dérange  donc pas 56 % des Français que Fabius fasse la mouche du coche à la lisière de l'Europe.

Avec 49 % des interrogés qui ont une mauvaise opinion de lui -contre 47% en ayant une bonne- parmi quinze  personnalités testées, on peut difficilement dire que Fabius, 5e  politique le plus populaire, est tellement devenu incontournable.
Nantes: les "factieux" sont-ils ceux que Valls désigne à la vindicte ?
BVA se satisfait de ...17% pour faire la promo de Lolo!
Au royaume des nuls, parmi les 15,  "il est même la deuxième de gauche la plus appréciée, derrière Manuel Valls (71% en octobre, donc avant sa baisse de popularité), mais devant Martine Aubry (46% en novembre) et loin devant Christiane Taubira (39% en février), politiquement beaucoup plus clivantes que lui", relève Eric Bonnet, directeur d’études BVA Opinion. Fabius émerge d'un lot des créatures ! Les sondés oscilleraient-ils vraiment entre les extrêmes du PS, Fabius étant marqué à sa gauche et Valls à sa droite. Une telle instabilité est-elle positive ?

Des sondages fait pour éclairer le jugement de l'amateur de l'Elysée

A 67 ans, le socialiste qui a connu de sérieux revers au cours de sa carrière.
Terrassé lors de la primaire socialiste de 2006 par une Ségolène Royal  elle même laminée à la présidentielle, Fabius renaît de ses cendres, profitant  de son image d'homme expérimenté dans les enquêtes d’opinion
A l’heure où l'on parle toujours "changement", le PS ressort un vieux routier cabossé de la politique. Ils sont nombreux dans la majorité à pousser à un changement de Premier ministre à l’issue des élections municipales, mais rares sont ceux qui ont l'envergure et le nom de Fabius sort du lot pour Matignon, comme garant de l'ancrage du président à gauche au moment où il fait du libéral socialisme. Fabius serait-il par conséquent meilleur à recoller les morceaux en France qu'en Ukraine? 

Avant le viol du "secret professionnel" des avocats, les Français préféraient encore Manuel Valls (31%), davantage que la ch'tite Aubry (18%) ou Laurent Fabius (17%). Mais celui-ci devance très nettement les victimes de la politique de Hollande:  Jean-Marc Ayrault (11%), Claude Bartolone (5%) et Michel Sapin (4%). Dans ce "classement des Premiers ministrables préférés", Laurent Fabius arrive donc en 3e position selon un échantillon de Français, mais en 4e position (14%) parmi les sympathisants de gauche, derrière Martine Aubry (37%), Manuel Valls (20%) et Jean-Marc Ayrault (17%), souligne BVA.

Son CV est pourtant chargé comme un casier judiciaire
Les Français voient surtout en Fabius un grand bourgeois "distant" (60%), " froid" (60%) et "opportuniste" (54%),  mais aussi un homme "compétent" (58%) et offrant une apparence "solide, ayant de l’autorité" (53%). 

Ils sont seulement une minorité à le trouver "charismatique" (26%), "sincère" (32%), "honnête" (38%) et "courageux" (42%), ils sont aussi quatre sur 10 à à le trouver "antipathique" (41%), "démagogique" (42%) et "arrogant" (45%). Ca fait envie !

Et encore, les Français ont la mémoire courte ! 

Lavage de cerveau oblige, les Français ont oblié qu'il est mêlé à la triste affaire du sang contaminé. Il paraît inconcevable que des sondés d'ici puisse le juger à la fois sincère, honnête et courageux. Pourquoi pas son fils Thomas aussi, pendant qu'ils y sont!
Il faut être âgé de moins de quarante ans, immigré ou inculte pour n'avoir pas vécu cette sale affaire des années Mitterrand. Des centaines de personnes ont été contaminées par le virus du sida ou de l'hépatite C à la suite d'une transfusion sanguine. Selon l'hebdomadaire "L'Événement du Jeudi" (ancêtre de Marianne), de 1984 à la fin de l'année 1985, le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida.  Le socialiste Laurent Fabius était premier ministre et les anciens ministres  Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu en 1999 devant la Cour de justice de la République pour "homicide involontaire". Cette cour a innocentée Georgina Dufoix et Laurent Fabius. 

Un retour en grâce manifestement organisé pour celui qui a connu des records d’impopularité. Hollande va-t-il lui donner carte blanche?