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vendredi 27 décembre 2019

Quatorze militaires tués au Niger après le passage de Macron

Les terroristes islamistes marquent dans l’ouest du Niger la visite du président français

L'embuscade date du mercredi 25 décembre



L’opération Barkhane est "à un tournant," venait de déclarer 
Macron en visite au Niger. 
Durant sa visite-éclair, après deux jours de visite en Côte d'Ivoire, samedi et dimanche, le chef de l’Etat a appelé à s’opposer au sentiment anti-français qui monte dans la région et à clarifier les objectifs des Africains dans la guerre contre les djihadistes. Avant de rentrer en France pour les fêtes de Noël et travailler au Fort de Brégançon où Marianne lui offre des vacances avec la famille de sa femme, Macron a fait halte lundi au Niger, à .000 km de là, dans le Sahel. Un passage express résolument militaire dans ce pays situé au cœur de la zone d'intervention de l'opération Barkhane, où se trouve une base aérienne française dotée depuis peu de plusieurs drones de combat. 

Il a participé à une cérémonie d'hommage aux 71 soldats nigériens morts dans l'attaque de leur camp d'Inatès, le 10 décembre, soit deux semaines après le crash de deux hélicoptères français, au Mali, où treize militaires ont été tués. Il s’agit de la pire attaque depuis le regain des offensives djihadistes en 2015 dans ce pays sahélien pauvre, revendiquée par les islamistes de Daesh.

Le président s'est aussi longuement entretenu avec son homologue, le Nigérien Mahamadou Issoufou pour préparer le sommet qui se tiendra à Pau (Pyrénées-Atlantiques) le 13 janvier. 
Le Français a exhorté les dirigeants des cinq pays du Sahel où opère la force Barkhane (Mauritanie, Mali, Niger, Tchad, Burkina Faso) à exprimer plus fermement leur soutien à cette opération qui mobilise 4.500 soldats.
"Je vois des mouvements d'opposition, des groupes qui dénoncent la présence française comme une présence impérialiste néocoloniale, a admis Macron à Niamey. Et de déplorer : Je vois dans trop de pays prospérer sans condamnation politique claire des sentiments anti-français. 
Avant de menacer : Je ne peux pas accepter d'envoyer nos soldats sur le terrain dans les pays où cette demande (de présence française) n'est pas clairement assumée".

Hors caméras et sans confirmation par aucun témoin, Macron aurait renié ses propos de la veille

Désireux d'apaiser l'indignation provoquée en France par sa sortie en Côte d'Ivoire, estimant que la colonisation serait "une faute de la République", il.se serait agacé "en même temps" des critiques africaines : "C'est tellement facile de dire que l'armée française est une armée coloniale. Je ne veux pas ça pour nos soldats dans les pays où on est. Je ne peux pas les envoyer au charbon dans ces conditions. Je veux des engagements." 
De son côté, le président nigérien a annoncé que les pays du Sahel et la France lanceront lors du sommet de Pau "un appel à la solidarité internationale pour que le Sahel et la France ne soient pas seuls dans ce combat, afin qu'on puisse mettre en place la coalition internationale la plus large possible".

Dans ce contexte d'incompréhensions, quatorze militaires nigériens ont été tués le jour de Noël au cours d’une attaque dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du Niger, a fait savoir, jeudi 26 décembre, le ministère de l’intérieur nigérien. "Un convoi composé d’éléments de la gendarmerie et de la garde nationale escortant des équipes chargées de l’enrôlement électoral dans la commune de Sanam a été victime d’une embuscade tendue par des terroristes lourdement armés", selon le communiqué des autorités.
"A l’issue d’une bataille acharnée, plusieurs morts et blessés ont été enregistrés. Côté ami : sept gendarmes et sept gardes sont décédés. Un garde est porté disparu". "L’ennemi, quant à lui, a subi de nombreuses pertes", assure le ministère, sans préciser leur ampleur. 

Selon le ministère de l’Intérieur nigérien, l’équipe des agents d’enrôlement "a été sécurisée et a regagné Sanam en bonne santé". Cette équipe opérait pour le compte de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui doit organiser des élections générales – présidentielle et législatives – à la fin de 2020.

Macron a déjà passé un Noël au Niger, son premier comme président, en 2017:
L'enfant gâté a-t-il su
partager le gâteau équitablement ?
Après s'être régalés d'un "pâté en croûte Elysée veau-foie gras" et d'une "volaille des Hautes-Pyrénées rôtie aux morilles" accompagnée de gratin dauphinois, les soldats et le chef de l'Etat ont partagé un énorme gâteau d'anniversaire bleu-blanc-rouge pour fêter, avec un peu de retard, les 40 ans d'Emmanuel Macron.

Le président du "monde nouveau" est casanier

"En venant cette année à Abidjan, j’ai souhaité mettre à l’honneur les forces prépositionnées et marquer l’importance de la contribution des Forces françaises en Côte d’Ivoire au succès de la coopération et des opérations dans la région" a déclaré le président sur sa page Facebook. Mais que serait Noël sans un dîner de fête aux armées. 
Las! Qu'avait-il au menu? Le même qu'il y a deux an... Cette année, Macron a offert aux soldats un dîner de gala sans homard mais sans surprise non plus: pâté en croûte au foie gras, volaille des landes aux morilles et d'un gratin dauphinois, puis plateau de fromages des régions de France et gâteau au chocolat et clémentine de Corse.



Tout le Sahel – en particulier le Mali, le Niger et le Burkina –, est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane et ses drones américains de combat.

Le Burkina Faso observait jeudi son deuxième jour de deuil national après une attaque djihadiste qui a fait 42 morts dans le nord du pays, la plus meurtrière depuis cinq ans.

jeudi 7 novembre 2019

Macron s'en prend maintenant à l'OTAN

L'Union européenne ne s'en tire pas indemne..

Emmanuel Macron a déploré "la fragilité extraordinaire de l'Europe"

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 Pour la rentrée du gouvernement, Macron tançait les "Cassandre"  

L'OTAN, pas mieux ! "Ce qu'on est en train de vivre, c'est la mort cérébrale de l'Otan"
, a affirmé le docteur Maboul Macron à l'hebdomadaire The Economist publié jeudi 7 novembre. Il pointe ainsi le désengagement américain de ses alliés de l'Otan et le comportement de la Turquie, membre de l'alliance atlantique.

Il a en fait mis en question l'hégémonie américaine, appelant à "clarifier maintenant les finalités stratégiques de l'OTAN", alors qu'un sommet de l'OTAN aura lieu à Londres au début du mois de décembre. "Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis avec les partenaires de l'Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l'Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination", a-t-il souligné. "Ce qui s'est passé est un énorme problème pour l'Otan".

La remise en cause de l'article 5 du traité atlantique.
Dans ces conditions, Macron s'interroge en particulier sur l'avenir de l'article 5  qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué. "C'est quoi l'Article 5 demain ? Si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C'est une vraie question. Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daech. Le paradoxe, c'est que la décision américaine et l'offensive turque dans les deux cas ont un même résultat : le sacrifice de nos partenaires sur le terrain qui se sont battus contre Daech, les Forces Démocratiques Syriennes", accuse Macron.

VOIR et ENTENDRE : en Syrie, l'OTAN soutient l'allié turc (par euronews, en français)


"La France n'a pas signé pour ça" 
Pour Macron, cette situation rend d'autant plus "essentiel d'une part, l'Europe de la défense - une Europe qui doit se doter d'une autonomie stratégique et capacitaire sur le plan militaire. Et d'autre part, rouvrir un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie".

"Le président Trump - j'ai beaucoup de respect pour cela - pose la question de l'Otan comme un projet commercial. Selon lui, c'est un projet où les Etats-Unis assurent une forme d'ombrelle géopolitique, mais en contrepartie, il faut qu'il y ait une exclusivité commerciale, c'est un motif pour acheter américain. La France n'a pas signé pour ça", a-t-il averti. The Economist tweete sur cette "évaluation sombre" de Macron :
Le président s'alarme de la "fragilité extraordinaire de l'Europe" qui "disparaîtra"prévoit-il dans cet entretien, si elle ne "se pense pas comme puissance dans ce monde". "Je ne crois pas dramatiser les choses, j'essaye d'être lucide", souligne le chef de l'Etat qui pointe trois grands risques pour l'Europe : qu'elle ait "oublié qu'elle était une communauté", le "désalignement" de la politique américaine du projet européen, et l'émergence de la puissance chinoise "qui marginalise clairement l'Europe."

Au sommet de l'OTAN en décembre prochain, l'arrivée de Macron sera beaucoup filmée : une montée des escaliers au festival de Cannes...

lundi 4 novembre 2019

Mali : Daesh revendique les morts de deux soldats malien et d'un français

Un soldat français de l'opération Barkhane a encore donné sa vie pour la sécurisation du Mali contre le terrorisme islamiste

Le pays a également été secoué par deux autres attaques depuis vendredi, où 51 soldats maliens ont péri, avant la perte du soldat français mort samedi au Mali sur un engin explosif
 Le brigadier Ronan Pointeau est mort samedi après que son véhicule blindé a été frappé par un engin explosif.
Soldat engagé au Mali depuis le mois d’octobre
au 1er régiment des Spahis,
Ronan Pointeau venait de fêter ses 24 ans.
 
Plus de sept ans après l’invasion du pays par des terroristes islamistes, le Mali reste toujours sous la menace des djihadistes. 
Ce dimanche, deux soldats maliens ont été tués par un engin explosif. Samedi, le brigadier français Ronan Pointeau, membre de la force Barkhane déployée au Mali, avait été également tué dans l’explosion d’un engin explosif artisanal au passage de son véhicule.

L’attaque a été revendiquée par Daesh.
"Cette attaque insidieuse montre l’importance et l’âpreté de la lutte contre les groupes armés terroristes pour la sécurisation du Liptako [une région à cheval entre le Mali et le Burkina Faso]," a expliqué l’état-major des Armées dans un communiqué.  
Quelle est aujourd’hui la situation au Mali ?
Un soldat français de Barkhane apprend à un soldat des forces armées maliennes l'utilisation de son arme, le 27 avril 2019.
"La situation n’est pas hors de contrôle, mais les capacités de gestion de l’État malien s’amenuisent," analyse Philippe Migaux, maître de conférences à Sciences Po Paris. Docteur en Ethnologie, il est expert sécuritaire, depuis 2010 pour l’Union Européenne (Sahel et Yémen) et, depuis 2013 pour l’Organisation des Nations-Unis (phénomènes djihadistes).
Le spécialiste énumère les nombreuses forces djihadistes en présence : "Le GSIM (groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), héritier d’Al-Qaïda, a développé un djihadisme touareg autour de Kidal, dans le nord du pays, mais aussi un djihadisme peul, dans le centre et le sud. Depuis 2017, l’Etat islamique du Grand sahara (EIGS) collabore avec eux, ce qui contribue à aggraver la situation".

Vendredi, 49 soldats maliens ont été tués près de Ménaka (nord-est du Mali) au cours d’une "attaque terroriste" attribuée aux djihadistes islamistes. C’est l’une des plus graves subies par l’armée malienne. 
Elle vient s’ajouter à d’autres attaques menées ces derniers mois dans le sud du pays. Sur son site, le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de voyager au Mali. L'information serait utile aux soldats professionnels, s'ils étaient venus faire du tourisme, mais elle est particulièrement indécente dans la situation ?

La force Barkhane dispose-t-elle aujourd’hui d’assez de moyens ?
Créée en août 2014, l’opération Barkhane est venue prendre le relais de l’opération Serval, qui avait stoppé l’avancée des forces djihadistes en direction de Bamako. Barkhane ne vise plus qu'à aider les pays du "G5 Sahel" (Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) à lutter contre les islamistes armés
Les 4.500 militaires français peuvent aussi mener leurs propres opérations. Depuis le début de Barkhane, quinze militaires français sont morts dans l’exécution de leur mission.

"La force Barkhane joue son rôle de force régionale en attendant que le G5 Sahel puisse prendre la main, rappelle Philippe Migaux. Mais il n’est pas question de réinstaller une force française pour faire le travail des autorités africaines. C’est un travail de longue haleine". Le problème, c’est que le G5 Sahel peine à tenir son rôle. Début octobre, plusieurs témoignages recueillis par le journal Le Monde montraient à quel point les soldats burkinabés, membres du G5, étaient mal équipés pour faire face aux terroristes.

Y a-t-il un risque de déstabilisation de la région ?
Les pays frontaliers du Mali sont aussi touchés par la vague djihadiste : le Burkina a subi plusieurs attaques au cours des derniers mois. La dernière en date, mi-octobre, a visé une mosquée et a fait au moins seize morts. Au Niger, douze soldats ont été tués dans la nuit du 29 au 30 octobre, vraisemblablement par des membres du groupe terroriste Boko Haram.

"La réponse militaire ne peut être suffisante (…) Il faut que les pays européens aident les Etats sahéliens touchés par le-dit djihadisme à se réformer en profondeur. Pour le moment, les Occidentaux ont surtout contribué à restaurer un système inégalitaire qui permet aux djihadistes de recruter sans difficultés," affirmait Roland Marchal, chercheur au CERI de Sciences Po, dans un entretien à La Croix en mai dernier. 
"Pour l’instant, il n’y a pas de prise de territoires de la part des djihadistes, poursuit Philippe Migaux. Cela reste une présence clandestine, mais qui a réussi à fédérer tous les mécontents". 



vendredi 27 septembre 2019

Neuf enfants de djihadistes et leurs mères sont arrivés en France

Parmi eux, des petits-neveux et petites-nièces des frères Clain, liés aux tueries du 13 novembre 2015

France Inter vend la mèche


L'épouse de Jean-Michel Clain, dans le camp de Al-Hol avec ses enfants, après la débâcle de Daech à Baghouz, lors de laquelle les frères Clain ont été tués. 


La radio d'Etat a révélé cette arrivée discrète au petit matin de neuf enfants de djihadistes, âgés entre 3 et même 13 ans. Ils ont atterri en France, mardi 24 septembre, à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, avec leurs mères respectives

Les deux femmes djihadistes ont été placées en garde à vue. 
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Une troisième femme, la belle-mère de Jennifer Clain, Christine Allain, 61 ans. a également été arrêtée à la descente de l'avion. Cinq des neuf enfants sont des petits-neveux et petites-nièces des frères Clain (d'origine réunionnaise), Fabien - 41 ans, surnommé Omar, Abou Anas ou Abou Adam Al-Faransi, converti sous l'influence de sa sœur Anne-Diana, suite à son mariage avec un Tunisien -, et Jean-Michel, les tristement célèbres djihadistes qui avaient enregistré la revendication des attentats du 13 novembre 2015 et qui ont tous deux été déclarés morts dans une frappe de la coalition en février dernier

Les deux femmes placées en garde à vue sont des converties à l'islam entièrement voilées et l'une d'entre elles, Jennifer Clain, nièce de Fabien et Jean-Michel Clain, est accompagnée de ses cinq enfants, ainsi que de sa belle-sœur et ses quatre enfants. Arrêtées en Turquie en juillet dernier, alors qu'elles tentaient de fuir la Syrie, ces "revenantes", qui sont membres de la deuxième génération d’une famille de djihadistes de l’Orne et elles ont combattu la France et l'Occident, ont été renvoyées dans l’Hexagone. Lors de l'arrestation, son mari, Kevin Gonot, venait alors d'être condamné à mort en Irak pour avoir rejoint les rangs de Daesh.

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L'identité de la seconde mère arrêtée n’est pas connue, selon Ouest France, ou non communiquée, mais il s’agit de l’épouse (ci-contre) de Thomas Collange, djihadiste condamné à la peine de mort en Irak. Thomas Collange est le demi-frère de Kévin Gonot, le mari de Jen(n)ifer Clain. Il appartient à la communauté d'Artigat est une filière djihadiste basée au lieu-dit Les Lanes en Ariège. Dirigée par Olivier Corel, elle forme de nombreux djihadistes dont Mohammed Merah. Tous sont partis ensemble en Syrie en 2014. 
A la vérité, pour les uns, cette femme mystérieuse, serait Dorothée Maquère, ci-dessus, femme de Thomas Collange, demi-frère de Kevin Gonot, mais pour d'autres, cette djihadiste "inconnue" serait aussi bien Maïalen Duhart, et nous serions en présence d'un cas de polygamie hébergé par les autorités françaises. Elle a d'abord été placée en centre de rétention, en Turquie, avec ses quatre enfants. Un accord avec un protocole signé par la France a permis l'expulsion ses trois femmes djihadistes et leurs enfants vers le pays d'origine des parents, bien que la plupart des enfants soient nés hors de France.
L'atavisme des neuf enfants ne plaide pas en leur faveur.

Une enquête pour association de malfaiteurs terroristes 
et une prise en charge coûteuses 


Une patrouille de sécurité escorte deux femmes soupçonnées d'être membres de l'Etat islamique, dans le camp al-Hol au nord de la Syrie, le 23 juillet 2019





A leur atterrissage à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle mardi matin, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a placé les islamistes en garde à vue : elle ne peut dépasser 96 heures, puisqu'il s'agit d'une enquête pour association de malfaiteurs terroristes.

Quant aux enfants, ils ont été séparés des mères avant d'être confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) de Seine-Saint-Denis (ASE 93). Placé sous l'autorité du président du Conseil départemental, ce service du Département finance l'entretien et l'aide psychologique nécessaires. 
Depuis plusieurs années, l'ASE 93 prend déjà en charge d’autres neveux et nièces des frères Clain, précise France Inter, et cela bien que le département de Seine-Saint-Denis soit parmi les plus pauvres et les plus endettés de France. 
Plus de 130 enfants de parents djihadistes sont déjà rentrés en France et répartis dans plusieurs départements différents, sans que la population de ces territoires soit informée. Ils ne savent pas davantage qu'ils subviennent à leurs besoins, ainsi qu'au financement des locaux et du personnel administratif, de travailleurs sociaux et de psychologues.

dimanche 26 mai 2019

Trois Français condamnés à mort en Irak pour avoir combattu avec les islamistes de l'EI

La justice irakienne ne banalise pas les exactions commises

Un verdict inédit pour ces recruteurs français

Image associée
Combien de tueurs parmi eux ?
Il s'agit de Léonard Lopez, Kévin Gonot et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde opposée à la loi islamique prônée par Daesh avant d'être transférés en Irak avec neuf autres Français en février, a indiqué un magistrat du tribunal de Bagdad qui les a jugés. La loi irakienne prévoit jusqu'à la peine de mort pour quiconque a rejoint une organisation "terroriste", qu'il ait combattu ou non.
Connus des services de renseignement pour avoir incité de nombreux jeunes à se radicaliser et à partir en Syrie, ces trois ressortissants sont les premiers Français à être visés par la peine capitale en Irak.

Trois Français ont déjà été reconnus coupables d'avoir choisi l'Etat islamique en Irak: Mélina Boughedir, 27 ans, Djamila Boutoutaou, 28 ans, et Lahcène Gueboudj, 58 ans. Tous ont été condamnés à la perpétuité, équivalente à 20 ans de détention en Irak. La France refuse la peine de mort, mais l'Irak est un état de droit reconnu démocratique.

Qui sont ces cadres de Daesh condamnés ?

Leonard Lopez est sans doute le plus malfaisant des trois islamistes français condamnés ce dimanche
Au début des années 2000, il était l’un des membres les plus actifs du site djihadiste francophone, Ansar Al-Haqq. En juillet 2015, alors qu’il était sous contrôle judiciaire, il est parti avec sa femme et leurs deux enfants, d’abord à Mossoul, puis en Syrie.

Condamné en son absence à cinq ans de prison, celui qui se faisait appeler Abou Ibrahim al-Andaloussi est surtout connu des services du renseignement pour avoir fondé
l’association Sanabil dissoute par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en 2016.
L'association Fraternité musulmane Sanabil contribuait, sous couvert d’aide aux détenus, à radicaliser des prisonniers. "Tous ceux qui ont été impliqués directement ou indirectement dans les attentats depuis 2015 ont été en lien direct ou indirect avec Sanabil", assurait à l’époque un enquêteur.
En 2014, on apprenait que cette association avait notamment été sollicitée pour fournir des textes religieux à Mehdi Nemmouche, alors en détention à Grasse (Alpes-Maritimes), avant que celui-ci ne soit libéré et ne devienne, des années plus tard, l’auteur de la tuerie du musée juif de Bruxelles.

Surnommé  
Abou Ibrahim al-Andaloussi dans les rangs de DaeshLéonard Lopez, un Parisien de 32 ans converti à l'islam, a répondu aux questions du juge en arabe, après quatre mois d'interrogatoires, sur la base desquels la cour a rendu son jugement. Son avocat français Me Nabil Boudi a annoncé interjeter appel avec son confrère irakien, dénonçant une "justice expéditive". "On condamne à la peine capitale un ressortissant français, sur la base uniquement d'interrogatoires dans des geôles à Bagdad", a-t-il argué. "Le ministère des Affaires étrangères nous avait pourtant garanti que les Français auraient droit à un procès équitable même en Irak".
Des défenseurs des droits humains dénoncent "de vrais risques de torture" et "aucune garantie pour des procès équitables" en Irak, le 12e le plus corrompu au monde, selon une liste de l'ONG Transparency International, dont le président de la section française est un ancien conseiller technique auprès du cabinet du premier ministre socialiste Pierre Mauroy.

Kévin Gonot, 32 ans, né à Figeac dans le sud-ouest de la France, a dit au juge "regretter" d'avoir rejoint l'EI.
Il a été arrêté en Syrie avec son demi-frère Thomas Collange, 31 ans, sa mère et son épouse, une nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain qui ont revendiqué les attentats de novembre 2015 à Paris (130 morts) avant d'être tués en Syrie. Kévin Gonot affirme que son père, qui avait également rejoint les terroristes islamistes, selon ses "aveux" publiés par la justice irakienne, a été tué à Raqa en Syrie.
Entré illégalement en Syrie, via la Turquie, selon ses dires, il a d'abord rejoint le Front al-Nosra (ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie), avant de prêter allégeance au "calife" autoproclamé de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi.
Se faisant appeler Abou Sofiane parmi les djihadistes, il a indiqué avoir été blessé au ventre lors de la bataille de Kobané en Syrie en 2015.  Il a raconté au juge avoir ensuite été transféré à Mossoul, "capitale" de l'EI en Irak de 2014 à 2017, pour y être hospitalisé et non pour combattre.
En France, il a déjà été condamné en son absence à neuf ans de prison, selon le Centre d'analyse du terrorisme (CAT).

Le troisième homme, Salim Machou, 41 ans, a appartenu à la brigade Tariq ibn Ziyad, une unité de Daesh menée par un ancien légionnaire français, Abdelilah Himich, selon le CAT. Cette "cellule de combattants européens, vivier d’auteurs d’attaques", a compté jusqu’à "300 membres", selon les autorités américaines. 

Il 
a hébergé à Raqa Jonathan Geffroy, un Français capturé en Syrie et remis à la justice française
qui a fait de nombreuses révélations, notamment sur les frères Clain selon le CAT

Neuf autres Français doivent encore être jugés en Irak: Fodil Tahar Aouidat, Mustapha Merzoughi, Yassine Sakkam, Karam El Harchaoui, Vianney Ouraghi, Brahim Nejara, Bilel Kabaoui, Mohammed Berriri et Mourad Delhomme.

Dimanche, un autre tribunal de Bagdad a condamné à 15 ans de prison une Suédoise accusée d'appartenance à l'EI, selon une source judiciaire. En 2017, la justice irakienne avait condamné à mort une première djihadiste allemande qui avait rejoint l'EI. En septembre, elle avait pour la première fois prononcé la peine capitale contre un djihadiste russe. En janvier 2018, un Suédois d'origine irakienne avait aussi été exécuté, avec 37 autres personnes condamnées pour "terrorisme".

La diplomatie française peut-elle intervenir pour leur éviter la peine capitale ?

Cette décision de justice promet de relancer la controverse sur le retour en France de djihadistes ayant combattu dans les rangs de Daesh. Confronté à une opinion publique hostile à l’idée d’une prise de risque en acceptant le retour de fanatiques, le gouvernement a longtemps laissé planer le doute sur ses réelles intentions.
Mais, fin janvier, invitée du Grand Jury RTL - Le Figaro – LCI, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, avait indiqué que "bien entendu" , l’Etat Français " interviendrait auprès de cet état, bien que souverain, s’il y avait une question de peine de mort", laissant entendre qu’il y aurait alors un traitement "au cas par cas" des djihadistes, ce qui sous-entend que leur exécution  pourrait être entérinée. Ce dimanche, les autorités françaises n’ont pas encore réagi à la condamnation à mort de ses trois ressortissants.
Les condamnés ont 30 jours pour faire appel, selon la loi irakienne.

lundi 6 mai 2019

Européennes : chantage à la menace islamiste et à la peur terroriste

Le défi de Baghdadi à la France est-il une fake news politicienne de l'Elysée ? 

Le chef de la plus puissante des organisations terroristes vient de désigner la "France croisée" comme une de ses cibles prioritaires

Arme à portée de main, Abou Bakr al-Baghdadi est un loup aux abois
On le disait mort, mais Abou Bakr al-Baghdadi a réapparu, dans une vidéo diffusée le 29 avril : pour servir les intérêts de Macron ?

Près de cinq ans après s’être auto-proclamé 'calife' dans la ville irakienne de Mossoul, Abou Bakr al-Baghdadi est réapparu dans une vidéo d’une vingtaine de minutes, diffusée par un des sites officiels de Daesh. Entre juillet 2014 et avril 2019, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des dizaines de milliards d’euros ont été engloutis pour éliminer le pseudo-califat établi en seulement quelques mois entre la Syrie et l’Irak. La mort de Baghdadi lui-même a été annoncée à plusieurs reprises, alors qu'à l’évidence le chef de Daesh a échappé aux frappes de la coalition mobilisée contre lui. 
Il se met en scène en chef d’un réseau, certes privé désormais d’assise territoriale au Moyen-Orient, mais résolument actif dans le monde entier. La revendication des attentats du dimanche de Pâques au Sri Lanka (253 morts), même si elle a été sans doute ajoutée lors du montage final, s’inscrit dans cette relance de la dynamique terroriste.

La "France croisée" retient toute l'attention haineuse de l'islamiste.
Baghdadi et la direction de son 'Etat islamique' ont appris à se passer de leur base moyen-orientale pour animer et contrôler leur "internationale" djihadiste. De même que le prêche enregistré à Mossoul ouvrait en 2014 l’ère du pseudo-califat, cette vidéo définit le nouveau cadre de l'acte 2 de son action et de sa  propagande, après la chute de son dernier bastion de Baghouz en Syrie

L'agresseur réclame vengeance, citant des fidèles tombés à Baghouz face à la " barbarie des Croisés", dont les frères Jean-Michel et Fabien Clain, voix de l'islamisme qui ont fait leurs vocalises dans leur quartier du Mirail à Toulouse, ville plus rouge et noire que rose et à forte présence musulmane. Un tel hommage rendu à ces deux barbares djihadistes est d’autant plus significatif qu’ils avaient revendiqué au nom de Daesh les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

Pour l'Irakien Baghdadi, la mort des deux barbares appelle une vengeance islamiste sur  la "France croisée", l'un des principaux ennemis de l’organisation terroriste. Il encourage en effet ses partisans "au Burkina Faso et au Mali" à "continuer de frapper la France croisée", les assurant que Daesh les "vengera" sur d’autres théâtres. 
Une telle incitation au crime trouve son origine dans la concurrence que se livrent les groupes djihadistes au Sahel le "Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans" (GSIM), affilié à Al-Qaida, et "l’Etat islamique pour le Grand Sahara". L’essor de cette branche régionale de Daesh, face au GSIM jusque là dominant, complique encore plus la conduite de l’opération Barkhane, lancée par la France en 2014 au Sahel pour y éradiquer la présence djihadiste.
 
Il ouvre ainsi la possibilité d’attentats anti-français en dehors du Sahel, que la propagande djihadiste présente comme des "représailles", alors que le GSIM n'a encore jamais frappé la France que dans la zone saharienne.

Une terreur mondialisée

La série d’attentats du 21 avril au Sri Lanka constituerait une première " vengeance" infligée en riposte à l’offensive des "Croisés" à Baghouz, un rapport que seul Baghdadi semble y voir. En semant la terreur dans un pays visiblement pris par surprise - on peut dire en traître -, Daesh entend démontrer sa capacité à frapper là où on l’attend le moins.
 
Suivant la logique perverse du djihadisme mondialisé - comme c'est encore trop souvent le cas de l'internationale communiste -  la planète représente un seul et même théâtre de la "longue bataille" que le chef de Daesh entend livrer contre les 'Croisés' de ses lointains ancêtres. 

A qui profiteraient des crimes de terroristes islamistes ?

Les risques calculés qu'a pris Baghdadi en se montrant dans cette vidéo visent à impacter les media et le pouvoir à la veille des élections européennes en semant la peur en France, des bénéfices politiques qui iraient à Macron comme au chef islamiste. Comment expliquer toutefois que la France - plus que ses alliés de la coalition - soit désignée explicitement comme l'ennemi international numéro 1, si les uns et les autres n'y trouvent pas leur compte ?

Le début du ramadan et l'ouverture de la campagne des Européennes coïncident avec cette annonce de règlements de comptes islamistes.  
Ce grand retour du chef de Daesh est censé préparer le terrain à la campagne terroriste qui est menée chaque année par son organisation à l’occasion du mois de jeûne musulman de Ramadan (5 mai-4 juin). 
En 2014, ce mois avait pour les djihadistes été marqué par la proclamation de Baghdadi comme 'calife' et par une expansion fulgurante en Irak. 
En 2016, des terroristes inspirés ou dépêchés par Daesh avaient frappé au coeur de Bagdad et de Médine, mais aussi en Turquie, aux Etats-Unis, en France, au Yémen et au Bangladesh. 
Le Ramadan 2017 avait été relativement moins sanglant, car Baghdadi et ses partisans étaient accaparés par la lutte pour leur propre survie en Irak et en Syrie. 
En 2018, Daesh a en revanche repris l’initiative terroriste sur trois continents. Cette fois, durant le mois de Ramadan qui débute le 6 mai, Baghdadi et ses fidèles tenteront par tous les moyens de se "venger" ici ou là de la perte de leur dernier territoire en Syrie.

En France, les Gilets jaunes seraient du même coup amenés - plus sûrement qu'avec le "grand" débat de Macron - à abandonner la lutte et Macron - comme ses media qui parlent en permanence d'essoufflement au bout d'environ 6 mois, sur la base des chiffres trafiqués de ce menteur de Castaner ! - ou ses émissaires sur les plateaux de télévision l'auraient belle de crier victoire...

Mais,
malgré son sens de l'humain, par son appel à la vengeance, Abou Bakr al-Baghdadi ne plaide pas en faveur d'un retour et de l'accueil en France des épouses et des enfants de djihadistes.