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lundi 4 novembre 2019

Mali : Daesh revendique les morts de deux soldats malien et d'un français

Un soldat français de l'opération Barkhane a encore donné sa vie pour la sécurisation du Mali contre le terrorisme islamiste

Le pays a également été secoué par deux autres attaques depuis vendredi, où 51 soldats maliens ont péri, avant la perte du soldat français mort samedi au Mali sur un engin explosif
 Le brigadier Ronan Pointeau est mort samedi après que son véhicule blindé a été frappé par un engin explosif.
Soldat engagé au Mali depuis le mois d’octobre
au 1er régiment des Spahis,
Ronan Pointeau venait de fêter ses 24 ans.
 
Plus de sept ans après l’invasion du pays par des terroristes islamistes, le Mali reste toujours sous la menace des djihadistes. 
Ce dimanche, deux soldats maliens ont été tués par un engin explosif. Samedi, le brigadier français Ronan Pointeau, membre de la force Barkhane déployée au Mali, avait été également tué dans l’explosion d’un engin explosif artisanal au passage de son véhicule.

L’attaque a été revendiquée par Daesh.
"Cette attaque insidieuse montre l’importance et l’âpreté de la lutte contre les groupes armés terroristes pour la sécurisation du Liptako [une région à cheval entre le Mali et le Burkina Faso]," a expliqué l’état-major des Armées dans un communiqué.  
Quelle est aujourd’hui la situation au Mali ?
Un soldat français de Barkhane apprend à un soldat des forces armées maliennes l'utilisation de son arme, le 27 avril 2019.
"La situation n’est pas hors de contrôle, mais les capacités de gestion de l’État malien s’amenuisent," analyse Philippe Migaux, maître de conférences à Sciences Po Paris. Docteur en Ethnologie, il est expert sécuritaire, depuis 2010 pour l’Union Européenne (Sahel et Yémen) et, depuis 2013 pour l’Organisation des Nations-Unis (phénomènes djihadistes).
Le spécialiste énumère les nombreuses forces djihadistes en présence : "Le GSIM (groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), héritier d’Al-Qaïda, a développé un djihadisme touareg autour de Kidal, dans le nord du pays, mais aussi un djihadisme peul, dans le centre et le sud. Depuis 2017, l’Etat islamique du Grand sahara (EIGS) collabore avec eux, ce qui contribue à aggraver la situation".

Vendredi, 49 soldats maliens ont été tués près de Ménaka (nord-est du Mali) au cours d’une "attaque terroriste" attribuée aux djihadistes islamistes. C’est l’une des plus graves subies par l’armée malienne. 
Elle vient s’ajouter à d’autres attaques menées ces derniers mois dans le sud du pays. Sur son site, le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement de voyager au Mali. L'information serait utile aux soldats professionnels, s'ils étaient venus faire du tourisme, mais elle est particulièrement indécente dans la situation ?

La force Barkhane dispose-t-elle aujourd’hui d’assez de moyens ?
Créée en août 2014, l’opération Barkhane est venue prendre le relais de l’opération Serval, qui avait stoppé l’avancée des forces djihadistes en direction de Bamako. Barkhane ne vise plus qu'à aider les pays du "G5 Sahel" (Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) à lutter contre les islamistes armés
Les 4.500 militaires français peuvent aussi mener leurs propres opérations. Depuis le début de Barkhane, quinze militaires français sont morts dans l’exécution de leur mission.

"La force Barkhane joue son rôle de force régionale en attendant que le G5 Sahel puisse prendre la main, rappelle Philippe Migaux. Mais il n’est pas question de réinstaller une force française pour faire le travail des autorités africaines. C’est un travail de longue haleine". Le problème, c’est que le G5 Sahel peine à tenir son rôle. Début octobre, plusieurs témoignages recueillis par le journal Le Monde montraient à quel point les soldats burkinabés, membres du G5, étaient mal équipés pour faire face aux terroristes.

Y a-t-il un risque de déstabilisation de la région ?
Les pays frontaliers du Mali sont aussi touchés par la vague djihadiste : le Burkina a subi plusieurs attaques au cours des derniers mois. La dernière en date, mi-octobre, a visé une mosquée et a fait au moins seize morts. Au Niger, douze soldats ont été tués dans la nuit du 29 au 30 octobre, vraisemblablement par des membres du groupe terroriste Boko Haram.

"La réponse militaire ne peut être suffisante (…) Il faut que les pays européens aident les Etats sahéliens touchés par le-dit djihadisme à se réformer en profondeur. Pour le moment, les Occidentaux ont surtout contribué à restaurer un système inégalitaire qui permet aux djihadistes de recruter sans difficultés," affirmait Roland Marchal, chercheur au CERI de Sciences Po, dans un entretien à La Croix en mai dernier. 
"Pour l’instant, il n’y a pas de prise de territoires de la part des djihadistes, poursuit Philippe Migaux. Cela reste une présence clandestine, mais qui a réussi à fédérer tous les mécontents". 



lundi 13 mai 2019

Otages libérés au Burkina: des zones d'ombre persistent

Ce que l'on sait de l'opération et des ravisseurs; ce qu'on nous cache

Trois otages concentrent l'attention

Le compte n'y est pas !
Trois otages sur quatre : où est l'Américaine ?
La presse annonce la libération de quatre otages par les forces spéciales françaises, mais 'les gens' n'ont toujours pas pu voir le quatrième.
Sur les deux Français enlevés au Bénin au début du mois, seul l'un d'entre eux prend la parole et la Coréenne du Sud qui apparaît sur les images parle le moins possible.  
Seul le mystère sur les preneurs d'otages intéresse les media, dont l'identité reste encore inconnue. Il est "trop tôt pour se prononcer", a avoué ce vendredi la ministre des Armées Florence Parly, mais les connexions entre les groupes armés du nord du Burkina Faso et la katiba Macina dans le centre du Mali, à qui étaient semble-t-il destinés les otages, laissent à penser que des membres du groupe Ansarul Islam pourraient être les auteurs de l’enlèvement des deux touristes français au Bénin. Les deux autres étaient déjà retenus au Burkina Faso quand le couple de Français en voyage de noces y firent une pause.

L'alerte de l'enlèvement des deux touristes français au Bénin a été donnée le 2 mai et cinq jours après les forces spéciales françaises ont mené une première opération sur le sol burkinabé. La mission était de récolter du renseignement. Selon Ouagadougou, "des téléphones sont récupérés". Ils ont peut-être permis de remonter la piste des preneurs d'otages. Ensuite, grâce à un important travail de renseignement des services américains, le véhicule des ravisseurs est repéré. Arrivés à la frontière malienne, à environ 70 km de Djibo, les ravisseurs stoppent leur progression. Une nouvelle fois les informations sont minutieusement recoupées, afin d'être sûr que les otages français se trouvent bien dans les huttes qui servent de caches aux terroristes. Les observations permettent de conclure que les otages sont aux mains de six islamistes. Autrement dit, c'est le moment d’agir, car il y a un risque que les Français soient transférés vers un groupe armé "plus aguerri", précise une source militaire. 

Dans la nuit de jeudi à vendredi 10 mai, l'opération est lancée. L’infiltration a lieu de nuit. Les forces spéciales neutralisent la sentinelle, mais il s’ensuit un échange de coups de feu. A l'intérieur des huttes, les commandos découvrent quatre otages et non deux, comme ils l’avaient imaginé au départ : les deux Français, une Américaine et une Sud-Coréenne. Dans l'assaut, deux militaires d'élite d'une trentaine d'années sont mortellement touchés. Quatre terroristes sont tués, deux autres sont en fuite. L'objectif de la mission a été rempli, mais le prix à payer a été élevé pour les commandos marine. Surtout si on n'omet pas de mentionner le guide africain dont le cadavre a été retrouvé atrocement mutilé.  

Le groupe Ansarul Islam soupçonné
L’identité des ravisseurs reste incertaine. Selon des sources concordantes, les soupçons portent sur les hommes de Jafar Dicko, le frère d'Ibrahim Malam Dicko qui a été tué en 2017. Il dirige Ansarul Islam, un groupe terroriste qui recrute principalement dans la communauté peule, agissant dans le nord du Burkina Faso, avec des connexions avec la katiba Macina d'Amadou Koufa au centre du Mali. La ministre des Armées Florence Parly est incapable de confirmer l'information, mais elle "assure prudemment" "qu'il est encore trop tôt pour se prononcer" sur l'identité des ravisseurs.
Deux groupes terroristes opèrent dans la zone.
Comme l'a rappelé la ministre, deux mouvements terroristes opèrent dans la zone. L'un affilié à al-Qaïda, le Front de libération du Macina. En mars 2017, le chef de guerre, Amadou Koufa apparaissait en personne sur la vidéo de formation du Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans aux côtés du djihadiste Iyad Ag Ghali. L'autre mouvement est plus proche de l'Etat islamique. Il s’agit de l'Etat islamique au Grand Sahara, dont le chef de guerre Abdoual Hakim, un proche d'Adnane Abou Walid al-Sarahoui opère non loin de là, un peu plus vers l'Est, côté malien. Cette zone frontalière entre le Mali, le Burkina et le Niger sert de base arrière aux groupes terroristes régionaux. C'est pourtant la zone de vacances choisie par le couple de Français, enlevés au Bénin au début du mois,  Laurent Lassimouillas et Patrick Picque.
L'objectif de la mission a été rempli, commente la presse institutionnelle, mais "le prix à payer" a été élevé pour les commandos marine. Sauf que le sacrifice de deux militaires valeureux aurait pu être réservé à une mission plus noble que le sauvetage de deux adultes inconscients mettant la vie d'autres en péril mortel.

VOIR et ENTENDRE comment la presse minimise la responsabilité de Jean-Yves L Drian, puisque le site du Quai d'Orsay indiquait en orange une zone à risques, laquelle a été passée au rouge dans les heures qui ont suivi la libération des quatre otages. 
En clair, à l'origine, la zone du parc de Pendjari n'était pas pour autant classée en rouge comme le laissait entendre le ministère des Affaires étrangères  :

On notera aussi que Le Drian se défausse sur les agences de voyages...
La ministre des Armées en a profité pour rappeler que "l’heure n’est pas aux polémiques". 


A ce propos, l’ex-otage Nicolas Hénin, capturé au cours d'un reportage en tant comme correspondant de l’hebdomadaire Le Point par l’Etat islamique en Syrie en 2013, estime qu’elle est "déplacée". En septembre 2014, consécutivement aux révélations du journal Le Monde, cette belle âme confirme que le suspect de la tuerie du Musée juif de Belgique, Mehdi Nemmouche, a été l'un de ses geôliers en Syrie et qu'il a été "maltraité" par celui-ci.
Les investigations ont été confiées à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la sous-direction antiterroriste. Les ouvertures d'enquêtes ne servent pas qu'à imposer le silence à l'opinion, rassurez-nous !
Que Parly n'hésite pas à nous prévenir quand le temps sera venu...

Mais est la quatrième? Qu'est-elle devenue ?


Le focus sur les trois otages accueillis par Macron floute l'Américaine... Si Macron a pu se pavaner à Villacoublay misant sur un gain de quelques misérables points dans ses sondages, c'est que les services secrets américains étaient déjà sur le coup et qu'il a pu profiter de la qualité du Renseignement du président dénigré par notre presse alignée sur le New York Times et le Washington Post qui ont fait campagne pour Hillary Clinton.

Ce qu'on veut bien nous dire des deux otages sud-coréenne et américaine.
Lorsque les services secrets de Trump ont dirigé le commando français de marines sur le point de détention des deux otages français, ce commando d’élite a découvert dans le campement terroriste la présence d’une Américaine et d’une Sud-Coréenne. Elles étaient captives depuis vraisemblablement 28 jours. "Nous n’étions pas au courant de leur présence", a admis Florence Parly. "Les contacts que nous avons eus avec les Etats-Unis et la Corée du Sud montrent que probablement ces pays-là n’avaient pas nécessairement conscience de la présence de ces deux ressortissantes en territoire burkinabé", a hasardé la ministre.

La Sud-Coréenne retrouvée au Burkina-Faso voyageait au Bénin en tant que "simple touriste", a affirmé ce lundi 13 mai un responsable de son ambassade à Paris. 
"Elle voyageait simplement, elle ne travaillait pas. Ca faisait près d’un an qu’elle était en route", indique ce responsable. Avant d’arriver au Bénin, l’ex-otage s’était rendue au Sénégal et au Mali. Elle avait été enlevée par des hommes armés alors qu’elle tentait de traverser en voiture la frontière entre le Bénin et le Burkina. Elle était alors avec l’Américaine. Elle a quitté le Burkina Faso samedi 11 mai avec les deux captifs français, faute de représentation diplomatique sud-coréenne sur place. L’ambassadeur sud-coréen en France était présent à Villacoublay à son arrivée. Elle a été prise en charge à l’hôpital militaire pour vérification de son état de santé. "Elle ne souffre pas de problèmes particuliers", a indiqué le responsable de son ambassade à Paris. Elle devrait rentrer chez elle ce lundi ou mardi.

Quant à l’Américaine, elle ne se trouvait à l'évidence pas là par hasard...
La chaîne ABC assure pourtant qu’il s’agit d’une touriste. Mais aucune autre information n’a filtré. Un responsable du département d’Etat américain a remercié la France pour sa libération, sans donner plus de précisions. Elle devait être rapatriée "indépendamment". Dimanche, Le JDD publie une photo des ex-otages, mais l’Américaine n'y apparaît pas, "à la demande des autorités de son pays". Elles n'ont pas osé dire "à la demande de sa famille"...

Il se murmure que
l'Américaine s'est évaporée dans la nature, parce qu'elle appartiendrait à la CIA.

samedi 11 mai 2019

Deux soldats sacrifient leurs vies au Burkina Faso pour sauver deux irresponsables Français

La classe politique ne condamne pas les touristes pris pour otages en voyage d'agrément dans une zone dangereuse du Bénin

Macron va saluer héros et inconscients pareillement

Les soldats français Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont, morts dans l'opération visant à libérer les otages Picque et Laurent Lassimouillas au Burkina Faso.

Pour sauver le soldat Loiseau, les président est entré en campagne des Européennes. Pour autant, ces élections justifient-elles que Macron manque à nouveau de discernement dans le jugement des responsabilités des uns et des autres ? Qu'il honore les deux soldats qui ont fait le sacrifice de leurs vies est certes naturel, mais qu'il aille à l'aéroport accueillir les deux enseignants en balade responsables de leurs morts est un geste de mépris de la vie des militaires.

Vendredi, des élus ont pourtant mêlé dans un même salut la mémoire des deux sauveteurs français qui ont été tués et les deux individus pour lesquels une vie opération de libération a dû être montée. Que les otages libérés aient été quatre au final ne change rien à la faute du ministère des Affaires étrangères qui a autorisé le voyage des deux ressortissants Français au Bénin, retrouvés au Burkina Faso, en cours de transfert au Mali, dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le Bénin est un pays en guerre. Avec le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria, le Bénin participe à la lutte armée contre Boko Haram et ISIS, avec le soutien de la France, dans le cadre de l'opération Barkhane, menée depuis le 1er août 2014 au Sahel et au Sahara contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. Ensemble, ils devaient mobiliser 8.700 hommes pour lutter contre ce mouvement salafiste djihadiste né dans le nord-est du Nigeria et qui a pour objectif d'appliquer la charia sur l'ensemble des territoires qu'il parvient à conquérir...
Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers du commandement des opérations spéciales, membres du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale, ont été tués lors d'une opération des forces spéciales françaises, au cours de laquelle quatre otages - deux Français, une Américaine et une Sud-coréenne - ont été libérés.
Dans le communiqué annonçant la libération des otages, l'Elysée prête au président Macron des mots de réconfort, assurant qu'il "s'incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens" et "adresse ses sincères condoléances à leurs familles".
Cédric de Pierrepont, chef de groupe commando
Pacsé, Cédric de Pierrepont, 33 ans, ci-dessus à gauche, cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d'opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel, théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier.
Il était titulaire de quatre citations avec attribution de la croix de la valeur militaire et d'une citation à l'ordre de la brigade avec attribution de la médaille d'or de la défense nationale.
Alain Bertoncello, 7 ans de service
À 28 ans, il était également pacsé et cumulait plus de 7 ans de service au sein de la marine nationale. Après son entrée dans les commandos Marine, il a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant...
Lui était titulaire d'une citation à l'ordre du régiment avec attribution de la médaille d'or de la défense nationale et était décoré de la médaille d'outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la médaille d'argent de la défense nationale.
"Morts pour la France cette nuit au Burkina Faso, les commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont sacrifié leur vie pour sauver celle de 4 otages, désormais libres. Je pense à leurs familles, à leurs frères d'armes. Toute la Nation s'incline devant leur courage", a également réagi la ministre française des Armées Florence Parly.

Au nom du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM), la chambre basse a présenté "ses sincères condoléances" "aux familles et aux proches des soldats morts pour la France, mais aussi à nos forces armées endeuillées", sur Twitter.

"Ils s'étaient formés pour servir jusqu'au milieu du plus grand danger ; par leurs vies données, (ils) n'ont pas seulement sauvé des otages, ils ont montré ce qui fonde un pays, ce lien qui nous engage jusqu'au don de soi", a pour sa part fait valoir la tête de liste LR pour les Européennes, François-Xavier Bellamy.
"Pour cela, nous leur devons tous notre reconnaissance infinie, comme à leurs frères d'armes des Commandos marine", a-t-il poursuivi.

La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a également rendu hommage à "nos deux marins qui se sont sacrifiés pour sauver la vie de nos compatriotes au Burkina Faso", en les qualifiant de "héros", un terme également utilisé par la tête de liste du parti d'extrême droite aux Europénnes, Jordan Bardella.

Président du MoDem, François Bayrou, a pour sa part exprimé "une pensée fervente pour les deux militaires", en écrivant que "donner sa vie pour d'autres et pour son pays, consentir au sacrifice, ce n'est pas un vain mot.

Le Parti socialiste a salué "le courage des forces spéciales françaises" et "s'incline devant la mémoire et le sacrifice des 2 officiers commandos morts dans l'accomplissement de leur devoir".

Le président de Debout la France et tête de liste aux Européennes, Nicolas Dupont-Aignan, a lui-aussi évoqué un "sacrifice". "La Nation remercie ces hommes et femmes engagés quotidiennement en France et à l'étranger pour préserver notre sécurité", a-t-il encore écrit.

Jean-Yves Le Drian a fait rédiger un communiqué en langue de bois.
"Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération. J’exprime à leurs familles et à leurs proches mes condoléances attristées et toute ma sympathie. N’oublions jamais le courage et l’abnégation de nos soldats au service de la sécurité des Français partout dans le monde".
Le Quai d'Orsay n'a pas omis d'adresser ses "pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l'enlèvement de nos deux compatriotes".
Le Drian se fait discret : il a assez à faire avec ses ventes d'armes au Yémen, d'autant que leur ventilation atteint le Sahel selon des circuits de redistribution qu'il ne maîtrise pas, mais tuent au Burkina-Faso... 

Jean-Yves Le Drian a fait rédiger un communiqué
Je salue avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération. J’exprime à leurs familles et à leurs proches mes condoléances attristées et toute ma sympathie. N’oublions jamais le courage et l’abnégation de nos soldats au service de la sécurité des Français partout dans le monde.
Il se fait discret : il a assez à faire avec ses ventes d'armes au Yémen, d'autant que leur ventilation atteint le Sahel selon des circuits de redistribution qu'il ne maîtrise pas, mais tuent au Burkina-Faso... 
Les otages libérés devraient être traduits en justice pour mise en danger de la vie d'autrui...car ils se sont rendus dans une zone fortement déconseillée par le ministère des affaires étrangères...Et à cause de leur inconscience 2 soldats sont morts ..RIP.— Mr.Taupe (E.Alkemade) (@ERIC415ERIC) 11 mai 2019
Une voix manque toutefois au flot de tweets et communiqués 
Celui de Mélenchon : il est en campagne à Marseille et son obsession du moment c'est "Il faut que les gouvernements français arrêtent de trottiner derrière les gouvernements de droite allemands. "

Ces chants de gloire aux héros retentissent pour recouvrir la responsabilité du gouvernement 

Une zone déconseillée par le Quai d'Orsay.
Nathalie Loiseau y a fait carrière : elle en dirigeait les services administratifs.  Faut-il en dire davantage pour être convaincu de la qualité de sa gestion?  

Les deux touristes français avaient été enlevés le 1er mai au Bénin, dans le parc de la Pendjari situé à la frontière avec le Burkina Faso et le Niger, deux pays où des groupes armés, notamment djihadistes, sont de plus en plus actifs. Le corps de leur guide avait été retrouvé samedi dernier.
Selon des experts et des sources sécuritaires, le nord des pays côtiers de l'Afrique de l'Ouest, comme le Togo et le Bénin, est devenu vulnérable ces derniers mois face à la stratégie d'expansion et de multiplication des fronts adoptée par les groupes armés.
Le Bénin est un pays démocratique considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest, une région où opèrent de nombreux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique. Mais les parcs sont des zones très difficiles à surveiller, malgré un renforcement des équipes, entraînées militairement depuis qu'African Park, l'ONG en charge de la gestion de la Pendjari, a repris la gestion de la Pendjari.
L'opération de libération des otages a été "rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane (quelque 4.500 hommes déployés par la France au Sahel depuis 2014), l’implication des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement", précise le chef d’état-major français, le général François Lecointre.
Bras ballants, Jean-Yves Le Drian a pointé - mais un peu tard - la dangerosité prévisible de l’endroit où ils se trouvaient. "La zone où étaient nos compatriotes était considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge, c’est-à-dire une zone où il ne faut pas aller, où on prend des risques majeurs en allant", a-t-il souligné. "Je pense qu’il faut que tous ceux qui veulent faire du tourisme dans ces pays s’informent auparavant (…)""Le message que je peux délivrer comme ministre des Affaires étrangères est que la plus grande précaution doit être prise dans ces régions pour éviter que de tels enlèvements n’aient lieu, et pour éviter des sacrifices de nos soldats", a-t-il insisté. Il n'est donc pas de sa responsabilité d'encadrer le tourisme et de prévenir les prises de risque en concertation avec les agences de voyages. A moins que sa politique soit de favoriser le tourisme des pays amis aux dépens de la prévention. 
L’enlèvement de deux Français dans le parc de la Pendjari, "un coup dur pour le tourisme au Bénin," selon France 24...
À Cotonou, les expatriés sont inquiets, mais certains Béninois considèrent qu'il s'agit d'un non-événement mineur après les violences post-électorales. Parce que le président du Bénin, Patrice Talon? a fait le pari du tourisme à son arrivée au pouvoir en 2016 et que le parc de la Pendjari en est le premier atout, "je vois derrière cette histoire un complot,” confie un jeune béninois.

Les deux individus libérés


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Les deux ressortissants français, enlevés au Bénin le 1er maiau cours d'un séjour touristique, et libérés le 10 au Burkina Faso seront récupérés par les services de l'Elysée : le président assurera leur accueil télévisé samedi à Villacoublay.

Ils se nomment Laurent Lassimouillas et Patrick Picque. 
Les deux otages français sont attendus samedi 11 mai à 18 heures à Villacoublay, près de Paris. Ils sont  âgés respectivement de 46 et 51 ans et ne sont donc pas - a priori - de grands ados irresponsables. Ils ont pourtant choisi de faire du tourisme en territoire occupé par des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, avec l'autorisation du Quai d'Orsay.

Ils n'étaient d'ailleurs pas rentrés de leur safari dans le parc de la Pendjari. Les deux aventuriers avaient d'abord été considérés comme perdus dans cette étendue de près de 5.000 km le long de la frontière burkinabé, jusqu'à ce que le corps sans vie et très abîmé de leur guide béninois, Fiacre Gbédji, soit retrouvé samedi matin dans ce parc.

Né à Marseille, 
Laurent Lassimouillas est professeur de piano à Longjumeau, dans l'Essonne. Ce chef d'orchestre dirige l'orchestre symphonique 2e et 3e cycles du conservatoire municipal Maurice Ravel d'Ozoir-la-Ferrière, 20.000 habitants, en Seine-et-Marne. Décrit comme "très sympathique" par son entourage, l'homme lettré, amoureux de la nature et des voyages exotiques est "très professionnel et très apprécié". "Il est brillant, très pro, pointu, très impliqué et très exigeant avec ses élèves", assure-t-on au conservatoire d'Ozoir-la-Ferrière.
Engagé pour la cause des sourds et malentendants, "c'est quelqu'un qui donne sans compter", raconte l'un de ses anciens élèves qui a appris pendant près de six ans le piano à son côté. "Je le connais depuis que j’ai 14-15 ans. Il est bienveillant et donne de nombreux conseils." Venu passer une dizaine de jours au Bénin, il était donc accompagné de Patrick Picque. 

Né à Mortain, dans la Manche, P. Picque a grandi à Barenton, à une dizaine de kilomètres, mais est domicilié en région parisienne, où il est créateur de bijoux. C'est sur franceinfo que la mère de Patrick Picque a appris la libération de son fils, indique la radio.

Les deux valeureux sauveteurs de ces deux artistes faisaient partie du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale. Macron a fait savoir qu'il dirigera personnellement l'hommage national qui leur sera rendu mardi aux Invalides.

Les deux touristes, qui venaient de se marier, étaient en voyage de noce lors de leur rapt. 

mardi 28 novembre 2017

Afrique : l'explosion d'une grenade pour l'arrivée de Macron fait trois blessés

L'explosion d‘une grenade à Ouagadougou a blessé trois civils lundi soir

Un véhicule transportant des militaires français était visé
Fleurs pour Macron, après la grenade contre un véhicule militaire français
"Un véhicule militaire français attaqué à la grenade", titre francetvinfo. 
"L'attaque est intervenue quelques heures seulement avant l'arrivée d'Emmanuel Macron au Burkina. Deux individus encagoulés ont lancé, lundi 27 novembre dans la soirée, une grenade contre un véhicule de l'armée française dans un quartier nord de Ouagadougou." Les deux attaquants qui circulaient à motocyclette sont activement recherchés, selon Radio France Internationale, qui cite des informations des services de sécurité.


Arrivé lundi en fin de soirée au Burkina Faso, première étape d‘une tournée africaine au cours de laquelle Emmanuel Macron entend s‘adresser à la jeunesse et défendre un partenariat “renouvelé” entre la France et l‘Afrique.
Le chef de l‘Etat était attendu mardi matin à l‘université de Ouagadougou pour un discours sur sa politique africaine. 


Sur le trottoir, trois personnes ont été blessées par l'explosion

L'une d'entre elles est grièvement atteinte. 
Encore non revendiquée, l'attaque a eu lieu dans le centre de la capitale, loin de l'aéroport où un important dispositif sécuritaire avait été déployé.

En août dernier, un attentat dans un café-restaurant de Ouagadougou avait fait 20 morts, dont un Français.
Un attentat revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), contre le restaurant chic Le Cappuccino et l’hôtel Splendid avait déjà fait 30 morts à Ouagadougou en janvier 2016. Deux pick-ups avaient explosé devant cet hôtel fréquenté par les Occidentaux et le personnel des agences onusiennes.
Deux gendarmes ont en outre été tués et deux autres blessés dans l’explosion d’un engin au passage d’un convoi au nord du Burkina Faso, a-t-on appris le 27 septembre 2017. 

Présence islamiste au Burkina-Faso

La grenade a explosé sur la chaussée sans atteindre sa cible militaire. Il n‘y a cependant à l‘heure actuelle aucune preuve d'une volonté explicite de viser l'armée française, s'empresse de déclarer une source diplomatique anonyme. 

Le 16 décembre 2016, douze soldats burkinabè du groupement des forces anti-terroristes avaient pourtant été tués par "une quarantaine d’individus (…) lourdement armés", au poste militaire de Nassoumbou, dans le nord du pays, à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Mali.

Le nord du Burkina est en effet en proie aux attaques régulières des djihadistes. Début octobre, cinq militaires avaient péri à Intagom (près de la frontière malienne), là où, trois policiers avait été tués trois mois plus tôt. Ces séries d’attaques contre les forces de sécurité et de défense ont fait une vingtaine de victimes depuis 2015.
A Djibo, la capitale du Soum, un couple australien avaient été kidnappés en 2015. La femme a été libérée après une médiation nigérienne, mais son mari reste toujours aux mains des ravisseurs.

Depuis 2016, le pays est en fait confronté au phénomène islamiste, notamment avec Ansarul Islam, groupe créé par un prédicateur local, Ibrahim Dicko. Lequel est donné pour mort depuis juillet 2017.

samedi 1 novembre 2014

L'avenir du Burkina-Faso est-il islamiste ?

Le parti du président démissionnaire n'était pas membre de l'Internationale socialiste

Le Burkina Faso, premier pays du "printemps noir" ? 
Le futur de ce pays est-il vraiment militaire ?
La presse occidentale a repris le crayon de ses caricatures passées. La rue burkinabèe aurait agi avec la plus grande spontanéité et la fougue de la jeunesse aurait suffi à déboulonner Blaise Compaoré, en route, dit-on, pour le Ghana. 
Le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP/PS4) n'aurait donc pris aucune part dans la fin d'un pouvoir qu'il revendiquait pourtant depuis trois décennies et la démocratie aurait gagné après 27 années de stabilité.
Il a néanmoins  mobilisé des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Ouagadougou, accusant Blaise Compaoré de fomenter un "coup d'état" constitutionnel. L'importance de ce motif doit toutefois être relativisé au regard des pratiques africaines. 

Nul n'est besoin d'être militaire pour être dictateur
En République islamique d'Iran, le pouvoir est exercé par un religieux, l'ayatollah Ali Khamenei, 75 ans, qui n'a pas dit son dernier mot après 25 années de pouvoir absolutiste et sectaire. L'actuel Guide suprême de la Révolution islamique est un terroriste,
Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe, ancien chef de guérilla qui se dit "diplômé en violence", ne peut donner des leçons de démocratie à son collègue bukinabè, puisqu'il exerce sa dictature "marxiste-léniniste-maoïste" depuis 1987, à l'âge de 90 ans.

Depuis la démission de Blaise Compaoré vendredi,
le Burkina Faso, "pays des hommes intègres", a remis son avenir entre les mains d'un militaire. Les insurgés miseraient sur l'un d'entre eux, le chef d'état-major des armées, Honoré Traoré, qui assure l'intérim dans l'attente d'élection. Mais l'invraisemblance de cet engouement laisse présager une menace plus réelle: d'une part, les jeunes n'ont aucune attirance naturelle pour l'armée et, d'autre part, d'autres militaires, se disputent le pouvoir, l'un retraité, d'autres plus jeunes, constitués en junte. Cette menace ne serait pas tant militaire ou politique, que religieuse. Déjà, certains experts parlent en effet de "printemps noir" en octobre.
La crainte d'un coup d'état militaire

Désigner des militaires comme seuls prétendants est une première manipulation. L'intention de la première force politique alternative est claire: discréditer l'armée qui assure pourtant le maintien de l'ordre actuel et limite les risques de violence. Jusqu'ici parti observateur de l'Internationale socialiste, le Parti pour la Démocratie et le Progrès, ex-Mouvement du peuple pour le socialisme, compte sur l'opinion internationale réserver un mauvais accueil aux militaires, évacuant les exemples des glorieux putschistes de l'histoire de la gauche, tel Chavez.   

La presse occidentale décrit la déception des manifestants 
Réunis place de la Nation, comme place Tahrir, au Caire en Égypte, les dizaines de milliers de manifestants qui fêtaient le départ de Blaise Compaoré ont déchanté en apprenant que le nouvel homme fort est Honoré Traoré, nommé par l'ancien président en avril 2011 à la tête de l'institution militaire, en récompense de sa gestion de la révolte survenue cette année-là dans le pays. "Il est considéré comme très proche de l'ancien président", explique le rédacteur en chef du Reporter, un journal burkinabè.
Cette prise de pouvoir n'a aucune légitimité constitutionnelle: la constitution prévoit que le président de l'Assemblée assure l'intérim, en aucun cas le chef des armées. Des centaines de manifestants continuent donc de se réunir devant le siège de l'état-major pour réclamer un autre président. 
Un président de transition. 
Quel futur pour le Burkina Faso ?
Honoré Traoré, au centre
"Dans ce genre de moments, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de risque de coup d'état militaire", admet un journaliste qui ne minimise pas le risque de basculement dans la terreur. Il demeure pourtant confiant. "Il ne fait pas l'unanimité, mais si l'opposition l'a laissé prendre le pouvoir c'est qu'ils ont l'assurance qu'il ne va rien tenter". Une analyse partagée par Justin Yarga, journaliste pour la chaîne de télévision Burkina 24. "L'armée n'a aucune légitimité; elle s'est tenue à l'écart de la révolte. C'est le peuple qui s'est révolté, pas elle, insiste-t-il. Et le journaliste de porter en avant les jeunes, non organisés et manipulables. "Les militaires se sont impliqués trop tard pour réclamer la paternité de cette révolte", polémique-t-il. 
Les mêmes schémas se profilent. Comme à Kiev où la destitution du président en février 2014 a conduit à un gouvernement pro-européen d'abord dirigé par Oleksandr Tourtchynov, puis par Arseni Iatseniou, démissionnaire en juillet 2014 et finalement élu avec 22 % des voix en octobre 2014, le processus pourrait se répéter à Ouagadougou avec un président par défaut d'abord, le temps d'apaiser les tensions. L'annonce toutefois de la suspension de la Constitution par un groupe d'officiers de l'armée nourrit  ce jour les craintes des manifestants. La confusion est donc encore grande, puisque cette annonce vient contredire celles'oppose à celle du général Traoré qui avait dit assumer la continuité du pouvoir.  

Les rivalités de 
opposition politique, facteurs d'instabilité 

Les partis se préparent à la lutte pour le pouvoir. 
Unis contre Blaise Compaoré, les partis d'opposition sont entrés en compétition. "Ce sont des alliés de circonstance, les partis étaient unis face à Compaoré. Même si ce n'est pas encore visible, les luttes entre les principaux leaders vont bientôt émerger.
Parmi les figures potentiellement rassembleuses, celle du général en retraite Kouamé Lougué a émergé. "Au sein de la population, c'est sûr qu'il est largement soutenu. Il a beaucoup plu quand il était ministre de la Défense, mais je crois qu'il n'est pas dans la course au pouvoir," analyse Ladji Bama, qui conclut : "Ca se jouera entre les partis d'opposition". Parmi eux, deux sont particulièrement bien placés. L'UPC de Zéphirin Diabré, un homme d'affaires (Areva), "le vrai chef de l'opposition" aux yeux du journaliste politique. Mais à la compétence, les jeunes préféreraient le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) qui n'est pas un nouveau parti, mais la fusion de 13 partis politiques socio-démocrates, aussi peu gérables que le PS français ou EELV...

La société civile a un rôle à jouer. 
Au-delà des partis, de nombreuses associations et autres formations "apolitiques" ont émergé depuis le début de la contestation populaire. A l’image du mouvement "Y’en à marre" du Sénégal, la plus connue au Burkina -notamment grâce à une émission de radio- s'appelle le Balai Citoyen, un mouvement lancé par deux jeunes musiciens, qui remporte l'adhésion des jeunes déçus de la classe politique, Sams K Le Jah (reggae et radio) et Smockey qui fait du rap. "Les partis vont leur faire les yeux doux pour s'attirer les votes de leurs sympathisants et profiter de leur capacité de mobilisation", prophétise-t-on. Le message de Sams’K le Jah exploite clairement la colère sociale: "on a par exemple les coupures de courants. Il n’y a pas longtemps, la bouteille de gaz a connu une augmentation de près de 50%, ça ne s’explique pas !" Leurs textes sont politiques (Ce président-là) et ils ont créé une page Facebook pour partager leur mouvement.
Le Balai Citoyen a partagé la photo de Souleymane Ouedraogo.

Le rôle des réseaux sociaux dans le soulèvement du Burkina Faso aura été nul. 
La population manifestait en nombre dès mardi avant qu’on parle du mouvement sur Facebook, le seul véritablement suivi. En revanche, ce mouvement est très important pour la jeunesse des états limitrophes et nombre d’Africains des pays voisins en Afrique de l’Ouest ont posté des messages de soutien au Burkina sur les réseaux sociaux.  La mobilisation du Burkina peut être un exemple et pourrait avoir un vrai rôle sur la jeunesse africaine.

Le politique face au religieux


D'après le recensement de 2006, la proportion de musulmans s'élève à 60,5 %. 
Mais l'ethnie des Mossis a toujours défendu ses croyantes animistes contre les influences islamiques des musulmans venus du Mali. Aujourd'hui, on les retrouve toutefois dans les villes de Bobo-Dioulasso, Kong ou Bunduku. D'autres marchands transsahariens sont arrivés du Nigéria, ont épousé des femmes Mossis et la communauté musulmane s'est agrandie , assurant l'éducation islamique. Passés sous hégémonie peule, ils se transformèrent en émirats, sous la coupe de deux califats, à l’ouest et à l’est. Pendant le grand djihad de 1809-1867 contre les animistes, l'islam s'étendit dans la région de la Côte d'Ivoire, de la Guinée et de la Haute-Volta, l'actuel Burkina-Faso (depuis 1984).
Les mouvements islamistes s'opposent à la culture européenne dominante. Pour autant qu'on sache, ils ne représentent pas encore une réelle menace, mais le fait qu'ils ont intégré des groupes ethniques divers constituent à la fois une faiblesse et une force à maintenir sous vigilance. Les petits garçons, appartenant principalement aux classes moyennes, sont en effet soumis à l'éducation dans les madrasasDes mosquées se construisent et des imams prêchent jusqu'à la télévision nationale.
Il existe des mouvements islamiques, mais ils sont apparemment divisés. L'opportunité que leur offre l'opposition politique pourrait toutefois les rassembler.

Les réactions internationales

L'ONU a envoyé un émissaire au Burkina Faso pour tenter de mettre fin aux violences. Le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-Moon, "suit avec une grande inquiétude la détérioration de la situation". 
Washington se dit "très inquiet".

L'Union Europénne a insisté sur "le sens de la responsabilité" que devaient assumer "toutes les forces politiques, de l'armée et des institutions républicaines".

Paris appelle "toutes les parties à la retenue"  
L'Elysée a réagi en "saluant" la démission de Blaise Compaoré et appelle à la "rapide tenue d'élections démocratiques". Mais Hollande a exercé des pressions, comme l'atteste cette lettre:

L'ambassadeur de France à Ouagadougou a d'ailleurs rencontré les chefs de l'opposition pour trouver une solution pour une sortie de crise, affirme France 24. Concernant les ressortissants français au Burkina Faso (environ 3.500), Laurent Fabius a assuré qu'il n'y avait "aucun risque" et que "les décisions ont été prises pour qu'ils soient rassurés".