POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Afrique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Afrique. Afficher tous les articles

jeudi 24 décembre 2015

La France sort du top 20 des pays où il fait bon vivre

Fausse excuse donc que Daesh combattrait l''art de vivre à la française" 

La France recule à la 22e place du classement 2015 de l’ONU

Loin derrière l’Australie, l’Allemagne ou le Royaume-Uni,
la France est passée à la traîne de nombre de ses voisins où il fait en revanche réellement bon vivreTel est le principal enseignement du classement 2015 établi par l’Organisation des nations unies (ONU) sur la base de l’indice de développement humain

La France perd deux places par rapport à l’année dernière,
dépassée par les pays voisins que sont le Luxembourg et la Belgique. Les attentats de janvier, suscités par les agressions de l'islam par les dessinateurs de Charlie hebdo, puis en novembre, en représailles aux attaques de la France sur la Syrie, n’ont évidemment pas arrangé les choses. Sur le même thème, Paris avait chuté de la 20e à la 29e place dans le classement des 140 villes où il fait bon vivre.

Pour calculer cet indice,
l’ONU s’appuie notamment sur des données telles que l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation, ou le revenu par habitant.



La Norvège en tête, les États-Unis reculent

Déclarée pays le plus pacifique du monde en 2007 par le Global Peace Index, c’est, pour la deuxième année consécutive, la Norvège qui occupe la plus haute marche du podium, devant l’Australie et la Suisse.

L'Europe est bien représentée, avec onze pays, dont la principauté du Liechtenstein (13e). A noter la grosse progression du Danemark, qui passe de la 10e à la 4e place. 


© DR

Les États-Unis de Barack Obama empruntent une trajectoire inverse, chutant de la 5ème à la 8ème place. La France, quant à elle, passe de la 20ème à la 22ème place, doublée par le Luxembourg et la Belgique. Une baisse d'autant plus marquante qu'en en 2005, la France figurait dans le top 10, et que dix ans plus tôt, l'ONU la classait au 2ème rang mondial des pays où il fait mieux vivre dans le monde. 


Une analyse de l'OCDE variait quelque peu, il y a seulement un mois

Les 34 pays membres de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques)
-des pays développés pour la plupart- ont ainsi été passés au crible sur un site Internet qui permet à tout un chacun de choisir ses critères, ainsi que leur importance pour mieux représenter ce qu'il considère comme participant à son bonheur, à son bien-être. Les critères de l'organisation retenus pour son indicateur du vivre mieux prennent au final en compte de la qualité du logement à la richesse en passant par le niveau d'éducation. 
Plus original et orienté, cet indicateur s'intéresse également au respect de l'environnement et à l'accès à l'eau potable ou encore à la solidarité au sein des sociétés et à l'égalité des genres.
1- Norvège; 2- Islande; 3- Suisse; 4- Australie; 5- USA; 6- Canada; 7- Suède; 8- Pays Bas; 9- Nouvelle Zélande; 10- Danemark.

La France avant-dernière au top 20 des pays où il fait bon vivre pour les jeunes

Les prioritaires dans la liste des engagements du candidat Hollande ne sont pas gâtés. En octobre 2015, le cercle de réflexion français Youthonomics a établi le palmarès des pays pro-jeunes. La Norvège et la Suisse occupent les premières places du classement tandis que la France n’apparaît qu’au 19e rang.

"Barrez-vous" avait déjà lancé aux jeunes Felix Marquardt,
communicant de luxe repenti, polémiste et faiseur de buzz, il il y a trois ans dans une tribune du quotidien Libération qui avait fait grand bruit.

Il récidive en 2015 et leur conseille où aller.
 
Le co-fondateur du think thank français Youthonomix a dévoilé, jeudi 8 octobre dernier le Global Index 2015, un tout nouveau classement des pays où il fait bon vivre lorsqu’on est jeune. L’ambition du cercle de réflexion: "replacer les jeunes au sommet de l’agenda global". Mauvaise nouvelle, la France ne fait pas partie du peloton de tête, loin de là: 
La France au 42e rang en terme d’emploi des jeunes protégés de Hollande et "aujourd’hui, les jeunes sont les nouveaux pauvres", selon l'enquête.
La solution, pour Felix Marquardt, c’est encore et toujours de partir à l’étranger. "Aujourd’hui, il y a trop de gens qui mangent sur le dos de la même bête, donc pour les jeunes, non seulement aller voir ailleurs est la seule chance de sauver la France, mais c’est aussi le seul moyen d’apprendre, de s’en sortir pour revenir plus tard en France".

Les États champions d’Europe du Nord sont totalement absents du Top 5 des pays où on est le plus optimiste.
C’est en Ouganda que les jeunes ont le plus confiance en leur avenir, suivi de la Côte d’Ivoire (2e), du Kenya (3e), du Mali (4e) et de l’Afrique du sud (5e). "Par définition, le ratio d’optimisme est calculé à partir de deux critères: les conditions actuelles des jeunes et les perspectives qu’ils peuvent avoir. Un pays qui garantit aujourd’hui de bonnes conditions de vie à ses jeunes a peu de chance d’être optimiste car il ne peut pas aller mieux", explique Felix Marquardt. "Les pays d’Afrique comme sont des pays où il y a une croissance importante et où les choses vont dans la bonne direction et parfois, on se rend compte qu’il vaut mieux être dans un pays où les choses sont difficiles mais où on a le sentiment qu’on peut aller dans la bonne direction plutôt que dans des pays où la vie est plus facile mais complètement bloqué".

jeudi 12 novembre 2015

Migrants: pressions des Européens sur les Africains pour endiguer le flux

Des aides européennes au retour (illusoire)  au pays

Les dirigeants européens se réunissent ce jeudi à Malte pour faire le point sur les décisions prises pour faire face à la crise migratoire. 

Ce sommet extraordinaire devrait surtout se focaliser sur les tractations en cours avec l'Afrique et la Turquie, à qui l'Union européenne demande d'endiguer le flux de réfugiés syriens. 
La Commission européenne met sur la table 1,8 milliard d'euros, un montant qu'elle espère voir doubler avec la contribution des 28 Etats membres de l'UE. 
Dans leur déclaration commune, qui doit être signée dans la journée, Européens et Africains s'engagent à "gérer ensemble les flux migratoires dans tous leurs aspects", selon un projet de texte. La Commission européenne met sur la table 1,8 milliard d'euros 

Retour dans le pays d'origine

Les pays européens veulent que leurs homologues africains les aident à renvoyer les migrants africains dont le flux grossissant pose des problèmes aux états du Vieux Continent. Les populations d'accueil redoutent un déclassement social lié à l'afflux de main d'oeuvre à bon marché et un "grand remplacement", associé aux menaces de l'islam sur le modèle culturel occidental. A Roubaix et à Tourcoing, les habitants ne veulent pas accueillir des migrants et, pour faire face, le gouvernement slovène a dû faire appel à l'armée. Suite à des affrontements migrants-police-population, les habitants proches de la "jungle de Calais" réclament aussi l'intervention de l'armée. Ainsi, depuis que dure et s'amplifie la crise des migrants, à l'ivresse des belles paroles de Hollande surfant sur "l'esprit Charlie", la mobilisation citoyenne, la fierté et l'unité nationale, succède la gueule de bois.

Les politiques peinent à répartir la pénurie liée à la crise économique pour répondre aux besoins des arrivants en nombres. Les bisounours assurent que les migrants considèrent la France comme une simple terre de passage, au même titre que la Slovénie. Rares seraient ceux qui s'y arrêteraient et à Munich en septembre, une agence travaillait d'ailleurs à convaincre les migrants de venir en France. 

Une mission de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) se trouve actuellement en Allemagne pour proposer à 1.000 réfugiés d'être accueillis en France, dans le cadre du plan d'urgence. Les premiers "réfugiés" sont arrivés. Vingt-quatre mille seront accueillis dans notre pays.
Des précautions sont-elles prises pour vérifier que des islamistes radicaux ne profitent pas de l'aubaine pour se glisser à l'intérieur de nos frontières? "Les pouvoirs publics font le nécessaire", assure Pascal Brice, sans plus de garanties. On voit pourtant mal des djihadistes se faire enregistrer à l'Ofpra, où ils doivent se faire photographier et laisser leurs empreintes. Cette mission exceptionnelle, menée à Munich pour "soulager" l'Allemagne de 1.000 migrants, devait être poursuivie dans les 'hotspots" (la traduction par 'centre de tri' passe mal en français) placés dans les pays périphériques, qui permettront de sélectionner le reste des 24.000 migrants qu'a promis d'accueillir la France.
La presse en cause les réticences des habitants plutôt que les gouvernements. Ainsi, des media français profitent-ils des régionales pour pointer certains Français d'opposition qui seraient frileux et recroquevillés, quand l'Etat serait volontaire et généreux, alors qu'il est endetté jusqu'au point de l'insolvabilité: Hollande vit à crédit depuis le 8 novembre. A lire L'Express, la France profonde détiendrait la solution et aurait les moyens d'un accueil réussi. Avec le concours d'une presse aux ordres qui les culpabilise, l'Etat socialiste s'en remet donc  à l'abnégation des Français. 

La migration des Africains pose problème aux dirigeants d'Afrique


La réadmission "dépend aussi des conditions qui seront mises en place"
, selon le président nigérien Issoufou Mahamadou. "Le retour dans le pays d'origine ne saurait être la seule réponse de l'Europe aux migrants Africains. En effet, (certains d'entre eux) ont besoin, à l'instar des migrants venus d'autres régions, de protection", a rappelé de son côté le président ivoirien. A l'Europe post-colonialiste de se substituer aux dirigeants africains ? 

Le plan d'action proposera de favoriser la venue en Europe d'officiers d'immigration africains, chargés d'aider leurs collègues européens à mieux déterminer la nationalité des migrants en situation irrégulière, les clandestins. C'est admettre que bon nombre des "réfugiés" n'en sont pas et que la stigmatisation des Français récalcitrants est injuste, voire malveillante, inspirée de motifs politiciens. L'objectif est donc de mettre en place des expérimentations "dès l'an prochain" (dans six mois ?) avec au moins dix pays africains volontaires. 

Davantage de visas aux étudiants et chercheurs africains
"Pour garder les portes ouvertes aux réfugiés et les migrants légaux, les migrants illégaux doivent être renvoyés de manière effective et rapide", a insisté le président du Conseil européen, Donald Tusk. Les départs volontaires doivent être privilégiés, mais quand ce n'est pas possible, les départs forcés sont un "pré-requis pour une politique migratoire efficace", a-t-il ajouté. 

De leur côté, les dirigeants africains ont réclamé en échange davantage de visas dans le cadre d'une migration légale. Demande à laquelle les Européens ont timidement répondu en acceptant le doublement du nombre de visas en faveur des étudiants et chercheurs africains. 

Un sommet Europe-Turquie 
?

Le sommet doit prendre fin à la mi-journée et sera immédiatement suivi d'un autre, dans l'entre-soi européen, surtout focalisé sur les discussions en cours avec la Turquie, autre pays-clé dans la stratégie européenne visant à limiter les arrivées de réfugiés et de migrants. 

Il y a quelques semaines, la Commission européenne annonçait qu'elle avait jeté les bases d'un plan commun d'action, mais Ankara avait opposé ses exigences à l'optimisme de Bruxelles, en disant que son plan était encore loin d'être acquis.
"Les Etats membres veulent savoir où on en est exactement avec la Turquie", explique une source européenne, indiquant que le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, se chargera de leur faire un point précis sur la situation mercredi en se rendant à Malte après un déplacement en Turquie. "Il pourrait y avoir une demande d'organisation d'un sommet UE-Turquie", a précisé cette source. 

samedi 1 novembre 2014

L'avenir du Burkina-Faso est-il islamiste ?

Le parti du président démissionnaire n'était pas membre de l'Internationale socialiste

Le Burkina Faso, premier pays du "printemps noir" ? 
Le futur de ce pays est-il vraiment militaire ?
La presse occidentale a repris le crayon de ses caricatures passées. La rue burkinabèe aurait agi avec la plus grande spontanéité et la fougue de la jeunesse aurait suffi à déboulonner Blaise Compaoré, en route, dit-on, pour le Ghana. 
Le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP/PS4) n'aurait donc pris aucune part dans la fin d'un pouvoir qu'il revendiquait pourtant depuis trois décennies et la démocratie aurait gagné après 27 années de stabilité.
Il a néanmoins  mobilisé des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Ouagadougou, accusant Blaise Compaoré de fomenter un "coup d'état" constitutionnel. L'importance de ce motif doit toutefois être relativisé au regard des pratiques africaines. 

Nul n'est besoin d'être militaire pour être dictateur
En République islamique d'Iran, le pouvoir est exercé par un religieux, l'ayatollah Ali Khamenei, 75 ans, qui n'a pas dit son dernier mot après 25 années de pouvoir absolutiste et sectaire. L'actuel Guide suprême de la Révolution islamique est un terroriste,
Au Zimbabwe, le président Robert Mugabe, ancien chef de guérilla qui se dit "diplômé en violence", ne peut donner des leçons de démocratie à son collègue bukinabè, puisqu'il exerce sa dictature "marxiste-léniniste-maoïste" depuis 1987, à l'âge de 90 ans.

Depuis la démission de Blaise Compaoré vendredi,
le Burkina Faso, "pays des hommes intègres", a remis son avenir entre les mains d'un militaire. Les insurgés miseraient sur l'un d'entre eux, le chef d'état-major des armées, Honoré Traoré, qui assure l'intérim dans l'attente d'élection. Mais l'invraisemblance de cet engouement laisse présager une menace plus réelle: d'une part, les jeunes n'ont aucune attirance naturelle pour l'armée et, d'autre part, d'autres militaires, se disputent le pouvoir, l'un retraité, d'autres plus jeunes, constitués en junte. Cette menace ne serait pas tant militaire ou politique, que religieuse. Déjà, certains experts parlent en effet de "printemps noir" en octobre.
La crainte d'un coup d'état militaire

Désigner des militaires comme seuls prétendants est une première manipulation. L'intention de la première force politique alternative est claire: discréditer l'armée qui assure pourtant le maintien de l'ordre actuel et limite les risques de violence. Jusqu'ici parti observateur de l'Internationale socialiste, le Parti pour la Démocratie et le Progrès, ex-Mouvement du peuple pour le socialisme, compte sur l'opinion internationale réserver un mauvais accueil aux militaires, évacuant les exemples des glorieux putschistes de l'histoire de la gauche, tel Chavez.   

La presse occidentale décrit la déception des manifestants 
Réunis place de la Nation, comme place Tahrir, au Caire en Égypte, les dizaines de milliers de manifestants qui fêtaient le départ de Blaise Compaoré ont déchanté en apprenant que le nouvel homme fort est Honoré Traoré, nommé par l'ancien président en avril 2011 à la tête de l'institution militaire, en récompense de sa gestion de la révolte survenue cette année-là dans le pays. "Il est considéré comme très proche de l'ancien président", explique le rédacteur en chef du Reporter, un journal burkinabè.
Cette prise de pouvoir n'a aucune légitimité constitutionnelle: la constitution prévoit que le président de l'Assemblée assure l'intérim, en aucun cas le chef des armées. Des centaines de manifestants continuent donc de se réunir devant le siège de l'état-major pour réclamer un autre président. 
Un président de transition. 
Quel futur pour le Burkina Faso ?
Honoré Traoré, au centre
"Dans ce genre de moments, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de risque de coup d'état militaire", admet un journaliste qui ne minimise pas le risque de basculement dans la terreur. Il demeure pourtant confiant. "Il ne fait pas l'unanimité, mais si l'opposition l'a laissé prendre le pouvoir c'est qu'ils ont l'assurance qu'il ne va rien tenter". Une analyse partagée par Justin Yarga, journaliste pour la chaîne de télévision Burkina 24. "L'armée n'a aucune légitimité; elle s'est tenue à l'écart de la révolte. C'est le peuple qui s'est révolté, pas elle, insiste-t-il. Et le journaliste de porter en avant les jeunes, non organisés et manipulables. "Les militaires se sont impliqués trop tard pour réclamer la paternité de cette révolte", polémique-t-il. 
Les mêmes schémas se profilent. Comme à Kiev où la destitution du président en février 2014 a conduit à un gouvernement pro-européen d'abord dirigé par Oleksandr Tourtchynov, puis par Arseni Iatseniou, démissionnaire en juillet 2014 et finalement élu avec 22 % des voix en octobre 2014, le processus pourrait se répéter à Ouagadougou avec un président par défaut d'abord, le temps d'apaiser les tensions. L'annonce toutefois de la suspension de la Constitution par un groupe d'officiers de l'armée nourrit  ce jour les craintes des manifestants. La confusion est donc encore grande, puisque cette annonce vient contredire celles'oppose à celle du général Traoré qui avait dit assumer la continuité du pouvoir.  

Les rivalités de 
opposition politique, facteurs d'instabilité 

Les partis se préparent à la lutte pour le pouvoir. 
Unis contre Blaise Compaoré, les partis d'opposition sont entrés en compétition. "Ce sont des alliés de circonstance, les partis étaient unis face à Compaoré. Même si ce n'est pas encore visible, les luttes entre les principaux leaders vont bientôt émerger.
Parmi les figures potentiellement rassembleuses, celle du général en retraite Kouamé Lougué a émergé. "Au sein de la population, c'est sûr qu'il est largement soutenu. Il a beaucoup plu quand il était ministre de la Défense, mais je crois qu'il n'est pas dans la course au pouvoir," analyse Ladji Bama, qui conclut : "Ca se jouera entre les partis d'opposition". Parmi eux, deux sont particulièrement bien placés. L'UPC de Zéphirin Diabré, un homme d'affaires (Areva), "le vrai chef de l'opposition" aux yeux du journaliste politique. Mais à la compétence, les jeunes préféreraient le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) qui n'est pas un nouveau parti, mais la fusion de 13 partis politiques socio-démocrates, aussi peu gérables que le PS français ou EELV...

La société civile a un rôle à jouer. 
Au-delà des partis, de nombreuses associations et autres formations "apolitiques" ont émergé depuis le début de la contestation populaire. A l’image du mouvement "Y’en à marre" du Sénégal, la plus connue au Burkina -notamment grâce à une émission de radio- s'appelle le Balai Citoyen, un mouvement lancé par deux jeunes musiciens, qui remporte l'adhésion des jeunes déçus de la classe politique, Sams K Le Jah (reggae et radio) et Smockey qui fait du rap. "Les partis vont leur faire les yeux doux pour s'attirer les votes de leurs sympathisants et profiter de leur capacité de mobilisation", prophétise-t-on. Le message de Sams’K le Jah exploite clairement la colère sociale: "on a par exemple les coupures de courants. Il n’y a pas longtemps, la bouteille de gaz a connu une augmentation de près de 50%, ça ne s’explique pas !" Leurs textes sont politiques (Ce président-là) et ils ont créé une page Facebook pour partager leur mouvement.
Le Balai Citoyen a partagé la photo de Souleymane Ouedraogo.

Le rôle des réseaux sociaux dans le soulèvement du Burkina Faso aura été nul. 
La population manifestait en nombre dès mardi avant qu’on parle du mouvement sur Facebook, le seul véritablement suivi. En revanche, ce mouvement est très important pour la jeunesse des états limitrophes et nombre d’Africains des pays voisins en Afrique de l’Ouest ont posté des messages de soutien au Burkina sur les réseaux sociaux.  La mobilisation du Burkina peut être un exemple et pourrait avoir un vrai rôle sur la jeunesse africaine.

Le politique face au religieux


D'après le recensement de 2006, la proportion de musulmans s'élève à 60,5 %. 
Mais l'ethnie des Mossis a toujours défendu ses croyantes animistes contre les influences islamiques des musulmans venus du Mali. Aujourd'hui, on les retrouve toutefois dans les villes de Bobo-Dioulasso, Kong ou Bunduku. D'autres marchands transsahariens sont arrivés du Nigéria, ont épousé des femmes Mossis et la communauté musulmane s'est agrandie , assurant l'éducation islamique. Passés sous hégémonie peule, ils se transformèrent en émirats, sous la coupe de deux califats, à l’ouest et à l’est. Pendant le grand djihad de 1809-1867 contre les animistes, l'islam s'étendit dans la région de la Côte d'Ivoire, de la Guinée et de la Haute-Volta, l'actuel Burkina-Faso (depuis 1984).
Les mouvements islamistes s'opposent à la culture européenne dominante. Pour autant qu'on sache, ils ne représentent pas encore une réelle menace, mais le fait qu'ils ont intégré des groupes ethniques divers constituent à la fois une faiblesse et une force à maintenir sous vigilance. Les petits garçons, appartenant principalement aux classes moyennes, sont en effet soumis à l'éducation dans les madrasasDes mosquées se construisent et des imams prêchent jusqu'à la télévision nationale.
Il existe des mouvements islamiques, mais ils sont apparemment divisés. L'opportunité que leur offre l'opposition politique pourrait toutefois les rassembler.

Les réactions internationales

L'ONU a envoyé un émissaire au Burkina Faso pour tenter de mettre fin aux violences. Le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-Moon, "suit avec une grande inquiétude la détérioration de la situation". 
Washington se dit "très inquiet".

L'Union Europénne a insisté sur "le sens de la responsabilité" que devaient assumer "toutes les forces politiques, de l'armée et des institutions républicaines".

Paris appelle "toutes les parties à la retenue"  
L'Elysée a réagi en "saluant" la démission de Blaise Compaoré et appelle à la "rapide tenue d'élections démocratiques". Mais Hollande a exercé des pressions, comme l'atteste cette lettre:

L'ambassadeur de France à Ouagadougou a d'ailleurs rencontré les chefs de l'opposition pour trouver une solution pour une sortie de crise, affirme France 24. Concernant les ressortissants français au Burkina Faso (environ 3.500), Laurent Fabius a assuré qu'il n'y avait "aucun risque" et que "les décisions ont été prises pour qu'ils soient rassurés". 



samedi 16 août 2014

Ebola: et si Marisol Touraine se bougeait au lieu de polémiquer

Le gouvernement reste flou sur sa capacité à combattre le virus en France

Le ministère de la Santé dénonce les déclarations "fausses" et "irresponsables" de Balkany


Le député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) affirmait que des cas d'Ebola avaient été signalés en France. Patrick Balkany citait des "sources médicales fiables" et voulait des explications du gouvernement. Le ministère de la Santé lui a répondu, mardi 12 août, en dénonçant des déclarations "fausses" et "irresponsables" du député-maire UMP qui affirmait sur son site internet que plusieurs cas de personnes contaminées par le virus Ebola auraient été signalés sur le territoire français.
"Ces déclarations sont non seulement fausses, mais elles sont surtout irresponsables", martèle l'entourage de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. L'épidémie d'Ebola qui sévit en Afrique, une "urgence de santé publique de portée internationale", ne se prête pas aux "déclarations hasardeuses", polémiquait-on au ministère.
Et de réaffirmer, "de manière catégorique et ferme", qu'il n'y a, à ce jour, aucun cas confirmé d'Ebola en France et pas, non plus, de cas "possible" en cours d'analyse.

L'épidémie va sévir au moins pendant six mois, selon MSF

La directrice de Médecins sans frontières revient d'une visite de dix jours en Afrique de l'Ouest. Elle livre un bilan alarmant, vendredi 15 août.

Le virus Ebola "se répand et [la situation] se détériore plus vite que notre capacité à y faire face", explique Joanne Liu, directrice de Médecins sans frontières (MSF), après une visite de dix jours en Afrique de l'Ouest. "Nous avons une totale défaillance des infrastructures", précise-t-elle, vendredi 15 août.

Ces propos alarmants visent notamment le Liberia, où le virus n'est plus confiné"dans seulement quelques villages", puisqu'il se "propage dans une ville d'1,3 million d'habitants, Monrovia". Si la situation n'est pas stabilisée dans ce pays, "on ne stabilisera jamais la région", ajoute Joanne Liu. Voici le bilan de l'épidémie, le 12 août.




Alors que le virus Ebola a déjà causé la mort de 1069 personnes en Afrique de l'Ouest, l'épidémie pourrait encore sévir pendant au moins six mois, selon un scénario optimiste de l'organisation. Joanne Liu décrit un "climat de peur générale, comme en temps de guerre" dans la région touchée, aux frontières de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia. "Les gens se méfient maintenant des centres de santé. Les capacités de suivi des contacts des malades sont insuffisantes."

La France est-elle prête à toute éventualité?

Plusieurs hôpitaux français se préparent à accueillir d'éventuels patients touchés par le virus. Bien qu'aucun cas ne soit avéré sur le territoire pour l'instant, les personnels de santé ont reçu des consignes strictes. Comment sont-ils préparés ?
La France s’est préparée depuis plusieurs années à faire face à des infections comme Ebola. Si un malade est identifié comme possiblement infecté par le virus Ebola dans la région, que ce soit dans un aéroport, un cabinet médical ou un autre hôpital, il est transporté par le SAMU directement dans le secteur dédié à la prise en charge de ces patients : le service de maladies infectieuses de l’hôpital. Des chambres y sont équipées d’un sas et d’un système de traitement de l’air qui évite que celui de la chambre ne diffuse dans le couloir (pression négative). Un circuit est également prévu dans l’hôpital pour éviter que la personne infectée ne croise d’autres malades ou des membres du personnel et le traitement de l’air.

Le risque d'importation d'un cas en France et "il ne faut pas le sous-estimer", explique le Pr Eric Caumes
Eric Caumes, professeur de maladies infectieuses et tropicales à l’université Pierre et Marie Curie et président du Comité des maladies liées aux voyages et des maladies d’importation, explique pourquoi cette épidémie d'Ebola est plus inquiétante que les épidémies précédentes : "Elle a augmenté à une vitesse impressionnante depuis fin avril, passant d'environ 200 à plus de 1200 cas, explique t-il. De plus, il existe plusieurs foyers épidémiques, ce qui la différencie des autres épidémies."
Or, l'élu UMP a confirmé que "le ministère a été prévenu par mes sources" et il s' interroge: " C'est tout de même curieux que l'on n'ait pas d'échos." 
Le ministère balaie la révélation d'un revers de manche, mais nos liens avec les pays contaminés -notamment la Guinée et jusqu'au Mali- sont si étroits que le déni de Marisol Touraine n'apaise pas l'inquiétude qui se répand en France.

Selon le professeur,
le retard qu'ont pris les autorités à prendre des mesures de précaution, les soins funéraires
et la circulation des personnes ont "largement favorisé la propagation de l'épidémie" et contribuent au fait qu' "elle n'est actuellement plus sous contrôle" comme l'expliquait, dès le mercredi 30 juillet, un responsable de l'ONG Médecins Sans Frontièresen première ligne dans la lutte contre ce virus.
"Les risques d'une épidémie de chikungunya en France métropolitaine me semblaient bien plus importants", explique Eric Caumes. "Mais au aujourd'hui, je peux affirmer que le risque d'importation d'un cas en France existe bel et bien, et qu'il ne faut pas le sous-estimer." "Plus l'épidémie se rapproche d'une capitale et donc d'un vol direct jusqu'à Paris (par exemple Conakry-Paris) et plus le risque augmente", précise t-il.

mardi 22 juillet 2014

Un petit garçon de 9 ans contraint d'épouser une femme de 62 ans

L'Afrique du Sud de Mandela, c'est aussi ça !

Un petit garçon de neuf ans a eu la chance d'épouser
une femme en âge d'être sa grand-mère 

Saneie Masilela admet qu'il aurait aimé unir un jour sa destinée à quelqu'un de son âge, mais il affirme aimer sa femme, Helen Shabangu, mère de cinq enfants (de 28 à 38 ans). Cette cérémonie lui permettra d'apaiser les ancêtres familiaux, a rapporté le journal U.K. Mirror.


Il s'agissait du deuxième mariage pour l'enfant et la sexagénaire. 
Cette fois-ci, la cérémonie s'est déroulée dans le village de la mariée, Ximhungwe, officialisant le rite de l'année dernière qui a eu lieu dans le village de l'enfant.
Une vidéo mise en ligne sur YouTube par Barcroft Media, montre le marié et la mariée s'embrassant après la cérémonie, et ce, sous les yeux du mari d'Helen, Alfred, 67 ans, auquel elle est toujours mariée.

Le petit garçon et son épouse ne font pas chambre commune. 
Cet engagement a choqué plusieurs habitants du village même si les parents du garçon ont invoqué un simple rituel et non un "mariage officiel". "Il était juste heureux de se marier, très excité et n'en a pas été embarrassé. Il l’a tellement été qu’il a voulu le faire de nouveau", a expliqué la mère de Saneie. 
" Après le mariage l'année dernière les gens n’arrêtaient pas de me poser des questions pour savoir s’ils allaient vivre et dormir ensemble, avoir des bébés. Mais après le mariage tout est retourné à la normale, rien n’a changé. Sanela est parti à Venda pour apprendre une nouvelle langue, mais nos familles sont très proches. C’était agréable de célébrer le mariage mais c’était avant tout pour répondre à un appel de nos ancêtres. En le faisant, nous les avons rendus heureux. Si nous n'avions pas fait ce que mon fils avait demandé alors quelque chose de mal serait arrivé dans la famille", a assuré la maman de l'écolier.

La tâche de Christiane Taubira est inachevée

Que reproche-t-on à la polyandrie?
(lien)
Au Kenya, deux hommes ont conclu  un "co-mariage" avec la même femme.

Ils se sont engagés à respecter des jours de visite. Au Kenya, où la polygamie est légale, rien n’interdit la polyandrie, mariage d’une femme avec plusieurs hommes.
"Nous avons conclu qu’à partir de ce jour, nous ne nous menacerons pas, ni ne nourrirons de jalousie l’un envers l’autre à cause de notre femme". Cet accord, rédigé en Swahili, a de quoi surprendre. Car par cet acte, deux Kenyans, habitant de Bombolulu, dans le comté de Mombasa, ont accepté, dimanche 25 août, de se marier avec la même femme.

Après la polygamie de fait et au nom de l'égalité des sexes, à quand la polyandrie légale en France? 
Nous ne sommes plus à une "avancée" socialiste près...


lundi 23 juin 2014

Paris 19e: un polygame faisait travailler ses 15 enfants dans la drogue

Vaste opération anti-crack dans une entreprise familiale du 19e

Le trafic générait d’importants gains journaliers…

La police a démantelé une TPE de réception-distribution de cocaïne établie depuis plus de six années dans la cité Reverdy (19e). Une trentaine de personnes dont une quinzaine provenant de la même famille polygame ont été arrêtées ce lundi matin

Les enfants mineurs - protégés par la loi - effectuaient ce travail principalement de nuit

Les dealers vendaient le crack et la cocaïne à travers des grilles du jardin public faisant face à l'appartement de la famille  et le marché irriguait jusque dans le nord de Paris et débordait même le périphérique.

La famille Boly, au cœur du réseau, réinvestissait les gains, jusqu'à 8.000 euros par jour, au Mali ou au Sénégal, selon nos informations. "Ce trafic perturbait beaucoup la vie des riverains", assure Christophe Crépin, délégué syndical de l'UNSA Police, ce qu'un reportage de France Info contredit. 

Ce commerce prospérait au su et au vu de tous, mais le successeur du fameux Roger Madec démissionnaire le 4 février 2013, François Dagnaud, maire PS, était resté les bras ballants.


Question: les services sociaux ont-ils fermé les yeux,

manquant ainsi à leurs obligations professionnelles, et le chef d'entreprise, polygame à la tête de trois épouses, touchait-il les allocations familiales ? Et l'allocation de mère isolée était-elle versée trois fois?

vendredi 18 janvier 2013

Mali: Hollande relance la Françafrique en dépit de ses engagements

"En aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali"

Hollande renie ses promesses à l'Afrique

Mali: troupes françaises
"au sol"
Soutien logistique éventuel, oui, mais "sans jamais avoir de troupes au sol", précise le "facilitateur" Laurent Fabius...
"En aucun cas, la France n'interviendra elle-même au Mali", a déclaré le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse , a affirmé  le président François Hollande, mardi 8 novembre 2012.
rappelant que Paris s'était engagé à "soutenir logistiquement" les pays africains pour mettre un terme à l'occupation du nord du Mali par des "groupes terroristes".

Aujourd'hui, la France achèvera son intervention militaire au Mali une fois le pays stabilisé et un processus électoral mis en oeuvre, a déclaré mardi le président François Hollande, ouvrant la perspective d'une opération coûteuse et prolongée contre les rebelles islamistes.

Des "relations de confiance et de respect"

"C'est une affaire qui relève avant tout des Africains," dixit Fabius...
 tout en soulignant que l'occupation (du nord du Mali) par des groupes terroristes" était "suffisamment grave pour que la France puisse aider les Africains à s'organiser face à cette menace". 

VOIR et ENTENDRE François Hollande  s'interdire toute intervention qui puisse être ressentie comme une ingérence de l'ancienne puissance coloniale:

"La France et ...l'Europe" en appui

Qui sont les pays européens au côté des troupes françaises ?..

Le passé colonial de la France au Sahel, ainsi que sa "plus grande" facilité à mobiliser du matériel militaire dans la région, l'ont logiquement placée au premier plan. Reste que, si de nombreux pays ont déclaré soutenir l'opération, peu ont promis d'envoyer des moyens en hommes ou en matériel.

Côté occidental, pour l'heure, seuls la Grande Bretagne, les Etats-Unis et l'Allemagne ont annoncé leur aide. La Grande-Bretagne met à disposition deux avions de transport, tandis que les Etats-Unis promettent l'envoi de drones dans le Sahel.
Enfin, l'Allemagne, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle a annoncé qu'elle "ne laissera pas seule la France dans cette situation difficile." Evoquant une aide sur le plan logistique ou humanitaire. Même si ses modalités restent floues, pour l'instant.
Côté africain, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a validé l'envoi de troupes à Bamako. Dirigées par un général nigérian ces troupes devraient rejoindre le Mali dans quelques jours.

Après une semaine que la France assume son rôle de "fer de lance", ses alliés potentiels sont toujours attendus.

La France a déployé 800 soldats au Mali depuis le début de son intervention militaire jeudi, et ce dispositif doit être porté progressivement à 2.500 hommes.

Interrogé sur Europe 1, le chef d'état-major des armées, l'amiralEdouard Guillaud, a souligné pour sa part que les forces françaises étaient confrontées au Mali à "un conflit de type guérilla", situation à laquelle elles sont habituées dans ce genre de zones

A noter qu'il n'est fait état d'aucune victime civile...