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dimanche 22 novembre 2015

Le gouvernement retire sa mesure polémique sur le calcul de l'allocation aux adultes handicapés

Le gouvernement retient ses coups portés aux adultes handicapés

Le gouvernement n'appliquera pas le nouveau mode de calcul, contesté, de l'allocation adulte handicapé (AAH)

Le projet de budget 2016 avait prévu de faire des économies sur le dos des handicapés, mais la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapéesannonce un renoncement fiscal pour 2016.
Ségolène Neuville a finalement assuré les députés que le gouvernement a entendu les "inquiétudes des associations, des familles, des personnes handicapées mais aussi des parlementaires", mardi soir.

Le pouvoir socialiste n'avait pas mesuré la honte
Il a "décidé de ne pas appliquer cette mesure (sur le mode de calcul de l'AAH) en l'état, au regard de son impact sur les ressources des personnes concernées", a-t-elle déclaré, à l'occasion de l'examen du volet du budget sur la solidarité et l'insertion.

Neuville passe la marche-arrière de son fauteuil

Le projet de budget prévoyait de prendre en compte les intérêts non imposables des comptes d'épargne, tels que le livret A,  dans le calcul de l'AAH, dès 2016, après les Régionales, et dans le cadre d'un processus d'harmonisation entre minima sociaux.

Cela aurait réduit le montant de l'AAH - actuellement 807 euros par mois au maximum) pour les bénéficiaires ayant de l'argent de côté, mais surtout leur aurait fait perdre des droits connexes qui ne sont ouverts qu'à ceux qui touchent l'AAH à taux plein (complément de ressources de 179 euros par mois, ou majoration pour la vie autonome de 105 euros mensuels), avait notamment dénoncé l'Association des paralysés de France (APF). Les allocataires de l'AAH auraient été bientôt interdits d'épargne.

Les députés socialistes, les écologistes et l'UDI avaient appelé mardi le gouvernement à revoir sa copie. "Dans le cadre de la mission qui lui a été confiée sur les minimas sociaux par le Premier ministre, (le député PS) Christophe Sirugue devra nous faire des propositions sur la simplification des minimas sociaux dans leur globalité", a précisé Ségolène Neuville.

"Résultat de la mobilisation des associations"

Plusieurs élus se sont félicités de la prise de conscience gouvernementale. 
Philip Cordery (PS) a évoqué une "bonne nouvelle", tandis que Stéphane Saint André pour les radicaux de gauche a souligné que cette "mesure injuste risquait d'anéantir les efforts du gouvernement en direction du handicap". Arnaud Richard (UDI) s'est aussi dit "satisfait que (le gouvernement) revienne à la réalité" et Lionel Tardy (Les Républicains) a salué "le résultat de la mobilisation des associations" face à un "projet très douteux".

L'APF était à l'origine d'une pétition dénonçant une volonté du gouvernement de faire "main basse" sur les ressources des personnes handicapées. 

L'association avait calculé que, "pour quelques dizaines d'euros" tirés des intérêts de leurs livrets d'épargne (205 euros par an maximum sur un livret A), ces personnes auraient perdu "1.257 à 2.151 euros par an" de ressources.

"Cette recette (issue des livrets d'épargne) est une recette (fiscale) de poche qui est illusoire, qui est vexatoire, blessante pour les familles", avait estimé à la mi-journée le député Olivier Faure, vice-président du groupe PS, relayant la demande de révision de ses collègues.

La coprésidente des députés écologistes, Barbara Pompili, une proche du PS, avait quant à elle jugé que "faire comme si c'était un minimum social comme les autres est une grave erreur, car c'est une allocation pour compenser un handicap".

De son côté, le président du groupe UDI, Philippe Vigier, avait écrit au Premier ministre pour dénoncer un "racket" sur les bénéficiaires de l'AAH et appeler le gouvernement "à se ressaisir". Le vice-président du FN, Florian Philippot, avait aussi dénoncé dans un communiqué "un véritable coup de massue antisocial".
Cette secrétaire d'Etat est médecin
à l'hôpital de Perpignan
Lors des questions au gouvernement mardi, en réponse à l'UDI, Ségolène Neuville avait assuré qu'il "ne s'agit pas de pénaliser quelqu'un qui a mis quelques centaines d'euros de côté sur un livret A"
Rappelée à la décence, la socialiste avait dit travailler à "des propositions destinées à limiter les effets de seuil" concernant les compléments de ressources, avant l'arbitrage rendu dans la soirée.
Limiter ne signifie pas épargner...

samedi 2 août 2014

Les oubliés d'Indochine au Camp de Saint-Livrade

Choisir la France, c'est tout perdre ?

La situation des harkis est la moins méconnue des Français


En France, "harki" est souvent utilisé comme synonyme de "Français musulmans rapatriés" (FMR) à partir de 1962. Au sens strict, le mot 'harki" désigne un Algérien servant la France coloniale dans une formation paramilitaire, une harka, mot arabe auparavant utilisé au sens figuré pour désigner une guerre contre un ennemi extérieur, mais aussi de petits affrontements, des barouds entre tribus.
Harki désigne par extension une partie des supplétifs de l'armée française, au même titre que les moghaznis (Sections administratives spécialisées), les groupes mobiles de sécurité (GMS), les groupes d'autodéfense (GAD) et les Unités territoriales (Unités de réserve en 1960), auxquelles il faut encore ajouter les réservistes spéciaux, les "assas" - gardiens escortant les convois - des précaires sous contrat mensuel renouvelable avec l’armée française (1957-1962), durant la guerre civile en Algérie,  sans avoir un statut militaire. Les " harkas", formations très mobiles, furent d'abord employées localement pour défendre les villages, puis constituées en commandos offensifs sous la responsabilité d'officiers français.

Actuellement, "harki" désigne les Algériens qui ont dû quitter l'Algérie sous la menace du FLN en raison de leur fidélité à la France anti-indépendantiste. Restés Français, ils se sont installés en France après l'indépendance de l'Algérie, sous couvert de la loi sur les rapatriés. Comme tous les Algériens qui résidaient en France après 1962, ils purent conserver la nationalité française par simple déclaration jusqu'au 22 mars 1967.

En Algérie, harki est devenu synonyme de traître et de collaborateur.  Pourtant, l'historien Mohammed Harbi, ancien membre du FLN, conseiller de Ahmed Ben Bella emprisonné (1965-1968) après le coup d'État de Houari Boumédiène (d'abord président du Conseil de la Révolution)dénonce ces termes infamants qui, souligne-t-il, "devraient être dépassés", car les affrontements d'Algérie et ceux qui ont opposé la résistance française aux collaborateurs ne peuvent pas être assimilés.

En comptant les "Pieds noirs" (catholiques et juifs français, soit originaires d'Algérie, soit de souche européenne installés en Afrique française du Nord jusqu'à l'indépendance), et tous les musulmans "loyalistes", la France a dû accueillir 2,5 millions de personnes. Elle le fit vaille que vaille pour les premiers mais en abandonna les derniers. Seuls 42.500 harkis purent trouver refuge en France métropolitaine, tandis que les autres ont souvent été exécutés par le FLN. Le 14 avril 2012, Nicolas Sarkozy a officiellement reconnu la responsabilité du gouvernement français dans "l'abandon" des harkis après la fin de la guerre d'Algérie en 1962. 
Les Harkis et leurs descendants représenteraient en 2012 entre 500.000 et 800.000 personnes en FranceComme les autres supplétifs, les harkis ont obtenu le statut d'anciens combattants en France par une loi du 9 décembre 1974. L'armée française chargée de leur transfert, de l'hébergement et de l'encadrement de l'ensemble des opérations a utilisé différentes structures appelées généralement camp de transit et de reclassement, au nombre de sept.

Pendant les années de relégation (1962 - 1975), les anciens harkis et leurs familles vont se répartir sur quatre zones géographiques. Une partie d’entre eux parvient plus ou moins vite à se loger hors des structures d’accueil évitant ainsi les effets néfastes de la relégation prolongée, mais des milliers d’autres resteront longtemps logés dans trois types de structures, les camps ou cité d’accueil dont deux vont perdurer dans leurs organisations d’origine, celui de Saint-Maurice-l’Ardoise (Gard) regroupant les chefs de familles âgés ou de familles nombreuses, les handicapés physiques ou les personnes démunies de ressources, jugées difficilement reclassables dans la société française), des hameaux forestiers (pour des travaux de reboisement dans le sud-est) et aussi dans dix-sept ensembles immobiliers urbains de type SONACOTRA. Les reclassements professionnels des anciens supplétifs n’étaient pas aisés compte tenu de leur faible qualification.

Cinquante ans après la chute de Dien Bien Phu, des Français rapatriés d'Indochine vivent toujours dans des baraquements.

Une route défoncée. Des dizaines de baraquements délabrés, alignés les uns à côté des autres, marqués d'une lettre ou d'un numéro, et surmontés d'un toit de tôle. A quelques kilomètres du coeur de Sainte-Livrade, un village d'un peu plus de 6.000 âmes, posé sur les berges du Lot, dans le Lot-et-Garonne, une simple pancarte indique l'entrée du "Centre d'accueil des Français d'Indochine", le CAFI. 1.200 Français d'Indochine se sont installés au printemps 1956.

C'est là, dans cet ancien camp militaire, que sont arrivés, en avril 1956, 1.160 réfugiés, dont 740 enfants, rapatriés d'Indochine. Après les accords de Genève de 1954 et le retrait de la France du Sud-Vietnam, l'Etat français a pris en charge ces couples mixtes ou ces veuves de Français (soldats ou fonctionnaires), qui fuyaient la guerre et le communisme. L'Etat les a hébergés "provisoirement" -selon les mots employés en 1956 par les autorités - dans ce camp de transit. Puis les a oubliés. Cela fait cinquante ans [lors de ce récit] qu'ils attendent, cinquante ans qu'ils vivent là [près de soixante années, en 2014].

"Nous sommes restés toutes ces années sans comprendre, sans rien dire", dit Jacqueline Le Crenn. Agée de 91 ans, cette vieille femme eurasienne vit dans le même baraquement depuis qu'elle a quitté le Tonkin de son enfance, il y a près d'un demi-siècle. Son appartement comprend une entrée-cuisine, une chambre-salon, et une pièce transformée en pagode, où elle voue son culte au Boudha. "Je me suis habituée au camp et à cette vie, poursuit-elle. Je veux mourir ici."

Jacqueline fait partie des 48 "ayants-droits" encore en vie, sur les quelque 200 personnes hébergées au CAFI. La plupart des enfants de rapatriés ont quitté le camp. Mais les plus fragiles sont restés : les veuves, qui n'ont jamais eu les moyens de s'installer ailleurs; les enfants qui n'ont pas trouvé de travail ; les malades et les handicapés.

"La guerre est venue et nous avons tout perdu"

Selon l'association "Mémoire d'Indochine", une quinzaine de personnes handicapées vivent au CAFI, dans des conditions très précaires. Des silhouettes mal assurées hantent en effet le centre des rapatriés. Comme cet homme au teint sombre et aux yeux bridés, claudiquant le long des baraquements. Ou ce quadragénaire aux cheveux longs, qui erre dans le camp en parlant tout seul. "Certains enfants du centre ont fait des crises d'adolescence difficiles, explique le président de Mémoire d'Indochine, Georges Moll. Ils ont été conduits à l'hôpital psychiatrique et en sont ressortis dans un état catastrophique."

Jacqueline Le Crenn vit seule depuis le départ de ses six enfants. La mère de cette femme au physique sec était Vietnamienne et son père, mort à la guerre de 1914-18, Français. "Nous sommes pupilles de la nation", dit fièrement Jacqueline. La vieille femme voûtée, assise à côté d'un poêle à gaz, raconte sa vie d'avant, la "vie heureuse". La construction d'une maison au Tonkin, où son mari et elle avaient projeté de s'installer, l'achat de rizières pour leurs vieux jours. "Et puis la guerre est venue et nous avons tout perdu."

Marines français  et américains évacuant
293 000 réfugiés vietnamiens
 fuyant la zone nord communiste
Après la chute de Dien Bien Phu, en 1954, la famille Le Crenn, comme la plupart des rapatriés d'Indochine, ont dû quitter le nord pour le sud du Vietnam. Ils ont ensuite attendu à Saïgon, dans des camps, avant de prendre le bateau pour Marseille et d'être hébergés dans plusieurs centres de transit en France. Sainte-Livrade est l'un des deux seuls camps qui subsistent aujourd'hui, avec celui de Noyant, dans l'Allier. "C'était un déchirement, raconte encore Jacqueline. La traversée a duré un mois. Je me disais que ce n'était plus la vie. Les autres étaient sur le pont. Moi j'étais au fond du bateau et je pleurais."

En arrivant au camp de Sainte-Livrade, alors entouré de barbelés, le fils de Jacqueline a demandé : "«Maman, c'est ici la France ?" "Le plus dur, c'était le froid, précise Jacqueline. Ensuite, il a fallu tenir, tout reconstruire, trouver de quoi vivre." Beaucoup de rapatriés ont été embauchés dans les usines d'agro-alimentaire de la région. Ou travaillaient dans les champs de haricots.

Claudine Cazes, 11ème de 16 enfants - et première à être née dans le CAFI, en 1957 -, se souvient des heures d'"équeutage". "Des sacs de haricots arrivaient au camp le matin et devaient être prêts pour le soir, raconte cette aide-soignante de 47 ans, qui a quitté le camp en 1977. Tout le monde s'y mettait." Sa mère, Vuong, âgée de 81 ans, vit toujours au CAFI. Son père, Paul, est mort l'année dernière. Français d'origine franco-chinoise, il avait fait de prestigieuses études en Indochine, et travaillait dans les forces de sécurité. Mais en arrivant en métropole, Paul Cazes n'a pas pu intégrer la police française, et a dû travailler à l'usine.

"L'Etat français sait ce qu'il nous doit. Moi, jamais je ne lui réclamerai  rien"

Des Vietnamiens et
des Cambodgiens aussi
Logé dans un autre baraquement du camp, Emile Lejeune, 84 ans, dit ne pas avoir de "nostalgie". Pour sa mère et lui, le rapatriement de 1956 fut un soulagement. Militaire du corps expéditionnaire français en extrême-orient (CEFEO), ce fils d'un magistrat français et d'une princesse vietnamienne a été fait prisonnier  en 1946 par le Vietminh [organisation politique et paramilitaire vietnamienne, créée en 1941 par le Parti communiste indochinois] et est resté sept ans en captivité. "Là-bas, la vie et la mort étaient sur le même plan, témoigne Emile. Beaucoup de mes camarades sont morts de dysenterie, du palu, ou de malnutrition. Le pire, c'était le lavage de cerveau. On nous affaiblissait pour nous inculquer le communisme." Sur près de 40.000 prisonniers du CEFEO, moins de 10.000 ont survécu aux camps du Vietminh.

Chez Emile, une photo de jonque, voguant dans la baie d'Halong, des statues de Boudha, et plusieurs couvre-chefs : le traditionnel chapeau conique des vietnamiens, un chapeau colonial usé et un képi de soldat français. Son vieux képi entre les mains, le vieil homme aux yeux bridés dit qu'il n'a "pas de haine en lui". "Mais je suis attristé, ajoute-t-il. Parce que la France en laquelle nous croyions ne nous a pas accueillis. Nous n'avons jamais été considérés comme des Français, mais comme des étrangers. Parqués, surveillés, puis abandonnés." Emile, lui, demande juste "un peu de reconnaissance". Au nom de "ces dames du CAFI, trop humbles pour réclamer". Au nom de ces "épouses ou mamans de combattants, pour certains morts au champ d'honneur, morts pour la France."

D'abord rattachés au ministère des Affaires étrangères, les rapatriés du CAFI ont ensuite été administrés par huit ministères successifs. Les directeurs du camp étaient des anciens administrateurs des colonies. "Ils reproduisaient avec nous leurs mauvaises habitudes de là-bas, se souvient Jacqueline Le Crenn. Ils nous traitaient comme des moins que rien. Nous devions respecter un couvre-feu et l'électricité était rationnée."

Au début des années 1980, la commune de Sainte-Livrade a racheté les sept hectares de terrain à l'Etat pour 300.000 francs, avec le projet de réhabiliter le centre. Mais ces bâtiments, construits avant-guerre pour abriter provisoirement des militaires, n'ont jamais été rénovés. Longtemps, il n'y a eu ni eau chaude, ni salle d'eau, et des WC communs. "Pas d'isolation, pas d'étanchéité, sans parler des problèmes d'amiante, et des réseaux d'électricité hors normes", énumère la première adjointe au maire, Marthe Geoffroy.

En 1999, la municipalité, aidée de l'Etat, a engagé un programme de réhabilitation d'urgence pour les logements ne bénéficiant pas du confort sanitaire minimal. Des travaux à "but humanitaire" dans l'attente d'une solution pour l'ensemble du CAFI. Mais depuis, rien. Le maire (2001-2008, UMP), Gérard Zuttion, se dit bien "un peu choqué" par cette "sorte d'abandon". Mais il dit aussi que la commune n'a pas les moyens "d'assumer seule les déficiences de l'Etat vis-à-vis de cette population". Le maire évoque des "projets de réhabilitation sérieux pour les prochains mois". Puis il se ravise, parle plutôt "d'années". "A cause de la lenteur de l'administration..."

"C'est trop tard, tranche Claudine. Tout ce que nous voulons, au nom de nos parents, c'est la reconnaissance." Sa mère, Vuong, écoute sa fille sans rien dire, s'affaire dans la cuisine, puis s'assoit dans un grand fauteuil d'osier. Au crépuscule de sa vie, cette femme jadis ravissante, des cheveux blancs tirés dans un chignon impeccable, n'attend plus rien. Tous les matins, elle apporte une tasse de café sur l'autel où repose une photo de son mari, disparu l'année dernière. Elle dépose d'autres offrandes et brûle un bâton d'encens. Avant de mourir, l'homme de sa vie répétait à ses seize enfants : "Ma seule richesse, c'est vous. L'Etat français sait ce qu'il nous doit. Moi, jamais je ne lui réclamerait rien. Nous vivons dans le camp des oubliés."

Une association défend en vain les rapatriés d’Indochine

L’association "Mémoire d’Indochine" se bat depuis 2002 pour que les familles des rapatriés d’Indochine soient reconnues et traitées de la même manière que les harkis d’Algérie. Elle demande qu’une "allocation de reconnaissance" de 30.000 € soit versée à chaque famille, ainsi qu’une amélioration du montant des retraites des veuves par enfant élevé. Depuis que l’État a cédé le Cafi de Sainte-Livrade à la commune, il continue de verser une allocation – 60.000 F (soit 9.147 €) en 2001, un montant "dérisoire" aux yeux de l’association – pour l’entretien du camp, au prorata du nombre des "ayants droit". [Depuis 2001, et Lionel Jospin, premier ministre PS, la mairie de Sainte-Livrade ne reçoit plus aucune subvention

La partie de l'article consacrée aux réfugiés politiques vietnamiens est essentiellement due à Solenn DE ROYER à Sainte-Livrade-sur-Lot (Lot-et-Garonne)

lundi 23 juin 2014

Paris 19e: un polygame faisait travailler ses 15 enfants dans la drogue

Vaste opération anti-crack dans une entreprise familiale du 19e

Le trafic générait d’importants gains journaliers…

La police a démantelé une TPE de réception-distribution de cocaïne établie depuis plus de six années dans la cité Reverdy (19e). Une trentaine de personnes dont une quinzaine provenant de la même famille polygame ont été arrêtées ce lundi matin

Les enfants mineurs - protégés par la loi - effectuaient ce travail principalement de nuit

Les dealers vendaient le crack et la cocaïne à travers des grilles du jardin public faisant face à l'appartement de la famille  et le marché irriguait jusque dans le nord de Paris et débordait même le périphérique.

La famille Boly, au cœur du réseau, réinvestissait les gains, jusqu'à 8.000 euros par jour, au Mali ou au Sénégal, selon nos informations. "Ce trafic perturbait beaucoup la vie des riverains", assure Christophe Crépin, délégué syndical de l'UNSA Police, ce qu'un reportage de France Info contredit. 

Ce commerce prospérait au su et au vu de tous, mais le successeur du fameux Roger Madec démissionnaire le 4 février 2013, François Dagnaud, maire PS, était resté les bras ballants.


Question: les services sociaux ont-ils fermé les yeux,

manquant ainsi à leurs obligations professionnelles, et le chef d'entreprise, polygame à la tête de trois épouses, touchait-il les allocations familiales ? Et l'allocation de mère isolée était-elle versée trois fois?

mercredi 2 janvier 2013

Ces journalistes vertueux qui nient leurs privilèges fiscaux

"Parlez-nous de la niche fiscale des journalistes, monsieur Cohen "

Un article [commenté] de Laura Orosemane pour Rue89


Les journalistes qui fustigent les niches fiscales protègent-ils la leur ?



Ce mercredi matin sur France Inter, un auditeur de la matinale de Patrick Cohen [accusé de sympathies à gauche pendant la présidentielle] a fait resurgir ce serpent de mer que sont les avantages fiscaux accordés à la profession [des journalistes].


Originaire de Loire-Atlantique, Claude ne s’est pas démonté [!] et a interpellé directement l’animateur radio [ça relève presque de l'attaque frontale...]:
« J’aimerais beaucoup que monsieur Cohen nous parle des niches fiscales des journalistes. J’aimerais, par équité, que vous en parliez autant que les niches fiscales des restaurateurs. »

LE 7/9 DE PATRICK COHEN : ÉCOUTEZ À PARTIR DE 108 MIN

Journalistes, hôtesses de l’air, brodeurs

En cause : l’« allocation pour frais d’emploi ». Une somme de 7 650 euros que les journalistes ont le droit de déduire de leurs revenus lors de leur déclaration d’impôts.  Réponse de Patrick Cohen :
« Ce n’est pas du même coût et au même niveau. Cette déduction de 7 600 euros n’a pas été révisée depuis quinze ans. »
Un rien embarrassé, l’animateur a promis d’en parler plus tard à l’antenne.
De fait, l’allocation n’est pas une niche fiscale ou en tout cas, elle ne l’est plus. Mise en place dans les années 30, cet avantage permettait aux journalistes – comme à une centaine d’autres professions [la belle excuse] dont les hôtesses de l’air et les brodeurs du département de l’Aisne – de bénéficier d’une déduction fiscale de 30% de leurs revenus.  
Une mesure qui se justifiait dans le contexte de l’après-guerre, lorsque les maisons d’édition ne pouvaient pas payer les frais professionnels des journalistes, pour redynamiser le secteur. [Combien de corporations l'auraient alors méritée au même titre et encore aujourd'hui ?]
« Une déduction corporatiste coûteuse »
NICHES COÛTEUSES
Le coût des niches fiscales s’élèvera à 70,8 milliards d’euros prévus pour 2013. Sur les 464 dispositifs d’abattement qui existent, autant de frais pour l’Etat, les plus coûteux restent les TVA réduites.
En tête du classement, on retrouve la TVA pour les travaux de rénovations à 7% (coût : 5,3 milliards) puis la TVA réduite pour la restauration à 5,5% (coût : 3,2 milliards en 2013).
Et enfin le Crédit d’impôt recherche (3,35 milliards), l’abattement de 10% sur les retraites (3,28 milliards) et la prime pour l’emploi (2,46 milliards).
En 1996, le gouvernement d’Alain Juppé décide de revenir sur l’existence de ces niches. Elles seront toutes supprimées, sauf une : celle des journalistes, justement. [Ce n'est pas pour autant une caste...]
Après plusieurs années de négociations, l’avantage sera maintenu mais sous une nouvelle forme : un abattement forfaitaire plus juste car il n’avantage pas excessivement [sic] les stars des médias qui touchent les plus « gros » salaires.
Une mesure plus juste mais qui reste décriée. En mai dernier, des internautes ont lancé une pétition.
« Stop aux privilèges fiscaux des journalistes », « Une déduction d’impôts corporatiste coûteuse pour les contribuables ! » , « Un privilège qui n’a plus de justifications ! » Le ton est donné.
De quoi mettre mal à l’aise les « privilégiés » concernés. [A la différence des autres niches] Le coût pour l’Etat d’une telle mesure fiscale est difficile à calculer [avec la meilleure volonté !] étant donné la disparité des salaires des 36 815 titulaires de la carte de presse en 2011. Sans parler des non-encartés qui peuvent aussi en bénéficier s’ils peuvent justifier qu’ils exercent bien la profession. [des encartés qui n'exercent pas ?... C'est comme les aéroports qui reçoivent des aides européennes au titre de terres agricoles ! ]
Par exemple, une journaliste en CDI à Rue89 qui gagne 2 100 euros par mois paie 900 euros d’impôts par an. Dans les mêmes conditions, célibataire et sans enfants, un salarié non-journaliste paiera plus du double, soit 2 000 euros d’impôts par an. [Mais elle touchera à vie: les non-encarté(e)s peuvent aussi en bénéficier. Ca rappelle la pension allouée aux parlementaires éliminés: Jack Lang et Julien Dray y ont-ils droit ?]
Interdit aux moins de 12 ans
et aux coeurs sensibles
Elle profite aux journalistes précaires [c'est trop mignon !]
Alors pourquoi maintenir cette déduction ? Car [c'est l'alibi] elle profite surtout aux journalistes précaires, pigistes ou en CDD, qui n’ont pas le soutien de leur rédaction et doivent éventuellement avancer leurs frais professionnels d’après le Syndicat national des journalistes (SNJ). [Il va falloir que la FSU défile et bloque les établissements pour ses précaires: elle le faisait quand ils s'appelaient "maîtres auxiliaires", mais le fera-t-elle désormais pour ses "vacataires" et "contractuels", maintenant que la gauche est aux manettes ?] 
[La presse vertueuse et militante fait un grosse consommation de précaires] Selon l’enquête 2011 de l’Observatoire des métiers de la presse, un journaliste sur cinq [jeune stagiaire, contractuel ou vacataire] est aujourd’hui dans cette situation. Et depuis les années 2000, la part de ces journalistes précaires est en constante augmentation au sein de la profession.
L’autre raison est plus pratique. L’annonce de sa suppression entraînera certainement une levée de bouclier des syndicats qui demanderont des compensations salariales – difficile en ces temps de vaches maigres pour la presse. [Les syndicats sont toujours là où il faut un peu plus de justice sociale !]
Sur Slate.fr, Vincent Glad propose une autre solution :
« Rayer de la liste des bénéficiaires (“journalistes, rédacteurs, photographes, directeurs de journaux et critiques dramatiques et musicaux”) les directeurs de journaux. »
[Tout fils de patron qu'il soit (père directeur d'agence bancaire et mère principale de collège), ce journaliste trentenaire, c'est de la bonne graine stalinienne de SNJ !]




A propos et pour information


L'appartement de Gérard Holz
à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a été cambriolé le 29 décembre.

Les voleurs ne lui ont dérobé que pour 20.000 euros de bijoux. Les méchants sont des précaires, il ne faut pas leur en vouloir, Mr le juge !