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jeudi 9 mai 2019

Grève des fonctionnaires contre la loi fonction publique: Laurent Berger, CFDT, n'est plus réformiste ?

Les neuf syndicats de la fonction publique, dont la CFDT et l'UNSA, appellent à faire grève et à manifester, ce jeudi 

"Il faut qu’on soigne mieux les agents des fonctions publiques", selon Laurent Berger 

Résultat de recherche d'images pour "Matignon laurent Berger et EDOUARD Philippe"Le gouvernement doit faire des annonces pour préserver leurs missions et revaloriser les salaires, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, syndicat réformiste "macron-compatible" jusqu'ici et jusqu'à la prochaine, si elle ne frappe pas sa clientèle électorale. 
Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU,Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) lancent un appel unitaire à se dresser contre le projet de loi censé "moderniser" le statut des fonctionnaires"Depuis de nombreuses années, les fonctionnaires ont le sentiment d'être considérés comme des coûts et pas comme des professionnels qui apportent un service à la population", explique Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui participera à la manifestation parisienne.
"Les fonctionnaires ont un sentiment de mépris qui traîne depuis longtemps" (Laurent Berger, sur franceinfo)
"Nous avons déposé une trentaine d'amendements qui ont été retenus" sur le projet de loi qui sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du lundi 13 mai "mais il y a encore beaucoup de désaccords".
"Quand on est contractuel en contrat court dans la fonction publique, on est moins bien traité que dans le privé," explique Laurent Berger sur franceinfo
"Dans le privé, il y a la possibilité d'avoir une prime de précarité à la fin du contrat. Ce n'est pas ce qui est prévu dans le projet de loi", fait observer le responsable syndical. Le texte envisage un contrat de six ans maximum dans la fonction publique : "Cela existe dans le privé, ce sont des contrats de chantier, mais on ne peut pas y mettre fin du jour au lendemain sans motivation alors que c'est ce qui est prévu dans le projet de loi." La CFDT se bat pour que les contractuels "soient traités à égalité avec ce qui se passe dans le privé".

Négociations avec le gouvernement

"Travailler ensemble avec le gouvernement" sur un certain nombre de sujets, "moi, je dis chiche", lance pourtant Berger, le secrétaire général de la CFDT. Edouard Philippe a reçu ce lundi à Matignon les syndicats, le patronat et les associations d'élus pour lancer sa "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie. 

La réforme des retraites

Le projet de réforme des retraites doit être présenté au début de l'été. La concertation menée par Jean-Paul Delevoye planche sur plusieurs possibilités, mais Macron a rappelé le 25 avril que les Français devraient travailler davantage. 
L. Berger rejette la piste de l'allongement de la durée de cotisation, évoquée par le chef de l'Etat. "On n'a pas besoin d'un nouvel allongement d'une durée de cotisation", argumente le patron de la CFDT.
"Il faut arrêter de jouer les hypocrites sur l'âge de départ à la retraite," Laurent Berger à franceinfo
"Le patronat n’est pas sérieux, assure le macron-compatible. Quand je l’entends dire ‘il faut partir à 64 ans' et qu’il vire des salariés à partir de 55 ans pour des motifs tous plus contestables les uns que les autres, il n’est pas cohérent", développe Laurent Berger.
"Ce qui pèse sur nos systèmes sociaux, sur l'ambiance de la société et sur les situations d'exclusion, c'est la persistance d'un chômage de masse et de longue durée", souligne Laurent Berger. "C'est d'abord là-dessus qu'il faut agir", continue-t-il.

Des "gilets jaunes" fichés à l'AP-HP

Suite aux révélations du Canard enchaîné, une mission d'enquête a été déclenchée le 24 avril sur des soupçons de fichage de "gilets jaunes" par l'AP-HP. "Si c’est une réalité, c’est scandaleux", doute encore le secrétaire général de la CFDT sur franceinfo. "Si les choses se confirmaient, il faudrait mettre fin à ses pratiques mais aussi savoir comment et pourquoi elles ont été développées."

mardi 10 avril 2018

Nouvelle grève de la fonction publique, le mardi 22 mai : convergence sociale ?

Sept syndicats de la fonction publique dénoncent le projet de réforme et appellent à défendre leur pouvoir d'achat

Déjà à l'origine de la manifestation nationale des fonctionnaires le 22 mars, 
sept organisations syndicales de la Fonction publique ont lancé un appel, le mardi 10 avril, à une nouvelle journée de mobilisation le mardi 22 mai.

La CGT (communiste), FA-FPT (Fédération autonome de la fonction publique territoriale), FO (socialistes, infiltrés d'éléments d'extrême gauche), FSU (socialiste ou communiste, selon la fédération), Solidaires (révolutionnaires trotskistes) la CFTC (réformistes) et les cadres de la CFE-CGC,  dénoncent le projet de réforme de la fonction publique, comme en mars.  L'ensemble des organisations syndicales, mis à part la CFDT fonction publique qui préfère attendre l'issue des discussions avec le gouvernement, dénoncent une absence de dialogue.

Ils appellent à défendre leur pouvoir d'achat

Le gouvernement prévoit la suppression de 120.000 fonctionnaires, d'ici la fin du quinquennat, dans le cadre de son projet de réforme plan Action publique 2022. 
Alain Juppé a affirmé en novembre 2016 que "150.000 emplois [de fonctionnaires] avaient été supprimés avant 2012" et que depuis (Hollande) 60.000 autres avaient été créés. Juppé se fondait en fait sur les objectifs du gouvernement de l’époque et les projets de lois de finances qu’il a successivement voté, mais tous n’ont pas été exécuté :les départs en retraite anticipés ont été parfois moins important que prévus, on n’a pas pu appliquer la règle du un sur deux, et puis parce qu’il y a aussi eu quelques recrutements au ministère de la Justice notamment, ou à la Recherche. Le challenger de la primaire de la droite affirmait que la proposition de son concurrent de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires n’était pas crédible: lui, il fixait un objectif plus modeste de 300.000, basé sur l’expérience.Mais Juppé oubliait juste les fonctions publiques territoriales et hospitalières, dont les effectifs ont régulièrement augmenté de 2007 à 2012: 200.000 postes en plus sous le mandat de Nicolas Sarkozy.
Le pouvoir macronien promet aussi de "dynamiser" le dialogue social en touchant aux instances représentatives du personnel, mais que peut-on attendre - en matière de 'dialogue social' - d'un président qui a recouru aux ordonnances,  contournant  le Parlement sur la Loi Travail, et qui promet d'y recourir encore à chaque fois que besoin, de développer le recours aux contractuels, d'introduire une rémunération au mérite et d'imposer la mobilité aux fonctionnaires, en mettant notamment en place un plan de départs volontaires.

jeudi 1 février 2018

"Départs volontaires" : le gouvernement a un plan pour la fonction publique

La "société civile" macronienne s'en prend aux fonctionnaires

Gérald Darmanin en a fait l'annonce dans le cadre de la future réforme de l'Etat
Philippe attend les fonctionnaires comme au coin d'un bois


L'exécutif veut étendre "largement" dans la fonction publique le recours aux contractuels
et travaille à un plan de départ volontaires pour les fonctionnaires dans le cadre de l'objectif présidentiel de suppression de 120.000 postes, ont annoncé, ce jeudi 1er février, le premier ministre Edouard Philippe et Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics.

Une "grande concertation" va être ouverte en février entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique
, a annoncé Edouard Philippe au terme d'un comité interministériel. Cette concertation doit courir sur l'ensemble de 2018, précise Gérald Darmanin, ancien UMP, qui en sera chargé avec le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt, ex-PS marqué à son aile gauche.

L'exécutif veut étendre "largement" le recours aux contractuels ne bénéficiant pas de l'emploi à vie
et développer davantage la rémunération au "mérite", a ajouté Edouard Philippe, lors d'un discours devant la presse, après la réunion d'une quinzaine de ministres.

Outre ces deux dossiers traditionnellement sensibles, la discussion doit également porter sur deux autres chantiers délicats la simplification des instances représentatives du personnel et l'accompagnement des départs ou des reconversions dans la fonction publique.

"Adapter le statut de la fonction publique"

Résultat de recherche d'images pour "departs volontaires"La surprise est venue de Gérald Darmanin qui est empêtré dans une affaire de viol, certes occultée par plusieurs affaires de meurtres qui semblent davantage motiver la presse que les violences faites aux femmes  : le ministre a annoncé qu'un "plan de départs volontaires" allait être discuté avec les organisations syndicales, parmi les projets de réforme de l'Etat.
Il s'agit, selon le ministre, d'"imaginer avec les agents publics un plan de départs volontaires pour ceux qui souhaiteraient partir, en conséquence de la réforme de l'Etat".
"Il ne s'agit pas de faire un plan de départs volontaires pour tout le monde, bien évidemment. Il s'agit d'adapter nos services publics et de le faire avec et pour les agents publics", a affirmé Gérald Darmanin lors d'une conférence de presse. 
Dans le projet du gouvernement, les possibilités de recourir aux contrats plutôt qu'au statut de fonctionnaire "seront largement étendues, notamment pour les métiers ne relevant pas d'une spécificité propre au service public", a annoncé le Premier ministre.

"Ce qui est en jeu, c'est d'adapter le statut de la fonction publique, de l'assouplir, de faire en sorte qu'il puisse redevenir un cadre efficace pour l'action publique", a-t-il plaidé.

Le premier ministre a par ailleurs confirmé une réforme évoquée par Emmanuel Macron il y a dix jours : deux ans après leur sortie de l'école de la haute fonction publique, les diplômés de l'ENA issus des grands corps les plus prestigieux, seront désormais affectés, aux "projets prioritaires" de l'exécutif, en administration centrale ou territoriale.

mercredi 2 janvier 2013

Ces journalistes vertueux qui nient leurs privilèges fiscaux

"Parlez-nous de la niche fiscale des journalistes, monsieur Cohen "

Un article [commenté] de Laura Orosemane pour Rue89


Les journalistes qui fustigent les niches fiscales protègent-ils la leur ?



Ce mercredi matin sur France Inter, un auditeur de la matinale de Patrick Cohen [accusé de sympathies à gauche pendant la présidentielle] a fait resurgir ce serpent de mer que sont les avantages fiscaux accordés à la profession [des journalistes].


Originaire de Loire-Atlantique, Claude ne s’est pas démonté [!] et a interpellé directement l’animateur radio [ça relève presque de l'attaque frontale...]:
« J’aimerais beaucoup que monsieur Cohen nous parle des niches fiscales des journalistes. J’aimerais, par équité, que vous en parliez autant que les niches fiscales des restaurateurs. »

LE 7/9 DE PATRICK COHEN : ÉCOUTEZ À PARTIR DE 108 MIN

Journalistes, hôtesses de l’air, brodeurs

En cause : l’« allocation pour frais d’emploi ». Une somme de 7 650 euros que les journalistes ont le droit de déduire de leurs revenus lors de leur déclaration d’impôts.  Réponse de Patrick Cohen :
« Ce n’est pas du même coût et au même niveau. Cette déduction de 7 600 euros n’a pas été révisée depuis quinze ans. »
Un rien embarrassé, l’animateur a promis d’en parler plus tard à l’antenne.
De fait, l’allocation n’est pas une niche fiscale ou en tout cas, elle ne l’est plus. Mise en place dans les années 30, cet avantage permettait aux journalistes – comme à une centaine d’autres professions [la belle excuse] dont les hôtesses de l’air et les brodeurs du département de l’Aisne – de bénéficier d’une déduction fiscale de 30% de leurs revenus.  
Une mesure qui se justifiait dans le contexte de l’après-guerre, lorsque les maisons d’édition ne pouvaient pas payer les frais professionnels des journalistes, pour redynamiser le secteur. [Combien de corporations l'auraient alors méritée au même titre et encore aujourd'hui ?]
« Une déduction corporatiste coûteuse »
NICHES COÛTEUSES
Le coût des niches fiscales s’élèvera à 70,8 milliards d’euros prévus pour 2013. Sur les 464 dispositifs d’abattement qui existent, autant de frais pour l’Etat, les plus coûteux restent les TVA réduites.
En tête du classement, on retrouve la TVA pour les travaux de rénovations à 7% (coût : 5,3 milliards) puis la TVA réduite pour la restauration à 5,5% (coût : 3,2 milliards en 2013).
Et enfin le Crédit d’impôt recherche (3,35 milliards), l’abattement de 10% sur les retraites (3,28 milliards) et la prime pour l’emploi (2,46 milliards).
En 1996, le gouvernement d’Alain Juppé décide de revenir sur l’existence de ces niches. Elles seront toutes supprimées, sauf une : celle des journalistes, justement. [Ce n'est pas pour autant une caste...]
Après plusieurs années de négociations, l’avantage sera maintenu mais sous une nouvelle forme : un abattement forfaitaire plus juste car il n’avantage pas excessivement [sic] les stars des médias qui touchent les plus « gros » salaires.
Une mesure plus juste mais qui reste décriée. En mai dernier, des internautes ont lancé une pétition.
« Stop aux privilèges fiscaux des journalistes », « Une déduction d’impôts corporatiste coûteuse pour les contribuables ! » , « Un privilège qui n’a plus de justifications ! » Le ton est donné.
De quoi mettre mal à l’aise les « privilégiés » concernés. [A la différence des autres niches] Le coût pour l’Etat d’une telle mesure fiscale est difficile à calculer [avec la meilleure volonté !] étant donné la disparité des salaires des 36 815 titulaires de la carte de presse en 2011. Sans parler des non-encartés qui peuvent aussi en bénéficier s’ils peuvent justifier qu’ils exercent bien la profession. [des encartés qui n'exercent pas ?... C'est comme les aéroports qui reçoivent des aides européennes au titre de terres agricoles ! ]
Par exemple, une journaliste en CDI à Rue89 qui gagne 2 100 euros par mois paie 900 euros d’impôts par an. Dans les mêmes conditions, célibataire et sans enfants, un salarié non-journaliste paiera plus du double, soit 2 000 euros d’impôts par an. [Mais elle touchera à vie: les non-encarté(e)s peuvent aussi en bénéficier. Ca rappelle la pension allouée aux parlementaires éliminés: Jack Lang et Julien Dray y ont-ils droit ?]
Interdit aux moins de 12 ans
et aux coeurs sensibles
Elle profite aux journalistes précaires [c'est trop mignon !]
Alors pourquoi maintenir cette déduction ? Car [c'est l'alibi] elle profite surtout aux journalistes précaires, pigistes ou en CDD, qui n’ont pas le soutien de leur rédaction et doivent éventuellement avancer leurs frais professionnels d’après le Syndicat national des journalistes (SNJ). [Il va falloir que la FSU défile et bloque les établissements pour ses précaires: elle le faisait quand ils s'appelaient "maîtres auxiliaires", mais le fera-t-elle désormais pour ses "vacataires" et "contractuels", maintenant que la gauche est aux manettes ?] 
[La presse vertueuse et militante fait un grosse consommation de précaires] Selon l’enquête 2011 de l’Observatoire des métiers de la presse, un journaliste sur cinq [jeune stagiaire, contractuel ou vacataire] est aujourd’hui dans cette situation. Et depuis les années 2000, la part de ces journalistes précaires est en constante augmentation au sein de la profession.
L’autre raison est plus pratique. L’annonce de sa suppression entraînera certainement une levée de bouclier des syndicats qui demanderont des compensations salariales – difficile en ces temps de vaches maigres pour la presse. [Les syndicats sont toujours là où il faut un peu plus de justice sociale !]
Sur Slate.fr, Vincent Glad propose une autre solution :
« Rayer de la liste des bénéficiaires (“journalistes, rédacteurs, photographes, directeurs de journaux et critiques dramatiques et musicaux”) les directeurs de journaux. »
[Tout fils de patron qu'il soit (père directeur d'agence bancaire et mère principale de collège), ce journaliste trentenaire, c'est de la bonne graine stalinienne de SNJ !]




A propos et pour information


L'appartement de Gérard Holz
à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a été cambriolé le 29 décembre.

Les voleurs ne lui ont dérobé que pour 20.000 euros de bijoux. Les méchants sont des précaires, il ne faut pas leur en vouloir, Mr le juge !


vendredi 14 décembre 2012

Hollande achète des profs (et des médecins) au prix fort

Les socialistes tentent de séduire par l'argent


Le gouvernement Ayrault tente d'appâter les jeunes avec l'argent


Marisol Touraine garantit 4600 euros aux jeunes humanitaires  médecins, "volontaires" pour les déserts médicaux



Crises des vocations dans l'enseignement et la santé
Dans l'Education, Peillon crée 43.000 postes qui ne trouvent pas preneurs
Les postes mis au concours de recrutement restent non pourvus, faute de candidats. La sécurité d'un emploi de fonctionnaire ne motive pas les étudiants à se présenter aux concours et les rectorats devront recruter 15 % de leurs effectifs comme vacataires.En septembre 2012, 15 % des postes à pourvoir au concours du CAPES sont restés vacants. Le recrutement en mathématiques est de loin le plus déficitaire, avec un manque de 298 candidats (37 % des postes à pourvoir dans cette discipline), suivi de l’anglais (131 postes manquant, soit 16 %), pour un total toutes disciplines confondues de 706 postes vacants.

La SNES FSU dresse un constat plus sombre encore. Agrégation et Caplp (lycées professionnels) compris, le déficit atteint 853 postes, auxquels il faut selon le syndicat ajouter 267 candidats admis à la fois au CAPES et à l’Agregation: ces " doubles admissions " sont autant de postes non pourvus au détriment du CAPES.

Le gouvernement socialiste prépare un enseignement au rabais
Comme par magie égalitaire, 280 candidats admissibles à l’agrégation  - donc refusés aux épreuves orales (en anglais, par exemple !) - se verront proposer une admission au CAPES, pour combler ce manque, selon Catherine Gaudy, directrice générale des ressources humaines des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, selon le Figaro.fr. 
Pour relever le niveau "Pour le reste des postes laissés vacants (526), nous allons recourir à des contractuels ", expliquait-elle le 12 juillet. Par le passé, le SNES était pourtant opposé à l'emploi de "maîtres auxiliaires" corvéables à merci, non ? Mais voilà un des aspects du "changement", à commencer parmi les militants...

Dans le même temps, le gouvernement a annoncé un recul de la date limite des inscriptions aux concours (en juillet 2012) pour tenter d’attirer plus de candidats.

Et Peillon de maquiller cette désaffection des étudiants pour l'enseignement. Comme la nationalisation "transitoire" brandie contre Mittal à Florange, un "concours transitoire" en première année de master va avoir lieu en 2013 pour ..."pallier les départs à la retraite de 2014", à ce qu'il dit !
Caroline Lechevallier, secrétaire nationale du SNES FSU, syndicat dominant de l'E.N. associé à toutes les grèves nationales, explique une telle désaffection par la chute du nombre de postes mis aux concours, bien qu'elle corresponde au contraire à l'énorme diminution du nombre de candidats. Elle estime aussi que la difficulté des épreuves du concours du CAPES freine les vocations. La FSU accrédite ainsi l'idée qu'on doive abaisser le niveau d'exigences aux concours, lesquels débouchent sur un métier discrédité par l'idéologie régnante et des salaires bas pour un niveau bac +5. Titulaires du master  requis, il leur faut, en plus, obtenir des certifications obligatoires en langue (CLES) et en informatique (C2I). 

La FSU approuve le gouvernement qui embauche des contractuels, recrutés sans concours et sans formation. Ils ne sont pas titulaires et restent dans des situations précaires, qui les exposent à des pressions. Ils ne sont même pas sûrs d’être réemployés l’année suivante. Les recteurs essaient de recruter des gens qui ont un master avant de passer finalement des annonces à Pôle emploi.

Surcoût  de 2 milliards d'euros jusqu'à 2017 : mais 
combien en 2050 ?


Les recrutements de professeurs vont se poursuivre année après année pendant tout le quinquennat.

L'ouverture de 43.000 places aux concours aboutira, en 2013, à la création d'à peine 8281 postes équivalent temps plein. En effet, une grande partie des recrutés remplaceront des professeurs partant à la retraite: le solde des postes sera nul pour l'Éducation nationale. Et les autres recrues ne seront pas toutes présentes à temps plein (six heures seulement), puisqu'elles seront encore en formation.
Dans  son budget 2013, le ministère n'a pas détaillé le surcoût lié à ces nouveaux postes. Les chiffrages les plus précis ont été réalisés par deux think-tanks, l'Institut de l'entreprise et l'Institut Montaigne, lors de la campagne électorale. Le premier a évalué à 30.000 euros par an le coût d'un jeune enseignant, et donc à 360 millions d'euros par an le coût de la création de 12.000 postes, une somme supportable, la première année, rapportée aux 62,6 milliards de budget de l'Éducation nationale.
Mais le surcoût total des recrutements est énorme en 2017, lorsque  l'Éducation comptera 60.000 postes en plus par rapport à 2012, comme l'avait promis  le candidat Hollande.
Sur tout cela, l'enchanteur Hollande ne voulait entendre raison. 
La presse militante occultait d'ailleurs aussi le coût final de ces créations de postes de fonctionnaires, refusant d'évaluer le prix à supporter par les budgets pour les 75 années à venir (et plus), et non pas non seulement leurs 37 années d'activité.
D'après les deux instituts s'accordent pour prévenir qu'en 2017, la masse salariale de l'Éducation se trouvera alors être supérieure de 1,8 milliards d'euros à ce qu'elle aurait été sans ces recrutements. La facture supportée par les générations montantes n'est donc pas négligeable. À titre de comparaison, le relèvement cette année de 5,5% à 7% de la TVA dans de nombreux secteurs (restauration, travaux de la maison) doit rapporter 1,8 milliards.
Néanmoins, le gouvernement prévoit de stabiliser la masse salariale de l'État de 2012 à 2015 par des suppressions dans les autres ministères. Au total, le nombre de fonctionnaires d'État devrait rester stable.

En outre, les rémunérations devraient être "contenues", selon la sémantique en usage au gouvernement à laquelle adhère la presse engagée. 
Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget, a annoncé la poursuite, en 2013, du "gel" du point d'indice qui sert de base à la rémunération des fonctionnaires. Les enseignants étaient sous-payés et le resteront, mais la FSU n'y voit cependant pas une cause de démotivation parmi les étudiants...