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jeudi 9 mai 2019

Grève des fonctionnaires contre la loi fonction publique: Laurent Berger, CFDT, n'est plus réformiste ?

Les neuf syndicats de la fonction publique, dont la CFDT et l'UNSA, appellent à faire grève et à manifester, ce jeudi 

"Il faut qu’on soigne mieux les agents des fonctions publiques", selon Laurent Berger 

Résultat de recherche d'images pour "Matignon laurent Berger et EDOUARD Philippe"Le gouvernement doit faire des annonces pour préserver leurs missions et revaloriser les salaires, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, syndicat réformiste "macron-compatible" jusqu'ici et jusqu'à la prochaine, si elle ne frappe pas sa clientèle électorale. 
Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU,Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) lancent un appel unitaire à se dresser contre le projet de loi censé "moderniser" le statut des fonctionnaires"Depuis de nombreuses années, les fonctionnaires ont le sentiment d'être considérés comme des coûts et pas comme des professionnels qui apportent un service à la population", explique Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, qui participera à la manifestation parisienne.
"Les fonctionnaires ont un sentiment de mépris qui traîne depuis longtemps" (Laurent Berger, sur franceinfo)
"Nous avons déposé une trentaine d'amendements qui ont été retenus" sur le projet de loi qui sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du lundi 13 mai "mais il y a encore beaucoup de désaccords".
"Quand on est contractuel en contrat court dans la fonction publique, on est moins bien traité que dans le privé," explique Laurent Berger sur franceinfo
"Dans le privé, il y a la possibilité d'avoir une prime de précarité à la fin du contrat. Ce n'est pas ce qui est prévu dans le projet de loi", fait observer le responsable syndical. Le texte envisage un contrat de six ans maximum dans la fonction publique : "Cela existe dans le privé, ce sont des contrats de chantier, mais on ne peut pas y mettre fin du jour au lendemain sans motivation alors que c'est ce qui est prévu dans le projet de loi." La CFDT se bat pour que les contractuels "soient traités à égalité avec ce qui se passe dans le privé".

Négociations avec le gouvernement

"Travailler ensemble avec le gouvernement" sur un certain nombre de sujets, "moi, je dis chiche", lance pourtant Berger, le secrétaire général de la CFDT. Edouard Philippe a reçu ce lundi à Matignon les syndicats, le patronat et les associations d'élus pour lancer sa "mobilisation générale" pour l'emploi et l'écologie. 

La réforme des retraites

Le projet de réforme des retraites doit être présenté au début de l'été. La concertation menée par Jean-Paul Delevoye planche sur plusieurs possibilités, mais Macron a rappelé le 25 avril que les Français devraient travailler davantage. 
L. Berger rejette la piste de l'allongement de la durée de cotisation, évoquée par le chef de l'Etat. "On n'a pas besoin d'un nouvel allongement d'une durée de cotisation", argumente le patron de la CFDT.
"Il faut arrêter de jouer les hypocrites sur l'âge de départ à la retraite," Laurent Berger à franceinfo
"Le patronat n’est pas sérieux, assure le macron-compatible. Quand je l’entends dire ‘il faut partir à 64 ans' et qu’il vire des salariés à partir de 55 ans pour des motifs tous plus contestables les uns que les autres, il n’est pas cohérent", développe Laurent Berger.
"Ce qui pèse sur nos systèmes sociaux, sur l'ambiance de la société et sur les situations d'exclusion, c'est la persistance d'un chômage de masse et de longue durée", souligne Laurent Berger. "C'est d'abord là-dessus qu'il faut agir", continue-t-il.

Des "gilets jaunes" fichés à l'AP-HP

Suite aux révélations du Canard enchaîné, une mission d'enquête a été déclenchée le 24 avril sur des soupçons de fichage de "gilets jaunes" par l'AP-HP. "Si c’est une réalité, c’est scandaleux", doute encore le secrétaire général de la CFDT sur franceinfo. "Si les choses se confirmaient, il faudrait mettre fin à ses pratiques mais aussi savoir comment et pourquoi elles ont été développées."

lundi 15 avril 2019

Les Gilets jaunes blessés sont-ils fichés aux urgences des hôpitaux publics ?

Buzyn couvre-t-elle le fichage par Castaner des Gilets jaunes soignés en hôpital public ?

Au moins un hôpital public parisien fiche les Gilets jaunes accueillis aux urgences, révèle  Priscillia Ludosky, figure des Gilets jaunes.

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C'est un de ses posts sur Facebook qui a donné l'alerte. Sur la photo du registre d'un service d'urgences, on peut lire la mention "manif" dans une colonne.

Priscillia Ludosky met ainsi en garde les manifestants du risque de fichage politique des personnes venant se faire soigner en hôpital public, lors d'une mobilisation des Gilets jaunes. "Hôpital parisien demande à son personnel de signifier sur les fiches de renseignement si la personne arrivée aux urgences vient suite à une manif", a-t-elle posté.

Dailymotion oppose des interdictions troublantes "rappelant les périodes les plus sombres de notre Histoire": 

Voici toutefois le document soumis à une "restriction d'âge" par Dailymotion...


20 Minutes a alors mis en doute l'affirmation de la responsable Gilet jaune, alors que 
Priscillia Ludosky a informé les militants à visage découvert et, qui plus est, en fournissant mieux que l'origine, la preuve de ce qu'elle avance, ce dont se garde la presse, au nom du "secret des sources", dont elle bénéficie sans raison républicaine. 
De son côté, un médecin urgentiste anonymé (à la différence de la lanceuse d'alerte) a expliqué la procédure en cours dans les hôpitaux. Il faut savoir que, dans le régime policier actuel, "quand une personne arrive aux urgences, on crée un dossier administratif, qui comporte notamment les motifs de son arrivée, comme un accident par exemple (...) Il n'y a pas de fichage", assure-t-il néanmoins.

Les inquiétudes partagées par les soignants sur la confidentialité

Néanmoins, le médecin urgentiste masqué note "une forte suspicion que le ministère de l'Intérieur veuille récupérer l'identité des manifestants". 
Une inquiétude partagée par les manifestants et le personnel soignant. Il confie ainsi que lors des manifestations du 8 décembre, SIVIC avait été activé. "C'est une procédure prévue en cas d'attentat ou d'événement grave comme un accident d'avion, qui permet de répondre aux proches demandant des nouvelles des victimes", éclaire-t-il. 
Cette base partagée et sécurisée, Voozanoo, a été développée par Epiconcept en 2002. Voozanoo est un socle applicatif web, sécurisé et Open Source qui permet de créer des bases de données multi-centriques sécurisées dans le domaine de la santé publique et de la recherche. Epiconcept et les applications développées sur la base de Voozanoo sont agréés par le Ministère de la Santé au titre “d’hébergeur de données de santé à caractère personnel” depuis 2012, quand la ministre était socialiste et nommée Marisol Touraine.
Par délibération n°2016-208 du 7 juillet 2016, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) autorise le ministère des affaires sociales et de la santé à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel ayant pour finalité l’établissement d’une liste unique des victimes d’attentats pour l’information de leurs proches par la cellule interministérielle d’aide aux victimes, intitulé 'SIVIC'. Or, ces données sont alors accessibles au ministère de l'Intérieur.
Troublé par la possibilité de dérive, le milieu urgentiste avait obtenu de la Direction de la santé un recul concernant l'activation du SIVIC. 
"Depuis, il n'a plus été utilisé", assure-t-il désormais, en dépit de cet exemple, dont rien n'indique qu'il est isolé. 

Les urgentistes soulignent donc une "suspicion forte sur le partage de ces informations, comme sur la porosité forte entre certaines directions hospitalières et le ministère de l'Intérieur en la matière".

Martin Hirsch
qui est directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris depuis 2013 et que le médecin urgentiste Patrick Pelloux trouve vertueux a-t-il communiqué sur le sujet ?

jeudi 24 janvier 2019

Macron fait ficher les Gilets jaunes et leurs sympathisants, révèle le Canard enchaîné

Castaner a de l'Elysée des consignes de traque: intimidation ou flicage ?

Repérer "les personnalités exerçant une réelle influence sur le mouvement" des Gilets jaunes

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tels sont les ordres du ministère de l'Intérieur aux policiers du Service Central du Renseignement Territorial (SCRT). Un "fichage" qui dépasse de loin la simple intimidation des plus craintifs ou exposés des Français, alors qu'après un répit offert aux commerçants durant les fêtes, la mobilisation des "gilets jaunes" connaît un regain depuis trois semaines.

Cette remobilisation préoccupe en haut lieu et l'Elysée veut la briser par tous les moyens. 
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Selon Le Canard enchaîné, le ministère de l'Intérieur a donc transmis début janvier "une instruction secrète" au SCRT de recenser systématiquement et nominativement les "meneurs du mouvement des 'gilets jaunes'".

Selon l'hebdomadaire anarchiste, qui se fonde sur cette instruction secrète, ils doivent repérer "les personnalités exerçant une réelle influence sur le mouvement", mais pas seulement, puisque sont également visés ceux et celles "se signalant par des discours ou des commentaires vindicatifs ou subversifs trouvant de l'écho sur les réseaux sociaux. Des individus qui, aujourd'hui, jouent un rôle réel par le caractère de leurs actions, par le fait qu'ils ont un potentiel pour être des interlocuteurs des pouvoirs publics ou, au contraire, sont entrés dans une forme de radicalité".

Or, ce fichage n'aurait fait l'objet d'aucune déclaration à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), assure l'hebdomadaire.

Les policiers doivent remplir un formulaire très complet du profil de ces meneurs identifiés : photographie, identité complète (pseudo inclus), adresse, numéros de téléphone, profession, type de véhicule et immatriculation... 
Mais également "ses antécédents et procédures judiciaires", "son implication associative", "son influence et son activité sur les réseaux sociaux", "son implication médiatique", "ses liens avec des éléments ou mouvements radicaux", ainsi que le "financement" du mouvement, rapporte l'hebdomadaire.

Un "fichage qui ne dit pas son nom", qui n'a fait l'objet d'aucune déclaration à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)? écrit le journal révolutionnaire.
 
Interrogé par Le Canard enchaîné, le ministère de l'Intérieur a estimé que "les services font leur travail avec les moyens juridiques autorisés par la loi".




jeudi 8 novembre 2018

Renault: "Vous n'êtes pas le bienvenu ici" (un ouvrier à Macron)

Macron se fait rejeter par un ouvrier de chez Renault

L'augmentation de la fiscalité a poussé un travailleur de l'usine Renault de Maubeuge à crier sa colère

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Les attouchements sont inopérants
Pour recréer du lien avec la population, Jupiter s'est fait organiser une "itinérance mémorielle" de cinq jours dans les pays de l'Est et du Nord martyrisés par la Grande guerre de 14-18. Mais il ne récolte que critiques et plaintes, si on met de côté les encouragements de militants du parti du président rassemblés et alignés lundi le long de sa déambulation sous bonne escorte, tandis que les opposants étaient tenus à distance par un impressionnant service d'ordre.

Mardi, le président a laissé approcher les "vrais gens" et a commencé à s'en prendre plein la tronche. Il s'est cabré à chaque étape un peu plus et a tenté  de justifier ses mesures accablantes mais restées improductives, se lançant jeudi dans un plaidoyer improvisé de sa politique économique. Le prétentieux est persuadé d'être un incompris des populations laborieuses ou retraitées, qu'elles soient "illettrées" ou "réfractaires" et "cyniques".

Le président de la République  a défendu avec véhémence sa politique économique jeudi
Dans une usine Renault près de Maubeuge (alternativement UDI ou PS), un ouvrier protestataire lui a crié qu'il n'est "pas le bienvenu". Cette usine est l'une des étapes du périple que le chef de l'Etat s'est imposé autour de la commémoration de la guerre de 14-18, croyant redorer son image fissurée, en vue des Européennes de mai 2019. 

Sur le papier, la visite de cette usine de Kangoo de laquelle sort une voiture toutes les minutes aurait dû être sans souci. Cette visite en compagnie du PDG du groupe, Carlos Ghosn, a donné lieu à d'importantes annonces qui auraient dû faciliter les contacts: une nouvelle tranche d'investissements de 400 millions d'euros pour produire deux nouveaux véhicules utilitaires Nissan et Mitsubishi, et à la clé quelque 200 emplois. Mais l'arrogance du président je-sais-tout et ses mesures impopulaires au corps défendant de plusieurs catégories fragilisées de la population sont vécus comme autant de provocations, ponctuées de déclarations blessantes à toute occasion.

"Vous reprenez d'une main ce que vous donnez de l'autre". 
S'adressant au personnel de l'usine, le chef de l'Etat n'a pas échappé à une nouvelle interpellation. Après une retraitée mardi et un quidam, mercredi, c'était cette fois un syndicaliste de SUD, syndicat révolutionnaire trotskiste. 

L'échange a été rude entre le militant et le président amaigri, translucide. L'ex-banquier a accusé le travailleur de "caricaturer" sa politique et d'être ..."ridicule". C'est ainsi que le président entend renouer avec la population... Tendu vers son contestataire, le petit coq a défendu âprement ses choix d'aider "ceux qui investissent" tout en laissant les fonctionnaires sur le bas côté, et s'est emporté contre ceux qui "caricaturent" sa politique anti-sociale, discriminante, puisqu'elle accable ceux qui travaillent

"Monsieur Macron, vous n'êtes pas le bienvenu ici. Monsieur Ghosn se donne du mal. Mais avec l'augmentation de l'essence vous reprenez d'une main ce que vous donnez de l'autre", lui a crié l'homme, Samuel Beauvois, qui a précisé travailler chez Renault depuis près de 25 ans.
En 2014, des salariés de l'usine MCA (Maubeuge Construction Automobile, 2 500 employés) de Maubeuge (Nord), une filiale du groupe Renault, ont saisi les prud'hommes d'Avesnes-sur-Helpe (Nord) après la découverte de fichiers personnels jugés "illégaux"."Au total, quatre fichiers ont été découverts, comportant le nom de 93 salariés. Le premier a été découvert en début d'année et le dernier en date est un fichier intitulé suivi des grévistes, où sont inscrits noms, prénoms, matricules et un commentaire, où le salarié est obligé de justifier pourquoi il fait grève", a expliqué Samuel Beauvois, délégué Sud de l'usine MCA.
La réponse du président. "Si vous êtes venu faire un meeting politique, c'est autre chose", a polémiqué le président, d'une voix rude. "On est là tous ensemble pour réussir". 
"On réussit sans vous", a rétorqué le syndicaliste, suggérant que Renault ne l'a pas attendu. 
"Je veux expliquer pourquoi je suis là, cet engagement..." "C'est pas grâce à vous", a répliqué son interlocuteur. 

"Là, vous êtes ridicule, pardon de vous le dire", s'est énervé le chef de l'Etat, surmené. Puis, prenant de haut son interlocuteur, Macron a asséné: "Cher Monsieur, j'ai la conviction qu'on ne retrouve la dignité que par le travail. Les cotisations ont baissé, c'est le gouvernement. La taxe d'habitation qui baisse, c'est le gouvernement", a-t-il martelé, applaudi par une partie de sa suite. 
"Je vous le dis - Emmanuel a visiblement entendu de nombreuses lectures des Evangiles, mais delà à se prendre pour le Christ, bref... , cette politique est cohérente par rapport à ce que vous êtes en train de dire... mais je vois que vous n'êtes pas intéressé par ma réponse", s'est vexé le quadra.

Lorsque le trotskiste a raillé l'image des "premiers de cordée", Monsieur 29% de confiance dans les sondages et 24% au premier tour de la présidentielle a perdu ses nerfs, accusant le débatteur de vouloir "faire son show".

Macron accuse le coup à chaque station de son chemin de croix

Macron tient un discours inaudible en milieu social sinistré. "J'entends toutes les caricatures depuis un an et demi, 'vous aidez les uns, pas les autres'. Mais si on ne baisse pas la fiscalité sur le capital, on ne peut pas recréer d'emploi. Il faut réconcilier le travail et le capital, simplifier les règles du travail. C'est le choix fait il y a un an et demi, pour sortir des rigidités françaises qui nous ont coûté", a-t-il poursuivi. "Je crois dans le mérite, le travail, vive la République, vive la France", a lancé le président, comme dans un meeting. Preuve s'il en fallait, qu'il est en campagne des Européennes.

La presse aux ordres prend le parti du président.
Avec elle, la CFE-CGC. Les salariés autorisés à accompagner le président ont parfois critiqué l'intervention de leur collègue. "Il faut pouvoir exprimer son mécontentement, mais pas à des moments malvenus, pas en apostrophant le président, alors que Monsieur Ghosn annonçait des investissements", a résumé un ouvrier syndiqué à la CFE-CGC, anonyme. 

En réalité, cette semaine d'itinérance soulève un vent de révolte sur le passage du président. Le peuple gronde, mais la presse banalise la révolte sociale qui s'étend sur le terrain, notamment sur le pouvoir d'achat.  

mercredi 10 octobre 2018

Un document interne fichait des cadres de FO

Des jugements désobligeants : "bête", "mauvais", "franc-maçon"..., dénonce 'Le Canard enchaîné'

Le secrétaire général du syndicat ne nie pas ce "mémo" et déplore cet étiquetage.
Des noms d’oiseaux en veux-tu, en voilà et des dérapages dignes de glissades sur fientes. Plus d’une centaine de responsables FO a ainsi été fichée dans un document interne, affirme l'hebdomadaire anarchiste dans son édition de mercredi. "Bête", "mauvais", "faux", "complètement dingue", "niais", "franc-maçon", etc, mais aussi "apprécié par PP" (Pascal Pavageau), "déteste JCM (Jean-Claude Mailly)", "trop intelligent pour le faire entrer au bureau confédéral"… Ces commentaires étaient inscrits à côté des noms.

"Cet épais fichier a été constitué en octobre 2016 par des proches de Pascal Pavageau, le nouveau patron de FO, alors en lice pour remplacer Jean-Claude Mailly", écrit le journal dit satirique, et catalogue "126 responsables" du syndicat.

Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, a confirmé que ce 'mur des cons' est une "belle connerie" et une  "grave erreur". "Pour moi, c’était un mémo, de l’ordre de la prise de notes, mais je n’avais jamais vu, ni avalisé le résultat, qui est truffé d’âneries, de raccourcis".

De son côté, Jean-Claude Mailly, l'ancien secrétaire de FO a réagi sur Franceinfo : "C'est surréaliste, ça me fait mal pour l'organisation; je tombe du placard".

mardi 15 novembre 2016

Fichier TES : Valls renie son engagement et recule face à Beauvau

Il n'aura fallu que trois jours au ministère de l’Intérieur pour faire plier Matignon 

Valls est revenu sur ses promesses publiques pourtant  faites publiquement le 10 novembre

Beauvau a publié cette annonce: "Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur et Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique et de l’innovation ont annoncé une évolution [sic] du fichier des "Titres Electroniques Sécurisés" visant à prendre en compte les inquiétudes [ils ne les avaient donc pas prises en compte avant de publier leur décret en catimini lors du weekend de la Toussaint] exprimées depuis l’entrée en vigueur du décret n°2016-1460 du 28 octobre 2016 autorisant la création d'un traitement de données à caractère personnel relatif aux passeports et aux cartes nationales d'identité."

Et en effet, le gouvernement a reculé, malgré la crainte d'un tacle de la Cour européenne de Justice. Valls s’apprête à faire voler en éclats une partie des gages accordés jeudi dernier aux Français soucieux à l’idée de voir leurs infos perso collectées dans un même fichier centralisé, le TES (Titres électroniques sécurisés).
60 millions de Français visés: du jamais vu depuis 1940. Ce nouveau fichier va concerner toute personne qui cherche à obtenir ou à renouveler sa carte d’identité ou son passeport. Pas besoin d’avoir fait un bac, même avec mention, pour saisir que la traque ne concerne pas les personnes suspectes, mais bien TOUS LES FRANÇAIS. Seule exception : les nourrissons jusqu'aux mineurs de 12 ans...
Nos empreintes seront ainsi collectées contre notre volonté : nous ne pourrons refuser que leur ajout à la base de données informatiques. Et pour sa part, le décret qui a tenté de faire passer la pilule en loucedé ne sera pas forcément modifié par un nouveau texte.

L'Intérieur de Bernard Cazeneuve refuse même de transmettre le nom des fichés S sensibles aux maires.

Les empreintes, un filon pour les services du Renseignement

Le principal changement porte sur le recueil des empreintes. Lors de la conférence de presse organisée 'fissa' place Beauvau pour faire taire les critiques, Bernard Cazeneuve et Axelle Lemaire s’étaient engagés à introduire une nouvelle obligation dans le fichier TES :
"Le recueil et le versement des empreintes digitales du demandeur du titre seront soumis à son consentement express et éclairé."

[À suivre] Déclaration publique commune de @BCazeneuve et @axellelemaire sur les modalités de la mise en oeuvre du 
.@BCazeneuve : Le processus de délivrance des passeports repose sur une technologie récente et entièrement sécurisée, la technologie "TES" pic.twitter.com/dLZy8EyHaI




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Ce jour là, Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et A. Lemaire, secrétaire d’Etat au Numérique, ont fait mine de dépasser leurs désaccords ("non, il n’y a pas de couac"). Les sourires crispés de façade cachaient non seulement la violence de leur bras de fer, mais aussi le refus de l’administration de Bernard Cazeneuve de céder à cet arbitrage en sa défaveur.
Fichier TES Mounir Mahjoubi, président du @CNNum s’est dit très inquiet sur  "Nous sommes prêts à discuter avec le gouvernement" pic.twitter.com/h6TwuJKGx6
Fichier  L'intérieur n'apprécie vraiment pas les critiques d'A. Lemaire : "on va pas l'appeler à chaque fois qu'on touche un ordinateur" pic.twitter.com/tlWF3wMaOQ






Les services de l’Intérieur avaient pris la fâcheuse habitude de passer en force   au grand dam de Valls qui fait le matamore à Matignon. Or, sur un sujet qui touche de loin à l’antiterrorisme, Cazeneuve n'avait pas partie gagnée. Mais il ne voulait pas non plus perdre la face contre une simple petite secrétaire d’Etat, à qui Bernard Cazeneuve et son entourage n'ont jamais dissimulé le profond mépris qu’elle leur inspire. "On n’a pas attendu pour travailler là-dessus. On n’a pas besoin de tes gadgets."
Le spectre du fichier des non-empreintes


Sur le fond, l’Intérieur ne veut surtout pas que les services de police soient privés des empreintes de millions de détenteurs d’une carte d’identité. D'autant que, paradoxalement, la garantie arrachée par Axelle Lemaire est plus protectrice encore que le système aujourd’hui en place : pour faire une carte d’identité, il faut déjà laisser ses empreintes digitales, certes, sur un formulaire papier, ce qui n’empêche pas les autorités de se servir de ce fichier "comme d’un auxiliaire de police", souligne Télérama.

La police d'Etat n’a donc rien lâché. 
Quelques minutes avant le point presse commun, il bataillait encore pour faire pencher la balance de son côté, révèle encore Télérama (groupe Le Monde, succursale du pouvoir). 
Les hauts fonctionnaires de la police ont soigneusement mis un nouvel argumentaire en place. Ils ont notamment tourné à leur avantage la mauvaise pique de  départ en argument susceptible d’effrayer plus encore les défenseurs des libertés : si des gens refusent le prélèvement de leurs empreintes, ils seront alors versés de fait dans un autre fichier, celui des fortes têtes. 


Le fichier des non-empreintes, le fichier des rebelles, encore plus suspect d’être sensible encore entre les mains d’agents mal intentionnés.
Et la majorité parlementaire socialiste va approuver...

Le travail de sape fonctionne. 
Lundi, le flou était tel qu’il était impossible de savoir comment allait concrètement évoluer le fichier TES. Ou si même cette évolution allait finalement survenir. Un nouveau décret va-t-il être rédigé ? Un calendrier est-il déjà prévu ? Comment le débat parlementaire promis sera-t-il pris en considération alors qu’aucun vote n’est possible ?

Quand c’est flou, c'est qu'il y a un loup (M. Aubry)...
Next Inpact se fait lui aussi l’écho de cette lutte d'influences et avance qu’un nouveau décret, préalablement approuvé par le Conseil d’Etat et la Cnil, ne pourrait en fait pas voir le jour. L’Intérieur aurait d’autres plans, envisageant de faire passer une simple instruction. Moins contraignante, en droit, qu’un décret.

En parallèle, personne ne pipe officiellement mot sur la suite ni à l’Intérieur, ni à Bercy, ni dans les institutions concernées par ce fichier. Comme si les annonces de jeudi n’avaient jamais existé.
La commission des lois du Sénat attend ce mardi les explications de Bernard Cazeneuve, mais aussi l’éclairage de Mounir Mahjoubi (le président du Conseil national du numérique) et Isabelle Falque-Pierrotin (à la tête de la CNIL).
Entendue dans le cadre du projet de loi de finances 2017, Axelle Lemaire aura également à répondre à des questions au Palais du Luxembourg. Sans oublier l'apothéose de la journée, à l’Assemblée, avec une nouvelle déclaration du gouvernement sur le fichier TES, après les questions au gouvernement.



Vers une future crise gouvernementale ?

L
’événement, annoncé par une brève lettre de Manuel Valls à Claude Bartolone, n’est suivi d’aucun commentaire de Matignon. 
Mais lundi soir, les services du Premier ministre avaient néanmoins une réponse révélatrice des tensions internes à apporter à la demande d’éclaircissement de la presse :
"Prenez attache avec le ministère de l’Intérieur. "

Malgré des annonces contraires, malgré une bataille en coulisse peu appréciée du Premier ministre, la place Beauvau, et la lourde administration qui la soutient, a donc réussi dans la soirée de lundi à lui imposer de faire machine arrière.

Effet 13 novembre oblige : aucune mesure susceptible d’amoindrir les conditions de sécurité n’est acceptée. Officiellement au nom de la lutte contre l’usurpation d’identité – une fraude qui se chiffre à quelques milliers de cas, une dizaine tout au plus, chaque année, indiquent plusieurs sources. Certaines, policières, estiment en plus que le fichier TES ne changera rien à cette délinquance.

Tant pis, le gouvernement préfère prendre le risque de concentrer en un même fichier les données de 60 millions de Français. Et Matignon de paraître bien indécis après ces multiples va-et-vient. C’est d’ailleurs le point qui gratte : pourquoi le Premier ministre a-t-il d’abord choisi d’écouter les défenseurs des libertés, alors qu’il n’en a pas pris la peine lors des précédents débats sur la loi de programmation militaire, ou la loi renseignement ?

Crainte des media, nous répondent certains. Détermination féroce d’Axelle Lemaire, prétendent d’autres, qui aurait fait redouter à Matignon une énième crise gouvernementale, à quelques mois d’une élection qui s’annonce déjà fort mal engagée.
Désavouée sans ménagement, la secrétaire d’Etat au numérique va-t-elle décider de quitter le gouvernement, après l’avoir sérieusement envisagé lors de la loi renseignement ? Ou prétexte de Valls pour reprendre sa liberté ?