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vendredi 22 février 2019

Ascoval et l'"itinérance mémorielle" ont donné naissance au mouvement des Gilets jaunes

Le Maire se fait berner, Xavier Bertrand la joue volontariste et Macron a les Gilets jaunes 

Octobre 2018 : l'offre d'Altifort jugée "solide" par Bruno Le Maire

Emmanuel lors de sa visite à Vallourec en 2015 alors qu'il était ministre de l'économie. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Macron, en visite à Vallourec en 2015,
alors qu'il était ministre de l'économie.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait fait confiance au groupe belge Altifort, qui proposait un "projet crédible et viable", selon lui, pour la reprise de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), même si des fragilités persistent, selon le gouvernement, qui a dit vouloir régler ces sujets d'ici "début décembre". Le maître de Bercy redonnait ainsi un nouvel espoir aux salariés, avant Noël. 

Interrogés en fin de réunion à Bercy, plusieurs responsables syndicaux avaient même fait part de leur soulagement. "On a franchi un pas aujourd'hui", avait commenté Bruno Kopzcinski, CFDT, porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval : "Cela va permettre de rechercher des financements. Cela va prendre plus de temps que prévu et il reste encore pas mal de choses à valider. On peut dire que c’est un nouveau sursis qui est accordé à Ascoval avec une nouvelle physionomie et des nouveaux acteurs autour de la table. Je regrette que l’on ait perdu énormément de temps et aujourd’hui nous redémarrons à zéro."

La question restait de savoir si les salariés allaient reprendre le travail ?
"Il va y avoir une assemblée générale dans l’après-midi pour prendre l'avis de tous les salariés." En effet, les sidérurgistes d'Ascoval ne travaillaient plus depuis le 23 octobre et avaient bloqué le site de production de Vallourec à Aulnoye-Aimeries (Nord) pour mettre la pression sur le groupe et le gouvernement.

Altifort avait présenté une offre de reprise de l'usine de production d'aciers de moyenne et haute gamme
Ce qui impliquait que Vallourec, principal client et désormais premier actionnaire d'Ascoval, maintiendrait pendant un an et demi son niveau de commandes. Or, spécialiste des tubes en acier sans soudures, près de Valenciennes, Vallourec avait refusé cette demande, alors que l'Etat est actionnaire à 17%. Ses comptes étaient dans le rouge, avec une perte nette de 307 millions d'euros sur le premier semestre, pour un chiffre d'affaires de 1,09 milliard.
Cette décision a obligé le gouvernement et Altifort à travailler sur une proposition alternative, sans Vallourec. 150 à 200 millions d'euros sont nécessaires pour que le projet d'Altifort tienne la route, ce qui oblige à rechercher de nouvelles sources de financement, que ce soit auprès des banques ou bien auprès d'investisseurs. Ce qui paraissait fort délicat, les financiers n'ignorant pas que la production ne trouve pas preneurs. 

Présent à la réunion, le président LR de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand avait rappelé que la région mettrait "12 millions d'euros" dans l'opération, et Valenciennes métropole "10 millions d'euros" : "L’Etat a changé de regard et de position sur le dossier : tant mieux. Sans l’Etat, on ne pourra pas sauver l’avenir de l’industrie de l’acier. Ce n’est pas encore gagné quand même."
A propos de Vallourec, il précisait aussi que "le gouvernement dit 'laissez Vallourec en dehors', mais dans ces cas là, que Monsieur Crouzet, président du directoire de Vallourec depuis 2009, se taise. Ce qu’il a dit dans le Journal du Dimanche est scandaleux. Si tout le monde joue le jeu, l’usine pourra être sauvée."
Tout ce mépris a donné le mouvement des Gilets jaunes
Du 5 au 11 novembre, le président de la République a parcouru les lieux marquants de la Grande Guerre pour le
Centenaire de la guerre 14/18: une "itinérance mémorielle" qui se révéla une déroute dans le contexte social et politique déjà tendu de début novembre et qui conduisit au mouvement des Gilets jaunesLe parcours du combattant du quadragénaire qui n'a pas les casernes traversa la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Marne, les Ardennes et enfin les Hauts-de-France. L'Elysée voulait "briser la vitre qui sépare traditionnellement le président du pays"...
Une erreur d'appréciation a fait que le "souverain républicain" s'est trouvé face à un peuple incontestablement remonté contre sa politique et contre sa personne même. Venu célébré la paix, il ne récoltera que trouble et agitation. Dès Pont-à-Mousson, la situation a commencé à se tendre : les premiers manifestants ont fait leur apparition sur le parcours du "président des riches", élu par défaut. A Albert, dans la Somme, une semaine avant son arrivée, nombre de citoyens ignoraient pourtant encore tout de son passage.
Mais à Verdun, il était attendu et une nouvelle difficulté fit son apparition : les interpellations directes. Par un retraité sur la hausse du carburant qui cristallisait déjà la majorité des mécontentements : "vous sentez le malaise en France qui monte?" 
A Charleville-Mézières, devant la préfecture des Ardennes, des centaines de personnes hostiles sont accoudées aux barrières de sécurité qui les tiennent à distance respectable. En visite à l'usine PSA toute proche, Emmanuel Macron finit à pied les quelques mètres, et c'est à ce moment que Josiane, cheveux courts grisonnants, aide-soignante de 57 ans, lui lâche un "Pourquoi vous nous massacrez ? Je suis jamais descendue dans la rue, jamais. Mais maintenant, avec vous, je suis obligée". Les reproches pleuvent comme obus à Verdun, par un syndicaliste à l'usine MCA de Maubeuge dans le Nord, par des retraités avant d'entrer dans un EPHAD de Rozoy-sur-Serres dans l'Aisne : "j'ai travaillé pendant 44 ans et je n'ai pas 1100 euros de retraite", explique l'un d'eux à qui Macron explique que tous doivent faire des efforts. Toutes les premières doléances étaient énoncées.
A Albert, vendredi 9 novembre,  Macron préféra ne pas entendre les manifestants : les gendarmes mobiles les avaient évacués avant son arrivée. Il n'hésitera pourtant pas à déclarer : "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout", se félicitant d'avoir "senti le pays en profondeur", dans "ses attentes, ses envies, ses angoisses, ses colères"...
Dans une usine Renault près de Maubeuge, Macron trouvera même le moyen de tenir des propos controversés sur le maréchal Pétain, mais s'emportera contre la "boîte à folie" des "polémiques inutiles", assurant qu'encore une fois il n'a pas été compris.
Macron contournera Valenciennes et Vallourec, après s'être rendu sur le site de production de Toyota à Onnaing, près de Valenciennes (Nord), en janvier, en marge du sommet "Choose France" organisé au château de Versailles.
S'adressant au personnel de l'usine Renault, le chef de l'Etat a eu la surprise de se faire prendre à partie par un syndicaliste de Sud, par ailleurs hué par des camarades syndiqués à la CFDT. Un échange musclé s'en est suivi :

- Samuel Beauvois : « Vous n’êtes pas le bienvenu monsieur Macron ici.

Emmanuel Macron : Bonjour monsieur. Vous n’êtes pas apparemment majoritaire.

- Vous prenez dans la poche des ouvriers aujourd’hui monsieur Macron. Ce que monsieur Ghosn nous donne d’une main, vous allez reprendre dans notre poche.

- Je vais vous expliquer que non, mais restez là monsieur.

- Votre service d’ordre est en train de me sortir.

- Venez avec moi si vous voulez. Je vous écoute. Donc il faut que vous ayez la courtoisie de m’écouter.

- Mais on réussit sans vous, monsieur Macron. Les salariés ici, ça fait 40 ans qu’ils sont ici. Ils ont réussi sans vous. Aujourd’hui, vous êtes en train de prendre aux salariés, vous êtes en train de prendre aux retraités, aujourd’hui monsieur Macron.

- Si vous êtes venu faire un meeting politique, c’est autre chose.

- Non, je ne fais pas un meeting politique. Vous n’êtes pas le bienvenu ici. Ça fait 27 ans que je suis chez Renault, 27 ans. C’est Renault qui me nourrit aujourd’hui. Ce n’est pas monsieur Macron.

- Soit vous avez la courtoisie d’écouter, on peut y aller. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi je suis là et pourquoi je crois à l’inverse de ce que vous dites, et pourquoi j’ai le sentiment que dans cette salle, il y a une large majorité qui croit l’inverse de ce que vous dites. »
"Je suis le premier à dire lorsqu’un site industriel n’a pas d’avenir. Je l’ai fait en un autre temps pour Whirlpool à Amiens. Et on a trouvé une solution de reprise et une autre option de développement. Là, je pense qu’il peut y avoir un avenir pour le site d’Ascoval", affirma le président de la République à la veille de son "itinérance mémorielle" dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

Février 2019 : le repreneur d'Ascoval avoue ne pas avoir les fonds 

Des salariés de l'aciérie d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord), le 19 décembre 2018, après la validation par le Tribunal de grande instance de Strasbourg du plan de cession de l'entreprise au groupe Altifort.
Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, veut toujours y croire : "ça se tend mais ce n'est pas fini", assure-t-il, à propos de l'entreprise actuellement en redressement judiciaire.

Altifort a en effet admis jeudi ne pas disposer des financements nécessaires pour son projet de reprise de l'aciérie de Saint-Saulve, dans le Nord, pourtant validé en décembre.

"Altifort nous a confirmé qu'il ne pourrait verser aucun des fonds sur lesquels il s'était engagé, ni les dix millions de fonds propres, ni les 25 millions de levée de fonds", a précisé une source anonymée au cabinet du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "Même les dix millions de fonds propres, ils ne sont pas en mesure de les donner", a ajouté cette source: "On a pris acte de cela. En l'espèce, Altifort a trompé tout le monde", avoue l'entourage de l'ancien candidat à la présidentielle. 

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval""La décision que nous avons prise avec tous les salariés, c'est de travailler à une nouvelle reprise en démarchant tous les industriels qui peuvent être intéressés", a dit Bercy. "Nous referons un point en début de semaine prochaine dans le même format, avec les salariés, les députés, le président de la région Xavier Bertrand, pour voir où nous en sommes." 

Les élus de la région, bien que déçus de l'annonce d'Ascoval, continuent cependant à les mener en bateau.   Bertrand clame qu'il veut toujours y croire. "Je continue à me battre pour sauver Ascoval" en cherchant "d'autres repreneurs", "soit en plus d'Altifort, soit à la place d'Altifort", a déclaré le don Quichotte. 

"Tout doit être fait pour intégrer de nouveaux partenaires", a renchéri le communiste Fabien Roussel (PCF).  

Le patron d'Altifort, Bart Gruyaert, a, lui, assuré qu'il "ne jette pas l'éponge" et qu'il "se concentr[ait] à trouver une solution" financière d'ici à l'audience du tribunal de Strasbourg, le mercredi 27 février. 

Les 281 salariés, dont les emplois devaient être sauvés, ont laissé éclater leur colère

© Ascométal" 

Et je veux que les habitants du Valenciennois, et tout particulièrement de Saint-Saulve, le sachent : j’y veille tout particulièrement. Les choses seront faites, tout simplement parce que celles et ceux qui travaillent là le méritent", se vanta encore le chef de l’Etat, le 5 novembre.
Et de mettre en cause au passage "l’irresponsabilité collective", qui consiste selon lui à "être toujours du côté de ceux qui crient et de ne jamais essayer d’expliquer" les raisons des difficultés économiques. Macron expliqua donc encore que, concernant Ascoval, " il y a un vrai travail à faire pour consolider (les) débouchés, trouver des partenaires et des financements".
Il était intarissable, passant de la pommade à tous, en assurant qu’il "sait ce que l’on doit au maire de Valenciennes, au maire de Saint-Saulve, à l’ensemble des élus du territoire et aux salariés et à leurs organisations syndicales, à qui (il) veut rendre hommage". Repassant constamment son oral manqué du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure (ENS) - il faut en effet commencer par réussir l'écrit, auquel il échouera à deux reprises - , il  poursuivit : "Lorsqu’on a montré qu’il y avait un avenir possible, ils ont tous voté la reprise du travail dès le lendemain. C’est le signe de leur responsabilité et de leur attachement à leur outil de travail. Donc, c’est ce qu’on leur doit ", insista le bonimenteur.

Quatre mois plus tard : "On nous l'a fait à l'envers" !

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval"
Devant l'usine, les salariés ont appris la nouvelle avec sidération, souvent par la presse. "J'aimerais comprendre comment un dossier appuyé par trois cabinets d'experts différents a pu valider un plan avec des fonds non présents", s'est interrogé Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale et élu CFDT. 

"On est dépités ! On nous avait promis monts et merveilles (...) et au final on n'aura rien (...) Altifort nous l'a fait à l'envers; en réalité il n'y a rien, rien de concret", a lâché Vincent, 51 ans, agent de maintenance. "Je ne sais pas ce qu'on va devenir maintenant." 

Le 19 décembre, la justice avait mis fin à un interminable suspense en validant la reprise par Altifort pour un montant de 152 millions d'euros, avec le sauvetage de 281 emplois à la clé. La reprise se décomposait ainsi : 47 millions d'euros de fonds publics "sous forme de prêt" (Etat, Région et Valenciennes-Métropole), 35 millions d'apport d'Altifort, 40 millions de crédit-bail pour le financement d'un futur train à fil et 30 millions d'affacturage. Selon l'avocat d'Ascoval, Guilhem Bremond, trouver une autre solution pour Altifort d'ici l'audience du 27 février relèverait du "miracle".
Le groupe Altifort avait repris l'aciérie de Saint-Saulve le 1er février 2019.

En plus d'Ascoval, le Belge 
Asco Industries opère des usines à Dunkerque (Nord), Hagondange (Moselle), Fos (Bouches-du-Rhône), Le Marais (Loire) et Custines (Meurthe-et-Moselle). 
La fermeture de l'aciérie d'Hagondange est annoncée "dans moins de deux ans", les sites du Marais et de Custines devraient rattachés au site belge Steeltec et le groupe suisse d'acier Schmolz et Bickenhbach a ajouté le site Ascométal de Fos-sur-Mer, en redressement judiciaire, à son offre de reprise.
Et les principaux clients d'Asco sont l'européen Airbus, l'Américain Boeing, le Canadien Bombardier Aéronautique et le brésilien EmbraerEt pourtant, Ascoval se meurt.
Dans le détail, Asco est, notamment, l'un des partenaires des projets Airbus A400M, Lockheed Martin F-35 et de l'Airbus A380, dont le programme est un échec commercial et dont Airbus a annoncé, le 14 février 2019, la fin de la production pour 2021.

Le volontarisme de notre élite politique, fantasme ou fumisterie ultime ?

dimanche 10 février 2019

Le grand débat national est "une campagne électorale déguisée," dénonce une députée LR

C'est aussi un court-circuitage des Gilets jaunes exclus du one-man show présidentiel

La Commission nationale des comptes de campagne a été saisie pour dénoncer dans le grand débat, "une campagne électorale déguisée" de LREM, en vue des Européennes
Philippe Juvin a demandé au président de la CNCCFP "d'intégrer" "les moyens alloués à une réunion publique de Madame Agnès Buzyn", ministre de la Santé, dans les comptes de campagne des élections européennes de LREM. Lors de cette réunion, dimanche dernier à Trappes (Yvelines), la ministre a en effet tenu "des propos militants sans équivoque en faveur de LREM en vue des élections européennes" du 26 mai, déplore le président de la Fédération LR des Hauts-de-Seine qui est aussi maire de La Garenne-Colombes) et chef de service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou (Paris).
Capture d'écran : tweet de la ministre Buzyn

"Ce grand débat national, initié par le président de la République pour répondre à une crise sans précédent liée à des choix politiques et économiques illisibles et injustes, ne peut en aucun cas être une campagne électorale déguisée", ajoute cet élu LR, parti que la presse officielle déclare pourtant invisible dans le paysage politique.

Des "one-man shows successifs"

Résultat de recherche d'images pour "Schiappa Hanouna"
"Voilà maintenant près de trois semaines que nous assistons à ce qui s'apparente davantage à une campagne électorale plutôt qu'à des échanges avec les Français", a renchéri la députée de l'Assemblée nationale Valérie Boyer, (3e mandat dans les Bouches-du-Rhône) dans un courrier au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Elle y liste les heures de réunions publiques "animées par le chef de l'Etat" et diffusées - dans la durée (3 ou 4 heures , voire 6) - à la télévision qui "satur(ent)" l'espace politique et médiatique, selon elle, mais aussi  le public qui n'a d'autres choix en zappant BFMTV pour LCP, en passant par CNews.

Depuis, l'"itinérance mémorielle" de novembre, Macron nous poursuit sur toutes les chaînes
Il nous avait déjà gavés, dans le cadre du centenaire du 11 novembre 2018 et il récidive impunément. Comme si nous n'avions pas eu déjà plus que notre dose, il a même délégué ses pouvoirs à Marlène Schiappa qui s'est invitée à l'émission populaire de Cyril Hanouna, 'Balance ton poste', sur C8, spécialisée dans l'invective et la déblatération. Le 26 janvier dernier, Schiappa était missionnée pour valoriser le grand débat national, en tant que coanimatrice. Une participation qui lui avait valu une pluie de critiques sur les réseaux sociaux, mais également dans la classe politique.  Mélange des genres, vulgarité ou sur-dose de propagande en faveur du "grand" débat national et de Macron : elle n'a évité aucun écueil et s'est retrouvée habillée XXL pour l'hiver.
Or, l'insupportable secrétaire d'Etat a trouvé le moyen de se plaindre encore: une différence de traitement ! La parano estime que la participation de son collègue François de Rugy à une autre émission Balance ton Poste! "n’a pas eu à supporter invectives et méchancetés" qu'elle a suscitées.  


Fin janvier, Les Républicains avaient déjà interpellé le CSA au sujet des "one- man shows successifs" d'Emmanuel Macron dans le cadre du grand débat, mais ça continue. 
LR avait pourtant demandé au gendarme du PAF de mettre de l'ordre et de "veiller scrupuleusement" à ce que "l'équilibre des temps de parole soit respecté". 
Un député LFI, Michel Larive, avait adressé la même demande.

Mais le CSA ne régule rien.
Il sanctionne les oppositions, sans jamais rappeler la majorité présidentielle à la décence démocratique. 
Les internautes se chargent de rétablir un semblant d'équilibre républicain.

samedi 10 novembre 2018

Macron, maso : "Vous me voyez, je suis très heureux" !

Partout contesté, lors de son "itinérance" christique, Macron lance : "C'est un vrai bonheur, vous me voyez, je suis très heureux"

Inaudible dans sa tentative de valorisation de ses mesures impopulaires et taclé chaque jour, Macron fait de la provocation


Le 8 novembre, la mauvaise foi du président a dépassé le seuil du tolérable.
Le chef de l'Etat qui n'en finit plus de se faire pointer depuis le début de son itinérance (Pétain, hausse de la fiscalité sur les carburants, CSG, etc ..) s'est pourtant déclaré "très heureux". 

Ce déplacement devait être avant tout l'occasion de rencontrer les Français et de tenter de renouer avec eux, alors que sa popularité a chuté à 27%. Mais ses dérapages incontrôlés (sur Pétain) et ses insultes ("vous êtes ridicule", à un syndicaliste de Renault à Maubeuge), ont creusé encore un peu plus la tranchée qui le sépare de la population. Les Français étaient indifférents à sa venue en régions, mais la plupart ont désormais sorti les poings fermés des poches

Résultat de recherche d'images pour "les tetes a claques"Sourd au désarroi créé par sa politique et exprimé, lors de faces à faces tendus,  par ses interlocuteurs pourtant triés sur le volet, lors de son passage à Maubeuge, par exemple, plusieurs personnes ont souhaité éveiller la conscience du président autiste.

Mais celui qui assure "entendre" la plainte des Français ne veut rien écouter, seulement parler, faire de la "pédagogie" pour les "gens qui ne sont rien" et qui ne comprennent rien à sa politique, trop "cyniques", les syndicalistes, "illettrés", les défavorisés, ou séniles, les retraités. 

VOIR et ENTENDRE un résumé des principales confrontations entre Macron, provocateur, et la population, excédée, avec laquelle il prétend renouer, mais à laquelle il promet que ça va encore "secouer" :

Excusez la pub imposée par la chaîne privée; la suite vaut peut-être ce pensum. 

On aura noté, outre le ton et l'ambiguïté de la journaliste de BFMTV, les contre-vérités de ce balourd de Benjamin Grivreaux et le contraste entre le commentaire, les affirmations de Macron et les images.

Un homme placé en garde à vue pour avoir insulté Macron à Arras

En même temps, un homme a été interpellé et placé en garde à vue jeudi à Arras (Pas-de-Calais), après avoir proféré des insultes à l'encontre de Macron, qui poursuivait son "itinérance mémorielle" pour le centenaire de la Grande Guerre.


Après avoir terminé son cinquième jour "d'itinérance mémorielle" sur les traces de la Grande Guerre, le président de la République a cru bon d'aller titiller la foule avant de quitter Arras, jeudi. 

A sa sortie de l'hôtel de ville, il a été acclamé par plusieurs dizaines de militants convoqués, qui ont scandé à tue-tête des "Merci Macron!" ou encore "Macron, président !". Mais après avoir posé pour des selfies avec les ravis, le chef de l'Etat a été ramené sur terre par un homme, comme le rapporte La Voix du Nord

"Prends mon kebab, je pars en garde à vue"

Derrière le cordon "sanitaire" de supporteurs LREM extatiques alignés pour scander le nom du président à la manière maoïste, des huées s'élevèrent au fond de la place, couvrant le chant des partisans. Disons plutôt le choeur des esclaves à Macron.

Badge de la France Insoumise bien apparent au revers de son blouson rouge, une militante peste contre "la bourgeoisie arrageoise qui acclame le chantre d’un libéralisme qui est en train de nous tuer à petit feu". 

Un autre habitant qui avait enfilé le gilet jaune fluo qu’il portera le 17 novembre dénonce "un convoi d’au moins quinze bagnoles. Ça se voit que ce n’est pas lui qui paie le carburant ! "


"Va t’faire égorger, sale fils de p...", aurait lancé l'homme à destination d'Emmanuel Macron, selon  le media local. Un coup de sang qui lui a valu d'être immédiatement interpellé, puis placé en garde à vue.

Loin de se laisser impressionner, l'individu aurait donné un sac plastique à sa compagne, avant de monter dans le fourgon de police, en lui disant: "Valérie prends mon kebab, je pars en garde à vue". Selon France 3, l'homme âgé de 30 à 40 ans aurait été en état d'ébriété et en possession de stupéfiants au moment des faits. 
Bibi-le-Bienheureux est juste content de ne pas passer inaperçu...

Pour celui qui a proféré des menaces de mort et insulté le président Macron , ce sera un ...rappel à la loi.
Dans les lycées et collège, les professeurs n'ont plus qu'à se tenir à carreau...

"Itinérance mémorielle" à Albert, Somme : "Macron démission"

"Macron démission": des 'gilets jaunes' évacués avant son arrivée à Albert dans la Somme

Une vingtaine de "gilets jaunes" qui manifestaient pour leur pouvoir d'achat à ont été évacués avant l'arrivée d'Emmanuel Macron.


Macron ne dialogue pas avec toutes et tous...
Une vingtaine de "gilets jaunes" qui manifestaient pour leur pouvoir d'achat à Albert dans la Somme ont été évacués, avant l'arrivée d'Emmanuel Macron.
Ces citoyens voulaient se faire entendre de Macron sur la hausse des carburants, mais le président n'a pas eu l'opportunité de les convaincre.

Les gendarmes avaient des ordres pour disperser les manifestants. 
S'il les a "entendus", c'est de loin, très loin. Pourra-t-il à nouveau assurer qu'il est à l'écoute et comprend la colère populaire? 

Le président n'a pas pu faire de pédagogie hier vendredi 9 :  en fin de matinée, alors qu'ils attendaient le chef de l'Etat à Albert (Somme), qui lui-même devait rencontrer Theresa May, ceux qu'il aurait été intéressant de convaincre avaient été écartés et il n'a pu convaincre que des convaincus
Les quelques manifestants se sont assis pour protester contre la décision de les évacuer

D'abord rassemblés de l'autre côté de la place de la mairie, explique France 3 Hauts-de-France, ils ont été chassés par la force dans une rue parallèle à la mairieDes images filmées lors de ce moment de tension montrent les gendarmes pousser des manifestants qui ne laissent pas faire. Des femmes ont été transportées manu militari par les gendarmes, affirme France 3. 
Si personne n'a été blessé, les manifestants ont été bien bousculés et plusieurs femmes ont notamment été saisies à bras le corps pour être portées par des gendarmes mobiles.

Une manifestante en pleurs

Plusieurs manifestants ont été portés par des CRS / © Ludovic MARIN / AFP
L'action des gendarmes a d'ailleurs traumatisé une manifestante, qui a exprimé sa colère aux journalistes présents. "Je parlais de Macron comme quelqu'un de dédaigneux, méprisant, mais c'est pire, c'est un dictateur, du totalitarisme", a-t-elle notamment lancé. 

Plus tôt, au micro de LCI,  cette manifestante avait évoqué un "ras-le-bol général de toutes les taxes qu'on nous fait payer" et dénoncé la "misère" qui fait que "les voix grondent". 

Si Emmanuel Macron n'a cette fois pas été confronté aux manifestants, cet épisode s'ajoute à la liste des accrochages qui ont marqué la semaine "d'itinérance mémorielle", dont on ne retiendra guère que le mouvement de protestations dans l'Est et le Nord de la France, colère des gilets jaunes et  polémique sur l'hommage au général Macron envisagé par Macron.


Déjà le 6, guettant Emmanuel Macron, qui rend hommage aux militaires des colonies qui ont figuré dans les rangs de l'armée française, environ 200 gilets jaunes ont été tenus à distance, en bordure de la commémoration. 
Ils ont essayé d'accéder à la commémoration, mais ont été énergiquement repoussés par les CRS, rapporte L'Union.

Pour autant,
"L'Elysée ne démine pas si mal le mouvement des "gilets jaunes", titre Slate, le 10 novembre...

Le "pouvoir de la rue" a longtemps fait trembler les gouvernements. Le "pouvoir de la route" sera-t-il fatal à Emmanuel Macron ? Depuis le début du quinquennat, les manifestations traditionnelles, à pied, co-organisées par les syndicats, n'ont jamais fait vaciller l'exécutif. "Pour l'instant, c'est lui [Emmanuel Macron] qui a le point", avait même dû reconnaître Jean-Luc Mélenchon, après l'échec des mobilisations contre les ordonnances sur le travail.

Le traditionnel cortège entre Bastille et Nation ne donne plus de sueurs froides au pouvoir, assure encore le site passé des mains du co-fondateur, Jean-Marie Colombani, ancien directeur du journal Le Monde, à celles du couple Ariane (seule femme à Genève à diriger une banque privée) et Benjamin (fils du banquier Edmond de Rothschild et de l'actrice Nadine de Rothschild) de Rothschild, le juin 2017. Un blocage des routes entre la zone industrielle et la rocade le contraindra-t-elle à enclencher la marche arrière? Que représente le mouvement des "gilets jaunes"? Peut-il devenir le premier "accroc" social du mandat?

L'opposition soutient largement le #17novembre.
"Un mouvement civique de gens qui veulent se faire entendre", appuie Xavier Bertrand, le président LR de la région Hauts-de-France. 
"Cette colère est juste", encourage La France insoumise, même si le mouvement n'appelle pas explicitement ses militants et militantes à se joindre aux rassemblements. 
Les syndicats attendent-ils de faire le bilan de la journée de grève unitaire, la première depuis 2011, dans l'Education nationale ?


vendredi 9 novembre 2018

L'"itinérance mémorielle" vire à la Bérézina d'un général-traître à ses promesses de campagne

Les Français refusent d'être les collaborateurs de sa politique d'oppression populaire

Emmanuel Macron continue de mêler 
la défense de son programme présidentiel 
et le caractère commémoratif officiel de son périple

En pleine dépression économique américaine, les primes des marathons de danse attirent jeunes et vieux accablés par la misère : tenir coûte que coûte!
A moins que la mort ne les sépare...
Les commentateurs ne s'y retrouvent d'ailleurs plus, les décrypteurs s'égarent dans le dédale de sa "pensée complexe": l'opération 'campagne pour les Européennes 2019' s'adosse à cette pérégrination de cinq jours et cinq nuitspolluée par la grogne montante des Français contre la fiscalité sur les carburants, l'augmentation des prix de l'électricité et du gaz, la hausse de la CSG pour les retraités et les fonctionnaires ou encore le maintien, voire la hausse, de la taxe d'habitation pour certaines populations, ainsi que par la polémique qu'il a suscitée sur l'hommage à Pétain aux Invalides.  

De cette "itinérance mémorielle", à l'occasion de la commémoration de l'Armistice du 11-Novembre 1918 qui a mis un terme aux horreurs de la Grande guerre, on ne retiendra au final que la guerre de tranchées menée par Macron face aux critiques de ses mesures économiques et sociales, et, au-delà, à la colère suscitée par ses répliques hautaines et provocations méprisantes. Au départ, il s'agissait d'"d'aller à la rencontre de nos 'ancêtres les poilus', de renouer avec des racines que nous risquons de perdre (...) et de saluer l'extraordinaire capacité du peuple français, qui ne se dément jamais, à reconstruire et à repartir après une guerre", dans l'idéal, selon la présidence.

Autre chemin de traverse emprunté ce jour par le quadra au cours de son errance mémorielle, on relève ce matin son arrêt dans un centre social de Lens (Pas-de-Calais), une région des Hauts-de-France où un million de personnes, sur six millions d'habitants, vit sous le seuil de pauvreté (moins de 1.020€/mois). On voit bien que le quadra perd encore ici le fil de sa thématique mémorielle. Avec un taux de chômage de 11,6%, la région est aussi la plus touchée par le chômage en France métropolitaine, souligne l'Elysée où Macron a armé les coups d'épée dans l'eau du président Hollande, au Château, puis à Bercy, en matière de lutte contre le chômage, contre la dette et le déficit publics ou en faveur du pouvoir d'achat...

Les stations du chemin de croix de Jupiter, cette semaine

La presse annonçait un marathon; ce sera un calvaire. 
Résultat de recherche d'images pour "itinerance memorielle trajet carte"Onze départements en cinq jours et une vingtaines d'arrêts. 
Emmanuel Macron s'est élancé ce dimanche 4 novembre à Strasbourg pour une semaine de déplacements dans le nord-est de la France pour visiter les lieux les plus emblématiques de la Première Guerre Mondiale, les plus meurtris par la guerre, mais aussi par les difficultés économiques actuelles, 100 ans plus tard. Une "itinérance mémorielle", selon les mots de l'Elysée pour commémorer l'Armistice signé par l'Allemagne et qui verra le président de la République se rendre à Verdun, Lens ou Charleville-Mézières.
A noter que deux armistices furent signés: celui du 11 novembre 1918 entre l'Allemagne, la France et ses alliés, puis celui du 22 juin 1940 entre l'Allemagne et la France, tous deux à la clairière dite de l’Armistice dans la forêt de Compiègne dans l'Oise. Le "premier de cordée" ne célébrera pas la victoire : il rendra hommage aux soldats appelés qui ne se sont pas dérobés - à la différence des mutins et autres déserteurs  - , les sans-grade, les "illettrés", une fois n'est pas coutumes, et les morts au combat.

Bains de foule tournant au vinaigre, rendez-vous manqués, rétropédalages, la tournée du président est un véritable parcours du combattant. Le chef de l'Etat attendait pourtant de cette "itinérance mémorielle" une marche triomphale et une cote de popularité redorée. Ses hommages en série aux victimes de la Grande Guerre de 1914-1918 sur les différents lieux de combats et les cimetières, ses discours à la fois politiques et économiques, ici et là, et ses efforts pitoyables pour retisser du lien avec les populations et les élus locaux inquiets ou en colère, ainsi que les confrontations avec les blessés de sa politique, tout fait penser à une bataille de la Bérézina.

A chaque étape, on a vu un chef de guerre éreinté, outragé de ne pas être admiré, découvrant qu'il est détesté, mais trop fier et entêté pour admettre ses erreurs de jugement de la situation et de l'état de révolte des vrais gens de la France d'en-bas.

Lundi 5 novembre, le président qui
, entre autres "éléments de langage", prétendait renouer avec les Français, les a d'abord esquivés, eux et leurs nombreux motifs de mécontentement. A Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, des concitoyens ont ainsi attendu près de six heures pour apercevoir le cortège président passer " en trombe " devant eux, comme l'explique RTL. Le chef de l'Etat a préféré ne rencontrer que les élus locaux pendant "plus de trois heures".
Des centaines de barrières métalliques empêchaient d'ailleurs l'accès à la place de la mairie.  "On n'a même pas eu le temps de lui dire au moins bonjour. C'est la moindre des politesses", gronde l'un des badauds au micro de RTL.
Sur les réseaux sociaux, des internautes ont pointé du doigt ce qu'ils ont présenté comme un convoi présidentiel pharaonique, pour un déplacement dans une petite commune comme Pont-à-Mousson. 
Un mépris affiché et médiatisé qui se devait d'être corrigé dans les plus brefs délais.

L'entreprise Saint-Gobain PAM (ex-Pont-à-Mousson SA), maintenant filiale de Saint-Gobain, fabrique des canalisations en fonte qui équipent de nombreux réseaux d’égouts en France. Elle est célèbre pour ses plaques d’égout, qui ne représentent pourtant qu’une petite partie de sa production.

Mardi 6 novembre,
Emmanuel Macron s'est rendu à Verdun, haut lieu de l'interminable et meurtrière guerre des tranchées. Pas question cette fois-ci d'éviter les citoyens... 
Emmanuel Macron n'a pu empêcher un homme de s'en prendre à la politique globale du président ; l'échange a été filmé par BFMTV. "Vous faites des cadeaux d'un côté, pour le reprendre doublement de l'autre", a contesté cet habitant de Verdun, dénonçant la hausse du prix des carburants et le "grignotement sur les chômeurs et les retraités".
Emmanuel Macron a tenté de l'endormir avec des mots et des formules infantilisantes : "La hausse du carburant c'est pas bibi." Une 'infox' partielle puisque, si depuis plusieurs jours Emmanuel Macron met une partie des hausses sur le dos des cours du pétrole, une partie de cette augmentation est bel et bien due à une taxation de l'Etat opportuniste. Comment explique-t-il alors que la France est l'un des pays où les carburants sont les plus chers d'Europe. Le Portugal a-t-il des puits de pétrole ?




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"Le carburant, c'est pas bibi !" Interpellé sur le terrain, Emmanuel Macron s'explique





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"Sentez le malaise, vous allez le sentir le gros malaise le 17 novembre..." Macron est interpellé à Verdun


Plus tard, à Verdun toujours, Manu n'avait encore pas reçu le message. Une autre personne a interpellé le chef de l'Etat sur le pouvoir d'achat. A cette dame qui faisait valoir que "30 euros" de hausse du minimum vieillesse ne pèsent guère lorsque la facture de gaz augmente de "250 euros", Emmanuel Macron a maintenu, après six ans et demi à l'Elysée ou à Bercy : "Les choses ne se font pas comme ça tout d’un coup [...] Tout le monde est pressé, je l’entends, mais il faut faire les choses sérieusement et sans mentir."

Mercredi 7 novembre, chahuté à Charleville-Mézières.


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C'est là que s'est délocalisé le Conseil des ministres exceptionnel auxquels les 15 ministres, outre le premier ministre, étaient tenus de participer, avec leurs conseillers, venus comme eux de Paris pour la plupart, soit un bilan carbone salé pour 460 kms aller et retour x 16 et plus. Et il faut ajouter les collaborateurs, les services de protection et d'intendance, etc...
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Plusieurs Français ont bien essayé encore d'éveiller la conscience de l'ex-banquier. Ils lui ont fait part de leur ressentiment contre les mesures qu'ils estiment punitives à leur encontre, comme la limitation de la vitesse à 80km/h, sans parler de la hausse des carburants. Certains ont même scandé "Président des riches !" à cette occasion.


« Président des riches », « servez les Français ! », « Macron démission »... En route pour la préfecture de Charleville-Mézières, @EmmanuelMacron se fait prendre à partie par des badauds


L'image d'un président chahuté collait désormais à "l'itinérance" de sa campagne des Européennes de 2019. Renouvellera-t-il ce type de "dialogue participatif" en Région Sud, à Toulouse ou dans l'Aude ? Peut-être à Pau ou Bordeaux...

Jeudi 8
 novembre, le président a buggé à propos de Pétain.
Déjà le 7 novembre, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir honorer les maréchaux français vainqueurs de la Grande Guerre, et donc, le maréchal Pétain. "Le maréchal Pétain a été pendant la Première Guerre mondiale un grand soldat", a-t-il pu affirmer, puisqu'il est le vainqueur de Verdun. Estimant que la victoire en 1918 était largement due aux maréchaux, il était donc à ses yeux "normal de les célébrer". Mais, comment est-il possible qu'il ne se soit pas attendu à provoquer une indignation générale et massive dans le pays
L'inconscient et le gouvernement ont alors dû battre en retraite, en pleine "itinérance mémorielle" Le 8 novembre restera donc marqué par la capitulation de la macronie, effaçant la visite présidentielle à l'usine Renault près de Maubeuge, avec les ministres de l'Economie, Bruno Le Maire, et de l'Action publique, Gérald Darmanin. 
Emmanuel Macron a tenu meeting de campagne devant les ouvriers. Sachant cette rencontre médiatisée et filmée, "Bibi" est revenu sur la controverse, dénonçant "la boîte à folie des polémiques inutiles", précisant finalement qu'il n'y aura pas de "célébration individuelle" pour le maréchal Pétain.
Adepte du grand écart, Emmanuel Macron est donc passé d'un thème à l'autre, aucunement lié au sort des employés de l'usine, à la politique économique.
Lors de cette même visite, un syndicaliste a apostrophé le président pour critiquer sa politique : "Vous n'êtes pas le bienvenu ici [...] Aujourd'hui, vous êtes en train de prendre aux salariés et aux retraités", lui a lancé le militant révolutionnaire trotskiste de SUD
Comme après sa dérobade à Pont-à-Mousson au début de semaine, plusieurs dizaines de personnes réunies au collège Jules-Verne de Maubeuge le 8 novembre ont vu la voiture présidentielle filer et échapper ainsi à une rencontre prévue à l'extérieur de l'établissement, rapporte La Voix du Nord.
Selon L'Est républicain, "un homme en civil avec une plaque tricolore" [à la voiture] aurait demandé à la famille d'un défunt d'accélérer les obsèques, la rue devant l'église devant être coupée pour accueillir le cortège présidentiel...

Vendredi 9
 novembre, Macron n'a rien changé
et continue d'associer l'aspect commémoratif de son périple à l'auto-promotion de son programme présidentiel. Il est ainsi attendu dans la matinée dans un centre social de Lens, dans une région des Hauts-de-France où un million de personnes, sur six millions d'habitants, vit sous le seuil de pauvreté (moins de 1.020 euros par mois). "Les Hauts-de-France ont payé un lourd tribut dans les deux guerres et ont payé un lourd tribut à la désindustrialisation", a-t-il rappelé jeudi soir dans un entretien avec les chaînes régionales du service public dans le Nord et l'Est.
Le chef de l'État a annoncé l'inscription du territoire Sambre-Avesnois-Thiérache et du bassin minier comme "territoires démonstrateurs" de son plan contre la pauvreté. La belle affaire...

Un dernier sondage Elabe, publié le 8 novembre, tend à prouver le fiasco de cette «itinérance» : la confiance placée dans le couple exécutif a encore baissé, la cote d'Emmanuel Macron s'effritant de trois points, à 27%. Depuis le temps qu'il perd des points, on peut s'étonner qu'il en soit encore à 27%...

Première ministre du Royaume-Uni, Theresa May rejoint Emmanuel Macron pour un déjeuner de travail dans un haut lieu franco-britannique de la Première guerre mondiale, dans la Somme, la nécropole franco-britannique de Thiepval.
Avec son épouse Brigitte, le petit gars poursuivra à l’Historial de Péronne, puis conclura une table ronde avec des historiens de la Grande Guerre, un Forum pour la paix, dans la Grande Halle de la Villette, afin de "rappeler la nécessité de défendre et renforcer le multilatéralisme mondial".

Suivra un week-end qui marquera "l'apothéose" du Centenaire de l'Armistice de 1918. 
Samedi matin, il recevra le président américain Donald Trump à l'Elysée, avant de retrouver Angela Merkel dans l'après-midi dans la "clairière de l’Armistice", à Rethondes dans la forêt de Compiègne, où fut aussi signé en 1940 par Hitler la capitulation de la France. Ces retrouvailles symboliseront l’achèvement du processus de réconciliation entre les deux pays, selon l'Elysée.
Il souhaite ainsi donner une dimension internationale et diplomatique qui culminera dimanche avec l'accueil d'une soixantaine de dirigeants mondiaux dont l'allemande Angela Merkel, le russe Vladimir Poutine et le turc Recep Tayyip Erdogan.

Macron présume de ses forces et de ses capacités d'anesthésiste

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A peine achevées ses RTT à Honfleur en hôtel***** - pour "convenances personnelles" (qu'il a tenté de justifier par une coutume mémorielle familiale) - , le p'tit gars de la finance a voulu jouer sur plusieurs fronts : commémorer, d'un côté, le centenaire de l'Armistice du 11-Novembre 1918 et, de l'autre, défendre son projet global économique, social et environnemental, mais il s'est brûlé les ailes. Grillées, peut-être. Car n'a-t-on pas assisté à une confusion des genres dans une tête qu'on disait bien faite et qui s'est révélée touffue et complexe ? Embarrassant, chez quelqu'un qui recommande plus de pédagogie à tous...

Sa mauvaise foi est apparue à tous. 
Dans la majorité présidentielle, ils essaient de faire bonne figure, mais il faut cumuler les talents de traître à la cause du peuple des électeurs et de collabo pour assurer que le président "assume", "reste droit dans ses bottes" ou "entend" et "comprend" la population.

"J'ai jamais pensé que c'était facile", a expliqué Bibi Fricotin, jeudi. "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout, parce que notre pays ne peut pas, depuis trente ans, être dans le chômage de masse et considérer que ça va bien".
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Le président de 24% d'électeurs et à 27% de confiance dans les sondages continue de parader. "Je suis très heureux de cette itinérance parce que je suis dans le pays (...). Je capte plein de choses, de messages, d'enseignements, je vois ce qui fonctionne, ce qui n'est pas compris, ce qui ne va pas assez vite dans ce qui est décidé", a mis en avant l'autiste.

Son cas est désespéré. 
Mais, placés en situation de désespérance, les manifestants et bloqueurs du 17 novembre pourront-ils être tenus pour responsables de ce qui pourrait tourner vinaigre ?