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vendredi 22 février 2019

Ascoval et l'"itinérance mémorielle" ont donné naissance au mouvement des Gilets jaunes

Le Maire se fait berner, Xavier Bertrand la joue volontariste et Macron a les Gilets jaunes 

Octobre 2018 : l'offre d'Altifort jugée "solide" par Bruno Le Maire

Emmanuel lors de sa visite à Vallourec en 2015 alors qu'il était ministre de l'économie. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Macron, en visite à Vallourec en 2015,
alors qu'il était ministre de l'économie.
Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait fait confiance au groupe belge Altifort, qui proposait un "projet crédible et viable", selon lui, pour la reprise de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord), même si des fragilités persistent, selon le gouvernement, qui a dit vouloir régler ces sujets d'ici "début décembre". Le maître de Bercy redonnait ainsi un nouvel espoir aux salariés, avant Noël. 

Interrogés en fin de réunion à Bercy, plusieurs responsables syndicaux avaient même fait part de leur soulagement. "On a franchi un pas aujourd'hui", avait commenté Bruno Kopzcinski, CFDT, porte-parole de l'intersyndicale d'Ascoval : "Cela va permettre de rechercher des financements. Cela va prendre plus de temps que prévu et il reste encore pas mal de choses à valider. On peut dire que c’est un nouveau sursis qui est accordé à Ascoval avec une nouvelle physionomie et des nouveaux acteurs autour de la table. Je regrette que l’on ait perdu énormément de temps et aujourd’hui nous redémarrons à zéro."

La question restait de savoir si les salariés allaient reprendre le travail ?
"Il va y avoir une assemblée générale dans l’après-midi pour prendre l'avis de tous les salariés." En effet, les sidérurgistes d'Ascoval ne travaillaient plus depuis le 23 octobre et avaient bloqué le site de production de Vallourec à Aulnoye-Aimeries (Nord) pour mettre la pression sur le groupe et le gouvernement.

Altifort avait présenté une offre de reprise de l'usine de production d'aciers de moyenne et haute gamme
Ce qui impliquait que Vallourec, principal client et désormais premier actionnaire d'Ascoval, maintiendrait pendant un an et demi son niveau de commandes. Or, spécialiste des tubes en acier sans soudures, près de Valenciennes, Vallourec avait refusé cette demande, alors que l'Etat est actionnaire à 17%. Ses comptes étaient dans le rouge, avec une perte nette de 307 millions d'euros sur le premier semestre, pour un chiffre d'affaires de 1,09 milliard.
Cette décision a obligé le gouvernement et Altifort à travailler sur une proposition alternative, sans Vallourec. 150 à 200 millions d'euros sont nécessaires pour que le projet d'Altifort tienne la route, ce qui oblige à rechercher de nouvelles sources de financement, que ce soit auprès des banques ou bien auprès d'investisseurs. Ce qui paraissait fort délicat, les financiers n'ignorant pas que la production ne trouve pas preneurs. 

Présent à la réunion, le président LR de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand avait rappelé que la région mettrait "12 millions d'euros" dans l'opération, et Valenciennes métropole "10 millions d'euros" : "L’Etat a changé de regard et de position sur le dossier : tant mieux. Sans l’Etat, on ne pourra pas sauver l’avenir de l’industrie de l’acier. Ce n’est pas encore gagné quand même."
A propos de Vallourec, il précisait aussi que "le gouvernement dit 'laissez Vallourec en dehors', mais dans ces cas là, que Monsieur Crouzet, président du directoire de Vallourec depuis 2009, se taise. Ce qu’il a dit dans le Journal du Dimanche est scandaleux. Si tout le monde joue le jeu, l’usine pourra être sauvée."
Tout ce mépris a donné le mouvement des Gilets jaunes
Du 5 au 11 novembre, le président de la République a parcouru les lieux marquants de la Grande Guerre pour le
Centenaire de la guerre 14/18: une "itinérance mémorielle" qui se révéla une déroute dans le contexte social et politique déjà tendu de début novembre et qui conduisit au mouvement des Gilets jaunesLe parcours du combattant du quadragénaire qui n'a pas les casernes traversa la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Marne, les Ardennes et enfin les Hauts-de-France. L'Elysée voulait "briser la vitre qui sépare traditionnellement le président du pays"...
Une erreur d'appréciation a fait que le "souverain républicain" s'est trouvé face à un peuple incontestablement remonté contre sa politique et contre sa personne même. Venu célébré la paix, il ne récoltera que trouble et agitation. Dès Pont-à-Mousson, la situation a commencé à se tendre : les premiers manifestants ont fait leur apparition sur le parcours du "président des riches", élu par défaut. A Albert, dans la Somme, une semaine avant son arrivée, nombre de citoyens ignoraient pourtant encore tout de son passage.
Mais à Verdun, il était attendu et une nouvelle difficulté fit son apparition : les interpellations directes. Par un retraité sur la hausse du carburant qui cristallisait déjà la majorité des mécontentements : "vous sentez le malaise en France qui monte?" 
A Charleville-Mézières, devant la préfecture des Ardennes, des centaines de personnes hostiles sont accoudées aux barrières de sécurité qui les tiennent à distance respectable. En visite à l'usine PSA toute proche, Emmanuel Macron finit à pied les quelques mètres, et c'est à ce moment que Josiane, cheveux courts grisonnants, aide-soignante de 57 ans, lui lâche un "Pourquoi vous nous massacrez ? Je suis jamais descendue dans la rue, jamais. Mais maintenant, avec vous, je suis obligée". Les reproches pleuvent comme obus à Verdun, par un syndicaliste à l'usine MCA de Maubeuge dans le Nord, par des retraités avant d'entrer dans un EPHAD de Rozoy-sur-Serres dans l'Aisne : "j'ai travaillé pendant 44 ans et je n'ai pas 1100 euros de retraite", explique l'un d'eux à qui Macron explique que tous doivent faire des efforts. Toutes les premières doléances étaient énoncées.
A Albert, vendredi 9 novembre,  Macron préféra ne pas entendre les manifestants : les gendarmes mobiles les avaient évacués avant son arrivée. Il n'hésitera pourtant pas à déclarer : "J'ai été élu en me faisant secouer et ça continuera jusqu'au bout", se félicitant d'avoir "senti le pays en profondeur", dans "ses attentes, ses envies, ses angoisses, ses colères"...
Dans une usine Renault près de Maubeuge, Macron trouvera même le moyen de tenir des propos controversés sur le maréchal Pétain, mais s'emportera contre la "boîte à folie" des "polémiques inutiles", assurant qu'encore une fois il n'a pas été compris.
Macron contournera Valenciennes et Vallourec, après s'être rendu sur le site de production de Toyota à Onnaing, près de Valenciennes (Nord), en janvier, en marge du sommet "Choose France" organisé au château de Versailles.
S'adressant au personnel de l'usine Renault, le chef de l'Etat a eu la surprise de se faire prendre à partie par un syndicaliste de Sud, par ailleurs hué par des camarades syndiqués à la CFDT. Un échange musclé s'en est suivi :

- Samuel Beauvois : « Vous n’êtes pas le bienvenu monsieur Macron ici.

Emmanuel Macron : Bonjour monsieur. Vous n’êtes pas apparemment majoritaire.

- Vous prenez dans la poche des ouvriers aujourd’hui monsieur Macron. Ce que monsieur Ghosn nous donne d’une main, vous allez reprendre dans notre poche.

- Je vais vous expliquer que non, mais restez là monsieur.

- Votre service d’ordre est en train de me sortir.

- Venez avec moi si vous voulez. Je vous écoute. Donc il faut que vous ayez la courtoisie de m’écouter.

- Mais on réussit sans vous, monsieur Macron. Les salariés ici, ça fait 40 ans qu’ils sont ici. Ils ont réussi sans vous. Aujourd’hui, vous êtes en train de prendre aux salariés, vous êtes en train de prendre aux retraités, aujourd’hui monsieur Macron.

- Si vous êtes venu faire un meeting politique, c’est autre chose.

- Non, je ne fais pas un meeting politique. Vous n’êtes pas le bienvenu ici. Ça fait 27 ans que je suis chez Renault, 27 ans. C’est Renault qui me nourrit aujourd’hui. Ce n’est pas monsieur Macron.

- Soit vous avez la courtoisie d’écouter, on peut y aller. Je vais essayer de vous expliquer pourquoi je suis là et pourquoi je crois à l’inverse de ce que vous dites, et pourquoi j’ai le sentiment que dans cette salle, il y a une large majorité qui croit l’inverse de ce que vous dites. »
"Je suis le premier à dire lorsqu’un site industriel n’a pas d’avenir. Je l’ai fait en un autre temps pour Whirlpool à Amiens. Et on a trouvé une solution de reprise et une autre option de développement. Là, je pense qu’il peut y avoir un avenir pour le site d’Ascoval", affirma le président de la République à la veille de son "itinérance mémorielle" dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

Février 2019 : le repreneur d'Ascoval avoue ne pas avoir les fonds 

Des salariés de l'aciérie d'Ascoval à Saint-Saulve (Nord), le 19 décembre 2018, après la validation par le Tribunal de grande instance de Strasbourg du plan de cession de l'entreprise au groupe Altifort.
Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, veut toujours y croire : "ça se tend mais ce n'est pas fini", assure-t-il, à propos de l'entreprise actuellement en redressement judiciaire.

Altifort a en effet admis jeudi ne pas disposer des financements nécessaires pour son projet de reprise de l'aciérie de Saint-Saulve, dans le Nord, pourtant validé en décembre.

"Altifort nous a confirmé qu'il ne pourrait verser aucun des fonds sur lesquels il s'était engagé, ni les dix millions de fonds propres, ni les 25 millions de levée de fonds", a précisé une source anonymée au cabinet du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "Même les dix millions de fonds propres, ils ne sont pas en mesure de les donner", a ajouté cette source: "On a pris acte de cela. En l'espèce, Altifort a trompé tout le monde", avoue l'entourage de l'ancien candidat à la présidentielle. 

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval""La décision que nous avons prise avec tous les salariés, c'est de travailler à une nouvelle reprise en démarchant tous les industriels qui peuvent être intéressés", a dit Bercy. "Nous referons un point en début de semaine prochaine dans le même format, avec les salariés, les députés, le président de la région Xavier Bertrand, pour voir où nous en sommes." 

Les élus de la région, bien que déçus de l'annonce d'Ascoval, continuent cependant à les mener en bateau.   Bertrand clame qu'il veut toujours y croire. "Je continue à me battre pour sauver Ascoval" en cherchant "d'autres repreneurs", "soit en plus d'Altifort, soit à la place d'Altifort", a déclaré le don Quichotte. 

"Tout doit être fait pour intégrer de nouveaux partenaires", a renchéri le communiste Fabien Roussel (PCF).  

Le patron d'Altifort, Bart Gruyaert, a, lui, assuré qu'il "ne jette pas l'éponge" et qu'il "se concentr[ait] à trouver une solution" financière d'ici à l'audience du tribunal de Strasbourg, le mercredi 27 février. 

Les 281 salariés, dont les emplois devaient être sauvés, ont laissé éclater leur colère

© Ascométal" 

Et je veux que les habitants du Valenciennois, et tout particulièrement de Saint-Saulve, le sachent : j’y veille tout particulièrement. Les choses seront faites, tout simplement parce que celles et ceux qui travaillent là le méritent", se vanta encore le chef de l’Etat, le 5 novembre.
Et de mettre en cause au passage "l’irresponsabilité collective", qui consiste selon lui à "être toujours du côté de ceux qui crient et de ne jamais essayer d’expliquer" les raisons des difficultés économiques. Macron expliqua donc encore que, concernant Ascoval, " il y a un vrai travail à faire pour consolider (les) débouchés, trouver des partenaires et des financements".
Il était intarissable, passant de la pommade à tous, en assurant qu’il "sait ce que l’on doit au maire de Valenciennes, au maire de Saint-Saulve, à l’ensemble des élus du territoire et aux salariés et à leurs organisations syndicales, à qui (il) veut rendre hommage". Repassant constamment son oral manqué du concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure (ENS) - il faut en effet commencer par réussir l'écrit, auquel il échouera à deux reprises - , il  poursuivit : "Lorsqu’on a montré qu’il y avait un avenir possible, ils ont tous voté la reprise du travail dès le lendemain. C’est le signe de leur responsabilité et de leur attachement à leur outil de travail. Donc, c’est ce qu’on leur doit ", insista le bonimenteur.

Quatre mois plus tard : "On nous l'a fait à l'envers" !

Résultat de recherche d'images pour "Macron ascoval"
Devant l'usine, les salariés ont appris la nouvelle avec sidération, souvent par la presse. "J'aimerais comprendre comment un dossier appuyé par trois cabinets d'experts différents a pu valider un plan avec des fonds non présents", s'est interrogé Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale et élu CFDT. 

"On est dépités ! On nous avait promis monts et merveilles (...) et au final on n'aura rien (...) Altifort nous l'a fait à l'envers; en réalité il n'y a rien, rien de concret", a lâché Vincent, 51 ans, agent de maintenance. "Je ne sais pas ce qu'on va devenir maintenant." 

Le 19 décembre, la justice avait mis fin à un interminable suspense en validant la reprise par Altifort pour un montant de 152 millions d'euros, avec le sauvetage de 281 emplois à la clé. La reprise se décomposait ainsi : 47 millions d'euros de fonds publics "sous forme de prêt" (Etat, Région et Valenciennes-Métropole), 35 millions d'apport d'Altifort, 40 millions de crédit-bail pour le financement d'un futur train à fil et 30 millions d'affacturage. Selon l'avocat d'Ascoval, Guilhem Bremond, trouver une autre solution pour Altifort d'ici l'audience du 27 février relèverait du "miracle".
Le groupe Altifort avait repris l'aciérie de Saint-Saulve le 1er février 2019.

En plus d'Ascoval, le Belge 
Asco Industries opère des usines à Dunkerque (Nord), Hagondange (Moselle), Fos (Bouches-du-Rhône), Le Marais (Loire) et Custines (Meurthe-et-Moselle). 
La fermeture de l'aciérie d'Hagondange est annoncée "dans moins de deux ans", les sites du Marais et de Custines devraient rattachés au site belge Steeltec et le groupe suisse d'acier Schmolz et Bickenhbach a ajouté le site Ascométal de Fos-sur-Mer, en redressement judiciaire, à son offre de reprise.
Et les principaux clients d'Asco sont l'européen Airbus, l'Américain Boeing, le Canadien Bombardier Aéronautique et le brésilien EmbraerEt pourtant, Ascoval se meurt.
Dans le détail, Asco est, notamment, l'un des partenaires des projets Airbus A400M, Lockheed Martin F-35 et de l'Airbus A380, dont le programme est un échec commercial et dont Airbus a annoncé, le 14 février 2019, la fin de la production pour 2021.

Le volontarisme de notre élite politique, fantasme ou fumisterie ultime ?

vendredi 26 octobre 2018

Ascoval : Macron, prêt à accepter l’offre du franco-belge Altifort

Bercy veut seulement s’assurer que l’offre d’Altifort est "sérieuse"

Alors que le président hâbleur poursuit sa tournée des capitales européennes, 
le gouvernement souhaite s’assurer des garanties de la seule offre de reprise pour le site d’Ascoval

La Belgique a boudé le Rafale au profit de son rival américain, mais le groupe franco-belge Altifort se dit intéressé par la reprise de l'une des aciéries les plus modernes d'Europe à Saint-Saulve (Nord), France. La nouvelle secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, 44 ans, se contentera de vérifier que ce partenaire stratégique est "sérieux", a-t-elle expliqué ce vendredi.

"C’est notre travail de savoir si cette offre est sérieuse", a-t-elle déclaré à la presse, d'un air important, avant une réunion à Bercy avec les dirigeants d’Altifort et les administrateurs du site en redressement judiciaire.
"Il y a un projet de reprise (...) mais c’est un projet que l’on doit examiner pour être sûrs que la solution est pérenne", a-t-elle ajouté. "On ne peut pas revenir devant les salariés dans un an en leur disant finalement que ça n’a pas marché", a-t-elle commenté, peu avare de propos inutiles.

La veille avait demandé un avis indépendant sur la situation économique du site où presque 300 emplois sont menacés. 

Dans un exécutif qui enfile les erreurs et contre-performances, mais assure qu'il "assume", à l'instar de son chef de file, "ce serait irresponsable de notre part. Ce serait ne pas les respecter", n'a pas hésité a raconter encore Pannier-Runacher, borderline avec la démagogie. 
Selon elle, "l’élément bloquant, c’est les clients. C’est d’être sûrs que l’on a suffisamment de volumes qui peuvent être vendus à des clients qui existent". En matière électorale et de remaniement gouvernemental, Macron manque aussi de clients: l'ex-banquier est-il donc le mieux placé pour résoudre ce problème industriel ? 

La secrétaire d’Etat n’a pas souhaité préciser de date à laquelle le gouvernement pourra disposer de cette évaluation

Ex-administratrice indépendante et présidente du comité d’audit du groupe Elis et du groupe Bourbon, elle a demandé au cabinet Roland Berger un ...rapport sur la situation économique du site, demandée et sa rencontre par la suite avec les représentants du personnel d’Ascoval. 
L’aciérie de Saint-Saulve (Nord), qui compte 281 employés, est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Ascq Industries, et s’est vue accorder cette semaine un sursis de deux semaines par la justice.
Vue de l'avion.
Ses principaux clients sont Airbus, Boeing, Bombardier Aéronautique et Embraer. Asco est, notamment, l'un des partenaires des projets Airbus A380, Airbus A400M et Lockheed Martin F-35. Ce dernier vient d'être préféré, on l'a dit, au Rafale français...
Vallourec, spécialiste des tubes en acier sans soudures et dont l’Etat est actionnaire à 17%, a refusé
en début de semaine cette demande, la jugeant "contraire à la préservation (de ses) intérêts" et suscitant la colère des syndicats et des élus locaux.

Le groupe Altifort, basé dans la Somme, a présenté une "offre ferme" de reprise, s’engageant à maintenir l’ensemble des emplois et en créer de nouveaux, mais il demande au principal client désormais premier actionnaire, le sidérurgiste français Vallourec, de maintenir son niveau actuel de commandes pendant un an et demi. En 2016, le sidérurgiste Vallourec a cédé 60 % de son aciérie qui fabrique des tubes en acier au groupe Asco Industries - société familiale fondée en 1954 et établie à Zaventem, en Belgique - prenant alors le nom d'Ascoval.

mercredi 14 mai 2014

Les aciéries Ascométal pourraient aller au Brésilien Gerdau

Après Renault au Brésilien Ghosn, Ascométal au brésilien Gerdau !

Hollande sommeille et Valls veille...
Arcelor à Florange et maintenant Ascométal
Une majorité de syndicats soutient le projet français Supplisson, mais l'administrateur judiciaire du groupe sidérurgique français Ascométal appuie  plutôt l'offre de reprise de l'industriel brésilien Gerdau, ont indiqué des sources syndicales masquées, peu avant l'audience du tribunal de commerce consacrée à l'examen des offres.

La lutte a été "acharnée" devant le Comité central d'entreprise (CCE) réuni mardi et mercredi, entre ces deux prétendants, à qui les syndicats ont demandé d'améliorer leurs offres de reprise d'Ascométal, selon Yann Amadoro (CGT).
Le groupe, qui emploie 1.900 personnes sur six sites industriels en France, est en état de faiblesse et suscite les convoitises. Au final, quatre offres d'envergure devaient être présentées à partir de 14h30 au tribunal de commerce de Nanterre (Hauts-de-Seine), ainsi que des offres partielles pour les centrales hydroélectriques de Savoie.

Après Usinor, c'est le tour d'Ascométal

Plombée par une dette de 360 millions d'euros, l'ancienne filiale d'Usinor spécialisée dans les aciers spéciaux pour l'automobile et le secteur pétrolier, avait été placée en redressement judiciaire le 7 mars, après l'échec de négociations entre son actionnaire, le fonds américain Apollo, et ses créanciers, les banques américaines Morgan Stanley et Bank of America. Ces deux banques soutiennent en effet l'offre du fonds Anchorage, tandis que l'actionnaire Apollo présente aussi un projet.

Selon Cyril Brand (CFDT), l'administrateur judiciaire a affiché au CCE son "soutien" à l'offre de Gerdau, qui promet d'investir 150 millions d'euros sur cinq ans et avance 230 millions d'euros de lignes de crédit. "Sa préférence penche vers Gerdau", confirme Y. Amodoro. Le Brésilien maintiendrait 1.586 emplois et embaucherait 166 personnes, mais il ne veut pas conserver les usines de Fos (Bouches-du-Rhône) et du Cheylas (Isère).

La CGT, syndicat majoritaire, et la CFDT ont quant elles décidé de soutenir le projet de Frank Supplisson. 
Pour la CGT, l'offre de Gerdau est "socialement inacceptable" et le projet de Supplisson, le "compromis le plus acceptable" en dépit de "points de vigilance" sur les questions de financement et de gouvernance.
Haut fonctionnaire ayant mobilisé un groupe d'industriels et d'investisseurs, F. Supplisson est le seul à proposer de reprendre l'ensemble des sites, et plus de 1.820 salariés. Il assure avoir levé 230 millions d'euros de financement, dont plus de 55 millions apportés par ses actionnaires.

Les syndicats attendent qu'il confirme devant le tribunal une série d'"engagements", comme celui de ne "pas fermer de site pendant sept ans" et de "ne procéder à aucun licenciement économique pendant 24 mois".

Arnaud Montebourg n'a pas été dévoilée sa préférence au CCE, mais elle pourrait être déterminante, puisque le ministère du Redressement productif peut accorder un prêt via le "fonds de résistance économique".
Le tribunal pourrait rendre sa décision le lundi 19 mai. 

jeudi 7 février 2013

Manifestation désespérée de salariés de Florange devant le Parlement européen

Les ArcelorMittal réclament le soutien des députés européens à Strabourg

Des salariés des sites européens d'ArcelorMittal ont interpellé les élus européens mercredi 

La police a fait usage de tirs de flash-ball et de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants; la CGT avait quant à elle ajouté ses fumigènes
Manuel Valls avait interdit les voies d'accès aux Parlement européen, mais des salariés en colère ont tenté de forcer le passage.  
Les abris en verre de plusieurs arrêts de tramway et de bus, ainsi que des panneaux de signalisation ont été dégradés. Trois manifestants ont été interpellés et deux ont été blessés lors des échauffourées de harcèlement qui ont émaillé la journée. 

"Douze gendarmes et policiers ont été blessés" par des projectiles, a déploré la préfecture du Bas-Rhin, évoquant "quelques éléments particulièrement violents et déterminés à blesser et à casser" lors de cette manifestation qui "n'avait pas été déclarée"

Les métallos avaient convergé depuis des sites d'ArcelorMittal de Florange et Gandrange (Moselle), Schifflange (Luxembourg) et Liège (est de la Belgique)

La préfecture a expliqué que 23 cars venant de Liège avaient été interceptés et fouillés sur le trajet, pour prévenir des risques de violences. Deux bonbonnes de gaz, une grenade artisanale à billes, de gros pétards ainsi que 40 kg de boulons et de ferraille coupante ont notamment été saisis, a-t-elle souligné. 

Casques sur la tête, les salariés de Florange arboraient une banderole portant l'inscription: "L'acier lorrain vivra", et des autocollants: "Touche pas à mon usine". 

Les conditions du dialogue ne sont pas remplies

"L'industrie sidérurgique est en train d'être massacrée par un prédateur, Mittal. 
La question que nous voulons poser aux députés européens, c'est: 'combien de dizaines de milliers d'emplois supprimés faudra-t-il encore avant que l'Europe bouge' ", a déclaré Edouard Martin, de la CFDT de Florange, avant de rencontrer des députés. 

Pour son collègue belge Jean-Luc Rader, secrétaire régional du syndicat belge FGTB Métal, les parlementaires doivent comprendre "qu'il y a un problème avec l'industrie en Europe".  
Il y a aussi un problème avec le raffinage et que ce soit les aciéries de Florange ou la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, les installations sont obsolètes et le marché difficile.

La délégation de salariés devait s'entretenir notamment avec le président de l'institution européenne Martin Schulz, mais elle a écourté leur rencontre pour rejoindre les manifestants, quand ils ont eu vent des affrontements à l'extérieur

"On ne peut pas admettre de parler avec les députés européens quand nos collègues se font tabasser dehors", a dit Walter Broccoli, délégué FO à Florange. "La réponse de l'Etat français, ce sont les matraques", a lancé de son côté Edouard Martin. 

Plusieurs députés extrémistes, dont des Français, les altermondialistes José Bové et Sandrine Bélier (EELV) et le communiste Jacky Hénin (PCF), sont venus apporter leur soutien aux manifestants et demander à la police de Manuel Valls d'alléger le dispositif de sécurité. La tension est retombée en fin d'après-midi, et les métallos ont commencé vers 17h00 à regagner leurs cars. 

Le géant mondial de l'acier annonce des pertes colossales

Cette manifestation à Strasbourg coïncidait avec la publication le même jour par le géant mondial de l'acier d'une perte nette de 3,73 milliards de dollars pour 2012, du fait notamment de la mauvaise santé de ses activités en Europe et du coût des restructurations. 

ArcelorMittal a annoncé une perte opérationnelle de 2,2 milliards d'euros au quatrième trimestre pour sa division d'aciers plats carbone Europe, qui inclut les sites de Florange et de Liège. 

Après les mesures drastiques de réduction de ses capacités de production en Europe, notamment la fermeture des hauts-fourneaux de Liège et Florange, et les turbulences politiques animées par Montebourg qui ont suivi, le directeur financier, Aditya Mittal, a laissé entendre que le groupe allait pouvoir s'en tenir là
"Les éléments essentiels de notre programme d'optimisation des actifs ont aujourd'hui été annoncés. Ce qui veut dire que fondamentalement, le niveau de restructuration que nous avons effectué est approprié", a estimé M. Mittal, fils du PDG, Lakshmi Mittal. 




jeudi 27 septembre 2012

Florange: l'Etat expropriera-t-il ArcelorMittal pour nationaliser deux hauts fourneaux ?

Les Français bientôt propriétaires d'une usine en perdition ?

Chronique d'une fermeture annoncée. 

Montebourg annoncera-t-il que l'Etat  rachète les deux hauts fourneaux de l'aciérie de Florange (Moselle) pour un euro symbolique ? 
Cette nationalisation viendrait empêcher la fermeture définitive du site que s'apprêterait à annoncer la direction d'ArcelorMittal. Selon le journal Le Parisien, ArcelorMittal aurait confirmé au gouvernement sa décision de fermer définitivement les deux hauts fourneaux P3 et P6, comme le redoutent les syndicats.


Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, qui doit se rendre sur place ce jeudi pourrait donc annoncer l'expropriation de Mittal et la reprise par l'Etat d'une partie des activités du site. Selon Le Parisien, "le gouvernement est, depuis trois semaines, en négociations avancées pour obtenir de Mittal qu'il accepte de céder la filière chaude (hauts fourneaux et aciérie) pour l'euro symbolique". Le groupe accorderait ainsi un délai de "plusieurs mois" pendant lequel l'Etat serait chargé de trouver un repreneur, le géant de l'acier gardant lui la "filière froide" de transformation du métal produit localement.

Montebourg s'aligne sur la CGT


Une simple reprise par un acquéreur extérieur serait "insuffisante" pour Jean Mangin, délégué CGT, qui fait pression pour une expropriation et la nationalisation.

Verdict dans la journée: serons-nous propriétaires ce soir d'une entreprise sans avenir ? 

Une mauvaise affaire économique aux frais du contribuable


Promesse de campagne de Hollande

"Rien n'est encore signé" et "le sidérurgiste est difficile à convaincre", selon Le Parisien. Ces négociations correspondent à la promesse faite par François Hollande durant la campagne de forcer les grands groupes à céder les sites industriels qu'ils veulent fermer, souligne le journal.

Le député PS de Moselle, Michel Liebgott, annonce sur son site internet une rencontre vendredi à Paris entre le chef de l'Etat et le patron d'ArcelorMittal, l'Indien Lakshmi Mittal. 

Si Montebourg "n'avait rien à nous dire, ce serait un suicide politique"
"Arnaud Montebourg, on n'a rien à lui dire, on a juste envie de l'écouter", a commenté un des responsables CFDT de l'aciérie mosellane, Edouard Martin, après la confirmation de la venue du ministre en Lorraine. "Pendant l'été, ses conseillers nous disaient qu'il viendrait uniquement s'il avait des choses positives à annoncer. Alors on espère qu'il a quelque chose dans sa besace", a-t-il expliqué, soulignant que "s'il n'avait rien à nous dire, ce serait un suicide politique".

Les syndicalistes craignent une annonce de la fermeture définitive des hauts fourneaux 


Elle serait annoncée lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire convoqué lundi prochain au siège français du groupe à Saint-Denis (Seine-Saint Denis). L'ordre du jour ne comporte qu'un seul point: "information sur la situation économique et industrielle d'ArcelorMittal Atlantique et Lorraine". 

Ces hauts fourneaux, à l'arrêt depuis juin et octobre 2011, emploient 550 des 2.800 employés du site lorrain.

mercredi 4 juillet 2012

Menaces sur ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, selon la CGT

Le flamboyant Montebourg saura-t-il maintenir la flamme allumée ?



Février 2012: interpellé par les leaders CFDT, CGT, FO, CGC, le candidat F. Hollande s'était dit heureux d'être parmi ces sidérurgistes. L'un d'eux avait salué le "courage" du candidat PS d'être venu sur place.

L'un des hauts fourneaux de l'aciérie ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) est menacé d'une mise à l'arrêt de plus d'un an, a dit mardi le syndicat CGT, qui craint pour l'avenir d'un site employant plus de 2.800 personnes.

Alain Audier, secrétaire général de la CGT d'ArcelorMittal Fos-sur-Mer, a tenu une conférence de presse pour annoncer de futurs problèmes supplémentaires et promettre des actions.

"Des cadres et des ingénieurs ont été convoqués par la direction pour leur demander une réduction des coûts fixes de 50 euros par tonne d'acier d'ici octobre, faute de quoi l'un des hauts fourneaux du site serait arrêté pour une période de 12 à 15 mois", a-t-il expliqué.

"Le site produit actuellement plus de 4,5 millions de tonnes d'acier annuellement. Si l'un des hauts fourneaux est à l'arrêt, nous ne pourrons pas faire plus de 2,5 millions de tonnes. Le site de Fos-sur-Mer ne serait alors plus rentable. L'arrêt du haut fourneau conduira à la fermeture de l'usine", a-t-il ajouté.

La direction conteste cette interprétation 

"
Contrairement à ce qui a pu être dit, aucune annonce de mise à l'arrêt d'une installation de fabrication n'a été faite", a-t-elle déclaré.

Mais la presse belge fait également état d'un plan de réduction d'effectifs dans ses fonctions administratives en Europe, qui pourrait concerner un poste sur trois. L'objectif est d'économiser 25% supplémentaires dans la zone. Le plan, baptisé "Lean" (qui pourrait se traduire par "allégé", ou "maigre") devrait concerner les branches aciers plats au carbone dans plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique, le Luxembourg et l'Espagne. 

La CGT va demander la réunion d'un comité central d'entreprise extraordinaire pour y faire valoir un droit d'alerte.

Le syndicat entend saisir le gouvernement sur l'avenir de cette aciérie, inaugurée en 1974.

ArcelorMittal a déjà annoncé le 1er juin que
les deux hauts fourneaux de son usine lorraine de Florange (Moselle) resteraient éteints au moins jusqu'à la fin de l'année, et on craint aussi pour le maintien de l'activité en Lorraine.
L'aciérie de Fos-sur-Mer emploie 2.600 personnes en CDI et 250 intérimaires.

Dans les entreprises sous-traitantes, plus de 2.000 foyers pourraient être en outre frappés par les destructions d'emplois.
On arrive à 4.600 menaces de suppressions d'emplois en région socialo-communiste (Fos, Port-de-Bouc et Martigues).


Vers un nouveau Florange ?

Depuis février, à Florange (Moselle), les  d'ArcelorMittal demandent le rallumage des deux hauts-fourneaux, à l'arrêt depuis l'automne 2011. 

La direction, qui assure qu'il s'agit, comme à Fos-sur-Mer, d'une mise en veille temporaire imposée par une demande insuffisante, a annoncé le 1er juin une prolongation de six mois de l'arrêt.

Selon Sébastien Thomas, délégué CGT du site de Fos, les coûts de production du site sont élevés en raison de l'état de "délabrement de l'usine".

La direction a demandé à tous les salariés de prendre l'intégralité de leurs congés cet été, mais "cela ne permet une réduction des coûts que de deux euros", a encore précisé le syndicaliste, qui a ajouté qu'un tel "chantage" avait déjà été fait à l'encontre des sous-traitants de l'usine, avec le même objectif de réduction des coûts.