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jeudi 2 juillet 2020

Municipales 2020: les vainqueurs sont-ils ceux qu'on dit ?

Les mises en lumière des media écrasent la réalité

Les écolos ont bénéficié de coups de projecteurs avant, pendant et après le scrutin, mais la vérité est moins flatteuse 

La "vague verte" n'est pas la déferlante annoncée, puis vantée, le PS et LR n'ont pas disparu, la ville de plus de 100.000 habitants décrochée pour la première fois par le RN est un mirage et le parti présidentiel repart gros-jean comme devant… Mais au lendemain du second tour des élections municipales du dimanche 28 juin, toutes les formations politiques trouvent des raisons de crier victoire, validant sa stratégie en vue de la présidentielle de 2022.

Mais qu'en est-il vraiment ? Pas facile d'y voir clair depuis que le candidat Macron a brouillé les cartes en 2017 avec des traversées de rues hors des clous à la faveur de rideaux de fumée rendant tout raisonnement trouble. Le monde politique était essentiellement bipartite. Macron l'a éclaté, balkanisant le paysage de la France. 

Le soir des résultats a toutefois conservé sont lot habituel de de mauvaise foi et de vérité. Le politologue Martial Foucault, directeur du Cevipof de Sciences Po Paris observe que "le constat peut varier selon que l'on regarde les résultats en nombre de villes gagnées, en nombre de voix ou en nombre de conseillers municipaux. Certains partis peuvent aussi interpréter comme une victoire une défaite moindre qu'annoncé."

La vague verte écolo n'est pas le tsunami prédit

Les candidats écologistes ont réussi en zone urbaine, dimanche, remportant 7 des 42 villes françaises de plus de 100 000 habitants, et parmi les plus "bourgeois-bohême" (bobo-intello) : Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Tours, Annecy,  Besançon faisant exception (comme Aix-en-Provence qui, à l'inverse, n'a pas basculé), en plus de Grenoble, déjà conquise en 2014 et conservée.

Pour Martial Foucault, il s'agit d'un "tour de force historique", d'autant que le scrutin municipal et son mode de scrutin majoritaire à deux tours avantage généralement les grandes formations politiques. Or, pour la première fois, EELV a "réussi à enjamber cette barrière institutionnelle", note-t-il. De bon augure à l'approche des élections régionales et départementales en 2021.  Si toutefois leurs alliances municipales ne les entraînent pas sur leur pente naturelle punitive. 

Car cette analyse doit être nuancée, estime Emeric Bréhier : "Hormis à Lyon et à Strasbourg, leurs conquêtes sont le fruit d'unions à gauche dès le premier tour. Et ils n'ont pas réussi à inverser le rapport de force avec le PS dans des villes comme Nantes, Rennes ou Rouen, qu'ils estimaient gagnables."

Surtout, la poussée écologiste est restée cantonnée aux centres-villes. "Leur succès est bien moindre dans les périphéries", observe Emeric Bréhier. Si les Verts ont gagné sept grandes villes, ils n'en dirigeront pas forcément les agglomérations. Or, c'est souvent à cet échelon intercommunal que se prennent les décisions en termes de transports ou d'urbanisme, thématiques incontournables dans les programmes écolos.

Quant aux villes moyennes et aux plus petites communes, le bilan est encore moins flatteur. Sur les 3.168 villes en France qui comptent plus de 3.500 habitants, EELV n'en a remporté qu'une trentaine, soit moins de 1%. Au niveau national, le succès vert tient donc davantage de la vaguelette que du raz-de-marée.

Malgré la victoire à Perpignan, le recul du RN 

La stratégie de l'ex-Front National était de présenter moins de candidats qu'en 2014 pour se concentrer sur des villes prenables. Mais, à l'issue du scrutin, le Rassemblement national est vainqueur à Perpignan (120.000 habitants) et dans la plupart des villes conquises en 2014 (Fréjus, Beaucaire, Hénin-Beaumont, Hayange, etc.), mais perd Mantes-la-Ville (Yvelines) au profit d'un Div C, soutenu par la gauche), Le Luc (Var), également au profit d'une liste Divers Centre, ainsi que le 7e secteur de Marseille, remporté par la liste Les Républicains du général de gendarmerie David Galtier. Les quelques nouvelles prises comme Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et Moissac (Tarn-et-Garonne) ne compensent pas forcément les échecs enregistrés à Carpentras (Vaucluse), Vauvert (Gard) ou Sète (Hérault).

Derrière la victoire très symbolique de Louis Aliot à Perpignan, le parti de Marine Le Pen subit "une défaite en termes d'ancrage territorial", selon Martial Foucault. Ainsi, en six ans, le RN enregistre-t-il un net recul en nombre d'élus. En 2014, il avait remporté 1.438 sièges dans les conseils municipaux de 463 communes. En 2020, il n'en compte plus que 827 dans 271 villes... Un comparatif trompeur, car si on considère un nombre de villes identique, les élus municipaux sont  équivalents en nombre! .
L\'évolution du nombre de conseillers municipaux du Rassemblement national entre 2014 et 2020.
L'évolution du nombre de conseillers municipaux du Rassemblement national entre 2014 et 2020. (FRANCEINFO)
Les arrogants de LREM se sont pris une veste 

Les élections municipales n'ont pas permis au parti du président de s'ancrer. En ne gagnant aucune grande ville, LREM prend une gifle magistrale, à la mesure de l'impopularité du président Macron. Le coup d'arrête à la marche de la majorité inquiète l'Elysée, son électorat potentiel se situant précisément dans ces métropoles. Martial Foucault attribue la faute à un casting organisé depuis Paris, évidemment sans connexion avec le tissu associatif local, lequel n'existe pas ! Aux nombreuses candidatures dissidentes se sont ajoutées des stratégies d'entre-deux-tours illisibles ou franchement désastreuses.

Deux jours avant le second tour, le délégué général du parti, Stanislas Guerini maintenait être en mesure d'atteindre le chiffre de 10.000 élus municipaux. Malgré plus de 6.000 adhérents élus dès le premier tour, , iIl n'était même pas certain que cette modeste jauge soit atteinte : la France compte quelque 500.000 conseillers municipaux. 

Pour vérifier ces propos, il faudrait avoir accès au fichier des adhérents LREM... En revanche, lorsqu'on analyse les résultats des élections municipales, en utilisant la nuance politique "LREM" attribuée par le ministère, on est (très) loin du compte. Seules 9 villes ont été remportées par des candidats qui ne dissimulaient pas leur allégeance à LREM. L'étiquette LREM avait un effet repoussoir: à Paris, Buzyn, Schiappa et Pannier-Runacher, membres du gouvernement, ont compris leur douleur...
Et du côté des élus municipaux, on en compte seulement... 693: 150 de moins que le RN.... 
Bon nombre d'élus soutenus ou investis par La République en marche étaient dissimulés sous une étiquette centriste. Les comptes sont donc encore plus trompeurs qu'il apparaît.

Les partis historiques, à gauche et à droite, maintiennent leurs positions

Les Républicains comptaient sur le temps et ces élections municipales pour retrouver leur bonne mine. "On renoue avec la victoire", s'est exclamé Christian Jacob. Le patron du parti peut revendiquer la victoire dans "plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants". Les villes données perdues d'avance sont restées dans le giron de la droite républicaine: Aix-en-Provence ou Toulouse

Au PS, le premier secrétaire, Olivier Faure, a salué un "immense élan social-écologique".

Les résultats montrent une très grande stabilité. 
La proportion de maires sortants réélus "est encore plus importante que d'habitude"83% selon les calculs du Figaro -, note Emeric Bréhier. "Les alternances reçoivent davantage d'attention médiatique, surtout dans les métropoles, mais concernent une minorité de villes", confirme Martial Foucault.

Comme le montre le graphique, ci-dessous, la droite et la gauche maintiennent globalement leurs positions, avec peu de bascules dans un sens ou dans l'autre par rapport au scrutin de 2014, lors duquel la droite avait enregistré une victoire probante sur la gauche. Parmi les 3.168 communes de plus de 3.500 habitants concernées par le nuançage politique,  83 passent de gauche à droite, comme ce fut le cas à Metz. Et 115 passent de droite à gauche, comme Villejuif ou Quimper.

A noter toutefois, en 2020, une plus grande proportion de listes gagnantes sous l'étiquette "divers gauche" ou "divers droite", "un signe de l'affaissement des structures partisanes", selon Emeric Bréhier. Ou de la confusion créée par Macron et ses listes masquées.

Au final, la droite reste la principale force municipale, surtout dans les villes moyennes. La gauche, elle, conserve ses bastions et progresse dans les grandes villes.


La recomposition politique voulue par Macron, inconnu en 2017, a-t-elle vécu ?
"Il ne faut surtout pas tirer de conclusions nationales. Les résultats des élections municipales sont un très mauvais critère pour prédire le vainqueur de l'élection présidentielle suivante", met en garde Martial Foucault (CEVIPOF, rattaché au CNRS ).

"On est en train d'assister (peut-être provisoirement) à la fin du parallélisme entre la vie politique nationale et les vies politiques locales. Il y a une décorrélation de plus en plus forte", estime Emeric Bréhier. 

Interrogeant sur la validité des schémas figés de l'IFOP, son sondage paru le 22 juin sur l'élection présidentielle de 2022 tient toujours absolument à placer d'ailleurs Emmanuel Macron et Marine Le Pen loin devant les autres prétendants éventuels. 
"Les trois partis qui ont perdu ces municipales (LREM, le RN et La France insoumise) totalisent 65% à 67% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle," annonce déjà Emeric Bréhier, deux ans avant l'heure.

mercredi 1 juillet 2020

Bordeaux a voté écologie punitive: son maire veut aller vers une interdiction de la voiture

Séisme Pierre Hurmic: il a commencé par "dégoûter" les Bordelais qui préfèrent circuler en voiture

Le nouveau maire Vert de Bordeaux veut muscler les jambes des piétons et cyclistes de tout âge, jusqu'à interdire les automobilistes dans sa ville.

Le maire de gauche est prêt pour le vélo sur piste cyclable privatisée 

Les électeurs du Parti socialiste (O. Faure), du Parti communiste (F. Roussel), du Parti radical de gauche (G. Lacroix), de Génération.s (B. Hamon), de Nouvelle Donne (Larrouturou) et de Place publique (R. Glucksmann) ont-ils voté pour relancer l'industrie de la chaussure, et aller "à terme", vers une "interdiction de la voiture" et la mort de l'industrie automobile ? L'écologiste Pierre Hurmic, fraîchement élu à la mairie de Bordeaux dimanche 28 juin, insiste sur la mise en place d'une mesure en douceur, afin de "dégoûter progressivement l'automobiliste d'emprunter ces chaussées".

Le sexagénaire qui aura 71 ans dans six ans a mis fin à 73 ans de gouvernance de la droite à Bordeaux. Avec 46,48% des suffrages, contre 44,12% à son principal adversaire à droite, le Juppéiste Nicolas Florian, cet avocat, un grand bourgeois qui a séduit les bobos du cru, croit-il plaire à son électorat de gauche qui a besoin de la voiture pour aller travailler et à qui il propose le vélo ? Il tente de rassurer en expliquant,  mercredi 1er juillet, qu'il veut commencer par installer des pistes cyclables "continues et sécurisées". 

Volonté de "rééquilibrer les choses"

"Dans les aménagements urbains, 70% de la voirie est consacrée à la voiture. Or, elle représente 29 % des déplacements", constate Pierre Hurmic, mais développer le vélo, c'est juste prendre à la route pour donner à la piste cyclable, sans réduire les frais de voirie."Je ne veux pas interdire la voiture, mais rééquilibrer les choses", raconte-t-il pourtant. 
Et le sournois d'ajouter: "Même si, à terme, je pense qu'on ira vers une interdiction. Mais, pour le moment, on va y aller calmement".

Une interdiction totale sans date d'échéance pour l'instant. 
L'édile a d'ores et déjà "proposé comme solution post-Covid, que l'on mette tout le secteur intra-boulevard en "zone 20", dans lesquelles le piéton et les cyclistes sont prioritaires; le piéton a le droit de marcher au milieu de la route, et la voiture ... s'adapte".

Hurmic illustre déjà la critique qui circule quant à elle, de l'écologie qui n'a rien à proposer.
La gauche pastèque ne fait que s'aligner sur  Paris, où la maire sortante socialiste Anne Hidalgo est pourtant la cible de nombreuses critiques, durant son mandat et en campagne. Lors du dernier débat de l'entre-deux tours, mercredi 24 juin, Rachida Dati (LR) dénonçait par exemple  "l'explosion" de la pollution dans la capitale depuis la politique de "sans voitures" initiée par la maire socialiste.
L'ancien garde des Sceaux a fait valoir qu'il n'est pas souhaitable d'opposer les modes de transports les uns aux autres, comme le fait la sortante, pour des résultats peu probants. "La pollution a augmenté de 118% à Paris.
(...) On n'a jamais eu si peu de voitures à Paris et pourtant la pollution explose. (...) Le plan de mobilité a été fait à la hâte, de manière dogmatique et symbolique." 
Agnès Buzyn avait en outre reproché à l'Andalouse l'ouverture, sans préavis, d'une piste cyclable devant l'hôpital Necker à la place d'un couloir de bus emprunté par les ambulances. "Je trouve ça irresponsable, c'est la méthode sans anticipation et sans concertation."
"Moi, maire de Paris, avait déclarer Dati, je suis pour lutter contre la pollution, mais je n'entrave pas la complémentarité des mobilités à l'échelle du grand Paris."

Hurmic n'entend pas et fait cette première annonce "sans concertation, ni anticipation"...

lundi 29 juin 2020

Les écologistes refusent d'entrer au gouvernement en cas de remaniement

Ils ont la pastèque !

L'exemple de Nicolas Hulot et son expérience gouvernementale avec Macron ont laissé séquelles et rancoeur à Europe Ecologie-Les Verts

 
Niet !, disent par avance les écologistes au gouvernement. 
Au lendemain de la poussée verte aux municipales, à la faveur de l'abstention historique, les responsables d'Europe Ecologie-Les Verts ont assuré lundi 29 juin qu'aucun membre du parti n'entrera au gouvernement - sauf bravade ! -,  à l'occasion du remaniement attendu cette semaine. C'est l'assurance donnée par l'ancien secrétaire national, l'eurodéputé David Cormand, sur Public Sénat. 

"Le centre de gravité de la majorité actuelle, ce n'est pas l'écologie, ce n'est pas le social," dénonce David Cormand sur Public Sénat 
"Nicolas Hulot a montré à quel point il avait été empêché d'agir", a rappelé l'eurodéputé Yannick Jadot sur Europe 1. "Il ne s'agit pas d'entrer dans un gouvernement qui gouverne seul ce pays", a-t-il insisté en appelant Macron à "agir" sans faire d'"opportunisme écologique".
 
Vers une union de la gauche en 2022 ?
 
De droite à gauche, les députés européens EELV David Cormant, Salima Yenbou, Yannick Jadot et David Belliard, qui était le candidat vert à la mairie de Paris le 24 septembre 2019 à Paris






















<br>La priorité de la majorité est d'"accélérer" en matière d'écologie, a assuré Stanislas Guerini, le délégué général du parti présidentiel, sur RTL. "La question des personnes" pour l'incarner étant "secondaire," selon lui. La conquête par les candidats Europe Ecologie-Les Verts des mairies de quelques grandes villes aux municipales les place au centre de l'échiquier politique et pourrait aussi ouvrir la voie à un candidat d'union entre les écologistes et les partis de gauche en 2022.
 
Sauf que les écolos ont pris la grosse tête et ne sont pas disposés au partage. 
Pour l'heure et sans illusion, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s'est d'ailleurs dit "prêt à [se] ranger derrière celui qui incarnera" ce bloc en 2022.

mercredi 10 juin 2020

BlackLivesMatter met à genoux Mélenchon, Jadot, Faure et Roussel

L'ultra-gauche anti-flics racisée américaine met à ses pieds la gauche française 

LFI, EELV, PS et PCF mettent un genou à terre devant George Floyd

Place de la République, ce mardi 9 juin

A Paris, des manifestants se sont rassemblés place de la République en mémoire de George Floyd. Des têtes d'affiches de la gauche - radicale, voire extrême et de l’écologie totalitaire, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI) ou Yannick Jadot (EELV) - ont même posé un genou à terre, geste de capitulation, à l'imitation du candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden, 
Joe Biden relance sa campagne dans une Amérique embrasée par la ...

ou le démagogue Québécois Justin Trudeau (ci-dessous).

 Justin Trudeau pose un genou à terre contre le racisme (vidéo)

A l’appel notamment de SOS Racisme, des manifestations se sont rassemblés en France, pendant les obsèques de George Floyd à Houston, Etats-unis. A Paris, ils n'étaient que quelques centaines, place de la République. 
Ce mardi 9 juin, certains meneurs de la gauche rose,  rouge, noire et verte ont pris parti contre les policiers de leur pays, tels Jean-Luc Mélenchon (LFI), Yannick Jadot (EELV), Fabien Roussel (PCF) ou encore Olivier Faure (PS). Ils se sont même agenouillés durant les 8 minutes 46 de silence, pour s'associer à cet Afro-Américain décédé à la suite d’une interpellation policière à Minneapolis le 26 mai dernier. 
Image
Les suiveurs socialistes Faure et Kanner

Cette mobilisation à Paris était soutenue par plusieurs syndicats de lutte - dont la CGT, la FSU et l’Unsa - mais aussi par des partis politiques de gauche et d’extrême gauche (EELV, PS, LFI, PCF). Des organisations étudiantes et lycéennes (Fage, Unef, UNL) et des associations et ONG, comme la Ligue des droits de l'homme, le MRAP ou le CRAN,participaient aussi à la démonstration médiatique. 

Mélenchon, heureux des récents propos de Castaner 


Une "prise de conscience" émerge "contre l'horrible contamination du racisme
, là où on ne voudrait pas le voir, dans un corps important, la police," a pointé le chef de La France insoumise.
 
Jean-Luc Mélenchon, qui critiquait encore récemment la lâcheté de Macron resté muet face aux manifestations de rue, ajoute : "Il faut en finir avec le déni." 

L’ancien candidat à l’élection présidentielle n'hésite pas à stigmatiser la police: "la police nationale doit être reprise en main". Pour cela, Mélenchon "invite les policiers à dénoncer leurs collègues quand ils sont racistes et violents". 
Une incitation similaire à la tonte des femmes qui avaient eu des relations avec des occupants allemands. Cette marque d'opprobre qui, à la Libération de la France, a eu "pour fonction d'enlaidir ces femmes" et pour volonté, leur désexualisation, visait à détruire en elles l'image de la féminité. La dénonciation des policiers préconisée par Mélenchon a desrelents pareillement nauséabonds, quand il désigne les policiers à la vindicte populaire ou quand Castaner porte atteinte à leur virilité en les privant des moyens s'assurer le maintien de l'ordre.  

Mélenchon confie également avoir apprécié le fait que Christophe Castaner se soit rendu compte que "des gestes peuvent tuer". 
Pour mémoire, lundi 8 juin, le ministre de l’Intérieur a tenu un discours prônant notamment une "tolérance zéro" contre le racisme jugé "inacceptable", exigence qu'il n'impose pas à l'encontre des délinquants. 

Ce mardi matin, il a aussi annoncé qu’il sera "parfaitement à l’aise" - ce dont on ne doute pas ! -  à l'idée de poser un genou à terre. Le ministre tolère d’ailleurs d'autant mieux ces mobilisations anti-racistes racisées, que, "dans les faits", elles restent interdites dans toute la France, en vertu d'un décret interdisant en effet les rassemblements de plus de dix personnes dans l’espace public en raison de l’épidémie de coronavirus !

mardi 2 juin 2020

Municipales à Strasbourg: le candidat LR menace de faire cavalier seul

Les négociations ont repris entre Barseghian et Trautmann, mais Vetter (LR) et Fontanel (LREM) n'ont pas d'accord

Vetter flingue les Verts et fait cavalier seul 

Prenant avantage d'une dynamique de campagne favorable, le candidat LR Jean-Philippe Vetter, arrivé 4e, avec 18,27 % au terme d’une campagne efficace, flingue les Verts et envisage d'y aller seulsans s’allier avec le LREM Fontanel (2e avec 19,86 %) - mais  plutôt avec la socialiste Trautmann (3e avec 19,78 %)...

"Soyons clairs : il ne s’agit pas de s’opposer aux idées écologiques, explique-t-il dans une tribune adressée aux DNA. Nous devons préserver notre environnement, verdir la ville, mettre fin au gaspillage et mieux recycler ses déchets. Il s’agit de s’opposer à une liste dont la philosophie politique est d’extrême gauche, sectaire et doctrinaire par nature. […]

Lorsqu’on s’oppose à certaines expériences de l’Université de Strasbourg, c’est la recherche qu’on enterre.

Lorsqu’on veut interdire la circulation de véhicules diesels dès 2021, c’est la cohésion sociale et territoriale de notre métropole qu’on attaque.

Lorsqu’on veut lancer un grand emprunt de plusieurs centaines de millions d’euros, c’est la santé financière de la ville qu’on hypothèque.

Lorsqu’on veut fermer notre aéroport, c’est la présence du Parlement à Strasbourg qu’on met en péril.

Lorsqu'on s’oppose à la rénovation du stade de la Meinau, c’est l’avenir du Racing et le rayonnement du territoire qu’on fragilise." Ça c’est pour la partie "péril rouge".

L’élu strasbourgeois regrette "que l’intérêt supérieur de Strasbourg ne soit [pas] au centre des discussions"
 
Elu au Conseil municipal de Strasbourg depuis 2014 - dans le groupe de la juppéiste Fabienne Keller, dont il a été l'assistant parlementaire -,  Jean-Philippe Vetter mène une partie de "poker menteur", assurant qu’il ira plutôt seul : "Au-delà des coalitions entre candidats, il faut construire le rassemblement des Strasbourgeois".

Aujourd’hui, je suis prêt. Je suis prêt à agir pour nos valeurs. Prêt à rassembler les Strasbourgeois, quel que soit leur vote du premier tour. Prêt à relever le défi d’épargner l’extrême gauche à Strasbourg. Prêt à porter un projet d’avenir qui concilie le développement durable avec l’efficacité économique. […] Ce sera tout le sens de la politique que je porterai demain pour les Strasbourgeoises et les Strasbourgeois." 

A gauche, des acteurs politiques appellent Catherine Trautmann et Jeanne Barseghian (EELV) à unir leurs forces. Le 29 mai dernier, l'écologiste arrivée en tête au premier tour avait annoncé vouloir "tendre la main" à l'ancienne maire de Strasbourg, un marche-pied utile à la trentenaire.
 

Municipales: PS et EELV joignent leurs faiblesses pour résister dans plusieurs grandes villes

Les maires sortants socialistes ne sont pas tranquilles

Le PS assurait que les alliances avec les Verts ne seraient plus automatiques...

Les candidats aux mairies achèvent les dernières tractations pour les municipales dans 5.000 communes le 28 juin. Le candidats ont en effet jusqu'au mardi  3 juin à 18h00 pour déposer leurs listes.<br>Lille (Nord), Dijon (Côte-d’Or), Grenoble (Isère), Strasbourg (Bas-Rhin) sont des villes a priori acquises à la gauche, mais à quelle gauche ? S'ils n'y prennent garde, les électeurs risquent de se retrouver avec des coalitions improbables de socialistes laxistes et d'écolos totalitaires. Encouragés par leur score aux européennes et des sondages flatteurs, les candidats écologistes sont souvent partis sans ménagement à l'abordage des villes dirigées par leurs traditionnels partenaires socialistes, stratégie arrogante assumée par leurs leaders Yannick Jadot et Julien Bayou, mais jugée aggressive par les socialistes imbus de leur grandeur passée.

L’alliance traditionnelle PS-écologistes ne devait plus être automatique, mais elle est de retour. A Dijon comme à Lille, les listes PS sont arrivées en tête, mais les deux anciens ministres échouent à éviter l'humiliation d'un second tour. Les deux maires sortants ne souhaitaient pas faire de place aux Verts et François Rebsamen comme Martine Aubry harcelés, sans les nommer, par le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, n'ont pas d'autre choix. 
"Certains barons ou baronnes se disent qu’ils veulent faire sans les écologistes, comme s’il n’y avait pas eu de premier tour, comme si à certains moments on n’avait pas fait 20, 25% ou plus", explique Julien Bayou, secrétaire national EELV et ancien conseiller de Christiane Taubira.  Les écologistes arrivent en tête notamment à Lyon, Besançon ou Strasbourg. Si certains élus socialistes refusent de fusionner avec les Verts, c’est non seulement pour des raisons idéologiques et comportementales, mais aussi arithmétiques. Ces compromis promettent des mairies chaotiques.
<br>Paris: PS et EELV trouvent un accord

La liste 'Paris en commun' de la maire socialiste Anne Hidalgo et les Verts emmenés par David Belliard ont trouvé un accord de coalition dans la nuit de lundi à mardi pour le second tour des municipales à Paris.

"On a trouvé un accord sur les trois thèmes sur lesquels on travaillait depuis plusieurs jours: le projet, la gouvernance et les listes", a indiqué  le directeur de campagne de la maire, Emmanuel Grégoire. "Nous avions un projet écologique et social et nous savions qu'une coalition était nécessaire. Nous la faisons aujourd'hui avec Anne Hidalgo", a souligné David Belliard dans un entretien avec Le Parisien.

Belliard D et Najdoski Ch
9 sept 2013
Anne Hidalgo était arrivée en tête du premier tour des municipales avec 29,3% des voix et David Belliard, seulement quatrième, avec 10,8%. Il n'était pas en position de force, mais Hidalgo ne peut faire sans cet apport, puisqu'il ne suffit encore pas. En 2014, elle avait obtenu 34,4 % des suffrages et avait déjà dû signer un accord programmatique avec Europe Ecologie Les Verts pour obtenir la fusion des listes, alors que la droite LR avait gagné quatre arrondissements dès le premier tour (elle en aura six à l'arrivée).

Les écologistes "demandaient à avoir une mairie après le 28 juin", "on a dit oui et on en discutera", avoue E. Grégoire.

Par ailleurs "il était question que David Belliard entre dans l'exécutif, s'il le souhaite, c'est à lui de l'exprimer", a-t-il ajouté. 
"Il y aura au minimum une mairie écologiste durant la prochaine mandature si les électeurs et les électrices nous accordent leur confiance pour gérer Paris. A cette heure, je ne peux pas encore vous dire laquelle, mais si nous remportons l'élection, les écologistes seront parties prenantes de la gouvernance de la capitale à tous les niveaux, et je m'en réjouis", a confirmé M. Belliard.
"Je suis satisfait que nous partagions avec les équipes d'Anne Hidalgo une large part du diagnostic, sur la nécessité de 'dédensifier' la capitale ou de renforcer les solidarités notamment", a-t-il commenté sur le fond.

Sur les projets d'aménagement urbains ou encore la question de la place de la publicité à Paris, "nous sommes parvenus à trouver de nombreux compromis importants", a-t-il souligné.

"Le projet Bercy-Charenton (XIIe) va être remis à plat : le nouveau projet, qui reste à discuter, fera l'objet d'une concertation citoyenne. Nous nous engageons à ce qu'il comporte la création d'un troisième bois à Paris. Sur le TEP Ménilmontant, comme sur la friche Ordener, nous avons obtenu des garanties de refonte de ces projets avec pour objectif de préserver ou d'augmenter la part de parcs et de jardins", a précisé D. Belliard.

"Il y a eu de bonnes avancées, c'est une bonne nouvelle", s'est réjoui Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV, au micro de Sud Radio. Les électeurs partageront-ils cette joie ?
Dans la majorité présidentielle, le dissident Villani refuse toute alliance - et compromission - avec Agnès Buzyn, candidate LREM et ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, au coeur de conflits d'intérêts avec les laboratoires internationaux qui combattent la bi-thérapie du professeur Raoult contre le coronavirus responsable de la Covid19.

La maire PS de Nantes conclut un accord avec EELV

Quand, à Paris, l'équipe de la maire sortante PS peinait encore à s'allier avec le candidat EELV, à Nantes, l'accord était déjà signé dans la nuit de dimanche à lundi 1er juin entre le PS de la maire sortante Johanna Rolland et les écologistes de la liste EELV menée par Julie Laernoes, arrivée deuxième au premier tour. Johanna Rolland, que Jean-Marc Ayrault avait posé derrière lui à la mairie de Nantes, est arrivée en tête avec 31,36% le 15 mars, largement devant Julie Laernoes (19,58%).

"L'accord de fond entre les listes de Johanna Rolland et Julie Laernoes ne nie pas les divergences entre leurs programmes respectifs. Mais il choisit de se concentrer au contraire sur des valeurs partagées et renforcées face à la crise", écrivent dans un communiqué commun les états-majors des candidates, sans prendre l'avis des militants. Les électeurs seront en revanche appelé à dire leur mot...

"Le rassemblement de la gauche et des écologistes est la réponse aux enjeux fondamentaux qui se posent pour l'avenir de Nantes, s'est félicitée la maire, en langue de bois. La crise du Covid dont nous sortons progressivement donne une acuité encore plus forte à cette nécessité du rassemblement", ajoute-elle, pour ne pas aborder les questions qui gênent. 
La tête de liste écologiste a, quant à elle, estimé qu'"il aurait été, dans ce contexte, irresponsable de passer notre tour, de ne pas essayer d'influer sur les mesures à prendre". "Il ne faut pas s'y tromper: il est en train de se passer quelque chose de fort", a-t-elle assuré. Nantais, Nantaises, vous voilà prévenu(e)s, avant l'ouverture de la pochette-surprise...

Leur accord programmatique reste flou. 
Les deux candidates affirment qu'il porte "l'ambition" - ce qui n'engage à rien - d'une "rupture dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques municipales" - ce qui paraît plutôt confus -  et "d'une action municipale profondément renouvelée pour agir à la transformation profonde de notre modèle". ous voilà renseigné(e)s !

Parmi les autres candidates susceptibles de se maintenir au second tour, Laurence Garnier, ancienne directrice des ressources humaines à PSA Peugeot-Citroën, puis à la Direction des achats, à la tête de la liste LR, avait recueilli 19,93% et  une auto-entrepreneuse dans l'éclairage d'intérieur, la député LREM, où elle est tout naturellement membre de la... commission des Lois, Valérie Oppelt, 13%. 
Où sont les hommes, Marlène Schiappa ?
<br>

samedi 18 avril 2020

Union nationale: Julien Bayou tente de se blanchir en accusant Mélenchon

Julien Bayou répond à Mélenchon "pour en finir avec la fable de l'union nationale"

Mélenchon a reproché à EELV de soutenir la mise en place d'un "gouvernement d'union nationale"

Madinin'Art | Page 52

Yannick Jadot a émis l'idée d'un "Grenelle du monde d'après". 
Dans le JDD du 5 avril, il a présenté l'idée de l'union de partis (à l'exception du Rassemblement national), syndicats et ONG, reprise par Europe Ecologie-Les Verts (EELV) quelques jours plus tard. 
Les pseudo-intellos, mais vrais bobos perchés, de l'écologie craignent en effet pour l'après-coronavirus un retour au "libéralisme béat" du monde d'avant.

Dans son blog, Jean-Luc Mélenchon a accusé Julien Bayou de vouloir "un gouvernement d'union nationale". 
Dans une lettre ouverte que nous publions, le secrétaire national d'EELV - ex-amateur d'agitprop, notamment dans le collectif Jeudi noir - lui répond longuement. S'il rejette le terme, l'écologiste affirme ne pas vouloir se poser "comme seule opposition valable aujourd'hui, en espérant profiter demain du discrédit" qui touche le gouvernement, mais "chercher à créer les conditions d'un basculement politique de grande ampleur". Julien Bayou s'interroge aussi sur la stratégie de La France insoumise et appelle ses militants à "rompre les rangs".

La lettre ouverte de Julien Bayou est d'une violence rare

"Cher Jean Luc,

Dans un billet de blog du 10 avril, tu m'accuses, il n'y a pas d'autres termes puisque tu campes en procureur, de vouloir construire 'un gouvernement d'union nationale'. Je laisse de côté le fait que si tu avais des doutes sur l'orientation politique qui est la mienne, nous aurions pu en discuter. C'est accessoire, mais éloquent sur ta volonté de nous disqualifier. Ton affirmation est d'une mauvaise foi qui confine au baroque. Je prends donc la plume pour, en te répondant, exposer ma pensée politique. Tu pourras la juger frustre. Elle sera claire.

Pour dire les choses brièvement : je ne défends pas l'idée d'un gouvernement d'union nationale. Ce n'est pas ma volonté, ni celle de la direction politique issue de notre dernier congrès, ni celle de nos mandant-es, celles et ceux qui dans notre mouvement ont le dernier mot [allusion perfide]. Voilà la vérité simple et drue. Toutes les fictions du monde n'y changeront rien, malgré tes talents de narrateur.

Un gouvernement d'union nationale, dont le macronisme serait le centre, aggraverait les problèmes du pays

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Les écologistes que nous sommes ne défendent pas l'idée d'alliances bâties de bric et de broc et basées sur la supposée bonne foi des contractants. Les lois de la physique politiques sont immuables : la question du centre de gravité de toute alliance est la question fondamentale. Un gouvernement d'union nationale dont le macronisme serait le centre aggraverait les problèmes du pays, nous en avons la conviction profonde. Nous proposons non pas une coalition politique, mais un dialogue social de grande envergure sur l'avenir du pays. Un Grenelle du monde d'après. Ce n'est pas la même chose. Nous proposons de réunir dans une négociation large l'ensemble des acteurs politiques et sociaux du pays. Pourquoi en exclure le Rassemblement national? Parce que mon idée est que le Rassemblement National n'est pas un parti républicain.[16,14% des électeurs français - 7.679.493 - ne sont donc pas des Républicains...] Comme je ne pense pas un instant que toi qui militait pour son interdiction dans les années 90 tu souhaites les convier à discuter de l'avenir du pays, tu comprendras que je les exclue du champ des participants au Grenelle du monde d'après.

Quelle est notre démarche? Nous avons choisi, dans le moment de crise que nous traversons de ne pas ajouter à l'effarement qui a saisi notre pays, en déclenchant un bras de fer avec le pouvoir en place. Les sujets de désaccords ne manquent pas entre nous et le gouvernement actuel. Mais notre pari n'est pas de nous poser comme seule opposition valable aujourd'hui, en espérant profiter demain du discrédit qui touche un pouvoir dont la politique apparaît chaque jour davantage comme un accélérateur de nos maux.

Nous ne prétendons pas imposer seul-es ce changement. Nous croyons à la société mobilisée. A la délibération collective

Nous faisons au contraire le pari d'une sortie de crise collective pour enclencher le sursaut dont la France et notre planète ont besoin. Deux visions s'affrontent ici. Soit on pense que tout se réduit à la question des desiderata du locataire de l'Elysée, et dans ce cas, on ne prône qu'une seule chose, le remplacement de l'actuel président de la république par un autre Jupiter en 2022. Dans cette vision le changement d'homme est tout : il suffit de remporter la présidentielle pour que les planètes s'alignent et que le monde change. Soit on pense que le changement de modèle dont nous avons besoin ne pourra provenir que d'un effort collectif pour sortir notre système de l'orthodoxie libérale dans laquelle il s'est engoncé au fur et à mesure des années, y compris sous des gouvernements qui se réclamaient de la gauche.

Notre proposition d'un Grenelle du monde d'après ne vaut absolument pas quitus pour le macronisme. Elle représente même l'inverse. Nous voulons contraindre l'actuel gouvernement à changer de cap pour se mettre au diapason de la demande sociale du pays et de l'urgence environnementale. Mais nous ne prétendons pas imposer seul-es ce changement. Nous croyons à la société mobilisée. A la délibération collective. Au jeu des acteurs sociaux. Au choc des intelligences. Voilà pourquoi nous demandons des discussions publiques, transparentes, ou chaque organisation, politique, syndicale, associative défendrait ses positions. Nous pensons, par exemple, que les propositions portées par la convention citoyenne sur le climat, pour parcellaires qu'elles soient, ne doivent pas rester lettres mortes. Elles représentent même une bonne base de discussion pour engager la transition écologique sans plus attendre. [Soit quitus donné à EELV]

Il en va de même des propositions portées par le pacte du pouvoir de vivre ou la coalition 'plus jamais ça' qui ont en commun de refuser la fracture entre les enjeux environnementaux et les questions sociales. La société fourmille d'initiatives. Il ne s'agit pas de remplacer un Jupiter par un autre, pas plus que de marcher sur les corps intermédiaires et syndicats en prétendant les récupérer, les organiser ou en prendre la tête : il faut se mettre à leur service pour construire ensemble le débouché dont le pays a besoin.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine élection présidentielle pour que la politique menée change.


Je peux entendre que le mot 'Grenelle' soit galvaudé, discrédité par les trompe-l'œil environnementaux de Sarkozy ou plus récemment la piteuse tentative de ce gouvernement de gagner du temps au lieu d'agir face au fléau des violences faites aux femmes. Mais qui peut dire que les Accords de Grenelle de 1968 n'ont pas apporté aux travailleur-ses la satisfaction de revendications de longue date, quand bien même ces négociations expresses se sont tenues à l'initiative d'un gouvernement de droite? Si Matignon n'est pas le bon endroit pour accueillir ces discussions, pourquoi ne pas imaginer que le Conseil Economique Social et Environnemental puisse accueillir ces négociations s'il offre un terrain plus favorable, comme le suggère entre autres France nature environnement?

Les idées neuves doivent trouver leur place dans le moment que nous traversons. Cela ne se fera pas sans une mise en mouvement de l'ensemble de la société. Chacun sait par exemple que je me bats depuis longtemps pour un revenu universel. Je voudrais que dans la situation de fragilité sociale du pays révélé et exacerbée par la pandémie qui nous frappe, les uns et les autres soient mis au pied du mur et soient sommés de dire les yeux dans les yeux aux Françaises et aux Français pourquoi une telle mesure leur est refusée. Dans le cadre d'un Grenelle du monde d'après, je gage que ce serait possible, tout comme la mise en place d'une garantie sur les loyers ou la mise en place de conditionnalités sociales et environnementale aux aides aux entreprises.

Malgré tes quolibets, je persiste et je signe donc. Nous ne voulons pas attendre la prochaine élection présidentielle pour que la politique menée change. Nous ne faisons l'impasse sur aucune occasion de transformer la société. Nous voulons réorienter maintenant le cours des choses. Sans attendre une élection que tu as déjà perdue à deux reprises mais qui t'obsède au point d'obstruer ta lucidité.

Nous devons proposer un imaginaire [sic] post-crise qui ouvre d'autres solutions que le dogme de la croissance

Jeudi noir
Une bonne partie de ce qui va structurer l'état de la planète de l'Europe et de la France se joue dans les prochains mois. Nous devons proposer un imaginaire post-crise qui ouvre d'autres solutions que le dogme de la croissance, que la priorité donnée au court terme sur le long terme, que l'obsession pour la rentabilité. Investissements dans les services publics, dans la transition écologique, lutte contre la pauvreté et création de nouveaux droits, indépendance des médias… Nous devons proposer un sursaut.

Je pourrais conclure ici, mais je veux vider la querelle définitivement que tu engages, pour permettre demain un dialogue plus constructif.

A l'appui de ce qui te tient lieu de démonstration, concernant ma soi-disant adhésion à l'idée d'union nationale, tu cites la 'groko' [grande coalition, en Allemagne]. L'insinuation remplace ici toute forme de raisonnement : si d'aventure outre-Rhin, les écologistes soutiennent une grande coalition alors c'est que les Verts français y sont aussi favorables. Ce quasi-syllogisme est vieux comme l'injustice : si ce n'est toi, c'est donc ton frère… Si la germanophilie qu'on te connaît te conduit à penser que les verts allemands constituent un modèle, libre à toi. Mais nous savons pour notre part que l'organisation politique de l'Allemagne permet et favorise des configurations politiques qui ne correspondent ni à notre culture démocratique ni à nos inclinaisons. C'est un objet de discussion permanente avec nos partenaires verts allemands. Nous leur souhaitons le meilleur et serions ravis qu'ils arrivent au pouvoir en Allemagne dans le même temps où nous-mêmes le ferions en France. Mais notre solidarité n'exclut ni la vigilance ni la lucidité. Nous n'envisageons aucune combinaison de ce type.

Il faut aller chercher celles et ceux que nous n'avions pas encore convaincu mais qui aujourd'hui ont le cœur disponible et l'esprit disposé. 

Notre projet, et c'est, je le pressens, la raison pour laquelle tu nous poursuis de ta mauvaise foi, est plus ambitieux. Tu nous vois, à raison, comme des concurrents sérieux. Nous voulons construire l'écologie politique comme force motrice du changement qu'il nous faut conduire. Nous n'avons vocation à être les supplétifs de quiconque. Ni ceux du macronisme qui aggrave la crise qu'il faudrait endiguer, ni ceux du dégagisme que tu prônes.

Nulle arrogance ni volonté d'hégémonie de notre part, mais devoir d'entraînement : nous cherchons à créer les conditions d'un basculement politique de grande ampleur. Pour y parvenir, il faut et nous l'assumons, aller chercher celles et ceux que nous n'avions pas encore convaincu mais qui aujourd'hui ont le cœur disponible et l'esprit disposé. L'intelligence collective chemine à dos de catastrophe : la volonté d'échapper au désastre décille les yeux des plus récalcitrants. Nous assumons donc de nous dégager du clivage droite gauche défini par des siècles de lutte politique et sociale. Il demeure, mais ne peut être le clivage unique. De la même manière le clivage entre le peuple et la caste, qui recèle sa part de vérité inexorable, ne nous semble pas être susceptible de créer les conditions du sursaut car il n'indique aucune direction. Pour nous c'est la conscience écologique grandissante qui peut arracher des millions de personnes au confort de leurs certitudes anciennes, les amenant ainsi à choisir une alternative politique au système destructeur en place. En clair, l'écologie n'abolit aucun clivage. Elle appelle cependant à les redéfinir. 

Bayou et Génération précaire
Si je réponds longuement et publiquement à tes calomnies, et non dans le secret d'un sms, c'est parce que tu as choisi d'inoculer le poison du doute dans les esprits. Or, la période réclame de la clarté. Puisque tu prétends édifier sur mes supposées intentions le public qui te lit, qu'il me soit permis d'apprécier et qualifier en retour la stratégie que tu poursuis.

Plutôt que de gloser sur les tristes intentions dont tu nous affubles, peut-être pourrais-tu faire le bilan politique de la perspective que tu proposes?

Tu fais de la division permanente le moteur de ton renforcement politique. Ce faisant tu creuses à belle pioche le tombeau de l'alternative que tu dis appeler de tes vœux. Après l'élection présidentielle de 2017, au lieu de chercher à rassembler les forces qui pouvaient s'opposer au nouveau pouvoir, tu as préféré renforcer ton seul mouvement, avec les conséquences que chacun connaît. Plutôt que de gloser sur les tristes intentions dont tu nous affubles, peut-être pourrais-tu faire le bilan politique de la perspective que tu proposes? Pardon d'user d'une métaphore guerrière dont je ne suis guère familier, mais si personne ne peut mettre en doute la vaillance des troupes militantes de la France Insoumise, on peut s'interroger sur la stratégie du général.

Dans un monde confiné par le coronavirus, tu t'avances en majesté, tenant en tes mains un programme qui n'est pas le fruit du travail d'un seul, mais la somme du labeur de toutes celles et ceux qui ont fait don de leur contribution intellectuelle à l'avenir en commun. Tu dis 'voilà ma contribution', mais chacun comprend que c'est pour toi bien davantage. Rappeler à chaque occasion ton score de la dernière élection présidentielle ne fait pas sens. Beaucoup pensent, certes, que tu as ramené au vote humaniste et de transformation sociale des personnes qui, ne se sentant pas représentées, auraient pu s'abstenir, ou voter RN. Nous t'en faisons crédit. Mais on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Nous respectons les millions d'électrices et d'électeurs qui ont porté leurs suffrages sur ta candidature en 2017. Mais ces voix ne te confèrent aucun magistère moral, aucune sorte d'autorité naturelle, aucun passe-droit. Ni césar ni tribun ne nous seront d'aucune utilité pour le fardeau joyeux qui nous incombe. Nous devons reconstruire l'ordre du monde.

La crise que nous traversons révèle que nous avons besoin de collectif et d'humilité. Elle nous appelle à respecter l'humus et à nous méfier de l'hubris. Hier, dans un emportement évident, tu disais 'la République c'est moi'. Désormais, dans un entêtement solitaire, tu prétends incarner l'alternative à toi tout seul. Cette pente égotiste est mortifère.

Pour que les choses soient claires, je dis donc la chose suivante : 'insoumises et insoumis, rompez les rangs'.

Les prétendants à la magistrature suprême ont tendance à penser qu'ils doivent affirmer une identité politique distincte de celle de tous les autres candidats pour délimiter le champ de leur légitimité. Cette pensée relève du marketing. Pas de la construction d'un bloc politique et social porteur d'une alternative majoritaire. Pour qui veut réellement la victoire de nos idées, la question essentielle est celle de la construction lente mais déterminée d'une convergence démocratique inédite. Je gage qu'il n'y a pas d'autre chemin.

Pour que les choses soient claires, je dis donc la chose suivante : “insoumises et insoumis, rompez les rangs'. Cessez de répéter les arguments bilieux que nous devons subir ad nauseam. Finissez-en avec l'acharnement de meute en ligne qui vire au pilonnage des journalistes ou militant-es qui ont le malheur de vous déplaire. Votre révolte vaut mieux que ça. Ce que nous avons à accomplir ensemble est grand.
La "méthode Collomb", une politique anti-réfugiés qui ne dit pas ...
Les migrants accueillis à l'université Lyon II manifestent
devant le lieu d'expulsion 
N'attendons pas les consignes : affrontons les sujets qui fâchent, car il y en a. Et travaillons les points de convergence, car ils sont encore plus nombreux. Cultivons le commun davantage que le séparatisme de chapelle. Réfléchissons sans œillères. Discutons sans détours. Rassemblons sans relâche."