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lundi 27 avril 2020

Sept Français sur dix veulent un gouvernement d'union nationale

Le "monde nouveau" de Macron est-il celui de la cohabitation: l'heure du partage a-t-elle sonné  pour Jupiter ?

Le 13 avril, écrasé par les responsabilités, le quadra avait fait part de sa volonté de "bâtir un autre projet dans la concorde"

Le Don Quichotte avait déclaré la guerre au Covid-19, avant de réaliser qu'il n'a ni armée ni armement.
"Dans les prochaines semaines, avec toutes les composantes de notre Nation, je tâcherai de dessiner ce chemin qui rend cela possible", avait ajouté cet artiste qui avait déjà redessiné le paysage politique hexagonal. Et, depuis plusieurs jours, jusqu'au dévoilement de sa stratégie par l'Edouard, mardi à 15h à l'Assemblée, l'exécutif consulte largement, espérant susciter l'adhésion à son plan pour l'après 11 mai. La presse aux ordres et l'IFOP mettent donc la main à la pâte...

Novice en politique, Macron avait laissé transparaître son désarroi lors de sa dernière adresse aux Français. Il lui fallait donc redonner espoir à la population qui souffre et gronde, notamment dans les quartiers dits "sensibles", non seulement en Seine-Saint-Denis qu'on croyait autonome, mais aussi à Marseille. Comme pour ajouter le chaos au chaos, le Jupiter qui s'en était remis aux recommandations de son Conseil scientifique vient pourtant de désavouer les membres divisés qu'il avait lui-même nommés et a annonce pour le 11 mai le déconfinement des Français, contre leur avis... Le grand Nicodème pelé de Matignon peut-il redresser la situation, en quelques mots à l'Assemblée, lui qui devrait céder la place à un homme - ou une "meuf", selon les voeux de Ndiaye et Schiappa ! - providentiel(le), à déconfiner
Descente de la Croix:
Nicodème est équipé de tenailles...
En attendant la présentation du plan déjà controversé de déconfinement par Edouard Philippe, annoncée pour le mardi 28 avril, non plus devant les Français, mais devant sa représentation à l'Assemblée nationale, Macron tente de rallier l'ensemble du corps politique à son projet encore flou, appelant désespérément à "l'unité" face à la pandémie de Covid-19.

Dans ce contexte de chaos politique où tous les "savants" et Béotiens de France  parle en même temps pour exprimer des avis "autorisés" contradictoires, dans le vide laissé par les députés LREM, autrefois "sachants" volubiles et péremptoires, plus de sept Français sur dix (71%) seraient favorables à la constitution d'un gouvernement d'union nationale pour faire face à l'épidémie, ainsi qu'à ses conséquences futures. Un sondage qui en dit long sur l'égarement de la population. Comment peut-on en effet attendre un quelconque mieux d'un conglomérat d'individualités - si éminentes soient-elles - qui jusqu'ici se tapaient dessus à qui mieux mieux?

Pourtant, selon un sondage IFOP pour La Lettre de L'Expansion (Groupe L'Express, filiale de SFR Presse, racheté par Patrick Drahi, propriétaire de dont Libération, BFM TV et RMC), lundi, l'idée séduirait une majorité de sondés quelle que soit leur préférence partisane, et seules 29% des personnes interrogées y seraient opposées. L'équivalent des soutiens supposés de Macron.

Les électeurs de LREM y seraient les moins favorables : pas d'union et de partage pour ces LREM-là, 62%

congélation/décongélation - Les artisans gourmands Nouvelle Aquitaine
Mais LR y seraient les plus favorables (84%), devant ceux du PS (76%), du RN (75%), de LFI (72%). S'agissant des partis actuellement dans l'opposition qui pourraient être appelés, les sondés plébisciteraient à 80% les écologistes d'EELV, devant LR (77%), le PS (67%), le RN (55%) et enfin LFI (53%).

Macron a fait appel aux maires et les a reçus jeudi, les régions et départements par Edouard Philippe jeudi et vendredi. Et, puisqu'il a renoncé à parler les yeux dans les yeux aux Français, l'Edouard réserve aux députés la primeur d'un plan globalfruit de ses cogitations, mardi, avant une séance de questions au gouvernement exceptionnellement déplacée mercredi à 11h.

Enquête réalisée les 22 et 23 avril, à la demande tacite de l'exécutif, auprès d'un échantillon de 1.005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

samedi 18 avril 2020

Post-covid19 : vers un gouvernement d'union nationale ?

Véritable union nationale ou replâtrage de la majorité?

Qui seront les chevaux de retour du "monde nouveau" de Macron?

Promouvoir et maintenir l'unité parmi les croyants du Capitole ...

Les personnalités pressenties seraient-elles du goût des Français ?
Vue la galère qui s'annonce, les noms des socialistes Manuel Valls et Stéphane Le Foll ou des juppéistes Barnier (PPE) et NKM font figures d'épouvantails : un tel gouvernement Le Maire donnerait une impression de marche arrière, de retour dans le temps... 
L'adieu à  la "société civile" au fort pouvoir d'exécration par le public permettrait-il l'impensable renoncement que constituerait le retour de rossignols dans un gouvernement de "concorde nationale" ?

Macron mijoterait un gouvernement de 'concorde' pour sortir de la crise.
Or, les noms que Le Parisien fait circuler, Macron ne râtiseraient pas large
Les individualités citées seraient-elles à la hauteur des enjeux et des attentes du pays? On veut y voir un ballon d'essai de l'Elysée en direction de la presse  qui se prête à ce sondage de l'opinion. Une telle intox ressemble à un poisson d'avril des cercles macroniens animés par le besoin de diversion dans une période de crise sanitaire grave et de défiance populaire profonde pour l'exécutif. 

Gag ou la provocation, l'heure n'est pas à la dispersion.
Proposer l'une ou l'autre de ces quatre sauveurs de la nation rassemblés dans un même "gouvernement de concorde" est une plaisanterie malséante, une  provocation digne d'un Castaner ramassé à  la sortie d'une boîte au petit matin. Qu'ont-elles en commun qui puisse par ailleurs d'accorder avec un tel président ? Tous les quatre se sont fait une réputation dans des gouvernements ou des institutions européennes, mais aucun ne fait l'unanimité : ils sont peu peu ou prou à l’origine de l'actuelle situation de crise sanitaire. 
Comment ces responsables de la pénurie pourraient-ils gérer le post-Covid-19 et construire la nouvelle société, cet Eden annoncé par Macron? Dans ses premiers gouvernements et malgré une certaine proximité idéologique, Macron ne les a pas retenus au nombre des premiers de cordée, alors pourquoi des seconds de cordée seraient-ils mieux appropriés aux temps de guerre et de reconstruction ? 

Jean-Pierre Chevènement, qui soutient l’hypothèse d’un gouvernement de 'salut public', approuve l'idée de créer un électrochoc
Robert Chambeiron (cravate rayée), lors de la cérémonie commémorative de la création du CNR  le 27 mai 1945. Le portrait de jean moulin est à la place qu’il occupait deux ans auparavant.
Création du Conseil National de la Resistance, mai 1943
Sa motivation en faveur d’un gouvernement de salut public serait d'assurer une véritable rupture, à la fois économique et européenne, avec des politiques gouvernementales successives depuis 1983, date de sa première démission, persuadé qu'il est que la France a connu un avant et un après Chevènement.

Pas de gouvernement de salut public sans un spectre large de personnalités politiques compatibles, mais en même temps critiques des fondements de nos politiques publiques depuis les années 80. La quadrature du cercle, en somme, d''autant plus que Macron n'est jamais parvenu à effectuer la moindre synthèse et qu'il se laisse entraîner par le dernier qui a parlé. On le voit bien avec le "comité scientifique" qui l'a conduit à tout dire et son contraire.

Faut-il s'attendre à ce que Macron partage son pouvoir ?
La situation nécessiterait en effet qu'il soit capable de s'ouvrir à des personnalités qui incarnent une véritable critique de ce qui nous a amenés à cette mort par coronavirus.
Non seulement les noms livrés au public ne sont pas crédibles, mais ils sont l'indication que les acteurs politiques ne sont pas encore mûrs pour le changement nécessaire. On pourrait aussi bien avancer les noms de Roselyne Bachelot, Jean-Pierre Raffarin, Ségolène Royal, Michel Sapin ou Nicolas Hulot...

L'heure est grave et un gouvernement de salut public ne s'improvise pas.
La question est en fait plus sérieuse qu'on ne dit: Macron n'est-il pas le maillon faible du dispositif? Ses allocutions pleines de mots et de promesses, ses coups de menton comme ses mises en scène et ses intonations de jésuite saint-sulpicien ne dissimulent plus le chaos des coulisses de l'Elysée. A-t-il "sur la table" un plan B qui puisse passer pour une  stratégie "efficiente"?

Cette stratégie a-t-elle le goût et la couleur du souverainisme, sans l'étiquette ?
Les personnalités qui ont porté ces analyses de longue date ne pourraient être plus longtemps stigmatisées, puisque les délocalisations sont en effet parmi les principaux points d'achoppement de notre société européenne. Le réservoir de personnalités intéressantes va de l’euro-réalisme védrinien à un souverainisme plus assumé.

Mélenchon ou Marine Le Pen resteraient exclus d'un gouvernement de "salut public": ils n'ont pas démontré leur capacité à la concorde, vertu qu'il ne leur à pas encore été donné d'exprimer. Se poser la question de leur intégration est toutefois légitime dans un gouvernement de concorde nationale - si on est cohérent - , mais des succédanés existent, à droite ou à gauche, qui pourraient cohabiter. Certains osent continuer à avancer le nom d'un brasseur de vent comme Arnaud Montebourg, mais d'autres choix s'offrent d'un socialiste comme Emmanuel Maurel ou Georges Kuzmanovic, président du mouvement politique République Souveraine - pour une République sociale, laïque et écologiste - inspiré du CNR (Conseil national de la Résistance). sur l'aile gauche, ou d'un opposant à la la technocratie comme Julien Aubert ou Nicolas Dupont-Aignan, sur l'aile droite.

Les pistes existent.
La principale pesanteur est à la clé de voûte.

Union nationale: Julien Bayou tente de se blanchir en accusant Mélenchon

Julien Bayou répond à Mélenchon "pour en finir avec la fable de l'union nationale"

Mélenchon a reproché à EELV de soutenir la mise en place d'un "gouvernement d'union nationale"

Madinin'Art | Page 52

Yannick Jadot a émis l'idée d'un "Grenelle du monde d'après". 
Dans le JDD du 5 avril, il a présenté l'idée de l'union de partis (à l'exception du Rassemblement national), syndicats et ONG, reprise par Europe Ecologie-Les Verts (EELV) quelques jours plus tard. 
Les pseudo-intellos, mais vrais bobos perchés, de l'écologie craignent en effet pour l'après-coronavirus un retour au "libéralisme béat" du monde d'avant.

Dans son blog, Jean-Luc Mélenchon a accusé Julien Bayou de vouloir "un gouvernement d'union nationale". 
Dans une lettre ouverte que nous publions, le secrétaire national d'EELV - ex-amateur d'agitprop, notamment dans le collectif Jeudi noir - lui répond longuement. S'il rejette le terme, l'écologiste affirme ne pas vouloir se poser "comme seule opposition valable aujourd'hui, en espérant profiter demain du discrédit" qui touche le gouvernement, mais "chercher à créer les conditions d'un basculement politique de grande ampleur". Julien Bayou s'interroge aussi sur la stratégie de La France insoumise et appelle ses militants à "rompre les rangs".

La lettre ouverte de Julien Bayou est d'une violence rare

"Cher Jean Luc,

Dans un billet de blog du 10 avril, tu m'accuses, il n'y a pas d'autres termes puisque tu campes en procureur, de vouloir construire 'un gouvernement d'union nationale'. Je laisse de côté le fait que si tu avais des doutes sur l'orientation politique qui est la mienne, nous aurions pu en discuter. C'est accessoire, mais éloquent sur ta volonté de nous disqualifier. Ton affirmation est d'une mauvaise foi qui confine au baroque. Je prends donc la plume pour, en te répondant, exposer ma pensée politique. Tu pourras la juger frustre. Elle sera claire.

Pour dire les choses brièvement : je ne défends pas l'idée d'un gouvernement d'union nationale. Ce n'est pas ma volonté, ni celle de la direction politique issue de notre dernier congrès, ni celle de nos mandant-es, celles et ceux qui dans notre mouvement ont le dernier mot [allusion perfide]. Voilà la vérité simple et drue. Toutes les fictions du monde n'y changeront rien, malgré tes talents de narrateur.

Un gouvernement d'union nationale, dont le macronisme serait le centre, aggraverait les problèmes du pays

Amazon.fr - Désobéissons pour sauver l'Europe - Bayou, Julien - Livres
Les écologistes que nous sommes ne défendent pas l'idée d'alliances bâties de bric et de broc et basées sur la supposée bonne foi des contractants. Les lois de la physique politiques sont immuables : la question du centre de gravité de toute alliance est la question fondamentale. Un gouvernement d'union nationale dont le macronisme serait le centre aggraverait les problèmes du pays, nous en avons la conviction profonde. Nous proposons non pas une coalition politique, mais un dialogue social de grande envergure sur l'avenir du pays. Un Grenelle du monde d'après. Ce n'est pas la même chose. Nous proposons de réunir dans une négociation large l'ensemble des acteurs politiques et sociaux du pays. Pourquoi en exclure le Rassemblement national? Parce que mon idée est que le Rassemblement National n'est pas un parti républicain.[16,14% des électeurs français - 7.679.493 - ne sont donc pas des Républicains...] Comme je ne pense pas un instant que toi qui militait pour son interdiction dans les années 90 tu souhaites les convier à discuter de l'avenir du pays, tu comprendras que je les exclue du champ des participants au Grenelle du monde d'après.

Quelle est notre démarche? Nous avons choisi, dans le moment de crise que nous traversons de ne pas ajouter à l'effarement qui a saisi notre pays, en déclenchant un bras de fer avec le pouvoir en place. Les sujets de désaccords ne manquent pas entre nous et le gouvernement actuel. Mais notre pari n'est pas de nous poser comme seule opposition valable aujourd'hui, en espérant profiter demain du discrédit qui touche un pouvoir dont la politique apparaît chaque jour davantage comme un accélérateur de nos maux.

Nous ne prétendons pas imposer seul-es ce changement. Nous croyons à la société mobilisée. A la délibération collective

Nous faisons au contraire le pari d'une sortie de crise collective pour enclencher le sursaut dont la France et notre planète ont besoin. Deux visions s'affrontent ici. Soit on pense que tout se réduit à la question des desiderata du locataire de l'Elysée, et dans ce cas, on ne prône qu'une seule chose, le remplacement de l'actuel président de la république par un autre Jupiter en 2022. Dans cette vision le changement d'homme est tout : il suffit de remporter la présidentielle pour que les planètes s'alignent et que le monde change. Soit on pense que le changement de modèle dont nous avons besoin ne pourra provenir que d'un effort collectif pour sortir notre système de l'orthodoxie libérale dans laquelle il s'est engoncé au fur et à mesure des années, y compris sous des gouvernements qui se réclamaient de la gauche.

Notre proposition d'un Grenelle du monde d'après ne vaut absolument pas quitus pour le macronisme. Elle représente même l'inverse. Nous voulons contraindre l'actuel gouvernement à changer de cap pour se mettre au diapason de la demande sociale du pays et de l'urgence environnementale. Mais nous ne prétendons pas imposer seul-es ce changement. Nous croyons à la société mobilisée. A la délibération collective. Au jeu des acteurs sociaux. Au choc des intelligences. Voilà pourquoi nous demandons des discussions publiques, transparentes, ou chaque organisation, politique, syndicale, associative défendrait ses positions. Nous pensons, par exemple, que les propositions portées par la convention citoyenne sur le climat, pour parcellaires qu'elles soient, ne doivent pas rester lettres mortes. Elles représentent même une bonne base de discussion pour engager la transition écologique sans plus attendre. [Soit quitus donné à EELV]

Il en va de même des propositions portées par le pacte du pouvoir de vivre ou la coalition 'plus jamais ça' qui ont en commun de refuser la fracture entre les enjeux environnementaux et les questions sociales. La société fourmille d'initiatives. Il ne s'agit pas de remplacer un Jupiter par un autre, pas plus que de marcher sur les corps intermédiaires et syndicats en prétendant les récupérer, les organiser ou en prendre la tête : il faut se mettre à leur service pour construire ensemble le débouché dont le pays a besoin.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine élection présidentielle pour que la politique menée change.


Je peux entendre que le mot 'Grenelle' soit galvaudé, discrédité par les trompe-l'œil environnementaux de Sarkozy ou plus récemment la piteuse tentative de ce gouvernement de gagner du temps au lieu d'agir face au fléau des violences faites aux femmes. Mais qui peut dire que les Accords de Grenelle de 1968 n'ont pas apporté aux travailleur-ses la satisfaction de revendications de longue date, quand bien même ces négociations expresses se sont tenues à l'initiative d'un gouvernement de droite? Si Matignon n'est pas le bon endroit pour accueillir ces discussions, pourquoi ne pas imaginer que le Conseil Economique Social et Environnemental puisse accueillir ces négociations s'il offre un terrain plus favorable, comme le suggère entre autres France nature environnement?

Les idées neuves doivent trouver leur place dans le moment que nous traversons. Cela ne se fera pas sans une mise en mouvement de l'ensemble de la société. Chacun sait par exemple que je me bats depuis longtemps pour un revenu universel. Je voudrais que dans la situation de fragilité sociale du pays révélé et exacerbée par la pandémie qui nous frappe, les uns et les autres soient mis au pied du mur et soient sommés de dire les yeux dans les yeux aux Françaises et aux Français pourquoi une telle mesure leur est refusée. Dans le cadre d'un Grenelle du monde d'après, je gage que ce serait possible, tout comme la mise en place d'une garantie sur les loyers ou la mise en place de conditionnalités sociales et environnementale aux aides aux entreprises.

Malgré tes quolibets, je persiste et je signe donc. Nous ne voulons pas attendre la prochaine élection présidentielle pour que la politique menée change. Nous ne faisons l'impasse sur aucune occasion de transformer la société. Nous voulons réorienter maintenant le cours des choses. Sans attendre une élection que tu as déjà perdue à deux reprises mais qui t'obsède au point d'obstruer ta lucidité.

Nous devons proposer un imaginaire [sic] post-crise qui ouvre d'autres solutions que le dogme de la croissance

Jeudi noir
Une bonne partie de ce qui va structurer l'état de la planète de l'Europe et de la France se joue dans les prochains mois. Nous devons proposer un imaginaire post-crise qui ouvre d'autres solutions que le dogme de la croissance, que la priorité donnée au court terme sur le long terme, que l'obsession pour la rentabilité. Investissements dans les services publics, dans la transition écologique, lutte contre la pauvreté et création de nouveaux droits, indépendance des médias… Nous devons proposer un sursaut.

Je pourrais conclure ici, mais je veux vider la querelle définitivement que tu engages, pour permettre demain un dialogue plus constructif.

A l'appui de ce qui te tient lieu de démonstration, concernant ma soi-disant adhésion à l'idée d'union nationale, tu cites la 'groko' [grande coalition, en Allemagne]. L'insinuation remplace ici toute forme de raisonnement : si d'aventure outre-Rhin, les écologistes soutiennent une grande coalition alors c'est que les Verts français y sont aussi favorables. Ce quasi-syllogisme est vieux comme l'injustice : si ce n'est toi, c'est donc ton frère… Si la germanophilie qu'on te connaît te conduit à penser que les verts allemands constituent un modèle, libre à toi. Mais nous savons pour notre part que l'organisation politique de l'Allemagne permet et favorise des configurations politiques qui ne correspondent ni à notre culture démocratique ni à nos inclinaisons. C'est un objet de discussion permanente avec nos partenaires verts allemands. Nous leur souhaitons le meilleur et serions ravis qu'ils arrivent au pouvoir en Allemagne dans le même temps où nous-mêmes le ferions en France. Mais notre solidarité n'exclut ni la vigilance ni la lucidité. Nous n'envisageons aucune combinaison de ce type.

Il faut aller chercher celles et ceux que nous n'avions pas encore convaincu mais qui aujourd'hui ont le cœur disponible et l'esprit disposé. 

Notre projet, et c'est, je le pressens, la raison pour laquelle tu nous poursuis de ta mauvaise foi, est plus ambitieux. Tu nous vois, à raison, comme des concurrents sérieux. Nous voulons construire l'écologie politique comme force motrice du changement qu'il nous faut conduire. Nous n'avons vocation à être les supplétifs de quiconque. Ni ceux du macronisme qui aggrave la crise qu'il faudrait endiguer, ni ceux du dégagisme que tu prônes.

Nulle arrogance ni volonté d'hégémonie de notre part, mais devoir d'entraînement : nous cherchons à créer les conditions d'un basculement politique de grande ampleur. Pour y parvenir, il faut et nous l'assumons, aller chercher celles et ceux que nous n'avions pas encore convaincu mais qui aujourd'hui ont le cœur disponible et l'esprit disposé. L'intelligence collective chemine à dos de catastrophe : la volonté d'échapper au désastre décille les yeux des plus récalcitrants. Nous assumons donc de nous dégager du clivage droite gauche défini par des siècles de lutte politique et sociale. Il demeure, mais ne peut être le clivage unique. De la même manière le clivage entre le peuple et la caste, qui recèle sa part de vérité inexorable, ne nous semble pas être susceptible de créer les conditions du sursaut car il n'indique aucune direction. Pour nous c'est la conscience écologique grandissante qui peut arracher des millions de personnes au confort de leurs certitudes anciennes, les amenant ainsi à choisir une alternative politique au système destructeur en place. En clair, l'écologie n'abolit aucun clivage. Elle appelle cependant à les redéfinir. 

Bayou et Génération précaire
Si je réponds longuement et publiquement à tes calomnies, et non dans le secret d'un sms, c'est parce que tu as choisi d'inoculer le poison du doute dans les esprits. Or, la période réclame de la clarté. Puisque tu prétends édifier sur mes supposées intentions le public qui te lit, qu'il me soit permis d'apprécier et qualifier en retour la stratégie que tu poursuis.

Plutôt que de gloser sur les tristes intentions dont tu nous affubles, peut-être pourrais-tu faire le bilan politique de la perspective que tu proposes?

Tu fais de la division permanente le moteur de ton renforcement politique. Ce faisant tu creuses à belle pioche le tombeau de l'alternative que tu dis appeler de tes vœux. Après l'élection présidentielle de 2017, au lieu de chercher à rassembler les forces qui pouvaient s'opposer au nouveau pouvoir, tu as préféré renforcer ton seul mouvement, avec les conséquences que chacun connaît. Plutôt que de gloser sur les tristes intentions dont tu nous affubles, peut-être pourrais-tu faire le bilan politique de la perspective que tu proposes? Pardon d'user d'une métaphore guerrière dont je ne suis guère familier, mais si personne ne peut mettre en doute la vaillance des troupes militantes de la France Insoumise, on peut s'interroger sur la stratégie du général.

Dans un monde confiné par le coronavirus, tu t'avances en majesté, tenant en tes mains un programme qui n'est pas le fruit du travail d'un seul, mais la somme du labeur de toutes celles et ceux qui ont fait don de leur contribution intellectuelle à l'avenir en commun. Tu dis 'voilà ma contribution', mais chacun comprend que c'est pour toi bien davantage. Rappeler à chaque occasion ton score de la dernière élection présidentielle ne fait pas sens. Beaucoup pensent, certes, que tu as ramené au vote humaniste et de transformation sociale des personnes qui, ne se sentant pas représentées, auraient pu s'abstenir, ou voter RN. Nous t'en faisons crédit. Mais on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Nous respectons les millions d'électrices et d'électeurs qui ont porté leurs suffrages sur ta candidature en 2017. Mais ces voix ne te confèrent aucun magistère moral, aucune sorte d'autorité naturelle, aucun passe-droit. Ni césar ni tribun ne nous seront d'aucune utilité pour le fardeau joyeux qui nous incombe. Nous devons reconstruire l'ordre du monde.

La crise que nous traversons révèle que nous avons besoin de collectif et d'humilité. Elle nous appelle à respecter l'humus et à nous méfier de l'hubris. Hier, dans un emportement évident, tu disais 'la République c'est moi'. Désormais, dans un entêtement solitaire, tu prétends incarner l'alternative à toi tout seul. Cette pente égotiste est mortifère.

Pour que les choses soient claires, je dis donc la chose suivante : 'insoumises et insoumis, rompez les rangs'.

Les prétendants à la magistrature suprême ont tendance à penser qu'ils doivent affirmer une identité politique distincte de celle de tous les autres candidats pour délimiter le champ de leur légitimité. Cette pensée relève du marketing. Pas de la construction d'un bloc politique et social porteur d'une alternative majoritaire. Pour qui veut réellement la victoire de nos idées, la question essentielle est celle de la construction lente mais déterminée d'une convergence démocratique inédite. Je gage qu'il n'y a pas d'autre chemin.

Pour que les choses soient claires, je dis donc la chose suivante : “insoumises et insoumis, rompez les rangs'. Cessez de répéter les arguments bilieux que nous devons subir ad nauseam. Finissez-en avec l'acharnement de meute en ligne qui vire au pilonnage des journalistes ou militant-es qui ont le malheur de vous déplaire. Votre révolte vaut mieux que ça. Ce que nous avons à accomplir ensemble est grand.
La "méthode Collomb", une politique anti-réfugiés qui ne dit pas ...
Les migrants accueillis à l'université Lyon II manifestent
devant le lieu d'expulsion 
N'attendons pas les consignes : affrontons les sujets qui fâchent, car il y en a. Et travaillons les points de convergence, car ils sont encore plus nombreux. Cultivons le commun davantage que le séparatisme de chapelle. Réfléchissons sans œillères. Discutons sans détours. Rassemblons sans relâche."


dimanche 26 mars 2017

Liberté d'expression : quand critiquer Macron, c'est "tirer à boulets rouges"

Fillon revient sur la sellette à tout propos: Fillon-bashing encouragé, Macron-bashing jugé insupportable

Pour la gauche, l'"homme" à abattre n'est pas Marine Le Pen

Quand les équipes de candidats maltraités se rebiffent, leurs réactions sont qualifiées de virulentes, à moins d'un mois du premier tour de l'élection présidentielle, souvent par soutiens interposés, telle la presse. Celles visant François Fillon se retournent désormais contre les expéditeurs, depuis l'emploi à LVMH de la compagne de Hamon, sur sa "recommandation", aux tenues de l'épouse Macron prêtées par le même LVMH, en passant par les accusations de népotisme en faveur de Maryline Camille, la fille de Mélenchon, embauchée par le Conseil général de l'Essonne alors présidé par Jérôme Guedj, soutien de Montebourg, puis de Hamon.
Les "indélicatesses" de cette gauche vertueuse qui noyaute les organes de presse sont, selon elle, des "fautes" chez François Fillon, mis en examen, tandis que ses rivaux ne sont pas inquiétés.

François Baroin a "fait office de porte-flingue" (sic)

C'est le titre de l'hebdomadaire Le Point et de actu.orange.frDimanche 26 mars, au Grand Jury RTL - Le Figaro - LCI, ce lieutenant du candidat de la droite et du centre a souligné que Macron est "le candidat du pouvoir": il ne s'agit pas ici de soupçons; il a en effet été conseiller de Hollande dès 2012, puis son ancien ministre de l'Économie en 2014, mais le rappeler est vécu comme de la virulence par les journalistes engagés au côté de l'Etat-PS. 
Aussitôt, le sénateur-maire de Troyes s'est vu reprocher "des mots très durs pour Emmanuel Macron", un intouchable, et pas seulement pour les chaînes de Patrick Drahi, donc (BFMTV, Libération et L'Express qui, pour le coup, ont une telle mauvaise foi qu'en plus de les déshonorer, elle devrait repousser les lecteurs honnêtes en recherche d'information objective).

Selon la presse acquise au banquier, comme à l'Elysée, Baroin, qui ne passe pas pour violent, "n'a pas mâché ses mots", apprend-on. Attaquer les positions du protégé des entreprises de sondages est vécu par la presse dévote comme une agression personnelle. "Il a changé d'avis sur tous les sujets, il ne dit rien sur rien et n'en pense pas plus. Il est temps de dénoncer cette imposture qui, pour moi, représente un saut dans le vide sans parachute", ça ne se dit pas dans une campagne présidentielle ?


VOIR et ENTENDRE une chronique à charge, en miroir de l'état d'esprit de la presse partisane, et qui ne donne pas la parole à Fillon : 


La presse militante censurera-t-elle bientôt les candidats d'opposition ?
François Baroin ajoute qu'Emmanuel Macron est "le candidat du parti socialiste", un tabou pour aucun Français ni étranger dans le monde.

Il dénonce également des tractations entre le PS et le mouvement En Marche!
A l'approche des prochaines élections législatives, après que Cambadélis a menacé les élus sortants du retrait de leur circonscription s'ils ne soutiennent pas Hamon, le pitoyable candidat officiel du PS, les petits mots assassins comme les démonstrations tendancieuses sont autant d'agression de l'opposition. Mélenchon a certes tort de traiter tel journaliste  de "petite cervelle" ou tel autre de "sale con", mais bon, il ne faut pas non plus se placer en position de provocation à l'insulte.
Les boulets rouges de la presse totalitaire volent bas.

VOIR et ENTENDRE l'entretien de Baroin sur RTL, tout au plus "sévère", pour juger sur pièce du fond et de la virulence de ce "porte-flingue" : 



La presse porte Macron pour qu'au second tour il bénéficie d'un barrage au FN, au nom d'un "front républicain", mais au vu des bassesses de campagne à gauche, un appel à l'union nationale anti-Le Pen sera-t-il concevable ?

mardi 22 décembre 2015

Pacte républicain contre le chômage: les Français n'attendent pas "l'union nationale", mais des résultats

Raffarin a une"mauvaise approche", met en garde Woerth

Le sénateur Raffarin a-t-il perdu le contact avec les réalités  ?


La méthode Raffarin de 'pactisation' avec la gauche en échec alarme le secrétaire général des Républicains.
  • Eric Woerth rejette l'idée de Jean-Pierre Raffarin d'un "pacte républicain contre le chômage", estimant que les Français n'attendent pas "l'union nationale", mais des résultats.

    La proposition de l'ancien Premier ministre (67 ans) d'"un pacte républicain contre le chômage" pour éviter une victoire du FN en 2017 a évidemment reçu le soutien d'un Manuel Valls aux abois et aussi du président du Medef Pierre Gattaz. 

    "C'est une mauvaise approche", juge pourtant l'ancien ministre du Budget 
    Eric Woerth observe que le patron des patrons "parle du point de vue de l'entreprise, pas du point de vue de la démocratie".

    "Ce qu'attendent les Français, ce n'est pas l'union nationale, ce sont des résultats", assure Eric Woerth dans un entretien mardi au quotidien Les Echos. "Nous ne sommes pas la roue de secours de François Hollande. La bonne réponse, c'est une opposition crédible, efficace, qui incarne l'alternance".

    "S'il n'y a plus de majorité et d'opposition, il n'y a plus de démocratie"

    Interrogé sur le projet de réforme constitutionnelle, le député de l'Oise propose plutôt de "créer un deuxième volet", un volet "économique". "Nous pourrions par exemple supprimer le principe de précaution et le remplacer par celui d'innovation (...)".

    "L'union nationale est un mirage que l'on ressort dans les périodes difficiles,"
    explique encore Eric Woerth. François Hollande ne veut pas l'union nationale, il veut l'union autour de lui pour être réélu en 2017". Il veut compromettre l'opposition en l'entraînant dans ses errances. 

  • "Nous ne sommes pas là pour endosser les échecs de François Hollande et notamment celui de sa politique économique et sociale", développe-t-il.

    L'exécutif socialiste fait du FN l'alpha et l'omega de sa politique et les demandeurs d'un emploi attendent une réponse économique.

dimanche 26 octobre 2014

Dissolution de l'Assemblée nationale: "il n'y a pas d'autre solution" pour François Bayrou

François Hollande est trop affaibli pour gouverner, selon François Bayrou 

Le président du MoDem prône donc 
la dissolution de l'Assemblée nationale
un remède de cheval qui a déjà été utilisé par Jacques Chirac en 1997.

En droit constitutionnel, la dissolution permet au président de la République de mettre fin prématurément au mandat des députés et de provoquer de nouvelles élections législatives.

Invité du Grand rendez-vous Europe 1, i-Télé, Le Monde le 26 octobre, l'éleveur béarnais de chevaux a justifié son avis :
"Les institutions offrent au président de la république une sortie qui est toujours la même, c'est le retour devant le peuple. Généralement par dissolution plutôt que par référendum, qui est une arme très précieuse mais qui me parait pas totalement adapté à la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui."
L'"épisode de guerre civile très très violent au sein du parti au pouvoir", souligne François Bayrou, après l'abstention de Benoît Hamon et Aurélie Filippetti sur le vote du budget 2015, l'absence de "soutien au sein de l'opinion publique" et les "nuages extrêmement noirs massés à l'horizon", qui sont autant de signaux forts selon lesquels il n'est "pas sûr" que François Hollande puisse tenir jusqu'en 2017. "En tout cas dans cette configuration actuelle", estime-t-il :
"Je ne suggère pas une dissolution,
je ne pense pas qu'il y ait d'autre solution."
Dissolution d'accord, mais à condition d'un "grand changement de politique institutionnelle", poursuit François Bayrou. En d'autres termes, la constitution d'un gouvernement d'"union nationale" qu'il appelle de ses voeux depuis plusieurs années - et qu'un sondage disait soutenu par les Français à hauteur de 78% en avril 2013.

Sur Europe 1, François Bayrou persiste :
"Nous sommes dans une situation de crise si lourde. La politique qu'il y a à conduire est, non pas si difficile comme tout le monde le dit, mais remettant en cause une partie de l'organisation du pays que selon moi, elle ne peut se dérouler, après une décision du peuple français, que dans un climat d’union nationale. Que les grands forces réformistes, ceux qui ont à l'esprit que bien sûr il faut que notre organisation, notre architecture change, ceux-là doivent travailler en France."
Parmi ceux-ci, sont notamment cités Manuel Valls, Premier ministre a qui le président du MoDem a rendu un hommage appuyé, et Alain Juppé, candidat à la primaire UMP sur lequel François Bayrou ne tarit pas d'éloges.

Car le maire de Pau entend démontrer que le clivage gauche/droite étant impraticable au pouvoir, seule une majorité élargie (avec, ça tombe bien, le centre en plein milieu) peut fonctionner :

"Je ne crois par qu'on puisse mener des réformes avec une majorité riquiqui. Et j'ai décrit dans au moins deux de mes livres le mécanisme qui fait que la majorité est nécessairement rétrécie quand vous avez à mener une politique courageuse. Pourquoi ? Parce que chacun des deux camps est coupé en deux, et vous vous trouvez, dès que vous êtes au pouvoir immédiatement, avec contre vous le camp adverse et la moitié de votre camp."

Bayrou a la solution !
"Ce que l'Allemagne a montré, et c'est pourquoi il faut un changement de pratique institutionnelle, c'est que quand il y a de très grands enjeux il faut que les forces politiques puissent travailler ensemble sans se renier."
En avril 2013, le gouvernement avait, par l'entremise de Michel Sapin, décliné la proposition de gouvernement d'union nationale... en se moquant carrément de l'ancien "troisième homme" de la présidentielle 2007.

En 2012, François Bayrou avait annoncé qu'il voterait François Hollande au second tour de la présidentielle. Or, le candidat Hollande et ses soutiens socialistes s'étaient empressés d'expliquer que cela ne préfigurait aucun accord PS-MoDem. Et pour cause, cette question pourrit le parti depuis 2007, avant même la tannée administrée à l'haridelle Royal, cheval de retour en 2014.
Le centriste en est à un "ticket" Juppé-Bayrou. Depuis que Bayrou a repris les vingt hectares de la propriété familiale dans le Béarn et s'est lancé dans l'élevage de futurs galopeurs, il piaffe d'impatience...