POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est principe de précaution. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est principe de précaution. Afficher tous les articles

jeudi 18 octobre 2018

La nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie, première tache au gouvernement Philippe III

En acceptant son maroquin, Emmanuelle Wargon oublia qu'elle vantait les mérites de l'huile de palme

Malgré quinze jours de tergiversations et autres vérifications, encore une prétentieuse rattrapée par son passé
 

L'huile de palme est un ingrédient essentiel dans le lait infantile, avait maintenu Emmanuelle Wargon, à l'occasion d'une conférence sur le principe de précaution. C'est scientifiquement vrai, mais ce n'est pas écologiquement correct !

La nouvelle venue au gouvernement Philippe III tenait ce propos il y a seulement trois mois. Cette jeune femme est passée ce mardi de la direction générale des affaires publiques et de la ...communication du groupe Danone au secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, un autre arriviste, le dénommé de Rugy. Pourtant, en juillet dernier, cette salariée de la multi-nationale sus-nommée vantait publiquement les mérites de l'huile de palme dans la fabrication du lait infantile.

Un journaliste des Jours a retrouvé la vidéo et rafraîchi la mémoire de la tête-de-linotte sur Twitter

En juillet dernier, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Emmanuelle Wargon, alors chargée de la commercialisation du lait infantile dans les pays africains (où, comme chacun sait, la déforestation ne pose pas de problèmes) pour Danone depuis 2015, était invitée à prendre la parole. Le site web d'information Les Jours, lancé en 2016 par une équipe composée principalement d'anciens journalistes de Libération, n'a pas oublié.

"L’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles"
Et elle n'a pas tort. Ce qui pose problème n'est pas la substance de son discours scientifiquement recevable, mais la capacité de cette dame au grand écart, selon qui la paie. Nouvel exemple de flexibilité en traversant la rue !

Dans cette conférence sur le principe de précaution, la nouvelle secrétaire d’Etat avait précisé que l’huile de palme est un ingrédient sain et essentiel au lait infantile, ce qui était occulté pour cause de contre-partie écologique négative, la déforestation notamment en Guinée, au Nigéria ou en Côte d'Ivoire - sans que cette commerciale en chef de Danone ait des états d'âme.
La moralisation de la vie publique, selon Macron, prend des chemins de traverse !
En juillet, Emmanuelle Wargon expliquait d'ailleurs que l'huile de palme était nécessaire pour fabriquer des laits infantiles:https://twitter.com/AlexMarandon/status/1015597597946535936 
Quand Emmanuelle Wargon (notre nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie) expliquait qu'on ne peut pas se passer d'huile de palme pour fabriquer du lait pour bébés (aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en juillet 2018, la vidéo complète: https://www.youtube.com/watch?v=Okwjdn_2_Ww ) pic.twitter.com/KIH0Saz5sw




J'adore les doigts écartés de cette sous-ministre issue de la société civile formatée à la psychologie  contemporaine en grande école, le regard droit, franc et direct, dans les yeux de l'interlocuteur, si le détachement des notes le permet ... 

"L’huile de palme, on en a besoin pour les laits infantiles. C’est l’un des produits essentiels pour les [ou "essentiels 'aux' ", en français] laits infantiles. Pourtant, c’est un ingrédient qui fait l’objet de plus en plus de méfiance, à la fois pour des raisons environnementales, et aussi pour une forme de défiance, d’absence de naturalité [attention, on va en baver aussi en termes de langage]. Et pourtant l’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles. Donc, on en a besoin et on est tout à fait capable d’expliquer pourquoi", débitait celle qui "en même temps" expliquera qu'elle puisse maintenant "oeuvrer" avec sincérité au ministère de la Transition écologique et solidaire des pays africains producteurs d'huile de palme. Nulle doute, qu'elle "assume"

En d'autres temps, pas si lointains, Nicolas Hulot avait dénoncé "la présence des lobbys ['lobbies', pour les anglophones authentiques, mais 'groupes de pression, en français tout bête inconnu de la presse bac +5...] dans les cercles du pouvoir"

La nouvelle sous-ministre est étrangère à l'univers écologiste

Présente dans certaines aliments ou cosmétiques, l'huile de palme est l'une des bêtes noires des écologistes radicaux. Si son exploitation entraîne la déforestation de certaines zones d’Asie du sud-est, l’huile de palme est surtout ciblée pour sa dangerosité supposée pour la santé humaine, selon les écologistes : une 'fake news' non dénoncée.


Quand Emmanuelle Wargon (notre nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie) expliquait qu'on ne peut pas se passer d'huile de palme pour fabriquer du lait pour bébés (aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en juillet 2018, la vidéo complète: https://www.youtube.com/watch?v=Okwjdn_2_Ww ) pic.twitter.com/KIH0Saz5sw




Au cours des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Emmanuelle Wargon se disait aussi non "dogmatique" sur les OGM car "ce serait un refus de l'innovation et de la science". pic.twitter.com/VCefK5yojj




Lors de cette même conférence, Emmanuelle Wargon avait aussi déclaré "ne pas avoir pris de position dogmatique sur les OGM", car elle serait "un refus de l’innovation et de la science". 

Nicolas Hulot avait anticipé cette nomination aberrante

Lors de sa démission, le prédécesseur de cette imposture gouvernementale avait en effet dénoncé "la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir"...

mardi 22 décembre 2015

Pacte républicain contre le chômage: les Français n'attendent pas "l'union nationale", mais des résultats

Raffarin a une"mauvaise approche", met en garde Woerth

Le sénateur Raffarin a-t-il perdu le contact avec les réalités  ?


La méthode Raffarin de 'pactisation' avec la gauche en échec alarme le secrétaire général des Républicains.
  • Eric Woerth rejette l'idée de Jean-Pierre Raffarin d'un "pacte républicain contre le chômage", estimant que les Français n'attendent pas "l'union nationale", mais des résultats.

    La proposition de l'ancien Premier ministre (67 ans) d'"un pacte républicain contre le chômage" pour éviter une victoire du FN en 2017 a évidemment reçu le soutien d'un Manuel Valls aux abois et aussi du président du Medef Pierre Gattaz. 

    "C'est une mauvaise approche", juge pourtant l'ancien ministre du Budget 
    Eric Woerth observe que le patron des patrons "parle du point de vue de l'entreprise, pas du point de vue de la démocratie".

    "Ce qu'attendent les Français, ce n'est pas l'union nationale, ce sont des résultats", assure Eric Woerth dans un entretien mardi au quotidien Les Echos. "Nous ne sommes pas la roue de secours de François Hollande. La bonne réponse, c'est une opposition crédible, efficace, qui incarne l'alternance".

    "S'il n'y a plus de majorité et d'opposition, il n'y a plus de démocratie"

    Interrogé sur le projet de réforme constitutionnelle, le député de l'Oise propose plutôt de "créer un deuxième volet", un volet "économique". "Nous pourrions par exemple supprimer le principe de précaution et le remplacer par celui d'innovation (...)".

    "L'union nationale est un mirage que l'on ressort dans les périodes difficiles,"
    explique encore Eric Woerth. François Hollande ne veut pas l'union nationale, il veut l'union autour de lui pour être réélu en 2017". Il veut compromettre l'opposition en l'entraînant dans ses errances. 

  • "Nous ne sommes pas là pour endosser les échecs de François Hollande et notamment celui de sa politique économique et sociale", développe-t-il.

    L'exécutif socialiste fait du FN l'alpha et l'omega de sa politique et les demandeurs d'un emploi attendent une réponse économique.

lundi 17 août 2015

Des activistes écologistes pénètrent dans l'INRA de Colmar pour "inspecter" des pieds de vignes

Coup de force illégal des "faucheurs volontaires" anti-OGM

Environ 80 "faucheurs volontaires" ont pénétré par effraction
 

S'octroyant tous les droits en toute impunité, ils ont fait irruption 
lundi matin dans les locaux de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Colmar, pour une "inspection citoyenne" à la recherche de vignes OGM, a fait savoir l'un des écologistes radicaux, en toute impunité.

Selon ces écologistes radicaux, "l’essai de vigne OGM en plein-air conduit par l’INRA avait pour but de tester des porte-greffe de plants de vigne génétiquement modifiés pour résister à la maladie du court-noué. Cet essai, préalablement stoppé en Champagne à la demande de [certains] vignerons locaux, puis proposé et refusé [par une minorité agissante] dans l’Hérault, a finalement été imposé [sic] aux alsaciens [Alsaciens], au coeur d’un vignoble où le court-noué [une maladie virale mortelle touchant les ceps] ne pose pas de problème," assurent-ils.
Ces activistes passent à un palier supérieur puisqu'ils limitaient jusqu'ici leurs destructions aux parcelles d'essai transgéniques et de cultures d'OGM en plein champ.

A la recherche de pieds de vignes OGM

"On va aller regarder dans les serres s’il y a des pieds de vignes OGM, 
comme ceux qu’on avait fauchés il y a cinq ans", a lancé une membre des mouvements des faucheurs volontaires, Dominique Delort (le couple ci-contre), forte d'aucun droit à contrôler quoi que ce soit. "Si on en trouve qui ne sont pas en milieu confiné, on va faire établir un constat d’huissier", a-t-elle menacé, revendiquant un délit susceptible de poursuites judiciaires pour "dégradation volontaire en réunion". Chef d’entreprise dans le bâtiment, D. Delort a participé à la grève de la faim de mars 2007 pour réclamer un moratoire sur les OGM, puis a cessé son activité professionnelle en 2009 pour vivre de son activité de coordinatrice des Faucheurs Volontaires dans le Cher.

Des récidivistes que le clémence de la Justice ne peut dissuader
On reconnaît l''ex-porte-parole de la Confédération Paysanne, 
José Bové; le député-maire Verts de Bègles, Noël Mamère 
(3e gauche) et le fondateur du "collectif des faucheurs d'OGM" 
Jean-Baptiste Libouban.
61 faucheurs volontaires avaient détruit une parcelle de vigne transgénique expérimentale de l’INRA de Colmar, le 15 août 2010. Ces destructeurs 'citoyens' avaient arraché plusieurs dizaines de pieds de vignes OGM, plantés dans le cadre d'une expérimentation en plein air de l'INRA de Colmar, en Alsace. Il s'agissait pour l'Institut de recherche de tester la résistance de porte-greffes de vignes génétiquement modifiés au court-noué. Poursuivies pour "délit de fauchage" et "violation de domicile", des associations écologistes avaient tenté de les faire interdire par la justice, avec succès devant le tribunal administratif de Strasbourg en 2009, infirmé en janvier 2011 par la cour d'Appel de Nancy. Ils avaient rassemblé quelque 200 militants venant de toute la France, en vain, pour faire pression. 
Le directeur de la communication de l'INRA, Jean-François Launay avait déjà dénoncé de l'agit-prop. "Je n'ai jamais vu une telle entreprise de désinformation". "Le procès qui s'ouvre mercredi, c'est avant tout celui d'un énorme gâchis, celui de 60 personnes qui ont saccagé huit ans de travail", poursuivit-il, estimant que les faucheurs "prennent la recherche publique en otage". Leur geste n'était rien d'autre, selon eux, que "de la désobéissance civile".

En septembre 2012, plus d'une centaine de faucheurs volontaires, hostiles aux OGM, dont le couple de pestes, Guy et Dominique Delort (photo ci-dessus,à Vesdun, Cher), avaient sévi dans neuf parcelles de culture de tournesols "Clearfield" de BASF et "Express Sun" de Pioneer dans l'Isère et la Drôme. Ils entendaient contester la culture de ces tournesols développées pour offrir une grande résistance aux herbicides et répondre à la demande. De plus, selon la Chambre de l’Agriculture du Rhône, ces variétés ne seraient pas génétiquement modifiées et auraient été obtenues par "sélection des semenciers". Elles ne sont par ailleurs pas interdites par la réglementation européenne.

Les faucheurs volontaires relaxés en 2014

Pied-de-nez des camarades
de José Bové à la Justice
La cour d’Appel de Colmar avait estimé que l’arrêté ministériel autorisant ces OGM était "illégal" et le juge de Christiane Taubira, proche d'Eva Joly, candidate d'EELV face à Hollande, les avait...relaxés en juillet 2014, car il y avait eu "une erreur manifeste d’appréciation des risques inhérents" à l’essai, réalisé "au milieu du vignoble alsacien" dans un environnement non confiné.

Ces perturbateurs des institutions de la République ont pour principaux avocats François Roux et Marie-Christine Ételin, qui sont à l'origine du mouvement des "Comparants volontaires" qui, notamment pour les "faucheurs", consiste à provoquer la Justice en réclamant une comparution devant les tribunaux, conformément à l'esprit de la désobéissance civile. Les Tribunaux correctionnels de Toulouse et de Riom avaient reconnu cette démarche de refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir, mais leurs décisions avaient été infirmées par les Cours d'Appel.
Ces extrémistes de gauche poursuivis bénéficient d'une relaxe ou d'un sursis, quand leur procès n'est pas, comme en 2006,  tout simplement reporté... sine die ! Le 20 août 2006, Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture, avait pourtant considéré que ce sont des "actes de vandalisme irresponsable contraires à l'État de droit et au respect de la propriété privée et de l'outil de travail." Les "faucheurs volontaires" affirment qu'ils ne font que faire respecter le droit à un environnement sain, reconnu maintenant dans la Constitution française par le biais du "principe de précaution", à la faveur de la Charte de l'environnement. Or, elle n'existait pas encore au moment des premières actions...

Cette fois, les destructeurs récidivistes étaient réunis  depuis vendredi soir sur place, à Kaysersberg (dont le maire EELV est conseiller départemental du Haut-Rhin), pour leur assemblée générale, qui s’est terminée dimanche soir.
Les Faucheurs -volontaires mais intermittents- ne pointeraient-ils pas à Pôle emploi ?

lundi 9 juin 2014

L’affaire BNP s’aggrave: François Hollande bat des records de maladresse…

Les Américains en profitent pour redoubler d’hypocrisie

L’affaire BNP Paribas est devenue extrêmement grave pour l’équilibre financier de la planète,
 
selon Jean-Claude Trichet, l’ex-président de la BCE. Or, face à l’hypocrisie américaine, la présidence française s’y prend vraiment très mal, d'après Jean-Marc Sylvestre, journaliste économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010, puis sur i>télé (groupe Canal+).


L'affaire Kerviel inspire Obama et, depuis une semaine, on sait que la banque française pourrait se voir infliger une amende de plus de 10 milliards d’euros. Le New York Times parlait même hier de 16 milliards d’euros avec un risque de voir la licence bancaire retirée, c’est-à-dire le droit d’exercer l’activité de banquier en dollars, sur le sol de nos alliés américains et partout dans le monde… 
Les autorités de surveillance américaines reprochent à la banque française non seulement d’avoir transgressé l’embargo américain en travaillant avec des pays sur la liste noire de Washington (Cuba, Soudan, Iran..) mais en ayant aussi travaillé en dollars.

En fait,
les USA s’estiment responsables des opérations faites en dollars dans le monde entier…
Si les rumeurs rapportées par la presse américaine étaient vérifiées, il s’agirait de la condamnation à mort d’une très grande banque française. La taxer d'une amende de 16 milliards, c’est déjà énorme. Mais en lui retirant la licence, on lui interdirait carrément de travailler. La privation du passeport serait une catastrophe pour tout le monde.
A supposer que la BNP ait gravement fauté dans l’interprétation de la réglementation américaine, la condamnation paraît astronomique…disproportionnée. Elle revient à obliger la banque à augmenter considérablement sa couverture de risques en fonds propres ce qui limite forcément ses moyens de crédits aux entreprises, mais plus grave, pour Jean-Claude Trichet qui s’exprimait jeudi dernier, "une telle décision serait systémique", c’est-à-dire que son impact se propagerait au monde entier avec des conséquences incontrôlables. La confiance dans les systèmes financiers serait à nouveau ébranlée, un peu comme au lendemain de l'éclatement de la bulle spéculative des subprimes en 2008.
L’effet contagion serait d’autant plus rapide que dans ces conditions d’autres banques françaises et étrangères seraient touchées par les sanctions parce que beaucoup de banques ont, semble-t-il, également fauté.
Ce qui est sûr, c’est que le monde entier travaille en dollars et que si l'on risque de perdre son passeport à chaque fois que l'on touche un dollar, l’économie toute entière risque fort de s’arrêter. 

Les observateurs donnent deux explications à cette affaire surréaliste

Ou bien les autorités américaines n’ont pas évalué le risque systémique. Cela parait difficile à imaginer encore que la liste des banques, au banc des accusés est longue, elle ne se limitera pas à une banque française. On se souvient aussi que les autorités judiciaires américaines n’avaient pas évalué en septembre 2008 le risque de catastrophe systémique en prononçant la faillite de Lehman Brothers.

Ou bien, le système américain cherche à exclure du jeu financier mondial des concurrents dangereux parce qu’efficaces. La suprématie américaine sur la planète s’exerce par la toute-puissance de la monnaie, le dollar et des banques américaines qui ne veulent guère partager. Point barre.

En attendant, la France est effectivement en première ligne parce qu'outre la BNP, explicitement condamnée par la presse financière américaine, on sait déjà que la plupart des autres banques françaises et beaucoup de banques européennes sont également ciblées.

Face à cette situation, la gouvernance française est d’abord restée muette. Pour des raisons de politique intérieure, le président Hollande et son gouvernement se sentaient mal à l’aise de défendre des financiers et des banquiers que l’on a plutôt fustigés jadis pour excès de spéculation. Mais il est vrai qu’on était alors en campagne électorale. Depuis deux semaines, on a compris dans les sphères les plus élevées de l’Etat que cette menace sur la banque française était sérieuse.

Après que la presse se soit étonnée de l’immobilisme des autorités françaises (comparé à l’interventionnisme intempestif et incohérent contre General Electric dans le dossier Alstom), la contre-offensive a été discrètement lancée par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, qui a mobilisé les réseaux diplomatiques et consulté les meilleurs avocats. Puis par Michel Sapin qui a posé les vraies questions en s’étonnant que la presse américaine se précipite à condamner ainsi une banque française et en demandant seulement que cette affaire soit traitée équitablement. Pas question à ce moment-là de douter du caractère exclusivement judiciaire de cette affaire. La réaction française consistait pourtant à déléguer aux avocats le soin d’avancer dans le dossier.

Mais François Hollande est venu gâter la sauce en intervenant pour en souligner le caractère politique. En pleine préparation des cérémonies de commémoration du D-Day au cours desquelles il allait recevoir les plus grands chefs d’Etat de la planète, il a cru bon de mettre à l’ordre du jour des rencontres au sommet avec Barack Obama cette affaire de BNP Paribas. Il a d’abord écrit au président américain pour s’étonner des arrières pensées politiques qu’il a cru suspecter, reprochant au président US d’utiliser cette affaire pour se donner une image de pourfendeur de la spéculation et de protecteurs de la morale et de l’éthique financière. Non seulement, le président français aurait écrit au président américain, mais il aurait aussi relancé le débat lors de leurs entretiens, l’Elysée faisant savoir que la France ne pouvait pas s'en laisser imposer.

En accusant Barack Obama d’utiliser l’affaire BNP a des fins de politique intérieure puisque Obama a besoin de montrer à son peuple qu'il surveille les banques), François Hollande a raison. C’est un vrai procès. Mais là où François Hollande a eu gravement tort, c’est de polluer un événement planétaire prestigieux où le monde entier devait célébrer la liberté et la solidarité entre les peuples, par de lamentables affaires de cuisines financières. Ça pouvait se traiter ailleurs. Là où François Hollande a eu gravement tort c’est que lui-même, n’hésite pas à utiliser les banques et leurs méfaits, quand il en a besoin pour plaire à son aile gauche.

La presse américaine ne nous a d’ailleurs pas épargné en accusant François Hollande de vouloir tordre le bras des Américains et le président Obama n’a pas manqué de nous donner devant le monde entier une leçon d’indépendance de la justice et de démocratie. "Chez nous en Amérique, le président ne peut pas téléphoner au procureur pour lui dicter une décision de justice"...
Le chef de la diplomatie, John Kerry soi-même,  en a même rajouté à Paris en estimant "qu'en Amérique la justice est indépendante et si dans certains pays ce n’est pas le cas ... " Ni Libération, ni Le Monde n'a eu en France cette analyse...

Pour le président Français, c’est une claque de plus

Le président exemplaire se fait taper sur les doigts
En même temps, la position américaine est d’une hypocrisie sans nom. Il n'est pas un grand pays au monde qui ait été aussi laxiste  que l’Amérique avec ses banques, alors que l’Europe -et la France en particulier- ont toujours été d’une rigueur et d’une sévérité sans pareils, au point que cela a pu, avec Bâle 3, freiner leur capacité d'activité. Le principe de précaution appliqué aux banques a sécurisé le système français, quand il ne les a pas entravés. Et si les Européens ont été à la peine,  c’est autant à cause du laisser-aller américain que de leurs propres erreurs. Barack Obama a, semble t-il, oublié son laisser-faire, bien content de trouver en Europe des bouc-émissaires.

Cela dit, désormais, il va bien falloir que cette affaire se calme pour laisser aux juristes, et aux diplomates le soin de faire leur métier. Et de tirer les leçons de cet épisode.

La première est que ce type d’affaires ne peut pas se résoudre à l’échelle nationale. C’est typiquement une négociation que l’Europe (la zone euro) devrait prendre en charge, car l’Amérique profite évidemment des désaccords européens. La zone euro incapable de parler d’une même voix est à chaque fois disqualifiée. Sans parler des gouvernements qui n’ont pas su développer une relation saine, correcte et responsable avec leurs entreprises. Il est en effet très difficiles de défendre des entreprises quand, du sommet de l'Etat jusqu'à Montebourg, on a traité les patrons de voyous pendant si longtemps.

La seconde leçon est que cette affaire plaide pour la négociation d’un traité d’échange commercial et financier entre les l’Europe et les USA. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, il faut éliminer les risques de guerre financière. Au moins pourrait-on disposer d’un cadre pour prévenir ce genre d’affaires.

La troisième leçon est bien évidemment qu'il faudrait travailler en euro. Le dollar est d’autant plus fort et inattaquable que c’est la monnaie mondiale. L’euro n’est qu'une monnaie de réserve spécialisée dans le financement des dettes d’Etat garanties par des contribuables hors pairs que sont les Européens. Si les dettes publiques sont en euros, les affaires se font en dollars. Et pour stopper cette dérive, une seule solution, diminuer les dettes publiques. Étonnant? Non ! On en revient à la case départ, en attendant de mettre les banquiers en prison.

En 
disant détecter des aptitudes diplomatiques chez Hollande lors des célébrations du Débarquement allié de 1944, la presse hexagonale tentait une fois de plus d'intoxiquer la population en glorifiant le bourrin: Pépère est aussi fin diplomate qu'expert économique !...