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mercredi 29 mai 2019

Sondage : Macron doit changer radicalemement sa politique

Une majorité de Français ne fait pas le lien entre politique intérieure et Union européenne

Les résultats des européennes traduisent les préférences des lobbies : presse, sondeurs et associations

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Les hommes d'affaires Arnault (LVMH : Les Echos-Le Parisien, sondages Odoxa),
Vivendi (groupe Bolloré: groupe Canal+, dont C8 et CNews)
et Altice de Patrick Drahi (Libération, L'Express, BFM TV et RMC)
Car, les votants placent encore Macron en 2, malgré les mouvements sociaux et son impopularité.
En même temps, pour une majorité des Français interrogés (57%), Macron doit changer significativement l’orientation actuelle de sa politique. 

Deux jours après les élections européennes, qui ont vu la liste Rassemblement national portée par Jordan Bardella l'emporter sur celle de LREM prise en mains par Macron, la sujet de l'orientation de la politique de Macron est sur la table. Or, dimanche, quelques minutes après les premières estimations, l'Elysée avait clamé le contraire, assurant vouloir "intensifier l'acte 2 du quinquennat", et qu'il n'y aura "pas de changement de cap."

92% des sondés estiment que Macron ne sort pas renforcé de ce scrutin 

Considérant la désaffection lente mais continue des Français pour les partis historiques, PCF, PS et UMP, et le caractère distinct du scrutin des européennes ( à la proportionnelle et à un seul tour, alors que les législatives et les présidentielles sont des scrutins majoritaires à deux tours), la deuxième place de la liste du parti présidentiel ne devrait pas affaiblir outre-mesure la position du président par défaut. Selon une enquête Elabe commandée par BFMTV, 48% des sondés estiment en effet que le président de la République ne sort "ni affaibli ni renforcé" des élections européennes. En revanche, ils sont 44% à penser que le locataire de l'Elysée en sort uniquement "affaibli" et 8% "renforcé".
Dans le détail, et assez logiquement, ce sont les électeurs de la coalition LREM, MoDem et juppéistes d'Agir qui veulent croire à 68% que Macron ne sort ni affaibli ni renversé. A l'inverse, les sympathisants Rassemblement national et France insoumise sont les plus libres de penser, pour 73 et 58% d'entre eux qu'il en sort affaibli... 

Maintenir le cap est-il tenable ? 

Pour une majorité des sondés (57%), Macron doit changer significativement l’orientation actuelle de sa politique. Une volonté de changement qui n'est pas partagée par 31% des sondés qui estiment, quant à eux, que de simples aménagements sur certains aspects sont nécessaires, tandis que 11% jugent que le cap actuel doit être maintenu. 

Dans le détail, le changement est surtout voulu par les trois quarts des catégories sociales populaires et plus de 60% des catégories sociales moyennes. Ils sont également la moitié des retraités à avoir choisi cette option. 
A l'inverse, 38% des sondés issus des classes supérieures attendent des aménagements plus à la marge du "président des riches".

Politiquement, les divisions sont également notables. 
Ainsi, ils sont 82% des électeurs du Rassemblement national, 67% de la France insoumise, 53% pour LR, 53% pour EELV et 23% des abstentionnistes à vouloir un changement de cap significatif. Parmi les sondés plus favorables à de simples aménagements, ils sont 60% à être sympathisants LREM.
Le pouvoir d'achat en question 

Interrogés sur les suites à donner au quinquennat, les Français ont une vision assez claire du futur. Pour 53% d'entre eux, l'épineux sujet du pouvoir d'achat doit être pris à bras-le-corps par le gouvernement. Viennent ensuite la protection sociale (39%), le volet portant sur la fiscalité et les impôts (31%) et le système de santé (27%  des sondés).

D'autres thèmes ont également été abordés: le chômage (24%), l’immigration (23%), les dépenses publiques et la dette publique (23%) (thème le plus cité par les électeurs de la liste LREM-MoDem-Agir: 43%), la croissance économique (19%), la lutte contre le terrorisme (14%) et la place de la France en Europe et dans le monde (9%).

Seulement 4 Français sur 10 estiment que Macron mènera une politique plus écologique.

Classé en troisième position du scrutin métropolitain, la liste EELV portée par Yannick Jadot a récolté 13,47% des voix. Cette "vague" est typique des élections européennes, mais morcelée en plusieurs nuances de vert, en France et dans d'autres pays européens, dont l'Allemagne. Or, les scrutins précédents ont montré que la traduction nationale de ce vote vert européen n'est pas automatique et que le gouvernement français pourrait ne pas être contraint de renforcer ses propositions en matière de préservation de l'environnement.

Seuls 4 Français sur 10 estiment d'ailleurs que la majorité présidentielle mènera une politique plus écologique dans les mois à venir. Pire, seul un tiers d'entre eux pense que l’exécutif sera plus à l’écoute et un quart seulement qu’il sera plus rassembleur en la matière.

Logiquement, ce sont les sympathisants LREM qui, à plus de 80%, sont les plus confiants dans un tournant écologique du quinquennat. En revanche, les électeurs d'EELV, mais aussi du Parti socialiste, se veulent plus dubitatifs: respectivement 54 et 56% croient en une politique plus écologique.

Sondage mené sur un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 27 et 28 mai 2019.

Les entreprises de sondages sont-elles "scientifiques" et désintéressées ?


Les deux fondateurs d’Odoxa sont des anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et le fonds d’investissement Rothschild sont actionnaires. 
Le principal actionnaire actuel d’Odoxa est Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire de Le Parisien-Aujourd’hui en France. Nicolas Bazire, est l’un des administrateurs de LVMH, en même temps que l’un de ceux de l’institut de sondage IPSOS, dont est salarié un fils de Brigitte Macron. 
Notons au passage que Brigitte Macron a enseigné à l'école Franklin (lycée catholique privé Saint-Louis-de-Gonzague), haut lieu de l'éducation jésuite à Paris, par laquelle sont passés Jacques-Antoine Granjon (fondateur et PDG de vente-privee.com), Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann (liste Place publique-PS aux européennes) ou Bruno Le Maire ou Bruno Ledoux, président du conseil de surveillance du journal Libération, Jean-Claude Meyer, banquier d'affaires et vice-chairman international de Rothschild & Cie où Macron - recruté par François Henrot, que Macron fera chevalier de la Légion d'honneur le 14 avril 2017 en tant que ministre de l'Economie et des finances) bras droit de David de Rothschild - l'a eu pour mentor (lequel est, en outre, conseiller financier de la Côte d'Ivoire, où Guillaume Soro est l'ami ivoirien d'Alexandre Benalla, également lobbyiste au Tchad), et François Villeroy de Galhau, conseiller européen du ministre des Finances puis du Premier ministre Pierre Bérégovoy dans les années 90, ancien PDG de Cetelem, ex-directeur général délégué de BNP Paribas et actuel gouverneur de la Banque de France. Mais le plus intéressant ici c’est qu’il est gérant associé de la Banque Rothschild, comme Macron avec qui il a travaillé.
Et l'épouse du président a été professeur des enfants Arnault...

80% des instituts de sondage appartiennent à la sphère d’influence qui soutient Macron. 
Son conseiller en la matière n’est autre que Denis Delmas, ancien président de TNS Sofres. Deux mois après l'annonce de sa candidature à la présidentielle, alors que son programme était toujours attendu, Le Parisien clama que "Emmanuel Macron continue d'engranger des soutiens, principalement de personnalités de la société civile. Laurence Haïm [journaliste autodidacte et opportuniste, proche d'Hervé Chabalier, agence CAPA, ex-militant fondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire] et Jean Pisani-Ferry [socialiste, fils d'Edgard Pisani, instigateur de plusieurs mesures phares proposées par le candidat Macron, mais critique des politiques migratoires et sociales du président] figurent parmi les derniers arrivés dans l'équipe de campagne", ainsi que l'architecte Roland Castro, ex-militant de l’Union des étudiants communistes et du Parti communiste français, puis UJC, mitterandien, soutien de Montebourg aux primaires socialistes, puis de Macron...

Elabe a été créé en avril 2015 par CSA dont il est une filiale. Or, l’unique actionnaire de 
CSA, depuis 2008, est Vincent Bolloré, .

Employeur de Sébastien Trogneux, fils de Brigitte Macron,
IPSOS est sous la coupe de François Pinault et Fidelity.

jeudi 18 octobre 2018

La nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie, première tache au gouvernement Philippe III

En acceptant son maroquin, Emmanuelle Wargon oublia qu'elle vantait les mérites de l'huile de palme

Malgré quinze jours de tergiversations et autres vérifications, encore une prétentieuse rattrapée par son passé
 

L'huile de palme est un ingrédient essentiel dans le lait infantile, avait maintenu Emmanuelle Wargon, à l'occasion d'une conférence sur le principe de précaution. C'est scientifiquement vrai, mais ce n'est pas écologiquement correct !

La nouvelle venue au gouvernement Philippe III tenait ce propos il y a seulement trois mois. Cette jeune femme est passée ce mardi de la direction générale des affaires publiques et de la ...communication du groupe Danone au secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, un autre arriviste, le dénommé de Rugy. Pourtant, en juillet dernier, cette salariée de la multi-nationale sus-nommée vantait publiquement les mérites de l'huile de palme dans la fabrication du lait infantile.

Un journaliste des Jours a retrouvé la vidéo et rafraîchi la mémoire de la tête-de-linotte sur Twitter

En juillet dernier, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, Emmanuelle Wargon, alors chargée de la commercialisation du lait infantile dans les pays africains (où, comme chacun sait, la déforestation ne pose pas de problèmes) pour Danone depuis 2015, était invitée à prendre la parole. Le site web d'information Les Jours, lancé en 2016 par une équipe composée principalement d'anciens journalistes de Libération, n'a pas oublié.

"L’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles"
Et elle n'a pas tort. Ce qui pose problème n'est pas la substance de son discours scientifiquement recevable, mais la capacité de cette dame au grand écart, selon qui la paie. Nouvel exemple de flexibilité en traversant la rue !

Dans cette conférence sur le principe de précaution, la nouvelle secrétaire d’Etat avait précisé que l’huile de palme est un ingrédient sain et essentiel au lait infantile, ce qui était occulté pour cause de contre-partie écologique négative, la déforestation notamment en Guinée, au Nigéria ou en Côte d'Ivoire - sans que cette commerciale en chef de Danone ait des états d'âme.
La moralisation de la vie publique, selon Macron, prend des chemins de traverse !
En juillet, Emmanuelle Wargon expliquait d'ailleurs que l'huile de palme était nécessaire pour fabriquer des laits infantiles:https://twitter.com/AlexMarandon/status/1015597597946535936 
Quand Emmanuelle Wargon (notre nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie) expliquait qu'on ne peut pas se passer d'huile de palme pour fabriquer du lait pour bébés (aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en juillet 2018, la vidéo complète: https://www.youtube.com/watch?v=Okwjdn_2_Ww ) pic.twitter.com/KIH0Saz5sw




J'adore les doigts écartés de cette sous-ministre issue de la société civile formatée à la psychologie  contemporaine en grande école, le regard droit, franc et direct, dans les yeux de l'interlocuteur, si le détachement des notes le permet ... 

"L’huile de palme, on en a besoin pour les laits infantiles. C’est l’un des produits essentiels pour les [ou "essentiels 'aux' ", en français] laits infantiles. Pourtant, c’est un ingrédient qui fait l’objet de plus en plus de méfiance, à la fois pour des raisons environnementales, et aussi pour une forme de défiance, d’absence de naturalité [attention, on va en baver aussi en termes de langage]. Et pourtant l’huile de palme est le meilleur ingrédient pour les laits infantiles. Donc, on en a besoin et on est tout à fait capable d’expliquer pourquoi", débitait celle qui "en même temps" expliquera qu'elle puisse maintenant "oeuvrer" avec sincérité au ministère de la Transition écologique et solidaire des pays africains producteurs d'huile de palme. Nulle doute, qu'elle "assume"

En d'autres temps, pas si lointains, Nicolas Hulot avait dénoncé "la présence des lobbys ['lobbies', pour les anglophones authentiques, mais 'groupes de pression, en français tout bête inconnu de la presse bac +5...] dans les cercles du pouvoir"

La nouvelle sous-ministre est étrangère à l'univers écologiste

Présente dans certaines aliments ou cosmétiques, l'huile de palme est l'une des bêtes noires des écologistes radicaux. Si son exploitation entraîne la déforestation de certaines zones d’Asie du sud-est, l’huile de palme est surtout ciblée pour sa dangerosité supposée pour la santé humaine, selon les écologistes : une 'fake news' non dénoncée.


Quand Emmanuelle Wargon (notre nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie) expliquait qu'on ne peut pas se passer d'huile de palme pour fabriquer du lait pour bébés (aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en juillet 2018, la vidéo complète: https://www.youtube.com/watch?v=Okwjdn_2_Ww ) pic.twitter.com/KIH0Saz5sw




Au cours des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Emmanuelle Wargon se disait aussi non "dogmatique" sur les OGM car "ce serait un refus de l'innovation et de la science". pic.twitter.com/VCefK5yojj




Lors de cette même conférence, Emmanuelle Wargon avait aussi déclaré "ne pas avoir pris de position dogmatique sur les OGM", car elle serait "un refus de l’innovation et de la science". 

Nicolas Hulot avait anticipé cette nomination aberrante

Lors de sa démission, le prédécesseur de cette imposture gouvernementale avait en effet dénoncé "la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir"...

vendredi 5 juillet 2013

Delphine Batho met en cause les lobbies autour de Hollande

Matignon nie sa proximité avec avec Vallourec...

"Certaines forces économiques"?
Le pédalo a
heurté le Batho
Les lobbies sont les principaux responsables de son éviction, selon Delphine Batho, limogée mercredi de son poste de ministre de l'Ecologie,  jeudi 4 juillet après-midi .
"Certaines puissances économiques n'acceptaient pas le niveau d'ambition que je fixais pour la transition énergétique", notamment sur la question du gaz de schiste et de la transition énergétique, dont la réduction de la part du nucléaire en France, a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse

Un complot pour éliminer une ministre de Hollande
"Ces forces ne se sont pas cachées de vouloir ma tête, mais si le gouvernement avait été solidaire, elles n'y seraient pas parvenues", a-t-elle déploré.

Et Delphine Batho de viser nommément le patron de Vallourec, patron du CAC 40.
L'entreprise fabrique des tubes en acier. C'est l'UMP qui établit un lien suspect, dans un communiqué de mai 2012: le parti affirmait qu' "il n'y a pas si longtemps, la gauche criait au conflit d'intérêt pour moins que ça" [pdf].
Or, son patron, Philippe Crouzetmajor de l'ENA, tout comme sa femme (issue de la fameuse promotion Voltaire, comme François Hollande, Michel Sapin, Ségolène Royal, Pierre-René Lemas, le secrétaire général de l'Elysée...) n'est autre... que l'époux de Sylvie Hubac, la directrice de cabinet du président François Hollande. 
"Est-il normal que le patron de l'entreprise Vallourec directement intéressé par l'exploitation des gaz de schiste ait pu annoncer ma marginalisation des semaines à l'avance devant des responsables de son entreprise aux USA ?", a-t-elle interrogé. 

"Que le patron de Vallourec dise que je suis un désastre parce que je fais rempart au gaz de schiste et que je veux réduire la part du nucléaire, c'est une chose, qu'il annonce ma mise à l'écart à l'avance, c'en est une autre. De quelle informations disposait-il pour être si sûr de lui?" a-t-elle insinué.
Challenges racontait en effet ce 3 juillet que le mois dernier, lors d'un voyage aux Etats-Unis, il avait dit que Batho était "un vrai désastre":
"Philippe Crouzet [...] avait ajouté que le problème Batho était
en passe d'être réglé,
car son influence au gouvernement
allait désormais décroître
."
Delphine Batho a ensuite mis en cause directement les "conseillers de Matignon et de l'Elysée"

Est-il normal "qu'ils me critiquent publiquement dans la presse"? a-t-elle lancé amèrement. 
Dans la soirée de jeudi, Matignon a tenté de clore la polémique, en assurant simplement que l'éviction de Batho - en sept heures- est "liée à ses déclarations sur son budget".

Petite liste rose des patrons, amis de Hollande
Deux hommes l’ont beaucoup aidé,son ami de toujours Jean-Pierre Jouyet, tout récemment nommé patron de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), dont la femme Brigitte Taittinger est une cousine de Christophe de Margerie, le patron de Total) et Emmanuel Macron, ex-banquier d’affaires chez Rothschild et actuel secrétaire général adjoint de l’Elysée. 
Hollande a recroisé la route du banquier d’affaires Philippe Villin, ancien patron du Figaro et supposé proche de Sarkozy. Les deux hommes s’étaient croisés à l’ENA. Résultat : Villin le soutiendra à la primaire ; il versera même 7 500 euros à son comité de soutien présidentiel et lui organisera à son tour deux dîners avec des patrons français. 
Mais le réseau ne s'arrête pas là et si tout est plutôt clair concernant l'échouage de Batho,  il est permis de se demander si Sarkozy a été rejeté par les Français ou par le monde des affaires.