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samedi 15 juin 2019

Discours de politique générale : les Français ne marchent pas...

L’exécutif peine à se rendre crédible

Les Français ne sont pas convaincus d'un possible changement de style et de méthode 

Résultat de recherche d'images pour "fusible Matignon"
Suite au discours de politique générale de Philippe devant l’Assemblée Nationale, le 12 juin, et aux récentes interventions de Macron, 80% estiment qu'ils ne sont pas capables d'un changement de style et de méthode pour l'Acte 2 du quinquennat en cours (+4 par rapport au 26 avril, au lendemain de l’intervention télévisée du président), selon l'enquête Elabe du 14 juin. A l’inverse, seuls 19% arrivent à croire en un changement du style et de la méthode. Par rapport au 14 janvier 2019, après l’annonce du "grand" débat national, ce taux est même inférieur de ...13 points.

D’un point de vue politique, ce changement de politique et de style annoncé par l’exécutif ne convainc qu’une minorité auprès de l’ensemble des électorats, y compris auprès des électeurs de Macron : seuls 41% croient en un changement de style.

La crédibilité des baisses d’impôts progresse, mais reste minoritaire

Alors que, mercredi dernier, le premier Ministre a annoncé sa volonté de baisser le taux d’imposition des deux premières tranches, 58% des Français jugent que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, 42% estiment qu’elle l'est.
A noter que la crédibilité d’une baisse d’impôt, bien que minoritaire dans l’opinion publique, serait en hausse progressive depuis plusieurs mois : 26% jugeaient crédible la baisse d’impôts de 6 milliards annoncée par Macron fin septembre 2018, 29% l’annonce par Edouard Philippe de baisse d’impôts à la restitution du grand débat national, et 37% lors de l’intervention d’Emmanuel Macron fin avril 2019.

A cette date, l’annonce de la baisse d’impôt sur le revenu apparaît crédible à 73% des électeurs LREM et 52% des LR. 
En revanche, 73% des électeurs de Marine Le Pen et 68% de ceux de Jean-Luc Mélenchon affirment ne pas y croire.

Le tournant écologique : les Français ne le jugent pas crédible.

Après que le premier Ministre a annoncé que "les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique", 70% des Français estiment que cette annonce n’est pas crédible. A l’inverse, seuls 29% estiment qu’elle l’est.

Cette annonce n’apparaît pas crédible auprès d’une majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (84%), de Marine Le Pen (84%) et de LR (61%). Si une majorité apparaît convaincue auprès des électeurs de Macron au 1er tour de l’élection présidentielle, ce taux n’est que de 58%.

Politique de l’exécutif : si près d’un Français sur deux estime que les promesses de campagne sont tenues, l’efficacité de la politique du gouvernement reste jugée très négativement

46% des Français estiment que la politique menée depuis le début du quinquennat est conforme aux engagements de campagne, un chiffre en nette hausse (+8) par rapport à début mai.

En revanche, elle est jugée inefficace pour réduire les inégalités entre territoires (79%), pour réduire le déficit public (78%), injuste (78%, +5) et inefficace pour améliorer le pouvoir d’achat (77%).

71% (stable) estiment également qu’elle ne permet pas d’améliorer la situation du pays et 66% (-1) qu’elle est inefficace pour relancer l’économie.
La hausse du jugement concernant les promesses de campagne est attribuée une progression de 19 points auprès des électeurs de LR, à 65%.

Si l’électorat macronien dresse un bilan plus positif, il reste néanmoins en majorité négatif sur les sujets essentiels
de justice fiscale (52% de 'non'), 
de réduction du déficit public (54% de 'non'), 
de réduction des inégalités entre territoires (60%) 
et est divisé sur l’amélioration du pouvoir d’achat (51% de 'non', 48% de 'oui').
Ne parlons donc pas de croissance...

PMA : une majorité de Français favorable à son élargissement aux femmes seules et aux couples de femmes

Suite à l’intervention de l’Edouard annonçant l’examen à l’Assemblée Nationale en septembre de l’élargissement de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, 53% des Français affirment y être favorables, dont 23% très favorable. A l’inverse, 30% y sont opposés, dont 15% très opposés. 17% déclarent y être ni favorable ni opposé.

Logiquement, les femmes apparaissent nettement plus favorables que les hommes (58% pour les femmes contre 47% pour les hommes) à sa mise en place. D’un point de vue de l’âge, le taux d’approbation est relativement homogène, l’unique différence se situant dans une plus grande indifférence ou indécision chez les plus jeunes (environ 20%), alors que les plus âgés s’y opposent légèrement plus (environ 30%).

D’un point de vue politique, environ deux tiers des électeurs de gauche Jean-Luc Mélenchon (62%), de Benoît Hamon (73%) et d’Emmanuel Macron (63%) y sont favorables. En revanche, auprès des électeurs de LR, l’élargissement de la PMA à toutes les femmes recueille une opposition majoritaire (50%, contre 37% favorables).

Les électeurs de Marine le Pen sont plutôt favorables mais assez divisés : 45% y sont favorables, 32% opposés et 23% ni favorables, ni opposés.

Répartition des rôles au sein de l’exécutif

Un Français sur deux estiment que la répartition actuelle est bonne, mais seulement 32% (+10) souhaiteraient qu’Edouard Philippe ait un rôle plus important.

Invités à se prononcer sur la répartition des rôles entre l'Elysée et Matignon, une majorité relative (48%, -13 par rapport à janvier 2018) estime que la répartition actuelle des rôles est la bonne.

En revanche, 32% (+10) pensent que Philippe devrait avoir un rôle plus important, ce qui interroge sur la cohérence de cette opinion au regard de ce l'image qu'il donne de lui, ci-dessous, et que Macron devrait être plus en retrait, un niveau en nette hausse par rapport à janvier 2018. Enfin, seulement 18% (+3) jugent que Macron devrait avoir un rôle plus important.

Si 61% des électeurs de Macron au 1er tour jugent que la répartition actuelle est la bonne, ce taux est en baisse de 22 points, au détriment d’un souhait croissant que l’Edouard ait un rôle plus important (28%, +22).
Les autres principaux électorats sont plus nuancés, même si une majorité relative fait le constat d’une bonne répartition. Cependant, le souhait d’un rôle plus important de Matignon progresse auprès de tous les électorats.

Edouard Philippe : une image qui s’est durcie et dégradée en un an et demi

Par rapport à la mesure réalisée les 23 et 24 janvier 2018, l’image du Premier Ministre s’est nettement dégradée.
Alors que le dynamisme et la volonté de vraiment changer les choses étaient les qualificatifs les plus attribués il y a un an et demi, ils le sont aujourd’hui nettement moins : -13 points pour le dynamisme (46%) et -10 points pour la volonté de vraiment changer les choses (46%).

Edouard Philippe est aujourd’hui d’abord jugé autoritaire [borné?] par 56% des Français (+2) et inquiète un Français sur deux (50%, +4). 50% lui accordent un certain courage.

Il n’est jugé honnête et sympathique plus que par 42% (-12) et 39% (-13) des Français.

Sa capacité à réformer le pays est en nette baisse aux yeux des Français (-12) à 36%, alors que moins d’un tiers (31%) estiment qu’il obtient des résultats.

Enfin, seuls 26% lui attribuent une certaine proximité, en baisse de 9 points en un an et demi.

En comparaison avec Emmanuel Macron (mesure du 30 janvier 2019), Philippe possède quelque avantages comparatifs, notamment sur ses qualités humaines : il est jugé nettement moins autoritaire (56% contre 78%), plus honnête (42% contre 35%), sympathique (39% contre 35%) et proche (26% contre 19%).
En revanche, il est jugé nettement moins dynamique que le Président de la République (46% contre 70%) et légèrement moins en capacité de réformer le pays (36% contre 43%).

En un an et demi, son image politique s'est dégradée très nettement auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen (15 à 20 points de moins selon les qualificatifs).
Auprès des électeurs de Les Républicains, l’image du locataire de Matignon est en baisse d’une dizaine de points mais reste assez positive (scores supérieurs à 50%), hormis sur sa proximité et sa capacité à obtenir des résultats.
Auprès des électeurs de Macron, son image reste bonne et est relativement stable, hormis une baisse d’une dizaine de points sur son dynamisme et sa capacité à réformer le pays. Il est également jugé légèrement moins proche et sympathique auprès de cet électorat.

mercredi 29 mai 2019

Sondage : Macron doit changer radicalemement sa politique

Une majorité de Français ne fait pas le lien entre politique intérieure et Union européenne

Les résultats des européennes traduisent les préférences des lobbies : presse, sondeurs et associations

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Les hommes d'affaires Arnault (LVMH : Les Echos-Le Parisien, sondages Odoxa),
Vivendi (groupe Bolloré: groupe Canal+, dont C8 et CNews)
et Altice de Patrick Drahi (Libération, L'Express, BFM TV et RMC)
Car, les votants placent encore Macron en 2, malgré les mouvements sociaux et son impopularité.
En même temps, pour une majorité des Français interrogés (57%), Macron doit changer significativement l’orientation actuelle de sa politique. 

Deux jours après les élections européennes, qui ont vu la liste Rassemblement national portée par Jordan Bardella l'emporter sur celle de LREM prise en mains par Macron, la sujet de l'orientation de la politique de Macron est sur la table. Or, dimanche, quelques minutes après les premières estimations, l'Elysée avait clamé le contraire, assurant vouloir "intensifier l'acte 2 du quinquennat", et qu'il n'y aura "pas de changement de cap."

92% des sondés estiment que Macron ne sort pas renforcé de ce scrutin 

Considérant la désaffection lente mais continue des Français pour les partis historiques, PCF, PS et UMP, et le caractère distinct du scrutin des européennes ( à la proportionnelle et à un seul tour, alors que les législatives et les présidentielles sont des scrutins majoritaires à deux tours), la deuxième place de la liste du parti présidentiel ne devrait pas affaiblir outre-mesure la position du président par défaut. Selon une enquête Elabe commandée par BFMTV, 48% des sondés estiment en effet que le président de la République ne sort "ni affaibli ni renforcé" des élections européennes. En revanche, ils sont 44% à penser que le locataire de l'Elysée en sort uniquement "affaibli" et 8% "renforcé".
Dans le détail, et assez logiquement, ce sont les électeurs de la coalition LREM, MoDem et juppéistes d'Agir qui veulent croire à 68% que Macron ne sort ni affaibli ni renversé. A l'inverse, les sympathisants Rassemblement national et France insoumise sont les plus libres de penser, pour 73 et 58% d'entre eux qu'il en sort affaibli... 

Maintenir le cap est-il tenable ? 

Pour une majorité des sondés (57%), Macron doit changer significativement l’orientation actuelle de sa politique. Une volonté de changement qui n'est pas partagée par 31% des sondés qui estiment, quant à eux, que de simples aménagements sur certains aspects sont nécessaires, tandis que 11% jugent que le cap actuel doit être maintenu. 

Dans le détail, le changement est surtout voulu par les trois quarts des catégories sociales populaires et plus de 60% des catégories sociales moyennes. Ils sont également la moitié des retraités à avoir choisi cette option. 
A l'inverse, 38% des sondés issus des classes supérieures attendent des aménagements plus à la marge du "président des riches".

Politiquement, les divisions sont également notables. 
Ainsi, ils sont 82% des électeurs du Rassemblement national, 67% de la France insoumise, 53% pour LR, 53% pour EELV et 23% des abstentionnistes à vouloir un changement de cap significatif. Parmi les sondés plus favorables à de simples aménagements, ils sont 60% à être sympathisants LREM.
Le pouvoir d'achat en question 

Interrogés sur les suites à donner au quinquennat, les Français ont une vision assez claire du futur. Pour 53% d'entre eux, l'épineux sujet du pouvoir d'achat doit être pris à bras-le-corps par le gouvernement. Viennent ensuite la protection sociale (39%), le volet portant sur la fiscalité et les impôts (31%) et le système de santé (27%  des sondés).

D'autres thèmes ont également été abordés: le chômage (24%), l’immigration (23%), les dépenses publiques et la dette publique (23%) (thème le plus cité par les électeurs de la liste LREM-MoDem-Agir: 43%), la croissance économique (19%), la lutte contre le terrorisme (14%) et la place de la France en Europe et dans le monde (9%).

Seulement 4 Français sur 10 estiment que Macron mènera une politique plus écologique.

Classé en troisième position du scrutin métropolitain, la liste EELV portée par Yannick Jadot a récolté 13,47% des voix. Cette "vague" est typique des élections européennes, mais morcelée en plusieurs nuances de vert, en France et dans d'autres pays européens, dont l'Allemagne. Or, les scrutins précédents ont montré que la traduction nationale de ce vote vert européen n'est pas automatique et que le gouvernement français pourrait ne pas être contraint de renforcer ses propositions en matière de préservation de l'environnement.

Seuls 4 Français sur 10 estiment d'ailleurs que la majorité présidentielle mènera une politique plus écologique dans les mois à venir. Pire, seul un tiers d'entre eux pense que l’exécutif sera plus à l’écoute et un quart seulement qu’il sera plus rassembleur en la matière.

Logiquement, ce sont les sympathisants LREM qui, à plus de 80%, sont les plus confiants dans un tournant écologique du quinquennat. En revanche, les électeurs d'EELV, mais aussi du Parti socialiste, se veulent plus dubitatifs: respectivement 54 et 56% croient en une politique plus écologique.

Sondage mené sur un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 27 et 28 mai 2019.

Les entreprises de sondages sont-elles "scientifiques" et désintéressées ?


Les deux fondateurs d’Odoxa sont des anciens de l’institut de sondage BVA dont Vincent Bolloré et le fonds d’investissement Rothschild sont actionnaires. 
Le principal actionnaire actuel d’Odoxa est Bernard Arnault, patron de LVMH et propriétaire de Le Parisien-Aujourd’hui en France. Nicolas Bazire, est l’un des administrateurs de LVMH, en même temps que l’un de ceux de l’institut de sondage IPSOS, dont est salarié un fils de Brigitte Macron. 
Notons au passage que Brigitte Macron a enseigné à l'école Franklin (lycée catholique privé Saint-Louis-de-Gonzague), haut lieu de l'éducation jésuite à Paris, par laquelle sont passés Jacques-Antoine Granjon (fondateur et PDG de vente-privee.com), Léa Salamé, journaliste et compagne de Raphaël Glucksmann (liste Place publique-PS aux européennes) ou Bruno Le Maire ou Bruno Ledoux, président du conseil de surveillance du journal Libération, Jean-Claude Meyer, banquier d'affaires et vice-chairman international de Rothschild & Cie où Macron - recruté par François Henrot, que Macron fera chevalier de la Légion d'honneur le 14 avril 2017 en tant que ministre de l'Economie et des finances) bras droit de David de Rothschild - l'a eu pour mentor (lequel est, en outre, conseiller financier de la Côte d'Ivoire, où Guillaume Soro est l'ami ivoirien d'Alexandre Benalla, également lobbyiste au Tchad), et François Villeroy de Galhau, conseiller européen du ministre des Finances puis du Premier ministre Pierre Bérégovoy dans les années 90, ancien PDG de Cetelem, ex-directeur général délégué de BNP Paribas et actuel gouverneur de la Banque de France. Mais le plus intéressant ici c’est qu’il est gérant associé de la Banque Rothschild, comme Macron avec qui il a travaillé.
Et l'épouse du président a été professeur des enfants Arnault...

80% des instituts de sondage appartiennent à la sphère d’influence qui soutient Macron. 
Son conseiller en la matière n’est autre que Denis Delmas, ancien président de TNS Sofres. Deux mois après l'annonce de sa candidature à la présidentielle, alors que son programme était toujours attendu, Le Parisien clama que "Emmanuel Macron continue d'engranger des soutiens, principalement de personnalités de la société civile. Laurence Haïm [journaliste autodidacte et opportuniste, proche d'Hervé Chabalier, agence CAPA, ex-militant fondateur de la Jeunesse communiste révolutionnaire] et Jean Pisani-Ferry [socialiste, fils d'Edgard Pisani, instigateur de plusieurs mesures phares proposées par le candidat Macron, mais critique des politiques migratoires et sociales du président] figurent parmi les derniers arrivés dans l'équipe de campagne", ainsi que l'architecte Roland Castro, ex-militant de l’Union des étudiants communistes et du Parti communiste français, puis UJC, mitterandien, soutien de Montebourg aux primaires socialistes, puis de Macron...

Elabe a été créé en avril 2015 par CSA dont il est une filiale. Or, l’unique actionnaire de 
CSA, depuis 2008, est Vincent Bolloré, .

Employeur de Sébastien Trogneux, fils de Brigitte Macron,
IPSOS est sous la coupe de François Pinault et Fidelity.

dimanche 17 février 2019

Le Monde dresse une liste de griefs présumés contre les Gilets jaunes

Le groupe est contrôlé par la société Le Monde libre, elle-même détenue par la paire Xavier Niel et Matthieu Pigasse

Le journal du soir cite les chiffres contestés du ministère de l'Intérieur : 41.500  Gilets jaunes en France.


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Photo du Huffington Post pour illustrer la mobilisation à Paris
des Gilets jaunes, "en recul", le 16 février 2019
Le gouvernement, relayé par les hommes d'affaires, a pour objectif de colporter l'idée que la mobilisation pour l’acte XIV était en baisse par rapport à la semaine précédente, ce qui est faux, puisqu'à Paris il étaient estimés à 4.000 le 9 février, mais à 5.000, le 16... 

Ne comptez pas que ces chiffres soient repris par Le Monde co-détenu par le banquier Pigasse qui détient en outre des pages de L'Obs, du quotidien suisse Le Temps, de l'Echo du Centre, de Témoignage chrétien, du Huffington Post ou des Inrockuptibles: ils est . Il faut également savoir, en termes de concentration de la presse et de son indépendance, que le co-propriétaire du Monde, avec Pigasse, est Xavier Niel, actionnaire de Mediapart et Bakchich.
Sur BFMTV, Dominique Rizet, journaliste qui a été fait colonel de gendarmerie de la réserve citoyenne, a fini par pointer la crédibilité d es chiffres officiels, lâchant que le ministère de l'Intérieur ferait mieux de cesser leur publication... 


Le Monde évoque uniquement les situations difficiles

Le choix des photos n'est pas anodin (ci-dessous, il ne s'agit pas de l'Acte XIV, mais de l'Acte XII...)

Après trois mois de mobilisation, des dizaines de milliers de « gilets jaunes » ont défilé, samedi 16 février, dans plusieurs villes de France lors d’un acte XIV relativement calme à Paris mais marqué de nouveau par des heurts à Toulouse et Bordeaux. [Le ton est donné : privilégier les cas de nature à faire du tort au mouvement]


Le ministère de l’intérieur a dénombré 41.500 manifestants en France, dont 5.000 dans la capitale, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente.
La notion de "recul" est constamment avancée
Les chiffres sont faits pour être instrumentalisés...

Bien que les chiffres soient manipulés,
Le Monde persiste et signe l'idée de "recul"  



Judiciarisation mise en avant par Le Monde
Pour cet acte XIV, les intentions du mouvement ont rarement été aussi peu lisibles, selon Le Monde de Niel et Pigasse, à l’issue d’une semaine où deux " gilets jaunes" emblématiques, le chauffeur routier Eric Drouet [un mois de prison avec sursis requis], et l’ex-boxeur Christophe Dettinger [condamné à un an de détention en semi-liberté], ont été jugés à Paris.
Le Monde est affirmatif...
Des rassemblements divers à Paris 
Dans la capitale, traditionnelle place forte de la contestation [mais Le Monde assure pareillement que Bordeaux en est un "bastion"], un cortège de plusieurs milliers de personnes [5.000 ? Ou 10.000 ?] qui s’étaient retrouvées place de l’Etoile a descendu les Champs-Elysées avant de traverser la Seine en direction du boulevard des Invalides. Sous un grand soleil, les manifestants défilaient dans le calme sur fond de slogans hostiles adressés aux forces de l’ordre [sous les ordres de Castaner et Macron].

Après de brefs face-à-face aux abords de l’esplanade des Invalides avec celles-ci, les « gilets jaunes » se sont dispersés, certains rejoignant les Champs-Elysées en début de soirée. Selon la préfecture de police, 26 personnes ont été interpellées, même si les tensions semblaient [sic] moindres que lors de l’acte XIII. Un manifestant avait alors eu la main arrachée lors de heurts devant l’Assemblée nationale.
Recul des violences, donc...


La mobilisation parisienne a toutefois connu un bref moment de tension quand le cortège a croisé la route du philosophe Alain Finkielkraut.
L'ensemble du "cortège" n'est pourtant pas impliqué : un groupe de musulmans radicaux - aussitôt qualifiés de "salafistes" par France info, pour les distinguer du plus grand nombre, modéré, espère-t-on - , avec références à l'"enfer" pour les "sales sionistes de merde". Des tweets assurent d'ailleurs que "La France est à nous", pas aux Juifs... 
Les complotistes y trouveront du grain à moudre en saisissant l'occasion de relancer l'idée d'un risque de colonisation de la France par le monde arabe, de l'intérieur et par ruissellement aux frontières poreuses de l'Union européenne : le grand remplacement.

Le Monde développe la notion d'insurrection politique, plutôt que sociale



Jurant combattre le complotisme,
Le Monde discerne pourtant  "différents appels parisiens coexistant sur les réseaux sociaux, avec des mots d’ordre divers. 
L’un [que Le Monde ne nomme pas] appelait à des "insurrections" et à "bloquer la place de l’Etoile le plus longtemps possible". Le plus suivi [quand même !] donnait, lui, rendez-vous pour une manifestation "déclarée et pacifique" dimanche sur l’artère parisienne, trois mois jour pour jour après le début du mouvement. [Un anniversaire, en attendant la célébration des premiers "100 jours"...]

Le Monde égrène les actes de violence en régions

Un incident à Rouen (PS) 
Une voiture bloquée par le cortège à Rouen a bousculé quatre personnes qui ont été prises en charge par les pompiers. De source policière, le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, s’est retrouvé au cœur de la manifestation et des participants s’en sont pris au véhicule, montant dessus et jetant des projectiles [sans raisons, semble-t-il, selon le compte-rendu du Monde].
Le conducteur a pris peur. Il a quitté les lieux avant de se présenter au commissariat [en somme, il a pris la fuite !], selon la même source.
A la vérité, "la voiture a foncé sur un groupe de Gilets jaunes, selon des informations largement relayées sur les réseaux sociaux. Au moins trois personnes ont été blessées, indique BFM TV.

Attaque d’un fourgon de police à Lyon

Dans la ville de Gérard Collomb, ministre démissionnaire de l'Intérieur du gouvernement Philippe, plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés dès le début de l’après-midi dans le centre-ville, une mobilisation globalement similaire à celles des samedis précédents. En fin d’après-midi, la manifestation des « gilets jaunes » a bloqué pendant deux heures la circulation dans un sens de l’autoroute A7 qui traverse la ville de Lyon. Un véhicule de police, appartenant à la CRS autoroutière, était pris dans le trafic quand il a été violemment attaqué [comme une "violente agression" est un pléonasme, au même titre que la paire "islamiste radical", une "attaque en douceur", ça existe ça ?].

Cette violente attaque [bis] d’un fourgon de police, filmée de l’intérieur du véhicule et diffusée par la chaîne LCI, a été vivement condamnée par les autorités, en premier lieu par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner [qui esquive la presse et lui envoie son binôme, Laurent Nuñez-Belda]. "On est pris à partie et on reçoit des pavés", y déclare le policier qui filme la scène au début de la vidéo d'une durée de plus d’une minute.
Au volant, sa collègue tente de se frayer un chemin entre deux files de voitures, sous les jets de projectiles. La préfecture du Rhône a condamné "avec la plus grande fermeté [!] l’attaque de CRS hier lors des manifestations de gilets jaunes à Lyon", dans un communiqué publié dimanche matin.

Heurts à Bordeaux 

Quelque 5.000 « gilets jaunes » ont marché dans les rues de Bordeaux, le 16 février, avant que des heurts n’éclatent à la fin de la manifestation.

A Bordeaux [que Juppé a préféré abandonner à temps pour se réfugier au Conseil constitutionnel, si cher lui soit son "peuple", sic], un cortège de plusieurs milliers de personnes a emprunté les rues des quartiers cossus où des tags proclamaient notamment « mort aux riches ». Au bout de l’itinéraire, des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de projectiles. La mobilisation a réuni 5.000 personnes dans la ville, selon une source policière [Il a bien fallu que Castaner tripote les chiffres sur Paris pour ne pas passer à nouveau pour un clown]

A Toulouse, de culture gauchiste, et pas que rose...

Plusieurs milliers de « gilets jaunes » ont battu le pavé à Toulouse, un des bastions du mouvement, derrière des pancartes comme « Fâché mais pas facho » ou encore « Dinosaures capitalistes, tremblez, le monde va changer ». « Seule la mort nous arrêtera », proclamait une banderole en tête de manifestation, lieu de prédilection de l'ultra gauche. Des échauffourées entre individus et forces de l’ordre ont éclaté en fin de rassemblement, avec des dégradations dans le centre, notamment des agences bancaires et immobilières.

A Lille, la socialiste

Ils étaient pus [plus] d’un millier de « gilets jaunes » dans les rues de Lille. Rassemblés place de la République, les manifestants se sont élancés dans les rues de la capitale des Flandres peu avant 14h30 aux cris de « Macron démission ».

Les dégâts matériels inquiètent Le Monde: il s'agit d'une permanence parlementaire LREM saccagée 
La permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau (La République en marche, LREM), un commercial de 31 ans, a été prise pour cible au cours d’une manifestation de « gilets jaunes » au Mans. Sur Twitter, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand a condamné le « saccage ». Ce député est l'auteur d'un amendement au projet de loi de finances 2019 visant à créer une double grille de malus avec une différenciation des motorisations essence et diesel. 
Mention spéciale de Marlène Schiappa pour les collaboratrices de l'élu ... 
Le Monde ne mentionne qu'un seul cas isolé, mais il suffit à stigmatiser l'ensemble des Gilets jaunes partout en France.

Les figures du mouvement se font discrètes

Les figures historiques du mouvement sont elles-mêmes plutôt discrètes sur leurs intentions, notamment Eric Drouet, contre qui le parquet de Paris a requis vendredi un mois de prison avec sursis pour « organisation de rassemblements non autorisés ».
Eric Drouet, l’un des chefs de file des « gilets jaunes », était présent dans le cortège parisien, le 16 février.

Jeudi, le ministre de l’intérieur, Christophe
Castaner, avait par ailleurs dénoncé les menaces de « coup d’Etat » d’une autre figure des « gilets jaunes », Christophe Chalençon, filmé à son insu alors qu’il évoquait la perspective d’un renversement du pouvoir par des « paramilitaires ».
De même que les Gilets jaunes Hayk Shahinyan - le plus médiatisé actuellement - est présenté comme macronien et Jacline Mouraud comme sarkozyste et Maxime Nicolle taxé d'islamo-gauchisme, le Gilet jaune éborgné (et qui aurait perdu l'usage de son oeil droit) Jérôme Rodrigues serait révolutionnaire trotskiste, au vu de son selfie (ci-contre) avec l'anti-capitaliste Olivier Besancenot (NPA).

Trois mois de luttes, ça se fête

Après trois mois de contestation, le soutien aux « gilets jaunes » s’effrite dans l’opinion [estime Le Monde]. Pour la première fois depuis novembre, une majorité de Français [ou plutôt de sondés...] (56 %) souhaitent [souhaite] que la mobilisation s’arrête selon un sondage Elabe [pour BFMTV, il faut dire] diffusé mercredi. (lien PaSiDupes)
Sauf que la question n'avait encore jamais été posée en ces termes...
Et Le Monde ne fait pas de détail. Le voici (extrait de l'analyse Elabe) :
Dans le détail, l’approbation (soutien et sympathie) reste majoritaire auprès des classes populaires (69%, -3) et classes moyennes (60%, -4). Auprès des retraités, elle est en recul de 11 points (52%). L’approbation est minoritaire auprès des cadres, et en très net recul (29%, -19).
D’un point de vue politique, c’est principalement auprès de l’électorat d’Emmanuel Macron que le recul s’opère : alors que 43% approuvaient la mobilisation il y a deux semaines, ils ne sont plus que 27%, soit un recul de 16 points.
En revanche, l’approbation reste intacte auprès de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (78%, +1). Auprès de l’électorat de François Fillon, à la faveur d’une hausse de l’opposition et de l’hostilité (50%, +10), le sentiment d’approbation devient légèrement minoritaire (44%, -4).
S’il est en retrait auprès de l’électorat de Marine Le Pen, il reste très largement majoritaire : 73%, -9.
En Occitanie, mais aussi dans l’Est, plusieurs groupes appelaient, eux, à fêter les trois mois du mouvement par un « retour aux sources », avec des rassemblements sur les ronds-points samedi dès le matin. 
En Meurthe-et-Moselle, des « gilets jaunes » étaient, ainsi, de retour sur les ronds-points, notamment à Pont-à-Mousson, Lunéville ou Essey-lès-Nancy. « Aucun blocage, ni filtrage, ne sera toléré », a toutefois fait savoir la préfecture.