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dimanche 1 septembre 2019

Gilets Jaunes : vers un "septembre noir"

Retrait momentané de figures charismatiques, mais continuation des actions de rue : 
annonce d'un "septembre noir"...

Nouveau samedi de mobilisation à la veille de la rentrée






Pour l'"Acte 42", des centaines de gilets jaunes ont manifesté à Paris, Toulouse, Bordeaux ou Caen. 
Des groupes de manifestants se sont retrouvés pour entretenir la flamme cet été et encore samedi 31 aoûten cortège ou sur des ronds-points, alors que Jérôme Rodrigues, figure du mouvement énuclée à la suite d'un tir tendu de LBD 40, a annoncé un séjour en maison de repos. 
En revanche, Priscillia Ludosky a appelé sur Facebook à la reprise des manifestations à la frontière suisse, à Ferney-Voltaire (village de l'Ain, refuge du philosophe des Lumières, fameux pour sa lutte contre l’arbitraire). Malgré les soucis de reprises scolaire et professionnelle, l'événement a encore séduit plus d'un millier d'internautes prêts à y participer, selon le réseau social
Le pouvoir s'interroge donc de savoir si le mouvement social va reprendre de plus belle après la pause estivale. Pour l'heure, ni les autorités, ni les GJ n'ont encore communiqué de chiffres sur l'ampleur de la mobilisation. Les vidéos relayées sur les réseaux sociaux - la presse institutionnelle observant les consignes gouvernementales de 'black-out' - montrent des cortèges calmes, avec quelques centaines de manifestants à chaque fois.

La promesse d'un "septembre noir"

Plusieurs autres rassemblements ont été annoncés à partir du 7 septembre.
"Le 7, c'est le retour de tout le monde", a déclaré Eric Drouet dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube.

Plusieurs collectifs ont appelé à une "mobilisation historique" à Paris, le 21 septembre, 
Le Peuple Uni's photo.
en hommage à Steve Maia Caniço, mort par noyade  dans la Loire à Nantes, à la suite d'une charge de police lors de la Fête de la Musique. 
"Marchons ensemble, contre le système, contre la destruction de la planète, contre le mépris des élites, contre les réformes en cours, contre les fins de mois difficiles, contre toutes formes de discrimination, contre l'autoritarisme... Unissons-nous pour une justice sociale, fiscale et environnementale", peut-on lire sur la page de l'événement.
"Attendez-vous au pire", ont annoncé au micro de BFMTV des Gilets jaunes marseillais, qui prévoient un "septembre noir".
Le 14 septembre, une "opération spectaculaire" à l'aéroport d'Orly 
est également prévue pour faire signer une pétition sur le RIC aux "voyageurs pressés". 
Manifestant lors de l'Acte 24 des Gilets Jaunes,
le 27 avril 2019, à Toulouse
Le mode opératoire précise de se rendre à Orly "sans gilet apparent, avec un passeport et un sac de voyage" et d'éviter "de donner [des] sous à McDonald's, Starbucks et Nespresso, trois multinationales qui pratiquent l'optimisation fiscale." 

Deux figures en retrait 

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Dans un article publié par LCI le 31 août, Jérôme Rodrigues, l'une des figures emblématiques des GJ (ci-contre, oeil droit supplicié par les hommes de Macron, sur ordre de Castaner, a annoncé se "mettre en pause" pour quelques semaines. Sur "conseils de son médecin", le leader va séjourner un temps en maison de repos. 
Il dénonce une "répression policière" à son égard, ainsi qu'un "phénomène d'insultes et de caricatures" par les cyber-militants LREM sur les réseaux sociaux et dans la rue. Il déclare avoir également subi intimidations et menaces de mort. Selon LCI, Jérôme Rodrigues espère être de retour pour les manifestations du 21 septembre.

Quant à Ingrid Levavasseur, porte-voix fluctuante du mouvement - qui a d'ailleurs dû se retirée en février - semble désormais s'engager politiquement à l'extrême gauche. Après une tentative ratée de liste aux européennes, l'aide-soignante de 32 ans s'est tournée vers les écologistes radicaux et a participé à l'université d'été d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui se tenait du 22 au 24 août à Toulouse. Ingrid Levavasseur a par ailleurs lancé une association, "Eclosion démocratique", qui revendique des membres de La France insoumise (LFI), du Parti communiste et d'EELV. Dans un entretien accordé à La Dépêche du midi, elle rapporte une envie de s'engager au "niveau inférieur, local, avec des actions palpables". Le 4 septembre sortira également son livre Rester digne, chez... Flammarion (où travaille la compagne d'Olivier Besancenot, révolutionnaire trotskiste du NPA, anti-capitaliste), dans lequel elle explique "les raisons de son combat". 

La forme de la contestation toujours en débat



Des évolutions sur la forme des mobilisations sont attendues. 
Le 25 août, l'ouverture le dimanche après-midi d'un hypermarché Géant Casino de la Roseraie à Angers, sans caissiers, avait été perturbée (ci-dessus) par des dizaines de manifestants vêtus de gilets jaunes. Cité par LCI, Eric Drouet estime qu'il serait plus prudent de laisser tomber cette tenue, "synonyme de repérages policiers et d'interdictions préfectorales".Ouest France a rendu payant son article relatant l'événement, une nouvelle forme de désinformation.

Interrogé par LCI, Maxime Nicolle, lui aussi espère un boycottage des "grandes multinationales, grandes surfaces ou grands groupes". Pour ce faire, des "Opérations spéciales GJ" seront mises en place.
Dans son entretien avec La Dépêche, Ingrid Levavasseur estime de son côté qu'il n'y aura pas de violences et que le mouvement "prendra forcément une forme politique".

Macron a en effet voulu une rentrée chaude 
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avec sa réforme des retraites (Macron plaide pour un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l'âge de départ), 

des soupçons de violences policières qui prennent consistance (313 enquêtes judiciaires sont confiées à l'IGPN, dont la partialité n'est plus à démontrer),

Dans un couloir des urgences de l'hôpital de Valence, le 4 juillet dernier.
des tensions persistantes dans une grande majorité des services des urgences (plus de 200 services d'urgences sont touchés par la grève qui secoue le secteur depuis la mi-mars: le collectif Inter-urgences lance un nouvel appel à la mobilisation pour septembre. Le collectif réclame davantage de lits, d'embauches et des hausses de salaires plus conséquentes. 
Mi-juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé 70 millions d'euros pour financer une prime de risque de 100 euros net mensuels pour les personnels des urgences et faciliter les recrutements dans les services en tension cet été, des mesures déjà jugées insuffisantes. Sur ces 70 millions d'euros, 15 millions devaient servir aux établissements à recruter du personnel paramédical pendant les congés. Mais "la majorité des services n'a pas vu la couleur des enveloppes fléchées pour pallier les difficultés estivales", écrit le collectif Inter-Urgences dans son communiqué)
colère des enseignants et des agriculteurs : plusieurs dossiers inflammables ouverts pour cette rentrée peuvent relancer la mobilisation et faire de la France l'Amazonie de Bolsonaro. 

vendredi 9 août 2019

Chasse aux fraudeurs : la Sécu participe-t-elle à la répression des Gilets jaunes ?

Un Gilet jaune en arrêt maladie a-t-il reçu une mise en garde de la Sécu, suite à sa présence sur Facebook et à des manifestations ?

Ce salarié est accusé d'avoir pris part à des activités non autorisées par son médecin pendant son arrêt maladie, a-t-on appris. 

Image associéeLe salarié fait valoir que son "médecin l'avait autorisé à sortir le week-end", mais il aurait pourtant reçu une mise en garde de l'Assurance maladie et les réseaux sociaux ont vivement réagi à ce courrier de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). 

Plusieurs internautes dénoncent un acte de répression à l'encontre d'un sympathisant des Gilets jaunes, au vu, lundi soir, du courrier  adressé à ce salarié  en arrêt maladie.
La CPAM argue que le salarié a été administrateur du groupe Facebook "blocage en marche 27" et qu’il a également participé à des manifestations et accordé des entretiens pendant ses deux périodes d’arrêt maladie. 
La CPAM rappelle à la loi le salariéL’Assurance maladie lui reproche d'avoir bénéficié d’indemnités journalières pendant ses arrêts, tout en prenant part à des activités non autorisées et en ne respectant pas les heures de sortie.

Maxime Nicolle a rendu le courrier public dans son groupe Facebook 'Fly Rider infos blocage', suscitant ainsi l’indignation de Gilets jaunes, certains dénonçant même un "abus de pouvoir".

La CPAM de l’Eure confirme l’authenticité du courrier. 
Le destinataire du courrier  reconnaît avoir pris part aux manifestations et géré le groupe Facebook, mais objecte : "mon médecin m’avait autorisé à sortir le week-end". S’il a pris part aux manifestations, c’est par "conviction". "Je suis allé au bout de mes convictions, je n’ai pas pensé aux conséquences", explique-t-il. 
Le Gilet jaune incriminé s’estime "heureux" d’avoir reçu un simple rappel à la loi. Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, il "doit s’abstenir d’exercer toute activité non autorisée par le médecin", rappelle le site Service PublicLe salarié ne doit évidemment pas exercer d’activité rémunérée si elle n’est pas autorisée, mais il doit également s’abstenir d’effectuer des activités plus anodines, comme faire des travaux dans sa maison, s’il n’y a pas le droit. Les interdits s'étendent, en l'occurrence, à toute activité sur l'Internet... 

La CPAM ne condamne pas l'allocataire à une oisiveté totale.
"Une activité peut être autorisée par le médecin traitant, à ce moment-là, elle doit être écrite sur le certificat. Sinon, le risque c’est la retenue des indemnités journalières", précise Nathalie Lailler, avocate en droit du travail et en droit de la sécurité sociale.

Le Gilet jaune indique ne pas avoir reçu de visite de contrôle. 
La règle est plutôt que des "signalements sont faits par l’employeur", précise Nathalie Lailler. "En application des conventions collectives, la prévoyance de l’employeur va parfois verser un complément de salaire. On voit de plus en plus les employeurs ne pas rester passifs quand ils se rendent compte qu’il peut y avoir un risque d’abus.
L’année dernière, la CPAM de l’Eure a détecté 57 dossiers ayant donné lieu à des poursuites. 
Notamment sur dénonciation de leurs employeurs.

La Sécurité sociale a reçu l'ordre de former ses agents à repérer les menteurs soupçonnés de fraude 

La mission de ces agents en formation depuis l'appel d'offres lancé le 9 juillet dernier par le centre de formation des personnels de la CPAM sera de "déceler le mensonge dans les dires verbaux, les écrits" et de "décrypter le langage non-verbal". Et de récupérer chaque année plusieurs centaines de millions d’euros - 587 millions d’euros, en 2017 - d'une fraude réelle estimée à plusieurs milliards.
Des groupes de 8 à 12 fonctionnaires recevront des formations de deux ou trois jours. L’entreprise spécialisée devra "avoir une bonne connaissance de la lutte contre la fraude et contre le travail dissimulé, ainsi que des métiers de contrôle et d’officier de police judiciaire"...

Quant aux auteurs de prescriptions indues (transports abusifs en taxi conventionné, de VSL injustifiés, et en nombre illimité, ou de séances inutiles de piscine médicale), parce que, à la différence des patients, ils sont organisés en syndicats, ils continueront à grever les comptes de la Sécu.

vendredi 29 mars 2019

Gilets jaunes : le pouvoir et sa presse devront tenir compte des interdictions de manifester et des ambitions annoncées des manifestants

Les Gilets jaunes ne visent pas un score record de participation

Ce samedi 30 mars, l'Acte XX du mouvement social des Gilets jaunes sera une nouvelle fois entravé par de nombreuses interdictions de manifester. 
Des «brassards blancs» encadrent les manifestants lors de l’acte 9 de la mobilisation des «gilets jaunes» à Paris.
Après avoir reproché l'absence de service d'ordre aux Gilets jaunes,
La Voix du Nord, méprisante, écrit, le 12 janvier: 
"A Paris, des Gilets jaunes affublés (sic) d’un brassard blanc
ont encadré les manifestants lors de l’acte 9 de la mobilisation
"
Ils étaient 40.500 sur tout le territoire lors de l'acte XIX, samedi 23 mars, selon le ministère, partie prenante, et si les événements se multiplient sur les réseaux sociaux pour fédérer les Gilets jaunes en France, les participants devraient logiquement être encore moins nombreux ce samedi, vu les interdictions qui leur sont imposées. 
Ainsi, dans la capitale, les Champs-Elysées seront encore une fois interdits aux manifestants et l'opération Sentinelle sera maintenue près de certains sites sensibles - tel le palais présidentiel ou l'Assemblée nationale à majorité macronienne - pour dissuader les Français en colère contre la politique de Macron par un affichage de la force militaire.

Plusieurs interdictions préfectorales brideront les manifestants en régions

Les juges exercent leur pouvoir sans laxisme
Éric Drouet condamné : il devra débourser 1500 euros, pas de prison avec sursisA la veille de l'Acte XX, l'un des chefs de file des Gilets jaunes, Eric Drouet, a été condamné ce vendredi 29 mars à 2.000 euros d'amende, dont 500 avec sursis, pour manifestations non-déclarées.
Un rassemblement pourrait néanmoins partir de la place de la Bastille.

Outre Paris, les interdictions gouvernementales s'abattent également à Toulouse sur la place du Capitole, ou à Rouen, dont le centre-ville sera interdit aux "gilets jaunes". 
A Avignon, où un "appel national" a été lancé, on se prépare également à recevoir d'éventuels casseurs d'extrême gauche. Ainsi, la gare sera fermée aux révolutionnaires se réclamant du 'Black bloc', et le Palais des papes protégé.
Le Huffington Post -groupe Le Monde (Niel et Pigasse)-  reproche
aux Gilets jaunes leur service d'ordre à Paris,
d'anciens combattants pro-Russes dans la zone frontalière du Donbass entre Russie et Ukraine 

Certaines figures du mouvement, comme Maxime Nicolle ou Jérôme Rodrigues, ont, quant à eux, déclaré qu'ils se rendront à Bordeaux.

dimanche 17 février 2019

Le Monde dresse une liste de griefs présumés contre les Gilets jaunes

Le groupe est contrôlé par la société Le Monde libre, elle-même détenue par la paire Xavier Niel et Matthieu Pigasse

Le journal du soir cite les chiffres contestés du ministère de l'Intérieur : 41.500  Gilets jaunes en France.


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Photo du Huffington Post pour illustrer la mobilisation à Paris
des Gilets jaunes, "en recul", le 16 février 2019
Le gouvernement, relayé par les hommes d'affaires, a pour objectif de colporter l'idée que la mobilisation pour l’acte XIV était en baisse par rapport à la semaine précédente, ce qui est faux, puisqu'à Paris il étaient estimés à 4.000 le 9 février, mais à 5.000, le 16... 

Ne comptez pas que ces chiffres soient repris par Le Monde co-détenu par le banquier Pigasse qui détient en outre des pages de L'Obs, du quotidien suisse Le Temps, de l'Echo du Centre, de Témoignage chrétien, du Huffington Post ou des Inrockuptibles: ils est . Il faut également savoir, en termes de concentration de la presse et de son indépendance, que le co-propriétaire du Monde, avec Pigasse, est Xavier Niel, actionnaire de Mediapart et Bakchich.
Sur BFMTV, Dominique Rizet, journaliste qui a été fait colonel de gendarmerie de la réserve citoyenne, a fini par pointer la crédibilité d es chiffres officiels, lâchant que le ministère de l'Intérieur ferait mieux de cesser leur publication... 


Le Monde évoque uniquement les situations difficiles

Le choix des photos n'est pas anodin (ci-dessous, il ne s'agit pas de l'Acte XIV, mais de l'Acte XII...)

Après trois mois de mobilisation, des dizaines de milliers de « gilets jaunes » ont défilé, samedi 16 février, dans plusieurs villes de France lors d’un acte XIV relativement calme à Paris mais marqué de nouveau par des heurts à Toulouse et Bordeaux. [Le ton est donné : privilégier les cas de nature à faire du tort au mouvement]


Le ministère de l’intérieur a dénombré 41.500 manifestants en France, dont 5.000 dans la capitale, des chiffres en recul par rapport à la semaine précédente.
La notion de "recul" est constamment avancée
Les chiffres sont faits pour être instrumentalisés...

Bien que les chiffres soient manipulés,
Le Monde persiste et signe l'idée de "recul"  



Judiciarisation mise en avant par Le Monde
Pour cet acte XIV, les intentions du mouvement ont rarement été aussi peu lisibles, selon Le Monde de Niel et Pigasse, à l’issue d’une semaine où deux " gilets jaunes" emblématiques, le chauffeur routier Eric Drouet [un mois de prison avec sursis requis], et l’ex-boxeur Christophe Dettinger [condamné à un an de détention en semi-liberté], ont été jugés à Paris.
Le Monde est affirmatif...
Des rassemblements divers à Paris 
Dans la capitale, traditionnelle place forte de la contestation [mais Le Monde assure pareillement que Bordeaux en est un "bastion"], un cortège de plusieurs milliers de personnes [5.000 ? Ou 10.000 ?] qui s’étaient retrouvées place de l’Etoile a descendu les Champs-Elysées avant de traverser la Seine en direction du boulevard des Invalides. Sous un grand soleil, les manifestants défilaient dans le calme sur fond de slogans hostiles adressés aux forces de l’ordre [sous les ordres de Castaner et Macron].

Après de brefs face-à-face aux abords de l’esplanade des Invalides avec celles-ci, les « gilets jaunes » se sont dispersés, certains rejoignant les Champs-Elysées en début de soirée. Selon la préfecture de police, 26 personnes ont été interpellées, même si les tensions semblaient [sic] moindres que lors de l’acte XIII. Un manifestant avait alors eu la main arrachée lors de heurts devant l’Assemblée nationale.
Recul des violences, donc...


La mobilisation parisienne a toutefois connu un bref moment de tension quand le cortège a croisé la route du philosophe Alain Finkielkraut.
L'ensemble du "cortège" n'est pourtant pas impliqué : un groupe de musulmans radicaux - aussitôt qualifiés de "salafistes" par France info, pour les distinguer du plus grand nombre, modéré, espère-t-on - , avec références à l'"enfer" pour les "sales sionistes de merde". Des tweets assurent d'ailleurs que "La France est à nous", pas aux Juifs... 
Les complotistes y trouveront du grain à moudre en saisissant l'occasion de relancer l'idée d'un risque de colonisation de la France par le monde arabe, de l'intérieur et par ruissellement aux frontières poreuses de l'Union européenne : le grand remplacement.

Le Monde développe la notion d'insurrection politique, plutôt que sociale



Jurant combattre le complotisme,
Le Monde discerne pourtant  "différents appels parisiens coexistant sur les réseaux sociaux, avec des mots d’ordre divers. 
L’un [que Le Monde ne nomme pas] appelait à des "insurrections" et à "bloquer la place de l’Etoile le plus longtemps possible". Le plus suivi [quand même !] donnait, lui, rendez-vous pour une manifestation "déclarée et pacifique" dimanche sur l’artère parisienne, trois mois jour pour jour après le début du mouvement. [Un anniversaire, en attendant la célébration des premiers "100 jours"...]

Le Monde égrène les actes de violence en régions

Un incident à Rouen (PS) 
Une voiture bloquée par le cortège à Rouen a bousculé quatre personnes qui ont été prises en charge par les pompiers. De source policière, le conducteur, qui était avec sa femme et leur bébé, s’est retrouvé au cœur de la manifestation et des participants s’en sont pris au véhicule, montant dessus et jetant des projectiles [sans raisons, semble-t-il, selon le compte-rendu du Monde].
Le conducteur a pris peur. Il a quitté les lieux avant de se présenter au commissariat [en somme, il a pris la fuite !], selon la même source.
A la vérité, "la voiture a foncé sur un groupe de Gilets jaunes, selon des informations largement relayées sur les réseaux sociaux. Au moins trois personnes ont été blessées, indique BFM TV.

Attaque d’un fourgon de police à Lyon

Dans la ville de Gérard Collomb, ministre démissionnaire de l'Intérieur du gouvernement Philippe, plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés dès le début de l’après-midi dans le centre-ville, une mobilisation globalement similaire à celles des samedis précédents. En fin d’après-midi, la manifestation des « gilets jaunes » a bloqué pendant deux heures la circulation dans un sens de l’autoroute A7 qui traverse la ville de Lyon. Un véhicule de police, appartenant à la CRS autoroutière, était pris dans le trafic quand il a été violemment attaqué [comme une "violente agression" est un pléonasme, au même titre que la paire "islamiste radical", une "attaque en douceur", ça existe ça ?].

Cette violente attaque [bis] d’un fourgon de police, filmée de l’intérieur du véhicule et diffusée par la chaîne LCI, a été vivement condamnée par les autorités, en premier lieu par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner [qui esquive la presse et lui envoie son binôme, Laurent Nuñez-Belda]. "On est pris à partie et on reçoit des pavés", y déclare le policier qui filme la scène au début de la vidéo d'une durée de plus d’une minute.
Au volant, sa collègue tente de se frayer un chemin entre deux files de voitures, sous les jets de projectiles. La préfecture du Rhône a condamné "avec la plus grande fermeté [!] l’attaque de CRS hier lors des manifestations de gilets jaunes à Lyon", dans un communiqué publié dimanche matin.

Heurts à Bordeaux 

Quelque 5.000 « gilets jaunes » ont marché dans les rues de Bordeaux, le 16 février, avant que des heurts n’éclatent à la fin de la manifestation.

A Bordeaux [que Juppé a préféré abandonner à temps pour se réfugier au Conseil constitutionnel, si cher lui soit son "peuple", sic], un cortège de plusieurs milliers de personnes a emprunté les rues des quartiers cossus où des tags proclamaient notamment « mort aux riches ». Au bout de l’itinéraire, des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de projectiles. La mobilisation a réuni 5.000 personnes dans la ville, selon une source policière [Il a bien fallu que Castaner tripote les chiffres sur Paris pour ne pas passer à nouveau pour un clown]

A Toulouse, de culture gauchiste, et pas que rose...

Plusieurs milliers de « gilets jaunes » ont battu le pavé à Toulouse, un des bastions du mouvement, derrière des pancartes comme « Fâché mais pas facho » ou encore « Dinosaures capitalistes, tremblez, le monde va changer ». « Seule la mort nous arrêtera », proclamait une banderole en tête de manifestation, lieu de prédilection de l'ultra gauche. Des échauffourées entre individus et forces de l’ordre ont éclaté en fin de rassemblement, avec des dégradations dans le centre, notamment des agences bancaires et immobilières.

A Lille, la socialiste

Ils étaient pus [plus] d’un millier de « gilets jaunes » dans les rues de Lille. Rassemblés place de la République, les manifestants se sont élancés dans les rues de la capitale des Flandres peu avant 14h30 aux cris de « Macron démission ».

Les dégâts matériels inquiètent Le Monde: il s'agit d'une permanence parlementaire LREM saccagée 
La permanence du député de la Sarthe Damien Pichereau (La République en marche, LREM), un commercial de 31 ans, a été prise pour cible au cours d’une manifestation de « gilets jaunes » au Mans. Sur Twitter, le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand a condamné le « saccage ». Ce député est l'auteur d'un amendement au projet de loi de finances 2019 visant à créer une double grille de malus avec une différenciation des motorisations essence et diesel. 
Mention spéciale de Marlène Schiappa pour les collaboratrices de l'élu ... 
Le Monde ne mentionne qu'un seul cas isolé, mais il suffit à stigmatiser l'ensemble des Gilets jaunes partout en France.

Les figures du mouvement se font discrètes

Les figures historiques du mouvement sont elles-mêmes plutôt discrètes sur leurs intentions, notamment Eric Drouet, contre qui le parquet de Paris a requis vendredi un mois de prison avec sursis pour « organisation de rassemblements non autorisés ».
Eric Drouet, l’un des chefs de file des « gilets jaunes », était présent dans le cortège parisien, le 16 février.

Jeudi, le ministre de l’intérieur, Christophe
Castaner, avait par ailleurs dénoncé les menaces de « coup d’Etat » d’une autre figure des « gilets jaunes », Christophe Chalençon, filmé à son insu alors qu’il évoquait la perspective d’un renversement du pouvoir par des « paramilitaires ».
De même que les Gilets jaunes Hayk Shahinyan - le plus médiatisé actuellement - est présenté comme macronien et Jacline Mouraud comme sarkozyste et Maxime Nicolle taxé d'islamo-gauchisme, le Gilet jaune éborgné (et qui aurait perdu l'usage de son oeil droit) Jérôme Rodrigues serait révolutionnaire trotskiste, au vu de son selfie (ci-contre) avec l'anti-capitaliste Olivier Besancenot (NPA).

Trois mois de luttes, ça se fête

Après trois mois de contestation, le soutien aux « gilets jaunes » s’effrite dans l’opinion [estime Le Monde]. Pour la première fois depuis novembre, une majorité de Français [ou plutôt de sondés...] (56 %) souhaitent [souhaite] que la mobilisation s’arrête selon un sondage Elabe [pour BFMTV, il faut dire] diffusé mercredi. (lien PaSiDupes)
Sauf que la question n'avait encore jamais été posée en ces termes...
Et Le Monde ne fait pas de détail. Le voici (extrait de l'analyse Elabe) :
Dans le détail, l’approbation (soutien et sympathie) reste majoritaire auprès des classes populaires (69%, -3) et classes moyennes (60%, -4). Auprès des retraités, elle est en recul de 11 points (52%). L’approbation est minoritaire auprès des cadres, et en très net recul (29%, -19).
D’un point de vue politique, c’est principalement auprès de l’électorat d’Emmanuel Macron que le recul s’opère : alors que 43% approuvaient la mobilisation il y a deux semaines, ils ne sont plus que 27%, soit un recul de 16 points.
En revanche, l’approbation reste intacte auprès de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon (78%, +1). Auprès de l’électorat de François Fillon, à la faveur d’une hausse de l’opposition et de l’hostilité (50%, +10), le sentiment d’approbation devient légèrement minoritaire (44%, -4).
S’il est en retrait auprès de l’électorat de Marine Le Pen, il reste très largement majoritaire : 73%, -9.
En Occitanie, mais aussi dans l’Est, plusieurs groupes appelaient, eux, à fêter les trois mois du mouvement par un « retour aux sources », avec des rassemblements sur les ronds-points samedi dès le matin. 
En Meurthe-et-Moselle, des « gilets jaunes » étaient, ainsi, de retour sur les ronds-points, notamment à Pont-à-Mousson, Lunéville ou Essey-lès-Nancy. « Aucun blocage, ni filtrage, ne sera toléré », a toutefois fait savoir la préfecture.