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dimanche 29 septembre 2019

Acte 46 des Gilets Jaunes à Toulouse et à Paris, Bordeaux ou Nice, samedi

Comme chaque samedi, sans interruption depuis le début du mouvement, des Gilets Jaunes ont à nouveau défilé ici et là en France

Près d'un millier de GJ a manifesté à Toulouse, où la police a fait usage de gaz lacrymogènes et d'un canon à eau à plusieurs reprises

Des voitures endommagées par des tirs de grenades lacrymogènes
visant à disperser les Gilets jaunes

Partis à 14h00 ce samedi 28 septembre 2019, pour la 46e fois depuis le début du mouvement, les réfractaires à la politique de Macron, dont la Gilet Jaune Geneviève Legay, ont défilé derrière une banderole proclamant un mécontentement social fort : "Marre de survivre. On veut vivre".

A leur arrivée sur la place du Capitole, où se déroulait une manifestation dédiée aux seniors, les GJ se sont trouvés confrontés aux forces de l'ordre, qui ont fait usage à plusieurs reprises de grenades lacrymogènes, noyant la place sous un épais nuage de fumée, et créant des mouvements de panique parmi les badauds.
Un parasol a pris feu devant le Mc Donald's, alors que des vigiles tentaient de baisser le rideau de fer. Des tags "Toc Toc Moudenc" - référence au maire LR qui a repris la ville à la gauche - et "Nos désirs sont désordre" ont aussi été inscrits sur la façade de l'hôtel de ville. 
Aucun blessé n'a été officiellement recensé par la préfecture. Toutefois, dans un communiqué, l'Observatoire des pratiques policières (OPP) de Toulouse  - émanation de la LDH - a fait part d'un "nouveau blessé" parmi ses membres, par les forces de l'ordre. Lien PaSiDupes

Quelques centaines de Gilets Jaunes rassemblés à Paris
Un petit groupe de GJ s'est constitué Place de la Bourse à Paris, bien que le lieu de convergence de la mobilisation ait été Toulouse. Face à eux, les forces de l'ordre étaient en surnombre. Ou alors les GJ étaient plus nombreux que ce qu'en dit la Préfecture de police... 

Des GJ se sont joints au cortège de "teufeurs" de la Techno parade dédiée cette année à Steve Maia Caniço, retrouvé noyé dans la Loire à Nantes, suite à une charge de police lors d'une Fête de la musique marquée par une opération policière aussi musclée que controversée.

Voyez les "quelques dizaines" de manifestants parisiens, aux dires d'une certaine presse:
Les manifestants scandaient "Grève, blocage, Macron démission",  refusant de quitter leurs gilets jaunes comme leur demandaient les organisateurs de la Techno parade. "La rue est à tout le monde !", a expliqué un Gilet Jaune, tandis que d'autres manifestants criaient "Castaner démission".

Les GJ, c'est aussi ça : 
A Bordeaux, ville d'Alain Juppé, maire rallié à Macron, des GJ, pour la plupart sans gilet, ont défilé samedi avec les manifestants pour le droit à l'avortement, emmenée par une "batucada féministe". Le cortège a réuni 700 personnes et n'a donné lieu à aucun incident ni interpellation, selon la police.
Les défenseurs de l'IVG ont mené la marche avec slogans et chants féministes et les GJ ont suivi en scandant leurs propres rengaines.

Avant le départ de la manifestation, des GJ ont déversé du colorant jaune fluo dans la fontaine de la Place de la Bourse, leur lieu de rendez-vous traditionnel depuis le début du mouvement, il y a près d'un an.

Des évocation de l'ex-président Chirac

"Notre démocratie brûle, vous regardez ailleurs" : ainsi, à Nice ou Toulouse, des GJ ont-ils rendu hommage à Jacques Chirac récemment décédé, avec la volonté, comme à Bordeaux, de rassembler les Français.
"C'est Chirac et son ''la maison brûle et nous regardons ailleurs'' qui m'a inspiré" cette pancarte, explique un Toulousain de 48 ans. "Mais, mis à part qu'il était bien sympathique parce qu'il n'a pas suivi les Américains sur l'Irak, il n'a rien fait. Rien pendant ses 12 ans de mandat" entre 1995 et 2007, a caricaturé un homme revêtu d'une chasuble jaune. En revanche, selon un autre manifestant de Toulouse, "avec Chirac, c'était beaucoup mieux". Macron, à ses yeux, n'est qu' "un apprenti" qui n'aurait pas su dire 'non' aux Américains.

A Nice, Joëlle Cerruti, fonctionnaire territoriale et fervente Gilet Jaune, tresse des lauriers au président défunt, un homme bienveillant, à qui un hommage populaire sera rendu dimanche à Paris. "Il était proche de son peuple, il a été un politicien formidable, j'ai voté pour lui, je l'ai aimé, ça n'a rien à voir avec les politiciens d'aujourd'hui." "Il n'y a pas de comparaison possible avec Macron, c'est le diable et l'ange", lance-t-elle.
A son côté, un  quadragénaire, employé communal, se dit aussi "plus angoissé avec notre président actuel qu'avec des gens comme Chirac", avec qui "on avait l'impression qu'il ne jouait pas la comédie". Suivez son regard, vous allez croiser celui de l'actuel cabotin de l'Elysée.

dimanche 1 septembre 2019

Gilets Jaunes : vers un "septembre noir"

Retrait momentané de figures charismatiques, mais continuation des actions de rue : 
annonce d'un "septembre noir"...

Nouveau samedi de mobilisation à la veille de la rentrée






Pour l'"Acte 42", des centaines de gilets jaunes ont manifesté à Paris, Toulouse, Bordeaux ou Caen. 
Des groupes de manifestants se sont retrouvés pour entretenir la flamme cet été et encore samedi 31 aoûten cortège ou sur des ronds-points, alors que Jérôme Rodrigues, figure du mouvement énuclée à la suite d'un tir tendu de LBD 40, a annoncé un séjour en maison de repos. 
En revanche, Priscillia Ludosky a appelé sur Facebook à la reprise des manifestations à la frontière suisse, à Ferney-Voltaire (village de l'Ain, refuge du philosophe des Lumières, fameux pour sa lutte contre l’arbitraire). Malgré les soucis de reprises scolaire et professionnelle, l'événement a encore séduit plus d'un millier d'internautes prêts à y participer, selon le réseau social
Le pouvoir s'interroge donc de savoir si le mouvement social va reprendre de plus belle après la pause estivale. Pour l'heure, ni les autorités, ni les GJ n'ont encore communiqué de chiffres sur l'ampleur de la mobilisation. Les vidéos relayées sur les réseaux sociaux - la presse institutionnelle observant les consignes gouvernementales de 'black-out' - montrent des cortèges calmes, avec quelques centaines de manifestants à chaque fois.

La promesse d'un "septembre noir"

Plusieurs autres rassemblements ont été annoncés à partir du 7 septembre.
"Le 7, c'est le retour de tout le monde", a déclaré Eric Drouet dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube.

Plusieurs collectifs ont appelé à une "mobilisation historique" à Paris, le 21 septembre, 
Le Peuple Uni's photo.
en hommage à Steve Maia Caniço, mort par noyade  dans la Loire à Nantes, à la suite d'une charge de police lors de la Fête de la Musique. 
"Marchons ensemble, contre le système, contre la destruction de la planète, contre le mépris des élites, contre les réformes en cours, contre les fins de mois difficiles, contre toutes formes de discrimination, contre l'autoritarisme... Unissons-nous pour une justice sociale, fiscale et environnementale", peut-on lire sur la page de l'événement.
"Attendez-vous au pire", ont annoncé au micro de BFMTV des Gilets jaunes marseillais, qui prévoient un "septembre noir".
Le 14 septembre, une "opération spectaculaire" à l'aéroport d'Orly 
est également prévue pour faire signer une pétition sur le RIC aux "voyageurs pressés". 
Manifestant lors de l'Acte 24 des Gilets Jaunes,
le 27 avril 2019, à Toulouse
Le mode opératoire précise de se rendre à Orly "sans gilet apparent, avec un passeport et un sac de voyage" et d'éviter "de donner [des] sous à McDonald's, Starbucks et Nespresso, trois multinationales qui pratiquent l'optimisation fiscale." 

Deux figures en retrait 

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Dans un article publié par LCI le 31 août, Jérôme Rodrigues, l'une des figures emblématiques des GJ (ci-contre, oeil droit supplicié par les hommes de Macron, sur ordre de Castaner, a annoncé se "mettre en pause" pour quelques semaines. Sur "conseils de son médecin", le leader va séjourner un temps en maison de repos. 
Il dénonce une "répression policière" à son égard, ainsi qu'un "phénomène d'insultes et de caricatures" par les cyber-militants LREM sur les réseaux sociaux et dans la rue. Il déclare avoir également subi intimidations et menaces de mort. Selon LCI, Jérôme Rodrigues espère être de retour pour les manifestations du 21 septembre.

Quant à Ingrid Levavasseur, porte-voix fluctuante du mouvement - qui a d'ailleurs dû se retirée en février - semble désormais s'engager politiquement à l'extrême gauche. Après une tentative ratée de liste aux européennes, l'aide-soignante de 32 ans s'est tournée vers les écologistes radicaux et a participé à l'université d'été d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui se tenait du 22 au 24 août à Toulouse. Ingrid Levavasseur a par ailleurs lancé une association, "Eclosion démocratique", qui revendique des membres de La France insoumise (LFI), du Parti communiste et d'EELV. Dans un entretien accordé à La Dépêche du midi, elle rapporte une envie de s'engager au "niveau inférieur, local, avec des actions palpables". Le 4 septembre sortira également son livre Rester digne, chez... Flammarion (où travaille la compagne d'Olivier Besancenot, révolutionnaire trotskiste du NPA, anti-capitaliste), dans lequel elle explique "les raisons de son combat". 

La forme de la contestation toujours en débat



Des évolutions sur la forme des mobilisations sont attendues. 
Le 25 août, l'ouverture le dimanche après-midi d'un hypermarché Géant Casino de la Roseraie à Angers, sans caissiers, avait été perturbée (ci-dessus) par des dizaines de manifestants vêtus de gilets jaunes. Cité par LCI, Eric Drouet estime qu'il serait plus prudent de laisser tomber cette tenue, "synonyme de repérages policiers et d'interdictions préfectorales".Ouest France a rendu payant son article relatant l'événement, une nouvelle forme de désinformation.

Interrogé par LCI, Maxime Nicolle, lui aussi espère un boycottage des "grandes multinationales, grandes surfaces ou grands groupes". Pour ce faire, des "Opérations spéciales GJ" seront mises en place.
Dans son entretien avec La Dépêche, Ingrid Levavasseur estime de son côté qu'il n'y aura pas de violences et que le mouvement "prendra forcément une forme politique".

Macron a en effet voulu une rentrée chaude 
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avec sa réforme des retraites (Macron plaide pour un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l'âge de départ), 

des soupçons de violences policières qui prennent consistance (313 enquêtes judiciaires sont confiées à l'IGPN, dont la partialité n'est plus à démontrer),

Dans un couloir des urgences de l'hôpital de Valence, le 4 juillet dernier.
des tensions persistantes dans une grande majorité des services des urgences (plus de 200 services d'urgences sont touchés par la grève qui secoue le secteur depuis la mi-mars: le collectif Inter-urgences lance un nouvel appel à la mobilisation pour septembre. Le collectif réclame davantage de lits, d'embauches et des hausses de salaires plus conséquentes. 
Mi-juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé 70 millions d'euros pour financer une prime de risque de 100 euros net mensuels pour les personnels des urgences et faciliter les recrutements dans les services en tension cet été, des mesures déjà jugées insuffisantes. Sur ces 70 millions d'euros, 15 millions devaient servir aux établissements à recruter du personnel paramédical pendant les congés. Mais "la majorité des services n'a pas vu la couleur des enveloppes fléchées pour pallier les difficultés estivales", écrit le collectif Inter-Urgences dans son communiqué)
colère des enseignants et des agriculteurs : plusieurs dossiers inflammables ouverts pour cette rentrée peuvent relancer la mobilisation et faire de la France l'Amazonie de Bolsonaro. 

samedi 10 août 2019

Le député LREM Patrick Vignal a eu sa permanence aspergée de peinture

Le député de la majorité présidentielle appelle les mécontents à venir nettoyer eux-mêmes les dégradations...

Vignal n'avait pas voté contre l'accord du CETA

'Flambard' s'était fait porté pâle dans l'hémicycle...
 Des Gilets jaunes ont aspergé de peinture la façade de la permanence parlementaire du député Patrick Vignal.
Le 10 août 2019, on distinguait le 'A' de anarchie
et une croix de Lorraine entourée du G de gilets et du J de jaunes
Bien que les slogans évoquent l'accord CETA, la presse persiste à accuser les Gilets Jaunes : la permanence du député La République en Marche a été dégradée à l'occasion d'une manifestation d'une centaine de Gilets jaunes à Montpellier, samedi 10 août.

147 dégradations de permanences parlementaires sont à ce jour comptabilisées. 
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Une centaine de "gilets jaunes" s'en sont pris samedi 10 août à la permanence du député La République en Marche Patrick Vignal, à Montpellier. "Les Gilets jaunes ont ma confiance, mais il y a des abrutis partout", avait alors insulté l'élu, un fier à bras forgés en salle de muscu.

Les manifestants ont éclaboussé
 la devanture de peinture jaune ou verte. 
L'action contre la permanence de celui qui est également candidat à la mairie de Montpellier aux prochaines municipales aurait été préparée en amont par une poignée de Gilets jaunes : les slogans ne le prouvent pas...

Les Gilets Jaunes sont-ils à l'origine des attaques de permanences LREM ?
Ils avaient donné rendez-vous samedi dans un lieu habituel de rassemblement des manifestations syndicales, sur les rives du Lez, cf. photo ci-dessous, plutôt que sur la place de la Comédie. Mais l'élu n'a pas analysé cette singularité. Le cortège d'une centaine de militants d'extrême gauche anti-capitaliste a ensuite défilé dans la ville, bloquant notamment le tramway.
L'AFP diffuse des contre-vérités: au travail, les 'fact-checkers' !

Ces dernières semaines, depuis la ratification du Ceta, traité controversé de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada ratifié à l'Assemblée nationale le mois dernier, une quinzaine de permanences de députés ou de locaux du parti LREM a été emmurée ou taguée, voire saccagée comme à Perpignan, à l'occasion d'une manifestation de Gilets jaunes.