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dimanche 1 septembre 2019

Gilets Jaunes : vers un "septembre noir"

Retrait momentané de figures charismatiques, mais continuation des actions de rue : 
annonce d'un "septembre noir"...

Nouveau samedi de mobilisation à la veille de la rentrée






Pour l'"Acte 42", des centaines de gilets jaunes ont manifesté à Paris, Toulouse, Bordeaux ou Caen. 
Des groupes de manifestants se sont retrouvés pour entretenir la flamme cet été et encore samedi 31 aoûten cortège ou sur des ronds-points, alors que Jérôme Rodrigues, figure du mouvement énuclée à la suite d'un tir tendu de LBD 40, a annoncé un séjour en maison de repos. 
En revanche, Priscillia Ludosky a appelé sur Facebook à la reprise des manifestations à la frontière suisse, à Ferney-Voltaire (village de l'Ain, refuge du philosophe des Lumières, fameux pour sa lutte contre l’arbitraire). Malgré les soucis de reprises scolaire et professionnelle, l'événement a encore séduit plus d'un millier d'internautes prêts à y participer, selon le réseau social
Le pouvoir s'interroge donc de savoir si le mouvement social va reprendre de plus belle après la pause estivale. Pour l'heure, ni les autorités, ni les GJ n'ont encore communiqué de chiffres sur l'ampleur de la mobilisation. Les vidéos relayées sur les réseaux sociaux - la presse institutionnelle observant les consignes gouvernementales de 'black-out' - montrent des cortèges calmes, avec quelques centaines de manifestants à chaque fois.

La promesse d'un "septembre noir"

Plusieurs autres rassemblements ont été annoncés à partir du 7 septembre.
"Le 7, c'est le retour de tout le monde", a déclaré Eric Drouet dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube.

Plusieurs collectifs ont appelé à une "mobilisation historique" à Paris, le 21 septembre, 
Le Peuple Uni's photo.
en hommage à Steve Maia Caniço, mort par noyade  dans la Loire à Nantes, à la suite d'une charge de police lors de la Fête de la Musique. 
"Marchons ensemble, contre le système, contre la destruction de la planète, contre le mépris des élites, contre les réformes en cours, contre les fins de mois difficiles, contre toutes formes de discrimination, contre l'autoritarisme... Unissons-nous pour une justice sociale, fiscale et environnementale", peut-on lire sur la page de l'événement.
"Attendez-vous au pire", ont annoncé au micro de BFMTV des Gilets jaunes marseillais, qui prévoient un "septembre noir".
Le 14 septembre, une "opération spectaculaire" à l'aéroport d'Orly 
est également prévue pour faire signer une pétition sur le RIC aux "voyageurs pressés". 
Manifestant lors de l'Acte 24 des Gilets Jaunes,
le 27 avril 2019, à Toulouse
Le mode opératoire précise de se rendre à Orly "sans gilet apparent, avec un passeport et un sac de voyage" et d'éviter "de donner [des] sous à McDonald's, Starbucks et Nespresso, trois multinationales qui pratiquent l'optimisation fiscale." 

Deux figures en retrait 

Résultat de recherche d'images pour "Jérôme Rodrigues"
Dans un article publié par LCI le 31 août, Jérôme Rodrigues, l'une des figures emblématiques des GJ (ci-contre, oeil droit supplicié par les hommes de Macron, sur ordre de Castaner, a annoncé se "mettre en pause" pour quelques semaines. Sur "conseils de son médecin", le leader va séjourner un temps en maison de repos. 
Il dénonce une "répression policière" à son égard, ainsi qu'un "phénomène d'insultes et de caricatures" par les cyber-militants LREM sur les réseaux sociaux et dans la rue. Il déclare avoir également subi intimidations et menaces de mort. Selon LCI, Jérôme Rodrigues espère être de retour pour les manifestations du 21 septembre.

Quant à Ingrid Levavasseur, porte-voix fluctuante du mouvement - qui a d'ailleurs dû se retirée en février - semble désormais s'engager politiquement à l'extrême gauche. Après une tentative ratée de liste aux européennes, l'aide-soignante de 32 ans s'est tournée vers les écologistes radicaux et a participé à l'université d'été d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui se tenait du 22 au 24 août à Toulouse. Ingrid Levavasseur a par ailleurs lancé une association, "Eclosion démocratique", qui revendique des membres de La France insoumise (LFI), du Parti communiste et d'EELV. Dans un entretien accordé à La Dépêche du midi, elle rapporte une envie de s'engager au "niveau inférieur, local, avec des actions palpables". Le 4 septembre sortira également son livre Rester digne, chez... Flammarion (où travaille la compagne d'Olivier Besancenot, révolutionnaire trotskiste du NPA, anti-capitaliste), dans lequel elle explique "les raisons de son combat". 

La forme de la contestation toujours en débat



Des évolutions sur la forme des mobilisations sont attendues. 
Le 25 août, l'ouverture le dimanche après-midi d'un hypermarché Géant Casino de la Roseraie à Angers, sans caissiers, avait été perturbée (ci-dessus) par des dizaines de manifestants vêtus de gilets jaunes. Cité par LCI, Eric Drouet estime qu'il serait plus prudent de laisser tomber cette tenue, "synonyme de repérages policiers et d'interdictions préfectorales".Ouest France a rendu payant son article relatant l'événement, une nouvelle forme de désinformation.

Interrogé par LCI, Maxime Nicolle, lui aussi espère un boycottage des "grandes multinationales, grandes surfaces ou grands groupes". Pour ce faire, des "Opérations spéciales GJ" seront mises en place.
Dans son entretien avec La Dépêche, Ingrid Levavasseur estime de son côté qu'il n'y aura pas de violences et que le mouvement "prendra forcément une forme politique".

Macron a en effet voulu une rentrée chaude 
Résultat de recherche d'images pour "dessin presse retraites"
avec sa réforme des retraites (Macron plaide pour un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l'âge de départ), 

des soupçons de violences policières qui prennent consistance (313 enquêtes judiciaires sont confiées à l'IGPN, dont la partialité n'est plus à démontrer),

Dans un couloir des urgences de l'hôpital de Valence, le 4 juillet dernier.
des tensions persistantes dans une grande majorité des services des urgences (plus de 200 services d'urgences sont touchés par la grève qui secoue le secteur depuis la mi-mars: le collectif Inter-urgences lance un nouvel appel à la mobilisation pour septembre. Le collectif réclame davantage de lits, d'embauches et des hausses de salaires plus conséquentes. 
Mi-juin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé 70 millions d'euros pour financer une prime de risque de 100 euros net mensuels pour les personnels des urgences et faciliter les recrutements dans les services en tension cet été, des mesures déjà jugées insuffisantes. Sur ces 70 millions d'euros, 15 millions devaient servir aux établissements à recruter du personnel paramédical pendant les congés. Mais "la majorité des services n'a pas vu la couleur des enveloppes fléchées pour pallier les difficultés estivales", écrit le collectif Inter-Urgences dans son communiqué)
colère des enseignants et des agriculteurs : plusieurs dossiers inflammables ouverts pour cette rentrée peuvent relancer la mobilisation et faire de la France l'Amazonie de Bolsonaro. 

vendredi 17 mai 2019

Gilets jaunes : les manifestants gardent du souffle pour l'Acte XXVII de samedi

La contestation continue samedi pour la 27e fois, notamment à Reims, Saint-Nazaire ou Nancy

Les Gilets jaunes ont de nouveau prévu de manifester samedi à Paris et en province

A Paris, plusieurs rassemblements concurrents sont prevus, dont un au depart de la Defense pour finir a Montmartre.

Macron mise sur un pourrissement, ajoutant au mépris le cynisme. 
Six mois, jour pour jour, après le début du mouvement, les Gilets jaunes ont de nouveau prévu de manifester samedi à Paris et en province pour l'acte 27, alors que ces dernières semaines ont été marquées par une baisse progressive et naturelle des effectifs de la mobilisation. Selon le ministère de l'Intérieur, environ 19.000 militants ont manifesté samedi dernier en France, soit le plus bas chiffre comptabilisé depuis le 17 novembre. Les Gilets jaunes ont eux compté 45.240 personnes

On notera sans surprise que Le Point (famille Pinault) présente des chiffres qui jettent à nouveau une suspicion de manipulation de l'opinion par la presse  : le magazine choisit en effet pour référence un samedi qui contredit l'information tendancieuse d'un essoufflement. S'il est réel, il n'est pas aussi systématique qu'indiqué avec une insistance s'apparentant à une 'fake news' officielle : "l'acte 26 samedi dernier avait réuni 18 600 manifestants en France selon le décompte officiel contesté par les porteurs de chasuble, qui en dénombraient 37 500".


A Paris, ce samedi, plusieurs rassemblements parallèles sont prévus, dont un au départ de la Défense pour finir à Montmartre. Un autre envisage de défiler sur les Champs-Elysées, mais l'avenue est, depuis plusieurs semaines, interdite à la manifestation.

La préfecture de police de Paris a décidé d'interdire les rassemblements dans un périmètre comprenant le Palais de l'Elysée et l'Assemblée nationale et sur les Champs-Elysées, comme chaque semaine depuis les incidents du 16 mars dans la capitale. Les abords de la cathédrale Notre-Dame sont également interdits par mesure de sécurité.


Un appel national est lancé pour un importante manifestation à Reims

Un appel national pour se rendre dans cette ville a été publié sur les réseaux sociaux.
Un événement Facebook prévoit néanmoins une manifestation sur les Champs-Elysées. "Le 18 mai, on regagne notre droit de manifester sur les Champs-Elysées sans glyphosate! On se bat pour protéger notre écosystème contre les gros pollueurs!", peut-on lire. 
Le collectif ajoute être prêt à attaquer l'arrêté de la préfecture devant le tribunal administratif.

Deux autres événements Facebook ont été lancés à Paris. 
L'un "contre la hausse du carburant avec les femmes en tête". 
Un second contre "le racket organisé", organisé par le groupe Paris Banlieue des Gilets jaunes. 

D'autres rassemblements sont prévus, par exemple à Besançon ou à Saint-Nazaire, où la préfecture a pris un arrêté interdisant la manifestation non déclarée des Gilets jaunes dans le centre-ville. 
A Lyon, les Gilets jaunes ont décidé de manifester sans se déclarer. "Chaque semaine, quand on déclare la manifestation, le préfet nous promet que tout se passera bien, qu'on ne se fera pas gazer et chaque semaine, ça se passe mal. Alors on a décidé de ne pas déclarer la manifestation et de changer de stratégie, de revenir aux sources", a indiqué à l'Agence France-Presse Fabrice, membre du pôle media des Gilets jaunes de la région lyonnaise.

Maxime Nicolle va faire du parapente pour promouvoir le RIC 
Cette figure du mouvement a annoncé mercredi soir dans un Facebook Live qu'il se rendra samedi à une manifestation de parapente "pour le RIC" à Saint-Hilaire-du-Touvet, près de Grenoble
Le blogueur Etienne Chouard est également annoncé. "Etienne Chouard et Maxime Nicolle font décoller ensemble le RIC [référendum d'initiative citoyenne, NDLR]! Bien connu, le petit village de St HILAIRE du Touvet dans les Alpes, est la Mecque du VOL LIBRE... Après midi PLEIN AIR...et bain de SOLEIL! 'La CIBLE c'est le RIC'", est-il écrit sur l'événement Facebook.

Les figures des Gilets jaunes s'efforcent ainsi de remobiliser les troupes cette semaine. 
"A partir du moment où vous vous dites, j'arrête, c'est que vous avez échoué", a expliqué Maxime Nicolle dans un Facebook Live mercredi soir. Dans une vidéo, il a appelé dimanche  à "arrêter les cortèges à thème". "Je ne cautionne pas du tout ces marches qui deviennent de plus en plus ridicules", a fustigé le chauffeur routier. "Plein de gens, et j'en fais partie, sont en train d'être dégoûtés du mouvement", a-t-il observé.
"On peut se planter, on peut être un peu moins dans la rue, on peut être fatigué, on peut être dépité, on peut avoir des coups de mou. Mais à partir du moment où on dit 'j'arrête', on a perdu", a-t-il fait valoir auprès de ses partisans.

Quant à Eric Drouet, il a partagé sur son groupe Facebook "La France en colère" (306.000 membres) un visuel incitant les Gilets jaunes à continuer les mobilisations : "Si vous abandonnez maintenant, tout ça aura servi à pas grand chose. Pensez à tous ces gens morts et blessés pour la cause", peut-on lire. 

Autre personnage important du mouvement, Jérôme Rodrigues a également adressé un message sur Facebook : "On mesure l'union d'une famille à sa capacité à traverser ensemble les étapes difficiles. La famille, on lâche rien. C'est un combat, on reste debout."

La campagne des européennes mobilise l'attention et les énergies.
Après 27 semaines de manifestations, le mouvement se cherche des modes d'action renouvelés. Cette semaine, la presse avait décrypté des propos d'Eric Drouet en les présentant comme une lassitude absolue : "il y a plein de gens qui sont en train d'être dégoûtés du mouvement, et j'en fais partie", avait-il pesté. 
Il mettait en fait en cause le principe des manifestations déclarées : "Les manifestations déclarées, j'en ai ras le cul. [...] Il faut arrêter de leur faciliter la tâche [au gouvernement et à la police]", a-t-il lancé. 
"Il faut se bouger [les fesses]; il faut reprendre les ronds points."

samedi 27 avril 2019

Plus de six Français sur dix ne sont pas convaincus à l’issue de sa conférence de presse

Seulement un Français sur trois est satisfait de sa conclusion du "grand" débat

Tout ça pour ça ? Macron laisse 63% des Français sur leur faim


Seuls 37% des sondés se disent convaincus par les annonces qu’Emmanuel Macron a fait en conférence de presse, le jeudi 25 avril, selon une étude Harris Interactive-Agence Epoka. Malgré deux semaines supplémentaires qu'il aurait dû mettre à profit, 80% des sondés estiment en conséquence que le mouvement des Gilets jaunes va se poursuivre.
Seuls 7% des sondés estiment que le chef de l'Etat a été "très convaincant" et 30% "plutôt convaincant".

Plus de la moitié des Français, soit 63%, n'ont pas trouvé Macron convaincant à l’issue de deux heures et demi de conférence de presse, révèle ce sondage réalisé pour LCI, RTL, ainsi que Le Figaro.
Seuls 7% des sondés estiment que le chef de l'Etat a été "très convaincant" et 30% "plutôt convaincant".

Foirade présidentielle sur plusieurs sujets

Parmi les mesures annoncées, 65% des Français s'opposent à l'augmentation du temps de travail et 58% sont contre l'allongement de la durée de cotisation pour partir à la retraite. 59% des personnes interrogées voient d'un mauvais œil le non rétablissement de l'ISF.

Emmanuel Macron se déclare incapable de faire disparaître le chômage à l'horizon 2025.

A peine quatre Français sur dix ont le sentiment que Macron a reçu le message des Gilets jaunes.
Pour seulement 39% des Français, les mesures proposées jeudi soir marquent un changement important de la politique menée depuis son élection. Sans surprise, ils sont 80% à penser que le mouvement des Gilets jaunes va donc se poursuivre.

Quelques mesures ont toutefois été appréciées par une partie de la population. Ainsi, 52% voient d'un bon œil la suppression de l'ENA, d'autant plus que ce coulage n'aura aucun impact sur leur niveau de vie. 
65% jugent positif le renoncement de Macron à la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires et 69% apprécient la mise en place d'un RIC au niveau local, ce qui signifie que plus d'un sur trois ne s'en satisfait pas.

Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 807 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

jeudi 11 avril 2019

La restitution du "grand" débat ignore les revendications des Gilets jaunes

L'exécutif n'en fait qu'à sa tête 

Déception des figures des Gilets jaunes qui voulaient y croire

Image associée
 
Beaucoup de leurs revendications initiales n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions de la concertation, selon la restitution du grand débat par Edouard Philippe qui a envoyé un mauvais signal. Exit le 'RIC' ou encore le rétablissement de l'ISF... D'autres propositions convergent. Que dit "le Vrai débat", leur plateforme concurrente ? 

'Paroles de Français', un slogan trompeur
"RIC" : ce slogan pour un référendum d'initiative citoyenne, relayé sur les rond-points tenus par les Gilets jaunes, était l'une des principales revendications du mouvement, mais il est littéralement passé à la trappe de la mascarade de débat national. Si l'on s'en tient à la synthèse rendue publique lundi, seuls 2.1% des contributeurs auraient soutenu l'idée d'instaurer un tel mode de consultation, préférant un élargissement du recours aux référendums locaux ou à d'autres modes de consultation de la population : le "RIC" ne serait donc soutenu que par une petite minorité de participants.
Il faut rappeler que les participants au 'grand' débat étaient essentiellement des élus, autant que possible sélectionnés, ou des retraités à la fois modérés et sympathisants de la majorité présidentielle. Les Gilets jaunes y étaient représentés de manière très marginales, quand ils n'étaient pas exclus du 'grand' débat. Le président n'a même jamais cité leur nom, zappant avec mépris  leur existence.
Les figures du mouvement n'ont donc pas de quoi être déçus, d'autant que, sur leur propre plateforme concurrente, baptisée "le Vrai débat" - et qui revendique 25.000 propositions et "plus d'un million de votes" - cite au contraire le "RIC" comme la deuxième revendication la plus soutenue, avec plus de 85% de votes favorables. 

Le "grand débatteur" a fait son marché parmi les propositions 

Il apparaît un étrange hiatus entre les propositions de Philippe et les revendications réelles. 'Paroles de Français' est un slogan trompeur.
On observe ainsi que nombre de revendications économiques et sociales portées sur la plateforme concurrente des Gilets jaunes reste très marginales côté 'grand débat', soit parce qu'elles sortent des thèmes proposés par le gouvernement, soit parce qu'elles apparaissent minoritaires. Parmi elles, la renationalisation des autoroutes et des secteurs de l'énergie, la "hausse du seuil de pauvreté au niveau du Smic" ou encore la suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), plébiscitées par "le Vrai débat", alors qu'elles ne surgissent que de façon marginale dans les "contributions libres" des participants du Grand débat national.

Surtout, la recherche commune de justice fiscale aboutit à une hiérarchisation différentes des grandes options fiscales. 
Le rétablissement de l'ISF, présenté comme l'une des priorités des Gilets jaunes dans le cadre du "Vrai débat", n'est avancé "que" par 10.3% des contributeurs du Grand débat national. 
L'abandon de la hausse de la CSG, sixième proposition du "Vrai débat", est proposée par 9.8% des participants du grand débat. 
En revanche, la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales sont des priorités pour les deux plateformes. 

Des convergences théoriques, notamment sur la démocratie

Les deux plateformes convergent en revanche sur des revendications liées à la démocratie. Parmi les sujets placés largement en tête des deux côtés, la reconnaissance du vote blanc, le contrôle des "privilèges" des élus (anciens présidents, ministres, députés et sénateurs) et le renforcement de la transparence (90% des personnes qui se sont exprimées souhaitent qu'un candidat ne puisse se présenter à des élections que s'il possède un casier judiciaire vierge). Celui des privilèges des journalistes est toutefois négligé.
Durant sa campagne, le candidat Macron avait promis la "moralisation de la vie publique", qui s'est traduite en début de quinquennat dans deux lois visant à "rétablir la confiance dans la vie politique". Ces lois encadrent notamment le statut des collaborateurs du chef de l'Etat (on a vu avec l'affaire Benalla quel respect Macron leur porte), l'interdiction des emplois familiaux au sein de l'exécutif et du Parlement, et la transparence des élus en matière fiscale.
Durant sa campagne, Macron avait défendu le principe du casier judiciaire vierge pour les élus. Lors des débats autour de la moralisation de la vie publique, la mesure avait toutefois été écartée au profit d'une peine d'inéligibilité complémentaire inscrite dans le Code pénal, d'une durée maximale de dix ans, pour certaines condamnations (atteinte à la probité comme la fraude fiscale aggravée, violences, agressions sexuelles, harcèlement, discriminations ou terrorisme). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne, présentent toutefois des règles plus contraignantes en tenant compte des condamnations passées.
Parmi les points de convergence, on peut également citer des mesures sociales (réindexation des pensions de retraite), environnementales (interdiction des pesticides, promotion de l'agriculture biologique), mais aussi la préservation des services publics, notamment dans le secteur de la santé. 

dimanche 24 mars 2019

Deux "Gilets jaunes" verbalisés pour le port d'un pull "Oui au RIC" dans une zone interdite

Le pouvoir est devenu fou, mais nos oligarques de  la presse approuvent sa radicalisation

Le couple a refusé de payer les amendes et a contacté un avocat 

Le couple portait ce pull lorsqu\'il a été verbalisé le 23 mars 2019.

Deux habitants de l'Orne se sont fait verbaliser samedi 23 mars près de l'Arc de Triomphe, à Paris, alors qu'
ils portaient un pull sur lequel était inscrit "Oui au RIC, je dis oui au référendum d'initiative citoyenne", selon plusieurs sources concordantes.

Jérôme et Béatrice sont-ils des Gilets noirs, membres de l'ultra-gauche ?
Ils étaient venus manifester à Paris samedi dans le cadre de la mobilisation des Gilets jaunes", mais est-ce déjà un délit en soi?  Ils expliquent que, une fois la manifestation dispersée, des policiers les ont abordés, alors qu'ils s'apprêtaient à prendre le métro place de l'Etoile, rue Victor Hugo, dans le 16e arrondissement de Paris. Selon eux, les fonctionnaires de police leur ont interpellés au motif qu'ils portaient un pull en faveur du RIC dans un périmètre interdit par la préfecture. 
Les deux "terroristes" ont écopé d'une amende de 135 euros chacun.

Le pouvoir macronien crée de nouvelles zones de non-droit

"C’est de l'abus de pouvoir : vous vous rendez-compte pour un pull, où il y a écrit 'Oui au RIC'", s'indigne Jérôme qui considère que les manifestants n'ont plus aucun droit. Avec ces zones de non-droit d'un nouveau genre, au coeur de Paris, "on n'a plus le droit de s'exprimer en France." 

"On n’allait pas manifester sur les Champs-Elysées; on allait au métro, mais ils n’ont pas voulu entendre. On a même proposé d’enlever notre pull mais ils ont 
refusé", poursuit Béatrice.
Le procès-verbal adressé à Béatrice
Le couple a refusé de signer ces contraventions "inappropriées" et donc de payer les amendes et a contacté un avocat. 
La préfecture de police de Paris refuse de communiquer.
Il reste donc du pain sur la planche pour la Haut-commissaire aux Droits de l'homme de l'ONU ou pour le Conseil de l'Europe. Quant au Défenseur des droits, Jacques Toubon, il reçoit toujours son salaire...

vendredi 25 janvier 2019

Une "Gilet jaune" ne "regrette pas" d'avoir voté Macron, Levavasseur...

Récupérée en sous-main, Levavasseur se grille à la première émission de grande écoute

La politique de Macron sert ses ambitions personnelles

La “gilet jaune” Ingrid Levavasseur. Photo © ISA HARSIN/SIPA
"Si j'avais pu avoir un vote blanc qui soit comptabilisé, j'aurais voté blanc", a raconté vendredi 25 janvier, Ingrid Levavasseur, tête de la première déclarée des listes Gilets jaunes annoncées pour les Européennes, grillant la politesse à Jacline Mouraud, celle qui fit le buzz avec une vidéo d'indignée.

Figure médiatisée des Gilets jaunes, du fait de sa modération, nous a-t-on assuré d'entrée de jeu, Ingrid Levavasseur a d'abord été sollicitée par BFMTV chaîne d'info en continu détestée pour son parti-pris gouvernemental, au point qu'elle a dû renoncer à sa collaboration à l'émission "Et en même temps", présentée à 18h00 par Apolline de Malherbe qui médiatisa les réticences de la trentenaire, du fait de menaces et intimidations. L'aide-soignante s'adressa à ceux et celles qu'elle ne convainquait pas de sa sincérité :
"Stop arrêtez avec vos messages cyniques, j'ai refusé cette offre!", a écrit cette aide-soignante sur sa page Facebook. "Vous n'imaginez même pas le mal que vous faites aux gens qui se battent pour vous! Débrouillez vous entre vous puisque vous avez les solutions..."
BFMTV déplora haut et fort ce climat qui faisait capoter son opération médiatique et qui conduisait, disait-elle, à limiter l'exercice d'un simple débat démocratique.

C'est sûr, la Gilet jaune n'est pas blanc-blanc.
Déjà qu''intituler son parti "Ralliement d’initiative citoyenne", est un choix toxique puisqu'il fait référence au référendum d’initiative populaire, RIC également, bien commun de la plupart des Gilets jaunes, et qu'il crée une confusion mortelle pour le  'Référendum d'initiative citoyenne' dont Macron ne veut justement pas,  elle jure que le RIC est "apolitique pleinement et depuis le départ".
Mais l'intrigante doit ensuite répondre d'un soupçon sur le rôle joué par Bernard Tapie. Ingrid Levavasseur tente de se défendre : "Bernard tapie est un soutien moral. Il nous a prêté le local du journal La Provence pour qu’on puisse se réunir. Il ne donnera pas un centime".
Or, la dame a reconnu ce vendredi avoir voté Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de 2018

Invitée sur France info, l'aide-soignante de 31 ans a précisé : "J'ai voté Macron, je ne regrette pas mon choix". Madame de Malherbe ne l'avait pas ponctionnée par hasard sur son rond-point ...

Et d'ajouter : "Si j'avais pu avoir un vote blanc qui soit comptabilisé, j'aurais voté blanc mais j'ai voté Macron pour voter contre Le Pen.

On ne lui reproche pas non plus d'être originaire de l'Eure, département de Sébastien Lecornu, ministre, co-animateur du 'Grand Débat' et de Bruno Questel, hôte de Macron, pour son premier grand show télévisé sur sa longueur intégrale, mais l'accumulation de hasards interpelle.
 
Dans la foulée, la jeune femme a précisé les contours de sa future liste pour les élections européennes. 
"C'est une liste protéiforme. On ne veut pas aller dans les extrêmes, on n'a vraiment pas envie de partir dans tout et n'importe quoi. Pas d'extrême droite, pas d'extrême gauche. Nous sommes ouverts à tous les citoyens qui ont envie de bien faire", a-t-elle expliqué, en bon sergent-recruteur, au micro de France info.

L'aide-soignante est également revenue sur son échange musclé de la veille avec une autre "gilet jaune" sur le plateau de "L'émission politique" de France 2. Évelyne Liberal avait notamment reproché à la jeune femme de mener une liste aux Européennes, initiative qu'elle jugea opportuniste. Balayant les critiques, l'aide-soignante a expliqué que "le but de cette liste européenne, c'est d'être présent partout". Ce que Macron n'est pas...
 
Levavasseur a pourtant bonne conscience
"Je ne pense pas avoir trahi les 'gilets jaunes'. Je suis une 'gilet jaune' depuis toujours: je n'ai pas besoin de me justifier, ni de me légaliser à leurs côtés. Je suis engagée et je m'engage en tant que citoyenne. Il faut vraiment faire en sorte de se faire entendre". 
Cette candidature qui a reçu l'onction de LREM et des media soumis est clivante. Son "embryon" de liste (une dizaine de noms) trahit l'impatience du pouvoir à voir éclater le mouvement. Pour lui, Levavasseur présente toutes les qualités : elle est capable de provoquer une chicaya de basse-cour parmi les Gilets jaunes, puis d'abandonner la compétition, comme elle a lâché BFMTV, mission accomplie. Et la récompense d'un siège au CESE ?...

Et c'est Maxime Nicolle qui est controversé dans la presse engagée. Connu sous le pseudo de "Fly Rider", il a dénoncé une liste "d'opportunistes" et de "vendus". 
"Voter gilets jaunes, c'est voter Macron", a prévenu de son côté le groupe d'Eric Drouet, "La France en colère", dans un communiqué. 

Deux des dix noms de sa liste sont déjà contestés
Marc Doyer, notamment, est pris pour cible, parce que, le 13 décembre dernier encore, il se disait "candidat à l’investiture" LREM aux Européennes, comme l’a fait remarquer le journaliste de Libération Vincent Glad. Mercredi 23 janvier, M. Doyer a aussi posté une photo de lui vêtu du t-shirt de campagne de Macron. 
Brigitte Lapeyronie, quatrième candidate de la liste, est également douteuse, en partie parce qu’elle a été membre du conseil national de l’UDI jusqu’en septembre 2013.

Marlène Schiappa s'est trahie sur le plateau de France 2
Non contente d'humilier publiquement et frontalement Benoît Hamon pour son score (6%) à la présidentielle, la secrétaire d'Etat sexiste a encore trop parlé. Elle a lâché qu'elle avait rencontré Levavasseur, en secret, dans les bureaux officiels du ministère.  
Alors qu'Evelyne Liberal, Gilet jaune du Nord de la France, reprochait à Ingrid Levavasseur de mener une liste aux Européennes, l'électrice de Macron s'est donc crue obligée de se mettre à nu. "J'ai rencontré Mme Schiappa au début du mouvement, a-t-elle confirmé, ce qui me semblait important parce que je suis toujours dans la communication et non pas dans l'inverse", lui a répondu Ingrid Levavasseur. "Je n'ai pas créé de parti en mon nom; j'ai été élue tête de liste", s'est encore maladroitement défendue la jeune femme, qui va désormais peiner pour recueillir les quelque 69 noms qui lui manquent. "Il faut qu'elle enlève son gilet jaune !," s'est indignée Evelyne Liberal.
 
Et la sous-ministre de s'en mêler (s'emmêler ?), ne réussissant qu'à casser la candidature de Levavasseur: à trop parler, on en oublie de tourner sa langue. Pas bon, ça, pour le 'Journal du hard'...

mercredi 23 janvier 2019

Macron incité à renouer avec la démocratie


Les Gilets jaunes pousseront-ils Macron à assainissement de la République ?

Image associéeLe succès des Gilets jaunes - y compris sur la durée - tient aussi au fait que les Français tournent le dos à la classe politique et aux intermédiaires traditionnels, dont les élus qui disent les comprendre mais suivent aveuglément les consignes d'un président qui a flouté ses promesses de campagne et ne leur correspond pas sur le fond et la presse en qui ils ne se reconnaissent pas dans les manières pareillement arrogantes de sachants - non élus et illégitimes à exercer un pouvoir moral sur les esprits -  et dont ils contestent l'accaparement du pouvoir de juger comme de leur souveraineté démocratique. Ils ne veulent plus être infantilisés parce qu'ils n'ont pas les mots pour impressionner et manipuler. Ils réclament des représentants en qui ils puissent se reconnaître, faute de quoi ils sont prêts à reprendre leurs délégations et à exercer leur pouvoir directement. 

Les Gilets jaunes lancent à Macron le défi du rétablissement de la démocratie 

Or, il n'est pas acquis qu'ils se satisfassent d'une pseudo démocratie participative, telle que celle qu'il met en place, avec cadrages et filtres multiples.  Dans l'hypothèse où il ne comprendrait toujours pas que son rapport au peuple et les mentalités de son entourage, comme des blancs-becs de sa majorité à l'Assemblée, doivent changer, son "adresse à la Nation", lundi soir, est vouée à l'échec. Et, au-delà son quinquennat, mais surtout l'avenir des Français.

Macron s'est laissé éjecter hors des rails de ses promesses de campagne. 
En pensant gagner du temps avec le "grand débat national", tout en travaillant à son implantation rurale, lors de ses meetings en régions, en vue des Européennes, il met en place des rencontres qui, d'une part, affaiblissent le Parlement, et d'autre part, entretiennent la contestation sur plusieurs mois, à travers le pays. 
Il est d'ores et déjà attendu, comme à l'orée d'un bois, à l'issue de ce grand débat, quand la collecte des doléances devra être compète et fidèle aux voeux de la population, alors qu'il a déjà donné la preuve de son incapacité d'écoute et de compréhension de ses aspirations. Pour de bon, cette fois, il lui faudra "assumer" les demandes de référendum d'initiative citoyenne (RIC) et d'assemblée citoyenne, une démocratie horizontale qui ne lui correspond nullement: devra-t-il se renier et décider la dissolution de l'Assemblée ? Détournera-t-il l'attention sur une réforme ou suppression du Sénat, Chambre haute et représentative de la ruralité, laquelle est précisément en tête de la contestation sociale actuelle ? Aussi sûrement qu'avec sa loi "anti-casseurs" en cours d'examen - après ses recours abusifs à l'article 49.3 pour forcer, à trois reprises consécutives, le passage de la Loi Travail - l'affaiblissement ou l'extermination des sénateurs serait une atteinte mortelle au pluralisme républicain et à la démocratie,  alors que l'assemblée qui fait réellement débat, en termes de démocratie est le CESE (Conseil économique, social et environnemental), constitué de 233 individus - plus 60 personnalités associées, dont Jean-Yves Mano, USM, Union Syndicale des Magistrats, Patrick Doutreligne, ex-Adoma, Lucie Montchovi, journaliste d service public sur France Info, ou Mohamed Mechmache, AClefeu ! et une forte représentation d'acteurs socio-professionnels de la région de Nantes et Saint-Nazaire, chère à Jean-Marc Ayrault - désignés pour cinq ans (fonction renouvelable un seule fois), dont le rôle, uniquement consultatif, la composition et l'absentéisme de certains de ses membres, sont pourtant régulièrement dénoncés...

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Cette "chambre des dépités" est censée éclairer le gouvernement sur des sujets de société
, mais composée de politiciens usés ou déchus, de syndicalistes en fin de carrière (Philippe Jahshan, SUD, Gérard Aschieri, FSU, Julien Blanchet, FAGE, ou Jacques Pasquier, Confédération paysanne), de sportifs (Bernard Amsalem) ou d'artistes en mal de succès (Rost Adom'megaa, artiste-écrivain, ou Régis Wargnier, réalisateur), leurs bons et loyaux service de féaux leur vaut cette niche dorée (Bougrain-Dubourg, LPO, François Asselin, Isabelle Autissier, Françoise Rudetzki, ou Anne-Marie Couderc, Presstalis, ou le défunt journaliste Michel Thomiche). On les trouve surtout dans le contingent des 40 'PQ' (personnalités qualifiées), directement nommées par l’Elysée. Récemment, François Hollande n’a pas résisté à y placer son ami Jean-Luc Bennhamias, qui n’avait plus de mandat, ou son copain de promo de l’ENA, Jean-Marie Cambaceres. Christian Estrosi y avait également trouvé refuge à une époque, de même que Luc Ferry lorsqu’il était sorti du gouvernement.
Cette troisième assemblée constitutionnelle a toujours été gangrené par un fort absentéisme : officiellement, il n’est que de 30% en séance plénière et 35% en réunion de section mais, en réalité, bien plus élevé : certains ont ainsi pu cumuler jusqu’à 11 "mots d’excuse" sur un trimestre. Le 11 juillet 2017, pour la venue d'Edouard Philippe, l'hémicycle du CESE était plein. Deux jours plus tard, pour la séance plénière ordinaire, les rangs étaient clairsemés. Un jour, une haut-fonctionnaire de son cabinet propose à Roselyne Bachelot de saisir le CESE sur un dossier. "Surtout pas ! lui répond la ministre. Ils vont mettre un an à me sortir de l’eau tiède !". De fait, le gouvernement ne saisit le CESE que 5 à 6 fois par an, et le Parlement quasiment jamais.
Une pompe à finance des centrales syndicales.
Sur les 233 membres du CESE, près d’un tiers, 69, appartiennent à des syndicats de salariés qui ont un quota de membres (la CGT en a 18, la CFDT également, FO 14, etc…). Ces conseillers ont la particularité de reverser l’intégralité de leur indemnité (environ 3.000€/mois) à leur syndicat. Parfois c’est même le CESE qui la vire directement sur le compte de l'organisation en toute légalité ! La CGT, qui compte 18 représentants au CESE et 200 dans les CESER (les CESE des régions) empoche ainsi pas loin de 35 millions d’euros par an. Ce système de financement déguisé des syndicats par l’Etat a été dénoncé en 2011 dans un rapport parlementaire de l’ex-député centriste Nicolas Perruchot. Son contenu était tellement explosif que le gouvernement avait préféré l’enterrer, avant qu’il ne fuite dans la presse. Rassurons-nous, les organisations patronales (41 conseillers) ne sont pas en reste.
Au palais d’Iéna, le salaire moyen des agents approche les 4.000€/mois. Un niveau rarement égalé dans la fonction publique, tout comme les 150.000€ annuels du secrétaire général. Après Jean-Paul Delevoye (2010-2015), 72 ans, actuellement haut-commissaire à la réforme des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn depuis le 14 septembre 2017, c'est Patrick Bernasconi (depuis 2015), 64 ans.A ce prix-là, les agents ont en plus la possibilité de faire une heure de gym par jour sur leur temps de travail, et bénéficient d’un nombre de jours de congés qui fait que certains travaillent moins d’un jour sur deux en moyenne sur une année… Et ça se comprend, selon un ancien haut fonctionnaire de la maison : "le personnel a noué de fortes relations de solidarité avec les syndicats présents dans l’assemblée… Au cours du temps, ils ont obtenu des statuts et des déroulements de carrière sans équivalent…". On ne s'y embarrasse d'ailleurs pas de règles élémentaires de bonne gestion. Pendant longtemps, le CESE déclarait une dizaine de postes "fantômes" au ministère des Finances, et Bercy les finançait en tant que tels... Cette enveloppe était ensuite répartie en primes entre les salariés ! Certains agents se voyaient attribuer des heures supplémentaires fictives. Quoi encore ? La gestion des achats se faisait sans appel d’offres… Deux audits de la Cour des comptes ont semble-t-il permis de remettre un peu d’ordre, mais les juges s’interrogent toujours sur la légalité de certaines primes et ont trouvé des agents dont le temps de travail est de 200h inférieur à la durée légale annuelle ! S'étonnera-t-on encore que le système de retraite est déficitaire ?Si certains conseillers ne touchent rien pendant leur mandat, ils reçoivent leur gratification plus tard : la retraite des membres du CESE a longtemps été extrêmement avantageuse. Pour un mandat de 5 ans, elle donnait droit à une pension de 700€ mensuels, qui vient s’ajouter à la pension de droit commun, dont la plupart en bénéficient après avoir exercé une activité professionnelle rémunérée. Dans les faits, de nombreux conseillers effectuant plusieurs mandats, la pension moyenne est aujourd’hui de 1.200€ pour les 600 anciens membres. Mais ce taux de réversion très généreux a fini par menacer l’équilibre des comptes de l’institution, la caisse de retraite étant très déficitaire. Plusieurs réformes, la dernière en 2015, ont divisé par deux le montant des futures pensions, mais le CESE doit encore remettre 6 millions d’euros tous les ans pour équilibrer le système…Au CESE,  nul besoin de feuille de frais pour avoir droit à une indemnité…Sur les 3.000€ nets mensuels (pour 4 à 5 demi-journées de présence au palais d’Iéna) que touchent les conseillers, une grosse moitié de ce traitement est constituée d’une "indemnité représentative de frais". Cette indemnité est payée forfaitairement, que les frais soient engagés ou non. Cette 'IRF', que l’assemblée nationale vient de supprimer pour passer au remboursement sur frais réels, subsiste donc au CESE. Et elle présente l’avantage de ne pas être imposable.Faut-il purement et simplement couper la branche morte ?Le 3 juillet dernier, Macron a annoncé qu’il voulait réformer le CESE pour en faire "le forum de notre République", ce qu’il est déjà... Tout en reconnaissant que l’institution s’est figée, il a annoncé la réduction d’un tiers de ses membres, et l’élargissement des sensibilités qui y sont représentées. Sauf que dans l’affaire, les syndicats et les organisations patronales risquent d’y laisser quelques plumes. Pour l’ancien député UDI, Nicolas Perruchot, les partenaires sociaux risquent de faire front commun pour tenter de limiter les dégâts : "C'est une partie importante, pour certains syndicats, de leur fonctionnement annuel. Ils considèrent que le CESE est en partie à eux. Je suis persuadé que les partenaires sociaux [...] seront très liés entre eux pour éviter qu'on touche à ce qu'ils considèrent être un dû.".


A la surprise initiale de l'exécutif qui n'y voyait qu'un mouvement pour le pouvoir d'achat, des revendications ou propositions d'ordre institutionnel ont émergé ces dernières semaines chez les "gilets jaunes".

Ils ont "une deuxième revendication très forte: le besoin de s'exprimer et que la décision publique demain ne se fasse plus sans les Français", a reconnu, dimanche soir, le secrétaire d'Etat Mounir Mahjoubi sur BFMTV. Avant d'assurer qu'Emmanuel Macron va "évoquer ces deux aspects", lundi.

Vers une facilitation du recours au référendum  ?

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Depuis la réforme de la Constitution en 2008, "un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales", soit au moins 185 députés et sénateurs et plus de 4,5 millions d'électeurs, peuvent déclencher un référendum dit d'initiative partagée. Du fait d'une loi organique appliquée tardivement, la mesure n'est en vigueur que depuis le 1er janvier 2015 et n'a jamais été utilisée, notamment car ses conditions sont très restrictives.

Dans une liste de revendications diffusée fin novembre par des Gilets jaunes, il est proposé un "référendum populaire" dans la Constitution, comme le réclament par ailleurs des partis comme La France Insoumise, LFI, le Rassemblement national, RN, ou encore 'Debout la France', ainsi que certains élus LR.
Dans la revendication des Gilets jaunes, une proposition de loi obtenant 700.000 signatures -sous le contrôle d'un organisme indépendant- entraînerait un référendum national dans un délai d'un an et après un passage pour éventuel amendement à l'Assemblée nationale.

Or, avant le phénomène Gilets jaunes, Macron retardait sa réforme constitutionnelle. Arrivant au Parlement en janvier, elle ne comprend pas pour l'heure d'élargissement du recours au référendum. Au gouvernement, le ministre de l'Ecologie, François de Rugy, notamment soutient "l'idée de recourir davantage au référendum, au niveau national, voire local" pour "consulter les Français sur un certain nombre de sujets", selon un de ses proches.
Mais certains, comme le démographe Hervé Le Bras, avertissent du risque de couper encore davantage Emmanuel Macron des corps intermédiaires, comme il est souvent reproché au président. "Cette disparition des corps intermédiaires conduit en général non seulement à des régimes qu'on appelle populistes mais aussi à des régimes autoritaires", avertit le chercheur, 75 ans.

Des conseils citoyens ?

Les députés Bertrand Pancher (membre du Mouvement Radical et co-président du groupe Libertés et Territoires, 16 députés, marginaux réunis par des intérêts techniques) et Matthieu Orphelin (LREM) proposent notamment d'établir un ou des conseils rassemblant 100 citoyens tirés au sort et représentatifs par quotas de la population française. Doté d'un avis consultatif, ce conseil se prononcerait sur les décisions gouvernementales ou parlementaires, sur le modèle de l'Irlande, qui l'a adopté en 2016.

Une piste soutenue par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a affirmé lundi matin sur RTL être pour "des assemblées citoyennes", même via un "tirage au sort au niveau local", jugeant qu'"il y a trop d'élus départementaux, trop d'élus régionaux, trop d'élus nationaux".

L'exécutif prévoit déjà de réduire de 30% le nombre de parlementaires et d'introduire une dose de 15% de proportionnelle aux législatives. Mais ces mesures sont contestées par la droite dans le cadre des négociations sur la future réforme des institutions.

Trois mois de dialogue : et après ?

L'exécutif a déjà annoncé un "grand débat" de trois mois, du 15 janvier jusqu'au 1er mars dans de nombreuses villes de France. Un débat au niveau des "territoires", que le premier ministre Edouard Philippe veut "innovant" et "foisonnant" et dont l'organisation avait été confiée à l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, qui a préféré abandonner son pilotage (quand a été révélé son salaire de 15.000 euros), tout en conservant les avantages liés à la présidence de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). 

Selon une source ministérielle, le gouvernement veut que le rôle des préfets (et donc de l'Etat) soit minimal. Et laisser au maximum l'organisation à des associations d'élus ou des syndicats, avec des débats ouverts au public. Ces débats locaux, sans doute plusieurs par départements, auraient lieu en mairie, a annoncé vendredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.