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lundi 8 juillet 2019

Rétention des notes du bac : Macron prend le parti des élèves contre les fonctionnaires de l'Etat

Le chef de l'Etat sans enfants dénonce "une prise en otage de nos enfants"

En vérité, Macron ne parle que de lui !

Le président de la République s'est mis en avant pour donner son sentiment sur les enseignants qui ont refusé de rendre des copies du bac et obtenir de pouvoir dialoguer avec leur ministre sur la réforme du bac et du lycée.

D'abord 200, puis 300 prétendus, mais 700 finalement avoués.
Des professeurs ont refusé cette semaine de saisir les notes des candidats au baccalauréat et ainsi de les transmettre aux jurys, mais aussi, pour certains, de rendre les copies. 

"On ne pas prendre nos enfants et leurs familles en otage," a vivement réagi dimanche 7 juillet Emmanuel Macron, en des termes violents qui ont heurté les fonctionnaires. 
Le contexte de cette déclaration était léger, de surcroît : un entretien exclusif, annoncé à grands renfort de clairons par une chaîne d'Etat, accordé à Jacques Vendroux et diffusé sur franceinfo, en direct du stade de Lyon, avant la finale de la Coupe du monde féminine de football entre les Etats-Unis et les Pays-Bas, à 17h.

Macron a estimé que son ministre Jean-Michel Blanquer a eu "la bonne réaction" en décidant qu'en l'absence de certaines notes, les notes du contrôle continu de l'année seraient prises en compte pour compléter la moyenne. 
Les syndicats d'enseignants et une association d'élèves, l'UNL, dénoncent au contraire une tripatouillage des notes, une violation du caractère national de l'examen et une rupture d'égalité.

Macron se livre à une instrumentalisation grossière des désagréments vécus par les candidats
"Je respecte chacune et chacun, la liberté d'opinion et la liberté syndicale, mais à la fin des fins, on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage." Emmanuel Macron à franceinfo
Le président a rendu une copie sur un sujet de morale : le devoir !
"Je crois que, quand on est enseignant dans la République française, on a des devoirs aussi, a déclaré le président de la République. Notre devoir à tous, c'est que, quand il y a un examen attendu avec angoisse, qui vient sanctionner la fin des études secondaires et l'entrée dans la vie universitaire [qui ne 'sanctionne' d'ailleurs pas un accès au supérieur, mais qui ouvre des droits] et la suite, le devoir c'est d'être au rendez-vous et de faire ce qu'on doit faire. Pour le reste, il peut y avoir des désaccords, il y a évidemment le droit de grève, de manifestation et j'y tiens beaucoup. mais en aucun cas, ces désaccords ne peuvent s'exprimer en prenant en otage nos jeunes et dans un moment d'angoisse important pour leurs familles."

"99% de celles et ceux qui font chaque jour l'éducation de nos jeunes ont le sens du devoir, a poursuivi Emmanuel Macron. On a des enseignants qui, de la maternelle au supérieur, parfois dans des conditions matérielles difficiles [violon !], avec des rémunérations pas satisfaisantes [concerto pour violon, sans dialogue !], sont là et accompagnent nos jeunes. C'est le plus beau métier. Je ne veux pas le laisser salir, écorner."


Quel était donc les sens du devoir et du respect de Macron lors du chaos provoqué chez "nos jeunes" par l'imposture de Parcoursup 2018 ?


Le "scandale" du tirage au sort dans le système précédent, APB (Admission Post-Bac),
un service accessible via un site web du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche entre 2009 et 2017) a largement servi de fondement et de justification à la mise en place de la loi ORE et du dispositif Parcoursup. 
Lien PaSiDupes : "Les bacheliers sans affectation de Hollande et Vallaud-Belkacem. Et pendant ce temps, Najat Vallaud-Belkacem prend du repos en famille dans les Landes"
En juillet 2017, le journal Le Monde était content de la performance de l'Etat socialiste auquel Macron a apporté sa caution, et titrait : "84,3 % des candidats admis, tirage au sort dans 92 licences", le "recours au hasard" étant ainsi admis, validé et gravé dans le marbre du journal... Lien PaSiDupes : "La ministre de l'Education nationale [Vallaud-Belkacem] a publié une circulaire légitimant le tirage au sort à l'entrée à l'université " 
Le Monde refusait de pointer cette sorte de roulette russe que Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, s’était engagée à supprimer à la rentrée 2018. Et pourtant, 169 filières avaient dû recourir au tirage au sort pour éliminer [sic] des candidats lors de la première phase d’APB, début juin.

Il faut d’ailleurs souligner que la presse avait relativisé le désastre en banalisant les effets du tirage au sort, dès lors que le tirage au sort, tout problématique et injustifiable qu’il soit, n’a concerné que 0,4% des affectations dans l’enseignement supérieur en 2017. Grâce à la Plateforme APB, 6.000 étudiants étaient encore sans affectation à l'université, fin août 2017...

Rebelote en septembre 2018 : 120.000 "enfants" de Macron étaient toujours sans-affectation sur Parcoursup... 
Le 18 juillet, l’extrême lenteur de Parcoursup inquiétait déjà les futurs étudiants et établissements d'accueil. Soit 102.606 lycéens et étudiants - les "enfants" de Macron - en réorientation encore inscrits sur Parcoursup.  Lien PaSiDupes : "Un tiers des bacheliers n'est toujours pas fixé sur son sort.
Le sens du devoir de "papa" Macron était cruellement pris en défaut, puisqu'au début septembre 2018, encore un peu plus de 3.000 bacheliers - ses enfants - étaient toujours sans affectation... Lien JDD

Est-ce toujours moins pire aujourd'hui qu'avant ?
"Ce qui se profile aujourd’hui, c’est en réalité la généralisation à très grande échelle de quelque chose de plus pernicieux encore que le recours au tirage au sort," pouvait-on lire dans Libération en mai 2018. Qu’on en juge : dans des filières fréquemment confrontées à la nécessité de retenir [sélectionner?] environ 10% des candidatures (800 places pour 8.000 demandes ; 60 places pour 600 demandes…), le "classement" qu’il est demandé aux universités de réaliser aboutit à tout mettre en chiffres afin d’intégrer les appréciations qualitatives dans les algorithmes de classement : tel type d’appréciation "vaut" un 15/20, tel autre un 10/20… ; telle filière va privilégier les notes dites 'littéraires', telle autre les notes dites 'scientifiques'. Mais cette mise en chiffres, sur de tels volumes, ne suffit pas : il faut encore départager les très nombreux ex-aequo. Pour aboutir à un classement opératoire, il est nécessaire de descendre jusqu’au troisième chiffre après la virgule ! Si la seule différence entre un·e étudiant·e admis·e et un·e étudiant·e recalé·e tient à un millième de point sur une "moyenne" dont la confection soulève de graves questions de fond, n’aboutit-on pas à un système aussi injuste et plus trompeur que le tirage au sort ?
Le tirage au sort, meilleur système de sélection de l'excellence...

mercredi 23 janvier 2019

Macron incité à renouer avec la démocratie


Les Gilets jaunes pousseront-ils Macron à assainissement de la République ?

Image associéeLe succès des Gilets jaunes - y compris sur la durée - tient aussi au fait que les Français tournent le dos à la classe politique et aux intermédiaires traditionnels, dont les élus qui disent les comprendre mais suivent aveuglément les consignes d'un président qui a flouté ses promesses de campagne et ne leur correspond pas sur le fond et la presse en qui ils ne se reconnaissent pas dans les manières pareillement arrogantes de sachants - non élus et illégitimes à exercer un pouvoir moral sur les esprits -  et dont ils contestent l'accaparement du pouvoir de juger comme de leur souveraineté démocratique. Ils ne veulent plus être infantilisés parce qu'ils n'ont pas les mots pour impressionner et manipuler. Ils réclament des représentants en qui ils puissent se reconnaître, faute de quoi ils sont prêts à reprendre leurs délégations et à exercer leur pouvoir directement. 

Les Gilets jaunes lancent à Macron le défi du rétablissement de la démocratie 

Or, il n'est pas acquis qu'ils se satisfassent d'une pseudo démocratie participative, telle que celle qu'il met en place, avec cadrages et filtres multiples.  Dans l'hypothèse où il ne comprendrait toujours pas que son rapport au peuple et les mentalités de son entourage, comme des blancs-becs de sa majorité à l'Assemblée, doivent changer, son "adresse à la Nation", lundi soir, est vouée à l'échec. Et, au-delà son quinquennat, mais surtout l'avenir des Français.

Macron s'est laissé éjecter hors des rails de ses promesses de campagne. 
En pensant gagner du temps avec le "grand débat national", tout en travaillant à son implantation rurale, lors de ses meetings en régions, en vue des Européennes, il met en place des rencontres qui, d'une part, affaiblissent le Parlement, et d'autre part, entretiennent la contestation sur plusieurs mois, à travers le pays. 
Il est d'ores et déjà attendu, comme à l'orée d'un bois, à l'issue de ce grand débat, quand la collecte des doléances devra être compète et fidèle aux voeux de la population, alors qu'il a déjà donné la preuve de son incapacité d'écoute et de compréhension de ses aspirations. Pour de bon, cette fois, il lui faudra "assumer" les demandes de référendum d'initiative citoyenne (RIC) et d'assemblée citoyenne, une démocratie horizontale qui ne lui correspond nullement: devra-t-il se renier et décider la dissolution de l'Assemblée ? Détournera-t-il l'attention sur une réforme ou suppression du Sénat, Chambre haute et représentative de la ruralité, laquelle est précisément en tête de la contestation sociale actuelle ? Aussi sûrement qu'avec sa loi "anti-casseurs" en cours d'examen - après ses recours abusifs à l'article 49.3 pour forcer, à trois reprises consécutives, le passage de la Loi Travail - l'affaiblissement ou l'extermination des sénateurs serait une atteinte mortelle au pluralisme républicain et à la démocratie,  alors que l'assemblée qui fait réellement débat, en termes de démocratie est le CESE (Conseil économique, social et environnemental), constitué de 233 individus - plus 60 personnalités associées, dont Jean-Yves Mano, USM, Union Syndicale des Magistrats, Patrick Doutreligne, ex-Adoma, Lucie Montchovi, journaliste d service public sur France Info, ou Mohamed Mechmache, AClefeu ! et une forte représentation d'acteurs socio-professionnels de la région de Nantes et Saint-Nazaire, chère à Jean-Marc Ayrault - désignés pour cinq ans (fonction renouvelable un seule fois), dont le rôle, uniquement consultatif, la composition et l'absentéisme de certains de ses membres, sont pourtant régulièrement dénoncés...

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Cette "chambre des dépités" est censée éclairer le gouvernement sur des sujets de société
, mais composée de politiciens usés ou déchus, de syndicalistes en fin de carrière (Philippe Jahshan, SUD, Gérard Aschieri, FSU, Julien Blanchet, FAGE, ou Jacques Pasquier, Confédération paysanne), de sportifs (Bernard Amsalem) ou d'artistes en mal de succès (Rost Adom'megaa, artiste-écrivain, ou Régis Wargnier, réalisateur), leurs bons et loyaux service de féaux leur vaut cette niche dorée (Bougrain-Dubourg, LPO, François Asselin, Isabelle Autissier, Françoise Rudetzki, ou Anne-Marie Couderc, Presstalis, ou le défunt journaliste Michel Thomiche). On les trouve surtout dans le contingent des 40 'PQ' (personnalités qualifiées), directement nommées par l’Elysée. Récemment, François Hollande n’a pas résisté à y placer son ami Jean-Luc Bennhamias, qui n’avait plus de mandat, ou son copain de promo de l’ENA, Jean-Marie Cambaceres. Christian Estrosi y avait également trouvé refuge à une époque, de même que Luc Ferry lorsqu’il était sorti du gouvernement.
Cette troisième assemblée constitutionnelle a toujours été gangrené par un fort absentéisme : officiellement, il n’est que de 30% en séance plénière et 35% en réunion de section mais, en réalité, bien plus élevé : certains ont ainsi pu cumuler jusqu’à 11 "mots d’excuse" sur un trimestre. Le 11 juillet 2017, pour la venue d'Edouard Philippe, l'hémicycle du CESE était plein. Deux jours plus tard, pour la séance plénière ordinaire, les rangs étaient clairsemés. Un jour, une haut-fonctionnaire de son cabinet propose à Roselyne Bachelot de saisir le CESE sur un dossier. "Surtout pas ! lui répond la ministre. Ils vont mettre un an à me sortir de l’eau tiède !". De fait, le gouvernement ne saisit le CESE que 5 à 6 fois par an, et le Parlement quasiment jamais.
Une pompe à finance des centrales syndicales.
Sur les 233 membres du CESE, près d’un tiers, 69, appartiennent à des syndicats de salariés qui ont un quota de membres (la CGT en a 18, la CFDT également, FO 14, etc…). Ces conseillers ont la particularité de reverser l’intégralité de leur indemnité (environ 3.000€/mois) à leur syndicat. Parfois c’est même le CESE qui la vire directement sur le compte de l'organisation en toute légalité ! La CGT, qui compte 18 représentants au CESE et 200 dans les CESER (les CESE des régions) empoche ainsi pas loin de 35 millions d’euros par an. Ce système de financement déguisé des syndicats par l’Etat a été dénoncé en 2011 dans un rapport parlementaire de l’ex-député centriste Nicolas Perruchot. Son contenu était tellement explosif que le gouvernement avait préféré l’enterrer, avant qu’il ne fuite dans la presse. Rassurons-nous, les organisations patronales (41 conseillers) ne sont pas en reste.
Au palais d’Iéna, le salaire moyen des agents approche les 4.000€/mois. Un niveau rarement égalé dans la fonction publique, tout comme les 150.000€ annuels du secrétaire général. Après Jean-Paul Delevoye (2010-2015), 72 ans, actuellement haut-commissaire à la réforme des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn depuis le 14 septembre 2017, c'est Patrick Bernasconi (depuis 2015), 64 ans.A ce prix-là, les agents ont en plus la possibilité de faire une heure de gym par jour sur leur temps de travail, et bénéficient d’un nombre de jours de congés qui fait que certains travaillent moins d’un jour sur deux en moyenne sur une année… Et ça se comprend, selon un ancien haut fonctionnaire de la maison : "le personnel a noué de fortes relations de solidarité avec les syndicats présents dans l’assemblée… Au cours du temps, ils ont obtenu des statuts et des déroulements de carrière sans équivalent…". On ne s'y embarrasse d'ailleurs pas de règles élémentaires de bonne gestion. Pendant longtemps, le CESE déclarait une dizaine de postes "fantômes" au ministère des Finances, et Bercy les finançait en tant que tels... Cette enveloppe était ensuite répartie en primes entre les salariés ! Certains agents se voyaient attribuer des heures supplémentaires fictives. Quoi encore ? La gestion des achats se faisait sans appel d’offres… Deux audits de la Cour des comptes ont semble-t-il permis de remettre un peu d’ordre, mais les juges s’interrogent toujours sur la légalité de certaines primes et ont trouvé des agents dont le temps de travail est de 200h inférieur à la durée légale annuelle ! S'étonnera-t-on encore que le système de retraite est déficitaire ?Si certains conseillers ne touchent rien pendant leur mandat, ils reçoivent leur gratification plus tard : la retraite des membres du CESE a longtemps été extrêmement avantageuse. Pour un mandat de 5 ans, elle donnait droit à une pension de 700€ mensuels, qui vient s’ajouter à la pension de droit commun, dont la plupart en bénéficient après avoir exercé une activité professionnelle rémunérée. Dans les faits, de nombreux conseillers effectuant plusieurs mandats, la pension moyenne est aujourd’hui de 1.200€ pour les 600 anciens membres. Mais ce taux de réversion très généreux a fini par menacer l’équilibre des comptes de l’institution, la caisse de retraite étant très déficitaire. Plusieurs réformes, la dernière en 2015, ont divisé par deux le montant des futures pensions, mais le CESE doit encore remettre 6 millions d’euros tous les ans pour équilibrer le système…Au CESE,  nul besoin de feuille de frais pour avoir droit à une indemnité…Sur les 3.000€ nets mensuels (pour 4 à 5 demi-journées de présence au palais d’Iéna) que touchent les conseillers, une grosse moitié de ce traitement est constituée d’une "indemnité représentative de frais". Cette indemnité est payée forfaitairement, que les frais soient engagés ou non. Cette 'IRF', que l’assemblée nationale vient de supprimer pour passer au remboursement sur frais réels, subsiste donc au CESE. Et elle présente l’avantage de ne pas être imposable.Faut-il purement et simplement couper la branche morte ?Le 3 juillet dernier, Macron a annoncé qu’il voulait réformer le CESE pour en faire "le forum de notre République", ce qu’il est déjà... Tout en reconnaissant que l’institution s’est figée, il a annoncé la réduction d’un tiers de ses membres, et l’élargissement des sensibilités qui y sont représentées. Sauf que dans l’affaire, les syndicats et les organisations patronales risquent d’y laisser quelques plumes. Pour l’ancien député UDI, Nicolas Perruchot, les partenaires sociaux risquent de faire front commun pour tenter de limiter les dégâts : "C'est une partie importante, pour certains syndicats, de leur fonctionnement annuel. Ils considèrent que le CESE est en partie à eux. Je suis persuadé que les partenaires sociaux [...] seront très liés entre eux pour éviter qu'on touche à ce qu'ils considèrent être un dû.".


A la surprise initiale de l'exécutif qui n'y voyait qu'un mouvement pour le pouvoir d'achat, des revendications ou propositions d'ordre institutionnel ont émergé ces dernières semaines chez les "gilets jaunes".

Ils ont "une deuxième revendication très forte: le besoin de s'exprimer et que la décision publique demain ne se fasse plus sans les Français", a reconnu, dimanche soir, le secrétaire d'Etat Mounir Mahjoubi sur BFMTV. Avant d'assurer qu'Emmanuel Macron va "évoquer ces deux aspects", lundi.

Vers une facilitation du recours au référendum  ?

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Depuis la réforme de la Constitution en 2008, "un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales", soit au moins 185 députés et sénateurs et plus de 4,5 millions d'électeurs, peuvent déclencher un référendum dit d'initiative partagée. Du fait d'une loi organique appliquée tardivement, la mesure n'est en vigueur que depuis le 1er janvier 2015 et n'a jamais été utilisée, notamment car ses conditions sont très restrictives.

Dans une liste de revendications diffusée fin novembre par des Gilets jaunes, il est proposé un "référendum populaire" dans la Constitution, comme le réclament par ailleurs des partis comme La France Insoumise, LFI, le Rassemblement national, RN, ou encore 'Debout la France', ainsi que certains élus LR.
Dans la revendication des Gilets jaunes, une proposition de loi obtenant 700.000 signatures -sous le contrôle d'un organisme indépendant- entraînerait un référendum national dans un délai d'un an et après un passage pour éventuel amendement à l'Assemblée nationale.

Or, avant le phénomène Gilets jaunes, Macron retardait sa réforme constitutionnelle. Arrivant au Parlement en janvier, elle ne comprend pas pour l'heure d'élargissement du recours au référendum. Au gouvernement, le ministre de l'Ecologie, François de Rugy, notamment soutient "l'idée de recourir davantage au référendum, au niveau national, voire local" pour "consulter les Français sur un certain nombre de sujets", selon un de ses proches.
Mais certains, comme le démographe Hervé Le Bras, avertissent du risque de couper encore davantage Emmanuel Macron des corps intermédiaires, comme il est souvent reproché au président. "Cette disparition des corps intermédiaires conduit en général non seulement à des régimes qu'on appelle populistes mais aussi à des régimes autoritaires", avertit le chercheur, 75 ans.

Des conseils citoyens ?

Les députés Bertrand Pancher (membre du Mouvement Radical et co-président du groupe Libertés et Territoires, 16 députés, marginaux réunis par des intérêts techniques) et Matthieu Orphelin (LREM) proposent notamment d'établir un ou des conseils rassemblant 100 citoyens tirés au sort et représentatifs par quotas de la population française. Doté d'un avis consultatif, ce conseil se prononcerait sur les décisions gouvernementales ou parlementaires, sur le modèle de l'Irlande, qui l'a adopté en 2016.

Une piste soutenue par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a affirmé lundi matin sur RTL être pour "des assemblées citoyennes", même via un "tirage au sort au niveau local", jugeant qu'"il y a trop d'élus départementaux, trop d'élus régionaux, trop d'élus nationaux".

L'exécutif prévoit déjà de réduire de 30% le nombre de parlementaires et d'introduire une dose de 15% de proportionnelle aux législatives. Mais ces mesures sont contestées par la droite dans le cadre des négociations sur la future réforme des institutions.

Trois mois de dialogue : et après ?

L'exécutif a déjà annoncé un "grand débat" de trois mois, du 15 janvier jusqu'au 1er mars dans de nombreuses villes de France. Un débat au niveau des "territoires", que le premier ministre Edouard Philippe veut "innovant" et "foisonnant" et dont l'organisation avait été confiée à l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, qui a préféré abandonner son pilotage (quand a été révélé son salaire de 15.000 euros), tout en conservant les avantages liés à la présidence de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). 

Selon une source ministérielle, le gouvernement veut que le rôle des préfets (et donc de l'Etat) soit minimal. Et laisser au maximum l'organisation à des associations d'élus ou des syndicats, avec des débats ouverts au public. Ces débats locaux, sans doute plusieurs par départements, auraient lieu en mairie, a annoncé vendredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

lundi 30 octobre 2017

Nouvelles modalités d’entrée à la fac : le gouvernement lève un coin du voile

Et déjà des reculades et une première exception...

Le baccalauréat produit des bacheliers inaptes à la fac, mais c'est à la fac de s'adapter ?

Orientation plutôt que sélection ?
 Et prévention?
Faut-il tirer les ministres au sort ?
Le tabou de la sélection à l'entrée à l'université ouverte à tous fait reculer le gouvernement en même temps qu'il dévoile lundi matin son plan de sauvetage des étudiants fourvoyés à l’université, axé sur l’accompagnement des bacheliers dans leur choix d'études supérieures, au terme de plusieurs mois de concertation pour réformer un système plombé par l'idéologie dominante.
Le gouvernement dévoile de énièmes nouvelles modalités d’entrée à la fac.
Najat Vallaud-Belkacem a refilé la patate chaude. Plusieurs filières sont en effet engorgées au point que la ministre gauchiste de Hollande, qui s'occupa plutôt d'imposer la "théorie du genre" à nos petites têtes blondes et la lutte contre le sexisme et les stéréotypes de genre, dès l'école, avec l'"ABCD de l'égalité" (certifié par le ministre de l'Éducation nationale de l'époque, Benoît Hamon, 6% au 1er tour de la présidentielle), valida le recrutement de la jeunesse étudiante par tirage au sort, quand d’autres filières sont délaissées, parfois à juste titre (si elles n'ouvrent pas de débouchés suffisants). Le génial logiciel d’orientation (APB, Admission Post-Bac) - solution miracle à tous les problèmes, puisque ...informatique - fut aussitôt totalement saturée. 
Rien, ni personne ne joua son rôle pour empêcher, en bout de ligne, un taux d’échec de près de 60% en première année de fac. Le bac,  offert à (presque) tous les lycéens arrivés sans obstacles en terminale (avec prime de certaines banques aux candidats avec mention !), n'assume plus, depuis de nombreuses années (plusieurs générations), sa fonction de sanction du cycle secondaire et de filtre d'accès à l'enseignement supérieur. Le baccalauréat est devenu un simple certificat de fin d'études, avec les conséquences sur lesquelles nos intellos du ministère -co-géré par un syndicat totalitaire d'enseignants déformés par leur idéologie- ont fermé les yeux au fil de sa lente mais constante dégradation, impavides face à la destruction sans cesse annoncée du système dont ils sont les gardiens bornés.

Le bug du logiciel APB était prévisible et accable le pouvoir socialiste.
A la rentrée 2016, un tirage au sort avait déjà eu lieu dans 78 mentions (principalement Staps, sport) pour l'ensemble de la France, soit environ 3.500 jeunes sans orientation.

En juillet 2017, ce sont plus de 65.000 jeunes qui restaient sur le carreau, sans affectation dans l’enseignement supérieur, alors que 187.000 places restaient disponibles, et pas seulement dans des filières qui n'avaient pas la cote. Le successeur de Najat Vallaud-Belkacem a dû ouvrir une procédure complémentaire jusqu’au 25 septembre... L'épouse de Boris Vallaud (un protégé de Hollande, parachuté sur une circonscription imperdable dans les Landes, celle de feu Henri Emmanuelli), envisage néanmoins un retour en politique par le Sénat. Au secours !

La nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur cherche toujours à ménager la chèvre, l'étudiant, et le chou, l'enseignant de gauche.

Face aux "failles", selon la presse, mais toutefois "criantes", selon la même, du système actuel, Frédérique Vidal cherche encore l’équilibre -en s'entraînant au grand écart- entre la nécessité de réformer les modalités d’accès à l’université et l'écueil de l'instauration d'une sélection, "chiffon rouge" déclenchant des crises dans de nombreuses organisations syndicales conservatrices, qu'elles soient universitaires ou étudiantes (aux orientations identiques, puisque les premiers déforment les esprits des seconds) et d'associations de parents d’élèves (noyautés par les organisations sus-nommées), attachées au principe historique d’accès à l’enseignement supérieur pour tous, par la voie royale bitumée du baccalauréat. 
La semaine dernière, la ministre a tâté le terrain, esquissant la philosophie de son plan, qu’elle présentera avec le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, et le premier ministre, Edouard Philippe.

La ministre avance à pas feutrés, quand la dynamite devrait parler
"L’idée n’est pas de dire "oui" ou "non", comme dans les filières sélectives [élitisme?!], mais de demander à l'Université de répondre plutôt "oui" ou "oui mais", a-t-elle expliqué dans un entretien à la presse paru jeudi: "Dans ce nouveau système, soit le lycéen dispose des compétences nécessaires pour suivre les cours auxquels il veut s’inscrire, soit certaines bases ne sont pas acquises et dans ce cas, nous pourrions lui proposer un accompagnement spécifique". La ministre est donc totalement à côté de la plaque: elle demande à l'Université d'assumer l'échec de l'école en amont.

Le dernier mot au lycéen : démagogie fétide 
Et c'est la deuxième cause de l'échec annoncé de Frédérique Vidal : à son tour, elle renonce à faire prendre en main les élèves par leurs maîtres, dès l'instant où apparaissent les difficultés à suivre le rythme des acquisitions. La doctrine officielle interdit le redoublement lorsqu'apparaissent les problèmes, mais le préconise au seuil de l'université quand, à l'âge adulte, l'étudiant se trouve placé face à la réalité, le mur des savoirs.

Le lycéen pourra être soumis à des remises à niveau, si nécessaire. Que de précautions de langage ! Mais non seulement c'est prendre le problème à l'envers, mais c'est acter l'échec de trois, huit ou quinze années de béatitude scolaire et jouer une partie perdue d'avance, car l'a-coup est psychologiquement rude pour le détenteur du parchemin soi-disant magique de fin d'année terminale, sésame vers la vie estudiantine libre et indépendante, et les remises à niveau déjà mises en place n'offrent toujours pas de garanties (elles n'ont pas été évaluées). Cette année supplémentaire d'ajustements à l'université n'est pas un rattrapage massif des bases et ne permettra pas les acquisitions requises d'un littéraire issu d'un bac arts plastiques aux sciences économiques en fac de droit. Sans parler des bacheliers en technologie qui ne sont pas destinés aux IUT, quoi qu'aient pu leur faire miroiter au lycée leurs conseillers d'orientation (passés conseillers d'orientation principaux, COP, puis conseillers d'orientation psychologues, au fil des manifestations syndicales, sans plus de formation, à l'ancienneté). 
Cette année supplémentaire aura un coup pour la partie solidaire de la population imposable, mais, soit elle sera celle de l'éjection définitive et de la fermeture définitive des portes de la fac, soit le report de l'échec à plus tard, sans examen universitaire diplômant et ouvrant, après une ou plusieurs années, sur une formation professionnelle débouchant elle-même sur une carrière choisie ou acceptée. La ministre doit avoir le courage de dire à l'étudiant que l'université n'est pas encore devenue ce qu'est déjà le lycée, un distributeur automatique de diplôme(s), sur la base d'une simple assiduité.  

Le gouvernement a démissionné : l'étudiant garderait le dernier mot pour choisir son orientation. Durant son année de terminale, il formulerait des voeux (dont le nombre serait réduit à une ...douzaine), ses enseignants émettraient des avis consultatifs sur ces voeux, avant que son dossier ne soit transmis aux établissements d’enseignement supérieur souhaités, qui communiqueraient également leurs observations sur sa candidature. 

"La question de la sélection, des prérequis a été abandonnée pour un accompagnement personnalisé, par profil d’élève". Ce jargon et le flou qu'il sous-tend réjouissent la présidente de la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves, classée à gauche), Liliana Moyano Lenice, une ex-candidate Les Verts (EELV) aux cantonales de 2004 (3,72%) à Rethel, Ardennes : "Cela permet de garder le bac comme porte d’entrée aux études supérieures, et que les lycéens restent acteurs de leur projet"... 
Trésorière nationale de la FCPE jusqu'en juin 2015, cette présidente a pu prendre la tête de la principale fédération de parents d'élèves à la suite de la démission inattendue de son prédécesseur pendant deux ans, Paul Raoult, et attribuée en interne à un "manque de démocratie" au moment de la réforme du collège menée par la ministre Najat Vallaud-Belkacem que soutenait des cadres de la fédération, malgré la contestation de la base. La dame est une marionnettiste (intermittente?) de 52 ans et mère de deux garçons de 18 et 20 ans... 
Au final, même si les avis sont défavorables, le lycéen pourrait maintenir son choix d’orientation. Mais il pourra lui être demandé de s’engager à suivre une remise à niveau. La forme de celle-ci (stages -bidon, par des associatifs bénévoles, mais militants, ou dans le privé, pour les plus aisés?, avant la rentrée, modules supplémentaires assumés par les universités durant une partie de l’année, voire année complète) reste à déterminer, avec les syndicats...

A l’UNEF, menacée par la montée de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) et liée à Hamon et donc hostile à Macron, ce dispositif d’accompagnement laisse sceptique, surtout s’il était rendu obligatoire. Seule l'écologie peut être contraigante... "Imposer des choses aux étudiants n’a jamais rien réglé", assène sa présidente Lilâ Le Bas, entrée à l’université de Lille fin 2011, à l'âge de 23 ans. De toute façon, elle "ne voi(t) pas avec quels moyens" (surprise!) le ministère pourrait mettre en place un dispositif qui s’annonce coûteux.
Maman Le Bas est mandatrice judiciaire et papa cadre, mais elle est boursière et aurait même animé des colonies de vacances pour arriver à vivre. Quant à la jeune 'éducatrice' nomade de 29 ans, elle est issue d'un bac ES (à Hérouville Saint-Clair, près de Caen) et, avant d'arriver dans un organe de presse, à la mairie de Paris ou dans un cabinet ministériel (en cas d'alternance), elle étudierait en licence Information, communication et culture, comme tout le monde, on a envie de dire, à Lille 3.Une étudiante professionnelle ? Et boursière ?
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 Après un premier master 1 de communication pas validé, la jeune fille cherche sa voie à l’université Paris-Est Créteil, Paris XII, où elle réussit un master 1 Politiques publiques (grâce à la validation des acquis de l'expérience, VAE ?). Elle décide ensuite de s’accorder une année de césure [ça s'appelle une année sabbatique] pour sa première année de mandat de présidente  et envisage de s’inscrire en master 2 en 2017-2018. Et après? "Grande question... Je n’ai aucune prétention politique, mais je me vois mal rester sur ma chaise sans rien faire! Peut-être travailler dans des associations de loisirs locales; ce sont de vrais outils de mixité sociale."
En parfaite cohérence avec ses études en information, communication et culture ?...
Mais le syndicat étudiant se dit surtout "très inquiet", selon Le Parisien, de la possibilité qui pourrait être donnée aux filières en grande tension de refuser des étudiants, "de manière transitoire". La présidente de l'UNEF qui pratique l'aviron, sport populaire, se verrait-elle refoulée de STAPS ? Ils se verraient proposer des cursus proches à celui souhaité. Educateur sportif...

"Cela voudrait dire que l’on intègre dans la loi une forme de sélection" à l’entrée de l’enseignement supérieur, grince Lilâ Le Bas. Selon elle, bien dans son rôle, elle affecterait en priorité les jeunes des milieux les plus modestes, estime cette fille de cadre qui parle de mesure "inacceptable".

Résultat de recherche d'images pour "Lilâ Le Bas manifestation"Elle brandit la menace, prévenant que le syndicat étudiant se joindra à l’appel à la mobilisation interprofessionnelle le 16 novembre si cette solution était confirmée. 

Les mesures annoncées lundi seront intégrées dans la nouvelle plateforme d’inscription dans l’enseignement supérieur
-qui ne s’appellera plus Admission post-bac (APB)- dont l’ouverture pourrait se faire un peu plus tard que la date habituelle, qui était le 20 janvier.
Une vaste concertation avec les acteurs de l’enseignement supérieur a débuté en juillet pour "trouver rapidement des solutions pour la rentrée 2018", avait ajouté F. Vidal.

mercredi 30 août 2017

Primaire, collège, lycée et supérieur : ce qui change encore pour nos enfants à la rentrée 2017

Les élèves du primaire sont les principaux concernés par ces réformes

Mot d'ordre : la "confiance"... 

Résultat de recherche d'images pour "Blanquer"Hollande, Hamon et Vallaud-Belkacem ne l'avaient donc pas instaurée ? 
Le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a présenté mardi 29 août lors d'une conférence de presse la première rentrée scolaire du quinquennat Macron et les réformes attendues des 12,8 millions d'élèves et les 884.000 enseignants. Au programme, priorité à l'école primaire et la lutte contre les inégalités. 
Voyons ce qui va encore changer pour les élèves dès le 4 septembre prochain.

Pour tous les élèves

Plusieurs annonces concernent la totalité des élèves. Parmi les sujets qui fâchent, la suppression de 23.000 contrats aidés, auxquels l'Education nationale a largement recours et qui étaient aux deux-tiers financés par l'Etat. Ce sont les auxiliaires de vie scolaire pour les enfants handicapés, les secrétaires, les documentalistes, les animateurs… Le ministre a confirmé que l'accompagnement des élèves en situation de handicap ne sera pas mis à mal et sera même renforcé par 8.000 créations de postes. Ce sont donc les autres postes qui devraient en pâtir. Ces derniers jours, plusieurs élus se sont inquiétés de cette annonce tardive. A La Réunion, la rentrée scolaire a été décalée de cinq jours dans la plupart des communes et Valorbiquet, petite commune du Calvados, a aussi dû repousser la rentrée d'une semaine. L'Association des maires de France a tiré la sonnette d'alarme et le ministre a assuré suivre la situation de près.

Véritable serpent de mer de la politique éducative, le redoublement est lui aussi au programme de cette rentrée. 
Le ministre de l'Education souhaite en effet assouplir le décret soutenu par sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem et adopté en novembre 2014, affirmant "le caractère exceptionnel du redoublement". "Il doit rester possible, quand c’est dans l’intérêt de l’élève, et dans des cas qui doivent rester rares", déclarait Jean-Michel Blanquer début juin au Parisien, ajoutant qu'il faut "autoriser à nouveau le redoublement". Une déclaration qui a eu le don d'irriter les syndicats, qui prétendent que le redoublement n'a jamais été frappé d'interdiction, bien qu'effectivement condamné par la ministre dans la presse et combattu par les enseignants sur le terrain, aussi bien que de faire gagner une année aux enfants qui le peuvent.

Dernier chantier commun : la "rentrée en musique". 
Annoncée par un communiqué conjoint des ministère de l'Education et de la Culture en juin dernier, le dispositif, non obligatoire, incite les élèves, professeurs, parents et artistes à accueillir les nouveaux élèves de chaque établissement par une performance musicale. L'objectif est "de faire de la rentrée et, au-delà, de l'année scolaire un moment de joie et de retrouvailles", a assuré mardi Jean-Michel Blanquer. Le ministre a assuré que l'événement n'est pas un "gadget" et a promis d'annoncer bientôt des "mesures" pour "déployer l'éducation musicale dans le primaire et le second degré".

Les élèves du primaire sont le coeur de cible des changements. 
Très forte réduction du nombre d'élèves par classe de CP dans les quartiers très défavorisés (réseau d'éducation prioritaire, REP+), du fait de l'immigration légale ou clandestine, notamment, comme promis par le candidat Macron. 85% des 2.500 classes concernées bénéficieront d'un véritable dédoublement, puisqu'elles seront divisées en deux classes d'une douzaine d'élèves. Pour les 15% restants, celles dont les communes défavorisées non pas les moyens financiers, "il y aura deux professeurs (…) dans une même salle", a précisé le ministre dans une interview aux Echos, le 27 août. Le dédoublement devrait aussi concerner les classes de CE1 en REP+ et de CP et CE1 en REP d'ici 2019. 

Les professeurs mobilisés sont en grande majorité "expérimentés", a garanti Jean-Michel Blanquer mardi.
"90% d'entre eux" ont au moins trois ans d'expérience, avance-t-il, bien que trois années n'y suffisent à l'évidence pas.   L'octroi d'une prime annuelle de 3.000 euros, dont le calendrier de versement n'a pas été dévoilé, contredit d'ailleurs cette affirmation du ministre. 
Pour pourvoir ces nouveaux postes, le gouvernement devra puiser dans le vivier des professeurs remplaçants, ainsi que dans le dispositif "Plus de maîtres que de classes", qui consiste à affecter un enseignant supplémentaire dans une classe non dédoublée. Le syndicat dominant des enseignants en école primaire, le Snuipp-FSU, s'est étonné que l'on pioche dans l'effectif de ce dispositif, qui "allait être évalué en 2019". Jean-Michel Blanquer a néanmoins assuré mardi que deux tiers de ces enseignants seraient préservés.

Côté rythmes scolaires, un tiers des écoles primaires feront leur rentrée en revenant à la semaine de quatre jours.
Ainsi est balayée la semaine contestée des quatre jours et demi instaurés sous François Hollande. A la date du 18 juillet, près d’un tiers des écoles avaient fait le choix de revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée 2017, retour en arrière qui concerne plus d’un quart de jeunes élèves français.
Depuis le début des années 2000, les rythmes scolaires ont connu de multiples revirements. En 2008, le ministre Xavier Darcos instaure la semaine de quatre jours dans les écoles maternelles et primaires publiques, mettant fin au travail le samedi et réduisant le temps de travail des écoliers de 26 à 24 heures hebdomadaires. En 2013, Vincent Peillon décrète  le retour à la semaine de quatre jours et demi. La journée d’école est raccourcie et des nouvelles activités périscolaires sont organisées , à la charge des municipalités. Un an plus tard, en 2014, sous la pressions de certaines mairies confrontées à des difficultés insurmontables, Benoît Hamon publie un nouveau décret : la semaine doit s’étaler sur cinq jours, mais il est possible de n’avoir que 8 demi-journées d’école et une demi-journée consacrée aux activités périscolaires facultatives.
La rue de Grenelle évoque une "liberté nouvelle".
Les communes retrouvent leur autonomie, alors que certains spécialistes de l'enfance déplorent évidemment que l'intérêt des enfants passe après celui des adultes et du tourisme. Jean-Michel Blanquer a rassuré mardi les communes conservant le rythme de quatre jours et demi : elles conserveront en effet le fonds de soutien qui leur est dédié, lequel sera "pérennisé". 
Une concertation pour revoir plus largement le calendrier scolaire et la durée des vacances sera également ouverte "dans les deux mois qui viennent", a annoncé lundi le ministre sur BFMTV.

Conf @jmblanquer se dit favorable à la "pérennisation" du fonds d'aide aux communes pr la semaine de 4,5 jours même après 2018


Troisième gros chantier ré-ouvert par le ministère : 
l'enseignement de la lecture. 
Le ministre a souhaité rétablir la primauté de la méthode syllabique (fondée sur le déchiffrage des mots), plutôt que la méthode globale (focalisée sur la mémorisation d'ensembles). Les syndicats se disent "étonnés" de cette uniformaisation, reconnaissant que, dans la pratique, le désordre règne et qu'une combinaison des deux continue souvent d'être pratiquée.




L'apprentissage de la  va désormais s'appuyer "sur une pédagogie de type  et non sur la méthode globale". 

Le primaire devrait en outre bénéficier en "priorité" d'une hausse de 1,2 milliard d'euros du budget
de l'Education nationale. 
"Nous allons passer le cap des 50 milliards d'euros de budget (…) autour de 50,5 milliards" (hors cotisations aux retraites des fonctionnaires de l'Education nationale), contre 49,3 milliards d'euros aujourd'hui, a promis mardi le ministre. "On a dit clairement que l'école primaire était une priorité; il y a donc des créations de postes à cette rentrée, il y en aura à la rentrée suivante, à l'école primaire." On attend de savoir si des étudiants postuleront...

Les élèves de CM2 devraient aussi pouvoir bénéficier d'un "soutien gratuit, avant l’entrée en 6e", selon ce qu'avait annoncé Jean-Michel Blanquer dans un entretien avec Le Parisien, début juin. Ces stages de "remise à niveau" par petits groupes se dérouleront sur cinq jours, à raison de trois heures par jour, durant les vacances de printemps ou d'été. Centrés sur le français et les maths, ils seront dispensés par des enseignants volontaires rémunérés en heures supplémentaires et seront proposés en priorité aux élèves des REP (Réseau d'éducation prioritaire).

Enfin, Jean-Michel Blanquer a évoqué mardi la possibilité d'instaurer des évaluations nationales en français et en mathématiques, en octobre pour les CP et en novembre pour les 6e, deux "moments-clés" de la vie des élèves.

Pour les élèves de collège

Outre l'évaluation à l'entrée en sixième, les élèves de collège sont eux aussi concernés par les changements. Dès cette rentrée, ces établissements du secondaire pourront en effet rétablir les options de langues anciennes (latin et grec), développer les classes bilangues et les sections européennes, dont seule une partie avait subsisté avec la réforme du collège mise en œuvre il y a un an. Au contraire, les enseignements pratiques interdisciplinaires ne seront, eux, plus obligatoires.


Jean-Michel Blanquer a également annoncé que le dispositif "devoirs faits" sera appliqué après les prochaines vacances de la Toussaint. Et si les devoirs des enfants à l'école étaient l'affaire de tous. L'idée du nouveau ministre de l'Éducation nationale est que les devoirs soient faits après les cours, dans les établissements scolaires, et que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
Objectif : offrir à 20% des collégiens une aide aux devoirs gratuite dans le cadre de leur établissement. L'encadrement sera assuré par des enseignants volontaires, des surveillants, des volontaires en service civique, des associations, des retraités et des étudiants. La mesure pourrait ensuite s'étendre à l'école primaire.

Pour les élèves de lycée


Le ministre de l'Education veut "remuscler le baccalauréat" et lui "redonner toute sa force". Il l'avait annoncé dès sa nomination en mai et l'a rappelé mardi . Il souhaite que le diplôme acquière plus de valeur qu'aujourd'hui, alors qu'il a été transformé en examen de fin de cycle : son taux de réussite avoisine chaque année les 80%. 
"Deux personnes"désignées "d'ici la fin du mois de septembre" auront pour tâche de mener "une concertation" afin d'éclaircir les contours de cette réforme qui devrait entrer en vigueur pour le bac 2021. Le premier "horizon" de ce programme devrait être connu "début 2018", a-t-il promis. 

Pour les élèves de filière professionnelle

La voie professionnelle (CAP et bac pro) est une "très grande priorité", a répété Jean-Michel Blanquer mardi. Il a dit souhaité la "renouveler" et a évoqué une réforme des CAP ainsi qu'une meilleure articulation avec l'apprentissage – sans toutefois entrer dans les détails. Les bacs pros doivent, selon lui, être des facteurs d'"attractivité" en formant "aux métiers de demain" de la transition numérique ou énergétique, par exemple. 

Pour les étudiants de l'enseignement supérieur

Si le sujet n'a pas été abordé mardi par Jean-Michel Blanquer, le tirage au sort comme technique d'admission à la fac devrait bien disparaître en 2018, alors que Najat Vallaud-Belkacem l'avait validé sans broncher.
Faute de places suffisantes et d'autorisation légale accordée aux universités d'effectuer une sélection, c'est le tirage au sort qui est utilisé dans les filières dites "en tension" (droit, psychologie, Staps). Cette méthode insultante pourrait être supplantée par la mise en place de prérequis nécessaires pour intégrer une formation universitaire.

Suite à la vaste concertation entamée  mi-juillet avec les acteurs de l'éducation, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal - qui a travaillé pour le groupe Virbac, entreprise pharmaceutique vétérinaire -  a fait la promesse de réformer au plus vite le système d'entrée à l'université, notamment le logiciel APB, source d'un "énorme gâchis" sur 6.500 bacheliers laissés à la rue par la ministre sortante et sortie à la législative dans le Rhône. 

"Nous devons en finir avec le traitement de masse, qui est la vraie cause de l'échec", a aussi plaidé F. Vidal, ex-présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis, à l'ouverture des concertations. Depuis deux ans, les facs françaises sont confrontées à la difficulté d'accueillir chaque année quelque 40.000 étudiants supplémentaires, une hausse qui devrait perdurer jusqu'en 2022.