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mercredi 20 février 2019

"La France tue au Yémen" : banderole d'un député LREM brandie en pleine séance

Ce député de la majorité présidentielle manifeste pendant la prise de parole de Meyer Habib

L'ex-député LREM Sébastien Nadot a provoqué mardi un incident à l'Assemblée en brandissant une banderole "La France tue au Yémen".


Ce mardi, pendant la séance de "questions au gouvernement", le député Sébastien Nadot, élu sous l'étiquette La République en marche, a ainsi provoqué une interruption de la séance de "Questions au gouvernement", pendant la question du député Meyer Habib. 

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a dû interrompre la séance et faire un rappel à l'ordre, avec inscription au procès verbal. Ce qui implique, en théorie, une sanction financière contre l'agitateur. 

Ce parlementaire avait été exclu du groupe pour avoir voté contre le projet de budget 2019 défendu par le gouvernement. Il a déployé sa banderole.


La banderole brandie par l'élu de Haute-Garonne, 47 ans, désormais non inscrit depuis qu'il a été frappé d'exclusion en décembre, a été immédiatement saisie par les huissiers.

Yémen : 
Paris se rendrait "complice des crimes de guerre", selon une étude dévoilée par les ONG Amnesty International et l'ACAT.

Le prince héritier Mohammed Ben Salman, reçu à l'Elysée. Le 12 octobre dernier, Emmanuel Macron a défendu la "politique extrêmement rigoureuse" de la France pour contrôler ses exportations d'armes.La France vend et livre des armes à la majorité des pays de la coalition combattant dans la région, qui vit dans la famine et la pauvreté. Une situation dans laquelle les parlementaires n'ont pas leur mot à dire et contraire aux traités internationaux. 

Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Egypte, Bahreïn, Jordanie, Koweït, Maroc, et même Qatar, avant juin 2017, tous prennent une part active à la guerre civile au Yémen. Et la France leur exporte des armes, à hauteur de 2,6 milliards d’euros en 2017. 1,6 milliard rien que pour l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis. Pourtant, les Nations unies donnent régulièrement l’alarme sur la situation du pays, le plus pauvre du Moyen-Orient. Le Yémen fait face à «un danger clair et présent d’une famine imminente et géante», a averti mardi le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, qui estime à 14 millions le nombre de personnes qui pourraient en être victimes.
Lors de la mort du journaliste saoudien Khashoggi, dans des circonstances troubles, Sébastien Nadot, député LREM à la commission des affaires étrangères déclara : "Je suis dans l’espoir que cet épisode tristement célèbre déclenche un nouveau regard démocratique sur nos relations avec ces pays, ces dictatures difficiles. Il ne faut pas couper toutes nos relations, mais nous devons questionner notre vente d’armes si les utilisations qui en sont faites sont problématiques".

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L'homme a été candidat citoyen à l'élection présidentielle de 2017 porté par le Mouvement des progressistes, créé autour de l'ancien secrétaire national du Parti communiste français (PCF) et sénateur Robert Hue. Le 27 février, Nadot se retira pour soutenir la candidature, non pas de Benoît Hamon, mais d'Emmanuel Macron...Qualifié de "bébé Macron", Nadot (ci-dessus devant son affiche en réalité augmentée) est professeur agrégé d'éducation physique et sportive, EPS, également docteur en histoire formaté par l'EHESS de Paris, a été membre associé du Conseil économique, social et environnemental (CESE), une assemblée constitutionnelle consultative composée de représentants sociaux (patronat, syndicats, associations) et dont l'utilité peut- être mise en cause sans dommage pour le bon fonctionnement des institutions. Ils sont 233 conseillers (plus 72 "personnalités associées") payés 3.786,76 € bruts mensuels...
L'exclu, un infiltré, avait dénoncé le "dirigisme gouvernemental".

"Trois priorités avaient été fixées par le gouvernement pour le budget 2019 : libérer l’économie et le travail, protéger les Français, investir pour l’avenir en préparant les défis de demain et en transformant l’action publique : ce projet de loi de finances ne me paraît pas en mesure d’atteindre les objectifs fixés, particulièrement en ce qui concerne le quotidien d’une majorité de Français et la nécessaire transition écologique", avait-il déclaré pour justifier son vote selon La Dépêche du Midi.


Mais les critiques formulées par Sébastien Nadot ne se bornent pas au seul projet de budget : il dénonce le "dirigisme gouvernemental" et, plus largement, l'attitude du gouvernement vis à vis des élus locaux et des parlementaires, qui suscite de nombreux questionnements à l'intérieur du parti présidentiel : "Le dirigisme gouvernemental n’a pas non plus épargné les collectivités territoriales et n’a pas su intégrer les aspirations et inquiétudes des premiers acteurs de la démocratie locale : maires et conseils municipaux, déclarait-il en décembre, faisant écho au mouvement des Gilets jaunes. La verticalité du pouvoir est sans doute nécessaire. L’absence de concertation dans les phases de prise de décision n’est pas satisfaisante."

mercredi 23 janvier 2019

Macron incité à renouer avec la démocratie


Les Gilets jaunes pousseront-ils Macron à assainissement de la République ?

Image associéeLe succès des Gilets jaunes - y compris sur la durée - tient aussi au fait que les Français tournent le dos à la classe politique et aux intermédiaires traditionnels, dont les élus qui disent les comprendre mais suivent aveuglément les consignes d'un président qui a flouté ses promesses de campagne et ne leur correspond pas sur le fond et la presse en qui ils ne se reconnaissent pas dans les manières pareillement arrogantes de sachants - non élus et illégitimes à exercer un pouvoir moral sur les esprits -  et dont ils contestent l'accaparement du pouvoir de juger comme de leur souveraineté démocratique. Ils ne veulent plus être infantilisés parce qu'ils n'ont pas les mots pour impressionner et manipuler. Ils réclament des représentants en qui ils puissent se reconnaître, faute de quoi ils sont prêts à reprendre leurs délégations et à exercer leur pouvoir directement. 

Les Gilets jaunes lancent à Macron le défi du rétablissement de la démocratie 

Or, il n'est pas acquis qu'ils se satisfassent d'une pseudo démocratie participative, telle que celle qu'il met en place, avec cadrages et filtres multiples.  Dans l'hypothèse où il ne comprendrait toujours pas que son rapport au peuple et les mentalités de son entourage, comme des blancs-becs de sa majorité à l'Assemblée, doivent changer, son "adresse à la Nation", lundi soir, est vouée à l'échec. Et, au-delà son quinquennat, mais surtout l'avenir des Français.

Macron s'est laissé éjecter hors des rails de ses promesses de campagne. 
En pensant gagner du temps avec le "grand débat national", tout en travaillant à son implantation rurale, lors de ses meetings en régions, en vue des Européennes, il met en place des rencontres qui, d'une part, affaiblissent le Parlement, et d'autre part, entretiennent la contestation sur plusieurs mois, à travers le pays. 
Il est d'ores et déjà attendu, comme à l'orée d'un bois, à l'issue de ce grand débat, quand la collecte des doléances devra être compète et fidèle aux voeux de la population, alors qu'il a déjà donné la preuve de son incapacité d'écoute et de compréhension de ses aspirations. Pour de bon, cette fois, il lui faudra "assumer" les demandes de référendum d'initiative citoyenne (RIC) et d'assemblée citoyenne, une démocratie horizontale qui ne lui correspond nullement: devra-t-il se renier et décider la dissolution de l'Assemblée ? Détournera-t-il l'attention sur une réforme ou suppression du Sénat, Chambre haute et représentative de la ruralité, laquelle est précisément en tête de la contestation sociale actuelle ? Aussi sûrement qu'avec sa loi "anti-casseurs" en cours d'examen - après ses recours abusifs à l'article 49.3 pour forcer, à trois reprises consécutives, le passage de la Loi Travail - l'affaiblissement ou l'extermination des sénateurs serait une atteinte mortelle au pluralisme républicain et à la démocratie,  alors que l'assemblée qui fait réellement débat, en termes de démocratie est le CESE (Conseil économique, social et environnemental), constitué de 233 individus - plus 60 personnalités associées, dont Jean-Yves Mano, USM, Union Syndicale des Magistrats, Patrick Doutreligne, ex-Adoma, Lucie Montchovi, journaliste d service public sur France Info, ou Mohamed Mechmache, AClefeu ! et une forte représentation d'acteurs socio-professionnels de la région de Nantes et Saint-Nazaire, chère à Jean-Marc Ayrault - désignés pour cinq ans (fonction renouvelable un seule fois), dont le rôle, uniquement consultatif, la composition et l'absentéisme de certains de ses membres, sont pourtant régulièrement dénoncés...

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Cette "chambre des dépités" est censée éclairer le gouvernement sur des sujets de société
, mais composée de politiciens usés ou déchus, de syndicalistes en fin de carrière (Philippe Jahshan, SUD, Gérard Aschieri, FSU, Julien Blanchet, FAGE, ou Jacques Pasquier, Confédération paysanne), de sportifs (Bernard Amsalem) ou d'artistes en mal de succès (Rost Adom'megaa, artiste-écrivain, ou Régis Wargnier, réalisateur), leurs bons et loyaux service de féaux leur vaut cette niche dorée (Bougrain-Dubourg, LPO, François Asselin, Isabelle Autissier, Françoise Rudetzki, ou Anne-Marie Couderc, Presstalis, ou le défunt journaliste Michel Thomiche). On les trouve surtout dans le contingent des 40 'PQ' (personnalités qualifiées), directement nommées par l’Elysée. Récemment, François Hollande n’a pas résisté à y placer son ami Jean-Luc Bennhamias, qui n’avait plus de mandat, ou son copain de promo de l’ENA, Jean-Marie Cambaceres. Christian Estrosi y avait également trouvé refuge à une époque, de même que Luc Ferry lorsqu’il était sorti du gouvernement.
Cette troisième assemblée constitutionnelle a toujours été gangrené par un fort absentéisme : officiellement, il n’est que de 30% en séance plénière et 35% en réunion de section mais, en réalité, bien plus élevé : certains ont ainsi pu cumuler jusqu’à 11 "mots d’excuse" sur un trimestre. Le 11 juillet 2017, pour la venue d'Edouard Philippe, l'hémicycle du CESE était plein. Deux jours plus tard, pour la séance plénière ordinaire, les rangs étaient clairsemés. Un jour, une haut-fonctionnaire de son cabinet propose à Roselyne Bachelot de saisir le CESE sur un dossier. "Surtout pas ! lui répond la ministre. Ils vont mettre un an à me sortir de l’eau tiède !". De fait, le gouvernement ne saisit le CESE que 5 à 6 fois par an, et le Parlement quasiment jamais.
Une pompe à finance des centrales syndicales.
Sur les 233 membres du CESE, près d’un tiers, 69, appartiennent à des syndicats de salariés qui ont un quota de membres (la CGT en a 18, la CFDT également, FO 14, etc…). Ces conseillers ont la particularité de reverser l’intégralité de leur indemnité (environ 3.000€/mois) à leur syndicat. Parfois c’est même le CESE qui la vire directement sur le compte de l'organisation en toute légalité ! La CGT, qui compte 18 représentants au CESE et 200 dans les CESER (les CESE des régions) empoche ainsi pas loin de 35 millions d’euros par an. Ce système de financement déguisé des syndicats par l’Etat a été dénoncé en 2011 dans un rapport parlementaire de l’ex-député centriste Nicolas Perruchot. Son contenu était tellement explosif que le gouvernement avait préféré l’enterrer, avant qu’il ne fuite dans la presse. Rassurons-nous, les organisations patronales (41 conseillers) ne sont pas en reste.
Au palais d’Iéna, le salaire moyen des agents approche les 4.000€/mois. Un niveau rarement égalé dans la fonction publique, tout comme les 150.000€ annuels du secrétaire général. Après Jean-Paul Delevoye (2010-2015), 72 ans, actuellement haut-commissaire à la réforme des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn depuis le 14 septembre 2017, c'est Patrick Bernasconi (depuis 2015), 64 ans.A ce prix-là, les agents ont en plus la possibilité de faire une heure de gym par jour sur leur temps de travail, et bénéficient d’un nombre de jours de congés qui fait que certains travaillent moins d’un jour sur deux en moyenne sur une année… Et ça se comprend, selon un ancien haut fonctionnaire de la maison : "le personnel a noué de fortes relations de solidarité avec les syndicats présents dans l’assemblée… Au cours du temps, ils ont obtenu des statuts et des déroulements de carrière sans équivalent…". On ne s'y embarrasse d'ailleurs pas de règles élémentaires de bonne gestion. Pendant longtemps, le CESE déclarait une dizaine de postes "fantômes" au ministère des Finances, et Bercy les finançait en tant que tels... Cette enveloppe était ensuite répartie en primes entre les salariés ! Certains agents se voyaient attribuer des heures supplémentaires fictives. Quoi encore ? La gestion des achats se faisait sans appel d’offres… Deux audits de la Cour des comptes ont semble-t-il permis de remettre un peu d’ordre, mais les juges s’interrogent toujours sur la légalité de certaines primes et ont trouvé des agents dont le temps de travail est de 200h inférieur à la durée légale annuelle ! S'étonnera-t-on encore que le système de retraite est déficitaire ?Si certains conseillers ne touchent rien pendant leur mandat, ils reçoivent leur gratification plus tard : la retraite des membres du CESE a longtemps été extrêmement avantageuse. Pour un mandat de 5 ans, elle donnait droit à une pension de 700€ mensuels, qui vient s’ajouter à la pension de droit commun, dont la plupart en bénéficient après avoir exercé une activité professionnelle rémunérée. Dans les faits, de nombreux conseillers effectuant plusieurs mandats, la pension moyenne est aujourd’hui de 1.200€ pour les 600 anciens membres. Mais ce taux de réversion très généreux a fini par menacer l’équilibre des comptes de l’institution, la caisse de retraite étant très déficitaire. Plusieurs réformes, la dernière en 2015, ont divisé par deux le montant des futures pensions, mais le CESE doit encore remettre 6 millions d’euros tous les ans pour équilibrer le système…Au CESE,  nul besoin de feuille de frais pour avoir droit à une indemnité…Sur les 3.000€ nets mensuels (pour 4 à 5 demi-journées de présence au palais d’Iéna) que touchent les conseillers, une grosse moitié de ce traitement est constituée d’une "indemnité représentative de frais". Cette indemnité est payée forfaitairement, que les frais soient engagés ou non. Cette 'IRF', que l’assemblée nationale vient de supprimer pour passer au remboursement sur frais réels, subsiste donc au CESE. Et elle présente l’avantage de ne pas être imposable.Faut-il purement et simplement couper la branche morte ?Le 3 juillet dernier, Macron a annoncé qu’il voulait réformer le CESE pour en faire "le forum de notre République", ce qu’il est déjà... Tout en reconnaissant que l’institution s’est figée, il a annoncé la réduction d’un tiers de ses membres, et l’élargissement des sensibilités qui y sont représentées. Sauf que dans l’affaire, les syndicats et les organisations patronales risquent d’y laisser quelques plumes. Pour l’ancien député UDI, Nicolas Perruchot, les partenaires sociaux risquent de faire front commun pour tenter de limiter les dégâts : "C'est une partie importante, pour certains syndicats, de leur fonctionnement annuel. Ils considèrent que le CESE est en partie à eux. Je suis persuadé que les partenaires sociaux [...] seront très liés entre eux pour éviter qu'on touche à ce qu'ils considèrent être un dû.".


A la surprise initiale de l'exécutif qui n'y voyait qu'un mouvement pour le pouvoir d'achat, des revendications ou propositions d'ordre institutionnel ont émergé ces dernières semaines chez les "gilets jaunes".

Ils ont "une deuxième revendication très forte: le besoin de s'exprimer et que la décision publique demain ne se fasse plus sans les Français", a reconnu, dimanche soir, le secrétaire d'Etat Mounir Mahjoubi sur BFMTV. Avant d'assurer qu'Emmanuel Macron va "évoquer ces deux aspects", lundi.

Vers une facilitation du recours au référendum  ?

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Depuis la réforme de la Constitution en 2008, "un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales", soit au moins 185 députés et sénateurs et plus de 4,5 millions d'électeurs, peuvent déclencher un référendum dit d'initiative partagée. Du fait d'une loi organique appliquée tardivement, la mesure n'est en vigueur que depuis le 1er janvier 2015 et n'a jamais été utilisée, notamment car ses conditions sont très restrictives.

Dans une liste de revendications diffusée fin novembre par des Gilets jaunes, il est proposé un "référendum populaire" dans la Constitution, comme le réclament par ailleurs des partis comme La France Insoumise, LFI, le Rassemblement national, RN, ou encore 'Debout la France', ainsi que certains élus LR.
Dans la revendication des Gilets jaunes, une proposition de loi obtenant 700.000 signatures -sous le contrôle d'un organisme indépendant- entraînerait un référendum national dans un délai d'un an et après un passage pour éventuel amendement à l'Assemblée nationale.

Or, avant le phénomène Gilets jaunes, Macron retardait sa réforme constitutionnelle. Arrivant au Parlement en janvier, elle ne comprend pas pour l'heure d'élargissement du recours au référendum. Au gouvernement, le ministre de l'Ecologie, François de Rugy, notamment soutient "l'idée de recourir davantage au référendum, au niveau national, voire local" pour "consulter les Français sur un certain nombre de sujets", selon un de ses proches.
Mais certains, comme le démographe Hervé Le Bras, avertissent du risque de couper encore davantage Emmanuel Macron des corps intermédiaires, comme il est souvent reproché au président. "Cette disparition des corps intermédiaires conduit en général non seulement à des régimes qu'on appelle populistes mais aussi à des régimes autoritaires", avertit le chercheur, 75 ans.

Des conseils citoyens ?

Les députés Bertrand Pancher (membre du Mouvement Radical et co-président du groupe Libertés et Territoires, 16 députés, marginaux réunis par des intérêts techniques) et Matthieu Orphelin (LREM) proposent notamment d'établir un ou des conseils rassemblant 100 citoyens tirés au sort et représentatifs par quotas de la population française. Doté d'un avis consultatif, ce conseil se prononcerait sur les décisions gouvernementales ou parlementaires, sur le modèle de l'Irlande, qui l'a adopté en 2016.

Une piste soutenue par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a affirmé lundi matin sur RTL être pour "des assemblées citoyennes", même via un "tirage au sort au niveau local", jugeant qu'"il y a trop d'élus départementaux, trop d'élus régionaux, trop d'élus nationaux".

L'exécutif prévoit déjà de réduire de 30% le nombre de parlementaires et d'introduire une dose de 15% de proportionnelle aux législatives. Mais ces mesures sont contestées par la droite dans le cadre des négociations sur la future réforme des institutions.

Trois mois de dialogue : et après ?

L'exécutif a déjà annoncé un "grand débat" de trois mois, du 15 janvier jusqu'au 1er mars dans de nombreuses villes de France. Un débat au niveau des "territoires", que le premier ministre Edouard Philippe veut "innovant" et "foisonnant" et dont l'organisation avait été confiée à l'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno, qui a préféré abandonner son pilotage (quand a été révélé son salaire de 15.000 euros), tout en conservant les avantages liés à la présidence de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). 

Selon une source ministérielle, le gouvernement veut que le rôle des préfets (et donc de l'Etat) soit minimal. Et laisser au maximum l'organisation à des associations d'élus ou des syndicats, avec des débats ouverts au public. Ces débats locaux, sans doute plusieurs par départements, auraient lieu en mairie, a annoncé vendredi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

lundi 9 octobre 2017

Tacle de DSK à Emmanuel Macron

Sa petite leçon de politique à Emmanuel Macron

L'ancien patron du FMI s'est exprimé face à plus de 200 personnes lors d'un hommage rendu à Nicole Bricq

Depuis son affaire de sexe au Sofitel de New York, en mai 2011, Dominique Strauss-Kahn prononçait son premier discours politique au Conseil économique, social et environnemental, mardi 3 octobre, en hommage à l'ancienne ministre du Commerce extérieur de François Hollande, ralliée à Emmanuel Macron, laquelle est brutalement décédée à l'âge de 70 ans, le 6 août dernier.

L'ancien prétendant à la présidentielle arborait un look - assez peu de circonstances - de "vieux beau qui se laisse aller" avec ses cheveux longs et son ...bouc, selon L'Opinion, jeudi 5 octobre. 

DSK n'a pas hésité à donner une petite leçon de politique à l'actuel président de la République 

Les allusions étaient limpides... 
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Ici, avec sa quatrième épouse, Myriam L'Aouffir
"Quand on est sûr de ce qu'on pense, on peut faire des compromis avec des adversaires d'hier et peut-être de demain. Elle l'a fait par conviction, très loin du cynisme de beaucoup. Parce qu'elle savait que les valeurs de gauche et les valeurs de droite ne sont pas les mêmes. Que les deux sont nécessaires à l'équilibre de la société, mais que leur opposition dialectique vivra tant que vivra la démocratie. Les mêler, ce n'est pas les confondre. Les faire avancer ensemble, c'est savoir garder leur équilibre." 

Ancien favori de la gauche à la présidentielle de 2012 mais évincé de la course à l'Elysée par son affaire de moeurs, alors qu'il présidait le FMI, DSK n'a pas résisté à une nouvelle pulsion de conseils à l'actuel locataire de l'Élysée
VOIR et ENTENDRE le commentaire de RTL sur les critiques à peine voilées de DSK au président Emmanuel Macron :


Le 14 mai 2011, accusé d'agression sexuelle, de tentative de viol, abus sexuel et séquestration Résultat de recherche d'images pour "DSK cheveux longs"par une femme de chambre de couleur, Nafissatou Diallo, dans une suite de l'hôtel Sofitel de Manhattan,il fut arrêté à l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York, peu avant le décollage du vol AF 023 d'Air France à destination de Paris, alors qu'il tentait de prendre la fuite. Il fut traduit en justice.
Outre Dominique Strauss-Kahn, Jean-Pierre Chevènement, François Hollande, et Emmanuel Macron sont montés  tour à tour à la tribune pour saluer la mémoire de l'élue. 

François Hollande a également pris la parole pour remuer le couteau dans sa plaie ouverte. 
"Elle n'avait pas sa langue dans la poche. Et si ça pouvait lui jouer des tours - elle n'est pas la seule -, elle l'exprimait, elle ne gardait rien pour elle, c'eut été trop. Et, sur tout sujet, de la politique à la gastronomie, elle parlait", rappelle L'Opinion. 
Allusion à la critique de Nicole Bricq qui avait rapporté au couple Ayrault que le repas servi au président chinois à Matignon était bien plus goûtu que celui servi chez Hollandela ministre socialiste du Commerce extérieur avait jugé le repas de l'Élysée "dégueulasse".

mercredi 20 janvier 2016

La Cour des Comptes va encore tancer Hollande sur les dépenses publiques, en pure perte...

Didier Migaud (PS) tance et Hollande danse sur les euros de l'impôt

La Cour des Comptes refuse que la lutte contre le terrorisme serve de prétexte à un ajournement des réformes de fond de la dépense publique

Sous tous les prétextes, la France continue de s'enfoncer dans la dette publique. Lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, le 12 janvier, son premier président, Didier Migaud, a engagé le pouvoir à une maîtrise  plus rigoureuse des déficits.
Il estime que la nécessaire lutte contre le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à un dérapage de toutes les dépenses.

Hollande tire sur toutes les ficelles,
dont l'état d'urgence (qu'il risque fort de proroger), ne contribue en rien à protéger les contribuables des dérapages du gouvernement en matière de dépenses publiques. En l'associant à ses séances de déploration publique des attentats islamistes, le "protecteur des Français" (sic) a en effet réussi à anesthésier l'Union européenne qui n'a plus osé jusqu'ici réclamer la rigueur.  

Migaud se fera encore plus insistant

Le rapport public annuel de la Cour des Comptes devrait souligner que la sécurité ne peut être rendue responsable (budgets de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice) de l'ampleur totale du dérapage des comptes de l'Etat : elle ne représente "que" 65 milliards d'euros (environ), à mettre en balance avec un total de la dépense publique de 1.200 milliards. Et que les crédits supplémentaires en ce domaine, décidés en 2015, sont inférieurs à 2 milliards. 

Comme dans les années 1999- 2001 déjà, la juridiction financière administrative redoute que la gauche au pouvoir ne profite pas de la meilleure croissance espérée en 2016, selon l'INSEE (l'une des directions générales du... ministère de l'Économie, des Finances !) qui assurait faiblement en décembre dernier que la croissance française "ferait preuve de résistance", malgré les attentats de Paris, lesquels pourraient coûter deux milliards d'euros à l'économie tricolore.

La Cour des Compte presse donc le gouvernement Valls de procéder à des réformes de fond de la dépense.
Ajoutons que Didier Migaud n'apprécie guère l'injure que le gouvernement vient de faire au membres du Conseil: quand l'Etat demandera aux Sages chargés du contrôle des comptes publics d'évaluer une politique publique,
Bercy fera désormais une saisine conjointe du Conseil économique, social et environnemental, CESE, dont les membres sont désignés par le pouvoir parmi la représentation socio-professionnelle 
(Gérard Aschiéri, Isabelle Autissier, navigatrice et WWF, Jean-Luc Bennhamias, Françoise Rudetzki, Michel Thomiche pour la presse (SNJ, ci-contre), le président de la MGEN ou le réalisateur Régis Wargnier, pour le cinéma). Il en outre est présidé -depuis décembre 2015- par Patrick Bernasconi, gros chef d'entreprises et syndicaliste breton.



 

mardi 1 décembre 2015

Conseil Economique et Social: le candidat du pouvoir socialiste prend la tête, comme par enchantement

Un franc-maçon envoie le radical, Aschieri (FSU) à la rue

Bernasconi prend la tête du Cese et Jean-Paul Delevoye démissionne de son mandat de conseiller du Conseil économique, social et environnemental 
Bernasconi est membre du Grand Orient 
Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a un nouveau président (ci-contre). Le président-sortant (2010-2015) a immédiatement annoncé sa démission de son mandat de conseiller de l'institution, a annoncé le Cese dans un tweet. Jean-Paul Delevoye (ci-dessous) avait été renommé le 5 novembre par le gouvernement, au sein du groupe des personnalités qualifiées. "Je vous informe, ce qui n'est une surprise pour personne, qu'à cet instant mon mandat cesse", déclare Jean-Paul Delevoye dans une vidéo de son discours prononcé dans l'hémicycle juste après sa défaite, jointe au tweet. 

Le président sortant du Cese, soutenu par FO, a été battu
 par
le candidat issu du Medef, Patrick Bernasconi soutenu par la quasi-totalité des organisations patronales, quatre syndicats réformistes (CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa) et des associations. Mardi, le nouveau président a obtenu 131 voix, contre 63 pour Jean-Paul Delevoye et 30 pour le syndicaliste Gérard Aschieri. 
Ancien ministre, puis médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye était président du Conseil économique, social et environnemental depuis novembre 2010. Une PME de travaux publics.

A 60 ans, Patrick Bernasconi, qui est parvenu à la présidence du Conseil, économique social et environnemental (Cese), a l'image d'un "patron social". À la tête d'une PME de travaux publics, vice-président du Medef jusqu'à la semaine dernière et partisan du dialogue social, ce Normand d'origine italienne, au sourire timide, n'a jamais manqué d'ambition. Président durant près de neuf ans de l'une des plus puissantes fédérations du Medef, celle des travaux publics, il a convoité en 2013 la présidence de l'organisation patronale, avant de se désister en faveur de Pierre Gattaz, vainqueur de la course. "Patrick Bernasconi a une fibre sociale, sa candidature face à Pierre Gattaz, c'était le patron social face au libéral", assure Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail. 

"Ce n'est pas un bateleur"
Au Medef, "il symbolisait le courant ouvert au dialogue social", estime un de ses soutiens syndicalistes. Quatre centrales réformistes - CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa - ont appuyé sa candidature au Cese face au président sortant Jean-Paul Delevoye. Son allure simple tranche avec celui d'un grand patron. Les formules à l'emporte-pièce, comme celles prisées par Pierre Gattaz, ne sont pas son fort. "Ce n'est certes pas un bateleur, mais un homme attaché à la réflexion et au fond", renchérit un de ses soutiens. 
A son actif, plusieurs négociations sociales sensibles : la représentativité syndicale en 2008, des conventions de l'assurance chômage et la sécurisation de l'emploi en 2013. Des syndicalistes qui l'ont côtoyé à ces occasions le décrivent comme "un homme posé, conscient du rapport de forces, mais pas dans l'agressivité, quelqu'un avec qui on peut discuter", qui est "toujours à la recherche une solution" pour faire aboutir les négociations.

"J'aime rassembler mes interlocuteurs"
"Ces négociations m'ont permis de pratiquer le dialogue social, de comprendre la nécessité et le rôle des corps intermédiaires, confie-t-il. J'aime rassembler mes interlocuteurs pour pouvoir bâtir ensemble." Ce Normand est né le 16 juillet 1955 à Domjean (Manche). Ses parents, d'origine italienne, s'étaient installés dans cette région dans les années 1920. Son entreprise de travaux publics est "une histoire familiale", raconte-t-il. Créée en 1933 par son grand-père, c'est son père qui lui a donné la dimension d'entreprise de travaux publics et de bâtiment dans les années 1950. Diplômé de l'École supérieure des travaux publics, il a pris les rênes de l'entreprise familiale, Bernasconi Travaux Publics, en 1985. Il en assure toujours la présidence. Engagé dans les organisations patronales d'abord en Normandie, il est devenu un poids lourd du Medef en présidant de 2005 à 2013 la Fédération des travaux publics.

Un "renouveau démocratique"
Après avoir rallié en 2013 Pierre Gattaz dans la course à la présidence du Medef, il a hérité du poste de vice-président, dont il a démissionné jeudi dernier, relevant l'incompatibilité entre les deux fonctions. Au Cese, il a fait son entrée en 2010, au titre des personnalités qualifiées nommées par le gouvernement, et a été membre du bureau de l'institution à partir de 2014. 

"Au bureau du Cese, il était transparent, neutre, il n'a rien fait", lui reproche un de ses adversaires. Mais il promet un "renouveau démocratique" pour le Cese. À peine élu, il a affirmé vouloir demander "audience" au président de la République et aux présidents des deux assemblées pour évoquer "la place centrale" du Conseil.

Les Francs-Maçons, membres du Grand Orient de France (GODF) dans le gouvernement Hollande / Ayrault

François Hollande, un Président de la République aux ordres du Grand Orient de France (GODF)

Ministres et Conseillers Francs-Maçons
Jean-Marc Ayrault, premier ministre: En 2008, maire de Nantes, il fait voter une subvention de 400.000€ destinée à la rénovation et à l’agrandissement du local servant aux réunions de 7 loges maçonniques;
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, membre du Grand Orient de France (GODF);
Christiane Taubira, ministre de la Justice, membre du Grand Orient de France (GODF);
Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances, ancien membre de la Ligue Communiste Revolutionnaire et GODF;
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, membre du Grand Orient de France (GODF);
Michel Sapin, ministre du Travail,  GODF;
Vincent Peillon, ministre de l'Education Nationale, GODF  et ancien communiste, membre du Comité Communistes pour l’Autogestion;
Jérome Cahuzac, ministre du Budget),  GODF;
Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, GODF;
Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, GODF;
Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, franc-maçonne et ancienne communiste membre du PCMLF (Parti communiste marxiste-léniniste de France);
Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée chargée de Décentralisation, membre du Parti Radical de Gauche et membre de la Grand Loge Féminine de France (GLFF);
George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, franc-maçonne;
Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées et à l'Autonomie), franc-maçonne;
Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports, GODF;
Alain Vidalies, ministre en charge des Relations avec le Parlement GODF;
Victorin Lurel, ministre délégué en charge de l'Outre-Mer, GODF;
Marc Mancel (conseiller de la ministre George Pau-Langevin), franc-maçon membre du Grand Orient de France (GODF);
Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault),  GODF;
Alain Simon, contrôleur général au ministère de l'Economie, GODF;
Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande, GODF;
Cédric Lewandowski, directeur de cabinet de Jérome Cahuzac, GODF;
Renault Vedel , directeur adjoint de cabinet de Manuel Valls, GODF;
Alain Bauer, conseiller officieux de Manuel Valls, parrain de l’un de ses fils, ancien Grand maitre du GODF (2000 à 2003);
Yves Colmou, conseiller de Manuel Valls, GODF,...
Laurent Fabius, franc-maçon officieux.
Marisol Touraine, fille du sociologue Alain Touraine aux accointances maçonniques de notoriété publique. 

Francs-maçons du gouvernement Valls
Bien qu'ayant été initié au Grand Orient de France (GODF), Manuel Valls ne cherche manifestement pas à s'entourer de francs-maçons au gouvernement. Actuellement, il n'y a autour de lui que deux membres du GODF, qui ne cachent d'ailleurs rien de cette appartenance : le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et celui du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, François Rebsamen. Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, a été initié au GODF, mais il a fini par s'en éloigner.
Le chef de cabinet de Valls, Sébastien Gros, et son conseiller technique pour l'outre-mer, Frédéric Potier, en sont et fréquentent toujours leur temple.

lundi 30 juin 2014

Pétition citoyenne: la Manif pour tous a raison contre le CESE et les autres

Le tribunal administratif de Paris donne raison à la Manif pour tous

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) avait rejeté la pétition citoyenne,
l’an dernier, bien que signée par près de 700.000 personnes, qui lui demandait son avis sur le mariage entre personnes du même sexe. 

La justice annule le 
rejet
C’est une victoire morale pour la Manif pour tous, après une année de procédure. Ce lundi, le mouvement créé en 2012 pour lutter contre la loi autorisant le mariage aux homosexuels, a obtenu gain de cause contre le Conseil économique, social et environnemental, rapporte le site du quotidien catholique La Croix.

Il y a presque un an et demi, ce dernier avait jugé irrecevable une "pétition citoyenne" signée par quelques 700.000 personnes, demandant l’avis du Conseil sur la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe.

Suite à ce rejet, Philippe Brillault, l’un des porte-parole de la Manif pour tous, avait saisi le tribunal administratif de Paris, tribunal qui vient de lui donner raison : "La délibération par laquelle le bureau du Cese a déclaré irrecevable la pétition est annulée".

Outre l’annulation de la délibération, le CESE a été condamné à verser la somme de 1.500 euros au titre de ses frais de justice 
au maire du Chesnay (Yvelines).

En statuant ainsi, le tribunal suit les conclusions du rapporteur public. Ce dernier avait estimé, il y a deux semaines, que la décision du Cese était entachée d’erreurs de droit.

Satisfaite de cette décision, Christine Boutin, l’ancienne présidente du parti chrétien démocrate, a interpellé le président de la République.


Ne rêvez pas: non seulement il est borné, mais entre les mains des laïcs de tout poil.

dimanche 3 février 2013

"Manif pour tous": en attendant le 24 mars et la nouvelle manifestation nationale

Des défilés anti-mariage homo éparpillés partout en France, samedi
La presse n'en aura parlé qu'après


Des dizaines de milliers d'opposants au mariage homosexuel ont manifesté samedi dans toute la France, notamment à proximité de l'Assemblée nationale à Paris où les députés allaient adopter   l'article 1er du projet de loi.

La désinformation marche à plein

L'Agence de presse française ne connaît que les chiffres de la police: "la police a annoncé avoir compté à 16h00 environ 80.000 personnes," écrit-elle pour la bonne information des salles de rédaction qui se fient à elle. La police n'arrive déjà pas au même compte de rassemblements ou défilés: les organisateurs ont dénombré 90 rassemblements, mais la poloce n'a eu connaissance que de 80..., alors comment voulez-vous donc lui faire confiance ?

L'AFP ne fait de comparaison que défavorable

"Le 13 janvier, une manifestation nationale avait rassemblé à Paris entre 340.000 (police) et un million (organisateurs) d'opposants au mariage homosexuel à l'appel du collectif "La Manif pour tous": l'AFP aurait pu écrire trois cent quarante mille et 1.000.000 d'opposants, mais que ne l'a-t-elle fait ? Serait-ce que certains chiffres sont moins frappants en toutes lettres ?

L'AFP ne sait pas additionner les chiffres de la police

"Les manifestants étaient 15.000 à Versailles, 6.500 à Paris, 4.500 à La Défense (10.000, selon les organisateurs), 5.000 à Rennes, 3.000 à Nantes, 2.700 à Angers, 2.500 à Vannes et Tours, 1.800 à La Roche sur Yon, 1.000 au Mans et à Caen, 1.600 à Lyon (5.000, selon les organisateurs).
A noter que l'agence de presse distingue Paris et La Défense...

Jusqu'à quatre fois plus...

"Les manifestations ont mobilisé des milliersde personnes à Marseille (indénombrables, car innombrables ?), 1.000 à 4.000 à Toulouse, environ 1.000 à Melun, 600 à Perpignan, 500 à Strasbourg, Avignon ou Albi, 300 à Lille, selon les chiffres de la police."

Aucun incident n'a été signalé en fin de journée. On les espérait pourtant très fort...

Participation d'élus de l'opposition

A Paris, la manifestation a reçu le soutien de plusieurs députés UMP, dont le président du groupe Christian Jacob qui a mis en garde contre "les bouleversements éthiques et bioéthiques que la loi (allait) entraîner".

Hervé Mariton a regretté que "la mobilisation de l'opposition n'a pas été suffisante" pour voter contre l'adoption de l'article 1er du texte, qui ouvre le mariage aux couples homosexuels.

Des élus d'opposition se sont joints aux manifestants dans d'autres villes. "J'étais hier à l'Assemblée, je suis aujourd'hui sur le terrain, on ne faiblira pas", a déclaré à Avignon la députée FN Marion Maréchal-Le Pen.

"Les lignes bougent!", s'est félicitée à la manifestation parisienne Frigide Barjot, figure de proue des opposants au texte.
Elle a rendu hommage au député divers gauche de Martinique, Bruno Nestor Azérot, qui a dit jeudi à la tribune de l'Assemblée son opposition au projet.

Une pétition est ouverte

"Nous sommes là pour libérer nos députés", a lancé Frigide Barjot à la foule portant les drapeaux bleus et roses de la "Manif pour tous".

Les manifestants étaient invités à signer une pétition (lien) demandant la saisine du Conseil économique, social et environnemental (CESE), "troisième assemblée constitutionnelle de la République".

"Le premier objectif est de réunir les 500.000 signatures pour bloquer la progression du débat", a déclaré le porte-parole du collectif "Manif pour tous 33", Raphaël de Bouraynes, à Bordeaux, où le texte de la pétition était également soumis aux manifestants (2.200 selon la police, 7.000, selon les organisateurs).


Les opposants ne baissent pas les bras

Malgré le franchissement par le texte de la première étape samedi à l'Assemblée, les opposants croient encore possible de stopper le projet. "Tant que la loi n'est pas promulguée, on peut encore les faire reculer", déclarait à Marseille Raphaël Michel, coordinateur du rassemblement dans les Bouches-du-Rhône.

"C'est un message fort que nous voulons envoyer aux députés", affirmait aussi à Strasbourg la porte-parole de la "Manif pour tous", Isabelle Cubillié, dénonçant "un projet de loi injuste" et qui "remet en cause toute la filiation".

Des contre-manifestations ont réuni quelques centaines de personnes au total à Rennes, Saint-Brieuc, Strasbourg, Bordeaux ou Toulouse. Quelques dizaines donc, selon la police ?

Le collectif "La Manif pour tous" prévoit une nouvelle manifestation nationale le 24 mars dans la capitale.


La Manif Pour Tous fait appel à vous



Si vous souhaitez, avec elle, que le CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) intervienne dans le processus en cours, envoyez dès aujourd’hui votre pétition citoyenne et invitez votre entourage à le faire aussi.
Signer la pétition en 5 minutes. 30 sec pour imprimer, 1 minute 30 pour signer, 3 minute 30 pour envoyer.

Pétition citoyenne à télécharger et à renvoyer sous pli affranchi au tarif en vigueur :


La Manif Pour Tous15 rue Pottier – 78150 LE CHESNAY