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samedi 30 mai 2020

"Monde nouveau" de Macron: il va chercher Moscovici pour la Cour des Comptes

Pierre Moscovici sera nommé mercredi à la tête de la Cour des comptes, annonce l'Elysée

Le poste de premier président de la Cour des comptes est vacant depuis janvier dernier, à la fin du mandat de Didier Migaud.
On prend les mêmes incompétents et on recommence.<br>Le président Macron va nommer l'ancien ministre de Hollande à Bercy et pistonné par le même au poste de commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes, rapporte samedi 30 mai, le Journal du Dimanche. Le souci, c'est que Moscovici n'a jamais réussi quoi que ce soit: il a échoué à redresser la courbe de l'emploi et s'en allé pantoufler à Bruxelles où il ne laissera aucun souvenir.
Le poste de premier président de la Cour des comptes est vacant, depuis la fin janvier dernier, du mandat de Didier Migaud, nommé en 2010 par Nicolas Sarkozy. La Cour a très bien pu se passer de l'ex-trotskiste-lambertiste pendant ces cinq mois révolus.
Depuis le départ de Didier Migaud, l'intérim des fonctions de premier président est assuré par la doyenne des présidents de chambre, Sophie Moati.
<br>

mercredi 26 février 2020

Belloubet ou Moscovici, deux menaces de Macron sur le contre-pouvoir institutionnel

Macron laisse la Cour des comptes en déshérence : peur de ce contre-pouvoir ?  

Au bout de six semaines de vacance de leur présidence, 
les magistrats de la Cour des comptes commencent à trépigner

Emmanuel Macron lors de l\'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, lundi 22 janvier 2018. 
Macron lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes,
lundi 22 janvier 2018.
Après d'autres, l'institution chargée du contrôle des comptes publics, rue Cambon, subit à son tour l'indécision de Macron. Le risque qui menace n'est pas seulement l'affaiblissement de la Cour des Comptes, mais aussi son asservissement par l'arrivée d'un président proche du pouvoir.
"Cela fait maintenant presque six semaines que notre institution fonctionne sans Président. Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle était parfaitement connue, prévisible. Contrairement au décès en fonction de Philippe Seguin, la démission de Didier Migaud est la conséquence de sa nomination à la HATVP. Donc un choix du président." 

Le jeu de chaises musicales se poursuit.
Sous couvert d’anonymat, un des présidents de chambre de la Cour des comptes, pourtant de paisibles ronds-de-cuir de la haute fonction publique, cache mal son irritation. Pour l’heure, il revient à Sophie Moati, 66 ans, patronne de la 3e chambre et ex-secrétaire générale de l'Institut national de l’audiovisuel (INA), comme Agnès Saal, la doyenne des présidents de chambre, d’assurer l'intérim. Cela ne pose pas vraiment de problème pour la gestion des affaires courantes, comme la remise du rapport public annuel 2020, travail qui fut encore réalisé sous l’autorité de Didier Migaud, à Macron, puis sa présentation à la presse.

Mais la Cour des comptes est une juridiction administrative, "indépendante" qui dispose de nombreux pouvoirs. 
"Le premier Président de la Cour des comptes préside également le Haut conseil des finances publiques, le conseil des prélèvements obligatoires, il nomme aussi un grand nombre de magistrats à des postes clés de la République où s'exerce le contrôle de la Cour des comptes. 
En mars, le Haut Conseil des Finances Publiques se prononcera sur le réalisme des prévisions budgétaires à trois ans que la France doit envoyer à la Commission européenne". 

Les enjeux sont graves. 
Et en premier lieu, celui de peser comme un contre pouvoir des exécutifs locaux et nationaux. C’est grâce au travail de la Cour des comptes qu’a été remis en cause l’arbitrage léonin favorable à Bernard Tapie, avec un coût de 400 millions pour l’Etat, mais la fin d'une procédure sans issue. 
C'est dans ses rapports annuels et particuliers que sont mis en balance les objectifs des politiques publiques ainsi que leur coût et leur efficacité. Mais aussi les petites turpitudes des comptables publics. Que ce soit de la gabegie de Sirhen, le système informatique de l’Education nationale, aux super primes accordées par des maires à leur affidés, les magistrats financiers assurent la mise en oeuvre de l’article 15 de la constitution: "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration." Le pouvoir peut ressentir l'hermine comme du poil à gratter, sauf à rester exemplaire...

Les noms d'affidés socialistes circulent : Belloubet et Moscovici 

"En même temps", les commentateurs et manipulateurs de l'opinion assurent que Macron vire à droite... En nommant Didier Migaud, un représentant de l’opposition socialiste, à la tête de la Cour des comptes, le président Sarkozy avait fait la démonstration de son attachement au fonctionnement démocratique des institutions, mais Macron semble incapable d'un tel saut républicain. 

Cette pratique instaurait un "monde nouveau", celui dont Macron parle beaucoup, sans jamais apporter sa contribution. Elle prenait sa place dans une double évolution. 
D'abord, là où le seul fait du prince était de mise, il soumettait le choix présidentiel pour ces postes-clés (président du CSA, de la Cour des comptes, de la Haute autorité à la transparence de la vie publique….) à un veto des deux assemblées, chacune pouvant rejeter la nomination de l’impétrant. 
Ensuite,la dévolution à l’opposition des Présidences des commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale, deux fonctions pourtant primordiales. Ces deux parlementaires disposent par exemple d’un pouvoir de contrôle sur place et sur pièces de tous les documents comptables de la République.

Macron se cherche un serviteur qui ne se serait pas déjà carbonisé

Résultat de recherche d'images pour "belloubet"Dans la configuration nouvelle née des élections de 2017, parce que très éprouvée à son poste, Nicole Belloubet - qui ne sait pas aligner deux chiffres - serait la potiche idéale, si toutefois les comptables de l'Etat avaient la moindre chance de la supporter. Et la possible nomination de Nicole Belloubet à la succession de Didier Migaud mettrait surtout un coup d'arrêt brutal à l’usage qui assure à l’opposition le poste de Premier président de la Cour des comptes

Un autre nom, celui de Pierre Moscovici, circule. Celui-ci peut justifier de sa compétence en matière budgétaire. De plus, il est  aujourd’hui magistrat de la Cour des comptes en poste. Mais il semble cependant compliqué d'attribuer à Pierre Moscovici l’étiquette d’opposant politique à Emmanuel Macron.

Macron a l'embarras du choix,
mais il n'est pas enclin à nommer un membre de l'opposition...

A droite, il pourrait reconnaître la compétence de Gilles Carrez. Député du Val-de-Marne, il inspire le respect, version Les Républicains, qu'un Migaud a acquis à gauche. Comme l’ancien député PS de l'Isère, Gilles Carrez dispose d’une solide expérience en matière budgétaire. Durant ses 26 ans de mandat, il aura occupé les fonctions de rapporteur général du budget de l'Assemblée nationale pendant dix ans (2002-2012), ce qui ne s'était jamais produit sous la Cinquième République, puis de Président de la Commission des finances. 
Au centre droit, un autre pilier des discussions pointues du budget pourrait aussi faire le job : le député UDI de la Marne, Charles de Courson. Les deux peuvent afficher leur brevet d’opposition : le premier est un des chefs de la contestation de la privatisation d’ADP. Le second s’est illustré lors d’une fameuse diatribe contre la loi anti-casseurs : "C'est la dérive complète  ! On se croit revenu sous le régime de Vichy  !"
La gauche a-t-elle encore qui que ce soit à offrir ?
Le débauchage de Macron dans l'équipage du "Capitaine de pédalo" socialiste en 2017 a laissé les rangs parsemés. Mais une personnalité comme Valérie Rabaud, ex-conductrice de travaux dans le BTP, députée PS du Tarn-et-Garonne et actuelle patronne de 30 député(e)s, pourrait, faute de mieux, prétendre à la fonction, malgré "seulement" deux mandats au compteur. Elle est secrétaire de la Commission des Finances de l'Assemblée parce qu'il fallait une socialiste : le président est Eric Woerth (LR).

Rue Cambon, on ne peut plus attendre que le prince arrête de se tâter. 
Résultat de recherche d'images pour "prépuscule"
S'il ne faut pas craindre que sortent des sex-tapes de Macron  - que Juan Branco soupçonne d'être doté d'un micro-pénis (ci-contre) -, cette incapacité à décider avec clairvoyance  qui placer à la tête d'une institution porteuse de contre-pouvoir n’est pas une première, mais Jupiter semble avoir à bien des égards usurpé les capacités que lui attribue la légende

Il semble que cela devienne
un marqueur de l’exercice macronien du pouvoir, comme une peur organique de lâcher prise et de choisir des personnalités à des fonctions dont l’une des particularités est l’inamovibilité. 
La crainte de tout contre-pouvoir est la marque inquiétante d'un pouvoir faible mais d'autant plus dangereux.

vendredi 19 juillet 2019

Macron a dépassé son budget de 5,6 millions d'euros en 2018

La dotation initiale de 103 millions d’euros s’est révélée insuffisante pour couvrir les dépenses

La faute 
aux Gilets jaunes et au cours du homard ?  

Résultat de recherche d'images pour "brigitte macron piscine"
Une piscine polémique à 34.000 euros a été installée 
pour la famille de Brigitte? au fort de Brégançon en août 2018
Les Macron partagent avec les Gilets jaunes les fins de mois difficiles... 
A l'Elysée, le budget du couple était dans le rouge pour seulement de 5,6 millions d'euros en 2018 : le Château a dépassé son budget initial, en prélevant cinq millions d’euros sur ...ses réserves, selon le rapport annuel de la Cour des comptes : des fonds secrets ? En cause, une augmentation déraisonnée de l’activité du président frénétique qui n'a cure des questions d'intendance. Il a été conseiller économique de Hollande, avant d'être ministre de l'Economie...

"Les dépenses de la présidence se sont élevés à 105,07 millions d’euros et les charges à 108,88 millions, précise la Cour, soit un "résultat déficitaire à hauteur de - 3,81 millions d'euros". La hausse des charges (+6,6 % par rapport à 2017) "s’explique [on n'en doute pas!] principalement par celle des charges de personnel et de fonctionnement courant, en raison d’un accroissement de l’activité de la présidence", durant cette première année complète du quinquennat d'Emmanuel Macron, note-t-elle.

La masse salariale en augmentation : 
les Macron ont des besoins grandissants de personnels
Malgré une piscine neuve, l'épouse mobilise du personnel
pour faire un petit tour en scooter des mers
"La dotation budgétaire initiale, de 103 millions d’euros, s’étant révélée insuffisante pour couvrir les dépenses, un prélèvement sur la réserve d’un montant de 5,67 millions a dû être effectué pour contribuer à rétablir l’équilibre budgétaire", indiquent les magistrats. Concernant les effectifs en personnels au 31 décembre 2018, la présidence disposait de 816 agents, dont 333 militaires et 483 civils, contre 822 fin 2017, et le commandement militaire représentait à lui seul 30 % des effectifs. Les militaires n'ont donc pas été affectés en plus grand nombre au couple, et détournés du budget militaire... 

Les personnels de l'Elysée sont-ils plus grassement payés, alors ?
La masse salariale a augmenté de 4,2 % en 2018, bien supérieure à la hausse des salaires des fonctionnaires, notamment retraités, "ses facteurs d’évolution n’étant que partiellement maîtrisés par la présidence" : les agents "mis à disposition" par d’autres services de l’Etat dépendant de leur administration d’origine.
Mais la Cour des comptes est confiante : les dispositions passées incriminées "devraient être revues grâce au plan de transformation de l’Elysée mis en place en 2019". Les "autres services de l’Etat" doivent désormais prendre à leur compte les charges salariales de leurs "mis à disposition"... Le Palais ne cesse de clamer qu'il est au travail 24/24, mais le recours aux heures supplémentaires aurait diminué, tout en restant pourtant "élevé" au sein du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), des personnels strictement soumis au devoir de réserve. Ca tombe bien.

Ca ira mieux demain, avec une réorganisation pour 2019

L’Elysée se défend, estimant que le rythme plus soutenu de l’activité des services de la présidence en 2018 par rapport à 2017 - au temps du "capitaine de pédalo" respectueux de la planète - entraîne mécaniquement une hausse des dépenses de fonctionnement, dont il n'est pas responsable, on l'a vu... C'est pourtant la présidence qui a engagé une réorganisation. Mise en place en 2019, elle doit par ailleurs permettre "à la fois d’améliorer l’efficience des services, les conditions de travail des agents et d’assurer la maîtrise des dépenses", promet-on.

Le nouveau logiciel de gestion mis en place début ...2017 "paraît répondre aux besoins de la présidence," se réjouit  par ailleurs la Cour des comptes, bien qu'il ait tardé à produire ses effets. 

Un contrôle spécifique porte enfin sur les dépenses relatives à l’activité de Brigitte Macron

Cette dame n'a pas d'existence constitutionnelle, mais a un coût.
Cette sexagénaire bénéficie d'attentions particulières parmi les retraités de France et les soins que lui prodigue la République sont non seulement inéquitables, mais indus. Ses dépenses budgétaires "viennent pour l’essentiel de dépenses de personnel", assurent encore les comptables de l'Etat.

L’épouse du chef de l’Etat dispose d’un directeur de cabinet et d’un chef de cabinet, qui préparent ses rendez-vous, et de deux secrétaires. 
Il faut leur ajouter que sept agents du service de la correspondance présidentielle sont affectés "au traitement des 19.500 courriers qu’elle a reçus en 2018" et elle ne bénéficie d'"aucun budget de représentation". Juste une garde-robe en prêt.

Il manque au moins un personnel à ce décompte.
Résultat de recherche d'images pour "chien de Macron"
Ils sont quatre pour accompagner Brigitte
lors du pipi de Nemo 
Il semble ainsi que la maman de Manu est soutenue par onze personnes. Il en est une qui manque à cette énumération: outre les officiers du Groupe de sécurité de la présidence de la République  qui l'assistent au cours de ses promenades du chien présidentiel, Nemo, la coiffeuse !



Résultat de recherche d'images pour "bureaux de Brigitte Macron hôtel d'Evreux"
Si "aucun budget de représentation" n'est attribué à Brigitte Macron, elle bénéficie néanmoins des services de la coiffeuse-maquilleuse de la Présidence
Les magistrats de la Cour des comptes ne sont pas en état de préciser qui a payé pour l'achat des extensions capillaires qui étoffent sa chevelure de sexagénaire.

Résultat de recherche d'images pour "PRIX DES EXTENSIONS capillaires"En revanche, "la Cour s’est fait confirmer que la personne chargée de choisir les vêtements qui lui sont prêtés pour les manifestations et les déplacements officiels n’est pas rémunérée par la présidence de la République".
Dans un rapport publié mardi 24 juillet 2018, la Cour des comptes estimait à au moins 278.750 euros annuels le budget de l'épouse. 
Or, dans leur rapport sur l'exercice 2017, les magistrats de la Cour admettaient d'emblée qu'ils n'avaient pas pu chiffrer le coût total de Brigitte Trogneux-Macron, malgré la charte de transparence de la présidence. "Cette forme de comptabilité reste à ce jour insuffisamment développée pour réaliser complètement cet exercice", lisait-on dans le rapport. 

Pas moins de six bureaux et deux voitures.
Le rapport rappelle également que l'épouse bénéficie de six bureaux dans "l’aile Madame" de l’Hôtel d’Evreux (le bâtiment central de l'Elysée), celui qui donne sur les jardins, sans compter les  membres du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) dont elle jouit
Résultat de recherche d'images pour "brigitte macron a velo"
Deux véhicules issus de la flotte présidentielle lui sont affectés : l’un pour ces déplacements, l’autre pour les agents du GSPR qui la protègent. 

lundi 8 janvier 2018

SNCF : les usagers ont subi plus de retards de trains en 2017

Des remboursements partiels pour faire taire les voyageurs: à quel prix ?

Les perturbations de fin d'année couronnent une perte accrue de fiabilité 

En 2017, les trains de la SNCF ont été plus en retard qu'en 2016.
Image associée
Ainsi, 88.7% des TGV ont été ponctuels, soit une baisse de 1% par rapport à l'année 2016. Les Intercités (anciennement trains Corail) et Transiliens ont également connu une augmentation des retards lors de l'année 2017. Seuls les TER se sont montrés réguliers, en enregistrant une légère hausse de 0.3%.

L'augmentation de la fréquentation n'est pas seule en cause

La SNCF assure que les nombreux chantiers sur le réseau ferroviaires ont eu un impact sur la régularité des trains, avouant du même coup son incapacité à s'adapter à la croissance.

Le Ouigo, le TGV low-cost de la SNCF.
La SNCF a pourtant enregistré une augmentation de la fréquentation de ses trains en 2017. Ils seraient près de 110 millions à avoir voyagé sur les lignes grandes vitesses, soit dix de plus qu'en 2016. Cette augmentation serait à porter au crédit de Ouigo, la formule low cost de la SNCF. 2 millions de voyageurs supplémentaires auraient profité de cette offre.

Enfin, les trains régionaux ont également connu une hausse de la fréquentation. Les TER ont totalisé 336 millions de voyageurs, soit une hausse de 4.6%, tandis que 1.2 milliards de personnes ont emprunté le réseau Transilien (+3.2%).

2016 avait déjà connu une hausse des retards de trains

Résultat de recherche d'images pour "Cour des comptes montant dedommagements SNCF"C'était alors la faute aux grèves de cheminots, à des travaux sur le réseau ou encore à des colis suspects. Et aussi les inondations et les feuilles mortes... Les TGV, Intercités et TER avaient accumulé davantage de retards en 2016 qu'en 2015. 

"En 2017, on peut, on doit faire mieux", avait alors déclaré le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, en interne, rapporta le quotidien Les Échos sur son site, lors de sa présentation des voeux.

Améliorer la ponctualité est aussi un enjeu financier que s'est imposée la SNCF. 
Depuis décembre 2016, dès que leur TGV ou Intercités a plus de 30 minutes de retard, l'entreprise indemnise les retards supérieurs à 30 minutes sur les réseaux Intercités et TGV : entre 25 et 75% du prix du billet. Auparavant, les usagers ne pouvaient être dédommagés que lorsque la SNCF était responsable.
Ainsi, pour les TGV et Intercités qui ont entre 30 minutes et 2 heures de retard, les consommateurs peuvent se voir rembourser 25% du prix de leur billet, et 50% si le train a entre 2 et 3 heures de retard. Enfin, la SNCF indemnise jusqu'à 75% du prix du billet, si le retard excède trois heures. Pour les iDTGV, les clients sont remboursés à hauteur de 25% du prix de leur billet, et jusqu'à 50% si le retard est supérieur à deux heures. Dans le cas des TER, RER et Transilien, la règle n'a pas changé : le dédommagement n'est pas automatique.
Ces nouvelles règles d'indemnisation résultent, en réalité, de l'application du règlement européen CE n°1371/2007, qui prévoit un dédommagement à partir de 60 minutes de retard
Résultat de recherche d'images pour "SNCF retards trains""Conformément à l'article 17, les voyageurs peuvent demander une indemnisation proportionnelle au prix du billet en cas de retards importants ou de suppressions", indique ainsi le texte de Bruxelles. "L'indemnisation d'un retard est calculée par rapport au prix que le voyageur a réellement payé pour le service ayant subi un retard". En toute logique, il aurait dû entrer en vigueur en 2014. 
Le texte prévoit néanmoins que les États membres de l'UE puissent déroger à cette règle, dans un délai maximal de cinq ans, rappelle l'Autorité de la qualité de service dans les transports sur son site. Selon la Commission européenne, seuls 5 Etats (la Belgique, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas et la Slovénie) l'appliquent dans les faits. "Le gouvernement [français] aurait “tergiversé”, racontent plusieurs sources".
La Commission européenne prévoyait également d'introduire  au règlement une nouvelle clause de "force majeure", à partir de 2017. Les passagers devaient ne plus être dédommagés, en cas de circonstances exceptionnelles. L'objectif était d'éviter de pénaliser le transport ferroviaire par rapport aux autres modes de transport. De fait, les compagnies aériennes peuvent, déjà, invoquer des circonstances exceptionnelles pour ne pas dédommager leurs clients.

La Cour des Comptes ne dénonce pas ce surcoût des retards
Image associée"Les Sages" épinglent en revanche le système de facilités de circulation dont bénéficient les personnels de la SNCF et leurs familles. 
Après avoir dénoncé dans son rapport public annuel de 2010 les rémunérations et le temps de travail des cheminots, en 2013 les excès de com' de l'entreprise, la haute juridiction financière a critiqué, dans son rapport public annuel 2014 publié le 11 février, le système de billets gratuits ou quasi-gratuits accordés aux salariés de la SNCF et à leurs proches.

Le dernier rapport en date de la Cour des comptes consacré à "l'Etat actionnaire" et à sa gestion des entreprises publiques, dont la SNCF, entreprise sous tutelle de l'Etat, en janvier 2017. 
Ainsi reproche-t-il au pouvoir de ne pas laisser les coudées franches à son PDG dont les initiatives, en particulier pour réduire la dette ou réorganiser le temps de travail dans l'entreprise de 260.000 salariés, tous secteurs confondus, peuvent contrarier la politique de son ministère de tutelle et du gouvernement. L'Etat est animé par "le souci de préserver la paix sociale", d'abord : exemple cité, celui de la SNCF où, en juin 2016, alors que la contestation contre la loi Travail de la ministre Myriam El Khomri ne fléchissait pas, la CGT cheminots menaçait de déclencher une grève à la SNCF, où la direction négociait une modification du temps de travail.
Dans la perspective de l'ouverture à la concurrence en 2020 pour les TGV, et "au plus tard" en 2023 pour les Trains Express régionaux et les Intercités, la Cour presse par ailleurs la SNCF d'évoluer vers un "statut de société anonyme (…) dans un délai compatible avec cette ouverture".

Résultat de recherche d'images pour "SNCF retards trains"
SNCF Mobilités n'est pas non plus exempt de reproches. Son conseil d'administration "ne pouvait, dans le cas du projet de ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique (SEA), que constater l'impasse financière devant laquelle l'entreprise se trouvait placée du fait des engagements de desserte pris par l'Etat", indiquent les magistrats financiers. Cette ligne Tours-Bordeaux pourrait un jour peut-être aller jusqu'en Espagne, mais avec 33 dessertes journalières, au lieu des 13 conseillées par Guillaume Pépy. L'Etat n'a rien voulu savoir, sous la pression des barons politiques des villes et des régions socialistes de l'arc atlantique et du groupement privé LISEA (Ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique). De quoi creuser encore plus le déficit.

Il reste aux Sages à publier le montant des dédommagements au titre des retards de trains.

samedi 1 juillet 2017

Un séminaire gouvernemental en région, pour faire simple et pas cher

Macron clôture à Nancy le stage de formation de ses députés novices

La Meurthe-et-Moselle, supérieure au 7e arrondissement de Paris

Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"Le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés dans une belle province de Macron 1er, petit père de toutes les régions, vendredi et samedi, pour discuter la "feuille de route" du début du quinquennat. Nancy a eu l'immense honneur d'abriter un séminaire gouvernemental en forme de stage de "renforcement d'équipe" ("team building", pour les admirateurs de la langue américaine). 
Le concept de 'team building' est né dans les années 80 et se fondait alors sur de nombreux travaux des années 60, comme les "étapes de Tuckman," du nom du père du "forming–storming–norming–performing model" de développement du groupe considéré. Il a pour objectif de rendre les équipes plus efficaces en resserrant les liens au sein des équipes. Le jeune président trentenaire y a recours 30 ans et 50 ans plus tard, par nécessité. En effet, son équipe de législateurs est hétéroclite, inexpérimentée et informe.
Or, les techniques de
'team building' visent donc à resserrer les liens entre les membres d'une équipe, quand cette équipe existe. Mais comme la sienne est à l'état de pâte à modeler, Macron 1er doit lui donner forme et lui insuffler l'esprit d'équipe qu'il veut pour elle. Nancy est le lieu choisi pour ce formatage des esprits, en favorisant la gestion du stress et la cohésion entre ses membres par un environnement favorable au travail collectif, à travers des activités de jeux de management, d'activités sportives, culturelles, artistiques ou créatives. Un 'boot camp', diront certains, où sont mises en place des situations dans lesquelles les acteurs seront mis à contribution pour atteindre un but collectif, faire preuve de solidarité, communiquer, résoudre des problèmes et prendre des décisions de façon collégiale ou tout simplement partager un bon moment. Les pratiques de renforcement d'équipe sont au nombre de trois : la récompense, l'intégration de nouveaux collaborateurs et la gestion de crise...
Le séminaire de Nancy est aussi l’occasion pour Edouard Philippe de commencer à dessiner son style comme premier ministre. Une nécessité, là encore, puisque l'hyper-président lui brûlera la politesse lundi lors du rassemblement des deux chambres du Parlement en Congrès à Versailles, la veille de sa propre déclaration de politique générale devant les députés. Macron 1er, tsar de toutes les régions, affirmera à Nancy sa prééminence sur son collaborateur de Matignon. 
Résultat de recherche d'images pour "sons et lumieres nancy 2017"
Edouard Philippe et plusieurs membres de son gouvernement ont assisté vendredi soir au spectacle Sons et lumières donné, comme chaque été par la préfecture de Meurthe-et-Moselle, devant les façades XVIIIe siècle illuminées de l’hôtel de ville, au milieu des riverains et des touristes surpris de les trouver là. Le gouvernement s’est offert, vendredi et samedi 1er juillet, un week-end découverte en Lorraine : voyage en train tous ensemble et nuit à l’hôtel (sauf pour le premier ministre logé en préfecture). 
Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"
Deux jours durant, le chef du gouvernement et ses ministres se sont délocalisés en province pour ce "séminaire de travail" à huis clos (cf. le "bunker", ci-contre), au cours duquel chacun a évoqué sa "feuille de route" pour le début du quinquennat. 
L’occasion aussi pour Edouard Philippe d'effectuer ses débuts de chef de la majorité dominée par La République en marche, à la veille de sa déclaration de politique générale, mardi 4 juillet devant l’Assemblée nationale.

Pendant ce temps, le président de la République, Emmanuel Macron, assiste à Strasbourg à la cérémonie européenne en mémoire de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl ou inaugure la nouvelle ligne TGV entre Paris et Bordeaux (en plus du Paris-Rennes).

A Nancy, l'ambiance rappelle celle des séminaires de cadres de grandes entreprises

"Un moment de rencontre et de partage" pour "souder un esprit de cohésion", tente de théoriser le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. " Nous retrouver tous ensemble pour mieux nous connaître et pour dresser un constat partagé sur la situation du pays", résume le premier ministre, dissimulant mal une opération de formatage des esprits à l'unanimisme de groupe. Edouard Philippe raconte qu'il a voulu "s’extraire des soubresauts du temps court", citant l’historien Fernand Braudel. On comprend dès lors que les journalistes des chaînes d'information en continu soient inadaptés et exclus de ce huis clos de Nancy.

Les media en sont réduits à couvrir l'écume de l'événement. 
Image associéeLa fine équipe Philippe II a donc partagé un "dîner de travail" avec des "héros du quotidien"dixit le même Castaner, vendredi soir, dans une tentative de perfusion de courage et d'expertise. Dans le huis clos des gens de La République en marche, les héros ont raconté "leurs expériences personnelles inspirantes pour tous". Parmi ces invités, Jean-Marie Schleret, l’ancien député de Meurthe-et-Moselle engagé dans l’action sociale et solidaire, Céline Lazorthes, fondatrice de la start-up de paiement en ligne Leetchi, ou l’académicien Erik Orsenna. L’écrivain, ancien conseiller à l’Elysée sous François Mitterrand, a mis en garde, avec humour, les ministres contre "la vanité du pouvoir". "Il nous a fait tout un topo sur la prison que peut devenir un ministère et sur le risque d’enfermement du pouvoir", rapporte un participant. 

Résultat de recherche d'images pour "seminaire travail nancy 2017"Mais l'étoile du week-end d’intégration du gouvernement Philippe a été l’astronaute français Thomas Pesquet (ci-contre à gauche). Convié par le premier ministre, "Thom Astro" a raconté sa mission de six mois sur la station spatiale ISS. "Je viens partager mon expérience et les points communs qu’il peut y avoir entre une mission spatiale et diriger la France", a expliqué le scientifique, légèrement flottant dans sa tentative de rapprochement sur commande. "On était comme des gosses !", confiera après le repas un ministre anonymé, avouant que plusieurs membres du gouvernement n’ont pas résisté à prendre des selfies avec l’astronaute ou à lui demander des autographes pour leurs enfants. Séminaire de travail, disiez-vous ?

L'exécutif, une 'Belle Alliance Populaire' ?

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G. Collomb ne semble pas vraiment intégré
Face à un chef de l’État omniprésent, Edouard Philippe a essayé de profiter du séminaire pour se poser en animateur du gouvernement. "Une équipe complémentaire, motivée, avec un bon esprit. Je suis ravi d’être à sa tête", a-t-il confié à la presse, vendredi soir devant un demi de bière, attablé en terrasse place Stanislas avec plusieurs de ses ministres. Du pain béni pour Paris Match, Closer ou Public... 
Résultat de recherche d'images pour "seminaire Nancy"
Autour de lui, s’affiche la jeune garde gouvernementale, avec les "Macron boys," Benjamin Griveaux, 39 ans (ci-contre à gauche), Julien Denormandie, 37 ans, et Mounir Mahjoubi, 33 ans, tous secrétaires d'Etat, et les ralliés venus de la droite, Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Jean-Baptiste Lemoyne. Les vieux de la vieille, Jean-Yves Le Drian, 70 ans, Gérard Collomb, 70 ans, ou Bruno Le Maire, 48 ans, en revanche, avaient préféré regagner leurs chambres d’hôtel. 

Le chef du gouvernement prépare son discours devant les parlementaires mardi. La veille, lundi 3 juillet, Emmanuel Macron s’adresse au Congrès depuis Versailles, au risque de lui couper l'herbe sous le pied, bien que Castaner les déclare tous deux bien "en ligne". Le premier ministre nie d'ailleurs tout esprit de compétition dans le duo exécutif, ce qui est bien naturel à l'issue d'un weekend d'intégration: "Le président va fixer le cap, lundi; moi j’expliquerai mardi comment on atteint ce cap", résume-t-il. 

Les Républicains du gouvernement à la peine

Remettre de l’ordre dans les comptes publics de Hollande
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Philippe se voûte dangereusement
Les trois prises de Macron à la droite ne sont pas à la fête. Alors que Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, était venu samedi matin à Nancy pour disserter devant le gouvernement sur la situation des finances publiques (et François Molins, le procureur de la République de Paris, sur la politique de lutte antiterroriste), le premier ministre avait connaissance du "rapport extrêmement sévère et critique" de la rue Cambon pour préparer l’opinion à des économies supplémentaires et atteindre les 3 % de déficit à la fin de l’année.

Après cinq années de socialisme, la France est le dernier pays en Europe à ne pas avoir équilibré ses comptes publics. "Nous sommes en déficit permanent depuis 1974. On va remettre un peu d’ordre dans les comptes publics", prévient depuis Nancy Edouard Philippe, évoquant "une question de souveraineté" pour le pays. 

L’exécutif revendique un "discours de vérité"
Ce qui avait été reproché à F. Fillon, lorsqu'en septembre 2007, il s'était déclaré "à la tête d'un État "en situation de faillite", est aujourd'hui vanté. L'ex-maire juppéiste de Rouen refuse d'ailleurs de préciser l’ampleur et le ciblage des futures coupes budgétaires : retraités, handicapés, etc ? Bruno Le Maire devra trouver 8  à 9 milliards d'euros d'économie avant 2018 pour pallier les effets de la politique de Hollande et Sapin qui ont laissé filer les dépenses, quand ils ne l'ont pas organisée, et le premier ministre a annoncé des coupes budgétaires drastiques ... "suite au rapport du Président de la Cour des Comptes", lit-on, bien qu'il n'en soit évidemment en rien responsable.

Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le 29 juin, le gouvernement a déjà annoncé le gel du point d’indice des salaires des fonctionnaires, à la stupéfaction des syndicats que Darmanin n'a pas consultés, mais cela sera insuffisant pour rattraper le "dérapage" de 9 milliards d’euros attribué par la Cour des comptes au précédent quinquennat de François Hollande. Le premier ministre n’a "aucun domaine sur lequel il s’interdit de se poser des questions", ont précisé - dans un insupportable charabia - les technocrates de son entourage depuis Nancy.
L’annonce du gel du point d’indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, n’étonne pas vraiment les syndicats mais elle cause un profond mécontentement chez la plupart d’entre eux. C’est la méthode, tout d’abord, qui a déplu : "Le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a fait le choix d’aller devant les media pour dévoiler cette décision alors qu’il avait affiché son souci du dialogue, lorsqu’il nous avait reçus, le 23 mai", déplore Jean-Marc Canon (CGT). "C’est une déclaration choquante, sur la forme comme sur le fond, enchaîne Mylène Jacquot (CFDT). Elle se situe en dehors des modalités habituelles du dialogue social."
Christian Grolier (FO) dit "ne pas être surpris". "Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", assène-t-il. Et M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’i
l n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.
Mais les propos du ministre vont plus loin, celui-ci ayant indiqué, vendredi, qu’il n’y aurait aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Résultat :
des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne M. Grolier (FO). C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
Matignon interdit néanmoins de parler d’austérité. 
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Hotel Mercure de Nancy
La Cour des comptes a épinglé l'"insincérité" du dernier budget de Hollande, ce qu'en langage  courant, on appelle "mensonger" (sous-budgétisation de certains ministères, la recapitalisation d’Areva, et le rendement plus faible qu'annoncé de la régularisation fiscale des contribuables fraudeurs  dans des paradis fiscaux) mais que les  fonctionnaires et les retraités seront les premiers appelés à éponger, sans la contrepartie d'un carton d'invitation à la 'garden party' de Nancy.  
Quelle sera la prochaine catégorie à son tour essorée comme "variable d'ajustement" du budget 2018 et des suivants ? "On ne va pas faire du sang et des larmes, mais on va prendre des décisions courageuses qui ne seront pas toutes forcément populaires", réplique un proche  anonyme d’Edouard Philippe. Un équilibre qui s’annonce difficile à trouver.

Du sang et des larmes, mais en silence, SVP...
Il est donc urgent que les syndicats se mettent au "team building" pour une meilleure défense des Français.