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samedi 30 mai 2020

"Monde nouveau" de Macron: il va chercher Moscovici pour la Cour des Comptes

Pierre Moscovici sera nommé mercredi à la tête de la Cour des comptes, annonce l'Elysée

Le poste de premier président de la Cour des comptes est vacant depuis janvier dernier, à la fin du mandat de Didier Migaud.
On prend les mêmes incompétents et on recommence.<br>Le président Macron va nommer l'ancien ministre de Hollande à Bercy et pistonné par le même au poste de commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes, rapporte samedi 30 mai, le Journal du Dimanche. Le souci, c'est que Moscovici n'a jamais réussi quoi que ce soit: il a échoué à redresser la courbe de l'emploi et s'en allé pantoufler à Bruxelles où il ne laissera aucun souvenir.
Le poste de premier président de la Cour des comptes est vacant, depuis la fin janvier dernier, du mandat de Didier Migaud, nommé en 2010 par Nicolas Sarkozy. La Cour a très bien pu se passer de l'ex-trotskiste-lambertiste pendant ces cinq mois révolus.
Depuis le départ de Didier Migaud, l'intérim des fonctions de premier président est assuré par la doyenne des présidents de chambre, Sophie Moati.
<br>

mercredi 26 février 2020

Belloubet ou Moscovici, deux menaces de Macron sur le contre-pouvoir institutionnel

Macron laisse la Cour des comptes en déshérence : peur de ce contre-pouvoir ?  

Au bout de six semaines de vacance de leur présidence, 
les magistrats de la Cour des comptes commencent à trépigner

Emmanuel Macron lors de l\'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, lundi 22 janvier 2018. 
Macron lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes,
lundi 22 janvier 2018.
Après d'autres, l'institution chargée du contrôle des comptes publics, rue Cambon, subit à son tour l'indécision de Macron. Le risque qui menace n'est pas seulement l'affaiblissement de la Cour des Comptes, mais aussi son asservissement par l'arrivée d'un président proche du pouvoir.
"Cela fait maintenant presque six semaines que notre institution fonctionne sans Président. Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’elle était parfaitement connue, prévisible. Contrairement au décès en fonction de Philippe Seguin, la démission de Didier Migaud est la conséquence de sa nomination à la HATVP. Donc un choix du président." 

Le jeu de chaises musicales se poursuit.
Sous couvert d’anonymat, un des présidents de chambre de la Cour des comptes, pourtant de paisibles ronds-de-cuir de la haute fonction publique, cache mal son irritation. Pour l’heure, il revient à Sophie Moati, 66 ans, patronne de la 3e chambre et ex-secrétaire générale de l'Institut national de l’audiovisuel (INA), comme Agnès Saal, la doyenne des présidents de chambre, d’assurer l'intérim. Cela ne pose pas vraiment de problème pour la gestion des affaires courantes, comme la remise du rapport public annuel 2020, travail qui fut encore réalisé sous l’autorité de Didier Migaud, à Macron, puis sa présentation à la presse.

Mais la Cour des comptes est une juridiction administrative, "indépendante" qui dispose de nombreux pouvoirs. 
"Le premier Président de la Cour des comptes préside également le Haut conseil des finances publiques, le conseil des prélèvements obligatoires, il nomme aussi un grand nombre de magistrats à des postes clés de la République où s'exerce le contrôle de la Cour des comptes. 
En mars, le Haut Conseil des Finances Publiques se prononcera sur le réalisme des prévisions budgétaires à trois ans que la France doit envoyer à la Commission européenne". 

Les enjeux sont graves. 
Et en premier lieu, celui de peser comme un contre pouvoir des exécutifs locaux et nationaux. C’est grâce au travail de la Cour des comptes qu’a été remis en cause l’arbitrage léonin favorable à Bernard Tapie, avec un coût de 400 millions pour l’Etat, mais la fin d'une procédure sans issue. 
C'est dans ses rapports annuels et particuliers que sont mis en balance les objectifs des politiques publiques ainsi que leur coût et leur efficacité. Mais aussi les petites turpitudes des comptables publics. Que ce soit de la gabegie de Sirhen, le système informatique de l’Education nationale, aux super primes accordées par des maires à leur affidés, les magistrats financiers assurent la mise en oeuvre de l’article 15 de la constitution: "La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration." Le pouvoir peut ressentir l'hermine comme du poil à gratter, sauf à rester exemplaire...

Les noms d'affidés socialistes circulent : Belloubet et Moscovici 

"En même temps", les commentateurs et manipulateurs de l'opinion assurent que Macron vire à droite... En nommant Didier Migaud, un représentant de l’opposition socialiste, à la tête de la Cour des comptes, le président Sarkozy avait fait la démonstration de son attachement au fonctionnement démocratique des institutions, mais Macron semble incapable d'un tel saut républicain. 

Cette pratique instaurait un "monde nouveau", celui dont Macron parle beaucoup, sans jamais apporter sa contribution. Elle prenait sa place dans une double évolution. 
D'abord, là où le seul fait du prince était de mise, il soumettait le choix présidentiel pour ces postes-clés (président du CSA, de la Cour des comptes, de la Haute autorité à la transparence de la vie publique….) à un veto des deux assemblées, chacune pouvant rejeter la nomination de l’impétrant. 
Ensuite,la dévolution à l’opposition des Présidences des commissions des finances du Sénat et de l’Assemblée nationale, deux fonctions pourtant primordiales. Ces deux parlementaires disposent par exemple d’un pouvoir de contrôle sur place et sur pièces de tous les documents comptables de la République.

Macron se cherche un serviteur qui ne se serait pas déjà carbonisé

Résultat de recherche d'images pour "belloubet"Dans la configuration nouvelle née des élections de 2017, parce que très éprouvée à son poste, Nicole Belloubet - qui ne sait pas aligner deux chiffres - serait la potiche idéale, si toutefois les comptables de l'Etat avaient la moindre chance de la supporter. Et la possible nomination de Nicole Belloubet à la succession de Didier Migaud mettrait surtout un coup d'arrêt brutal à l’usage qui assure à l’opposition le poste de Premier président de la Cour des comptes

Un autre nom, celui de Pierre Moscovici, circule. Celui-ci peut justifier de sa compétence en matière budgétaire. De plus, il est  aujourd’hui magistrat de la Cour des comptes en poste. Mais il semble cependant compliqué d'attribuer à Pierre Moscovici l’étiquette d’opposant politique à Emmanuel Macron.

Macron a l'embarras du choix,
mais il n'est pas enclin à nommer un membre de l'opposition...

A droite, il pourrait reconnaître la compétence de Gilles Carrez. Député du Val-de-Marne, il inspire le respect, version Les Républicains, qu'un Migaud a acquis à gauche. Comme l’ancien député PS de l'Isère, Gilles Carrez dispose d’une solide expérience en matière budgétaire. Durant ses 26 ans de mandat, il aura occupé les fonctions de rapporteur général du budget de l'Assemblée nationale pendant dix ans (2002-2012), ce qui ne s'était jamais produit sous la Cinquième République, puis de Président de la Commission des finances. 
Au centre droit, un autre pilier des discussions pointues du budget pourrait aussi faire le job : le député UDI de la Marne, Charles de Courson. Les deux peuvent afficher leur brevet d’opposition : le premier est un des chefs de la contestation de la privatisation d’ADP. Le second s’est illustré lors d’une fameuse diatribe contre la loi anti-casseurs : "C'est la dérive complète  ! On se croit revenu sous le régime de Vichy  !"
La gauche a-t-elle encore qui que ce soit à offrir ?
Le débauchage de Macron dans l'équipage du "Capitaine de pédalo" socialiste en 2017 a laissé les rangs parsemés. Mais une personnalité comme Valérie Rabaud, ex-conductrice de travaux dans le BTP, députée PS du Tarn-et-Garonne et actuelle patronne de 30 député(e)s, pourrait, faute de mieux, prétendre à la fonction, malgré "seulement" deux mandats au compteur. Elle est secrétaire de la Commission des Finances de l'Assemblée parce qu'il fallait une socialiste : le président est Eric Woerth (LR).

Rue Cambon, on ne peut plus attendre que le prince arrête de se tâter. 
Résultat de recherche d'images pour "prépuscule"
S'il ne faut pas craindre que sortent des sex-tapes de Macron  - que Juan Branco soupçonne d'être doté d'un micro-pénis (ci-contre) -, cette incapacité à décider avec clairvoyance  qui placer à la tête d'une institution porteuse de contre-pouvoir n’est pas une première, mais Jupiter semble avoir à bien des égards usurpé les capacités que lui attribue la légende

Il semble que cela devienne
un marqueur de l’exercice macronien du pouvoir, comme une peur organique de lâcher prise et de choisir des personnalités à des fonctions dont l’une des particularités est l’inamovibilité. 
La crainte de tout contre-pouvoir est la marque inquiétante d'un pouvoir faible mais d'autant plus dangereux.

samedi 28 avril 2018

Taxation du numérique : "colère" Le Maire lâché par de nombreux ministres européens

Le Maire se démonte face aux réserves européennes

L
a proposition de la Commission européenne portée par Macron suscite l'opposition 
de plusieurs ministres européens samedi à Sofia

Le Maire mis en minorité à Sofia sur les propositions de Macron

Le Français Bruno Le Maire voulait taxer dans l'UE les géants du numérique.
Les ministres européens des Finances débattaient pour la première fois de ce projet, présentée fin mars par l'exécutif européen, qui prévoit la mise en place rapide d'une taxe sur le chiffre d'affaires des géants du net opérant dans l'Union européenne, comme Facebook et Amazon, le temps qu'une solution soit négociée à l'échelle mondiale.

Mais les  pays accusés de tirer profit de leur fiscalité avantageuse vis-à-vis de ces entreprises, tels que Malte, l'Irlande et le Luxembourg, des paradis fiscaux, ont manifesté leur circonspection, tout comme la Suède, le Danemark, la Finlande, mais aussi le Royaume-Uni. Sept pays "frondeurs"...

Il faut "discuter avec les Américains, car si l'UE fait ça de son côté, cette taxe sera très inefficace et mauvaise pour la compétitivité européenne", a fait valoir le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna.

Celui-ci a évoqué un risque d'"escalade" avec les Etats-Unis, avec lesquels les relations sont déjà tendues sur le plan commercial, en raison des lourds droits de douane sur l'acier et l'aluminium que le président Donald Trump menace appliquer à l'UE à partir du 1er mai.

"Ce n'est pas une taxe contre les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ce n'est pas une taxe contre les Etats-Unis (...) C'est quelque chose qui va dans l'intérêt de tous les Européens", a répondu le commissaire européen à la Fiscalité, le socialiste Pierre Moscovici, qui défend le projet au nom de la Commission.

Le ministre français des Finances a laissé éclater "une colère froide" 

Dernier des ministres à prendre la parole pendant un tour de table samedi matinBruno Le Maire s'est irrité des réticences que suscite cette taxe, dont Emmanuel Macron a fait une priorité.
"L'Europe est-elle capable de se montrer forte ?", a-t-il lancé. "Une chose que j'ai apprise lors de la semaine que je viens de passer aux Etats-Unis avec le président Macron : les Américains ne respecteront que les démonstrations de force," a-t-il polémiqué avec aigreur.

"Si vous voulez aller jusqu'aux élections européennes l'an prochain avec le message 'nous avons beaucoup parlé, beaucoup débattu, mais pris aucune décision' bonne chance !", a éructé Le Maire, prenant conscience de son isolement, en contradiction avec les louanges de la presse hexagonale pour la politique européenne macronienne.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a fait défection. 
Résultat de recherche d'images pour "Olaf Scholz Macron"
Alors que la chancelière allemande Angela Merkel est à Washington et que l'Allemagne avait jusqu'à présent soutenu la proposition européenne, il n'a pas pris la parole. Interrogé en conférence de presse, le grand argentier allemand  n'a pas expliqué son silence. D'après une source diplomatique anonyme, l'idée de taxer le chiffre d'affaires, et non les bénéfices, comme cela se fait habituellement, n'a pas les faveurs de Berlin. Huitième pays "frondeur'...
"Aucun pays ne pourrait accepter ce que nous voyons aujourd'hui" avec les géants du net, a cependant dit le ministre allemand, membre du SPD (Parti social-démocrate) à la presse, évoquant "une grande question morale".

Quelles sont les dispositions proposées par le texte de la Commission ? 

Dans un premier temps, il envisage de taxer à hauteur de 3% les revenus générés par l'exploitation d'activités numériques.
Cette taxe ne viserait que les groupes dont le chiffre d'affaires annuel mondial s'élève à plus de 750 millions d'euros et dont les revenus dans l'UE excèdent 50 millions d'euros.

Outre cette mesure "ciblée" de taxation du chiffre d'affaires des entreprises numériques, la Commission a aussi proposé une réforme de fond des règles relatives à l'imposition des sociétés, qui prendrait le relais de la première proposition de "court terme".
Cette proposition de "long terme" permettrait aux pays de l'UE de taxer les bénéfices réalisés sur leur territoire, même si une entreprise n'y est pas présente physiquement.

Macron a fixé unilatéralement l'objectif d'adopter la solution de court terme au plus tard début 2019.
Mais la nécessité d'obtenir l'unanimité dans l'UE pour toute réforme de la fiscalité rend le consensus difficile.

Macron ne fait pas l'unanimité et la presse française va devoir en tirer les conclusions avant de redéployer la propagande élyséenne.

jeudi 23 mars 2017

Pierre Moscovici a aussi reçu des costumes offerts par un généreux ami

Le coup de pied dans la fourmilière fait sortir Moscovici

L'ancien ministre de l'Economie de Hollande se fait tailler un costard

C'est au tour de Pierre Moscovici, après Fillon et de l'épouse Macron de se faire épingler. Le Canard Enchaîné révèle que le Commissaire européen aux affaires économiques s'est fait offrir des costumes de luxe par un ami, lequel ami est de surcroît un intermédiaire pour l'approvisionnement en vins de l'Élysée et de Matignon. 

Les costards étaient achetées chez Arnys (LVMH), le tailleur de luxe qui habille des responsables politiques et pas seulement François Fillon. 

Qui est ce très jeune et
élégant collaborateur
à la droite du responsable socialiste ?
Les faits évoqués seraient antérieurs à 2012, année à partir de laquelle les parlementaires se sont trouvés dans l'obligation de faire connaître ces cadeaux aux pouvoirs publics. Mais la Haute Autorité pour la Transparence de la vie politique en sommeil, n'est pas en état de préciser si l'arrogant Moscovici a continué à se faire livrer des costumes sur mesures par Arnys, après 2012.
 
Pierre Moscovici confirme avoir reçu ces costumes

Rhabillé pour l'hiver, il se dit néanmoins totalement serein vis-à-vis de cette information. 
"Je ne suis pas du tout embarrassé par cela, dès lors que ce sont de vrais cadeaux par de vrais amis, dans un vrai cadre privé", a-t-il déclaré face à la presse à Bruxelles, mardi 21 mars. Car ces messieurs se font couramment offrir des costumes par des amis obligeants et, qui sait, des obligés...  

Le socialiste exemplaire suggère ainsi que, pour l'heure, il n'y a pas eu de conflit d'intérêts. 
Dans le cas de François Fillon, la presse et donc la justice, sont plus expéditives. Elles font savoir que le candidat a reçu de l'avocat Robert Bourgi des costumes d'une valeur totale de 13.000 euros, mais leurs fuites ne chiffrent la valeur des costards de luxe de l'ancien patron socialiste de Bercy.
 
Si elle soupçonne un possible trafic d'influence, s'agissant du candidat de la droite et du centre, la justice ne se presse pas en revanche d'enquêter sur l'origine du contrat de livraisons de vins et spiritueux au plus haut sommet de l'Etat. Qui a signé ou renouvelé ce contrat qui bénéficie au fournisseur en vins de Hollande, Ayrault, Valls et Cazeneuve et en costumes de Moscovici.

Ce trotskiste terriblement embourgeoisé devrait provoquer les réquisitoires indignés de ses virulents camarades trotskistes, Nathalie Arthaud et de Philippe Poutou, candidats à la présidentielle salis par ces soupçons  .

Trafic d'influence ou conflit d'intérêts,
la Commission européenne ne peut rester indifférente aux révélations et aux aveux qui accablent le commissaire Moscovici, en charge des affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière. L'import-export des vins et spiritueux en Europe est en effet de sa responsabilité...

samedi 4 juin 2016

Déficit: Moscovici attend plus d'efforts de Hollande

La Commission européenne rappelle fermement à Paris son objectif de ramener son déficit inférieur sous la barre de 3% en 2017

Ils s'y sont mis en fait à deux, vendredi, Commission européenne et Eurogroupe, pour que Hollande cesse de laisser filer

Sapin tire trop sur l'élastique
des déficits et de la dette publics
"Nous serons vigilants, nous serons exigeants et il n'y a pas d'autre alternative que d'être en-dessous de 3% en 2017", a affirmé le commissaire européen Pierre Moscovici sur LCP, après l'appel du président néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à plus de fermeté à l'égard de Paris. 
L'Eurogroupe est la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro. Dans ses propos, le commissaire européen devait faire taire la rumeur persistance sur un traitement spécial pour la France à un an des présidentielles
Paris ne cesse en effet d'annoncer de nouvelles dépenses, notamment ces dernières semaines encore. "Si ces dépenses sont faites, il faudra que l'équilibre soit respecté et que l'on passe en-dessous de 3% en 2017", a martelé Pierre Moscovici. 

"Il faut que cet équilibre soit sérieux, que les choses ne soient pas optiques. La France a pris des engagements. Elle doit les tenir", a-t-il insisté. 

Le passage sous la barre des 3% est-il pour 2017 ?
"Il faut que ce soit vraiment sous 3% en 2017, vraiment", a insisté le Français Moscovici, sous la pression de Jeroen Dijsselbloem, qui s'est ému des récentes déclarations du président de la Commission, Jean-Claude Juncker sur la France
Dans un entretien à la chaîne Public Sénat cette semaine, Juncker avait souligné qu'il ne cesse de donner des dérogations à la France en matière budgétaire "parce que c'est la France" et "qu'on ne peut pas appliquer le pacte de stabilité de façon aveugle". 

Une déclaration qui indigne Jeroen Dijsselbloem
"Une chose est sûre: si la Commission n'affiche de fermeté qu'avec les petits pays, l'effet sera dévastateur pour la confiance entre les capitales de l'euro", a plaidé le ministre des Finances néerlandais, chef de file de l'Eurogroupe et membre du Parti travailliste néerlandais. "Si la Commission ferme les yeux sur l'un, elle sera obligée de le faire pour d'autres et au bout du compte, c'est toute l'union monétaire qui sombre dans l'aveuglement", a-t-il insisté. 

L'Eurogroupe a "besoin de clarté" et d'équité 
Selon lui, "la Commission devrait se soucier davantage de sa crédibilité. Lorsque vous apprenez que son président dit que la perspective est différente dans le cas de la France (...) c'est bien sûr dommageable". "Comment voulez-vous redynamiser l'union monétaire, après le vote britannique par exemple, si vous traitez ainsi les règles existantes? Personnellement, je trouve que c'est très inquiétant. Nous avons besoin de clarté", a-t-il encore exigé.  

Renforcé suite à la crise de la dette, le pacte de stabilité impose aux pays européens des plafonds de dette et de déficit public, sous peine de sanctions. Or, Hollande, malgré ses promesses, n'a pas réussi à ramener sous 3% du PIB son déficit public et a obtenu plusieurs délais de grâce, le dernier en date jusqu'à 2017. L'Espagne et le Portugal ont échappé récemment à des sanctions, Bruxelles ayant reporté de quelques mois sa décision sur le sujet, notamment en raison d'une échéance électorale en Espagne.

La France fait moins bien que ses voisins européens
En 2015, le déficit public de la France s'est élevé à 3,5 % du PIB. Le recul du déficit, de 7,4 milliards entre 2014 et 2015, s'explique principalement "par la baisse de la charge de la dette de 2,3 milliards d'euros", en lien avec la baisse des taux d'intérêt, et par la chute "des dépenses d'investissement", de 4,1 milliards, principalement dans les collectivités locales. Mais, si la France a amélioré son solde structurel de 3,1 points de PIB, entre 2011 et 2015, l'Espagne gagnait 4,5 points, le Portugal, 5,6 et l'Irlande, 6,2. Seules la Croatie et la Slovénie ont fait moins bien. 
De 2011 à 2015, la France est le pays d'Europe qui a le plus fait reposer la consolidation de ses finances publiques sur la hausse des impôts et les Français n'en peuvent plus. Or,  en 2015, la France "continue d'afficher l'un des soldes publics les plus dégradés de la zone euro".

"Ca va mieux", selon Hollande

En vérité, pour ne rien arranger, "la France figure parmi les seuls pays de la zone euro dont le poids de la dette publique dans la richesse nationale n'a pas baissé en 2015", tacle un rapport. La dette devrait même continuer à grimper d'après les projections de Bercy: après 95,7% du PIB en 2015, elle atteindrait 96,2% en 2016, puis 96,5% en 2017.

Le déficit public a été réduit à 3,5% grâce aux taux d'emprunt historiquement bas et des milliards d'avoirs fiscaux récupérés de l'étranger. Autant dire pas de réelles économies. Sans les taux bas et les repentis fiscaux, le déficit public n'aurait sans doute pas reculé aussi fortement.

Pour que la dette puisse reculer, il faudrait que la croissance soit moins atone qu'actuellement et sans trompe-l'oeil. Car, si la France n'atteint pas 1,5% de croissance cette année, comme le gouvernement l'avait prévu, Hollande devra trouver des moyens de faire des économies. Sur qui ?

mardi 5 avril 2016

Un conseiller de Hollande quitte l'Elysée... en parachute doré !

L'homme conseillait Hollande sur le commerce extérieur depuis 2013

Jean-Jacques Barbéris va quitter l'Elysée avec un pactole
 

Ce petit jeune homme va rejoindre le monde de la finance, "véritable adversaire" du locataire de l'Elysée, révèle Mediapart.
A l'inverse d'Emmanuel Macron, qui a quitté le monde de la finance pour la politique, l'un des conseillers de François Hollande a décidé de quitter la politique pour partir à la conquête du monde de la finance.

Administrateur civil de 34 ans, ancien élève de l'Ecole nationale d'administration (ENA), également titulaire d'une agrégation d'histoire et d'un master de l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, il s'agit de Jean-Jacques Barbéris, qui épaule puissamment (!) le président de la République sur les affaires économiques et financières depuis 2013. 

Précédemment conseiller au cabinet de Pierre Moscovici, ci-contre, lorsque ce dernier était ministre de l'Economie et des Finances,
Jean-Jacques Barbéris devrait très prochainement quitter ses fonctions pour rejoindre Amundi, sans aucun délai de décence, au risque de conflits d'intérêts. 
L'article 432-13 de code pénal impose un délai de trois ans entre la cessation de fonctions et la reprise d'un travail dans les entreprises.
Amundi (SA) est "la société de gestion d'actifs issue du rapprochement de Crédit agricole Asset Management (proche du Crédit lyonnais, LCL), et de Société générale Asset Management", révèle ainsi Médiapart. 

Le site trotskiste d'information précise que le mignon de l'Elysée sera grassement rémunéré pour ses nouvelles fonctions.

L'Elysée 2015 comprend davantage d’énarques qu’il y a trente-trois ans, 17 contre 8, soit une proportion de 38% contre 25%.

"Allez-vous vous étonner que François Hollande ait multiplié les cadeaux les plus extravagants aux milieux les plus réactionnaires du patronat ou cherche à dynamiter le code du travail: ses conseillers sont, en effet, tous du même acabit. La finance, c'est leur port d'attache. Ils en viennent; ou alors ils savent qu'ils vont bientôt pouvoir y trouver refuge (...) Ce départ vient souligner que l'intérêt général n'a plus grand sens dans certains cénacles de la haute fonction publique. Car les pantouflages sont maintenant de plus en plus rapides. Une petite année ou deux dans un cabinet ministériel, parfois même seulement quelques mois: et il y a des hauts fonctionnaires qui n'hésitent plus désormais à s'en servir aussitôt comme tremplin pour faire carrière dans le privé, le plus souvent dans la finance, qui offre des rémunérations si somptueuses" peut-on lire sur Mediapart.
 
Il devrait toucher un salaire d'"environ 400.000 euros". 
Barberis n’est peut-être qu’un spécimen ordinaire de hipster du 8e arrondissement: Yanis Varoufakis doit passer une bonne demi-heure de moins que Jean-Jacques Barberis dans la salle de bain. Inconnu du grand public, malgré la Une que consacra le magazine L'Obs à "la jeune garde du président", Jean-Jacques Barbéris, gracile "trentenaire surdiplômé" qui aurait "l'allure de trader de la City", à en croire le journaliste du magazine des sanisettes, semble vouloir conjurer, avec sa panoplie de dandy, à la fois son prénom de quinquagénaire et son minois juvénile. Il n'est visiblement parvenu qu’à prendre l’apparence d’un gamin prématurément vieilli: il rejoint la finance !

L'Obs lui faisait prendre la pose au côté notamment de Boris Vallaud, le gracieux mari de Najat Vallaud-Belkacem, ci-contre, ancien collaborateur au conseil général de Saône-et-Loire, puis directeur du cabinet d'Arnaud Montebourg à Bercy et secrétaire général adjoint de l'Elysée, auquel il ne manquent que les rubans pour être Louis d'Orléans, frère du roi Louis XIV). Il a rejoint à l'Elysée un autre collaborateur de François Hollande, le chef du pôle communication de la présidence;
Gaspard Gantzer, le conseiller en communication du président (ci-contre), fumeur de joints. 
Ces jeunes qui ont grandi dans la soie sont en effet en rébellion de satin, contre les baby-boomers dont ils ont cru qu’ils ne leur céderaient jamais la place. C’est la génération Y de l’ENA ! De vrais punks. Ainsi, ils poussent l’irrévérence jusqu’à tutoyer François Hollande. Enfin, presque : "Monsieur le président, tu dois…" Il s’agit de "ne pas abandonner à Manuel Valls le terrain du jeunisme", explique un ministre…

Ces profils incarnent la permanence d’un mode d’imbrication entre sphère partisane et sphère politico-administrative, une marque de fabrique du Parti socialiste.

mercredi 16 décembre 2015

La solution de survie de la gauche est au centre, selon Pierre Moscovici


La gauche et la droite doivent accepter l'idée d'une coalition face au FN, selon Pierre Moscovici

Psychose de la défaite au Parti socialiste...

La démocratie se bunkerise au centre
En Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en région Paca, les Républicains l'ont emporté, dimanche 13 décembre, grâce à la défaite du Parti socialiste qui, pour survivre, a dû se joindre à la droite républicaine. Or, visiblement commissaire européen intermittent aux Affaires économiques, le socialiste Pierre Moscovici continue d'entretenir le lien avec la vie politique française et le socialiste apporte sa pierre au mouvement de recomposition au centre, assurant voir dans la montée du FN, non pas une grande anxiété face au chômage et un vote de colère contre l'impuissance de l'Etat-PS, mais un désir des électeurs de voir les partis travailler ensemble. Les mécontents réfugié dans le vote frontiste oublieront-ils aussi facilement que Moscovici est l'auteur du fiasco économique orchestré par Jean-Marc-Ayrault, l'ancien premier ministre socialiste resté proche de l'aile gauche du PS et contestataire de l'action socio-libérale du banquier Emmanuel Macron, actuel ministre de l'Economie de Manuel Valls ?

Au centre, toutes !
La gauche est dans un tel état de désolation que, selon les grands perdants des Régionales, la gauche et la droite devraient envisager de voter ensemble, voire de former une coalition, notamment en cas de résultat élevé du FN en 2017, a lancé le fossoyeur de l'économie française, mercredi 16 décembre, à la fois dans Les Echos et sur France Info. "Quand on a une situation politique exceptionnelle, il faut que les gens qui ont des valeurs partagées soient capables de se dire 'Il y a plus de choses qui nous rapprochent que de choses qui nous éloignent'", raconte Pierre Moscovici, pour qui il serait maintenant possible de trouver un consensus sur des sujets comme... le chômage ou l'Europe !


Il faut que la gauche -agressive et insultante- soit bien désespérée pour s'être ainsi retournée

Cécile Duflot tend la main à Hollande...

Il est vrai que les finances d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) sont au plus mal.
Ses scores sont tellement misérables -malgré l'accueil à Paris de la COP21, les actions coups de poings des altermondialistes (notamment sur l'Arc de Triomphe de la Place de l'Etoile!) et l'omniprésence des écologistes dans les media -  que les frais de campagne de telle ou telle région qui n'a pas obtenu les 5% requis au premier tour (comme en Bourgogne Franche-Comté) ne pourront être prise en charge par l'Etat. Les écologistes donneurs de leçons arrogants, de surcroît porteurs d'une écologie punitive, ont heurté les Français et font aujourd'hui la manche. 

Ainsi, avec 4,83 %, Sandrine Rousseau, candidate (EELV et Nouvelle Donne) à l'élection régionale en Nord-Pas-de-Calais Picardie, appelle-t-elle donc les militants aux dons  pour le remboursement de sa campagne et éviter de mettre la clé sous le paillasson. Les finances des Verts sont dans le rouge: quoi de plus naturel, selon Francis Lalanne, pour des pastèques, vertes à l'extérieur, mais rouge à l'intérieur...


"Le Front de Gauche s'est planté" aux Régionales, minimise Olivier Dartigolles (PCF)

Le Front de gauche ambitionnait de contrer la montée en puissance du parti de Marine Le Pen, sur le thême éculé du fascisme. Mais aux régionales, une nouvelle fois, l'extrême gauche n'y est pas parvenue, même pas sous le masque de la modération et la terminologie de "gauche radicale". "On est redevenus un cartel de partis", analyse Éric Coquerel, coordinateur politique du PG.

Au lendemain de cette nouvelle régression de l'extrême gauche, pour le communiste Olivier Dartigolles, "il y a un travail de bilan à faire"...
"Jean-Luc Mélenchon est un ami mais je peux aussi dire que, sur certains moments, le Front de Gauche s'est planté !", a commenté, plus radical, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF sur France Info lundi matin. "On s'est planté !" "Et on n'a pas fait que des sorties de route. On a participé à la désespérance. Les gens qui nous regardaient en ayant espoir en ce que l'on pouvait engager ont été profondément déçus parce que l'on a fait des politiques comme les gens ne veulent plus la voir et la regarder." Ce qui est en question, est-ce vraiment seulement la stratégie du Front de gauche ?
Les efforts de recentrage d'un PCF à l'agonie sont pathétiques.

Éric Coquerel a rappelé d'ailleurs que "le Front national perd en augmentant son nombre de voix au 2e tour avec la situation dont (Marine Le Pen) rêve où elle se retrouve en opposition à tout le système". "Ce n’est pas le vote utile qui va contrer le Front national. Il faut arrêter avec ça.
Il faut une autre politique !", a prévenu le coordinateur du Parti de gauche. A bon entendeur salut, François Hollande. Et le paysage politique bruisse de toutes parts.

"Peu de différences entre Macron et Juppé", ironise Hervé Morin

Hollande va-t-il rester le
Monsieur Pompes Funèbres
des Invalides, dédié aux
cérémonies et enterrements 

Invité de France 2, mercredi, le centriste Hervé Morin a réagi à l'idée de Pierre Moscovici. "Le clivage gauche-droite est totalement pertinent, selon le centriste, et on n'attend pas une espèce de formation molle du centre. (...) Une coalition, ce n'est pas l'UMPS", nuance-t-il en reprenant une expression chère au FN.

"Il y a peu de différences entre Macron et Juppé", a-t-il observé, le sourire en coin, mais il pense qu'une telle alliance politique est impossible sans un changement radical de système politique. En position de force, la tête de liste  d'union LR-UDI-MoDem qui a fait échec au clan Fabius en Normandie, rappelle qu'une telle ouverture à l'opposition aurait déjà pu voir le jour en 2002, ou même en 2012 entre les socialistes et certains centristes comme François Bayrou, qui avait d'ailleurs voté François Hollande. Or, entre temps, le Parti socialiste - qui n'a pas eu le respect de ses adversaires - n'a eu de cesse de salir la droite républicaine et le mépris laisse des traces profondes et durables. Les foutriquets devront assumer leur bassesse.