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samedi 4 juin 2016

Déficit: Moscovici attend plus d'efforts de Hollande

La Commission européenne rappelle fermement à Paris son objectif de ramener son déficit inférieur sous la barre de 3% en 2017

Ils s'y sont mis en fait à deux, vendredi, Commission européenne et Eurogroupe, pour que Hollande cesse de laisser filer

Sapin tire trop sur l'élastique
des déficits et de la dette publics
"Nous serons vigilants, nous serons exigeants et il n'y a pas d'autre alternative que d'être en-dessous de 3% en 2017", a affirmé le commissaire européen Pierre Moscovici sur LCP, après l'appel du président néerlandais de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, à plus de fermeté à l'égard de Paris. 
L'Eurogroupe est la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro. Dans ses propos, le commissaire européen devait faire taire la rumeur persistance sur un traitement spécial pour la France à un an des présidentielles. 
Paris ne cesse en effet d'annoncer de nouvelles dépenses, notamment ces dernières semaines encore. "Si ces dépenses sont faites, il faudra que l'équilibre soit respecté et que l'on passe en-dessous de 3% en 2017", a martelé Pierre Moscovici. 

"Il faut que cet équilibre soit sérieux, que les choses ne soient pas optiques. La France a pris des engagements. Elle doit les tenir", a-t-il insisté. 

Le passage sous la barre des 3% est-il pour 2017 ?
"Il faut que ce soit vraiment sous 3% en 2017, vraiment", a insisté le Français Moscovici, sous la pression de Jeroen Dijsselbloem, qui s'est ému des récentes déclarations du président de la Commission, Jean-Claude Juncker sur la France. 
Dans un entretien à la chaîne Public Sénat cette semaine, Juncker avait souligné qu'il ne cesse de donner des dérogations à la France en matière budgétaire "parce que c'est la France" et "qu'on ne peut pas appliquer le pacte de stabilité de façon aveugle". 

Une déclaration qui indigne Jeroen Dijsselbloem
"Une chose est sûre: si la Commission n'affiche de fermeté qu'avec les petits pays, l'effet sera dévastateur pour la confiance entre les capitales de l'euro", a plaidé le ministre des Finances néerlandais, chef de file de l'Eurogroupe et membre du Parti travailliste néerlandais. "Si la Commission ferme les yeux sur l'un, elle sera obligée de le faire pour d'autres et au bout du compte, c'est toute l'union monétaire qui sombre dans l'aveuglement", a-t-il insisté. 

L'Eurogroupe a "besoin de clarté" et d'équité 
Selon lui, "la Commission devrait se soucier davantage de sa crédibilité. Lorsque vous apprenez que son président dit que la perspective est différente dans le cas de la France (...) c'est bien sûr dommageable". "Comment voulez-vous redynamiser l'union monétaire, après le vote britannique par exemple, si vous traitez ainsi les règles existantes? Personnellement, je trouve que c'est très inquiétant. Nous avons besoin de clarté", a-t-il encore exigé.  

Renforcé suite à la crise de la dette, le pacte de stabilité impose aux pays européens des plafonds de dette et de déficit public, sous peine de sanctions. Or, Hollande, malgré ses promesses, n'a pas réussi à ramener sous 3% du PIB son déficit public et a obtenu plusieurs délais de grâce, le dernier en date jusqu'à 2017. L'Espagne et le Portugal ont échappé récemment à des sanctions, Bruxelles ayant reporté de quelques mois sa décision sur le sujet, notamment en raison d'une échéance électorale en Espagne.

La France fait moins bien que ses voisins européens
En 2015, le déficit public de la France s'est élevé à 3,5 % du PIB. Le recul du déficit, de 7,4 milliards entre 2014 et 2015, s'explique principalement "par la baisse de la charge de la dette de 2,3 milliards d'euros", en lien avec la baisse des taux d'intérêt, et par la chute "des dépenses d'investissement", de 4,1 milliards, principalement dans les collectivités locales. Mais, si la France a amélioré son solde structurel de 3,1 points de PIB, entre 2011 et 2015, l'Espagne gagnait 4,5 points, le Portugal, 5,6 et l'Irlande, 6,2. Seules la Croatie et la Slovénie ont fait moins bien. 
De 2011 à 2015, la France est le pays d'Europe qui a le plus fait reposer la consolidation de ses finances publiques sur la hausse des impôts et les Français n'en peuvent plus. Or,  en 2015, la France "continue d'afficher l'un des soldes publics les plus dégradés de la zone euro".

"Ca va mieux", selon Hollande

En vérité, pour ne rien arranger, "la France figure parmi les seuls pays de la zone euro dont le poids de la dette publique dans la richesse nationale n'a pas baissé en 2015", tacle un rapport. La dette devrait même continuer à grimper d'après les projections de Bercy: après 95,7% du PIB en 2015, elle atteindrait 96,2% en 2016, puis 96,5% en 2017.

Le déficit public a été réduit à 3,5% grâce aux taux d'emprunt historiquement bas et des milliards d'avoirs fiscaux récupérés de l'étranger. Autant dire pas de réelles économies. Sans les taux bas et les repentis fiscaux, le déficit public n'aurait sans doute pas reculé aussi fortement.

Pour que la dette puisse reculer, il faudrait que la croissance soit moins atone qu'actuellement et sans trompe-l'oeil. Car, si la France n'atteint pas 1,5% de croissance cette année, comme le gouvernement l'avait prévu, Hollande devra trouver des moyens de faire des économies. Sur qui ?

mardi 28 juillet 2015

Les Grecs votent non à l'Europe, mais la Grèce reste dans la zone euro

La Grèce peut-elle se maintenir dans la zone euro ? 

Après la victoire du non au référendum, la logique veut que le pays quitte la zone euro. 
Mises au point de J-C Juncker, président de la Commission européenne, avec F. Hollande , en arrière-plan
et Alexis Tsipras, premier ministre grec, en premier plan

Or, rien n’a été anticipé
et les leaders européens ne semblent pas prêts à prendre cette responsabilité
.

Rappel des faits

Varoufakis, ministre voyou

Le "non" au référendum sur le plan d'aide proposé par les créanciers l'a emporté avec 61,31%,  face au "oui" crédité de 38,69%. Angela Merkel et François Hollande ont aussitôt annoncé une réunion à l'Elysée pour "évaluer les conséquences" du scrutin en Grèce, tandis que le Premier ministre, Alexis Tsipras, jugea  de son côté que ce référendum ne constituait plus "un mandat de rupture avec l'Europe, mais un mandat qui renforce notre position de négociation afin de chercher une solution viable".

Personne 
n'avait rien préparé pour un éventuel sauvetage de la Grèce en cas de "non". Au lendemain du référendum, le naufrage annoncé du pays est une affaire de quelques mois en 2015. La mission de sauvetage du pays paraît impossible aux créanciers  européens comparés à des terroristes par Yanis Varoufakis, le très mesuré ministre des Finances rejeté par l'ensemble des membres de l'eurogroupe.

Alors que les Grecs se rendaient aux urnes,
certains dirigeants européens affirmaient que les négociations reprendraient, que
 la réponse soit oui ou non. "Quel que soit le vote en Grèce, nous devons dès demain [lundi] reprendre des discussions politiques", avait ainsi interféré le ministre français Emmanuel Macron, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, poussant ainsi à un vote de rejet qui serait sans conséquences. "Si le non l'emporte, ce serait une erreur historique d'écraser le peuple grec", avait insisté l'ex-banquier et actuel ministre de l'Economie de Hollande, appelant à "ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro" car, on le sait, les références du jeune homme sont saisissantes, historiques, littéraires, à la différence des salariées "illettrées" des abattoirs Gad, empruntant aux slogans publicitaires. Le patron de Bercy a ainsi nivellé le débat par le bas : "Le message important était en effet de montrer la cohérence de l'action économique et de la politique économique de l'État et du gouvernement parce que ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur et on ne peut pas avoir deux politiques."

Cette formule, "ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur" n'est rien d'autre qu'est que le recyclage du célèbre slogan des yaourts Bio de Danone, ou Activia comme on les appelle aujourd'hui.
La dette publique et le chômage n'ont aucun effet sur le transit intestinal des enfants de la génération Hollande, aka Monsieur P'tite Blague, car son collègue du gouvernement, Matthias Fekl, nouveau secrétaire d'État au Commerce extérieur en remplacement du phobique administratif, Thomas Thévenoud, avait donné le ton sur le sujet au sémillant ministre de l'Economie. Après que le président de la commission des Affaires économiques François Brottes a annoncé que Matthias Fekl ne sera auditionné que jeudi 18 septembre, le secrétaire d'État a lancé : "Demain, j'enlève le bas," autre référence à une célèbre publicité des années... 80 pour l'afficheur 'Avenir'. Bref, pendant que les Français peinent à trouver un emploi et à joindre les deux bouts, la 'Croisière s'amuse' à la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale...


Même message de Matteo Renzi à la Grèce: "Le jour d'après, on devra se remettre à parler. La première à le savoir est précisément Angela Merkel", a déclaré au quotidien Il Messagero le chef du gouvernement italien, un publicitaire et membre du Parti démocrate (PD), comme certains en France sont "Les Républicains'. La chancelière allemande, elle, n'a fait aucun commentaire prématuré, préférant attendre le résultat du référendum. En revanche, le chef du gouvernement conservateur espagnol a quelque peu détoné dans ce concert socialiste de voix conciliantes, se démarquant de Podemos , mouvement d'extrême gauche arrivé à la tête de Madrid et Barcelone: "L’euro n’est pas et ne peut pas être un club à la carte; il y a des normes et des règles destinées à assurer sa survie", a affirmé Mariano Rajoy.


L'Europe cherche en Grèce un interlocuteur fiable

Reprendre les discussions? Mais avec qui ? 
Euclide Tsakalotos, successeur de Varoufakis 
depuis le 6 juillet 2015, derrière A. Tsipras

Pendant le scrutin, l'universitaire Kostas Vergopoulos évoqua une rumeur courant à Athènes, selon laquelle Alexis Tsipras appellerait à un gouvernement d'union nationale en cas de victoire du 'non'. Un changement incontournable aussi dans l'hypothèse du oui: Yanis Varoufakis avait menacé de démissionner si le oui l'emportait, mais au moment de se rendre aux urnes dans la précipitation aucun électeur ne connaissait les intentions d'Alexis Tsipras, qui avait déjà perdu toute crédibilité aux yeux de ses partenaires. Serait-il parti avec son ministre révolutionnaire, aurait-il convoquer des élections anticipées ou tenté de constituer un gouvernement de coalition avec la gauche modérée? Quel aurait été son mandat de négociation ? Le 'non' ne répond à aucune des questions posées, mais l'éjection de Varoufakis déverrouille la situation.
Ce mandat, le chef du premier gouvernement de gauche radicale au pouvoir le devra au soutien des deux grands partis qui ont gouverné alternativement le pays depuis 40 ans, la Nouvelle Démocratie (droite, comme qui dirait 'Les Républicains'...) et le Pasok (socialiste), auxquels s'ajoute celui de la formation de gauche modérée Potami et du parti de droite souverainiste ANEL, membre de la coalition gouvernementale: la quadrature du cercle ! Une humiliation pour Syriza et Mélenchon en France....


Dans la panade et pourtant sans égards, le Premier ministre grec a pris ses partenaires par surprise. 
Il a organisé un référendum sans prévenir ses alliés Renzi et Hollande, en appelant à voter non, en présentant aux électeurs un texte qui n’était pas clair, car ni finalisé ni consolidé, et en faisant l'impasse sur les autres volets de l’accord en discussion:  les électeurs étaient appelés à voter sans rien savoir d'une inflexion sur les réformes demandées, d'une ouverture sur la dette et les besoins de financement ou d'un plan de relance de 35 milliards d’euros prévoyant une activation des fonds structurels.

Tsipras comptait faire fi de l’aval de l’Eurogroupe le 27 juin, faisant entériner le paquet dans la foulée par les parlements nationaux concernés et permettant une prolongation du plan d’aide au-delà de la date butoir du 30 juin. Mais ce beau scénario s’est effondré avec l’annonce du référendum. "Il faudra revoir les conditionnalités à la lumière de la situation nouvelle créée par le référendum", expliqua une source européenne. Voeu pieux !

Un départ de Tsipras, suivant une victoire du oui, n’aurait pas rendu les choses beaucoup plus prévisibles : on serait alors entré dans un tunnel sans fond, car au mieux les Grecs auraient revoté pour des législatives, mais pas avant le 9 août. Or, l’échéancier des créanciers d’Athènes était figé. Comment pouvait-il en être autrement, sachant qu'Athènes doit 2 milliards d'euros de bons du Trésor, près de 500 millions au FMI et plus de 3 milliards à la BCE. Sachant aussi que les Grecs ont fait défaut (étaient insolvables) pour 1,7 milliards fin juin ! "Il est clair qu’il faudra un gouvernement stable et la pire des solutions serait une rapide démission du gouvernement grec", craignait un diplomate français, dans l'attente des résultats. Garder Tsipras, faute de mieux !

Sur quoi pouvaient porter les négociations en cas de reprise ?
Malgré l'optimisme béat affiché par Hollande devant les caméras, "c’est toujours entre adversaires qu’on fait la paix. Si les Français et les Allemands ont réussi à faire la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1950, cinq ans après l’Armistice, on devrait bien arriver à faire signer à un accord entre les Grecs et l’Allemagne", estima Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors. Il y aura des marges pour un accord dont tous les éléments sont déjà sur la table. Il faudra juste bouger quelques curseurs. Même si, entre temps, le Grecs auront bien tiré sur la corde". Tout et son contraire...

La Commission devait tout d’abord envisager une  nouvelle demande d'aide par la Grèce. Elle devait surtout vérifier qu'elle réponde aux critères d’éligibilité prévus par le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES). Tout ce processus prend du temps, d'une part pour confirmer l’éligibilité et recevoir l’aval de certains parlements nationaux – dont le Bundestag allemand, ce qui sera fait pour éviter le pire –, et d'autre part pour négocier un protocole d’accord. Rien n'était alors fixé non plus sur le montant précis de prêts qu'il faudrait accorder à Athènes pour faire face à ses besoins.

Quel sera le montant du 3e "don" européen à la Grèce 


Dans ses calculs établis courant mai, le FMI estimait que la Grèce aurait besoin de 50 milliards d'euros de plus entre octobre 2015 et fin 2018, ce qui impliquait au moins 36 milliards d'aide provenant de l'Europe. Une somme tenant compte de l'incapacité à atteindre les objectifs d'assainissement budgétaire depuis plusieurs mois (13 milliards) auxquels s'ajoutent 9 milliards dus au fait que les objectifs de privatisation non plus n'ont pas été tenus. Si on y ajoute l'aggravation de la récession, la remontée des taux d'intérêt ou encore les besoins de refinancement des banques, on atteint facilement 50 milliards.
Après une longue nuit de négociation début juillet, la zone euro accordera à la Grèce le bénéfice d’un troisième plan d’aide financier, dont les conditions de l’accord seront jugées dures, voire “humiliantes”, selon les observateurs qui ne sont pas les payeurs
. La chancelière allemande Angela Merkel estimait que l’accord serait d’une valeur de 86 milliards à 87 milliards d’euros sur trois ans. "De nombreux membres de Syriza, le [propre] parti de Tsipras, ont dénoncé [de l'intérieur] l’accord comme une capitulation humiliante imposée [à la Grèce], notamment par l’Allemagne", rapporte le site d’actualités européennes ment le type de conditions que le peuple grec vient de rejeter par référendum Politico.eu à Bruxelles.
L’un des points clés de l’accord est au final la création d’un fonds basé à Athènes (une concession européenne qui ne confirme pas la critique d'humiliation) regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d’euros pour garantir les privatisations exigées par l’Eurogroupe. Et, pour commencer, l’Union européenne accorde une aide d’urgence de 7 milliards d’euros à Athènes, en attendant le déblocage des fonds du plan de sauvetage. "Je suis heureux de vous annoncer que l'Union Européenne et l’ECOFIN ont trouvé un accord pour le financement à partir de maintenant jusqu'à mi-août", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, le 16 juillet.

Le 3e plan d'aide sera de 83 millions d'euros, inférieur au montant envisagé par A. Merkel ! Trop généreuse, la chancelière allemande? 
Reste la question de l'échelonnement de la dette.


Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, assure à qui veut l'entendre que des calculs ont été établis avant le référendum 

Tsipras et Juncker

La note finale sera plus lourde, surtout qu'il faudra y rajouter les arriérés de paiement accumulés auprès du FMI et du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui n'ont pas été payés par Athènes. Autant dire qu'avant de se retrouver à la table des négociations, les dirigeants européens devront affiner leurs calculs…


D'autant que le FMI a lancé le 3 juillet un pavé dans la mare. Dans son rapport préliminaire, il estime que pour ramener la dette grecque sur une trajectoire plus soutenable, "de nouvelles concessions seront nécessaires". Le FMI envisageait un allègement de la dette de 30 % conjugué à un allongement de sa maturité de 20 ans, mais pas sûr que cela agrée l'Allemagne et les pays du nord. "C'est une femme intelligente, découvre un conseiller de... François Hollande. Elle prend les problèmes les uns après les autres." Mais rien n'ayant été préparé, il reste un paquet de problèmes à régler dans les quatre semaines à venir.

lundi 20 juillet 2015

Entrée en vigueur des hausses de TVA en Grèce: après Athènes, Paris ?

L'exemple grec doit-il inquiéter les Français ?

En Grèce, les banques rouvrent  aujourd'hui  et la TVA augmente

Bonne nouvelle. Après trois semaines de fermeture décrétée pour protéger le système bancaire des retraits massifs, les Grecs peuvent retirer 420 euros par semaine, contre 60 euros par jour hier encore... Mais les paiements vers l’étranger subissent toujours une limitation drastique.

Les partenaires européens de la Grèce ont promis un nouveau plan d’aide, le troisième depuis 2010, en échange du vote   mercredi par le Parlement grec de hausses de TVA, conformément aux engagements pris lors d’un sommet européen mouvementé à Bruxelles. 

Athènes va recevoir un prêt d’urgence de 7 milliards d’euros qui seront vite entamés par un remboursement lundi à la Banque centrale européenne (4,2 milliards d’euros) et par le règlement d’arriérés auprès du Fonds monétaire international (2 milliards).

Pour la première fois depuis des mois,
des experts de la BCE, du FMI et de la Commission européenne, une formation auparavant désignée par le terme stigmatisant de 'troïka' et qui a symbolisé, pour les anti-libéraux d'extrême gauche aux manettes  à Athènes, une mise sous tutelle de leur pays, sont attendus à Athènes cette semaine. Ils devront évaluer l’état d’une économie grecque éprouvée par les restrictions financières.

Aujourd'hui en Grèce, la TVA passe 13 % à 23 %
Sont frappés les denrées non périssables, la restauration, les courses de taxis, les préservatifs et les services funéraires, suite au vote du parlement d'extrême gauche, mercredi dernier. 

Des produits de consommation courante sont concernés: le café, le thé, le sucre, la viande, et les crustacés.

Elle  est légèrement réduite à 6 % pour les médicaments, les livres et les places de spectacle et reste en revanche inchangée dans l’hôtellerie (13%).

D’autres produits du quotidien restent sous le taux réduit de 13%. C’est notamment le cas pour l’huile d’olive : la Grèce est le troisième producteur mondial d’olives, derrière l’Italie et l’Espagne.

Le gouvernement espère des recettes fiscales supplémentaires annuelles

Elles pourraient atteindre 795 millions d’euros cette année, en six mois, et 2.4 milliards d’euro à compter de 2016, soit 1.3% du produit intérieur brut.
A condition que le système de collecte de l'impôt soit réformé, vite et efficacement.

Vaut-il tellement mieux vivre en France ?

Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est fixé à 20% en France.

Dans les cafés et restaurants, les ventes réalisées sont, selon les cas, soumises à différents taux réduits de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5,5 %, ou 10 %. A y regarder de plus près, les boissons alcoolisées (à consommer sur place) sont taxées à 20 %, contre 23% en Grèce (10 % en Corse et 8,5 % en Guadeloupe, Martinique et Réunion);

les produits alimentaires de consommation courante (produits alimentaires spécifiques : confiserie, matières grasses végétales (margarines), caviar, chocolat et produits composés contenant du chocolat ou du cacao (chocolat au lait, chocolat blanc, chocolat fourré) sont taxés à 20% contre 23% en Grèce;

les médicaments remboursables par la Sécurité sociale à 2,1 % contre 6% en Grèce;

les préservatifs masculins et féminins à 5,5 % contre 23% à Mykonos et partout en Grèce

La fascination de Hollande par Tsipras va-t-elle nous coûter des hausses de TVA ?


L’hypothèse est plus que vraisemblable, à en croire le quotidien Libération dont le site internet fait état d'un document émanant des cabinets de François Hollande et Manuel Valls, demandant au ministère de l’Economie et des Finances d’étudier diverses pistes pour lever 15 milliards d’euros de plus chaque année.

Nécessité de compenser les 10 milliards de perte d'IR.L'impôt sur le revenu 2013 rapportera finalement 10 milliards d’euros de moins que prévu. Un détail, nous dira Michou Sapin, par rapport aux 300 milliards annuels de recettes fiscales de l’État, mais qui risque de sérieusement aggraver encore l'état du budget 2014/2015. Il faudra compenser cette perte et il semble bien que les services de communication de Matignon nous préparent une nouvelle entourloupe.

Augmenter la TVA, une mauvaise bonne idée 
La dernière hausse des différents taux de la TVA remonte au 1er janvier 2013 (voir tableau ci-dessus). Perçu comme un impôt injuste par certains économistes fiscalistes, la TVA est de loin le plus rentable, puisqu’elle contribue pour moitié aux recettes fiscales de l’État (141,2 milliards d’euros en 2013). Réviser à la hausse ses différents taux constitue donc un moyen facile et efficace de lever des fonds rapidement et durablement. 
Le risque  est double. D’une part les ménages français, souffrant déjà d’une détérioration de leur pouvoir d’achat, pourraient ralentir leur consommation face à une pression mécanique sur les prix. D’autre part, la rentabilité des entreprises françaises pourraient subir un nouvel à-coup . Au final donc, la croissance, déjà nulle, qui pourrait bien en passant sous zéro en cas de " matraquage fiscal" renforcé.
En termes sociaux, une telle décision serait désastreuse pour l'image politique des socialistes au pouvoir, sans compter, avant tout, que la TVA est un "impôt" injuste, puisqu'elle frappe également les revenus hauts et moyens, lesquels sont frappés de la "double peine" du fait qu'ils se voient imposés de prendre en charge les plus défavorisés, nationaux démunis et résidents illégaux. 

La TVA en France et en Europe
La comparaison avec la Roumanie 
(ex-bloc de l'Est)
nous est favorable...
A noter que la France est dans la moyenne européenne. Nos voisins appliquent en effet des taux de TVA identiques, voire sensiblement plus élevés, aux nôtres.
1 – La Hongrie avec un taux de 27%
2 – Le Danemark avec un taux de 25%
3 - La Suède avec un taux de 25%
4 – La Roumanie avec un taux de 24%
5 – La Pologne, le Portugal, la Finlande, l’Irlande et la Grèce avec un taux de 23%.
En revanche, en Allemagne par exemple, le taux standard est de 19%, mais le taux réduit est de 7.  Il est de 18% à Malte. Champion de la TVA ? Le Luxembourg, avec 15% pour son taux standard, et 6% pour le taux réduit.

Il est important que les peuples soient convaincus du bon usage qui est fait de la TVA. 
Si le ressenti des Danois est bon, les Français n'ont pas le même vécu.

dimanche 19 juillet 2015

Crise grecque: DSK dénonce le "diktat" dont se félicite Hollande

Dominique Strauss-Kahn dénonce "le diktat" imposé par l'Allemagne à la Grèce 

L'ancien patron du FMI critique la méthode employée par ses "amis Allemands"

"Ce qui s'est passé pendant le weekend dernier est pour moi fondamentalement néfaste, presque mortifère," assène DSK, dans un billet mis en ligne samedi 18 juillet. Tout en faisant l'éloge de l'Europe, citant Cioran, Erasme, Homère et Habermas, dont il reprend le concept de "solidarité citoyenne,"  Dominique Strauss-Kahn démonte l'accord conclu entre le gouvernement grec et l'Eurogroupe. 

"Le contexte dans lequel ce diktat a eu lieu crée un climat dévastateur", selon Dominique Strauss-Kahn, le 18 juillet 2015, dans une note publiée sur internet.
"Un fonctionnement de la zone euro dans laquelle vous, mes amis allemands, suivis par quelques pays baltiques et nordiques, imposeriez votre loi sera inacceptable pour tous les autres", commente Strauss-Kahn, qui avait publié une précédente note sur la Grèce, fin juin, faisant son grand retour sur le devant de la scène internationale après la fin de ses derniers ennuis judiciaires en date à Lille. 

"Ne me dites pas que c'est seulement en imposant des règles de saine gestion que vous entendez sauver l'Europe", écrit encore Strauss-Kahn, dont il a fait traduire le texte  en anglais, allemand et français. 

Plaidoyer pour l'Europe du Sud: jusqu'à Marrakech ?

Tout en regrettant "l'amateurisme du gouvernement grec" de Tsipras (Syriza), pourtant proche de Cuba que DSK va conseiller, le socialiste apporte son soutien au peuple grec et, plus généralement, à l'Europe du Sud. "Nous ne regardons que vers le Nord et négligeons le Sud, estime-t-il. C'est là pourtant qu'est le berceau de notre culture [ce qui n'a actuellement que peu de sens en termes d'économie]. Il faut inventer d'urgence une vision commune de l'espace monétaire européen," déclare-t-il, sans préciser comment il s'y prend.

Il met également en garde contre un affaiblissement géopolitique de l'Europe. "Une alliance de quelques pays européens, même emmenée par le plus puissant d’entre eux [son assesseur français n'aurait-il pas eu l'impact qu'il s'attribue dans la presse aux ordres ?], sera peu capable d’affronter seule la pression russe et sera vassalisée par notre allié et ami américain à une échéance qui n’est peut être pas si lointaine," redoute-il, pessimiste et peu confiant en l'autre. "Pour être un modèle, juge-t-il, l'Europe doit voir loin, refuser les mesquineries,  juge-t-il. "Jouer son rôle dans la mondialisation, en un mot, continuer à façonner l'Histoire." 
Méfiant, mais lui aussi "audacieux", en paroles, avant de servir Cuba...

mercredi 15 juillet 2015

Varoufakis révèle la soumission de Sapin à Merkel

Le soutien de la France à la Grèce n'était qu'hypocrisie

Varoufakis dénonce le double jeu des socialistes français

Les simagrées de Sapin
n'ont pas trompé Varoufakis
Dans le magazine britannique New Statesman, intello de gauche, le bouillant idéologue Yanis Varoufakis accuse le groupe des ministres des Finances de la zone euro de se laisser totalement dominer par l'Allemand Wolfgang Schäuble.
Lundi 13, l'ancien ministre des Finances grec avait reproché à Michel Sapin de toujours se ranger à l'avis de son homologue allemand au cours des négociations de l'Eurogroupe, des négociations que cet homme entier n'a pas cherché à mener à son terme, préférant démissionner au lendemain de la victoire du non au référendum.

Le double jeu des socialistes Français a irrité le motard grec 
Varoufakis stigmatise singulièrement Michel Sapin: bien qu'étant le seul à émettre "une tonalité différente de la ligne allemande", il finissait toujours par se ranger à l'avis de Berlin. 

Interrogé sur son ancien homologue, Michou-les-chaussettes-roses a ironisé

"Je redirai, comme M. Tsipras : il a de la gueule, mais il n'est pas forcément un fin politique, ce Yanis Varoufakis", a asséné
Michou, piqué au vif et agressif dans la riposte, sans répondre sur le fond.
Avant de faire sa méchante au micro de RMC en émettant un avis subjectif : "Et malheureusement, il est un peu responsable de là où s'est trouvée la Grèce dans les négociations." "Si les négociations s'étaient nouées de manière plus positive, plus confiante, dès le mois de mars ou dès le mois d'avril, je pense que ça n'aurait pas été aussi brutal pour la Grèce", a-t-il polémiqué avec des "si" et admettant que le compromis dont se flattent Hollande et Valls n'est rien d'autre qu'un plan drastique d'austérité.

Alexis Tsipras a toutes les qualités
A l'inverse, Sapin, l'ex-ministre du Travail qui  regardait monter la courbe du chômage en annonçant sa baisse imminente, a tressé des lauriers à Alexis Tsipras, "un bon politique au bon sens du terme : il recherche à un moment donné, quand la voie est extrêmement étroite et difficile, l'intérêt général de son peuple. Je crois qu'il l'a trouvé, en l'occurrence en signant cet accord extrêmement dur, extrêmement difficile, mais qui est l'accord qui lui permet de sauver la Grèce,"  a-t-il fantasmé. 
Rien ne prouve en l'état que -pour garder la Grèce dans l'euro, à n'importe quel prix- les Européens ont réussi lundi à trouver les moyens d'obtenir de la Grèce qu'après huit plans domestiques sans effets elle assume enfin ses erreurs passées, se renfloue, rembourse les deux précédentes aides internationales successives jusqu'ici versées en pure perte depuis 2010 et s'impose les sacrifices nécessaires.

Mardi soir, le Premier ministre grec, Tsipras, a reconnu qu'il a signé un texte auquel il ne croit pas forcément

Après un appel à voter non à son référendum surprise, le chef de gouvernement grec d'extrême gauche  a mis de l'eau dans son ouzo "pour éviter un désastre au pays".

L'ex-président de Syriza ne brandit plus la menace d'une sortie de l'euro. Désormais, il admet même que les conséquences seraient incalculables. 
Dans ce climat de désillusion, Sapin, Valls et Hollande ne cessent de se féliciter entre eux d'un compromis mortifère pour la Grèce et pesant pour les peuples de la zone euro.

mardi 14 juillet 2015

Grossière campagne de propagande en faveur de Hollande et Valls

Les chefs de l'Etat et de gouvernement se lancent des fleurs mutuellement et la presse y ajoute sa touche de flagornerie

Manuel Valls se déclare fier "d'être au côté de François Hollande"

Manuel Valls a eu tendance à verser dans le culte de la personnalité, sur la chaîne publique France Inter, estimant que les efforts des membres de la zone euro pour maintenir la Grèce dans la zone euro doivent tout à François Hollande. "C'est le président de la République qui est en train de permettre un accord au niveau de l'Union européenne" a-t-il osé affirmer, au mépris de l'Italie et de Malte, comme de tous ceux qui n'ont d'autre priorité que de sauvegarder l'intégrité de l'eurogroupe, fût-elle apparente et incertaine. Et comme l'outrance le caractérise, le Catalan s’est dit fier -depuis Paris- "d'être au côté de François Hollande et de réussir aujourd'hui ce qui semblait impossible". L'avenir dira mercredi, à la suite de la grève des fonctionnaires grecs et des votes de ratification de l'accord par huit parlements de la zone euro, si la confiance est revenue en ce gouvernement grec d'extrême gauche dirigé par Tsipras, dont plusieurs ministres menacent de démissionner, après le renvoi de l'intransigeant idéologue Yanis Varoufakis, ex-ministre des Finances. 

Valls donne à croire que c'est celui qui fait l'annonce d'un compromis qui l'a réalisé. Le communicant de Matignon est persuadé que le peuple est tellement immature qu'il peut avaler n'importe quelle baliverne émise sur le ton de la gravité, comme l'annonce du locataire de l'Elysée depuis Bruxelles qu’un accord avait enfin été trouvé entre Athènes et ses créanciers. "Tout au long du week-end, on nous disait qu'il y aurait un échec, que la Grèce allait peut-être sortir de la zone euro, raconte le Premier ministre. Et si la Grèce reste dans la zone euro, ce sera grâce à la France et grâce à François Hollande". Exit Angela Merkel, celle qui, tout au long des négociations, été accusée d'imposer son point de vue.
Et l'accord sur le nucléaire, conclu au terme de 21 mois de négociations entre les grandes puissances et les Chiites d'Iran, c'est Hollande aussi ?

Hollande encense Valls



Si, lors de son traditionnel entretien du 14 juillet, le président a vigoureusement défendu son Premier ministre, c'est qu'il y a péril dans la demeure socialiste. "Quand on a un bon Premier ministre, on le garde", a-t-il lancé, sans rien dire de ce qui justifie un tel hommage, si ce n'est qu'il sert sa politique, si inefficace soit-elle. Cette louange floue vient précisément alors que certains dans la majorité commencent à en avoir soupé des crises et des échecs de Valls, du déficit du commerce extérieur à la courbe ascendante du chômage, en passant par l'envolée de la dette publique. Les déçus du changement attendu émettent l’idée d’un changement de chef du gouvernement, histoire de faire croire à une "nouvelle phase" du quinquennat et de dynamiser la campagne présidentielle que Hollande a engagée avec une succession serrée de visites en régions. "Manuel Valls a vocation à rester jusqu’à la fin du quinquennat", a-t-il riposté.

Selon Hollande, aucune faute socialiste comportementale ou politique n'est grave. Il a dû défendre son Premier ministre, attaqué pour avoir pris des libertés avec l'argent public en utilisant un jet gouvernemental à un déplacement familial à Berlin ou pour avoir parlé de "guerre de civilisation".
L’hommage du président à son binôme entre cependant en contradiction quasi-totale avec ses déclarations sur l’éventuel élargissement de la majorité, pour faire revenir les écologistes au gouvernement. Or, pour la majeure partie des dirigeants d’Europe Ecologie-Les Verts, Valls incarne la politique de rigueur et le social-libéralisme. Hollande sait parfaitement bien que la réaffirmation de son maintien à Matignon fait obstacle à leur retour. "Ceux qui veulent venir travailler sont les bienvenus, je ne vais pas aller les chercher", a-t-il donc lâché, non sans dédain, tout en dressant la liste des sujets sur lesquels les Verts devraient composer s’ils étaient au gouvernement, au premier rang desquels il cite opportunément la COP21 sur le changement climatique qui se déroulera à Paris fin novembre. "Face à cet enjeu-là ceux qui veulent donner leur concours sont les bienvenus, a expliqué le chef de l’Etat. Je ne vais pas faire de contrôle à l’entrée".

Avec leurs gros souliers

Depuis les attentats djihadistes meurtriers de janvier, tout est bon pour le  pouvoir à une instrumentalisation
A l'Elysée, on se déploie en "pédagogie" auprès de l'opinion, bien conscients que le temps consacré au dossier grec ces derniers jours peut être mal vécu par troubler une large partie des Français en difficultés. "Il va falloir que le président montre que la résolution de la crise grecque était importante pour la France et ses intérêts, explique un élu socialiste anonyme, comme il en existe tant, si tant est que celui-là existe vraiment. Mais le grand avantage pour lui, c'est qu'il revient de Bruxelles avec une victoire politique". Une victoire sans partage avec les 18 participants !

La presse socialiste se respecte bien peu
 
Michèle Cotta, dans lepoint.fr, applaudit quand le président socialiste n'hésite pas à utiliser le mot "patrie" au cours de son entretien du 14-Juillet consacré aux thèmes de la sécurité et de l'identité. Tout est donc résolument bon dans les propos du capitaine de pédalo "poussé par des vents favorables"... La journaliste évacue ainsi  la forte menace terroriste, le vol de munitions sur le site militaire de Miramas et les explosions jugées "malveillantes" sur le site pétrochimique de Berre-l'Etang, également dans les Bouches-du-Rhône, le matin du 14-Juillet. François Hollande appelle d'ailleurs les Français à "refuser la peur": la balle est donc dans leur camp... Doivent-ils creuser des abris dans leurs jardins, Pépère ne le précise pas...

Le magazine L'Express, en empathie avec les demandeurs d'emploi, ne trouve rien à redire à l'affirmation de Hollande selon lequel "la croissance est là", même si elle reste encore "trop faible"...


Le Parisien ne sourit même pas en estimant que "François Hollande se voit en président "audacieux." Dans la même veine, BFMTV titre aussi: "Dossier grec, Europe: Hollande, conquérant, savoure son 14-Juillet". Quiconque douterait de l'orchestration médiatique des bienfaits planétaires de Hollande peut lire les lignes de francetvinfo.fr qui a le sentiment, dans le même registre, que "François Hollande se veut combatif," sera convaincu de la circulation des éléments de langage officiels. 


Le Figaro est plus malicieux en titrant que "Hollande s'affiche en protecteur de la nation", ajoutant qu' "au cours de sa traditionnelle intervention du 14 juillet, le chef de l'État a voulu donner l'image d'un président protecteur contre les multiples menaces qui pèsent sur la France, Grèce, Iran, terrorisme, chômage..." L'amalgame du pire et du moins mauvais est osé.

En somme, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes socialistes possibles. Alors que la popularité de François Hollande est à 21% d'opinions positives, il tenter d'enfumer l'opinion.

Le sondage sur la question de savoir si l'accord conclu lundi matin à Bruxelles avec Athènes va "permettre à la Grèce de sortir de la crise qu'elle vit actuellement", n'est d'ailleurs pas relayé par cette presse. Les sondés se montrent franchement sceptiques. Si 31% répondent par l'affirmative (2% "oui certainement", 29% "oui probablement"), quelque 68% d'entre eux n'y croient pas (48% "non probablement pas", 20% "non certainement pas"). Tous les efforts de Hollande seraient-ils au bout du compte voués à l'échec? Un de plus. Nul ne veut l'imaginer pour l'heure.

Si l'exécutif se donne tant de mal pour paraître bon, c'est bien qu'il ne l'est pas.