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lundi 20 juillet 2015

Entrée en vigueur des hausses de TVA en Grèce: après Athènes, Paris ?

L'exemple grec doit-il inquiéter les Français ?

En Grèce, les banques rouvrent  aujourd'hui  et la TVA augmente

Bonne nouvelle. Après trois semaines de fermeture décrétée pour protéger le système bancaire des retraits massifs, les Grecs peuvent retirer 420 euros par semaine, contre 60 euros par jour hier encore... Mais les paiements vers l’étranger subissent toujours une limitation drastique.

Les partenaires européens de la Grèce ont promis un nouveau plan d’aide, le troisième depuis 2010, en échange du vote   mercredi par le Parlement grec de hausses de TVA, conformément aux engagements pris lors d’un sommet européen mouvementé à Bruxelles. 

Athènes va recevoir un prêt d’urgence de 7 milliards d’euros qui seront vite entamés par un remboursement lundi à la Banque centrale européenne (4,2 milliards d’euros) et par le règlement d’arriérés auprès du Fonds monétaire international (2 milliards).

Pour la première fois depuis des mois,
des experts de la BCE, du FMI et de la Commission européenne, une formation auparavant désignée par le terme stigmatisant de 'troïka' et qui a symbolisé, pour les anti-libéraux d'extrême gauche aux manettes  à Athènes, une mise sous tutelle de leur pays, sont attendus à Athènes cette semaine. Ils devront évaluer l’état d’une économie grecque éprouvée par les restrictions financières.

Aujourd'hui en Grèce, la TVA passe 13 % à 23 %
Sont frappés les denrées non périssables, la restauration, les courses de taxis, les préservatifs et les services funéraires, suite au vote du parlement d'extrême gauche, mercredi dernier

Des produits de consommation courante sont concernés: le café, le thé, le sucre, la viande, et les crustacés.

Elle  est légèrement réduite à 6 % pour les médicaments, les livres et les places de spectacle et reste en revanche inchangée dans l’hôtellerie (13%).

D’autres produits du quotidien restent sous le taux réduit de 13%. C’est notamment le cas pour l’huile d’olive : la Grèce est le troisième producteur mondial d’olives, derrière l’Italie et l’Espagne.

Le gouvernement espère des recettes fiscales supplémentaires annuelles

Elles pourraient atteindre 795 millions d’euros cette année, en six mois, et 2.4 milliards d’euro à compter de 2016, soit 1.3% du produit intérieur brut.
A condition que le système de collecte de l'impôt soit réformé, vite et efficacement.

Vaut-il tellement mieux vivre en France ?

Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est fixé à 20% en France.

Dans les cafés et restaurants, les ventes réalisées sont, selon les cas, soumises à différents taux réduits de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5,5 %, ou 10 %. A y regarder de plus près, les boissons alcoolisées (à consommer sur place) sont taxées à 20 %, contre 23% en Grèce (10 % en Corse et 8,5 % en Guadeloupe, Martinique et Réunion);

les produits alimentaires de consommation courante (produits alimentaires spécifiques : confiserie, matières grasses végétales (margarines), caviar, chocolat et produits composés contenant du chocolat ou du cacao (chocolat au lait, chocolat blanc, chocolat fourré) sont taxés à 20% contre 23% en Grèce;

les médicaments remboursables par la Sécurité sociale à 2,1 % contre 6% en Grèce;

les préservatifs masculins et féminins à 5,5 % contre 23% à Mykonos et partout en Grèce

La fascination de Hollande par Tsipras va-t-elle nous coûter des hausses de TVA ?


L’hypothèse est plus que vraisemblable, à en croire le quotidien Libération dont le site internet fait état d'un document émanant des cabinets de François Hollande et Manuel Valls, demandant au ministère de l’Economie et des Finances d’étudier diverses pistes pour lever 15 milliards d’euros de plus chaque année.

Nécessité de compenser les 10 milliards de perte d'IR.L'impôt sur le revenu 2013 rapportera finalement 10 milliards d’euros de moins que prévu. Un détail, nous dira Michou Sapin, par rapport aux 300 milliards annuels de recettes fiscales de l’État, mais qui risque de sérieusement aggraver encore l'état du budget 2014/2015. Il faudra compenser cette perte et il semble bien que les services de communication de Matignon nous préparent une nouvelle entourloupe.

Augmenter la TVA, une mauvaise bonne idée 
La dernière hausse des différents taux de la TVA remonte au 1er janvier 2013 (voir tableau ci-dessus). Perçu comme un impôt injuste par certains économistes fiscalistes, la TVA est de loin le plus rentable, puisqu’elle contribue pour moitié aux recettes fiscales de l’État (141,2 milliards d’euros en 2013). Réviser à la hausse ses différents taux constitue donc un moyen facile et efficace de lever des fonds rapidement et durablement. 
Le risque  est double. D’une part les ménages français, souffrant déjà d’une détérioration de leur pouvoir d’achat, pourraient ralentir leur consommation face à une pression mécanique sur les prix. D’autre part, la rentabilité des entreprises françaises pourraient subir un nouvel à-coup . Au final donc, la croissance, déjà nulle, qui pourrait bien en passant sous zéro en cas de " matraquage fiscal" renforcé.
En termes sociaux, une telle décision serait désastreuse pour l'image politique des socialistes au pouvoir, sans compter, avant tout, que la TVA est un "impôt" injuste, puisqu'elle frappe également les revenus hauts et moyens, lesquels sont frappés de la "double peine" du fait qu'ils se voient imposés de prendre en charge les plus défavorisés, nationaux démunis et résidents illégaux. 

La TVA en France et en Europe
La comparaison avec la Roumanie 
(ex-bloc de l'Est)
nous est favorable...
A noter que la France est dans la moyenne européenne. Nos voisins appliquent en effet des taux de TVA identiques, voire sensiblement plus élevés, aux nôtres.
1 – La Hongrie avec un taux de 27%
2 – Le Danemark avec un taux de 25%
3 - La Suède avec un taux de 25%
4 – La Roumanie avec un taux de 24%
5 – La Pologne, le Portugal, la Finlande, l’Irlande et la Grèce avec un taux de 23%.
En revanche, en Allemagne par exemple, le taux standard est de 19%, mais le taux réduit est de 7.  Il est de 18% à Malte. Champion de la TVA ? Le Luxembourg, avec 15% pour son taux standard, et 6% pour le taux réduit.

Il est important que les peuples soient convaincus du bon usage qui est fait de la TVA. 
Si le ressenti des Danois est bon, les Français n'ont pas le même vécu.

mardi 24 juin 2014

Les salariés français à temps complet travaillent 5 semaines de moins que les Allemands

Un rapport accablant sur le temps de travail des Français 

Fondé sur des données européennes,
 
L'idée fausse
qui nous a tuer
un rapport de l'institut Coe-Rexecode révèle que les salariés français à temps complet travaillent cinq semaines de moins que les Allemands par an. 
Les Français à temps complet ont nettement moins travaillé en 2013 que leurs voisins. En moyenne, ils affichent même 186 heures de moins que les Allemands (1661 heures contre 1847 heures), 239 heures de moins que les Britanniques (1900 heures) et même 120 heures de moins qu'en Italie (1781 heures). La Roumanie domine le classement avec 2099 heures en durée effective annuelle moyenne de travail par salarié.

Seuls les Finlandais ont un temps de travail inférieur aux Français en Europe. L'étude n'est pas tendre et fait de la France, avec la Finlande, "la plus faible de tous les pays européens" en nombre d'heures de travail effectif, selon les données recueillies par l'office européen de statistiques Eurostat pour l'institut de recherches économique.

La France enregistre la plus forte baisse de la durée du travail

Les Français ont une durée habituelle individuelle hebdomadaire de travail de 39,2 heures par semaine, mais cela ne tient pas compte des absences (congés, RTT, formation, jours fériés, maladie...). Et c'est aussi le pays où la durée de travail a le plus diminué au cours des quinze dernières années: entre 1998 et 2013, elle a chuté de 14,8% contre 9,8% en Espagne, 8,9% en Allemagne, 8,5% en Suède, 7,6% en Italie et 3,1% au Royaume-Uni.

Pour les salariés à temps partiel, la durée moyenne de travail effectif était en France en 2013 de 993 heures par an, contre 851 heures en Allemagne, 864 au Royaume-Uni et 1.012 en Italie. 

L'étude pointe aussi d'importantes différences entre salariés

L'intox syndicale alimente l'humour toxique
En prenant en compte l'ensemble des salariés (temps complet et temps partiel), les écarts entre pays européens se réduisent nettement, avec 1.536 heures en moyenne pour la France en 2013, 1.580 pour l'Allemagne, 1.636 pour l'Italie, 1.637 pour le Royaume-Uni ou 1.643 pour l'Espagne. 
Du côté des non-salariés, la durée moyenne atteint 2.372 heures en France, soit 43% de plus que pour un salarié à temps complet. Cet écart est de 27% pour l'Allemagne, 21% pour l'Italie et de 7% pour le Royaume-Uni.

La durée moyenne effective de travail des salariés à temps complet (un concept large qui inclut la fonction publique) s'est établie à 1661 heures par an dans l'Hexagone en 2013. Ce mauvais résultat place la France au deuxième rang des pays qui travaillent le moins en Europe… 

Les salariés français passent ainsi 120 heures de moins par an au bureau ou à l'usine que les Italiens, 186 heures de moins que les Allemands et 239 heures de moins que les Britanniques.