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vendredi 28 février 2020

Démagogie de Buzyn aux municipales à Paris: elle propose une hausse de la taxe sur les nuits dans les palaces

La socialiste croit-elle attirer les touristes aisés et dynamiser le commerce parisien ?

Cela rapporterait-il tant que ça à la mairie

Agnès Buzyn, d'origine polonaise, condescendante, 
chaperonnée par Stanislas Guerini, 
marié à une ingénieure employée chez Google France
La candidate LREM de la 13e heure se révèle répressive: elle veut renforcer les contrôles Airbnb et s'est positionnée pour l'interdiction progressive des cars de tourisme et propose de doubler la taxe à 10 euros  sur les nuitées d'hôtel dans les palaces parisiens pour financer un fonds de soutien aux commerçants en difficultés, c'est-à-dire inutiles, soit qu'ils ne correspondent pas à une demande, soit qu'ils offrent de mauvaises prestations.
Ancien conseiller en communication de Hollande, Gaspard Gantzer révéla dans le documentaire de David Doukhan (groupe Lagardère SCA, dont l'émirat du Qatar est l'actionnaire dominant) diffusé sur LCI en 2018 qu'en février 2016, le remaniement  que préparait Hollande envisageait son jeune ministre de l'Economie, Macron, premier ministre en remplacement de Manuel Valls,et Buzyn, ministre." C'est une bonne manière de contenir l'ambition de Macron, raconte Gaspard Gantzer en relatant les tractations de l'époque. "Il a de l'ambition, on lui donne Matignon. Bon Matignon, il fera son job et en plus il aura à cœur de très bien le faire." Son ancien conseiller affirme que des noms de ministres comme Muriel Pénicaud ou Agnès Buzyn, toutes les deux au gouvernement d'Edouard Philippe, étaient déjà cités. "Il y en a pas mal, comme ça, qui sont testés; on se dit qu'il faut faire 50% société civile, 50% jeunesse et on met Macron à la place de tout ça", affirme Gaspard Gantzer. Le projet sera finalement abandonné par le président.La version Hollande diffère sensiblement
Dans son livre "Leçons de pouvoir", François Hollande semble contredire les déclarations de son ancien conseiller en communication. "Au début de l’année 2016, on m’indique qu’Emmanuel Macron est disponible pour Matignon. Dans le cadre d’un remaniement 'post-attentats', sa nomination ferait souffler un vent nouveau et symboliserait l’esprit de consensus nécessaire à la période. J’écarte d’emblée ce scénario, non par défiance envers lui, mais parce que j’estime que Manuel Valls remplit loyalement son rôle et que je ne dois pas bouleverser l’équipe qui avait tenu le choc du terrorisme.", raconte François Hollande.
Agnès Buzyn, tête de liste LREM aux municipales à Paris, cherche à s'attirer l'électorat de gauche

"Ma promesse, c'est de n'augmenter ni les impôts pour les Parisiens ni la dette," clame la populiste. "Je suis en revanche favorable au relèvement de la taxe sur les nuitées d'hôtel dans les 5 étoiles palaces, qui passera de 5 à 10 euros", dit-elle dans un entretien aux Echos. "Cela permettrait de financer un fonds de solidarité de 15 à 20 millions d'euros pour soutenir les commerçants en difficultés et l'attractivité de la capitale", explique-t-elle. Mais ce qu'elle ponctionne sur les nantis suffira-t-il à relever le niveau de vie du plus grand nombre, en admettant que le commerce de luxe ne serait pas pénalisé.
 
Un meilleur contrôle d'Airbnb, l'interdiction des cars de tourisme...
Interrogée sur la plateforme de location de meublés touristiques Airbnb, elle dit vouloir "doubler le nombre de personnes qui s'occupent aujourd'hui (de son) contrôle", pour "que la règle des 120 nuitées soit respectée".  

Elle se prononce par ailleurs "pour l'interdiction" des cars de tourisme dans la capitale, "mais organisée progressivement en concertation avec les acteurs du tourisme, pas de manière brutale".

La candidate LREM présentera son budget en début de semaine prochaine

Il serait construit autour du principe "un euro dépensé en plus sera toujours mis en face d'un euro d'économie" et la candidate de substitution indique avoir "déjà identifié 300 millions d'euros d'économies possibles." Et c'est "dans le budget de fonctionnement de la mairie," ce qui fait frémir les personnels municipaux inquiets d'une possible purge des effectifs.

Les premiers visés sont les "collaborateurs des élus" dont "le nombre est très important aujourd'hui ou du nombre de voitures de fonction", ainsi qu'une augmentation du temps de travail des agents de la Ville pour "atteindre progressivement les 35 heures". Ca par exemple ! Ce n'était donc pas déjà le cas en socialie parisienne?

mercredi 15 janvier 2020

Démission collective de 1.000 médecins hospitaliers 

Ce millier de médecins hospitaliers adopte-t-il la bonne méthode ?
Le Pr. Michael Peyromaure, chef de service à l’hôpital Cochin de Paris, soutient les revendications de ses collègues mais conteste la méthode.




A la suite d’un appel national, dans une lettre à la ministre de la santé, d'abord 15 médecins du centre hospitalier du Mans ont annoncé leur intention de démissionner de leur fonction administrative, un acte fort pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de moyens.

Le plan "Ma santé 2022" annoncé par le gouvernement le 20 novembre dernier n'a pas convaincu les professionnels de santé. Ce plan prévoyait notamment de "restaurer l'équilibre financier des hôpitaux" (3,3 milliards d’euros par an) avec une promesse : "privilégier la qualité des soins plutôt que les logiques comptables, replacer le patient au cœur des soins et réorganiser la médecine de ville de manière à mieux l’articuler avec l’hôpital." 

Le professeur Michael Peyromaure conteste le protocole suivi par ses collègues.
Des quelque 1.000 médecins hospitaliers, dont quelque 600 chefs de service, collectivement démissionnaires de leurs fonctions administratives, il dit : "Je les comprends, je les soutiens, je partage le constat de la dégradation de l’hôpital public. Simplement, je trouve que la méthode utilisée n’est pas la bonne. Malgré toute la solidarité que je leur dois, sur ce coup-là ils ont tort", estime mardi sur Europe 1 le jeune chef de service en urologie à l’hôpital Cochin de Paris, élève du Pr Bernard Debré, qui rendit public dans l'entre-deux tours son vote pour Macron. Il est ainsi de ceux qui font dire que l'ex-conseiller et ministre de Hollande a été élu par défaut. 

"Ce n’est techniquement pas tenable", mais la réforme Macron l'est-elle humainement ?

"Ce n’est techniquement pas tenable de démissionner des tâches administratives, parce qu’on ne peut pas aussi facilement dissocier les soins quotidiens de l’administration, soutient l'urologue En plus, ça risque d’être totalement contre-productif et d’aggraver la situation dans les services", poursuit Michael Peyromaure, qui cite plusieurs exemples pour illustrer son propos.
"A Cochin, à Paris, on fait le recensement des équipements, notamment en chirurgie. Les équipes médicales demandent le matériel nécessaire pour fonctionner, et font remonter leurs besoins à l’administration. Il n’est pas possible de ne pas faire cette tâche, sinon les médecins n’auront plus d’équipements."

"Les médecins n’arrivent pas à franchir le cap de la désobéissance".
Le professeur suggère des alternatives à la démission pour protester. "Il y a deux actions qui pourraient avoir un impact : la grève des soins, à laquelle on se refuse évidemment, et la grève du codage, qui consiste à ne pas retranscrire les codes des actes qu’on fait à l’hôpital, et qui assèche les finances de l’administration", explique-t-il. Comme si cet assèchement permettait un bon fonctionnement des services, notamment en chirurgie, et de meilleurs soins aux patients...

"400 services, dont le mien, ont entamé cette grève du codage, mais comme ça ne prend pas d’ampleur, ça reste marginal, admet-il. Dans leur ensemble, les médecins sont de bons élèves et sont habitués à faire ce que l’administration leur demande. Donc, ils n’arrivent pas à franchir ce cap de la désobéissance."

"Des décennies d’incurie," l'argument tarte à la crème rance

Surprise ! Michael Peyromaure n'est pas cohérent : il s'abstient d’accabler l’actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn, tout en reprochant au gouvernement dans lequel elle s'incruste de refuser d’entamer une réforme en profondeur du système de santé. "Agnès Buzyn hérite de décennies d’incurie de gestion de l’hôpital public [Mais en connaissance de cause, puisqu'elle est issue du milieu]. Mais elle ne veut pas réformer véritablement le système, c’est-à-dire changer la gouvernance, rééquilibrer le pouvoir entre l’administration et les médecins. On pourrait par exemple, comme dans d’autres pays, faire des départements autonomes, avec leur propre budget", note-t-il. Que fait-elle donc encore à ce poste, si elle ne veut pas réformer alors que son gouvernement se veut réformiste ?

Il faudrait augmenter le temps de travail des agents hospitaliers, qu’il juge "très bas," estime le très macronien chef de service à l’hôpital Cochin. Et leurs annuités ?
"Il faudrait aussi revoir les rémunérations, et le temps de travail. Le temps de travail des agents hospitaliers est très bas, à 35 heures à l’hôpital et 32 heures la nuit. Si on revenait aux 39 heures, ça comblerait beaucoup de lacunes dans les services. Je suis tout à fait d’accord pour dire que les salaires des infirmiers sont bas, mais on pourrait aussi revoir les grilles et les statuts."

"L’hôpital public va se dégrader, je ne suis pas très optimiste," avoue-t-il, "en même temps".
Les préconisations de Michael Peyromaure manifeste un certain pessimisme sur l’avenir de l’hôpital public. "L’hôpital public va se dégrader, je ne suis pas très optimiste sur son devenir. A mon avis, dans les cinq ans à venir, il y aura une déliquescence continuelle. Je ne vois pas comment, sans réforme globale du système de santé, on pourra dégager les marges suffisantes pour revaloriser les salaires et remettre du personnel. Ça me semble impossible. Ce n’est pas une fatalité, mais il faudrait un gouvernement courageux qui réforme de fond en comble le système. Et ce n’est pas le cas."

Lors de la g
rève des urgences, cet urologue dénonçait une "gouvernance très autoritaire qui n'écoute plus le terrain"

Les soignants sont "bien obligés d'être en arrêt de travail" pour se faire entendre d'une direction qui "régit les soins sur des tableaux Excel," estimait  ce chef de service urologie à l'hôpital Cochin.

Des soignants en grève à Paris, le 6 juin 2019.

"Les soignants sont infantilisés" et "ne peuvent plus faire leur métier correctement", affirme mardi 11 juin sur franceinfo le professeur Michaël Peyromaure, alors que tous les personnels des hôpitaux étaient encore appelés à faire grève pour protester contre les baisses de moyens. Après trois mois de protestation dans les services d'urgences, le mouvement s'étendait donc, notamment à cause d'une "gouvernance très autoritaire qui n'écoute plus le terrain", selon Michaël Peyromaure.

franceinfo : Est-ce que vous soutenez les grévistes, y compris quand ils utilisent des modes d'action controversés, comme poser des arrêts maladie en série ?
Michaël Peyromaure : Oui, je les soutiens à 100%. Il faut comprendre que les soignants ont été plongés dans un malaise - cela n'est pas nouveau, cela date déjà d'une dizaine d'années - qui s'est accentué ces derniers temps. Ils ne peuvent tout simplement plus faire leur métier correctement. Même si je sais que ce n'est pas très conforme, il faut reconnaître que la technique habituelle de grève - celle que j'ai connue depuis dix ou vingt ans, qui consiste à mettre un brassard "en grève" mais à travailler quand même au service des patients - n'a plus aucune efficacité. Les malheureux sont donc bien obligés d'être en arrêt de travail, mais à mon avis ils le font à contrecœur.

Le gouvernement a-t-il sous-estimé les motifs de grogne à l'hôpital ?
Oui. Ça fait pourtant longtemps qu'il y a des alertes un peu partout dans les médias. Les soignants sont malheureux. Cela fait quelques années que les médecins, les infirmières et les aides-soignants - tout ce petit monde qui vivait heureux à l'hôpital il y a encore dix ou vingt ans - est devenu malheureux. Ils n'arrivent plus à assurer correctement leur travail et n'ont pas cessé de le dire ces derniers mois. Pourtant, ils n'ont pas été entendus donc je crois que la coupe est pleine.

Est-ce qu'aujourd'hui la France a un hôpital à deux vitesses, avec d'un côté des services comme le vôtre, en pointe, et de l'autre des urgences qui n'arrivent plus à accueillir dignement les patients ? [nouvelle question qui appelle une réponse positive...]
Oui. Les urgences cristallisent évidemment toutes les tensions, puisque c'est l'interface entre l'extérieur et l'intérieur de l'hôpital. Il y a un accroissement de la demande de soins et une réduction des moyens pour y répondre. Les urgences sont un peu un fourre-tout. Vous avez des patients qui viennent pour des vraies urgences, des patients qui viennent à tort pour des pathologies bénignes mais qui, faute de trouver un médecin ailleurs, doivent se rendre aux urgences, des personnes âgées dont la famille parfois se débarrasse avant de partir en vacances parce qu'elle ne sait pas comment s'en occuper, des gens en situation de grande précarité sociale... [le système de retraites à points que veut imposer Macron combat-il l'individualisme que les gouvernements ont développé ?] Tout ce beau monde va converger vers les urgences qui est le seul endroit [une cour des miracles]où la lumière est allumée.

Sentez-vous aussi à l'hôpital Cochin les effets des différentes mesures d'économies décidées ces dernières années ? [idem]
Bien sûr ! C'est le cas dans tous les hôpitaux, pas seulement dans les établissements périphériques. Nous vivons la même chose au cœur de Paris. Nous avons des réductions drastiques de lits et de salles d'opération, des suppressions de personnel et aussi une gouvernance très autoritaire qui n'écoute plus le terrain. Il y a un phénomène quantitatif, qui est celui de la réduction des budgets, mais il y a aussi un phénomène qualitatif, qui est celui de l'organisation et de la gestion de l'hôpital. Les soignants ont été très infantilisés ces dernières années. Ils ne sont plus écoutés par des gens qui dirigent l'hôpital et qui régissent les soins sur des tableaux Excel. Cela crée beaucoup de frustration aussi.

dimanche 15 décembre 2019

Temps de travail des internes : Agnès Buzyn menace de sanctions

La ministre de la Santé s'en prend aux plus vulnérables 

Buzyn 
rappelle ses confrères à la loi


Les hôpitaux ne respectant pas la loi en matière de temps de travail des internes sont dans le viseur de la ministre. En grève illimitée depuis mardi, les internes en médecine ont été entendus par la ministre, qui renvoie la responsabilité du dépassement des horaires de travail sur les hôpitaux, ce dimanche.
"Leur temps de travail n'est pas respecté, c'est contre la loi", a observé la ministre, sur BFMTV, à deux jours d'une manifestation regroupant médecins, soignants et internes.
Selon la ministre, les internes "ne doivent pas travailler plus de 48 heures par semaine. Or, c'est parfois beaucoup plus". Elle a ainsi promis que les dépassements du temps de travail réglementaire seraient "rendus publics, dans tous les hôpitaux", qui "pourraient avoir des sanctions".

Un bras de fer est engagé entre les médecins et la ministre qui réagit à la tribune de ses confrères (lien PaSiDupes). 
Agnès Buzyn l'assure : "Je suis la ministre qui, depuis 10 ans, a ré-augmenté le budget des hôpitaux".

L'hôpital public, lieu privilégié de formation à l'abandon

Appelés à la grève par l'Intersyndicale nationale des internes, principal syndicat (Isni), depuis le 10 décembre, les internes dénoncent depuis plusieurs mois la "dégradation des soins" et le dépérissement de l'hôpital public, "lieu privilégié" de leur formation. 
"La qualité et le temps de formation est en constante décadence", écrit l'Isni samedi. Pour lutter contre "les dérives de leur temps de travail", il réclame le décompte de leurs heures pour identifier les services avec les plus importants manquements.

Buzyn, prête à desserrer le garrot.
L'ouverture prochaine de discussions pourrait être décidée sous la pression pour  "valoriser leur temps de travail additionnel" et "faire en sorte que la réglementation s'applique, c'est-à-dire qu'ils aient un repos compensatoire après une garde". Ce qui supposerait des créations de postes dans sept et neuf ans...

En attendant, les internes rejoindront mardi les médecins et soignants mobilisés partout en France, après neuf mois de crise à l'hôpital public, pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs.
Leur souci est de "rester visibles" parmi les actions prévues le même jour contre la réforme des retraites. 
Rendez-vous à Paris le lundi 20 janvier : le syndicat appelle en effet à une manifestation nationale. 
Pas sûr que ses confrères laissent à Buzyn un peu de "repos compensatoire" pendant les fêtes de fin d'année. Mais ça fait deux ans et demi qu'ils nous disent qu'ils sont au travail. Qu'ils gardent le rythme !

samedi 27 avril 2019

Plus de six Français sur dix ne sont pas convaincus à l’issue de sa conférence de presse

Seulement un Français sur trois est satisfait de sa conclusion du "grand" débat

Tout ça pour ça ? Macron laisse 63% des Français sur leur faim


Seuls 37% des sondés se disent convaincus par les annonces qu’Emmanuel Macron a fait en conférence de presse, le jeudi 25 avril, selon une étude Harris Interactive-Agence Epoka. Malgré deux semaines supplémentaires qu'il aurait dû mettre à profit, 80% des sondés estiment en conséquence que le mouvement des Gilets jaunes va se poursuivre.
Seuls 7% des sondés estiment que le chef de l'Etat a été "très convaincant" et 30% "plutôt convaincant".

Plus de la moitié des Français, soit 63%, n'ont pas trouvé Macron convaincant à l’issue de deux heures et demi de conférence de presse, révèle ce sondage réalisé pour LCI, RTL, ainsi que Le Figaro.
Seuls 7% des sondés estiment que le chef de l'Etat a été "très convaincant" et 30% "plutôt convaincant".

Foirade présidentielle sur plusieurs sujets

Parmi les mesures annoncées, 65% des Français s'opposent à l'augmentation du temps de travail et 58% sont contre l'allongement de la durée de cotisation pour partir à la retraite. 59% des personnes interrogées voient d'un mauvais œil le non rétablissement de l'ISF.

Emmanuel Macron se déclare incapable de faire disparaître le chômage à l'horizon 2025.

A peine quatre Français sur dix ont le sentiment que Macron a reçu le message des Gilets jaunes.
Pour seulement 39% des Français, les mesures proposées jeudi soir marquent un changement important de la politique menée depuis son élection. Sans surprise, ils sont 80% à penser que le mouvement des Gilets jaunes va donc se poursuivre.

Quelques mesures ont toutefois été appréciées par une partie de la population. Ainsi, 52% voient d'un bon œil la suppression de l'ENA, d'autant plus que ce coulage n'aura aucun impact sur leur niveau de vie. 
65% jugent positif le renoncement de Macron à la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires et 69% apprécient la mise en place d'un RIC au niveau local, ce qui signifie que plus d'un sur trois ne s'en satisfait pas.

Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 807 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

lundi 10 avril 2017

François Fillon, candidat à l'écoute des fonctionnaires

François Fillon : "J'ai écouté les fonctionnaires"

Le passage des 35 aux 39 heures dans la fonction publique "se répercutera sur le salaire" des fonctionnaires 

Mais pas nécessairement de façon proportionnelle, a assuré François Fillon dimanche 9 avril, lors de son discours prononcé Porte de Versailles à Paris. "J'ai écouté les fonctionnaires. Je les respecte. Leurs missions sont parmi les plus nobles", a déclaré le candidat (LR) de la droite et du centre. "Je les respecte beaucoup plus que les illusionnistes qui proposent de créer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires d'un coup de baguette magique, mais qui en contrepartie gèlent leur salaire et sont incapables de leur offrir de vraies perspectives de carrière et d'avenir".
 
"Je veux dire à nos agents publics que la réduction des effectifs ne se fera pas contre eux, bien au contraire. Elle leur redonnera des responsabilités, l'augmentation du temps de travail se répercutera sur leur salaire, et ils cesseront de subir le discrédit de l'État bureaucratique", a promis l'ancien Premier ministre. 

Dans son programme, François Fillon prône la suppression de 500.000 emplois publics en cinq ans. 
Il souhaite également "augmenter progressivement le temps de travail dans la fonction publique à 39 heures hebdomadaires, sur une base annualisée". 
Lors d'un entretien avec Acteurs publics diffusé le 9 février, le candidat de la droite républicaine dit "assume(r) le fait que la hausse de rémunération ne pourra pas être proportionnelle à la hausse de la durée du travail". Une telle hausse du temps de travail s'accompagnerait néanmoins "de contreparties, négociées à compter de l'automne 2017" avec une conférence réunissant les partenaires sociaux, a-t-il précisé.  

"Je ne vous demande pas de m'aimer, je vous demande de me soutenir, 

parce qu'il y va de l'intérêt de la France", a également lancé François Fillon après plus de deux mois de campagne entravée par des accusations de la presse anarchiste ou trotskiste, dont la justice a bien dû se saisir. 
"Il ne s'agit pas de choisir un copain. Il s'agit de choisir un président, et, à travers lui, le destin que nous voulons ouvrir à la France". 

Et d'ajouter : "Après l'élection, il nous faudra une volonté sans faille. Cette volonté, je la possède. Je l'ai trempée, affermie dans mes épreuves récentes et dont je ne parlerai plus". 

François Fillon s'est livré à une anaphore sur un "président exemplaire", comme lors du débat télévisé de lundi et en parodie de celle de Hollande en 2012 . 
"Ce n'est pas un homme qui s'expose chaque jour au voyeurisme public dans l'espoir de séduire ou de se faire pardonner d'exercer le pouvoir. 
Un président exemplaire, c'est un homme qui propose au peuple ce qu'il croit juste, et, lorsqu'il est investi, met tout en œuvre pour réaliser le projet sur lequel il a été élu", a-t-il expliqué.  
"Un président exemplaire, c'est un président qui ne troque pas le destin de la nation pour un peu de popularité éphémère. 
Un président exemplaire, c'est un président qui n'a pas un regard pour les manœuvres d'appareil, ce que le général de Gaulle appelait les poisons et les délices du système. 
Un président exemplaire, c'est un président que rien ne peut intimider, ni la calomnie, ni les pressions, ni même l'incompréhension, parce qu'il est devenu, après l'élection, comptable des espoirs de tout un peuple. 
C'est ce président-là que je serai. Vous pouvez compter sur moi, et moi, je dois pouvoir compter sur vous", a conclu François Fillon.

vendredi 19 février 2016

Réforme du droit du travail: Valls et Hollande envisagent un passage à la hussarde

Myriam El Khomri n'exclut pas d'utiliser le 49.3 pour imposer la loi auquel son nom restera attachée

La ministre du Travail a brandi la menace du 49.3, une procédure d'évitement des représentants du peuple.

Face à la levée de boucliers à gauche suscitée par le projet de réforme du code du travail du gouvernement, faire passer son projet de loi sans vote, avec l'article 49.3,  c'est "prendre ses responsabilités", selon la ministre socialiste. Malgré une majorité de gauche à l'Assemblée, l'article 49.3 pourrait être nécessaire au passage du projet de loi du gouvernement sur la réforme du code du travail.
VOIR et ENTENDRE le député Hollande estimer en ...février 2006 que "le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière de freiner ou d'empêcher le débat parlementaire":
Commémoration prochaine des 10 ans des propos brutaux de Hollande ?

Myriam El Khomri 
laissera-t-elle son nom à une loi passée en force ? 

La ministre du Travail a pour mission de convaincre les parlementaires des bienfaits de la réforme du droit du travail qu'elle endosse. Titulaire, comme tous les militants socialistes, d'un DESS reçu d'une université militante, elle n'était pas préparée à cette responsabilité. C'est précisément parce qu'il lui fallait une innocente, à sa main et aux dents longues, que Valls a poussé au front cette tirailleuse marocaine. Et, sans hauteur de vie ni recul, sa marionnette semble tout-à-fait investie, à l'aveugle, dans la tâche, si ingrate soit-elle, d'"acheter à un Juif pour revendre à un Ecossais". 
Dans un entretien aux Echos paru jeudi 18 février, Myriam El Khomri l'affirme franco: "Nous voulons convaincre les parlementaires de l'ambition de ce projet de loi. Mais nous prendrons nos responsabilités", annonçant un débat parlementaire "nourri, car il y a un changement de philosophie important". 
Réforme du code du travail: ce que la loi El Khomri va changer

L'exécutif socialiste est prêt à récidiver. 
Les futurs président Hollande et premier ministre Ayrault
brandissant une pancarte en dépit du réglement de l'Assemblée
Prendre ses responsabilités en langage gouvernemental, c'est avoir recours à l'article 49.3, qui permet une adoption sans vote des élus du peuple. "Nous voulons faire avancer le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits réels et rendre les entreprises plus compétitives", ajoute-t-elle. Le gouvernement y avait notamment eu recours pour la loi Macron.
En 2008, alors député de l'Essonne, Manuel Valls avait signé un amendement dans lequel il était indiqué que "seuls des textes très particuliers, tels le projet de loi de finances ou le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, doivent pouvoir être adoptée par la voie de l'article 49, alinéa 3". Si cet amendement avait été adopté, le Premier ministre de 2015 aurait dû passer par un vote pour faire adopter la loi Macron...
La ministre du Travail récite aujourd'hui des éléments de langage, estimant que le gouvernement "ne considère pas les mini jobs allemands ou les contrats zéro heure anglais comme des modèles, bien au contraire", et lâche des phrases creuses : "nous ne vivons pas dans un monde clos et nous devons nous aussi évoluer". 

La facilitation des efforts des entreprises est suspecte à gauche 
Présenté le 9 mars en Conseil des ministres et examiné en avril à l'Assemblée nationale, ce projet de loi vise à "améliorer la compétitivité des entreprises, développer et préserver l'emploi, réduire la précarité du travail et améliorer les droits des salariés", énumère-t-elle, tranquillement, bien que ces objectifs, même pris séparément, paraissent hors de portée. 
La ministre observe des blocages. "Il y a des blocages dans notre société, il faut faire confiance à la négociation collective dans les entreprises et dans les branches, pour les lever, en se basant sur les besoins du terrain". Yapuka...

Le projet transmis au Conseil d'Etat, réaffirme des grands principes.
Citons le salaire minimum, le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) et les 35 heures. Mais il consacre la liberté de l'entreprise pour l'aménagement du temps de travail, instaure des référendums d'entreprises et prévoit un plafonnement des indemnités prud'homales en cas de contestation d'un licenciement. Si les entreprises verront sans doute ces mesures d'un bon oeil, certains déplorent un cadre trop favorable aux employeurs, mais pourtant en faveur de la reprise de l'activité économique.



dimanche 4 octobre 2015

Primaire Les Républicains: les propositions du candidat Alain Juppé

Alain Juppé a exposé plusieurs propositions en matière de défense, fiscalité, justice

"Je suis réformateur" 
Du temps de travail
"Il faut donner aux entreprises la possibilité de négocier librement le temps de travail et les heures supplémentaires". "Encore faut-il qu'il y ait une incitation à le faire", a lancé le maire de Bordeaux et ancien Premier ministre, lors du 'Grand Jury' RTL-LCI-Le Figaro. "Si vous vous bornez à dire 'négociez', il ne se passera rien. Moi, je propose qu'on porte la durée légale du travail de 35 à 39 heures en cas de non accord en entreprises. Ca serait une puissante incitation", a relevé l'ancien Premier ministre.

De la justice

S'est alors posé le cas Taubira, l'actuelle
 garde des Sceaux. 
Alain Juppé a relevé que "le discours officiel, c’est de dire qu’il n’y a pas de places dans les prisons et donc on laisse les délinquants dehors en imaginant des peines de substitution. Eh bien moi, je dis qu’il y a une autre solution (...), c’est de construire des places de prison".

De la Défense
"Je m’attacherai à ce que les moyens de la Défense soient sanctuarisés", a  également souligné le maire de Bordeaux. "Arrêtons, année après année, de réduire les moyens qui sont mis à leur disposition".

Dde la fiscalité
En matière de fiscalité, Alain Juppé a préconisé de " faire évoluer le taux de l’impôt sur les sociétés vers la moyenne européenne. Nous sommes aujourd’hui très au-dessus et le moduler (...) en fonction de la taille de l’entreprise. Il est normal que des PME aient des taux allégés".

De  l’ISF qu'il veut abroger
Soulignant la nécessité de réorienter l’épargne vers le financement des entreprises, il  a préconisé une "aide massive à l’actionnariat salarié".

Sa politique migratoire ne changerait rien
Alors qu’un journaliste lui demandait s’il prône une "rupture" en matière de politique migratoire, l’ancien Premier ministre a lancé, un brin narquois: "des ruptures partout, on attend des ruptures, la rupture, c’est le maître mot", mais a esquivé.

Le candidat assure enfin ne pas se tromper d'adversaire

"
Mon adversaire, ce n’est pas Nicolas Sarkozy, mon adversaire est le pouvoir actuel qui conduit (le pays) dans le mur et c’est le Front national", a-t-il dit pour conclure.

dimanche 19 juillet 2015

Le gouvernement lance une évaluation de contrôle du temps de travail des fonctionnaires

L'Etat-patron socialiste traque ses employés 

Mauvaise signal pour la CFDT qui va devoir bouger

Mardi 16 juin 2015, la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a engagé son processus gagnant-perdant, présentant aux syndicats, dans un premier temps, des propositions pour augmenter la paie de près de 5 millions d’agents titulaires, du haut cadre d’administration centrale au cantonnier employé par une petite commune. Mais ce sera donnant donnant.
En mai 2014, les collectivités territoriales avaient encore recruté 31.000 fonctionnaires de plus.Sur les 6 premiers mois de l'année 2013, l'Etat lui-même avait embauché davantage de nouveaux agents que sur l'ensemble de l'année 2012: le plus gros employeur de France a procédé par concours au recrutement de 28.228 personnes. Au total, 36.575 nouveaux agents ont intégré au 1er semestre 2013, les effectifs des différents ministères ayant exprimé des besoins. En 2012, les recrutements s'étaient limités à 34.054 sur l'ensemble de l'année.
Le 1er septembre 2014, le président de la République avait lancé aux fonctionnaires un appel à s’engager pour rendre l’action publique plus "efficace"et plus "rapide".
La Fonction publique d’Etat recrute encore en 2015-2016. Plus de 2,3 millions de personnes y travaillent déjà, dont un tiers dans les ministères et deux tiers répartis sur l’ensemble du territoire et parfois à l’étranger. Selon l'édition 2014 du "rapport annuel sur l'état de la fonction publique", le nombre de fonctionnaires atteignait près de 5,4 millions d'agents.

Le gouvernement  risque pourtant de s'aliéner son fonds électoral. 
Manuel Valls n'assume encore pas la responsabilité du piège qu'il tend aux fonctionnaires.  Vendredi 17 juillet, il a annoncé le lancement d’une "mission d’évaluation sur le temps de travail" des agents employés par l’Etat, les collectivités locales et les établissements hospitaliers. Cette mission a été confiée à Philippe Laurent (ci-contre), maire centriste, sans étiquette, de Sceaux (Hauts-de-Seine), président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). Président de la Commission des Finances de l'Association des maires de France, il se veut défenseur du rôle des collectivités locales. Or, si cet audit vise à avoir "une vue d’ensemble" du sujet, selon le communiqué diffusé par le cabinet de la ministre de la Fonction publique, il se prépare à assumer le coup tordu qu'il a accepté de Marylise Lebranchu.  C’est cette intime de la maire de Lille, Martine Aubry, qui avait proposé qu’une telle réflexion soit engagée. Le sujet retenu, ultra-sensible politiquement, et le moment choisi pour dévoiler à la presse l’existence de cette mission – un vendredi vers 18 h 30 à la mi-juillet – ont de quoi intriguer.

Les agents publics doivent-ils se préparer à un "big bang " dans leurs horaires ? 
La lettre que le premier ministre a adressée à Ph. Laurent pour dessiner les contours de sa tâche le nie. Qui croira que l'objectif est de réaliser un simple "état des lieux" et que le besoin d'une évaluation du temps de travail des fonctionnaires s'est soudainement fait ressentir alors qu'il n’a été jugé indispensable depuis le rapport de Jacques Roché, en janvier 1999 ? 
Cette urgence ne s'était pas imposée à Martine Aubry lorsqu'elle imposa ses lois Aubry sur les 35 heures qui ont pourtant profondément déstabilisé l'économie française en "conduisant à une grande diversité d’application parmi les employeurs publics", de l'aveu de M. Valls dans son courrier. Quinze ans après la mise en place de cette réforme par le gouvernement Jospin à partir de l’année 2000 par deux lois votées en 1998 et 2000, il est temps de "tirer un bilan", estime Manuel Valls.

Recommandations possibles

Le chef du gouvernement demande à Ph. Laurent d’examiner (ou remettre en cause) la façon dont la réduction du temps de travail a été instaurée, "ainsi que les différents cycles de travail retenus". Valls "souhaite également disposer d’un éclairage particulier sur les agents dits “au forfait” dont le temps de travail ne fait l’objet d’aucun décompte". Une allusion aux cadres, souvent soumis à des emplois du temps supérieurs à 48 heures par semaine – un seuil à ne pas dépasser en principe, sauf si des dérogations ont été prévues. 

S’il le juge nécessaire, Ph. Laurent pourra formuler les recommandations que Hollande et Valls souhaitent entendre sur "des évolutions des réglementations". Laurent a reçu une consigne importante : il n’est pas question de remettre en cause "le principe d’un temps de travail annuel de 1.607 heures", insiste Valls dans la lettre de mission. Le rapport du président du CSFPT devra être remis "le 1er février 2016 au plus tard".

Cette décision ne constitue pas vraiment une surprise pour les organisations de fonctionnaires. M. Lebranchu avait exprimé le désir, au début du printemps, d’avoir les éléments sur le sujet de réflexion que Martine Aubry avait négligés, lors d’une réunion du Conseil commun de la fonction publique, explique une syndicaliste : "L’un de ses arguments consistait à dire qu’elle voulait tordre le cou aux discours selon lesquels les agents ne foutent rien", ajoute-t-elle. "La ministre en avait parlé lors de réunions bilatérales avec les syndicats", renchérit "une source au sein de l’exécutif". Mais Valls n'est pas Ayrault.

Cerner les "dérives" et ficher les fainéants

Le fait d’avoir attribué la mission d’évaluation à Laurent "n’est pas une mauvaise chose", se félicite cette même syndicaliste anonyme, mais proche du gouvernement... En tant qu’élu local et président du CSFPT, il connaît très bien cette problématique et s’est souvent distingué par des prises de position en faveur des fonctionnaires, notamment en critiquant le maintien du gel du point d’indice. "Ce n’est pas un hasard si cette personnalité a été choisie", confirme "une source au sein de l’exécutif". Compte tenu de l’opinion favorable dont il bénéficie au CSFPT parmi les syndicats et les représentants d’employeurs publics, toutes obédiences confondues, Laurent devrait pouvoir mener son audit sans décevoir le pouvoir socialiste. Au passage, l'opposition de droite pourra difficilement accuser le gouvernement de procéder à une évaluation orientée ou partiale - quelle idée ! -puisqu’elle est réalisée par un alibi centriste tardif de l'UDI (depuis 2012), pour pouvoir se faire réélire à Sceaux, avec le soutien de l'UMP.

"Une source proche du dossier", si mystérieuse soit-elle, assure opportunément que les syndicats ont conscience de la nécessité de dresser un état des lieux. A la fois pour contrer les préjugés, qui s’affirment avec de plus en plus de force, et pour cerner les "dérives"qui peuvent exister, ici et là, dans les trois versants de la fonction publique (Etat, collectivités locales, établissements de santé ou médico-sociaux). Laurent aura à sa disposition l’inspection générale des Finances, l’inspection générale des Affaires sociales (connue pour son ardeur au travail), l’inspection générale de l’administration et l’inspection générale de l’Insee. Une masse inerte de matière grise qui ne sera pas inutile, si elle est parvient à se mettre en branle, tant sa mission s’annonce colossale.

Au final, les fonctionnaires pourraient être tentés de faire des heures dans la rue.