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mercredi 27 septembre 2017

Le chômage a poursuivi sa hausse en août 2017

La presse "indépendante" a passé cette hausse sous silence  
 Après la hausse de juillet, la hausse d'août... 

Résultat de recherche d'images pour "hausse du chomage"Nouvelle hausse forte du chômage après celle de juillet, déjà forte (1%), en métropole et en Outre-mer.

Le nombre de chômeurs a poursuivi sa courbe ascendante, +22.300, +0,6%, faisant 3,54 millions de victimes dans la seule métropole, a annoncé mardi le ministère du Travail. 
En incluant l’Outre-mer, le chômage augmente dans les mêmes proportions (+0,6%) pour un total de 3,80 millions de personnes, si on inclut seulement la catégorie A (sans activité) des inscrits sur les listes de Pôle emploi. 

Très fluctuant depuis le début de l’année, l’indicateur enchaîne deux mois de hausse pour la première fois en 2017. Le ministère du Travail recommande donc de "toujours privilégier les évolutions en tendance plutôt qu’au mois le mois"... Or, le nombre de chômeurs est en hausse de 46.300 (+1,3%) sur trois mois et de 73.300 (+2,1%) depuis le début de l’année en métropole. 
En revanche, l’indicateur baisse légèrement sur un an (-0,3%). 

La faute à "l'indicateur de Pôle emploi [qui] reste en berne", selon Le Point

Sur le seul mois d’août, les chiffres de Pôle emploi atteignent de nouveaux records en comptant - et pourquoi ne pas le faire - les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Leur nombre s'envole à 5,65 millions en métropole (+0,4 %) et 5,95 millions en France entière (+0,5 %). 
Hausse du chômage en août © AFP AFP
Document AFP que Le Point ne craindra pas
de décompter au nombre de vos consultations
En catégorie A, la hausse d’août frappe autant les jeunes que les seniors (+0,4%). +3,1% sur un an pour les "50 ans ou plus" confirment une tendance de fond, tandis que pour les "moins de 25 ans", la situation reste en amélioration sur un an (-5,2%). 

Le chômage de longue durée s'étend lui aussi, en hausse de 0,9% en août.
A la fin du mois, 2,49 millions de demandeurs d’emploi, petite activité comprise, étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an en métropole.

La croissance annoncée à 1,7 % par le gouvernement en 2017 peut-elle être encore atteinte ?

Le Point  conteste les chiffres de Pôle Emploi.
Image associée
Et de citer Bruno Ducoudré, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : "La hausse du chômage observée ces derniers mois par Pôle emploi est "difficilement compréhensible". Selon lui, cette détérioration n'est pas en phase avec "l'accélération de la croissance et des créations d'emplois". 
La-dite accélération serait-elle donc artificielle ? En février 2017, l'OFCE avait prévu une baisse importante du chômage pour les années à venir, atteignant 8,7 % pour 2019-2020, puis 7,7 % en 2022. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la tendance a du retard à l'allumage... Cette prévision de l'OCDE était déjà en contradiction avec une étude de l'UNEDIC de fin 2016, qui prévoyait une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. Tous les espoirs resteraient donc permis. C'est la position volontariste du Point.
A noter que, créé par l'Etat en 1981 au sein de la Fondation nationale des sciences politiques de Sciences Po, l'OFCE est présidé depuis juin 2014 par Xavier Ragot, ancien conseiller économique d'Arnaud Montebourg (ministre de l'Économie et du ...Redressement productif de mai 2012 à août 2014).
Hausse du chômage en août © AFP AFP
Bruno Ducoudré met en cause la baisse de charge du plan de formation des demandeurs d'emploi et la baisse des contingents de contrats aidés depuis juillet qui pourraient expliquer une partie de la hausse du chômage.
Le taux de chômage, mesuré par l'INSEE, une direction générale du ministère des Finances, a reculé de 0,5 point au premier semestre (jusqu'en juin, avant les hausses de juillet et août), pour s'établir à 9,2 % de la population active en métropole et à 9,5 % en France entière. Dans sa communication, le gouvernement, qui refuse de commenter les chiffres de Pôle emploi (son directeur général est nommé par le président de la République, actuellement un homme de Hollande), marque clairement sa préférence pour ce taux positif, seul thermomètre du chômage reconnu à l'international.

Il apparaît clairement que la ministre du Travail envisage de casser le thermomètre du chômage de Pôle emploi pour améliorer l’image de la situation
Suite à la publication des chiffres des inscrits à Pôle Emploi, le ministère du Travail a publié un communiqué, le premier du nouveau ministre, qui annonce assez clairement une prochaine modification du mode de mesure du chômage. Les termes ont été pesés :
"En s’appuyant sur les rapports de grande qualité déjà existants sur cette question, la ministre saisira dès les prochains jours les autorités et organismes compétents de façon à réfléchir, avec eux, aux moyens de mieux éclairer le débat public à l’avenir, dans un double objectif de pertinence et de transparences accrues." (Extrait du communiqué du 24 mai 2017).
La divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l'INSEE s'explique par le fait qu'ils ne mesurent pas le chômage de la même manière: Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes, alors que l'INSEE réalise une enquête auprès de 110.000 personnes. Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l'INSEE s'ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, certains jeunes, chômeurs pour l'INSEE mais inéligibles à l'assurance chômage, ne s'inscrivent pas à Pôle emploi. Des jeunes acceptent d'échapper aux statistiques de Pôle emploi, tandis que les seniors sont quantités négligeables pour l'INSEE.

S'il ne s'est fixé aucun objectif chiffré de baisse du nombre d'inscrits à Pôle emploi, le gouvernement vise un taux de chômage BIT (Bureau International du Travail) de 7 % à la fin du quinquennat. Il compte, pour y parvenir, sur ses ordonnances réformant le droit du travail, entrées en vigueur ce weekend, mais aussi sur son plan d'investissement dans les compétences, dont les grandes lignes ont été présentées lundi.

"Encore faudrait-il que des emplois soient créés", a réagi FO (Force ouvrière), pour qui "la relance de l'emploi passe avant tout par la reprise de l'activité économique." "Former c'est nécessaire, créer des emplois de qualité c'est mieux !" estime le syndicat.

vendredi 25 août 2017

Ça ne va toujours pas mieux pour le chômage (et les chômeurs...)

En juillet, le chômage a progressé dans toutes les catégories 

Les chiffres de Pôle emploi ne confirment pas la reprise économique prétendue

Résultat de recherche d'images pour "flexibilité"

Les statistiques de Pôle emploi (+1,0%) contredisent la proclamation d'une reprise de la croissance: 34.900 chômeurs désespérés supplémentaires sont allés pointer chez l’opérateur de Bercy en juillet , une forte hausse qui jette la suspicion sur la valeur des indicateurs économiques.  

Le mois dernier, le nombre de chômeurs (catégorie A) inscrits à Pôle emploi a atteint 3,52 millions en métropole et 3,78 millions en France entière, des niveaux inédits depuis l’été 2016. 
La hausse a principalement frappé les jeunes (+2,8%), malgré les offres d'emplois saisonniers et la promesse de Hollande de faire de la jeunesse sa priorité. Le président déchu n'a pourtant pas hésité à affirmer la veille que son successeur à l'Elysée a bénéficié de son bilan sur cinq ans...
La situation des seniors s’est d'ailleurs également détériorée (+0,3%). 

Le chômage de longue durée a lui aussi augmenté (+0,8%). 
Après les annonces de frémissements de la courbe de l'emploi par Michel Sapin, escroc au Travail (2012-2014) et à l'Economie (2017-2017), et au-delà des effets de yoyo de l’indicateur, mois après mois mois, la tendance est clairement à la hausse: c’est le cas sur trois mois (+1,3%) et depuis le début de l’année (+1,5%). 

L’indicateur est même en légère progression (+0,1%) sur un an, une première depuis mars 2016 : les campagnes présidentielle et législative sont pour beaucoup dans la soudaine surprise affichée par la presse et le silence au sommet de l'Etat. Emmanuel Macron n'a-t-il pas occupé le ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique d'août 2014 à août 2016 ?

Sur le seul mois de juillet, il enregistre également une forte hausse (+1,1%) en n'ignorant pas les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Il atteint 5,62 millions de personnes en métropole et 5,93 millions en France entière.   

La ministre du Travail ne communique pas sur cette aggravation 

Ces chiffres "ne reflètent pas bien l’évolution du marché du travail", estimait Muriel Pénicaud, peu après sa prise de fonctions. Elle a néanmoins promis de réaliser, à compter de fin août, un point trimestriel de tous les indicateurs du marché du travail. Mais son cabinet n'a toujours pas arrêté la date du premier rendez-vous. 

Comment les autres indicateurs du marché du travail auraient-ils pu tous passer au vert, à contre-courant des chiffres de Pôle emploi ? Des économistes ont indiqué qu'ils pourraient s'inscrire dans le sillage d’une croissance qui pourrait dépasser les 1,6% en 2017, mais ces devins-là sont passés aux abonnés absents. Pour le Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, son président, Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique de BFMTV, et Olivier Babeau, professeur d'économie, vice-président de la Fondation Concorde, avaient vu venir la reprise économique de la France mais, saisis d'un doute soudain le lundi 21 août 2017, leur scénario avait évolué face aux chiffres de l'emploi et des prévisions de croissance et à Hedwige Chevrillon, sur BFM Business.

Pôle emploi et l’INSEE divergent

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Selon l’Insee, officine de Bercy, le taux de chômage mesuré poursuivrait sa baisse. Seul indicateur du chômage reconnu à l’international, il a reculé de 0,1 point au deuxième trimestre, pour s’établir à 9,2% de la population active en métropole et à 9,5% en France entière. Il serait même en baisse de 0,5 point sur un an. 
Contre-intuitive, la divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l’Insee s’explique... Ils ne mesurent pas le chômage de la même manière ! Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes réelles d'entrées et de sorties, alors que l’INSEE réalise ...une enquête auprès de 110.000 personnes. Convaincant ?

Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l’Insee s’ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, chômeurs pour l’Insee mais inéligibles à l’assurance chômage, certains jeunes ne s’inscrivent pas à Pôle emploi. Les chiffres de Pôle emploi, eux, peuvent avoir été affectés par la baisse des prescriptions de contrats aidés au deuxième semestre, selon la presse macronienne: le gouvernement a décidé de réduire la voilure d’un dispositif qu’il juge "coûteux" et "pas efficace", et si l’enveloppe a été portée à 310.000 contrats aidés pour 2017, cela reste bien inférieur aux 459.000 conclus en 2016. A croire que les victimes salariées des suppressions de contrats aidés passeront devant Pôle emploi sans s'arrêter...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze (BFM Business)  prendre le parti de l'INSEE (Bercy) contre Pôle Emploi (ministère du Travail), au prétexte que ce dernier prend essentiellement en compte la 'catégorie A'. 
Le journaliste n'a simplement pas envisagé (le 27 juin dernier) que Pôle emploi doive plutôt fournir des statistiques bimestrielles et comportant l'ensemble des catégories et non pas seulement celle qui arrange le gouvernement. 
  
Le gouvernement fait le pari que ses réformes du marché du travail porteront leurs fruits ...sur le long terme 

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Les demandeurs d'emploi ne peuvent attendre, mais le président du MEDEF partage les espoirs du gouvernement à long terme. 
Pierre Gattaz a estimé que les mauvais chiffres de juillet rendent "d’autant plus urgente une réforme du droit du travail d’ampleur et ambitieuse"... 

Force ouvrière défend la thèse inverse. 
"Ces mauvais chiffres confirment l’échec des réformes qui flexibilisent les droits des salariés sans contreparties sur le terrain social", estime le syndicat dans un communiqué. 

La CGT a déploré des chiffres qui témoignent d’une hausse de la "précarité". 
Il est, selon la centrale, "plus que nécessaire de favoriser l’emploi à temps plein, afin que nous ne sombrions pas dans la pauvreté absolue comme le souhaitent le Medef et tous ces politiques assoiffés de pouvoir". 

Les réformistes de la CFDT, proche du pouvoir, mettent en cause l’annonce d’une baisse "très forte et brutale du nombre de contrats aidés pour l’année 2017 arrive donc complètement à contretemps, compte tenu du niveau toujours élevé du chômage, notamment de longue durée".

vendredi 10 juin 2016

Macron, cible du "terrorisme social" de l'extrême gauche

Emmanuel Macron à nouveau chahuté, à Nancy cette fois, pendant une "conférence"

On croyait Emmanuel Macron, au travail à Bercy

Mais sa présence n''est pas passée inaperçue de la gauche plus que "radicale" vendredi 10 juin à Nancy. Son discours au Forum mondial des matériaux a en effet été brièvement interrompue par un excité qui a crié au "terrorisme social". "Il faut évacuer la salle, il y a un risque de terrorisme social", a hurlé le schizophrène, avant de tenter de s'approcher du ministre et de se faire intercepter par le service de sécurité.

Mais l'individu a ensuite voulu offrir un bleu de travail à Emmanuel Macron.
Le militant faisait allusion à une précédente altercation entre plusieurs camarades de la CGT et le ministre fin mai à Lunel. L'un des deux syndicalistes CGT reproché à Macron d'être ministre en "costard". Le membre du gouvernement Valls avait répliqué: "Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".

Ce n'est pas en mettant un costard qu'on travaille. C'est en mettant un bleu de travail, je vous l'offre", a crié le partisan de la lutte des classes, en brandissant le vêtement. "Vous êtes un banquier ! Vous représentez une minorité de casseurs du droit du travail", a encore hurlé le marxiste en colère, alors que le service de sécurité l'évacuait.
Quand ils se déguisent en salariés, les vrais travailleurs y voient
une provocation

Interrogé sur l'incident, Emmanuel Macron a estimé qu'il s'agit d'"actes isolés", à prendre avec "calme", déplorant "l'excès dans certaines réactions". L'équipe de Hollande ne mesure en aucune façon la montée de l'exaspération dans le pays.

mardi 1 mars 2016

Réforme du code du travail: "petit zizi" se dégonfle et se rétracte

Le gouvernement réformiste recule et reporte sa loi travail 

Qualifié de "pantin, petit zizi", trouillard" au Salon de l’Agriculture, Valls reporte en effet le débat parlementaire de quinze jours

"Le gouvernement se donne deux semaines supplémentaires pour revoir sa copie," raconte Le Monde ! Manuel Valls, le premier ministre, a annoncé, lundi 29 février, que la présentation du projet de loi réformant le code du travail qu'il fait porter par El Khomri sera reportée d’une "quinzaine de jours". Le texte, pourfendu par les syndicats et une partie de la gauche, y compris dans le parti présidentiel, sera présenté en conseil des ministres le 24 mars, et non le 9 mars comme prévu. Cela ne "change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial", mais c'est le premier ministre qui l'assure. Rien ne presse.

Valls a même assuré être ouvert à la discussion pour "corriger ce qui doit l’être".
Il s’exprimait au Salon de l’agriculture :
Il admet que ce qu'il n'a pas fait avant, il le fera finalement sous la pression, tout en accusant ses adversaires de ne comprendre rien à rien : "Il faut lever un certain nombre d’incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte." Manuel Valls est un incompris.

Valls tente de donner le sentiment qu'il maîtrise encore la situation

Mais "petit zizi" n'a pas grand chose en main.
Les agriculteurs l'ont souligné au Salon International de l'Agriculture:

Valls veut "se réserver la possibilité de changer [le texte] si besoin était", a commenté le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Le premier ministre a toutefois nié tout recul : "Le recul, ce serait abandonner le texte." Ce report vise à "faire bouger le texte sans revenir sur ses grands principes", faisaient savoir plus tôt des sources gouvernementales anonymes.

Valls a dit qu’il consultera "l’ensemble des partenaires sociaux, organisations syndicales et organisations patronales, les unes après les autres", à partir de la semaine prochaine. Il a précisé qu’il s’agira ensuite de "pouvoir les réunir", avec Myriam El Khomri, la ministre du Travail, et Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, "pour restituer le débat". Ainsi, Valls ne serait responsable d'aucun blocage...   

L’annonce du report du projet de loi va permettre des discussions pour "obtenir des avancées", s’est aussi félicitée lundi soir Corinne Narassiguin, porte-parole du PS, citant quelques "points de crispation très clairs" dans le projet de loi, comme sur la question des licenciements économiques ou la question du plafonnement des indemnités aux prud’hommes. "Sur ces questions-là, nous devons avancer, mais ce n’est pas parce qu’il y a certains points qui ont besoin d’être améliorés qu’il faut décider que l’on doit retirer le projet tout entier", a argumenté la porte-parole.

Elle a par ailleurs précisé que la ministre du Travail sera reçue mercredi par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, et interviendra devant le Conseil national du PS lundi prochain. Mais, la mère-porteuse du projet a eu un malaise mardi, la veille, alors qu'une rencontre avec Jean-Claude Mailly (FO) était également inscrite à son agenda.
La Loi El Khomri est morte, vive la Loi... quoi ?

Valls ne se croyait pas si petit
Le gouvernement tente une nouvelle embrouille. Lundi, il a en effet gommé la référence libérale dans l’intitulé du texte. Le Monde, organe officieux du PS, y a vu le"signe d’un infléchissement", du même ordre, sans doute, que le "redressement de la courbe du chômage". Le "projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs" devient ainsi, dans un communiqué diffusé par Matignon, "avant-projet de loi sur les nouvelles protections pour les entreprises et les salariés". 
"Le Gouvernement souhaite que la cohérence, l’ambition et l’équilibre de ce projet puissent être partagés par le plus grand nombre et que le débat public se noue sur les enjeux de fond et sur la réalité de ce que ce texte contiendra," lit-on dans la déclaration gouvernementale. 
On le voit, ce document de communicants attache moins d'importance au contenu qu'à la rhétorique et ainsi le mot "actifs "disparaît-il donc aussi, au profit de "salariés", plus marqué à gauche.

La nouvelle posture de Valls sur la méthode révèle surtout sa fragilisation. Jusqu’à présent, l’exécutif avait en effet opté pour un discours de fermeté extrême. Un entretien de la ministre du travail aux Echos, le 17 février, avait mis le feu aux poudres. "Nous prendrons nos responsabilités", avait déclaré M. El Khomri, interrogée sur un possible recours à l’article 49-3 (adoption d’un texte sans vote parlementaire, sauf motion de censure) pour faire passer ce texte en force, comme ce fut déjà le cas pour la loi Macron en 2015.

Pourquoi cet "infléchissement", cette "nouvelle posture" et ce "changement de ton," vantés par Le Monde ?
C'est que la menace d'un nouveau coup de force, avant même le dépôt du projet de loi au Parlement, avait suscité une forte opposition au sein du Parti socialiste, déjà fortement divisé sur le vote de la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande, et comprenant la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes et délits terroristes.
Dans une tribune très critique, publiée le 24 février par Le Monde, Martine Aubry avait dénoncé un "affaiblissement de la France" et d'"impasse" auxquels mènerait la politique de Hollande et Valls. Le premier ministre était au passage pointé pour son "indécent discours de Munich", dans lequel il avait critiqué la politique d’Angela Merkel envers les réfugiés.

Fait inédit depuis 2013, le projet a rassemblé une dizaine d’organisations contre lui 

Sur le front syndical, ce "petit report" (Le Monde) avant la présentation en Conseil des ministres avait été réclamé dimanche par Laurent Berger (CFDT). "Il faut repartir sur une concertation", avait prôné ce syndicat proche du PS, peu satisfait d’un texte que les syndicats accusent de laisser trop de place à la "flexibilité" et aux décisions "unilatérales de l’employeur", au détriment des salariés. "Les points avancés par Berger sont à prendre en compte", jugeait lundi matin une "source gouvernementale" inconnue.

Une intersyndicale d’une dizaine d’organisations  a dénoncé "un projet élaboré sans réelle concertation"
Elle réunit la CFDT, Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), Confédération générale du travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), union syndicale Solidaires (SUD), Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Union nationale des étudiants de France (UNEF), Union nationale lycéenne (UNL, qui n'est pas un "syndicat") et Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL, qui n'est pas non plus un syndicat) –. 
Une pétition en ligne avait recueilli plus de 785.000 signatures, lundi après-midi, contre ce projet de loi .

"La réforme doit rester très ambitieuse," insistent les créateurs d'emploi

De leur côté, les organisations patronales ont estimé lundi que le report de la présentation du projet de loi sur le travail va permettre de "faire de la pédagogie", mais les syndicats patronaux ont procédé à la mise en garde du gouvernement contre tout "affadissement" du texte sous la pression d'une "fronde" d’une partie de la gauche. "La réforme doit rester très ambitieuse", a exhorté un porte-parole du Medef, principal syndicat patronal.

Un message relayé par François Asselin, numéro un de la CGPME, organisation représentant les petites et moyennes entreprises, qui a dit sa crainte d'un retour en arrière". "A force de vouloir faire de la France un eldorado social, on va en faire un désert économique", a-t-il regretté.

Le "p'tit zizi" se dégonfle
Le parti Les Républicains estime qu’avec ce report "on assiste à l’implosion en direct de la majorité". "On verra si un texte est présenté [au Parlement], on est très désireux de discuter de ce projet article après article", a déclaré lundi Guillaume Larrivé, porte-parole du parti. Selon lui, "il y a urgence à modifier les paramètres du droit du travail pour permettre aux entreprises d’embaucher plus facilement". 
Les Républicains sont "favorables au principe de la loi El Khomri", mais souhaitent aller "plus loin", a rappelé Eric Woerth, le secrétaire général du parti.

mardi 23 février 2016

Valls, prêt à reculer sur sa réforme du droit du travai, portée par El Khomri

Le projet de réforme du droit du travail pourra être amendé sous la pression des syndicats et de la gauche radicale 

Valls est prêt à céder en rase campagne sur le projet de réforme du marché du travail

Alors qu'il sera présenté le 9 mars au Conseil des ministres, Valls veut faire taire les critiques des syndicats réformistes et s'assurer de son vote au Parlement.
Dévoilé la semaine dernière, ce texte porté par une femme de paille, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, a été accueilli par une salve de critiques des syndicats et d'une large partie de la gauche, qui le jugent trop favorable aux entreprises, au détriment des salariés.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a assuré mardi qu'il ira "jusqu'au bout" de ce qui sera probablement la dernière grande réforme du quinquennat.
Mais il n'a pas précisé au prix de quelles compromissions, que laissent percer les propos de plusieurs ministres ou d'autres sources gouvernementales, qui se défaussent d'abord sur le Conseil d'Etat, auquel le texte a été soumis. Prié de dire si ce projet de loi pourrait être modifié d'ici le 9 mars, un membre du gouvernement a répondu: "Bien entendu, sinon ce n'est pas la peine d'avoir le Conseil d'Etat."

Myriam El Khomri s'est pour sa part assouplie mardi, en marge d'une visite dans le Val-de-Marne, à Rungis, qu'il ne s'agit encore que d'un "avant-projet de loi" dont la version consolidée ne serait connue que le 9 mars.
"La loi n'a pas encore été présentée en conseil des ministres", a-t-elle expliqué à des journalistes. "Je suis ouverte au dialogue, j'entends, il y a des questions qui sont légitimes, auxquelles il faut tout à fait répondre."

Michel Sapin a dénoncé la confusion créée par ses opposants

Son homologue des Finances, qui l'accompagnait à Rungis, a été plus radical,
affirmant que ce texte "n'existe pas" tant qu'il n'a pas été présenté en conseil des ministres: "Comme [il] n'existe pas, [il] peut bouger", a lâché Michel Michou Sapin.

"Donc il faut éviter la confusion ; il faut ensuite se polariser sur les quelques sujets qui sont (...) aujourd'hui les plus délicats et les plus difficiles", a-t-il ajouté."Il faut sur ces sujets-là écouter les organisations syndicales."

Selon une source gouvernementale, deux points du projet de loi doivent évoluer pour convaincre la CFDT, principal syndicat réformiste, de le soutenir.
Il s'agit du plafonnement des indemnités prud'homales pour licenciement abusif et de la définition des causes pouvant justifier des licenciements économiques, deux dispositions souhaitées par le patronat, mais unanimement rejetées par les syndicats, qui se retrouvaient mardi soir au siège de la CGT.

vendredi 19 février 2016

Réforme du droit du travail: Valls et Hollande envisagent un passage à la hussarde

Myriam El Khomri n'exclut pas d'utiliser le 49.3 pour imposer la loi auquel son nom restera attachée

La ministre du Travail a brandi la menace du 49.3, une procédure d'évitement des représentants du peuple.

Face à la levée de boucliers à gauche suscitée par le projet de réforme du code du travail du gouvernement, faire passer son projet de loi sans vote, avec l'article 49.3,  c'est "prendre ses responsabilités", selon la ministre socialiste. Malgré une majorité de gauche à l'Assemblée, l'article 49.3 pourrait être nécessaire au passage du projet de loi du gouvernement sur la réforme du code du travail.
VOIR et ENTENDRE le député Hollande estimer en ...février 2006 que "le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière de freiner ou d'empêcher le débat parlementaire":
Commémoration prochaine des 10 ans des propos brutaux de Hollande ?

Myriam El Khomri 
laissera-t-elle son nom à une loi passée en force ? 

La ministre du Travail a pour mission de convaincre les parlementaires des bienfaits de la réforme du droit du travail qu'elle endosse. Titulaire, comme tous les militants socialistes, d'un DESS reçu d'une université militante, elle n'était pas préparée à cette responsabilité. C'est précisément parce qu'il lui fallait une innocente, à sa main et aux dents longues, que Valls a poussé au front cette tirailleuse marocaine. Et, sans hauteur de vie ni recul, sa marionnette semble tout-à-fait investie, à l'aveugle, dans la tâche, si ingrate soit-elle, d'"acheter à un Juif pour revendre à un Ecossais". 
Dans un entretien aux Echos paru jeudi 18 février, Myriam El Khomri l'affirme franco: "Nous voulons convaincre les parlementaires de l'ambition de ce projet de loi. Mais nous prendrons nos responsabilités", annonçant un débat parlementaire "nourri, car il y a un changement de philosophie important". 
Réforme du code du travail: ce que la loi El Khomri va changer

L'exécutif socialiste est prêt à récidiver. 
Les futurs président Hollande et premier ministre Ayrault
brandissant une pancarte en dépit du réglement de l'Assemblée
Prendre ses responsabilités en langage gouvernemental, c'est avoir recours à l'article 49.3, qui permet une adoption sans vote des élus du peuple. "Nous voulons faire avancer le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits réels et rendre les entreprises plus compétitives", ajoute-t-elle. Le gouvernement y avait notamment eu recours pour la loi Macron.
En 2008, alors député de l'Essonne, Manuel Valls avait signé un amendement dans lequel il était indiqué que "seuls des textes très particuliers, tels le projet de loi de finances ou le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, doivent pouvoir être adoptée par la voie de l'article 49, alinéa 3". Si cet amendement avait été adopté, le Premier ministre de 2015 aurait dû passer par un vote pour faire adopter la loi Macron...
La ministre du Travail récite aujourd'hui des éléments de langage, estimant que le gouvernement "ne considère pas les mini jobs allemands ou les contrats zéro heure anglais comme des modèles, bien au contraire", et lâche des phrases creuses : "nous ne vivons pas dans un monde clos et nous devons nous aussi évoluer". 

La facilitation des efforts des entreprises est suspecte à gauche 
Présenté le 9 mars en Conseil des ministres et examiné en avril à l'Assemblée nationale, ce projet de loi vise à "améliorer la compétitivité des entreprises, développer et préserver l'emploi, réduire la précarité du travail et améliorer les droits des salariés", énumère-t-elle, tranquillement, bien que ces objectifs, même pris séparément, paraissent hors de portée. 
La ministre observe des blocages. "Il y a des blocages dans notre société, il faut faire confiance à la négociation collective dans les entreprises et dans les branches, pour les lever, en se basant sur les besoins du terrain". Yapuka...

Le projet transmis au Conseil d'Etat, réaffirme des grands principes.
Citons le salaire minimum, le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) et les 35 heures. Mais il consacre la liberté de l'entreprise pour l'aménagement du temps de travail, instaure des référendums d'entreprises et prévoit un plafonnement des indemnités prud'homales en cas de contestation d'un licenciement. Si les entreprises verront sans doute ces mesures d'un bon oeil, certains déplorent un cadre trop favorable aux employeurs, mais pourtant en faveur de la reprise de l'activité économique.



mercredi 19 août 2015

Travail dominical: les syndicats contre les zones concernées

Ouverture des magasins le dimanche à Paris: les syndicats contre les zones concernées 

Les syndicats du commerce parisien (CGT, SUD, Unsa, CFDT) ont protesté lundi
contre le projet de décret délimitant les futures zones touristiques internationales (ZTI) dans la capitale, y voyant la preuve que l'objectif de la loi Macron est la "généralisation du travail du dimanche". Ces syndicats, rassemblés au sein du Clic-P (Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris, fondé en 2010), indiquent qu'ils ont "pris connaissance des projets de décrets délimitant les futures ZTI parisiennes et désignant les gares dans lesquelles les commerces seront autorisés à employer des salariés le dimanche". 

Ces projets comportent à Paris "12 zones et la quasi-totalité des gares"
Ils s'étendent "bien au-delà des périmètres de fortes fréquentations touristiques internationales qui ont servi de prétexte à l'élaboration de la loi" Macron, souligne le Clic-P. 
Le comité relève que "l'ensemble des centres commerciaux parisiens sont également inclus dans le périmètre des ZTI", comme les centres "Beaugrenelle [ci-contre, dans le 5e arrondissement), Bercy 2, Italie 2, qui ne sont pas précisément connus pour leur affluence touristique internationale". 
Pour les syndicats  parisiens du commerce qui ont manifesté à plusieurs reprises contre le projet de loi Macron, cela montre que ce texte emblématique du gouvernement avait "pour objectif la généralisation du travail du dimanche dans le commerce, le tourisme international ne constituant qu'un artifice de communication". 

Le Clic-P note aussi que même si " 'l'amendement FNAC' [chaîne de magasins DE distribution de produits culturels créée par François Pinault en 1963] a été retoqué lors du deuxième passage de la loi à l'Assemblée nationale", le PDG de l'enseigne Alexandre Bompard "obtient finalement satisfaction puisque tous les magasins parisiens de l'enseigne [FNAC] se retrouvent dans les ZTI". Cet amendement, voté par le Sénat avant d'être repoussé, stipulait que "les commerces de détail de biens culturels peuvent déroger à la règle du repos dominical en attribuant le repos par roulement". "Il ne s'agit en aucun cas de la généralisation de l'ouverture des commerces le dimanche, puisque ces zones proposées correspondent seulement à 6% de la surface de la capitale", a réagi lundi le cabinet du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. "Toutes ces zones correspondent à des zones de transport important avec une forte présence hôtelière et des monuments qui participent à la fréquentation touristique de Paris," rétorque Macron. 

"Nous sommes dans une phase de concertation avec les élus locaux. Cette carte a été soumise pour avis aux acteurs. Les zones proposées correspondent aux trois critères définis par la loi, maintient la à savoir le rayonnement international des zones, l'affluence des touristes résidant hors de France et l'importance de leurs achats", a dit la porte-parole du ministère. "Le principe qui définira l'ouverture des commerces le dimanche sera bien l'accord au sein de chaque entreprise", a-t-elle assuré. 
La loi Macron sur la croissance et l'activité a été promulguée et publiée le 7 août au Journal officiel, un peu plus de 24 heures après la décision du Conseil constitutionnel de valider l'essentiel du texte. Elle donne notamment l'autorisation d'ouverture des magasins neuf dimanches par an (puis douze à partir de 2016) à la discrétion du maire et tous les dimanches, ainsi que le soir jusqu'à minuit, dans les nouvelles ZTI. La mise en place des ZTI doit faire l'objet d'un décret ministériel, avant qu'un arrêté ministériel n'en précise les contours.

Le 15 juillet 2015, le Canard Enchaîné est passé à l'offensive, révélant qu'Alexandre Bompard - un ex de Canal+ - toucherait en 2015 un complément de salaire de 11,6 millions d'euros, soit un quart du bénéfice net du groupe pour l'année 2014, en sus de sa rémunération annuelle (qui s'élève en 2014 à 1,8 millions d'euros). Début 2014, la FNAC a annoncé la fermeture en France de deux magasins "Format périphérie."

Clic-P, le collectif qui fait trembler les commerces

Son nom claque comme un slogan publicitaire, mais c'est la bête noire des supérettes parisiennes et de plusieurs grandes enseignes implantées dans les quartiers chics de la capitale. Elle a fait rendre gorge aux Apple Stores, à Uniqlo et à une kyrielle de magasins qui ne respectaient pas la réglementation sur les horaires d'ouverture. Dans le débat sur le travail de nuit et le repos dominical, ce collectif se distingue par la guérilla judiciaire qu'il poursuit sans relâche depuis trois ans. Mais son action est contestée par des salariés, désireux d'être employés après 21 heures ou le dimanche.

Le Clic-P a vu le jour en février 2010 pour contre-carrer l'adoption de la "loi Mallié", du nom d'un député UMP des Bouches-du-Rhône qui l'avait portée: ce texte accordait de nouvelles possibilités aux commerces de détail pour accueillir les clients le dimanche.
A l'époque, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, avait lancé une consultation sur le sujet, associant syndicats de salariés et organisations d'employeurs. "Il y avait un lobbying patronal très fort pour étendre les autorisations d'ouverture dominicale, raconte Karl Ghazi (CGT), l'un des "animateurs" de Clic-P. La seule façon d'inverser la tendance, c'était de rassembler nos forces et de nous battre ensemble. Les salariés demandaient que cesse le chauvinisme d'étiquette, dans un secteur où le syndicalisme est faible."

Six syndicats locaux ont décidé de s'allier: la CFDT -(proche du PS), la CFE-CGC, la CFTC, la CGT (proche du PCF), Force ouvrière (FO) et les trotskistes de SUD. Le Clic-P s'est d'abord attaqué à des supérettes parisiennes ouvertes tout le dimanche, dans l'illégalité la plus complète. Des magasins Franprix, Monop', Carrefour City, G20 ont été condamnés à fermer leurs portes à 13 heures, le septième jour.  Puis l'offensive s'est élargie au non-alimentaire et à de prestigieuses enseignes qui souhaitaient recevoir du public, tard le soir. Le BHV et les Galeries Lafayette du boulevard Haussman ont dû ainsi renoncer à leurs nocturnes, en 2012.
Au sein du comité, il y a de fortes têtes dont certaines sont en conflit ouvert avec leurs instances nationales. Entre l'union syndicale CGT du commerce de Paris et sa fédération, par exemple, les relations sont exécrables : en 2012, la seconde a coupé ses financements à la première. 
Le syndicat CFTC, qui faisait partie du Clic-P, a été exclu par sa confédération : "Il refusait de respecter nos règles internes de fonctionnement", justifie Patrick Ertz, président de la fédération CFTC du commerce. Depuis, le banni a rejoint l'UNSA.
Une première lézarde est apparue, lorsque FO a annoncé qu'elle se retirait de l'intersyndicale et qu'elle suspendait les actions judiciaires qui allaient être engagées : "Nous ne sommes plus sur la même longueur d'ondes avec le Clic-P en termes de stratégie? mais cela ne veut pas dire que nous sommes en opposition avec lui", nuancee Christophe Le Comte, secrétaire fédéral adjoint de FO-employés et cadres.

Le Clic-P a été la cible de vives critiques, en particulier d'une partie du personnel du magasin Sephora sur les Champs-Elysées:
ces salariés reprochent à l'intersyndicale d'être à l'origine d'une décision judiciaire qui les empêche aujourd'hui de travailler après 21 heures – et de percevoir du même coup des rémunérations majorées. Leur avocate, Me Joëlle Aknin, considère qu'"il y a un vrai clivage entre la vision passéiste du travail, défendue par le Clic-P, et la conception plus ouverte". Le problème n'est pas là, objecte Laurent Degousée (SUD), mais dans le faible niveau des rémunérations et l'ampleur de l'emploi à temps partiel au sein du commerce de détail, qui poussent les salariés à accepter des horaires atypiques en contrepartie d'un coup de pouce sur le bulletin de paye.
Les employés de Sephora, qui sont volontaires pour travailler la nuit, "ne sont pas sur une île déserte", argumente Ghazi: l'extension du travail nocturne conduit à la "dérégulation des temps sociaux" (crêches, transports en commun…). Dans cette affaire, conclut Eric Scherrer (UNSA), c'est aussi "l'ordre public social" qui est en jeu : le droit du travail est fondé sur des mécanismes de protection applicables à tous les actifs; ils n'ont pas à être remis en cause au motif que, ici ou là, des salariés sont prêts à y déroger.