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lundi 11 mars 2019

Grand débat : 4 thèmes n'ont pu être évacués

Le pouvoir macronien devra faire avec, admet Lecornu sur RTL

Le ministre chargé des Collectivités territoriales a eu un premier aperçu des contributions des Français lors du grand débat.

De nouveaux thèmes ont émergé que Macron avait tenté d'écarter.
Le grand débat tire à sa fin, le 15 mars, théoriquement, car Macron veut jouer les prolongations. Ce qui, en même temps, donne un supplément de temps pour traiter les contributions des Français. Le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a déjà eu un aperçu des demandes des citoyens. 

D'autorité, l'exécutif avait fixé 4 grands thèmes : la transition écologique, la fiscalité, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'Etat et des services publics. 

"Quatre autres thèmes ont fait leur apparition", selon Sébastien Lecornu 

Ces thèmes, que Macron avait mis à la porte, sont entrés par la fenêtre et se sont invités, comme Lecornu à RTL. 
"Evidemment, l'emploi et l'économie. C'était assez logique", concède rétrospectivement le ministre. 
"Les questions d'immigration, entendue au sens de l'intégration", a-t-il interprété, renonçant à l'assimilation.
"Le pouvoir d'achat", dont l'affaiblissement, notamment du fait de la taxe gouvernementale sur les carburants, a jeté dans la rue les Gilets jaunes pendant déjà 17 samedi, sans compter quelques dimanches.
Enfin "les questions liées à l'éducation" sont très plébiscitées : "la revalorisation du métier d'enseignant - à la veille de deux scrutins -, la place de l'école, l'accès à l'école dans les milieux ruraux", énumère en termes généraux le visiteur de RTL. 

Malgré l'absence de chiffres précis sur les résultats du grand débat, Sébastien Lecornu arrive néanmoins à dégager de l'écheveau un fil conducteur: "l'accès aux soins", qui s'est imposé en ligne, dans les cahiers de doléances, lors des réunions et des débats entre citoyens et avec les maires.

Lecornu s'est vu imposer ces quatre thèmes dont ne comprend pas qu'ils aient pu être ignorés jusqu'ici. Ce recul de Lecornu et de ses maîtres montre à quel point les maîtres du jeu sont impréparés.   

Le trentenaire n'avait-il pas déjà fait montre d'incompétence et d'un manque grave de discernement
en favorisant l'ancrage de Benalla dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie en 2009 ?

lundi 17 septembre 2018

Macron pousse un jeune jardinier au chômage à se recycler dans... l'hôtellerie-restauration

Battu en 2022, Macron se réorientera-t-il à Pôle Emploi ?

De quel droit Macron pousse-t-il un jeune jardinier chômeur vers l'hôtellerie-restauration ?

Il suffit de "traverser la rue" pour trouver un emploi dans cette branche, assure le président de la République. L'hôtellerie-restauration est en effet l'un des secteurs qui offrent de nombreuses opportunités, mais il souffre d'une image d'exigence qui ne convient pas au premier venu rencontré dans les jardins de l'Elysée.

"Je traverse la rue, je vous trouve un travail," lance Macron, satisfait de lui, à un jeune chômeur qui l'interpelle au cours de la visite des jardins de l'Elysée, lors des Journées du patrimoine. Le jeune homme, qui manifeste un intérêt évident pour les métiers de l'horticulture, au point de consacrer son dimanche à la découverte des parterres fleuris du palais présidentiel, s'est fait échauder par le président par défaut et ré-orienter d'office, en un tour de bêche. La difficulté du jeune homme à trouver l'emploi d'horticulteur qui lui plairait n'a pas fait mouche sur le locataire des lieux qui considère que ses concitoyens, ces "gens qui ne sont rien", sont des pions interchangeables. Les animaux des abattoirs ont des sentiments, mais les chômeurs en ont-ils ? 

Jupiter a une solution toute trouvée pour tout...
D'après la dernière enquête sur les besoins de main-d'œuvre en 2018, réalisée par Pôle emploi, l'hébergement et la restauration prévoyaient cette année 286.642 recrutements, faisant de cette branche le deuxième pôle de recrutement national, comme le souligne l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih). Le secteur est d'ailleurs prêt à signer 100.000 embauches "tout de suite", dont la moitié en CDI, assure Roland Héguy, président de l'Umih.

La personne humaine peut-elle s'épanouir dans n'importe quelle métier ? La recherche d'emploi n'est peut-être pas aussi simple que l'expérience qu'en a l'ex-banquier.  "Je traverse la rue, je vous trouve un travail," lance Macron à un jeune chômeur inquiet de son avenir.

Les métiers les plus recherchés sont ceux où les candidats sont plusieurs sur la même offre de travail, notamment garçon de café ou serveur de restaurant (troisième métier le plus recherché, tous secteurs confondus), aide et apprentis de cuisine ou encore cuisiniers. Ces emplois sont particulièrement recherchés en Provence-Alpes-Côte d'Azur (45.383 projets de recrutements), Auvergne-Rhône-Alpes (41.510) et Ile-de-France (39.301). Problème: selon les employeurs, 50% de ces projets d'embauche s'accompagnent de "difficultés" (8 points de plus qu'en 2017). 

A l'inverse, parmi les difficultés à l'embauche,  l'Umih cite "la pénurie de candidat" et "l'inadéquation des profils avec les besoins du secteur". Ces difficultés se font nettement ressentir pour les postes de chefs cuisiniers, maîtres d'hôtel et cuisiniers.

Les problèmes de recrutement sont anciens dans l'hôtellerie-restauration et c'est particulièrement vrai cette année. Selon l'Umih, 50.000 emplois de saisonniers ne trouvaient pas preneurs cet été. "Depuis deux, trois ans, nous sommes confrontés à cette difficulté, mais cette année, la pénurie de saisonniers est historique", confiait récemment Hervé Becam, président confédéral de l'Umih. Cet été, un restaurant réputé dans l'Aude avait justement fait parler de lui en annonçant sa fermeture, faute de salariés.

Castaner défend la réaction de Macron face à un chômeur : "Vous préférez la langue de bois ?"

La question ou non de 'langue de bois' n'est pas le sujet. 



Des migrants pour travailler

Un cumulard vante les propos irresponsables de Macron sur le chômage.
Invité sur le plateau du 'Grand Jury' RTL-Le Figaro-LCI, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le parlement est revenu sur les propos du président face à un jeune homme sans emploi dimanche, mais Castaner a fait un hors sujet. Il a servi le poisson de la table 13 à la table 1 qui a commandé de la viande. 
Le délégué général de LaRem, Christophe Castaner, a défendu le langage de "vérité" du président conseilleur de ce jeune chômeur"Je préfère un président de la République qui dit la vérité", a-t-il commenté.

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L'hôtellerie-restauration sert souvent les plats tout chauds au gouvernement pour mettre en lumière le paradoxe du marché du travail français où le taux de chômage reste élevé (9,1%), mais où des entreprises peinent à recruter. L'argument lui a largement servi lors des débats sur la réforme de la formation et de l'apprentissage.
Mais malgré tous les efforts de communication sur ces opportunités d'emplois dans l'hôtellerie-restauration, les chômeurs ne se précipitent pas. Bas salaire, précarité (avec un usage accru de CDD), horaires décalés, importante charge de travail, mauvaises perspectives d'évolution… 

Castaner a toutefois modéré ses applaudissements, estimant que l'exemple illustrait la nécessité de la formation pour réorienter les personnes dans l'impasse.  "Le mépris, c'est de traiter les gens par l'allocation : moi, je suis pour l'émancipation", a-t-il ajouté. L'image du secteur n'attire pas. Peut-on exiger de certains d'entre eux, diplômés dans d'autres filières - comme le jeune horticulteur interpellé par Emmanuel Macron - de se projeter comme plongeur au fond d'un café du XIXe arrondissement de Paris… 

Cet été, les représentants de l'hôtellerie-restauration ont d'ailleurs fait pression sur le gouvernement pour qu'il facilite le recrutement de migrants  - somaliens ou érythréens ? - dans ces métiers. "Les restaurateurs et les hôteliers sont dans les 'starting-blocks'. On attend maintenant du gouvernement qu'il donne des papiers à ces personnes. La formation, le boulot, on est là pour les fournir", avait affirmé dans Le Parisien Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants (GNI) hôtellerie-restauration. Il ne précisait néanmoins pas pour quel salaire et quelle durée...
Des propos relayés par Roland Héguy, le président de l'Umih, sur franceinfo: "la priorité, c'est qu'on est capable d'accueillir tout le monde à partir du moment où ils sont en situation de pouvoir travailler. Après, peu importe s'ils sont migrants ou réfugiés".

samedi 2 septembre 2017

GM&S : l’unique offre de reprise est "insuffisante", oppose le personnel

Macron n'est "pas le Père Noël" : la "forte implication de Bercy" a calé

L'action gouvernementale auprès des constructeurs ne saurait garantir "une reprise sereine et pérenne" 

Alors que le tribunal de commerce de Poitiers doit se prononcer lundi sur l’offre de reprise, le personnel de l’équipementier creusois GM&S Industry a réaffirmé vendredi que l’offre de reprise est "insuffisante" sur le plan de l’emploi.  
A trois jours de l’audience qui pourrait entériner la reprise par l’emboutisseur GMD –seule offre ferme– et en l’état des engagements de PSA et Renault (principaux clients de GM&S), le Comité d’entreprise considère que, l’offre est "largement insuffisante quant au nombre de postes conservés", soit 120 sur les 277 qui font de GM&S le deuxième employeur privé de Creuse. 

"Seul un plan social digne de ce nom, éventuellement abondé par divers intervenants", serait de nature à mettre fin à cette "injustice criante", estime le CE, évoquant la "casse sociale énorme" et les répercussions sur le bassin d’emploi

L’offre de GMD "n’assure en aucune façon la pérennité à long terme du site, que seule une diversification" aurait pu permettre, résume le CECelui-ci réitère aussi son avis, formulé depuis des mois, que l’offre de GMD "n’est pas satisfaisante du point de vue industriel". Et qu’une fois écoulés les cinq ans des garanties de commandes de PSA et Renault, le site deviendra un "simple atelier d’emboutissage", dont les constructeurs pourront décider la fermeture. 

En difficultés financières depuis des années après d’éphémères reprises, GMS avait été placé en liquidation fin juin, au terme de mois de manifestations, blocages et tractations, qui en ont fait un dossier social chaud des derniers mois du gouvernement Cazeneuve, puis des premiers mois du gouvernement Philippe, "grâce à la mobilisation des salariés", rappelle le CE. 

Les syndicats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils continueront leurs actions

Indépendamment de la décision du tribunal, ils réclament "un niveau d’emploi repris revu à la hausse" et "une meilleure prise en charge des blessés" (licenciés), en terme d’indemnités extra-légales, d’accompagnement, de formation

Dans un courrier remis jeudi à l’Elysée, ils en ont appelé au président Macron pour intervenir sur ces points. 
Le 8 juin 2017,  face à une foule hostile et inquiète qui l'avait assailli de questions, le président Macron en déplacement à Bellac, Haute-Vienne, n'avait pas assumé, alors que les salariés de GM&S apprenaient qu'aucune offre de reprise n'avait été déposée pour leur site, et bien qu'il ait été ministre de l'Economie de Hollande pendant deux ans (août 2014- août 2016). Promettant de faire "le maximum"Emmanuel Macron avait toutefois rappelé, non sans légèreté hautaine, qu’il n’est "pas le Père Noël".

CGT et FO soulignent que le personnel a voté mardi à 70% pour la poursuite des actions, et lancent un appel à manifester lundi au tribunal de Commerce de Poitiers.

samedi 3 décembre 2016

L'emploi en zone euro au plus haut depuis juillet 2009. Et en France?

En France, l'emploi est au plus bas depuis juillet 2009  

L'Union européenne connaît une embellie sur le front de l’emploi 

Le taux de chômage dans la zone euro a atteint, en octobre, son plus bas niveau depuis juillet 2009, selon les chiffres publiés par Eurostat. 
Il s‘établit à 9,8 % en recule de 0,1 point par rapport au mois précédent, selon un chiffre révisé à la baisse.
 
Pour le deuxième mois consécutif, le chômage se situe donc en dessous du seuil symbolique des 10 % dans l’ensemble des pays utilisant la monnaie unique européenne. 

La France est en dessous de la moyenne européenne 

Son taux de chômage s'élève à 9,7 % en octobre, très loin derrière l’Allemagne, toujours première de la classe, avec un chômage à 4,1%, le plus bas depuis la réunification. A l’opposé, la Grèce (23,4%) et l’Espagne (19,2%) affichent toujours les taux les plus élevés. 
Hollande a fait pire en 3,5 années -sans la crise économique internationale de 2008- que Sarkozy en 5 ans, avec... La Tribune attribue cet échec à "la malédiction" qui se serait abattue sur le quinquennat du "bras cassé".
Le chômage en France qui était, fin octobre, proche de son record (3,591 millions en février 2016), reste supérieur de 556.000 au niveau du début du quinquennat, fin mai 2012.
Pas d'embellie non plus côté croissance économique, qui atteindra péniblement cette année 1,3%, du même ordre qu'en 2015.

mardi 1 mars 2016

Réforme du code du travail: "petit zizi" se dégonfle et se rétracte

Le gouvernement réformiste recule et reporte sa loi travail 

Qualifié de "pantin, petit zizi", trouillard" au Salon de l’Agriculture, Valls reporte en effet le débat parlementaire de quinze jours

"Le gouvernement se donne deux semaines supplémentaires pour revoir sa copie," raconte Le Monde ! Manuel Valls, le premier ministre, a annoncé, lundi 29 février, que la présentation du projet de loi réformant le code du travail qu'il fait porter par El Khomri sera reportée d’une "quinzaine de jours". Le texte, pourfendu par les syndicats et une partie de la gauche, y compris dans le parti présidentiel, sera présenté en conseil des ministres le 24 mars, et non le 9 mars comme prévu. Cela ne "change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial", mais c'est le premier ministre qui l'assure. Rien ne presse.

Valls a même assuré être ouvert à la discussion pour "corriger ce qui doit l’être".
Il s’exprimait au Salon de l’agriculture :
Il admet que ce qu'il n'a pas fait avant, il le fera finalement sous la pression, tout en accusant ses adversaires de ne comprendre rien à rien : "Il faut lever un certain nombre d’incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte." Manuel Valls est un incompris.

Valls tente de donner le sentiment qu'il maîtrise encore la situation

Mais "petit zizi" n'a pas grand chose en main.
Les agriculteurs l'ont souligné au Salon International de l'Agriculture:

Valls veut "se réserver la possibilité de changer [le texte] si besoin était", a commenté le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Le premier ministre a toutefois nié tout recul : "Le recul, ce serait abandonner le texte." Ce report vise à "faire bouger le texte sans revenir sur ses grands principes", faisaient savoir plus tôt des sources gouvernementales anonymes.

Valls a dit qu’il consultera "l’ensemble des partenaires sociaux, organisations syndicales et organisations patronales, les unes après les autres", à partir de la semaine prochaine. Il a précisé qu’il s’agira ensuite de "pouvoir les réunir", avec Myriam El Khomri, la ministre du Travail, et Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, "pour restituer le débat". Ainsi, Valls ne serait responsable d'aucun blocage...   

L’annonce du report du projet de loi va permettre des discussions pour "obtenir des avancées", s’est aussi félicitée lundi soir Corinne Narassiguin, porte-parole du PS, citant quelques "points de crispation très clairs" dans le projet de loi, comme sur la question des licenciements économiques ou la question du plafonnement des indemnités aux prud’hommes. "Sur ces questions-là, nous devons avancer, mais ce n’est pas parce qu’il y a certains points qui ont besoin d’être améliorés qu’il faut décider que l’on doit retirer le projet tout entier", a argumenté la porte-parole.

Elle a par ailleurs précisé que la ministre du Travail sera reçue mercredi par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, et interviendra devant le Conseil national du PS lundi prochain. Mais, la mère-porteuse du projet a eu un malaise mardi, la veille, alors qu'une rencontre avec Jean-Claude Mailly (FO) était également inscrite à son agenda.
La Loi El Khomri est morte, vive la Loi... quoi ?

Valls ne se croyait pas si petit
Le gouvernement tente une nouvelle embrouille. Lundi, il a en effet gommé la référence libérale dans l’intitulé du texte. Le Monde, organe officieux du PS, y a vu le"signe d’un infléchissement", du même ordre, sans doute, que le "redressement de la courbe du chômage". Le "projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs" devient ainsi, dans un communiqué diffusé par Matignon, "avant-projet de loi sur les nouvelles protections pour les entreprises et les salariés"
"Le Gouvernement souhaite que la cohérence, l’ambition et l’équilibre de ce projet puissent être partagés par le plus grand nombre et que le débat public se noue sur les enjeux de fond et sur la réalité de ce que ce texte contiendra," lit-on dans la déclaration gouvernementale. 
On le voit, ce document de communicants attache moins d'importance au contenu qu'à la rhétorique et ainsi le mot "actifs "disparaît-il donc aussi, au profit de "salariés", plus marqué à gauche.

La nouvelle posture de Valls sur la méthode révèle surtout sa fragilisation. Jusqu’à présent, l’exécutif avait en effet opté pour un discours de fermeté extrême. Un entretien de la ministre du travail aux Echos, le 17 février, avait mis le feu aux poudres. "Nous prendrons nos responsabilités", avait déclaré M. El Khomri, interrogée sur un possible recours à l’article 49-3 (adoption d’un texte sans vote parlementaire, sauf motion de censure) pour faire passer ce texte en force, comme ce fut déjà le cas pour la loi Macron en 2015.

Pourquoi cet "infléchissement", cette "nouvelle posture" et ce "changement de ton," vantés par Le Monde ?
C'est que la menace d'un nouveau coup de force, avant même le dépôt du projet de loi au Parlement, avait suscité une forte opposition au sein du Parti socialiste, déjà fortement divisé sur le vote de la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande, et comprenant la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes et délits terroristes.
Dans une tribune très critique, publiée le 24 février par Le Monde, Martine Aubry avait dénoncé un "affaiblissement de la France" et d'"impasse" auxquels mènerait la politique de Hollande et Valls. Le premier ministre était au passage pointé pour son "indécent discours de Munich", dans lequel il avait critiqué la politique d’Angela Merkel envers les réfugiés.

Fait inédit depuis 2013, le projet a rassemblé une dizaine d’organisations contre lui 

Sur le front syndical, ce "petit report" (Le Monde) avant la présentation en Conseil des ministres avait été réclamé dimanche par Laurent Berger (CFDT). "Il faut repartir sur une concertation", avait prôné ce syndicat proche du PS, peu satisfait d’un texte que les syndicats accusent de laisser trop de place à la "flexibilité" et aux décisions "unilatérales de l’employeur", au détriment des salariés. "Les points avancés par Berger sont à prendre en compte", jugeait lundi matin une "source gouvernementale" inconnue.

Une intersyndicale d’une dizaine d’organisations  a dénoncé "un projet élaboré sans réelle concertation"
Elle réunit la CFDT, Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), Confédération générale du travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), union syndicale Solidaires (SUD), Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Union nationale des étudiants de France (UNEF), Union nationale lycéenne (UNL, qui n'est pas un "syndicat") et Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL, qui n'est pas non plus un syndicat) –
Une pétition en ligne avait recueilli plus de 785.000 signatures, lundi après-midi, contre ce projet de loi .

"La réforme doit rester très ambitieuse," insistent les créateurs d'emploi

De leur côté, les organisations patronales ont estimé lundi que le report de la présentation du projet de loi sur le travail va permettre de "faire de la pédagogie", mais les syndicats patronaux ont procédé à la mise en garde du gouvernement contre tout "affadissement" du texte sous la pression d'une "fronde" d’une partie de la gauche. "La réforme doit rester très ambitieuse", a exhorté un porte-parole du Medef, principal syndicat patronal.

Un message relayé par François Asselin, numéro un de la CGPME, organisation représentant les petites et moyennes entreprises, qui a dit sa crainte d'un retour en arrière". "A force de vouloir faire de la France un eldorado social, on va en faire un désert économique", a-t-il regretté.

Le "p'tit zizi" se dégonfle
Le parti Les Républicains estime qu’avec ce report "on assiste à l’implosion en direct de la majorité". "On verra si un texte est présenté [au Parlement], on est très désireux de discuter de ce projet article après article", a déclaré lundi Guillaume Larrivé, porte-parole du parti. Selon lui, "il y a urgence à modifier les paramètres du droit du travail pour permettre aux entreprises d’embaucher plus facilement"
Les Républicains sont "favorables au principe de la loi El Khomri", mais souhaitent aller "plus loin", a rappelé Eric Woerth, le secrétaire général du parti.

mardi 26 janvier 2016

Sur l'emploi, Hollande, pas mieux que sa ministre el-Khomri sur le CDD ?

Hollande s'est planté sur la durée de l'indemnisation chômage: bourde ou manipulation ?

La presse militante n'a pas ébruité la boulette commise par le chef de l'État lors de la présentation de son plan pour l'emploi, lundi 18 janvier.
Vers une indemnisation du chômage raccourcie 
et son montant amputé ?
Le 'bras cassé' avait pourtant préparé son discours ! C'était rédigé... Il avait bien pesé chaque mot. Le texte a bien dû être lu et relu une bonne dizaine de fois par plusieurs de ses éminents collaborateurs, experts et analystes de haute volée. 

Mais, tout porte à croire que l'"audacieux" foudre de guerre et "protecteur des Français" s'est malgré tout planté. L'erreur,  supposée ou réelle, officiellement propagée lundi 18 janvier sous les ors de l'Elysée, a aussitôt été minimisée en "approximation". "Je rappelle qu'en France, la durée d'indemnisation (du chômage) est la plus longue d'Europe", a-t-il clamé lors de ses vœux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi. 

En fait, ce que raconte Hollande est faux. 

Dans notre pays, cette durée pour les moins de 50 ans est de vingt-quatre mois (et jusqu'à 36 mois d'indemnisation pour les plus de 50 ans), comme en Espagne ou au Danemark. Au Pays-Bas, elle court jusqu'à trente-huit mois.  
VOIR et ENTENDRE non pas le lapsus, mais la bourde présidentielle:



Hollande : « En France, la durée d... par publicsenat

Quoi qu'en pensent les services "compétents de l'Elysée, c'est donc aux Pays-Bas que la durée d'indemnisation chômage est la plus longue
. En France, comme au Danemark (état-providence) et en Allemagne, cette durée peut aller jusqu'à 24 mois). En Belgique, la durée d'indemnisation est illimitée (le chômeur touche une allocation dégressive pendant 48 mois, puis une aide forfaitaire sans durée).

Quant au montant de l'aide aux chômeurs, il ne permet pas davantage au socialiste Hollande de vanter les vertus de sa politique sociale, si on considère le taux de remplacement net. Il s'agit en substance de la part de son ancien salaire que touche un demandeur d'emploi. Dans les premiers mois de chômage, cette part atteint 90% au Danemark, 75% aux Pays Bas, l'Espagne ou la Belgique font aussi mieux que la France, où le taux est plafonné à 57% de l'ancien salaire.

Ca sert à quoi que le service public emploie Antoine Krempf à "scruter, décortiquer et vérifier la parole publique" dans son 'Vrai du Faux' sur France Info, si il n'ergote que sur les propos de l'opposition.

Le président est en fait pris en flagrant délit de mensonge 

Il a une mauvaise intention derrière la tête. 
Pour favoriser le retour à l’emploi, Macron veut modifier les règles d'indemnisation chômage et à Davos Manuel Valls a souhaité une "réforme ambitieuse" de l'indemnisation chômage.

Le ministre des Relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen, a parlé d'une nécessité de se montrer courageux face à la question des allocations Paul Emploi (comprendre Pôle Emploi). "Un peu pour des raisons financières, mais aussi pour mobiliser plus de moyens pour la formation des chômeurs, il est assez vraisemblable qu'il faut un petit peu changer les paramètres de notre assurance chômage", a-t-il déclaré sur la chaîne Public Sénat mardi 12 janvier. Cette idée avait déjà été évoquée par Manuel Valls il y a un an.
VOIR et ENTENDRE Jean-Marie Le Guen assurer qu' il faut "un p'tit peu changer les paramètres":

Hollande joue-t-il à l'idiot du village ?

Le montant de l'allocation est compris entre 57 et 75% du salaire brut et c'est trop, selon le patronat qui réclame notamment une dégressivité progressive des aides. "Cela peut inciter les demandeurs d'emploi à rentrer plus vite sur le marché du travail. Tous les pays en Europe qui ont mis en place un système incitatif, à savoir dégressif, retrouvent une mobilité au niveau du marché", selon François Asslin, président de la CGPME. 

La proposition est rejetée par les syndicats alors qu'une réforme des assurances chômage doit être négociée au printemps.
Le 18 janvier, Hollande manipulait donc l'opinion en présence des acteurs économiques satisfaits et avec la complicité des analystes proches du pouvoir et des décrypteurs sourds et muets de la presseL'indemnisation du chômage va-t-elle être revue à la baisse?

mardi 19 janvier 2016

Après le CICE, encore un plan de Hollande contre le chômage: "trop peu, trop tard", selon la presse

Si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal...
Déjà incrédules avant l'annonce du plan d'urgence contre le chômage et après tant de promesses de solutions magiques, dont le CICE, la presse est restée sur sa faim mardi après le discours de François Hollande lundi. Comme Valls avait mis la pression au patronat sur "la nécessité de jouer le jeu" du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), alors qu'on attend toujours le bilan, depuis janvier 2013 qu'il est entré en vigueur (trois ans !), Hollande a encore cherché à impliquer la responsabilité des chefs d'entreprises dans ses échecs.

De "rien ne va plus" à "trop peu, trop tard", les éditorialistes ne s'en laissent plus conter

La "détermination" à gogo de Ayrault et la "fermeté" de Valls, ont laissé des séquelles et le tout "urgence" partout n'est pas davantage mobilisateur.  

"Quatre mots, au fond, suffisent à résumer ce énième plan d'urgence pour l'emploi : trop peu, trop tard", lâche Jean-Francis Pécresse des Echos qui reconnaît quelques avancées en estimant que "pour l'essentiel, c'est bien à une opération de dissimulation que se livre le chef de l'exécutif."

Denis Daumin de La Nouvelle République du Centre Ouest, clame que "rien ne va plus !" depuis que François Hollande a décoffré "deux gros milliards, comme au casino," en rappelant que "c'est le sort d'un demi-million de chômeurs qui est en jeu."

A Raymond Couraud dans L'Alsace, le président présentant son plan est apparu "comme le joueur malchanceux jette son ultime jeton sur le tapis vert du casino" et affirme que quoi qu'il arrive "il sera soupçonné de mieux défendre son emploi que ceux de ses compatriotes."

Pour François Ernenwein de La Croix, "son bilan sur l'emploi" reste le "talon d'Achille" du chef de l'État qui a "tenté une difficile synthèse entre les exigences du Medef et l'immobilisme prêté aux syndicats."

De son côté, dans les lignes de Patrick Apel-Muller L'Humanité déplore que François Hollande ait "retenu les propositions les plus libérales de son ministre de l'Économie, celles qui le mettent en harmonie avec Pierre Gattaz, pour présenter des propositions contre le chômage, qui détruiront l'emploi."

Bruno Dive regrette dans Sud-Ouest que "François Hollande ait donc choisi de recourir aux bons vieux tours de magie que tous les gouvernements nous servent depuis un quart de siècle".

Hervé Chabaud de L'Union a du mal à y croire : "les mêmes recettes qui ont échoué par le passé sont cuisinées à une autre sauce  avec un autre vocabulaire sans qu'on discerne ce qui, dans cette vieille boîte à outils, a désormais des vertus miraculeuses."
Enfin, Alain Dusart de L'Est Républicain se demande avec ironie, mais compassion, si : "François Hollande envisage de tourner un remake français de "Mission impossible" ", et plus sérieusement : "s'il croit lui-même au scénario de son "plan pour l'emploi" avec lequel il espère transformer plusieurs centaines de milliers de chômeurs en figurants spectateurs de sa fin de quinquennat." 
Il était temps, en effet, d'envisager le sort que Hollande réserve à ses victimes.

lundi 18 janvier 2016

Sur l'emploi , "on ne peut plus faire de pirouettes", prévient Lienemann

La gauche du PS cherche plus que jamais à écarter Hollande

Figure bougonne de l’aile gauche du PS,
la sénatrice de Paris défend le "plan de relance" pour l'emploi de son courant "Maintenant la gauche".
Lienemann (2e depuis la gauche), Maurel et Placé (au centre) et Guedj (debout)

Devant le quotidien Libération, elle menace  à nouveau de se porter candidate, en cas d’organisation d’une primaire à gauche.
Ce courant du PS, fondé en 2012, regroupe différents mouvements, une partie du courant Un Monde d'Avance (Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj, Marianne Louis, Marie-Noëlle Lienemann), le mouvement Utopia (Franck Pupunat), et le mouvement de Gérard Filoche, à travers le texte de la motion 3, intitulé 'Maintenant La Gauche'. Son inspiration est issu du socialisme démocratique et du fédéralisme européen. Il rassemble 13,7 % des voix et 9 membres au bureau national du PS (Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Marianne Louis, Jérôme Guedj, Gérard Filoche, Julien Dray, Anne Ferreira, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas). 
La sénatrice de Paris juge "fumeuses" les propositions emplois de François Hollande  

Pourquoi ce 'plan de relance', lui demande Libération?

Parce que nous considérons que
les mesures proposées par François Hollande ne sont pas suffisantes. Sa politique de l’offre ne marche pas. Elle n’a pas créé de demande et nous disons depuis le début que la solution pour relancer l’économie française est de soutenir la demande intérieure. Nous proposons un plan qui nous permettrait d’atteindre 2% de croissance à la fin de l’année et donc de réussir à faire baisser le chômage.

Comment ?

En augmentant le pouvoir d’achat et les investissements. D’abord, nous proposons une hausse immédiate du salaire minimum. Les entreprises ont reçu 40 milliards d’euros d’aides depuis 2012; elles peuvent faire aujourd’hui un effort sur les bas salaires. Nous estimons qu’il est aujourd’hui indispensable d’augmenter le Smic de 10%. C’est de l’argent que les ménages les plus modestes dépensent et donc réinjectent dans l’économie. Plus le niveau de vie des ménages est bas, plus ils consomment français. 
Ensuite, nous proposons une meilleure indemnisation des demandeurs d’emploi, un allongement d’un an de leur durée d’indemnisation pour éviter qu’ils ne tombent dans la précarité et aient plus de mal à retrouver du travail. 
Nous souhaitons rendre plus facile le chômage partiel pour les petites et moyennes entreprises, revaloriser et élargir les prestations sociales, rendre la CSG plus progressive. 
Côté investissements, nous proposons de financer une prime à l’achat de logements neufs pour les ménages modestes, de doubler progressivement les aides à la pierre, d’augmenter les moyens de la recherche et de l’enseignement supérieur et d’accélérer la transition énergétique. Nous avons chiffré ce plan à 12 milliards d’euros.

Le gouvernement vous dirait que vous "rasez gratis" !

Mais nous avons aussi calculé les ressources qui nous permettraient de financer ce plan ! Si on annule la
suppression de la contribution exceptionnelle de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises et que le gouvernement revient sur la suppression de la C3S [contribution sociale de solidarité des sociétés], c’est 4 milliards d’euros de récupéré. Et si on se réfère aux calculs des économistes du FMI, 12 milliards d’euros de dépenses budgétaires en plus nous rapporteraient 9,5 milliards d’euros de recettes.

Que pensez-vous des propositions que s’apprête à faire François Hollande sur l’emploi ?

C’est assez fumeux. Sur l’apprentissage, cela fait deux ans que je dépose des amendements lors des examens de lois de finances. A chaque fois, on me les a retoqués… Le choix pour un chef d’entreprise de prendre un jeune en apprentissage est lié à sa confiance en l’avenir. Or, sans carnet de commandes plein, pas d’apprenti. Il faut à la fois mieux rémunérer l’apprenti, pour qu’il se sente motivé, et que son salaire couvre ses frais. Il faut aussi que ce soit très peu coûteux pour les petites entreprises et qu’on les accompagne dans la paperasse. 
Par ailleurs, si on veut mener une politique de long terme, il faut réorganiser les filières d’apprentissage et mettre en place des quotas pour les entreprises. Jean-Louis Borloo avait proposé que ce soit une condition pour toucher le CICE [Crédit d’impôt compétitivité emploi], ce n’est pourtant pas un gaucho !

Et sur le plan de formation pour 500 000 chômeurs ?

Où va-t-on trouver l’argent pour ça? Si c’est pour leur faire faire des stages bidons, ça ne sert à rien. Le problème des emplois non pourvus est surtout que, souvent, ce sont des CDD hypercourts qu’on leur propose!

Pour vous ce n’est pas à la hauteur pour régler le problème du chômage…

Non. Cela va surtout permettre d’
envoyer des gens en stage et - miracle ! - il y aura moins de chômeurs… Les gens ne sont pas dupes. En matière d’emploi, on ne peut plus faire de pirouettes, il faut un vrai changement d’orientation.

Que pensez-vous de l’appel lancé dans Libération pour une primaire à gauche?

Je suis très pour! Je défends cette idée-là depuis longtemps et j’ai donc signé cet appel. Nous avons besoin d’un très large rassemblement de toute la gauche avant le 1er tour de la présidentielle. François Hollande lui-même avait dit en son temps qu’il se plierait à un tel exercice et qu’il ne pourrait s’y soustraire. A moins que ce soit, encore une fois, une promesse qu’il ne tient pas. La primaire, ce n’est pas un processus de désignation conjoncturel mais bien structurel. D’autant plus que les résultats du 1er tour seront décisifs. Les appels au vote utile ne suffiront plus…

Vous seriez partante pour être candidate ?

J’ai toujours dit que si une telle primaire s’organisait, je serai candidate. Ce qui m’importe, c’est le fond, porter nos idées. Mais j’estime incarner une détermination, une expérience gouvernementale et une cohérence dans ce que je porte de très longue date au sein de la gauche. Nous devons porter la République sociale et une certaine vision de l’Europe. J’estime avoir cette légitimité.