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samedi 14 décembre 2019

Retraites : l' "âge pivot" à 64 ans vacille

L'"âge d'équilibre" à 64 ans est devenu "négociable" ...

Les policiers et gendarmes ont ouvert une brèche dans la digue

 C'est une sous-fifre du gouvernement qui annonce le mollissement du quadra. La secrétaire d'Etat auprès de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, a lâché samedi que l'âge pivot à 64 ans pour la retraite est "négociable", soulignant que les négociations restaient
ouvertes. 
L'âge pivot à 64 ans, le premier ministre "ne dit pas que c'est absolu, que ce n'est pas négociable, il dit c'est une proposition, c'est négociable et notre porte est ouverte", a déclaré sur BFMTV, la condisciple à l'ENA d'Alexis Kohler, donnant le signal de la débandade au sommet de l'Etat.
"Ce n'est pas une question de recul, c'est une question d'objectif, a raconté la secrétaire d'Etat. Le nouvel "objectif" (!), c'est "qu'au départ les jeunes ne partent pas avec un système déséquilibré parce qu'on leur mentira. Il y a différentes façons de le faire, et nous il nous semble que la meilleure façon c'est cet âge pivot", a-t-elle assuré.

 "Le Premier ministre a indiqué que si on veut faire une réforme systémique jusqu'au bout, il faut qu'elle soit équilibrée, c'est-à-dire qu'on ne démarre pas en faussant les paramètres, en permettant à ceux qui sont les plus âgés de partir tranquillement, quand les plus jeunes n'ont aucune garantie que leur retraite sera financée, parce qu'en fait on triche dès le début", a-t-elle ajouté. 

Pannier-Runacher, chargée d'assumer le déshonneur

Résultat de recherche d'images pour "Pannier-Runacher""Notre main est tendue", a-t-elle déclaré. On ne parle plus de discussions: on en est à des négociations. Des négociations vont avoir lieu "en début de semaine", a-t-elle indiqué, après avoir évoqué les discussions qui se sont déroulées vendredi: "Lorsqu'on négocie avec la SNCF et que la CGT ne vient pas à la table des négociations bilatérales, c'est un constat (...), il faut être deux pour négocier". Un appel du pied à la CFDT qui se veut syndicat de dialogue.

"Nous travaillons aussi pour faire partir les Français à Noël, pour que les trains fonctionnent", et que les fêtes de Noël soient "les plus sereines possibles", a ajouté la secrétaire d'Etat. Dans le même temps, les chaînes de radio et de télévisions aux mains d'hommes d'affaires matraquent les Français de reportages décrivant la galère des Franciliens face aux grèves des transports contre le projet de réforme inéquitable et flou des retraites.

Le gouvernement tente depuis jeudi de faire revenir la CFDT à la table des négociations. Il avait rompu le dialogue lorsque, parmi ses annonces, Edouard Philippe a évoqué un "âge d'équilibre", forme déguisée de l'"âge pivot" maquillé par les apprentis de l'Elysée en sémantique, mais la confédération ne veut pas en entendre parler, même sous la forme d'une instauration progressive qui permettrait d'atteindre l'âge de départ à la retraite à 64 ans en 2027, assorti d'un système de bonus/malus qui pénalise les carrières chaotiques (les femmes et les accidentés de la vie).

vendredi 23 novembre 2018

Incohérence : le gouvernement reporte la vignette poids lourds

Une décision politicienne prise sous la pression du contexte de mobilisation des "gilets jaunes"

Le gouvernement a décidé le recul de l'instauration d'une vignette poids lourds

Face aux "gilets jaunes", le gouvernement recule sur la vignette poids lourds

La mesure de taxation était pendante depuis plusieurs mois, mais Macron veut éviter que les routiers rejoignent les "gilets jaunes" et se prive d'une recette de 500 millions d'euros par an,  récupérable sur les automobilistes. 

Ce recul du gouvernement a été décidé jeudi soir et, jusqu'à nouvel ordre, soit aux calendes grecques. Les 500 millions d'euros que devait rapporter chaque année cette vignette poids lourds devaient permettre de faire des travaux sur les infrastructures routières. Le projet, qui attend depuis des mois dans les cartons du ministère des Transports, prévoyait des tarifs en fonction de la taille des camions.

Mais dans le contexte de mobilisation des "gilets jaunes" contre la hausse des taxes sur les carburants, le gouvernement choisit de renvoyer la mesure à une date ultérieure, tout en n'abandonnant pas l'idée, officiellement.

Une mesure politiquement risquée

L'instauration d'une vignette poids lourds  "serait suicidaire" actuellement, admet un élu de la majorité, évidemment anonymé. Il faut donc éviter que les routiers rejoignent en masse les barrages. "On n'est pas dans l'urgence", selon les mots d'un proche du dossier, tout aussi flouté (ou imaginé). On n'est pas dans l'urgence, juste sous la pression du mouvement de colère populaire.

La vignette poids lourds ne s'appliquerait plus avant 2020, car il n'y aurait pas besoin de nouvelles recettes d'ici là, malgré la dégradation avancée du réseau routier que chacun peut constater. 
Mais la macronie continue de nous asséner des contre-vérités  : l'entretien et la rénovation des routes ne serait pas une urgence ! 
Mais il manquera ensuite 500 millions d'euros par an, sauf si le gouvernement décide de renoncer à des travaux jugés importants, comme par exemple des mises à deux fois deux voies de certains axes routiers.

Un élu dont l'identité est top secret suggère toutefois de réexaminer certains projets. D'autres s'interrogent sur le principe même de cette vignette, rejetée en bloc par les fédérations de transporteurs. Ces dernières restent prudentes : selon elles, le report de la vignette ne signifie pas forcément l'abandon du projet.

lundi 31 juillet 2017

Irrité par l'indigence de ses ministres, Macron passe aux menaces

"C'est du pipi de chat", vos notes, aurait lancé Jupiter à ses ministres  

Emmanuel Macron a violemment taclé les ministres de son gouvernement

 
Confronté à une chute de sa popularité, à des polémiques et des cafouillages en série, le président de la République a mis en garde ses collaborateurs du gouvernement  lors du conseil des ministres du 12 juillet, tandis que les analystes s'accordent en outre à juger son premier ministre faible et peu maître des événements et des hommes.

La cote de popularité du président issu de la société civile est en forte baisse en juillet, avec 54 % de satisfaits, soit dix points de moins qu’en juin, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. Le Premier ministre Edouard Philippe enregistre également un reflux de huit points sur la même période, passant de 64 % à 56 % de satisfaits.

Tous les maux du chef de l’Etat seraient causés par l'équipe qu'il a lui-même constituée autour d'Edouard Philippe. A propos des notes qui lui sont transmises, "c’est du pipi de chat, ce qui me remonte actuellement de certaines de vos notes", leur aurait déclaré Emmanuel Macron, rapporte Le Figaro
La colère de Jupiter est d'autant plus vive qu'il avait vanté son recrutement de jeunes startupers qui devaient changer la face de la France, par la fraîcheur de leur vision et leur envergure entrepreneuriale.

"Vous verrez, dans six mois, si vous continuez, vous aurez disparu" 

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La pythie de l'Elysée leur prédit d'ailleurs un funeste avenir s’ils persévèrent dans cette voie. "Ne vous laissez pas enfermer dans le confort des documents rédigés par vos administrations. Certes, cela peut vous paraître sympathique et confortable de vous placer entre leurs mains. Mais vous verrez, dans six mois, si vous continuez, vous aurez disparu", aurait tonné Jupiter.

Le chef de l’Etat n'assume pas sa part de responsabilité. Il cherche toutefois à reprendre la main et revoit "sa méthode", assure Le Figaro. 
Sa cote de confiance a encore baissé : une chute de 8 points en un mois (et de neuf pour Philippe) confirmée par un sondage Harris Interactive diffusé vendredi 28 juillet depuis son arrivée à l'Elysée à la mi-mai, dans un contexte d'annonces de réduction des APL et de réforme de la CSG.
51 % des personnes interrogées qui lui font confiance "pour mener une bonne politique pour la France".

La cote de popularité d'Emmanuel Macron avait déjà connu une lourde chute, évaluée par un sondage Ifop publié le week-end dernier et il perd notamment 14 points auprès des sympathisants des Républicains, dont une part, les Constructifs, est représentée au gouvernement Philippe, selon cette enquête réalisée pour le site Délits d'Opinion.
Les poids lourds du gouvernement ne font plus non plus illusion.
Cette baisse concerne également les principaux membres du gouvernement, avec une chute de 8 points pour Nicolas Hulot (59%) ou encore de 5 points pour Jean-Yves Le Drian (54%) et de 40% pour Bruno Le Maire A l’inverse, d'autres, comme le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer (37%, +2), malgré le scandale des APB et du tirage au sort des bacheliers candidats à l'Université lequel est imputable à Najat Vallaud-Belkacem,  ou celle de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal (30%, +3), comblent en partie leur déficit de notoriété et voient leur cote progresser.Parmi les autres personnalités politiques, les premières difficultés de l'exécutif semblent profiter à Jean-Luc Mélenchon, qui gagne 4 points à 32% d'opinions favorables, loin derrière l'invisible et inaudible Alain Juppé toujours en tête de classement malgré un recul à 43%, (-1). 
Le Premier ministre enregistre, lui, une chute encore plus marquée, avec 49% d'opinions positives et 50% des Français ne lui faisant pas confiance.
Avec 24% des voix au premier tour, Macron connaît un revers prévisible de fortune.

lundi 8 août 2016

"C'est l'été de tous les reculs de l'écologie," dénonce Duflot, ex-ministre de Hollande

Cécile Duflot s'en est prise au gouvernement et à Emmanuel Macron

La députée écologiste de Paris par la grâce du PS et ancienne ministre a pointé un "été de tous les reculs" pour l'écologie
,
Invité de France Info ce lundi matin, Cécile Duflot a dénoncé une "offensive anti-écologistedu  gouvernement, selon elle : "C'est l'été de tous les reculs de l’écologie". "On supprime les trains de nuit, en même temps qu’on développe des bus", regrette notamment la députée EELV de Paris, isolée dans son parti.

"Entre le discours et les actes en matière d’écologie, c’est là qu’existe le gouffre," selon Cécile Duflot. "Nous sommes dans un mode de développement insoutenable" et il existe, dit-elle, des dispositions législatives, comme la loi sur la transition énergétique, pour mieux protéger l’environnement. Mais d’après elle, c’est aujourd’hui "une loi de papier".

Elle a également dénoncé la position du ministre de l'Economie Emmanuel Macron 

Pour lui, le nucléaire "est non négociable et un outil de souveraineté". "On a relancé le projet très coûteux du Lyon-Turin, alors qu’on sait très bien qu’on a des projets beaucoup moins coûteux en matière de ferroviaire", a ajouté l’ancienne ministre du logement.

Nianshou, ou Nian, animal maléfique 
à tête de lion et corps de taureau,
dans le folklore chinois
Députée de Paris sur un siège gagé par le PS, l'élue réclame un changement de modèle en faveur "d’un scénario 100% énergies renouvelables." Il permettrait de créer 800.000 à 900.000 emplois, selon une étude macro-économique de l’ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) rendue publique fin juin "dans une relative discrétion", rappelle Cécile Duflot. 

L'écologiste radicale conclut : "Ce quinquennat est en train de devenir un quinquennat gâché pour l'écologie, malgré l'accord de Paris" signé lors de la COP 21.
Bien qu'elle passe pour être l'actuelle ministre de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer, Marie-Ségolène Royal serait-elle un monstre de papier, un fantoche ?

mardi 1 mars 2016

Réforme du code du travail: "petit zizi" se dégonfle et se rétracte

Le gouvernement réformiste recule et reporte sa loi travail 

Qualifié de "pantin, petit zizi", trouillard" au Salon de l’Agriculture, Valls reporte en effet le débat parlementaire de quinze jours

"Le gouvernement se donne deux semaines supplémentaires pour revoir sa copie," raconte Le Monde ! Manuel Valls, le premier ministre, a annoncé, lundi 29 février, que la présentation du projet de loi réformant le code du travail qu'il fait porter par El Khomri sera reportée d’une "quinzaine de jours". Le texte, pourfendu par les syndicats et une partie de la gauche, y compris dans le parti présidentiel, sera présenté en conseil des ministres le 24 mars, et non le 9 mars comme prévu. Cela ne "change pas grand-chose par rapport au calendrier parlementaire initial", mais c'est le premier ministre qui l'assure. Rien ne presse.

Valls a même assuré être ouvert à la discussion pour "corriger ce qui doit l’être".
Il s’exprimait au Salon de l’agriculture :
Il admet que ce qu'il n'a pas fait avant, il le fera finalement sous la pression, tout en accusant ses adversaires de ne comprendre rien à rien : "Il faut lever un certain nombre d’incompréhensions, il faut expliquer, répondre à toute une série de fausses informations qui sont données sur ce texte." Manuel Valls est un incompris.

Valls tente de donner le sentiment qu'il maîtrise encore la situation

Mais "petit zizi" n'a pas grand chose en main.
Les agriculteurs l'ont souligné au Salon International de l'Agriculture:

Valls veut "se réserver la possibilité de changer [le texte] si besoin était", a commenté le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Le premier ministre a toutefois nié tout recul : "Le recul, ce serait abandonner le texte." Ce report vise à "faire bouger le texte sans revenir sur ses grands principes", faisaient savoir plus tôt des sources gouvernementales anonymes.

Valls a dit qu’il consultera "l’ensemble des partenaires sociaux, organisations syndicales et organisations patronales, les unes après les autres", à partir de la semaine prochaine. Il a précisé qu’il s’agira ensuite de "pouvoir les réunir", avec Myriam El Khomri, la ministre du Travail, et Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, "pour restituer le débat". Ainsi, Valls ne serait responsable d'aucun blocage...   

L’annonce du report du projet de loi va permettre des discussions pour "obtenir des avancées", s’est aussi félicitée lundi soir Corinne Narassiguin, porte-parole du PS, citant quelques "points de crispation très clairs" dans le projet de loi, comme sur la question des licenciements économiques ou la question du plafonnement des indemnités aux prud’hommes. "Sur ces questions-là, nous devons avancer, mais ce n’est pas parce qu’il y a certains points qui ont besoin d’être améliorés qu’il faut décider que l’on doit retirer le projet tout entier", a argumenté la porte-parole.

Elle a par ailleurs précisé que la ministre du Travail sera reçue mercredi par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, et interviendra devant le Conseil national du PS lundi prochain. Mais, la mère-porteuse du projet a eu un malaise mardi, la veille, alors qu'une rencontre avec Jean-Claude Mailly (FO) était également inscrite à son agenda.
La Loi El Khomri est morte, vive la Loi... quoi ?

Valls ne se croyait pas si petit
Le gouvernement tente une nouvelle embrouille. Lundi, il a en effet gommé la référence libérale dans l’intitulé du texte. Le Monde, organe officieux du PS, y a vu le"signe d’un infléchissement", du même ordre, sans doute, que le "redressement de la courbe du chômage". Le "projet de loi visant à instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs" devient ainsi, dans un communiqué diffusé par Matignon, "avant-projet de loi sur les nouvelles protections pour les entreprises et les salariés"
"Le Gouvernement souhaite que la cohérence, l’ambition et l’équilibre de ce projet puissent être partagés par le plus grand nombre et que le débat public se noue sur les enjeux de fond et sur la réalité de ce que ce texte contiendra," lit-on dans la déclaration gouvernementale. 
On le voit, ce document de communicants attache moins d'importance au contenu qu'à la rhétorique et ainsi le mot "actifs "disparaît-il donc aussi, au profit de "salariés", plus marqué à gauche.

La nouvelle posture de Valls sur la méthode révèle surtout sa fragilisation. Jusqu’à présent, l’exécutif avait en effet opté pour un discours de fermeté extrême. Un entretien de la ministre du travail aux Echos, le 17 février, avait mis le feu aux poudres. "Nous prendrons nos responsabilités", avait déclaré M. El Khomri, interrogée sur un possible recours à l’article 49-3 (adoption d’un texte sans vote parlementaire, sauf motion de censure) pour faire passer ce texte en force, comme ce fut déjà le cas pour la loi Macron en 2015.

Pourquoi cet "infléchissement", cette "nouvelle posture" et ce "changement de ton," vantés par Le Monde ?
C'est que la menace d'un nouveau coup de force, avant même le dépôt du projet de loi au Parlement, avait suscité une forte opposition au sein du Parti socialiste, déjà fortement divisé sur le vote de la réforme constitutionnelle voulue par François Hollande, et comprenant la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes et délits terroristes.
Dans une tribune très critique, publiée le 24 février par Le Monde, Martine Aubry avait dénoncé un "affaiblissement de la France" et d'"impasse" auxquels mènerait la politique de Hollande et Valls. Le premier ministre était au passage pointé pour son "indécent discours de Munich", dans lequel il avait critiqué la politique d’Angela Merkel envers les réfugiés.

Fait inédit depuis 2013, le projet a rassemblé une dizaine d’organisations contre lui 

Sur le front syndical, ce "petit report" (Le Monde) avant la présentation en Conseil des ministres avait été réclamé dimanche par Laurent Berger (CFDT). "Il faut repartir sur une concertation", avait prôné ce syndicat proche du PS, peu satisfait d’un texte que les syndicats accusent de laisser trop de place à la "flexibilité" et aux décisions "unilatérales de l’employeur", au détriment des salariés. "Les points avancés par Berger sont à prendre en compte", jugeait lundi matin une "source gouvernementale" inconnue.

Une intersyndicale d’une dizaine d’organisations  a dénoncé "un projet élaboré sans réelle concertation"
Elle réunit la CFDT, Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), Confédération générale du travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), union syndicale Solidaires (SUD), Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Union nationale des étudiants de France (UNEF), Union nationale lycéenne (UNL, qui n'est pas un "syndicat") et Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL, qui n'est pas non plus un syndicat) –
Une pétition en ligne avait recueilli plus de 785.000 signatures, lundi après-midi, contre ce projet de loi .

"La réforme doit rester très ambitieuse," insistent les créateurs d'emploi

De leur côté, les organisations patronales ont estimé lundi que le report de la présentation du projet de loi sur le travail va permettre de "faire de la pédagogie", mais les syndicats patronaux ont procédé à la mise en garde du gouvernement contre tout "affadissement" du texte sous la pression d'une "fronde" d’une partie de la gauche. "La réforme doit rester très ambitieuse", a exhorté un porte-parole du Medef, principal syndicat patronal.

Un message relayé par François Asselin, numéro un de la CGPME, organisation représentant les petites et moyennes entreprises, qui a dit sa crainte d'un retour en arrière". "A force de vouloir faire de la France un eldorado social, on va en faire un désert économique", a-t-il regretté.

Le "p'tit zizi" se dégonfle
Le parti Les Républicains estime qu’avec ce report "on assiste à l’implosion en direct de la majorité". "On verra si un texte est présenté [au Parlement], on est très désireux de discuter de ce projet article après article", a déclaré lundi Guillaume Larrivé, porte-parole du parti. Selon lui, "il y a urgence à modifier les paramètres du droit du travail pour permettre aux entreprises d’embaucher plus facilement"
Les Républicains sont "favorables au principe de la loi El Khomri", mais souhaitent aller "plus loin", a rappelé Eric Woerth, le secrétaire général du parti.

mercredi 24 février 2016

Réforme du code du travail: Martine Aubry prend Hollande dans sa souricière

"Trop, c'est trop": Martine Aubry "salit" Hollande et la politique de Valls  

Des opposants socialistes dénoncent plusieurs "reculs" sociaux dans la nouvelle réforme du code du travail.

Appuyée de 17 personnalités, la maire de Lille publie une tribune pour dire son "inquiétude."
Ils font front dans une tribune publiée dans Le Monde, le quotidien détenus par des hommes d'affaires socialistes multimillionnaires et sur un site Internet ouvert pour l’occasion.

La maire de Lille, Martine Aubry, lance une grande offensive contre la politique du gouvernement, ce mercredi: du jamais vu depuis 2014. La politique de l'exécutif mène la France dans une "impasse," prévient-elle. 

17 francs-tireurs de gauche  participent à cette attaque
L’ancien député européen Daniel Cohn-Bendit, plusieurs députés socialistes, Yann Galut, la Franco-algérienne Chaynesse Khirouni, Christian Paul, se dressent contre les hommes qu'ils ont amenés au pouvoir, mais aussi d’intellectuels et économistes, tels Michel Vieworka, Daniel Cohen ou Thomas Piketty. "Trop, c’est trop !", estime ce texte. Les désaccords politiques qu'ils ont avec le gouvernement étaient déjà connus, mais "ils se sont mués en une grande inquiétude".

jeudi 29 octobre 2015

Soubresauts de l'emploi: les Français doutent de l'inversion de la courbe du chômage

Sept Français sur dix ne croient pas à l'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'an prochain

Ils ne sont pas dupes du léger recul du nombre de demandeurs d'emploi

-  pour une seule catégorie de chômeurs, celle 'sans aucune activité'  - enregistré en septembre, confirme un sondage de l'institut Elabe pour BFMTV.

Le Monde s'emballe, puis se ressaisit...

"Chômage : baisse significative en septembre," titre d'abord l'organe officieux du PS. La baisse de 23.800 demandeurs d’emploi de catégorie A enregistrée en un mois (– 0,7 %) est la plus forte depuis le début du quinquennat, et même depuis avant la crise de 2007. Mais ses lecteurs sont aussitôt refroidi par la première phrase de l'article : "Bien fol qui se fierait aux chiffres du mois de septembre, y voyant le signe annonciateur d’une inversion durable de la courbe tant de fois promise par François Hollande." 

Pour la nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri, "la tendance est orientée à la baisse puisque, pour la première fois depuis début 2011, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a reculé sur quatre mois". 
Un satisfecit un peu hâtif, sous l'influence inchangée des services politiques d Bercy. Quatre mois ne suffisent pas à dessiner une tendance. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité et tenus de rechercher une activité, qui avait atteint un nouveau record en août, s’établit fin septembre à 3.547.800 en France métropolitaine. Sur un an, il augmente de 3,1 %...

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories B et C (en activité réduite) , lui, continue d’augmenter. Ainsi, ils sont 1.874.900 inscrits à Pôle emploi, soit une hausse de 11,4 % en un an. Une augmentation qui témoigne d’une forte progression des emplois atypiques, à temps partiel.  Ainsi, toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emploi s’élevait fin septembre à 5.422.700 en France métropolitaine... 

Myriam El Khomri zappe les 260.000 chômeurs d'outre-mer…

Comme tous ses prédécesseurs, la ministre du Travail commente les chiffres mensuels du chômage sur la seule base des données de la métropole,
ce qui lui permet de minimiser l'ampleur de la catastrophe. Que le nombre de demandeurs d'emplois inscrits à Pôle emploi augmente ou baisse, c'est toujours la même rengaine: dans leurs analyses et leurs commentaires, le gouvernement et la quasi-totalité des media occultent les données relatives aux départements d'outre-mer (DOM). Un peu comme si les quelque 260.000 demandeurs d'emploi en catégorie A de Guyane, Martinique ou encore Mayotte n'existaient pas, ou n'étaient pas de vrais chômeurs et d'authentiques familles en souffrance…

Lundi encore, les cercles gouvernementaux se sont gargarisés du reflux de 23.800 chômeurs, en laissant penser qu'il s'agissait de toutes les catégories confondues et de la "France entière" alors que cette donnée ne concerne que la seule métropole. En tête de manipulation de l'opinion, Myriam El Khomri, la ministre du Travail soi-même, dans un communiqué qui ne prend que cette seule donnée en compte.
Les chaînes d'information continue reprennent en boucle les dépêches AFP et Reuters centrées uniquement sur l'Hexagone; idem pour les radios et la plupart des journaux de presse écrite qui ont, eux aussi, complètement passé sous silence les départements d'outre-mer. Or ces données sont incomplètes et négligent les difficultés de nos concitoyens éloignés de Paris.
En incluant les DOM, le chiffre enregistrée en septembre grimpe à 24.700, soit 900 de plus que le résultat affiché et abondamment commenté.
Les données administratives de Pôle emploi ne comportent aucune ligne portant sur la France entière. Bien que ces données existent, la quasi-intégralité des tableaux, graphiques et commentaires portent sur la France métropolitaine. 
A la presse "décrypteuse" de faire son  travail d'information. Sur le sujet, les journalistes d'investigation ne sont pas supposés attendre les 'fuitages' au téléphone. D'autant que pour accéder à la totalité des chiffres officiels, il suffit juste d'aller les chercher là où ils se trouvent, à la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), et de faire chauffer sa calculette… plutôt que de se satisfaire du copié-collé des dépêches d'agence de presse en charge de la diffusion des 'éléments de langage' du pouvoir.
La ministre du Travail n'est d'ailleurs que porte-parole des services qui lui tiennent la main. Tous ses prédécesseurs faisaient de même et aucun d'entre eux n'avait intérêt à l'exhaustivité, la clarté et la vérité. Même l'UNEDIC, le gestionnaire du régime d'assurance chômage, publie des prévisions financières et d'évolution du nombre de demandeurs d'emploi centrées sur la seule métropole. Il y a ici matière à réforme: il suffit d'une volonté politique.

La barre des 3 millions sera-t-elle re-franchie - dans les commentaires - avant la présidentielle ?
Les media et les élus jouent le jeu de l'exécutif en place à Paris. Ainsi, en septembre 2012, cela faisait belle lurette que le cap des 3 millions avait été franchi en France entière quand le nombre de demandeurs d'emploi a officiellement (re)franchi la barre des 3 millions d'inscrits en métropole: ce n'est qu'alors qu'ils s'en sont émus. 
Certes les tendances sont les mêmes et les différences, de l'ordre de l'épaisseur du trait, mais cela peut avoir parfois des conséquences fâcheuses. Ce seuil avait déjà été franchi un an plus tôt, en septembre 2011, mais si un quelconque expert s'en était aperçu, il s'était bien gardé de le signaler. Sans doute le débat de la campagne présidentielle qui s'amorçait alors en aurait-il été un peu modifié.

Même sentiment sur le nombre total de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi. Si l'on se centre sur la seule France métropolitaine, on compte aujourd'hui très officiellement 3,55 millions de chômeurs en catégorie A, un peu plus de 5,42 millions de demandeurs d'emploi en A, B et C, et même plus de 6,1 millions d'inscrits toutes catégories confondues. 
Mais en n'ignorant pas les DOM, les niveaux changent: 3,81 millions en A, près de 5,73 millions en A, B et C, et même 6,45 millions toutes catégories confondues. Il n'est pas très social et respectueux d'ignorer 260.000 à 340.000 chômeurs, un différentiel chargé de sacrifices et de malheur, pour permettre à un gouvernement, quel qu'il soit,  d'afficher des niveaux absolus de demandeurs d'emploi légèrement inférieurs…

Le dernier chiffre est en hausse de six points par rapport à août dernier 

Mais comment donc s'étonner que les sondés sont encore 73% à ne pas y croire (79% en août), sur 1.003 personnes interrogées mardi et mercredi ? Ne perdons pas pour autant de vue que le nombre de demandeurs d'emploi pointant à Pôle emploi depuis plus de 3 ans, les vrais exclus de la politique de lutte contre le chômage, a une nouvelle fois explosé de 1,2% pour désormais frôler les 800.000 inscrits…

Reuters voit le verre à moitié plein
"Elles sont pourtant 46% à estimer que l'économie française redémarre, contre 53% d'un avis contraire." Ou inversement, donc !... 

Mais l'UNEDIC, association chargée de la gestion de l'assurance chômage par délégation de l'Etat, vient de publier ses prévisions d'évolutions des deux grands indicateurs du chômage pour les années 2015 et 2016. En 2016, l'horizon s'éclaircirait avec 51.000 chômeurs en moins, première année de baisse depuis 2007. Et cette baisse serait également vraie pour le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), celui-ci passant de 10,4% à 9,7% fin 2016.La tendance à la baisse en septembre est un espoir. Si elle est confirmée dans les mois à venir, elle coche l'une des conditions que s'est fixé le Président de la République pour concourir à la prochaine élection présidentielle de 2017, la fameuse inversion de la courbe. 

mardi 2 septembre 2014

Rythmes scolaires à Lyon (PS): qui paie la facture et qui recule sur l'avancée de Jules Ferry?

Hollande, fossoyeur de l'école "gratuite et obligatoire"

Hollande et Valls posent le problème de la gratuité de l' "école obligatoire" 
Nouvelles inégalités locales
Le contribuable lyonnais paiera la moitié de la facture des rythmes scolaires, électeur socialiste ou non. Les Lyonnais devront faire face à une dépense supplémentaire de près de 16 millions d’euros, en année pleine, selon les calculs de la mairie de Lyon. En 2014, l’année étant déjà bien avancée au moment de la mise en place de la réforme, la douloureuse ne sera donc "que" de 7 millions, pour commencer, mais pour seulement 4 mois.
Aucun Français attentif à l'actualité n'a pu passer au travers de la stigmatisation du maire de Marseille par les media bien-pensants: Jean-Claude Gaudin (UMP) remet à la Toussaint cette mise en place imposée et il s'attire donc l'hostilité de la presse qui, par ailleurs, veut ignorer que le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, met la population à contribution pour complaire à Peillon, initiateur de la réforme voulue par le candidat Hollande, et mise en place par la consensuelle Vallaud-Belkacem, sous la menace démocratique du tribunal !
Répartition du financement des rythmes scoalires en 2015 ()

Hollande n'applique pas les lois Ferry (1881-1882)

En ce qui concerne la répartition de la dépense, c’est la Ville qui supporte la part la plus importante : environ 50 %. Mais la Ville, c'est qui ? Et la caisse d'allocations familiales qui finance à hauteur de 22 % environ, c'est encore qui ?  Rappelons qu'elles sont partiellement financées par l'impôt...

Et les parents participeront à hauteur de 20%. 
Le prix à payer pour les parents varie en fonction du quotient familial, de 2 à 19 euros par mois, la moyenne à Lyon se situant aux alentours de 12 euros.

Le fonds d’amorçage, qui sert à mettre en place la réforme, disparaîtra pour l’exercice 2016. La Ville augmentera alors sa contribution, tout comme la CAF, qui prévoit une augmentation naturelle du nombre d’élèves inscrits.

201420152016
Budget révisé7.053.959 €15.871.407 €15.871.407 €
Participation
CAF1.600.698 €3.500.000 €3.601.570 €
Parents1.351.784 €3.041.515 €3.041.515 €
Mercredis de Lyon222.222 €350.000 €350.000 €
Fonds d'amorçage792.289 €990.361 €0 €
Financement Ville de Lyon3.086.966 €7.989.531 €8.778.322 €

On peut toujours chercher la part de l'Etat...

mercredi 16 avril 2014

Écotaxe: Ségolène Royal veut faire payer les camions européens

L'Europe régresse: la France taxera les produits et entretiendra les personnes 

Ségolène Royal s'en prend à l'espace Schengen

Elle veut entraver la libre circulation des biens. Elle a proposé de remplacer l'écotaxe par un systèmede vignettes sur les camions étrangers. Une piste qui va dans le sens des revendications des bonnets rouges, extrémistes bretons.

La ministre de l'Écologie enterre l'écotaxe 
Dès son arrivée au gouvernement, Royal réclamait déjà une remise à plat de ce dispositif. Au Grand Jury RTL du dimanche 6 avril et à la question de savoir si la mesure serait définitivement supprimée, elle s'était d'ailleurs montrée évasive sur le sujet, répondant évasivement : "Nous verrons". Elle a donc parcouru du chemin.   

Discrimination xénophobe ou recul protectionniste ?
"Ce serait tout à fait légitime qu'un camion étranger qui traverse tout le pays contribue et paye pour les routes qu'il utilise. Est-ce que l'écotaxe permet cela ? Je vais vous dire une piste, c'est de faire payer une vignette aux camions étrangers à la frontière", a-t-elle affirmé sur BFMTV ce mardi.

Le leader des bonnets rouges satisfait
Cette proposition va dans le sens des revendications des bonnets rouges, extrémistes bretons, qui avaient réussi, cet automne, à reporter la mise en oeuvre de l'écotaxe, en démontant plusieurs portiques électronique lors de manifestations houleuses. 
Les frondeurs bretons souhaitent également limiter la pression sur les transporteurs tricolores, à l'instar de Christian Troadec, maire d'extrême gauche de Carhaix.
"Que les camions qui traversent la France pour aller dans les pays du sud participent à cet effort de financement des routes, ça me semble une bonne idée." Des propos que la ministre a tout bêtement repris.  
Troadec, dircab de Royal?
"Pour éviter les péages et les autoroutes, les entreprises étrangères empruntent le plus facilement possible les routes départementales, posant des problèmes de circulation et de sécurité", accuse conjointement le chef de file des bonnets rouges.


Une proposition saluée par le Medef et les routiers, mais qui sème le trouble dans le camp socialo-écolo

Le MEDEF, les coopératives agricoles et les organisations de transporteurs routiers ont applaudi. "La ministre nous annonce doucement la fin de l'écotaxe telle qu'elle avait été imaginée", s'est réjoui Joël Chéritel, le patron du Medef Bretagne. "Réfléchissons vite à un dispositif simple, juste et dédié à un véritable plan de restructuration des infrastructures, indispensable pour garantir une meilleure compétitivité nationale. Nous sommes prêts à en débattre avec Madame la Ministre Ségolène Royal", a proposé Philippe Mangin, le président de Coop de France.
Plus prudent, Christian Troadec a réaffirmé la position de son mouvement: " En ce qui concerne la Bretagne, nous voulons le maintien de la gratuité des routes", a-t-il déclaré vendredi sur France Info, tout en se montrant ouvert à une expérimentation... mais dans d'autres régions.
Quoiqu'elle s'en défende en rappelant qu'un rapport parlementaire sera rendu dans 15 jours "dont le gouvernement prendra connaissance avant les décisions", Segolène Royal a pris le risque de heurter ceux qui, dans son propre camp au sens large attendaient beaucoup de la mise en œuvre de l'écotaxe (socialistes, écologistes, ONG, front de gauche....).
Une ministre dans le déni
Ainsi, l’actuel secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, s’est-il étonné sur son compte twitter que l’écotaxe puisse être présentée "comme un nouvel impôt". Surtout, ajoute-t-il, elle est censée "financer les transports propres (...) préserver la planète et notre santé", a-t-il ajouté.
"Si c'est un abandon qui ne dit pas son nom, c'est un milliard d'euros qui manquent pour les transports dans toute la France", a réagi François de Rugy, le co-président du groupe EELV à l'Assemblée nationale. En France, l'écotaxe était en effet censée abonder le financement d'une centaine de projets de métros et de tramways. 
Interrogé par Europe 1 vendredi matin, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot a qualifié la proposition de Ségolène Royal de "totalement absurde" "Ce que j’ai entendu dans son discours, c’est ‘moi j’aimerais bien me débarrasser le taxe poids lourds. Et ça, c’est totalement irresponsable", a déclaré l’ex-directeur des campagnes de Greenpeace France. 

La Fondation Nicolas Hulot (FNH) s'est, elle aussi dite "inquiète de (la) première prise de position" de la nouvelle ministre de l'Ecologie. Ségolène Royal "a aujourd'hui la possibilité et la responsabilité de démontrer (...) que la transition écologique est un grand projet pour la France", avance FNH dans un communiqué. "Par où commencer ? Pas en annonçant la remise à plat de l'écotaxe poids lourd, mesure qui a fait l'unanimité lors du Grenelle, fait l'objet de nombreuses compensations sectorielles et prouvé son efficacité en Allemagne", poursuit l'ONG.

Agir pour l'environnement voit dans cette déclaration "une mauvaise entrée en matière". Selon l'ONG, la "ministre s'inscrit dans une longue continuité politique qui consiste à entretenir une césure entre le dire et le faire, entre l'écologie pratique et l'écologie des mots". Elle estime aussi qu'une telle prise de position peut "surprendre" alors que "le président de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale met la dernière touche à un rapport sur l'écotaxe censé être rendu public dans une quinzaine de jours".

Endetté, le gouvernement a-t-il les moyens?

Pour l’Etat, le report de
l’écotaxe - censée démarrer le 1er octobre 2013 , puis le 1er janvier 2014 -  traduit déjà par un manque à gagner de 200 millions d’euros. Sans compter les pénalités (700 à 800 millions d'euros) qu'il devra verser à Ecoumouv' la société privée qui a installé les portiques et devait assurer la collecte de la taxe.

De son côté, la fédération nationale des usagers des Transports (Fnaut) estime que "le report de l’écotaxe par le précédent gouvernement a été une grave erreur. Il prive le système de transports d’un milliard d’euros par an et bloque les projets de transports urbains en site propre et l’accélération indispensable de la rénovation du réseau ferré classique".

Au Parti socialiste, on ne conteste pas l'ex-concubine présidentielle
"Ce qu’a dit Ségolène Royal hier va dans le sens du rapport commandé à l’Assemblée pour la remise à plat de l’écotaxe", a expliqué Harlem Désir, vendredi sur i-télé. "Pour l’instant, il n'y a pas de décision de suppression de l'écotaxe, il faut trouver un système de financement des infrastructures", a précisé le premier secrétaire du PS. 

Les deux coprésidents du groupe EELV à l'Assemblée nationale, Barbara Pompili et François de Rugy avaient en revanche émis des doutes. A l'annonce de la nomination de Ségolène Royal au ministère de l'Ecologie,  les positions de l'ex-présidente la région Poitou-Charentes, notamment "sur la fiscalité écologique", avaient aussitôt inquiété, tout en accordant le bénéfice du doute à la revenante: " ils voteraient la confiance au gouvernement"...