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vendredi 13 mars 2020

La réforme Macron de l’assurance chômage ne résiste pas au coronavirus

Sa réforme n'a que quelques mois, mais Macron fait revoir sa copie à Pénicaud

La ministre tout-terrain doit procéder à l'aménagement des nouvelles règles d’assurance chômage entrées en vigueur le 1er novembre 


Dès la première étape - tour de vis sur les conditions d’indemnisation, nouveaux droits pour les indépendants -, la réforme de l’assurance chômage  ne tient déjà plus la route. Le calcul de l’allocation des travailleurs précaires doit théoriquement changer le 1er avril, alors certains secteurs souffrent et dégraissent à cause du Covid-19.
La ministre du Travail annoncera des mesures pour les "travailleurs précaires", premiers atteints par la réforme de l'indemnisation du chômage, en raison de l'épidémie de coronavirus. "D'ici quelques jours, on annoncera ce qu'on fait pour les travailleurs précaires. On est en train de regarder différentes options", a indiqué  jeudi Muriel Pénicaud sur LCI, alors que de nouvelles règles plus dures de l'assurance chômage doivent entrer en vigueur le 1er avril.
"L'assurance chômage est une très bonne réforme qui contribue à l'emploi, raconte Pénicaud (...) Mais maintenant on est dans un contexte nouveau. On est pragmatique"... 
"Il faut qu'on fasse ce qui est plus efficace pour les travailleurs précaires", a admis Muriel Pénicaud, sans dire si cela passera par un report de l'entrée en vigueur des nouvelles règles.

Une réforme vendue comme un rééquilibrage

Opposés à cette réforme dont ils avaient bien dit qu'elle va pénaliser les travailleurs les plus fragiles, les syndicats ont demandé une nouvelle fois au gouvernement d'y renoncer, soulignant, à la faveur de la pandémie de coronavirus, que les emplois précaires sont "la première variable d'ajustement" en temps de crise.

Après un durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation, en vigueur depuis novembre, le nouveau volet de cette réforme qui doit entrer en vigueur au 1er avril 2020 prévoit la modification des règles de calcul de l'allocation.

Certains "permittents" n'utilisent pas tout leur capital.
Pour la même quantité de travail, la situation actuelle est plus favorable aux personnes alternant contrats courts et inactivité qu'à celles travaillant en continu, cela pour inciter à la reprise d'un emploi durable dans un contexte de difficultés de recrutement dans les entreprises.

Or, selon l'UNEDIC, quelque 850.000 nouveaux entrants, qui avaient des périodes non travaillées entre deux contrats, auraient une allocation mensuelle plus faible de 22 % en moyenne (de 905 à 708 euros) avec la réforme.
Mais ces "permittents" entre l'emploi et l'inactivité sont souvent employés dans les secteurs les plus touchés par la crise du Covid-19, comme le tourisme et l'événementiel (cf. intermittents du spectacle). 

Certes, avec la réforme? ces demandeurs d'emploi verraient  la durée maximale d'indemnisation s'allonger (de 12 à 18 mois en moyenne), ce qui fait dire au gouvernement que leur capital de droits resterait intact. Mais, sachant que les demandeurs n'utilisent pas leur capital en intégralité (10 mois en moyenne), le gouvernement de Macron cherchait, avec cette seule mesure, à réaliser 1,1 milliard d'euros d'économies à partir de 2021.

Le sort des transfrontaliers allemands

Interrogée sur le cas des transfrontaliers travaillant en Allemagne et incités par leurs employeurs à rester chez eux, Muriel Pénicaud n'a pas hésité à les assurer qu'ils "seront intégralement payés" par leur entreprise allemande. La ministre, qui s’est entretenue mercredi avec son homologue allemand Hubertus Heil sur ce sujet, a anticipé la réponse de son homologue : "On est d’accord - j’aurai la confirmation écrite dans la journée - que si une entreprise (prend) cette mesure de précaution, ses travailleurs frontaliers français qui doivent rester chez eux pendant 14 jours doivent être payés intégralement, la totalité de leur salaire".
La réciproque est-elle vraie ?

lundi 24 juin 2019

Assurance-chômage la réforme qui réussit à hérisser même la CFDT

"Tout est problématique dans la réforme de l'assurance chômage," déplorent les réformistes de la CFDT

"On va passer d’un système d’indemnisation à un système d’accroissement de la pauvreté", met en garde Laurent Berger
Laurent Berger au siège de la CFDT, à Paris, jeudi:
il cire merveilleusement ses chaussures. Lui-même ?

Le secrétaire général de la CFDT dénonce le contenu de la réforme de l’assurance chômage dévoilée mardi. Et elle avait réussi à mettre en fureur le réformiste lors de sa présentation à Matignon.  A chaud, il s’était indigné contre un projet "profondément injuste". Deux jours plus tard, il a convoqué Libé au siège du syndicat pour revenir sur cette réforme qu’il jugeait toujours "extrêmement dure".

Votre colère concernant cette réforme est-elle toujours intacte ?

C’est une vraie colère. Quand j’étais conseiller en insertion professionnelle, j’ai trop vu de gens précaires pour feindre. Là, si je suis particulièrement en colère, c’est que
cette réforme n’a qu’un objectif budgétaire. L’essentiel des 3,5 milliards d’économie va se faire sur le dos des chômeurs. Elle repose sur l’idée fausse que s’ils le voulaient vraiment, les chômeurs retrouveraient du boulot. Or, toutes les études montrent que les abus ne dépassent jamais 15% des demandeurs d’emploi. On fait quoi pour les 85% d’autres? On fait payer à tous les conditions d’indemnisation.

Qu’est-ce qui pose problème dans cette réforme ?

Tout, à l’exception des dispositifs d’accompagnement, est problématique. Prenons les conditions d’accès à l’assurance chômage : elles passent à six mois au lieu de quatre auparavant. C’est une mesure purement budgétaire qui va toucher les jeunes et les contrats courts. Ça représente 240.000 personnes qui n’auront pas droit à l’indemnisation. Ils sont en train de créer des trappes à pauvreté. On va passer d’un système d’indemnisation chômage à un système d’accroissement de la pauvreté.

Quelle réforme auriez-vous souhaité ?

Mais il n’y avait pas besoin d’une réforme de l’assurance chômage, on l’avait faite en 2016 ! On avait alors fait 800 millions d’économies. On a toujours respecté nos engagements de gestionnaires, mais jamais en tapant sur les chômeurs.

Le gouvernement a aussi introduit le bonus-malus que vous défendiez depuis longtemps. Mais seulement dans sept secteurs d’activité. 

Vous êtes-vous senti trompé ?

En l’état, le dispositif est totalement insuffisant. On réclamait une mesure de responsabilité des entreprises mais le patronat a refusé de négocier. Donc on a dit au ministère du Travail : c’est bonus-malus pour tout le monde. Or, il ne va concerner que 34% des contrats courts. Dans son livre Révolution, Emmanuel Macron promet le "bonus-malus pour tout le monde" et "pas de dégressivité". La promesse n’a pas été respectée.

Aujourd’hui, cette mesure est pourtant présentée comme celle qui équilibre la réforme…

Au Pôle Emploi de Clichy-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 17 avril 2018.
Le gouvernement met en avant la nécessaire transition écologique et la justice sociale. Or, les premières mesures après le discours de politique générale, ce sont ces mesures injustes sur l’assurance chômage. Donc oui, c’est difficile pour nous de combattre ce double discours…
Comment contester cette réforme désormais ?

Dans les conclusions du grand débat, 53% des gens pensaient que pour réduire les dépenses publiques, il fallait toucher aux allocations sociales. Donc, je ne vais pas faire rêver à un grand soir. D’autres le feront, pas moi. On va organiser, le 25 juin, un rassemblement devant le ministère du Travail avec l’Unsa, la CFTC, la CGC, la Fage et des associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. C’est symbolique, c’est pour dire : on n’est pas dupe. A chaque fois qu’une décision sera injuste, la CFDT sera là pour le dire. Et, selon les sujets, on se mobilisera. Mais la mobilisation revêt des formes différentes, selon la capacité de construire le rapport de forces.

A aucun moment vous n’avez envisagé une action commune avec, notamment, la CGT ?

La CGT va manifester devant l’Unédic, qui gère le système d’assurance chômage, le 26 juin. Elle se trompe de cible. Rappelons quand même qu’ils n’ont jamais signé un accord sur l’assurance chômage et ont toujours considéré que c’était à l’Etat de faire. Eh bien voilà, c’est la fin de l’histoire : l’Etat gère. Et il le fait comme il l’entend… et c’est moins en faveur des demandeurs d’emplois que les compromis passés entre partenaires sociaux.

Il n’y a donc plus de marge de manœuvre ?

Dans une agence Pôle Emploi à Montpellier (Hérault).Hélas, je ne crois pas. Il y aura un décret dans l’été. Je pourrais vous dire qu’on va mettre demain 3 millions de personnes dans les rues, mais ça ne serait pas vrai, ne rêvons pas. Vous n’avez jamais assisté à des dîners avec des amis où certains parlent de "celui qui abuse" ? C’est tellement ancré. C’est pour ça qu’on n’arrive pas à mobiliser sur cette question des chômeurs. C’est dangereux, je suis persuadé qu’une société s’élève quand elle s’occupe de ceux qui sont le plus en difficulté et leur permet de s’en sortir. 

Que faire, alors ?

Il faut incarner davantage. On veut rendre visibles les demandeurs d’emploi, parce que cette réforme n’est pas du tout à hauteur de femmes et d’hommes. Nous voulons permettre aux chômeurs de s’exprimer. Cela peut avoir de la puissance de dire "voilà ce que cette réforme va produire". C’est aussi un des engagements du "Pacte du pouvoir de vivre" que nous défendons : évaluer les politiques publiques à l’aune de leur effet sur les 10% les plus pauvres de notre pays. Nous ne sommes pas découragés.

Pour les précaires, ça reste difficile de se mobiliser. Les syndicats en font-ils suffisamment ?

La CFDT a en son sein beaucoup de chômeurs. Mais nous n’organisons pas spécifiquement les demandeurs d’emploi car le chômage est, normalement, une situation passagère. Dans les accords successifs de l’assurance chômage, la CFDT a toujours porté la voix des plus précaires.

Et pour les travailleurs précaires justement, les abonnés aux CDD ?

Nous nous en occupons de plus en plus dans les entreprises. Avec la mise en place du comité social et économique, la nouvelle instance représentative du personnel, les salariés de la sous-traitance peuvent compter dans l’effectif des entreprises. Dans les boîtes, les élus portent désormais les préoccupations de ces travailleurs du nettoyage, du gardiennage. D’autres équipes syndicales font du gros boulot sur la titularisation des intérimaires, en allant parfois en justice. Si le syndicalisme ne s’intéresse pas encore plus à ces publics précaires, il sera en faute, il perdra une partie de sa raison d’être.

Cet individualisme rampant n’offre-t-il pas un boulevard au gouvernement pour faire exploser la protection sociale ?

Quand le consentement à la solidarité recule, c’est l’individualisme qui progresse. Et ça offre un boulevard à tous ceux qui pensent que la protection sociale devrait être un filet minimal de sécurité. C’est l’inverse de la philosophie de 1945, à savoir l’idée que chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Si la protection sociale est en danger, cela veut dire que sur la réforme des retraites vos inquiétudes sont grandes ?

Le 7 mars 2018, à Paris, sur le stand de Pôle Emploi au Forum Emploi Senior.
Non, parce que sur ce dossier il y a eu une concertation. Si le gouvernement a la même logique à l’égard de nos propositions que sur ce précédent dossier, c’est-à-dire d’en avoir rien à faire, évidemment, nous serons en opposition. Mais nous ne serons pas de ceux qui diront que tout est à jeter et qu’il faut déjà faire des mobilisations sur une réforme dont on ne connaît même pas le début.

Une des dernières grandes mobilisations syndicales portait sur les retraites. C’était en 2010…

C’est aussi le dernier grand échec syndical. La réforme est passée malgré la mobilisation, et il y a eu beaucoup de perte pour le syndicalisme. Par contre, en 2013, sans aller dans la rue, nous avons obtenu l’instauration du compte de la pénibilité. La mobilisation syndicale ne se résume pas à des cortèges.

Cette réforme a-t-elle été prise par des gens hors sol ?

En tout cas elle est hors réalité quotidienne vécue par ceux qui subissent la précarité. Chaque semaine, je vais au moins une fois sur le terrain [en souliers vernis] pour discuter avec les militants dans les entreprises. Un certain nombre d’éditorialistes mais aussi d’acteurs politiques devraient le faire plus souvent.

A force, face à ces réformes qui se font sans prendre en compte l’avis des syndicats, vous n’êtes pas déçu ?

Les militants d’entreprise ne choisissent pas leur patron. C’est la même chose avec un gouvernement… C’est vrai que cela faisait au moins cinq ou six ans que je n’avais pas autant eu les nerfs. Mardi, j’avais la boule au ventre, car je sais qui sont les chômeurs qui seront touchés, je les connais. Evidemment, on est tenté de se dire que face à des gens qui ne comprennent pas les réalités, cela ne sert à rien de se battre. Mais on a choisi d’être militants. Parfois on prend des coups, mais on doit continuer de se battre. Et tant qu’on pourra discuter, on discutera. 

mercredi 8 juin 2016

Des intermittents désoeuvrés bloquent le domicile de El Khomri

Comme Macron, la ministre du Travail se plaint du manque de respect des travailleurs

Une vingtaine d'intermittents du spectacle a brièvement manifesté, mercredi 8 juin, devant le domicile de la ministre du Travail 

Ils font tous par intermittence, même pour réclamer à Myriam El Khomri l'application de l'accord sur leur régime d'indemnisation chômage.

Les militants de la Coordination des intermittents d'Ile-de-France se sont donnés en spectacle sous les fenêtres de la socialiste, dans le très recherché 18ème de Paris, peu après 6h du matin, déployant une banderole portant la citation de la   Louise Michel, anarchiste libertaire, franc-maçonne et féministe,  "Ce que le peuple obtient, il le prend" - normal: la scène se passe dans l'ancienne commune de Montmartre. Les hommes de Samuel Churin (CIP-IDF), ont été repoussés par la police, deux heures plus tard.
Voir les photos
Samuel Churin est aussi un proche d'Olivier Py, nouveau directeur du Festival d'Avignon, mais en 2014, à trois semaines du Festival, le premier supplie le gouvernement de prononcer un "moratoire" sur l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage, pour éviter l'annulation, et le second, Samuel Churin et les militants de la CIP et de la CGT-Spectacle brandissent la menace de la grève si le gouvernement agrée l'accord. "Personne ne mène une politique de fond, assure Churin. Les ministres essaient juste de sauver la mise, avec des phrases de communicants. Aurélie Filippetti veut que les propositions alternatives des intermittents soient entendues avant que le ministre du travail, François Rebsamen, ne rende son verdict sur l'agrément. Quand on la voit, elle nous dit, c'est pas moi qui décide, c'est lui !"

Les intermittents réclament l'application immédiate de l'accord conclu par la profession du spectacle
, salariés et employeurs, le 28 avril dernier sur leur régime spécifique d'allocation chômage. Les négociateurs de la Convention UNEDIC coté patronal (Medef, CGPME, UPA) et de trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) refusent d'avaliser cet accord, qui ne respecte pas le cadrage financier qu'ils avaient fixé.
La veille, une centaine d'intermittents avaient déjà occupé le Medef et la police avait procédé à plusieurs arrestations. 

La CGT Spectacle exige mercredi dans un communiqué "la libération immédiate" de Loic
Ce technicien intermittent du spectacle "a reçu un coup violent et délibéré du chef de la sécurité du Medef au moment de l'évacuation" du siège du patronat et qui serait toujours détenu au commissariat du 7e arrondissement.

La ministre dénonce une violation ..."de son intimité"

L'intimité, les intermittents ne connaissent pas
(Juin 2014, festival Furies, à Châlons-en-Champagne)
Une fois les manifestants repoussés, la ministre du Travail Myriam El Khomri a "dénoncé"un "dérapage” qui "viole (son) intimité familiale", tout en assurant que ces "actes d'intimidation" ne la "détourneront  pas de ses convictions".
"La méthode consistant à violer l’intimité familiale, à cibler l’environnement personnel et le voisinage d’une personne, fût-elle membre du gouvernement, est aux antipodes de ma conception du débat démocratique et du respect dû à chacun", a-t-elle estimé dans un communiqué, avant de conclure: "Je tiens donc à dénoncer ce dérapage de la façon la plus ferme."

En Conseil des ministres, François Hollande a également dénoncé un acte "parfaitement inadmissible": "Ce qui s'est passé ce matin avec ces actes de violence est parfaitement inadmissible", a déclaré le chef de l'Etat, rapporté par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

vendredi 11 mars 2016

Préconisée par Hollande, la surtaxe des CDD ne satisfait personne

"Une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et les salariés" 

La dernière du pouvoir socialiste, sous la contrainte


Sous la pression de la gauche en révolte contre son projet de loi Travail, Hollande fait gronder les entrepreneurs.  
Le gouvernement veut répondre à la révolte contre l'ex-loi El Khomri, rebaptisée loi Travail, par une surtaxation plus forte des CDD au risque d'ouvrir un nouveau front du côté des créateurs d'emplois.

La piste n'est certes pas encore officielle, mais le gouvernement qui menaçait de passer en force, avec l'article 49.3, est entré de force dans la négociation et par les acteurs politiques de gauche et par la rue, au lendemain d'une mobilisation de lycéens et étudiants.

Hollande recule et Valls envisage une piste nouvelle: surtaxer davantage les CDD 

L'exécutif mise sur la surtaxe des CDD de courte durée pour les rendre moins attractifs. Il pense inciter ainsi les entreprises à recruter en CDI. "C'est sorti du chapeau du gouvernement hier (mercredi 9), réagitla CGPME. Je ne comprends pas très bien pourquoi le gouvernement vient mettre les pieds dans ce sujet, qui relève de la négociation sur l'assurance chômage menée actuellement par les partenaires sociaux," souligne François Asselin.

"Le sujet a toute sa place dans les débats," selon la ministre du Travail 
"Cette question est posée sur la table. La proposition existe. C'est en corrélation avec le projet de loi", a-t-elle confirmé, toujours aussi déphasée, jeudi 10 mars sur France Info. 
La surtaxation des contrats courts existe déjà depuis 2013 et la loi de sécurisation de l'emploi : plus le CDD est d'une durée réduite (moins d'un mois), plus les cotisations sont élevées (+3%). 
Mais le gouvernement semble vouloir aller plus loin. 
Pour François Asselin, cette piste est une erreur. "J'y vois une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et pour les salariés, poursuit-il. Ce n'est pas comme ça, en augmentant le coût du travail, qu'on va signer plus de CDI, croyez-moi, fait valoir cet homme de terrain face aux technocrates de Bercy. 
"Il y a des activités purement saisonnières ou avec des pics d'activité qui nécessitent des contrats à durée déterminée, explique-t-il. Les taxer encore plus ne conduira pas au CDI mais à la sous-traitance," met-il en garde.

Dans un communiqué, le syndicat des petites et moyennes entreprises,
la CGPME, fustige même "la foire aux idées qui semble ouverte pour dénaturer ce texte". 

Au MEDEF, on balaie la question. "Ce sujet ne regarde pas le gouvernement mais les partenaires sociaux, qui n'en sont qu'au début de leur négociation, estime-t-on en début d'après-midi.
Sur le fond de la mesure, taxer n'a jamais créé d'emplois et ce n'est pas le moment pour le gouvernement de changer son fusil d'épaule", estime le patronat, qui a déjà opposé une fin de non-recevoir à cette proposition lors des discussions entre partenaires sociaux. "L'enjeu, c'est de débloquer les embauches en CDI et ça ne se fera pas en taxant davantage les contrats à durée déterminée, qui sont liés à un manque de visibilité, à une peur de l'embauche. On ne fera que l'accentuer en brandissant cette menace de surtaxation", selon ce représentant du Medef, qui maintient qu'il ne s'agit pas de la bonne recette. 

Le ton est monté dans la soirée. 
En déplacement au Maroc, Pierre Gattaz a dit tout le mal qu'il pense de cette piste de travail. "Si on veut totalement asphyxier l'économie française, taxons les contrats courts", a-t-il prévenu, invitant plutôt à "baisser la fiscalité sur tous les types de contrats". "Il faut arrêter de penser en France que la solution passe par l'augmentation des taxes, des cotisations. Il faut inciter et non pas démotiver, je ne pense pas que ce soit une bonne solution du tout", a-t-il conclu. 

L'opposition est contre, les syndicats sont (plutôt) pour

Côté syndical, à la tête de tous les autres, la CGT réagit favorablement.
Le syndicat d'extrême gauche le réclame depuis longtemps: la CGT en a fait une de ses propositions phares dans le cadre, d'ailleurs, de la négociation sur la nouvelle convention Unedic.

Le syndicat ouvrier voudrait frapper fort.
La CGT a même proposé une très sévère  sur-cotisation de 12,40%  pour les CDD de moins d'un mois, de 10,40% pour ceux de un à deux mois, et de 8,40% pour les CDD de deux à six mois. En s'attaquant à cette question, le gouvernement outrepasse un peu son champ de compétences, observe Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO). "La surtaxation des CDD, ce n'est pas son problème. Ca relève de la négociation patronat-syndicats qui est en cours, donc ce n'est pas au gouvernement de trancher là-dessus", a-t-il affirmé jeudi 10 mars. 
"Le gouvernement est embêté sur un projet de loi et il cherche une solution qui n'est pas de sa responsabilité, ça montre bien qu'il est un peu gêné aux entournures. Cela fait dix ans qu'on demande qu'il y ait une sur-cotisation patronale quand il y a ce qu'on peut considérer comme un abus d'utilisation de CDD", développe-t-il, plaidant en faveur d'un système de bonus et de malus. "Ce n'est même pas une question financière, à la limite; c'est aussi pour changer les comportements des employeurs. La grande nouveauté, ce sont les CDD très très courts; c'est ça le problème." 

Côté politique, en revanche, les réactions de l'opposition ne sont guère favorables à la mesure. 
Pour Luc Chatel, président du Conseil National du parti Les Républicains, il s'agit même d'un "contresens". 
Un avis partagé par le député des Hauts-de-Seine Jean-Christophe Fromantin. "Cette option ne laisserait (aux entreprises) comme marge de souplesse que le recours à l'intérim qui a le double désavantage d'être une forme de travail très précaire et de leur coûter très cher. Notons enfin que les majorations de cotisations déjà applicables aux CDD n'ont eu aucun effet pour limiter leur développement", estime ce patron d'une société de services et de conseils pour l'import-export qui, avec un groupe de personnalités, Jean-Christophe Fromantin (ex-UDI) a lancé, en mars 2012, la candidature de la France pour l'exposition universelle de 2025 au Grand Palais.

mercredi 3 février 2016

Le pouvoir socialiste se convertit à la dégressivité de l'assurance chômage: une idée sociale?

La dégressivité de l'assurance chômage, la dernière trouvaille sociale des socialistes au pouvoir

Hollande cautionne l'instauration de la dégressivité
 par le gouvernement Valls

Alors que les négociations pour renouveler l'assurance chômage doivent s'ouvrir mi-février, la gauche sociale s'embrase pour la sauvegarde de l’allocation chômage, tandis que la meute des membres du gouvernement se déploie. Ces derniers jours, Myriam El Khomri, la marionnette de Valls au Travail, Michel Sapin, aux Finances mais annoncé partant et Emmanuel Macron, le virus social-libéral Zika du gouvernement à l'Economie, tous ont ouvert la porte à un durcissement des règles d'indemnisation du chômage. 
Les collabos de Valls reprennent le discours de François Hollande qui avait donné le ton le 18 janvier dernier: "En France, la durée d’indemnisation est la plus longue d’Europe, mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte. C’est ce qu’il faut changer", avait-il déclaré. Une façon de mettre la pression sur les partenaires sociaux qui doivent renégocier la convention d'assurance chômage à partir du 20 février suite à l’annulation par le conseil d'Etat de celle conclue en 2014. 

Des pourparlers qui s’annoncent tendus entre le patronat et les syndicats de salariés tant l’enjeu cette fois est fort. Faute d’inversion de la courbe du chômage – il y a actuellement quelque 3,6 millions de personnes sans emploi et plus de 5 millions en prenant toutes les catégories – la dette de l’Unedic a doublé ces 5 dernières années et devrait tutoyer les 30 milliards d’euros à la fin 2016. 

Réduire la durée d'indemnisation, malgré la rareté des emplois 

Cette fuite en avant du gouvernement, qui vient encore briser un tabou de gauche, n’est pas anodine. Faute d’accord entre les partenaires sociaux d’ici au 1er juillet 2016, Manuel Valls pourrait s'emparer du dossier pour instaurer par décret la dégressivité ou une réduction de la durée d’indemnisation. 

Une option qui met en colère les syndicats de salariés mais qui redonne espoir au patronat. 
Stanislas de Bentzmann, le président de Croissance Plus, veut justement ramener à douze mois la durée d’indemnisation (contre 24 actuellement), comme en Italie ou en Allemagne, sans toucher au taux de remplacement des salaires qui oscille entre 57 et 75%. "On pourrait toutefois rallonger la durée si le chômeurs s’engage dans une formation qualifiante", avance-t-il. 

Moins radicale,
la Cour des Comptes propose de revenir sur "la règle du jour cotisé, un jour indemnisé" en ramenant le rapport à 0,9 (un jour cotisé, 0,9 jour indemnisé) pour une économie chiffrée à 4,1% des dépenses d'allocation de retour à l'emploi, soit environ 1,2 milliard par an. 
Autre piste lancée par les magistrats de la rue Cambon: relever à 55 ans contre 50 ans aujourd’hui, le déclenchement de la durée d’indemnisation de 36 mois spécifique aux seniors. "Fin 2012, 20% des allocataires indemnisés par l'assurance chômage avaient 50 ans ou plus. Leur indemnisation représentait 27% des dépenses de l'assurance chômage. Le surcoût lié à l'existence d'une indemnisation maximale de 3 ans pour ces salariés est de 1,085 milliard", affirmait en juin 2015 la Cour présidée par Didier Migaud. En appliquant cette mesure, l’UNEDIC ferait 450 millions d’euros d’économies par an. 

La dégressivité : une mesure anti-sociale 

C'est la dégressivité des indemnités qui met véritablement le feu aux poudres. "On note une forte hausse des retours à l’emploi dans les semaines précédant la fin de l’indemnisation, révèle Croissance Plus, à deux doigts de l'accusation de passivité des victimes de licenciements. Les chômeurs accélèrent leurs recherches, font plus d’efforts et deviennent moins exigeants", martèle Stanislas de Bentzmann. 
"La dégressivité des allocations est une solution que nous souhaitons aborder", renchérissait pour sa part Pierre Gattaz, le président du MEDEF, en décembre dernier. Cette  thérapie de choc serait toutefois moins prometteuse qu’elle n’en a l’air. 

La gauche l’avait d’ailleurs mise en place en 1992 sous l’impulsion de la ministre du Travail de l’époque, une certaine Martine Aubry. 
Ainsi, pendant 9 mois l’allocation était maintenue, avant d'être abaissée tous les 4 mois de 17% pour atteindre un seuil minimal de 355 euros. Mais faute de résultats probants, cette solution-miracle de la je-sais-tout du microcosme politique avait été abandonnée en 2001. "La dégressivité, telle qu’elle a été mise en œuvre de 1992 à 1996, aurait ralenti le retour à l’emploi", note même un rapport de l’Insee datant de 2001. 
Et la Cour des comptes d’enfoncer le clou de cette expérience pour rien: "Les études économiques tendent ainsi à montrer que la mise en œuvre d'une allocation dégressive engendre des économies, mais n'améliore pas globalement l'efficacité du système d'assurance chômage, qui dépend du niveau de contrainte que le marché du travail exerce sur la reprise d'activité des chômeurs." 

Les effets pervers de cette fausse bonne idée 
Un certain nombre d’économistes estampillés "libéraux" ne recommande pas de se lancer dans cette aventure. C’est le cas de Bertrand Martinot, pour qui "dans le contexte économique de la France, une telle mesure aurait pour effet de faire basculer dans la pauvreté des chômeurs de longue durée." 
"Cette voie n’est pas la plus efficace si l’on se soucie du bien-être des salariés et des chômeurs, notamment de ceux qui ont de faibles marges de manœuvre dans leur capacité à retrouver un emploi", analysent les universitaires Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo dans un livre de 2004. 
Idem du côté de Bruno Coquet, un économiste qui vient de publier un rapport pour l’Institut de l’Entreprise. "Il y aurait un effet pervers, les chômeurs les plus proches du marché du travail accepteraient des jobs non qualifiés, ce qui diminuerait encore les chances des plus éloignés de l’emploi de se réinsérer", montre-t-il dans son étude. 
Pour mémoire, "plus de la moitié des personnes indemnisées n'ont pas le bac (…) A l'opposé, moins d'un allocataire sur huit dispose d'un niveau de diplôme bac + 3 ou plus", constate la Cour des comptes dans son rapport de juin 2015. L’économiste, également chercheur à l'OFCE, plaide pour une uniformisation des régimes d’indemnisation. Dans son viseur: le régime spécial des employeurs du secteur public qui ont le choix d’affilier, ou non, leurs salariés à l’assurance chômage. 
Dans la même veine, il considère que les fonctionnaires devraient participer au financement de l’assurance chômage, comme c’est le cas dans la plupart des pays européens. Le gouvernement et les syndicats oseront-ils s’attaquer à l'électorat socialiste?… Les fonctionnaires étant traditionnellement des électeurs votant à gauche et des membres puissants et actifs au sein des centrales syndicales.  

A l'occasion des présidentielles de 2012, Le PS accusa l'UMP de stigmatiser les chômeurs "en voulant rendre les allocations chômage dégressives"...  
archives parti sociaslite
En juin 2000, alors premier secrétaire du PS, François Hollande considérait comme un "progrès" la suppression de la dégressivité prévue par un nouvel accord de l'UNEDIC. Deux ans plus tôt, en plein mouvement social mené par des chômeurs, Harlem Désir, membre du bureau national du PS, résumait ainsi la position de son parti : "Le système de dégressivité est terrible. Les chômeurs et leur famille n'arrivent pas s'en sortir". 
VOIR et ENTENDRE Hollande plaider contre la dégressivité des allocations chômage:

jeudi 29 octobre 2015

Soubresauts de l'emploi: les Français doutent de l'inversion de la courbe du chômage

Sept Français sur dix ne croient pas à l'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'an prochain

Ils ne sont pas dupes du léger recul du nombre de demandeurs d'emploi

-  pour une seule catégorie de chômeurs, celle 'sans aucune activité'  - enregistré en septembre, confirme un sondage de l'institut Elabe pour BFMTV.

Le Monde s'emballe, puis se ressaisit...

"Chômage : baisse significative en septembre," titre d'abord l'organe officieux du PS. La baisse de 23.800 demandeurs d’emploi de catégorie A enregistrée en un mois (– 0,7 %) est la plus forte depuis le début du quinquennat, et même depuis avant la crise de 2007. Mais ses lecteurs sont aussitôt refroidi par la première phrase de l'article : "Bien fol qui se fierait aux chiffres du mois de septembre, y voyant le signe annonciateur d’une inversion durable de la courbe tant de fois promise par François Hollande." 

Pour la nouvelle ministre du Travail, Myriam El Khomri, "la tendance est orientée à la baisse puisque, pour la première fois depuis début 2011, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a reculé sur quatre mois". 
Un satisfecit un peu hâtif, sous l'influence inchangée des services politiques d Bercy. Quatre mois ne suffisent pas à dessiner une tendance. Le nombre de demandeurs d’emploi sans activité et tenus de rechercher une activité, qui avait atteint un nouveau record en août, s’établit fin septembre à 3.547.800 en France métropolitaine. Sur un an, il augmente de 3,1 %...

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories B et C (en activité réduite) , lui, continue d’augmenter. Ainsi, ils sont 1.874.900 inscrits à Pôle emploi, soit une hausse de 11,4 % en un an. Une augmentation qui témoigne d’une forte progression des emplois atypiques, à temps partiel.  Ainsi, toutes catégories confondues, le nombre de demandeurs d’emploi s’élevait fin septembre à 5.422.700 en France métropolitaine... 

Myriam El Khomri zappe les 260.000 chômeurs d'outre-mer…

Comme tous ses prédécesseurs, la ministre du Travail commente les chiffres mensuels du chômage sur la seule base des données de la métropole,
ce qui lui permet de minimiser l'ampleur de la catastrophe. Que le nombre de demandeurs d'emplois inscrits à Pôle emploi augmente ou baisse, c'est toujours la même rengaine: dans leurs analyses et leurs commentaires, le gouvernement et la quasi-totalité des media occultent les données relatives aux départements d'outre-mer (DOM). Un peu comme si les quelque 260.000 demandeurs d'emploi en catégorie A de Guyane, Martinique ou encore Mayotte n'existaient pas, ou n'étaient pas de vrais chômeurs et d'authentiques familles en souffrance…

Lundi encore, les cercles gouvernementaux se sont gargarisés du reflux de 23.800 chômeurs, en laissant penser qu'il s'agissait de toutes les catégories confondues et de la "France entière" alors que cette donnée ne concerne que la seule métropole. En tête de manipulation de l'opinion, Myriam El Khomri, la ministre du Travail soi-même, dans un communiqué qui ne prend que cette seule donnée en compte.
Les chaînes d'information continue reprennent en boucle les dépêches AFP et Reuters centrées uniquement sur l'Hexagone; idem pour les radios et la plupart des journaux de presse écrite qui ont, eux aussi, complètement passé sous silence les départements d'outre-mer. Or ces données sont incomplètes et négligent les difficultés de nos concitoyens éloignés de Paris.
En incluant les DOM, le chiffre enregistrée en septembre grimpe à 24.700, soit 900 de plus que le résultat affiché et abondamment commenté.
Les données administratives de Pôle emploi ne comportent aucune ligne portant sur la France entière. Bien que ces données existent, la quasi-intégralité des tableaux, graphiques et commentaires portent sur la France métropolitaine. 
A la presse "décrypteuse" de faire son  travail d'information. Sur le sujet, les journalistes d'investigation ne sont pas supposés attendre les 'fuitages' au téléphone. D'autant que pour accéder à la totalité des chiffres officiels, il suffit juste d'aller les chercher là où ils se trouvent, à la DARES (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques), et de faire chauffer sa calculette… plutôt que de se satisfaire du copié-collé des dépêches d'agence de presse en charge de la diffusion des 'éléments de langage' du pouvoir.
La ministre du Travail n'est d'ailleurs que porte-parole des services qui lui tiennent la main. Tous ses prédécesseurs faisaient de même et aucun d'entre eux n'avait intérêt à l'exhaustivité, la clarté et la vérité. Même l'UNEDIC, le gestionnaire du régime d'assurance chômage, publie des prévisions financières et d'évolution du nombre de demandeurs d'emploi centrées sur la seule métropole. Il y a ici matière à réforme: il suffit d'une volonté politique.

La barre des 3 millions sera-t-elle re-franchie - dans les commentaires - avant la présidentielle ?
Les media et les élus jouent le jeu de l'exécutif en place à Paris. Ainsi, en septembre 2012, cela faisait belle lurette que le cap des 3 millions avait été franchi en France entière quand le nombre de demandeurs d'emploi a officiellement (re)franchi la barre des 3 millions d'inscrits en métropole: ce n'est qu'alors qu'ils s'en sont émus. 
Certes les tendances sont les mêmes et les différences, de l'ordre de l'épaisseur du trait, mais cela peut avoir parfois des conséquences fâcheuses. Ce seuil avait déjà été franchi un an plus tôt, en septembre 2011, mais si un quelconque expert s'en était aperçu, il s'était bien gardé de le signaler. Sans doute le débat de la campagne présidentielle qui s'amorçait alors en aurait-il été un peu modifié.

Même sentiment sur le nombre total de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi. Si l'on se centre sur la seule France métropolitaine, on compte aujourd'hui très officiellement 3,55 millions de chômeurs en catégorie A, un peu plus de 5,42 millions de demandeurs d'emploi en A, B et C, et même plus de 6,1 millions d'inscrits toutes catégories confondues. 
Mais en n'ignorant pas les DOM, les niveaux changent: 3,81 millions en A, près de 5,73 millions en A, B et C, et même 6,45 millions toutes catégories confondues. Il n'est pas très social et respectueux d'ignorer 260.000 à 340.000 chômeurs, un différentiel chargé de sacrifices et de malheur, pour permettre à un gouvernement, quel qu'il soit,  d'afficher des niveaux absolus de demandeurs d'emploi légèrement inférieurs…

Le dernier chiffre est en hausse de six points par rapport à août dernier 

Mais comment donc s'étonner que les sondés sont encore 73% à ne pas y croire (79% en août), sur 1.003 personnes interrogées mardi et mercredi ? Ne perdons pas pour autant de vue que le nombre de demandeurs d'emploi pointant à Pôle emploi depuis plus de 3 ans, les vrais exclus de la politique de lutte contre le chômage, a une nouvelle fois explosé de 1,2% pour désormais frôler les 800.000 inscrits…

Reuters voit le verre à moitié plein
"Elles sont pourtant 46% à estimer que l'économie française redémarre, contre 53% d'un avis contraire." Ou inversement, donc !... 

Mais l'UNEDIC, association chargée de la gestion de l'assurance chômage par délégation de l'Etat, vient de publier ses prévisions d'évolutions des deux grands indicateurs du chômage pour les années 2015 et 2016. En 2016, l'horizon s'éclaircirait avec 51.000 chômeurs en moins, première année de baisse depuis 2007. Et cette baisse serait également vraie pour le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), celui-ci passant de 10,4% à 9,7% fin 2016.La tendance à la baisse en septembre est un espoir. Si elle est confirmée dans les mois à venir, elle coche l'une des conditions que s'est fixé le Président de la République pour concourir à la prochaine élection présidentielle de 2017, la fameuse inversion de la courbe.