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dimanche 3 mars 2019

Assurance chômage: Martinez épingle le "populisme" de Macron

La CGT s'emploie-t-elle à resserrer les liens avec le M5S et la Ligue du Nord en Italie

Les critiques de Macron visant des partenaires sociaux ont braqué 
Philippe Martinez

Résultat de recherche d'images pour "Martinez Macron"
Le secrétaire général de la CGT, s'est insurgé dimanche contre les critiques présidentielles adressées aux syndicats après l'échec des négociations sur l'assurance chômage, le 20 février.
Macron n'a pas hésité à reprocher aux syndicats et au patronat de se défausser de leurs responsabilités sur l'Etat.
"C'est très populiste. C'est proprement scandaleux", s'est indigné le secrétaire général de la CGT lors de l'émission BFM Politique, qualifiant de "très populistes" les accusations de Macron.
"Chaque jour dans le pays, on dit "corps intermédiaires, démocratie territoriale, démocratie sociale, laissez-nous faire". Et quand on donne la main, on dit "mon bon monsieur, c'est dur, reprenez-la" ", avait raconté Macron, dans le langage archaïque qui est le sien, faisant parler les uns et les autres, sans se mettre en cause.

"Qui est responsable de cette situation ? Lui", a répliqué Martinez, moustache ébouriffée, désignant le président irresponsable, observant que la négociation était "impossible" avec une lettre de cadrage du gouvernement qui imposait aux partenaires sociaux de trouver 4 milliards d'euros d'économies. C'est la technique habituelle du banquier : c'est au client de se tirer lui-même d'affaire avant de revenir. 

P. Martinez a également pointé Macron pour sa stratégie d'amalgame de tous les partenaires sociaux "dans le même sac"

La CGT dénonce le refus par le MEDEF du bonus-malus, promesse de campagne d'Emmanuel Macron pour réduire le recours aux contrats courts, .
"Pourquoi il ne dit pas publiquement 'le Medef ne veut pas de bonus-malus' ? Pourquoi il englobe ? A moins qu'il ne veuille pas se fâcher avec ses amis du Medef et préfère se fâcher avec tout le monde", a soupçonné Philippe Martinez.

Martinez a ainsi critiqué la décision du Président de défiscaliser les heures supplémentaires, pour répondre à la grogne des "gilets jaunes".
"Plus on avance dans le quinquennat de M. Macron et plus je me dis que c'est lui le 'vieux monde' ", a-t-il encore souligné.
"C'est une idée de Sarkozy. Alors, qui symbolise le vieux monde ?", a interrogé Martinez, s'amusant du fait qu'Emmanuel Macron aille "chercher les idées d'un président de la République d'il y a 10 ans", dans le contexte du début des années 2000.

samedi 10 février 2018

Réforme de l'apprentissage pour combattre le chômage

C'est le prochain chantier social du quinquennat Macron, avec ceux de la formation professionnelle et de l'assurance chômage

"Le système actuel s'embourbe parce qu'il souffre d' "une trop grande complexité propre à notre pays"

Résultat de recherche d'images pour "Réforme de l'apprentissage"Le premier ministre, Edouard Philippe, a été critique de la politique socialiste. "L’ambition, c’est (...) de transformer le dispositif actuel d’organisation et de fonctionnement de l’apprentissage pour en faire un élément clé, la meilleure des solutions peut-être pour lutter contre le chômage des plus jeunes." Ce taux est d‘environ 22%.

Pour cela, Philippe souhaite engager une "révolution copernicienne", avec la volonté de mettre les entreprises au coeur du dispositif de financement et de gestion.
On passerait d‘une logique dite administrée dans laquelle les centres de formation d‘apprentis (CFA) se finançaient en grande partie auprès des régions à une logique dite de marché.

Le financement se fera ainsi au nombre de contrats signés. Les branches professionnelles détermineront le “coût contrat” de chaque diplôme ou titre professionnel. Les partenaires sociaux "co-écriront" les diplômes professionnels pour lesquels l'Etat devra mettre en place les contrats, pour correspondre davantage aux besoins en compétences des entreprises.

Les régions perdent donc la main sur les 51% de la taxe d'apprentissage qui leur étaient reversés pour financer le secteur et correspondent à 1,6 milliards d‘euros.
Leur capacité de subvention auprès des CFA sera réduite à 250 millions d’euros par an pour tenir compte des spécificités de l‘aménagement du territoire, et les régions resteront maîtresses d'une dotation de 180 millions par an pour investir dans la création de nouveaux CFA ou procéder à des rénovations importantes.

Les réactions sont diverses, en fonction du déplacement des lignes

Ce n'est pas assez, estiment les Régions de France
La présentation, vendredi, de la réforme de l‘apprentissage déclenche la colère des régions. "Le compte n’y est pas pour répondre sur tous les territoires aux besoins et au maintien du développement de l’apprentissage", écrivent-elles dans un communiqué.
Elle s‘interrogent notamment sur la question de l'orientation, une compétence jusqu‘alors réservée à l'Education nationale. Le gouvernement a donné aux régions le mandat d‘organiser avec le monde professionnel des journées annuelles d’information sur les métiers et les filières professionnelles dans tous les collèges et lycées.
Il faut que l'Etat leur donne une "autorité fonctionnelle," avec des moyens, insiste le président délégué de l'Association des Régions de France, François Bonneau. Dans le cas contraire, elles se retireraient de la réforme, écrivent-elles.

Le MEDEF et les Chambres de métiers et de l'artisanat parlent d‘une réforme "ambitieuse". "Les branches et les entreprises sont placées au coeur du système, le cadre juridique de l‘apprentissage est simplifié, les démarches d‘apprentissage sont assouplies", estime le Medef dans un communiqué.

Pour le président de l'U2P (artisans), Alain Griset, "cette réforme a encore besoin d’être musclée, notamment pour garantir le maintien des crédits dédiés aux formations aux métiers de l’artisanat”.


La CFDT, FO et la CFE-CGC estiment que des freins ont été levés pour les apprentis. La CFDT renvoie maintenant à la responsabilité du patronat. "Cette réforme réussira si les entreprises développent le nombre de contrats proposés aux jeunes", a-t-elle déclaré dans un communiqué, précisant qu‘elle les "rappellera sans cesse à ces obligations".

Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière (FO) a tout de même jugé "insuffisantes" les aides dont bénéficieront les apprentis.
Nicolas Doze (BFMV), le 9 février 2018
Des aides allouées aux apprentis

Les jeunes de 16 à 20 ans verront leur rémunération augmenter de 30 euros par mois. Tous ceux de plus de 18 ans bénéficieront d'une aide de 500 euros pour passer leur permis de conduire. Les plus de 26 ans toucheront au minimum le SMIC.

Le gouvernement a souhaité lever certains freins à l‘apprentissage. Cette formation sera dorénavant ouverte aux jeunes jusqu’à 30, et non plus 26 ans. Elle sera accessible tout au long de l'année et non plus seulement pendant les quatre derniers mois de l‘année, selon le cycle scolaire.

Les aides à l’embauche seront unifiées et ciblées sur les TPE et PME et les niveaux bac et ..."pré-bac" (?). Ces aides, supérieures à 6.000 euros pour deux ans, seront payées par l’Etat [qui est l'Etat ?] et distribuées par les régions, qui pourront les compléter, si elles le souhaitent.

Point sensible avec certains syndicats, le passage obligatoire et préalable devant les prud’hommes pour rompre le contrat d’apprentissage après 45 jours sera supprimé.

Une certification de maître d’apprentissage sera créée. Elle sera accessible par la formation professionnelle ou la reconnaissance des acquis de l’expérience.

Une taxe unique sur l'alternance devrait être mise en place, au lieu de deux aujourd'hui (la taxe d'apprentissage qui correspond à 0,68% de la masse salariale et une part de la cotisation pour la formation professionnelle).
Elle devrait être revalorisée à 0,85%, selon les régions. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, n‘a pas souhaité confirmer cette information, indiquant que des négociations sont en cours entre les partenaires sociaux sur le sujet.

La CGT a "décliné l'invitation" vendredi à Matignon

Le syndicat dénonce une "opération de communication gouvernementale" qui "percute de plein fouet la liberté de négocier", puisque "le Premier ministre compte, par une conférence de presse, rendre des arbitrages, alors que l'avenir de l'apprentissage est à l'ordre du jour de la négociation". 
"La CGT est une organisation syndicale responsable et ne veut pas servir d'alibi pour que le gouvernement s'appuie sur un consensus qui n'existe pas à l'issue de la concertation apprentissage", explique la centrale dans son communiqué.
Nicolas Doze (BFMV), le 10 février 2018
Des aides allouées aux apprentis

La CGT n'exclut pas de boycotter les annonces. 
"Cela pose un problème majeur de convoquer tout le monde un jour de négociation interpro pour donner les orientations gouvernementales sur une partie de la négociation qui n'est pas encore négociée", a protesté Catherine Perret (CGT) en sortant d'une séance sur la formation, au siège du MEDEF. 
La CGT juge que "si le gouvernement voulait faire pression pour appuyer les régressions patronales, il ne s'y prendrait pas autrement". La concertation sur la réforme de l'apprentissage a été houleuse en raison d'un bras de fer entre le MEDEF et les régions, révèle la centrale. Cela a rejailli sur la négociation sur la réforme de la formation professionnelle, dont deux séances ont été suspendues par le MEDEF.

mercredi 27 décembre 2017

Chômeurs "responsabilisés" et non pas sanctionnés: le sémantique de Macron nous glace

Le regard de glace et la sémantique de Macron alarment les démocrates et les humanistes

Avant de créer de l'emploi, Macron envisage de durcir les sanctions contre les chômeurs qui ne trouvent pas de travail

Son gouvernement est déterminé à renforcer les contrôles des chômeurs et à alourdir les sanctions en cas de manquement aux nouvelles règles, dans le cadre d’une réforme de l’assurance chômage. révèle  l'hebdomadaire anarchiste, le Canard enchaîné.

La discrimination entre les chômeurs s'organise au sommet de l'Etat.
Successivement UMP, UDF, Nouveau Centre en 2007, puis UDI en 2012, le député LREM Sylvain Maillard, 43 ans, a le sentiment que le populisme a des vertus :


"Je veux, je veux..." martèle Macron

Le président ne cherche pas à sanctionner, mais à ..."responsabiliser" !

Emmanuel Macron a tenu ces mêmes propos menaçants il y a quelques mois sur BFMTV, alors qu’il n’était encore que candidat à l’élection présidentielle. Mais il avait alors expliqué qu’il souhaite un "système qui responsabilise". "Si vous refusez la deuxième offre d'emploi, vous sortez du système et vous n’êtes plus indemnisé", avait-il lancé.


jeudi 12 octobre 2017

Macron ouvre le chantier formation apprentissage et assurance-chômage

Syndicats et patronat à l’Elysée pour débattre de formation et d'assurance-chômage

Emmanuel Macron reçoit les partenaires sociaux, syndicats patronaux et ouvriers pour aborder la suite des réformes sociales

Résultat de recherche d'images pour "Le président français Emmanuel Macron au marché de Rungis, dans la banlieue de Paris, le 11 octobre 2017© POOL/AFP Francois Mori"
Formation professionnelle, apprentissage et assurance-chômage sont à l'ordre du jour, dans un climat social alourdi par les premiers choix du quinquennat.
Plus de quatre mois après les premières rencontres sur les ordonnances réformant le droit du travail, l'exécutif reprend la même méthode: le président ouvre la concertation, jeudi et vendredi, en accordant une heure à chaque syndicat
Jeudi, Jean-Claude Mailly débutera la journée à 09h00 et sera suivi par Philippe Martinez (CGT) à 10h00, François Hommeril (CFE-CGC) à 11h00, Alain Griset (U2P) à midi, Pierre Gattaz (Medef) à 15h00, Philippe Louis (CFTC) à 16h00 et François Asselin (CPME) à 17h00. Laurent Berger (CFDT), indisponible jeudi, sera reçu vendredi à 09h00.
Macron passera ensuite le relais à Matignon et à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avec pour objectif un projet de loi  en avril

Les "trois chantiers" sont "liés et "contribuent à protéger chacun", a estimé
M.
 Pénicaud,  mercredi sur BFMTV, malgré un climat social dégradé depuis l'été, avec la colère des policiers, la mobilisation des agriculteurs, des blocages routiers, un défilé de 2.000 retraités maltraités et le mécontentement des fonctionnaires qui ont défilé mardi, alors que la discussion budgétaire qui s'annonce animée à l'Assemblée et que la CGT a appelé à manifester une troisième fois le 19 octobre pour le retrait des ordonnances.

Publiées fin septembre, les ordonnances sont déjà entrées en vigueur, ce qui ne constitue pas un obstacle à leur retraitau vu d'un précédent notable, la loi instituant le contrat première embauche (CPE) adoptée par le Parlement le 31 mars 2006 qui avait entraîné trois mois de fronde étudiante avec le soutien par des partis et syndicats de gauche, bien que promulguée ne fut pas appliquée.

Macron joue la division

"On est tous d'accord pour dire qu'il y a de l'inquiétude sur ce qui va être fait en termes de formation professionnelle et d'assurance chômage, qu'il y a beaucoup d'incertitudes", a affirmé Véronique Descacq (CFDT) à l'issue d'une intersyndicale lundi. 

"On se demande ce qu'il y a de positif pour les salariés", résume le chef de file de FO, Jean-Claude Mailly, dans un entretien avec Paris-Match, voyant "davantage de signes négatifs", comme la "suppression de l'ISF".

Les syndicats peinent néanmoins à se mettre d'accord sur une riposte. 
Ils ont d'ailleurs prévu de tous se revoir le 24 octobre, après avoir rencontré l'exécutif sur ces nouveaux chantiers.

L'assurance chômage pour tous : attrape-nigauds ?

La réforme de l'assurance chômage risque de cristalliser la lutte sociale.
Il est prévu d'étendre le système aux indépendants et aux démissionnaires. "L'objectif, c'est d'ouvrir l'assurance chômage à tous et c'est aussi qu'elle puisse se réformer pour lutter contre la précarité", raconte Pénicaud. Car "les contrats précaires", c'est "ce qui coûte le plus cher à l'assurance chômage". Des sanctions sont prévues sous forme de "bonus-malus" à l'encontre des entreprises qui abuseraient des contrats courts. 

Pénicaud a par ailleurs qualifié de "fantaisiste", mercredi, le coût des nouvelles indemnisations chiffré à 14 milliards d'euros par la presse, tandis que les syndicats, eux, craignent que ces nouveaux droits n'entraînent une baisse des allocations. 

Le financement et la gouvernance est un autre sujet de friction. 
Le régime ne serait plus uniquement financé par les cotisations, mais également par l'impôt (CSG), et il passerait d'une gestion paritaire par les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l'Etat.

Les Français consacreront 15 milliards à la formation professionnelle

Le gouvernement a déjà promis de consacrer la somme sur cinq ans dans le cadre du grand plan d'investissement, dans le but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs". 
Ce gouvernement veut à son tour tenter de simplifier un secteur difficilement lisible où se côtoie une multitude d'acteurs intéressés à l'enveloppe budgétaire, au premier rang desquels, les syndicats.

Le pouvoir compte ainsi réformer le CPF, compte personnel de formation. 
Dans un rapport publié mercredi soir, l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales) juge que ce dispositif relatif à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale mis en place en 2015 "reste en-deçà des ambitions initiales" et ce "malgré un volontarisme incontestable dans son déploiement". L'argent n'aurait-il pas été dépensé au mieux des intérêts des personnes vulnérables concernées: les salariés du secteur privé et du secteur agricole, dès 16 ans, et les personnes en recherche d'emploi (demandeurs d'emploi inscrits ou non à Pôle emploi) ou en Contrat de sécurisation professionnelle.
"Clé de voûte" de la réforme de 2015, la gestion du CPF était confiée à la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance rendant compte au Parlement et dirigée par une personnalité nommée pour cinq ans par décret du président de la République, actuellement Pierre-René Lemas, ex-secrétaire général de la présidence de la République (2012-2014).
"Ce que je souhaite faire, c'est que chaque Français, chaque salarié, puisse avoir sur une 'appli', facile d'accès à tous, à ses droits à la formation, combien d'heures, ça coûte combien (...), quel est le taux d'insertion dans l'emploi après", annonce la ministre. 

La réforme de l'apprentissage se fera, comme celle de la formation, en concertation avec les régions et devra rendre plus attractif ce dispositif.


jeudi 28 avril 2016

L'assurance chômage des intermittents motive en régions

Les incivilités "citoyennes" se multiplient

Le mouvement des intermittents commence à s'étendre en province

Odéon, théâtre public et... subventionné,
dirigé par Stéphane Braunschweig,
nommé par Fleur Pellerin 
Alors que les négociations sur le régime d'assurance chômage du spectacle doivent se poursuivre ce mercredi après-midi, après le théâtre de l'Odéon depuis dimanche soir et la Comédie Française mardi à Paris avec respectivement l'annulation des représentations de "Phèdre" avec Isabelle Huppert et de "Lucrèce Borgia", selon le compte Intermittents 2.0 sur Twitter,  cinq salles subventionnées sont aussi occupées désormais en province.

A Strasbourg (Bas-Rhin), les intermittents ont décidé d'occuper le Théâtre national (TNS). La décision a été prise mardi en début de soirée lors d'une assemblée générale (!) organisée dans les locaux du théâtre, et qui réunissait des intermittents, mais aussi des lycéens, étudiants, et des représentants du mouvement "Nuit Debout". "C'est une occupation, pas un blocage", a nuancé une comédienne présente sur place, précisant que les manifestants n'avaient en rien perturbé les deux pièces qui étaient jouées mardi au TNS.

Même chose à Montpellier (Hérault) au Centre Dramatique National. Les intermittents se sont réunis en assemblée générale pour décider une occupation jusqu'à jeudi avant d'assister à la projection du film "Merci patron".
Les théâtres de Caen (Calvados), le théâtre du Nord à Lille (Nord) et le théâtre du Port de la Lune à Bordeaux (Gironde) ont aussi décidé de rejoindre ce mouvement.

Après l'échec des négociations lundi soir, faisant suite aux précédentes depuis plusieurs années, mardi après-midi la Coordination des intermittents et précaires (CIP) a fait part de sa détermination avant la reprise des négociations. "Nous avons rendez-vous demain mercredi à 16 heures au ministère du Travail", a expliqué Denis Gravouil, secrétaire général de la Fédération CGT-Spectacle. "On veut arriver à un accord équilibré. Il faut que les employeurs prennent leur part de responsabilité." Mais, selon les intermittents de la CGT Spectacle, le compte n'y est pas.

Les artistes et techniciens du spectacle bénéficient déjà de règles spécifiques d'indemnisation du chômage.

Ce régime verse près d'un milliard d'euros chaque année, soit environ un quart du déficit général. Un cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (syndicats minoritaires dans le spectacle) impose un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l'État en compense une partie, de l'ordre de 80 millions. Mais l'Etat, c'est moins de 50% des Français, les contribuables.

Des conditions jugées "inacceptables" par la CGT et la Coordination des Intermittents et précaires (CIP) qui font planer la menace de perturber les prochains festivals. "Il nous manque encore deux choses pour parvenir à un accord. D'abord des éléments chiffrés qui nous permettront de savoir qui est touché par telle ou telle mesure, positivement ou négativement", a ajouté Denis Gravouil.
En cas de nouvel échec de la négociation, la CGT a déposé un préavis de grève reconductible à compter de jeudi.

VOIR et ENTENDRE les intermittents envahisseurs de l'Odéon dimanche:

Les intermittents envahissent le théâtre de l... par leparisien


La crise économique internationale qui perdure depuis 2008 et les déficits publics accumulés par Hollande depuis 2012 ne semblent pas "toucher" les mentalités particulières des travailleurs occasionnels du spectacle.

vendredi 11 mars 2016

Préconisée par Hollande, la surtaxe des CDD ne satisfait personne

"Une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et les salariés" 

La dernière du pouvoir socialiste, sous la contrainte


Sous la pression de la gauche en révolte contre son projet de loi Travail, Hollande fait gronder les entrepreneurs.  
Le gouvernement veut répondre à la révolte contre l'ex-loi El Khomri, rebaptisée loi Travail, par une surtaxation plus forte des CDD au risque d'ouvrir un nouveau front du côté des créateurs d'emplois.

La piste n'est certes pas encore officielle, mais le gouvernement qui menaçait de passer en force, avec l'article 49.3, est entré de force dans la négociation et par les acteurs politiques de gauche et par la rue, au lendemain d'une mobilisation de lycéens et étudiants.

Hollande recule et Valls envisage une piste nouvelle: surtaxer davantage les CDD 

L'exécutif mise sur la surtaxe des CDD de courte durée pour les rendre moins attractifs. Il pense inciter ainsi les entreprises à recruter en CDI. "C'est sorti du chapeau du gouvernement hier (mercredi 9), réagitla CGPME. Je ne comprends pas très bien pourquoi le gouvernement vient mettre les pieds dans ce sujet, qui relève de la négociation sur l'assurance chômage menée actuellement par les partenaires sociaux," souligne François Asselin.

"Le sujet a toute sa place dans les débats," selon la ministre du Travail 
"Cette question est posée sur la table. La proposition existe. C'est en corrélation avec le projet de loi", a-t-elle confirmé, toujours aussi déphasée, jeudi 10 mars sur France Info
La surtaxation des contrats courts existe déjà depuis 2013 et la loi de sécurisation de l'emploi : plus le CDD est d'une durée réduite (moins d'un mois), plus les cotisations sont élevées (+3%). 
Mais le gouvernement semble vouloir aller plus loin. 
Pour François Asselin, cette piste est une erreur. "J'y vois une très mauvaise nouvelle pour les entreprises et pour les salariés, poursuit-il. Ce n'est pas comme ça, en augmentant le coût du travail, qu'on va signer plus de CDI, croyez-moi, fait valoir cet homme de terrain face aux technocrates de Bercy. 
"Il y a des activités purement saisonnières ou avec des pics d'activité qui nécessitent des contrats à durée déterminée, explique-t-il. Les taxer encore plus ne conduira pas au CDI mais à la sous-traitance," met-il en garde.

Dans un communiqué, le syndicat des petites et moyennes entreprises,
la CGPME, fustige même "la foire aux idées qui semble ouverte pour dénaturer ce texte". 

Au MEDEF, on balaie la question. "Ce sujet ne regarde pas le gouvernement mais les partenaires sociaux, qui n'en sont qu'au début de leur négociation, estime-t-on en début d'après-midi.
Sur le fond de la mesure, taxer n'a jamais créé d'emplois et ce n'est pas le moment pour le gouvernement de changer son fusil d'épaule", estime le patronat, qui a déjà opposé une fin de non-recevoir à cette proposition lors des discussions entre partenaires sociaux. "L'enjeu, c'est de débloquer les embauches en CDI et ça ne se fera pas en taxant davantage les contrats à durée déterminée, qui sont liés à un manque de visibilité, à une peur de l'embauche. On ne fera que l'accentuer en brandissant cette menace de surtaxation", selon ce représentant du Medef, qui maintient qu'il ne s'agit pas de la bonne recette. 

Le ton est monté dans la soirée. 
En déplacement au Maroc, Pierre Gattaz a dit tout le mal qu'il pense de cette piste de travail. "Si on veut totalement asphyxier l'économie française, taxons les contrats courts", a-t-il prévenu, invitant plutôt à "baisser la fiscalité sur tous les types de contrats". "Il faut arrêter de penser en France que la solution passe par l'augmentation des taxes, des cotisations. Il faut inciter et non pas démotiver, je ne pense pas que ce soit une bonne solution du tout", a-t-il conclu. 

L'opposition est contre, les syndicats sont (plutôt) pour

Côté syndical, à la tête de tous les autres, la CGT réagit favorablement.
Le syndicat d'extrême gauche le réclame depuis longtemps: la CGT en a fait une de ses propositions phares dans le cadre, d'ailleurs, de la négociation sur la nouvelle convention Unedic.

Le syndicat ouvrier voudrait frapper fort.
La CGT a même proposé une très sévère  sur-cotisation de 12,40%  pour les CDD de moins d'un mois, de 10,40% pour ceux de un à deux mois, et de 8,40% pour les CDD de deux à six mois. En s'attaquant à cette question, le gouvernement outrepasse un peu son champ de compétences, observe Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO). "La surtaxation des CDD, ce n'est pas son problème. Ca relève de la négociation patronat-syndicats qui est en cours, donc ce n'est pas au gouvernement de trancher là-dessus", a-t-il affirmé jeudi 10 mars. 
"Le gouvernement est embêté sur un projet de loi et il cherche une solution qui n'est pas de sa responsabilité, ça montre bien qu'il est un peu gêné aux entournures. Cela fait dix ans qu'on demande qu'il y ait une sur-cotisation patronale quand il y a ce qu'on peut considérer comme un abus d'utilisation de CDD", développe-t-il, plaidant en faveur d'un système de bonus et de malus. "Ce n'est même pas une question financière, à la limite; c'est aussi pour changer les comportements des employeurs. La grande nouveauté, ce sont les CDD très très courts; c'est ça le problème." 

Côté politique, en revanche, les réactions de l'opposition ne sont guère favorables à la mesure. 
Pour Luc Chatel, président du Conseil National du parti Les Républicains, il s'agit même d'un "contresens". 
Un avis partagé par le député des Hauts-de-Seine Jean-Christophe Fromantin. "Cette option ne laisserait (aux entreprises) comme marge de souplesse que le recours à l'intérim qui a le double désavantage d'être une forme de travail très précaire et de leur coûter très cher. Notons enfin que les majorations de cotisations déjà applicables aux CDD n'ont eu aucun effet pour limiter leur développement", estime ce patron d'une société de services et de conseils pour l'import-export qui, avec un groupe de personnalités, Jean-Christophe Fromantin (ex-UDI) a lancé, en mars 2012, la candidature de la France pour l'exposition universelle de 2025 au Grand Palais.

mercredi 3 février 2016

Le pouvoir socialiste se convertit à la dégressivité de l'assurance chômage: une idée sociale?

La dégressivité de l'assurance chômage, la dernière trouvaille sociale des socialistes au pouvoir

Hollande cautionne l'instauration de la dégressivité
 par le gouvernement Valls

Alors que les négociations pour renouveler l'assurance chômage doivent s'ouvrir mi-février, la gauche sociale s'embrase pour la sauvegarde de l’allocation chômage, tandis que la meute des membres du gouvernement se déploie. Ces derniers jours, Myriam El Khomri, la marionnette de Valls au Travail, Michel Sapin, aux Finances mais annoncé partant et Emmanuel Macron, le virus social-libéral Zika du gouvernement à l'Economie, tous ont ouvert la porte à un durcissement des règles d'indemnisation du chômage. 
Les collabos de Valls reprennent le discours de François Hollande qui avait donné le ton le 18 janvier dernier: "En France, la durée d’indemnisation est la plus longue d’Europe, mais la durée de formation des chômeurs est la plus courte. C’est ce qu’il faut changer", avait-il déclaré. Une façon de mettre la pression sur les partenaires sociaux qui doivent renégocier la convention d'assurance chômage à partir du 20 février suite à l’annulation par le conseil d'Etat de celle conclue en 2014. 

Des pourparlers qui s’annoncent tendus entre le patronat et les syndicats de salariés tant l’enjeu cette fois est fort. Faute d’inversion de la courbe du chômage – il y a actuellement quelque 3,6 millions de personnes sans emploi et plus de 5 millions en prenant toutes les catégories – la dette de l’Unedic a doublé ces 5 dernières années et devrait tutoyer les 30 milliards d’euros à la fin 2016. 

Réduire la durée d'indemnisation, malgré la rareté des emplois 

Cette fuite en avant du gouvernement, qui vient encore briser un tabou de gauche, n’est pas anodine. Faute d’accord entre les partenaires sociaux d’ici au 1er juillet 2016, Manuel Valls pourrait s'emparer du dossier pour instaurer par décret la dégressivité ou une réduction de la durée d’indemnisation. 

Une option qui met en colère les syndicats de salariés mais qui redonne espoir au patronat. 
Stanislas de Bentzmann, le président de Croissance Plus, veut justement ramener à douze mois la durée d’indemnisation (contre 24 actuellement), comme en Italie ou en Allemagne, sans toucher au taux de remplacement des salaires qui oscille entre 57 et 75%. "On pourrait toutefois rallonger la durée si le chômeurs s’engage dans une formation qualifiante", avance-t-il. 

Moins radicale,
la Cour des Comptes propose de revenir sur "la règle du jour cotisé, un jour indemnisé" en ramenant le rapport à 0,9 (un jour cotisé, 0,9 jour indemnisé) pour une économie chiffrée à 4,1% des dépenses d'allocation de retour à l'emploi, soit environ 1,2 milliard par an. 
Autre piste lancée par les magistrats de la rue Cambon: relever à 55 ans contre 50 ans aujourd’hui, le déclenchement de la durée d’indemnisation de 36 mois spécifique aux seniors. "Fin 2012, 20% des allocataires indemnisés par l'assurance chômage avaient 50 ans ou plus. Leur indemnisation représentait 27% des dépenses de l'assurance chômage. Le surcoût lié à l'existence d'une indemnisation maximale de 3 ans pour ces salariés est de 1,085 milliard", affirmait en juin 2015 la Cour présidée par Didier Migaud. En appliquant cette mesure, l’UNEDIC ferait 450 millions d’euros d’économies par an. 

La dégressivité : une mesure anti-sociale 

C'est la dégressivité des indemnités qui met véritablement le feu aux poudres. "On note une forte hausse des retours à l’emploi dans les semaines précédant la fin de l’indemnisation, révèle Croissance Plus, à deux doigts de l'accusation de passivité des victimes de licenciements. Les chômeurs accélèrent leurs recherches, font plus d’efforts et deviennent moins exigeants", martèle Stanislas de Bentzmann. 
"La dégressivité des allocations est une solution que nous souhaitons aborder", renchérissait pour sa part Pierre Gattaz, le président du MEDEF, en décembre dernier. Cette  thérapie de choc serait toutefois moins prometteuse qu’elle n’en a l’air. 

La gauche l’avait d’ailleurs mise en place en 1992 sous l’impulsion de la ministre du Travail de l’époque, une certaine Martine Aubry. 
Ainsi, pendant 9 mois l’allocation était maintenue, avant d'être abaissée tous les 4 mois de 17% pour atteindre un seuil minimal de 355 euros. Mais faute de résultats probants, cette solution-miracle de la je-sais-tout du microcosme politique avait été abandonnée en 2001. "La dégressivité, telle qu’elle a été mise en œuvre de 1992 à 1996, aurait ralenti le retour à l’emploi", note même un rapport de l’Insee datant de 2001. 
Et la Cour des comptes d’enfoncer le clou de cette expérience pour rien: "Les études économiques tendent ainsi à montrer que la mise en œuvre d'une allocation dégressive engendre des économies, mais n'améliore pas globalement l'efficacité du système d'assurance chômage, qui dépend du niveau de contrainte que le marché du travail exerce sur la reprise d'activité des chômeurs.

Les effets pervers de cette fausse bonne idée 
Un certain nombre d’économistes estampillés "libéraux" ne recommande pas de se lancer dans cette aventure. C’est le cas de Bertrand Martinot, pour qui "dans le contexte économique de la France, une telle mesure aurait pour effet de faire basculer dans la pauvreté des chômeurs de longue durée.
"Cette voie n’est pas la plus efficace si l’on se soucie du bien-être des salariés et des chômeurs, notamment de ceux qui ont de faibles marges de manœuvre dans leur capacité à retrouver un emploi", analysent les universitaires Pierre Cahuc et Stéphane Carcillo dans un livre de 2004. 
Idem du côté de Bruno Coquet, un économiste qui vient de publier un rapport pour l’Institut de l’Entreprise. "Il y aurait un effet pervers, les chômeurs les plus proches du marché du travail accepteraient des jobs non qualifiés, ce qui diminuerait encore les chances des plus éloignés de l’emploi de se réinsérer", montre-t-il dans son étude. 
Pour mémoire, "plus de la moitié des personnes indemnisées n'ont pas le bac (…) A l'opposé, moins d'un allocataire sur huit dispose d'un niveau de diplôme bac + 3 ou plus", constate la Cour des comptes dans son rapport de juin 2015. L’économiste, également chercheur à l'OFCE, plaide pour une uniformisation des régimes d’indemnisation. Dans son viseur: le régime spécial des employeurs du secteur public qui ont le choix d’affilier, ou non, leurs salariés à l’assurance chômage. 
Dans la même veine, il considère que les fonctionnaires devraient participer au financement de l’assurance chômage, comme c’est le cas dans la plupart des pays européens. Le gouvernement et les syndicats oseront-ils s’attaquer à l'électorat socialiste?… Les fonctionnaires étant traditionnellement des électeurs votant à gauche et des membres puissants et actifs au sein des centrales syndicales.  

A l'occasion des présidentielles de 2012, Le PS accusa l'UMP de stigmatiser les chômeurs "en voulant rendre les allocations chômage dégressives"...  
archives parti sociaslite
En juin 2000, alors premier secrétaire du PS, François Hollande considérait comme un "progrès" la suppression de la dégressivité prévue par un nouvel accord de l'UNEDIC. Deux ans plus tôt, en plein mouvement social mené par des chômeurs, Harlem Désir, membre du bureau national du PS, résumait ainsi la position de son parti : "Le système de dégressivité est terrible. Les chômeurs et leur famille n'arrivent pas s'en sortir"
VOIR et ENTENDRE Hollande plaider contre la dégressivité des allocations chômage: