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vendredi 13 mars 2020

La réforme Macron de l’assurance chômage ne résiste pas au coronavirus

Sa réforme n'a que quelques mois, mais Macron fait revoir sa copie à Pénicaud

La ministre tout-terrain doit procéder à l'aménagement des nouvelles règles d’assurance chômage entrées en vigueur le 1er novembre 


Dès la première étape - tour de vis sur les conditions d’indemnisation, nouveaux droits pour les indépendants -, la réforme de l’assurance chômage  ne tient déjà plus la route. Le calcul de l’allocation des travailleurs précaires doit théoriquement changer le 1er avril, alors certains secteurs souffrent et dégraissent à cause du Covid-19.
La ministre du Travail annoncera des mesures pour les "travailleurs précaires", premiers atteints par la réforme de l'indemnisation du chômage, en raison de l'épidémie de coronavirus. "D'ici quelques jours, on annoncera ce qu'on fait pour les travailleurs précaires. On est en train de regarder différentes options", a indiqué  jeudi Muriel Pénicaud sur LCI, alors que de nouvelles règles plus dures de l'assurance chômage doivent entrer en vigueur le 1er avril.
"L'assurance chômage est une très bonne réforme qui contribue à l'emploi, raconte Pénicaud (...) Mais maintenant on est dans un contexte nouveau. On est pragmatique"... 
"Il faut qu'on fasse ce qui est plus efficace pour les travailleurs précaires", a admis Muriel Pénicaud, sans dire si cela passera par un report de l'entrée en vigueur des nouvelles règles.

Une réforme vendue comme un rééquilibrage

Opposés à cette réforme dont ils avaient bien dit qu'elle va pénaliser les travailleurs les plus fragiles, les syndicats ont demandé une nouvelle fois au gouvernement d'y renoncer, soulignant, à la faveur de la pandémie de coronavirus, que les emplois précaires sont "la première variable d'ajustement" en temps de crise.

Après un durcissement des conditions d'accès à l'indemnisation, en vigueur depuis novembre, le nouveau volet de cette réforme qui doit entrer en vigueur au 1er avril 2020 prévoit la modification des règles de calcul de l'allocation.

Certains "permittents" n'utilisent pas tout leur capital.
Pour la même quantité de travail, la situation actuelle est plus favorable aux personnes alternant contrats courts et inactivité qu'à celles travaillant en continu, cela pour inciter à la reprise d'un emploi durable dans un contexte de difficultés de recrutement dans les entreprises.

Or, selon l'UNEDIC, quelque 850.000 nouveaux entrants, qui avaient des périodes non travaillées entre deux contrats, auraient une allocation mensuelle plus faible de 22 % en moyenne (de 905 à 708 euros) avec la réforme.
Mais ces "permittents" entre l'emploi et l'inactivité sont souvent employés dans les secteurs les plus touchés par la crise du Covid-19, comme le tourisme et l'événementiel (cf. intermittents du spectacle). 

Certes, avec la réforme? ces demandeurs d'emploi verraient  la durée maximale d'indemnisation s'allonger (de 12 à 18 mois en moyenne), ce qui fait dire au gouvernement que leur capital de droits resterait intact. Mais, sachant que les demandeurs n'utilisent pas leur capital en intégralité (10 mois en moyenne), le gouvernement de Macron cherchait, avec cette seule mesure, à réaliser 1,1 milliard d'euros d'économies à partir de 2021.

Le sort des transfrontaliers allemands

Interrogée sur le cas des transfrontaliers travaillant en Allemagne et incités par leurs employeurs à rester chez eux, Muriel Pénicaud n'a pas hésité à les assurer qu'ils "seront intégralement payés" par leur entreprise allemande. La ministre, qui s’est entretenue mercredi avec son homologue allemand Hubertus Heil sur ce sujet, a anticipé la réponse de son homologue : "On est d’accord - j’aurai la confirmation écrite dans la journée - que si une entreprise (prend) cette mesure de précaution, ses travailleurs frontaliers français qui doivent rester chez eux pendant 14 jours doivent être payés intégralement, la totalité de leur salaire".
La réciproque est-elle vraie ?

lundi 13 mai 2019

France 2, Molière de la censure des Gilets jaunes

Les Gilets jaunes invités-surprise se font couper au montage par le service public de France Télévisions

Une "attaque", dirait Castaner pour caractériser l'irruption de Gilets jaunes en marge de la grand-messe païenne du théâtre parisien

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Le "grand" débat a enfin eu lieu, en présence du ministre de la Culture, Franck Riester, en l'absence de Macron : il a donc été très bref et pourtant amputé de la cérémonie des Molières 2019 sur France 2

Sous le regard blasé d’une salle habituée aux interruptions par des 
activistes LGBT et autres intermittents du spectacle,
des Gilets jaunes se sont invités sur scène au début de la cérémonie des Molières, dénonçant les coupes budgétaires pour la culture.

Une vingtaine de Gilets jaunes a interpellé le monde du spectacle en paillettes ce lundi soir, vers 20h30, "en marge" de la 31e cérémonie qui avait lieu dans la salle prestigieuse du 9e arrondissement de Paris, les Folies-Bergère, propriété de Lagardère SCA, en association avec Jean-Marc Dumontet (propriétaire de sept autres salles de spectacle), lequel soutient et conseille Macron...

Image associéeLe maître de cérémonie, l’humoriste belge Alex Vizorek, lisait la liste des favoris, avec un talent que Stéphane Séjourné peut aisément lui envier depuis sa prestation pourrie de lecture, devant la presse médusée, des noms des candidats de la liste présidentielle 'Renaissance' du président Macron aux Européennes, quand le petit groupe est sorti des coulisses en chantant et brandissant une banderole de soutien aux chômeurs et aux intermittents.


Le présentateur leur a accordé une minute pour s’exprimer, mais les contestataires en ont eu besoin d'une dizaine,
le temps de décerner leurs propres prix. 
Venus avec deux petites statuettes de Molière drapées de jaune, ils ont remis leur récompense aux techniciens, symbole des classes laborieuses, les invitant à rejoindre le mouvement. Puis vint le tour d’un Molière "de déshonneur", attribué à Emmanuel Macron et à Franck Riester, sorti du garage familial pour faire le ministre de la Culture et représenter Jupiter, ce soir-là. Les manifestants leur reprochaient notamment "les violences policières", sous les sifflets d'une partie de la salle. 
Des agents de sécurité sont alors intervenus pour libérer la scène et les gilets jaunes sont repartis pacifiquement en chantant, sous les applaudissements.

Une séquence censurée par le service public

Les ciseaux du monteur qui, sur aucune des huit chaînes de diffusion, n'avaient pas coupé les activistes d'Act Up lors de la retransmission de l'odieux spectacle du Sidaction de 1996 au Zenith, n'ont pas épargné les Gilets jaunes de 2019, preuve que démocratie, pluralisme et liberté d'expression régressent en France depuis deux ans.
VOIR et ENTENDRE la véhémence des activistes :

Le "monde nouveau" annoncé par Macron est un retour à l'ORTF et à la désinformation. 
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France 2 a privé les citoyens de France de la vérité intégrale de cette cérémonie: les images de la contestation sociale et politique ont été amputées de cette scène, la cérémonie étant diffusée en différé ce lundi soir, trois heures après son démarrage.
Les responsables de la censure sont Delphine Ernotte,  Caroline Got (photo ci-dessus) qui a licencié l'humoriste Tex, et Dumontet. 
Pour Gilles-William Goldnadel, le licenciement de Tex fut caractéristique d'un climat "de censure et d'hystérie collective", dès novembre 2017.
Olivier de Benoist regretta que les humoristes soient devenus des "cibles faciles" et jugea que la liberté de ton dans le comique était désormais en recul. Le 10 janvier 2018, dans un entretien avec Média+, Caroline Got, se défendit par un amalgame militant, inspiré de facho-féminisme, avançant que "
le public féminin a un énorme problème avec Tex et ses blagues que le public juge déplacées et lourdes. Il s’avère qu’il a fait la blague de trop."
En se cachant derrière un certain public sexiste, elle confondait les activistes et les pisse-froid avec les femmes qui aiment les hommes.
En donnant le pouvoir à certaines femmes, les politiques déconstruisent notre société.

mercredi 8 juin 2016

Des intermittents désoeuvrés bloquent le domicile de El Khomri

Comme Macron, la ministre du Travail se plaint du manque de respect des travailleurs

Une vingtaine d'intermittents du spectacle a brièvement manifesté, mercredi 8 juin, devant le domicile de la ministre du Travail 

Ils font tous par intermittence, même pour réclamer à Myriam El Khomri l'application de l'accord sur leur régime d'indemnisation chômage.

Les militants de la Coordination des intermittents d'Ile-de-France se sont donnés en spectacle sous les fenêtres de la socialiste, dans le très recherché 18ème de Paris, peu après 6h du matin, déployant une banderole portant la citation de la   Louise Michel, anarchiste libertaire, franc-maçonne et féministe,  "Ce que le peuple obtient, il le prend" - normal: la scène se passe dans l'ancienne commune de Montmartre. Les hommes de Samuel Churin (CIP-IDF), ont été repoussés par la police, deux heures plus tard.
Voir les photos
Samuel Churin est aussi un proche d'Olivier Py, nouveau directeur du Festival d'Avignon, mais en 2014, à trois semaines du Festival, le premier supplie le gouvernement de prononcer un "moratoire" sur l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage, pour éviter l'annulation, et le second, Samuel Churin et les militants de la CIP et de la CGT-Spectacle brandissent la menace de la grève si le gouvernement agrée l'accord. "Personne ne mène une politique de fond, assure Churin. Les ministres essaient juste de sauver la mise, avec des phrases de communicants. Aurélie Filippetti veut que les propositions alternatives des intermittents soient entendues avant que le ministre du travail, François Rebsamen, ne rende son verdict sur l'agrément. Quand on la voit, elle nous dit, c'est pas moi qui décide, c'est lui !"

Les intermittents réclament l'application immédiate de l'accord conclu par la profession du spectacle
, salariés et employeurs, le 28 avril dernier sur leur régime spécifique d'allocation chômage. Les négociateurs de la Convention UNEDIC coté patronal (Medef, CGPME, UPA) et de trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) refusent d'avaliser cet accord, qui ne respecte pas le cadrage financier qu'ils avaient fixé.
La veille, une centaine d'intermittents avaient déjà occupé le Medef et la police avait procédé à plusieurs arrestations. 

La CGT Spectacle exige mercredi dans un communiqué "la libération immédiate" de Loic
Ce technicien intermittent du spectacle "a reçu un coup violent et délibéré du chef de la sécurité du Medef au moment de l'évacuation" du siège du patronat et qui serait toujours détenu au commissariat du 7e arrondissement.

La ministre dénonce une violation ..."de son intimité"

L'intimité, les intermittents ne connaissent pas
(Juin 2014, festival Furies, à Châlons-en-Champagne)
Une fois les manifestants repoussés, la ministre du Travail Myriam El Khomri a "dénoncé"un "dérapage” qui "viole (son) intimité familiale", tout en assurant que ces "actes d'intimidation" ne la "détourneront  pas de ses convictions".
"La méthode consistant à violer l’intimité familiale, à cibler l’environnement personnel et le voisinage d’une personne, fût-elle membre du gouvernement, est aux antipodes de ma conception du débat démocratique et du respect dû à chacun", a-t-elle estimé dans un communiqué, avant de conclure: "Je tiens donc à dénoncer ce dérapage de la façon la plus ferme."

En Conseil des ministres, François Hollande a également dénoncé un acte "parfaitement inadmissible": "Ce qui s'est passé ce matin avec ces actes de violence est parfaitement inadmissible", a déclaré le chef de l'Etat, rapporté par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

jeudi 28 avril 2016

L'assurance chômage des intermittents motive en régions

Les incivilités "citoyennes" se multiplient

Le mouvement des intermittents commence à s'étendre en province

Odéon, théâtre public et... subventionné,
dirigé par Stéphane Braunschweig,
nommé par Fleur Pellerin 
Alors que les négociations sur le régime d'assurance chômage du spectacle doivent se poursuivre ce mercredi après-midi, après le théâtre de l'Odéon depuis dimanche soir et la Comédie Française mardi à Paris avec respectivement l'annulation des représentations de "Phèdre" avec Isabelle Huppert et de "Lucrèce Borgia", selon le compte Intermittents 2.0 sur Twitter,  cinq salles subventionnées sont aussi occupées désormais en province.

A Strasbourg (Bas-Rhin), les intermittents ont décidé d'occuper le Théâtre national (TNS). La décision a été prise mardi en début de soirée lors d'une assemblée générale (!) organisée dans les locaux du théâtre, et qui réunissait des intermittents, mais aussi des lycéens, étudiants, et des représentants du mouvement "Nuit Debout". "C'est une occupation, pas un blocage", a nuancé une comédienne présente sur place, précisant que les manifestants n'avaient en rien perturbé les deux pièces qui étaient jouées mardi au TNS.

Même chose à Montpellier (Hérault) au Centre Dramatique National. Les intermittents se sont réunis en assemblée générale pour décider une occupation jusqu'à jeudi avant d'assister à la projection du film "Merci patron".
Les théâtres de Caen (Calvados), le théâtre du Nord à Lille (Nord) et le théâtre du Port de la Lune à Bordeaux (Gironde) ont aussi décidé de rejoindre ce mouvement.

Après l'échec des négociations lundi soir, faisant suite aux précédentes depuis plusieurs années, mardi après-midi la Coordination des intermittents et précaires (CIP) a fait part de sa détermination avant la reprise des négociations. "Nous avons rendez-vous demain mercredi à 16 heures au ministère du Travail", a expliqué Denis Gravouil, secrétaire général de la Fédération CGT-Spectacle. "On veut arriver à un accord équilibré. Il faut que les employeurs prennent leur part de responsabilité." Mais, selon les intermittents de la CGT Spectacle, le compte n'y est pas.

Les artistes et techniciens du spectacle bénéficient déjà de règles spécifiques d'indemnisation du chômage.

Ce régime verse près d'un milliard d'euros chaque année, soit environ un quart du déficit général. Un cadrage financier, proposé le 24 mars par la partie patronale et signé par la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC (syndicats minoritaires dans le spectacle) impose un effort global de 185 millions d'euros d'économies en année pleine d'ici à 2018 aux intermittents, mais suggère que l'État en compense une partie, de l'ordre de 80 millions. Mais l'Etat, c'est moins de 50% des Français, les contribuables.

Des conditions jugées "inacceptables" par la CGT et la Coordination des Intermittents et précaires (CIP) qui font planer la menace de perturber les prochains festivals. "Il nous manque encore deux choses pour parvenir à un accord. D'abord des éléments chiffrés qui nous permettront de savoir qui est touché par telle ou telle mesure, positivement ou négativement", a ajouté Denis Gravouil.
En cas de nouvel échec de la négociation, la CGT a déposé un préavis de grève reconductible à compter de jeudi.

VOIR et ENTENDRE les intermittents envahisseurs de l'Odéon dimanche:

Les intermittents envahissent le théâtre de l... par leparisien


La crise économique internationale qui perdure depuis 2008 et les déficits publics accumulés par Hollande depuis 2012 ne semblent pas "toucher" les mentalités particulières des travailleurs occasionnels du spectacle.

mardi 14 octobre 2014

Assurance chômage : le double langage d'un gouvernement de truqueurs

Dr Jekyll and Mr Hyde, les duettistes socialistes au pouvoir schizophrène

M. Valls et E. Macron remettent sur la table le sujet de la refonte du régime d'assurance chômage
Mais le pouvoir socialiste a tout faux, après avoir consciemment pris des mesures insuffisantes au printemps lors de la renégociation de la convention et après avoir cédé aux intermittents du spectacle en prorogeant leur dérogation en juin.

La polémique sur une possible réforme de l'assurance chômage ne cesse d'enfler. Une semaine après que Manuel Valls a allumé la mèche en affirmant (depuis l'étranger, à Londres) que la France a fait le choix d'un chômage de masse généreusement indemnisé, chaque jour passe avec son lot de commentaires et avis contradictoires. Ils viennent de droite avec Alain Juppé et de gauche avec Thierry Lepaon. 
"Nous avons un système qui maintient pendant deux ans une indemnisation à un niveau élevé, a déploré le maire de Bordeaux, candidat à la primaire UMP en 2016. La question se pose de savoir (que faire) pour inciter ceux qui ne cherchent pas forcément du travail -et on sait qu'il y en a une proportion parmi les demandeurs d'emplois- à retourner sur le marché du travail". 
Quant au patron de la CGT, il a fustigé dans Le Parisien les règles en vigueur qui font que "la France est l'un des rares pays où seulement un chômeur sur deux est indemnisé".

Un puits sans fond

Le pouvoir socialiste a le don d'ajouter du malaise à l'austérité. Le régime d'assurance chômage accuse en effet un déficit de 4 milliards d'euros depuis le début de la crise et sa dette frôlera les 25 milliards à la fin 2015. Un puits sans fond… La dernière convention négociée au printemps par le patronat et les syndicats réformistes prévoit de réaliser quelque 400 millions d'euros par an (en année pleine) d'économies, en rognant ici ou là sur quelques postes de dépenses mais sans toucher aux fondamentaux du système et tout en creusant les déficits par ailleurs, en créant, par exemple, toujours des postes dans l'Education nationale.

Les arbitrages de l'Elysée peuvent-ils continuer d'ignorer les faits? C'est la responsabilité du pouvoir socialiste aux affaires depuis plus de deux longues années de prendre la mesure des dégâts causés par le détricotage des mesures prises par la droite et les zigzags de la "ligne" du gouvernement de gauche, que l'idéologie conduit aux errements et aux blocages. Surtout que les déficits cumulés de l'UNEDIC comptent dans le calcul de la dette qui vient de dépasser 95 % du PIB. Manuel Valls, Emmanuel Macron et consorts n'ont donc pas d'autre alternative que de mettre  face à leurs responsabilités les syndicats, qui cogèrent le régime d'assurance chômage et en définissent les termes. La nécessité s'impose de remettre "le moment venu" les pendules à l'heure. Toute la  polémique porte sur l'urgence et ...l'idéologie !

La stratégie politique est préjudiciable à l'économie

Or, Matignon et l'Elysée sont divisés
Ils ne tiennent pas le même langage, le meilleur moyen d'avoir toujours raison auprès de l'opinion et de garder entre-baillée la lucarne du dialogue social. Sauf que la fracture avec le pays se creuse alors que les fissures s'élargissent avec l'extrême gauche, l'aile gauche du PS et maintenant les Radicaux de gauche. Quel discours faut-il entendre, celui d'avant l'été, lors de la renégociation a minima de la convention, ou celui de l'automne, qui vise à casser la baraque syndicale? Faut-il attendre celui de l'hiver ?

Les "partenaires" sociaux n'ont eu de cesse de critiquer les envolées réformatrices du MEDEF qui prônait plus de rigueur et de fermeté envers déficit du régime. Et réaliser encore plus d'économies (au moins 1 milliard par an) que celles actées dans la dernière convention.

Pis, le pouvoir socialiste joue un double-jeu gravement préjudiciable à la communauté, comme à sa crédibilité européenne. Tout en appelant à une refonte du système d'indemnisation chômage pour inciter les demandeurs d'emploi à reprendre plus rapidement un emploi, les faux-cul du gouvernement ont publié ce mardi un décret pour proroger sans date de fin, c'est-à-dire au moins jusqu'en 2016, au terme de la dite convention, la dérogation accordée en juin aux intermittents du spectacle, d'après les informations du quotidien L'Opinion . Et ce, pour des raisons électoralistes totalement anti-économiques.
Avant l'été, le temps que la concertation avec leurs représentants se tienne, le soi-disant homme fort de Matignon avait en effet décidé de faire supporter par l'État, c'est-à-dire le contribuable, le nouveau différé d'indemnisation des artistes et techniciens du spectacle. Un cadeau évalué à 100 millions par an, sans disposer du premier euro) qui a permis de limiter la casse dans les festivals de l'été, et alors que les partenaires sociaux étaient pourtant tombés d'accord pour mettre à contribution les intermittents dans la réduction de leur déficit qui atteint chaque année un milliard d'euros. Avec la complicité de la CFDT.
Ce cadeau n'est qu'un exemple des contradictions du pouvoir, singulièrement lorsqu'il appelle l'ensemble des parties prenantes au régime à la responsabilité.

dimanche 12 octobre 2014

Allocation-chômage: Macron veut faire tomber les tabous des syndicats

"Il ne faut ni tabou, ni posture" sur l’assurance-chômage", assène le ministre de l'Economie

Provocation en plein débat à gauche sur l’opportunité de débattre du montant et de la durée des allocations
,
L'orgueilleux Macron
le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a estimé dimanche qu’il ne doit "pas y avoir de tabou ni de posture" sur l’assurance-chômage. "L’assurance-chômage est en déficit de 4 milliards d’euros; quel responsable politique peut s’en satisfaire?"

La réforme de son prédécesseur est "insuffisante" et le "sujet reviendra en temps voulu", a prévenu le ministre de Hollande, dimanche dans le JDD. "Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là. C’est aux partenaires sociaux qu’il appartient de faire avancer les choses", a lancé dans les colonnes du JDD. 
"Mais comme l’Etat garantit financièrement le régime, il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds", a-t-il menacé.

Le Premier secrétaire du PS défend la doxa socialiste

Jean-Christophe Cambadélis a aussitôt pris le contre-pied du ministre de l’EconomieBien que Macron ne soit pas un élu et qu'il ne soit pas membre du parti, le patron du PS lui rappelle quels sont les devoirs des ...ministres ! Violant ainsi la sacro-sainte règle démocratique de la séparation des pouvoirs, l'ex-trotskiste et premier secrétaire désigné par l'Elysée enjoint au ministre de Valls de se conformer à la parole présidentielle. "La gauche n’a pas de tabous, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s’exprime, les ministres appliquent", lui a rappelé e garde-chiourme à son arrivée du Conseil national du PS à Paris. 

Est-ce une fin de non recevoir à ce chantier?
 

"Absolument", a tranché le député de l'Est parisien.
Actuellement, le montant des allocations perçues par un demandeur d’emploi est constant pendant toute sa période d’indemnisation et la durée est calculée selon le principe "un jour travaillé = un jour indemnisé", dans la limite de deux ans pour les actifs de moins de 50 ans, trois ans pour ceux de 50 ans et plus. 
La nouvelle convention chômage, entrée en vigueur le 1er juillet après un accord entre seulement trois syndicats (CFDT, FO et CFTC, à l'exclusion de la CGT et de Solidaires) et le patronat (CGPME, le Medef, et l'UPA), doit en principe permettre à l’UNEDIC d’économiser 1,9 milliard d’euros d’ici à fin 2016 (830 millions, selon une autre estimation), alors que ses comptes sont dans le rouge: 3,8 milliards d’euros de déficits prévus en 2014 pour une dette de 21,4 milliards. 
La CGT a annoncé en juin qu'elle attaque les signataires en justice. Or, la deuxième vague de mesures de la convention assurance chômage du 14 mai 2014 est entrée en vigueur au 1er octobre.

Le ministre de l'Economie est -semble-t-il- entré en conflit avec le chef de l'Etat 


Lundi à Londres, 
le Premier ministre Manuel Valls avait lancé le débat, estimant que la question du montant et de la durée de l’indemnisation du chômage devait "être posée", selon des propos rapportés dans la presse. "La question de l’efficacité, de l’équité des règles de ce régime (...) est un débat légitime", avait-il insisté mercredi à l’Assemblée.

Il apparaît en fait que pour ne pas être accusé de reculade, Hollande envoie le gouvernement au casse-pipe. Face à la bronca suscitée à gauche par les propos de Valls et Macron qualifiés de "provocation" par les syndicats, François Hollande s’était montré plus foireux jeudi, en se déchargeant à nouveau de toute responsabilité sur les partenaires sociaux : "Sur l’indemnisation du chômage il y a une convention qui vient d’être signée en 2014 et une autre est prévue en 2016 et il y a une rencontre qui est organisée entre les partenaires sociaux et Pôle emploi".

Cette nouvelle convention, en vigueur jusqu’à fin 2016, durcit le régime de certains allocataires, notamment les cadres touchant une importante indemnité de départ et les intermittents du spectacle.
Le conflit est général, entre gouvernement et syndicats, comme au sein même de l'exécutif. Les bénéficiaires de l'assurance-chômage sont au milieu...

mercredi 8 octobre 2014

Rebsamen prend la fuite sous les sifflets des intermittents du Front de gauche

Conspué par des "chômeurs", Rebsamen quitte un salon de l'emploi

Les manifestants scandaient "Rebsamen'à rien"...

Le ministre du Travail a dû renoncer jeudi à sa visite du salon de l'emploi à Paris, rejeté par des intermittents et précaires.
"Il a commencé sa visite des stands mais n'a pas pu avancer, hué par une trentaine d'intermittents du spectacle et de précaires", a témoigné une exposante du  salon "Paris ["pari" pour l'emploi], place de la Concorde. 

Le cordon de sécurité a "essayé d'exfiltrer" le ministre.
Les manifestants du Front de gauche scandaient "Rebsamen'à rien" et portaient de petits écriteaux dont plusieurs vilipendaient le MEDEF, a-t-elle ajouté. "Il y avait entre 25 et 30 personnes, avec des pancartes. Elles ont surgi en faisant beaucoup de bruit, ont entouré les stands sur lesquels passait le ministre", a raconté un autre témoin.

Rebsamen a préféré se retirer, pour ne pas perturber le salon

Interrogé, l'entourage du ministre a indiqué que Frère Rebsamen "regrette que cette intrusion l'ait privé du dialogue avec les recruteurs et les demandeurs d'emploi"... "Il a préféré partir pour ne pas perturber le bon déroulement du forum", a-t-on encore raconté.

Peu après l'incident, la Coordination des intermittents et précaires (CIP) d'Ile-de-France a annoncé qu'elle occupe le salon pour demander notamment l'abrogation de la nouvelle convention d'assurance chômage, entrée en vigueur le 1er juillet et qui durcit, entre autres, le régime des  techniciens intermittents, alors que ce sont davantage les comédiens qui souffrent du chômage entre deux engagements.

Le ministre s'en est retourné en sacrifiant la visite prévue des stands sur l'insertion dans l'emploi des personnes handicapées, selon le ministère.

dimanche 5 octobre 2014

Pas d'entracte pour les intermittents du spectacle

Les intermittents préparent de nouvelles occupations

40 militants de la coordination des intermittents et précaires qui avaient investi le chantier de rénovation de l'
hôtel Lutetia


Boulevard Raspail, Paris 6e
Ils auront occupé les lieux un peu plus de 12 heures, jeudi 18  à l'aube.
Les forces de police les ont évacués en toute fin de journée.

"L'opération" s'est poursuivie dans les locaux du commissariat du VIe

raconte l'un des occupants, interpellé à la sortie du grand hôtel. Accusé par un des vigiles du site de l'avoir bousculé, ce jeune homme qui a refusé de décliner son identité et de se soumettre aux prélèvements ADN a été placé en garde à vue. Elle se poursuivait encore hier après-midi. 

Les militants vont poursuivre la mobilisation

Ceux qui n'ont subi qu'un contrôle d'identité à la sortie du Lutetia ont prévenu qu'ils comptent bien protester contre la réforme du régime d'assurance-chômage
Leur coordination promet même de nouvelles occupations de bâtiments parisiens avant la grève des intermittents programmées à partir du 1er octobre.

mardi 29 juillet 2014

Hayange: l'oeuf bleu et la poule rose

De la fermeture des hauts-fourneaux (2011) à l'oeuf brouillé

La municipalité de Hayange 
a fait repeindre une sculpture du centre-ville, jugée "sinistre"
L'oeuf de la discorde

Lequel des deux oeufs
valorise le mieux la place d'Hayange?

Où est le problème? 
La municipalité est Front national depuis mars dernier. Le créateur de l'œuvre, Alain Mila, pourrait donc saisir les juridictions administratives. 
C'est d'abord par un appel anonyme qu'il a appris que son œuvre, une fontaine avec un œuf en son centre, avait été repeinte d'un coup de pinceau bleuPuis "un ami artiste qui réside non loin d'Hayange, m'a envoyé la photo. J'ai vu que l'œuf était fort bien peint, en bleu. Et là j'étais sidéré. C'est pas possible, on n'intervient pas sur une œuvre comme ça. J'ai appris que c'était la mairie d'Hayange qui avait fait peindre cette œuvre par les services techniques".

Amateur d’art contemporain, le maire FN de la ville, Fabien Engelmann, assume son choix et dit ne pas comprendre tout ce remue-ménage: "Nous sommes élus depuis quelques mois; on essaie de redonner un peu de gaieté à la ville," explique-t-il. "Il n'y avait rien de mal à faire cela. On a une ville assez lugubre, sinistre; on a voulu l'égayer. On a repeint le fond en bleu piscine, le reste en bleu turquoise... Ce n'était en aucun cas pour détériorer la fontaine", a-t-il expliqué.

Conciliant, il fait une offre. 
"Si l'artiste veut absolument, on lui propose de lui revendre son œuvre; on lui fera un prix." Il a rappelé que la mairie PS avait payé le chef d'oeuvre "près de 9000 euros, sans le moteur et la tuyauterie", en 2001.

Mais Alain Mila, qui juge que le bleu utilisé "est très proche de celui du logo du Front national", a attaqué la collectivité devant le tribunal administratif de Strasbourg. "Que l'on enlève la peinture", a-t-il exigé, déplorant "une atteinte à tout (son) travail et à (ses) valeurs". Autant dire que le FN s'en est pris au bleu du ciel...

La ministre de la Culture a un oeuf à peler avec le FN

Ancienne élue de Lorraine d'un parti, le PS, chassé de la ville ancrée jusqu'ici à gauche depuis l'après-guerre, Aurélie Filippetti parle de violation manifeste de la protection du patrimoine et d'un incident révélateur, selon elle, de la conception de la politique culturelle qu’ont les élus du Front national.


Si l'artiste peut avoir de bonnes raisons, la ministre est quant à elle hors sujet. Visiblement soucieuse de se faire reluire après sa gestion désastreuse du conflit avec les intermittents du spectaclea-t-elle condamné les dégradations des antisémites pro-palestiniens qui ont souillé de croix gammées la statue de la place de la République samedi à Paris? Quels condamnation a-t-elle prononcée à la suite de la détérioration, la semaine dernière, de la célèbre Maison Carrée de Nîmes par des tags de supporters de football montpelliérains ?

A-t-elle protesté quand, en mars dernier, des anarchistes ont décoré de tags le Sacré-Cœur de Paris: "Ni Dieu ni maître" ou "Vive la Commune !" ?
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Quelle a-t-elle donc entrepris, la ministre partisane, pour la restitution des 32 œuvres des musées nationaux (peintures et sculptures) et 675 meubles des ateliers nationaux, prêtés depuis des années aux différentes résidences présidentielles, mais portés à pertes et profits, malgré le rapport de la Cour des comptes.

De quelle indignation nous a-t-elle gratifié quand un Iranien de 28 ans a fracassé, le 24 mars 2013, à coups de masse, l’horloge du XIVe siècle de la cathédrale Saint-Jean de Lyon, sous le prétexte que sa beauté empêcherait les croyants musulmans de se concentrer pendant leurs prières ?
Quand les Femen s’attaquent aux cloches de Notre-Dame, quand par dizaines les églises sont vandalisées, parfois de manière irrémédiable, notre ministre, là encore,détourne-t-elle le regard ?…

Le maire sacrilège fait valoir, mais en vain, qu'il a remis en état une fontaine qui ne coulait plus. 
Maintenant, le murmure de l'eau pourrait bien  perturber le sommeil de la population.


mercredi 16 juillet 2014

Avignon: la ministre Filippetti bat en retraite face aux intermittents

La ministre de Hollande a été prise à partie par des dizaines de manifestants aux slogans hostiles

Aurélie Filippetti 
a quitté précipitamment le village du festival.
La ministre de la Culture a été accueillie par les slogans des intermittents hostiles qui ont provoqué son départ précipité du village du Off. Arrivée mercredi après-midi pour deux jours de visite dans la Cité des Papes où elle doit assister à plusieurs séminaires, la ministre était attendue au village du Off par son directeur, Greg Germain. 

"La ministre est arrivée vers 16 h 30, on a parlé, je lui ai fait part de ce que le Off souhaitait, on a fait un tour du village", a expliqué Germain. "Et puis sont arrivés les énervés [...], comme d'habitude une vingtaine de brailleurs qui hurlaient on ne veut pas de vous", a-t-il précisé. "On a appris qu'elle était au village du off, donc on s'y est précipité. Elle était attendue, et on a scandé des mots d'ordre pour dire dehors, dehors les enfumeurs", a raconté de son côté Marc Slyper, de la CGT spectacle, qui estime leur nombre à "une petite centaine"

"
Elle n'a pas essayé de parler. Elle est partie, ce qu'on lui disait de faire. Elle a rejoint sa voiture, elle est partie en courant", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas en parler"

Selon Denis Gravouil, également de la CGT Spectacle, certains militants "étaient là avec des masques de Filippetti [...]. Un moment, il a été dit : ça suffit l'enfumage, on n'est pas là pour discuter [...] Donc, du coup, elle est rentrée précipitamment dans sa voiture". "On ne peut pas empêcher quelqu'un de voyager, partout en France, ici c'est un pays libre", a déploré G. Germain. Selon lui,  elle aurait essayé de poser des questions, elle aurait essayé de dialoguer, "mais impossible [...] On ne peut pas parler ! C'est assez navrant".

Un peu plus tôt, réunis en assemblée générale, les membres des collectifs des festivals In et Off, de la CGT Spectacle et de la Coordination des intermittents et précaires, avaient décidé qu'ils ne la rencontreraient pas. "Tant qu'il n'y a pas d'ouverture de véritables négociations, il n'y a pas de raison de la rencontrer", avait précisé Jérôme Tisserand, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP). 
Les intermittents se sont adressés directement au Premier ministre Manuel Valls, lui demandant un engagement, dès jeudi, d'ouvrir des négociations sur le nouveau régime d'assurance chômage contesté, essentiellement par les techniciens, les mieux protégés, à la différence des artistes.