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mercredi 16 juillet 2014

Avignon: la ministre Filippetti bat en retraite face aux intermittents

La ministre de Hollande a été prise à partie par des dizaines de manifestants aux slogans hostiles

Aurélie Filippetti 
a quitté précipitamment le village du festival.
La ministre de la Culture a été accueillie par les slogans des intermittents hostiles qui ont provoqué son départ précipité du village du Off. Arrivée mercredi après-midi pour deux jours de visite dans la Cité des Papes où elle doit assister à plusieurs séminaires, la ministre était attendue au village du Off par son directeur, Greg Germain. 

"La ministre est arrivée vers 16 h 30, on a parlé, je lui ai fait part de ce que le Off souhaitait, on a fait un tour du village", a expliqué Germain. "Et puis sont arrivés les énervés [...], comme d'habitude une vingtaine de brailleurs qui hurlaient on ne veut pas de vous", a-t-il précisé. "On a appris qu'elle était au village du off, donc on s'y est précipité. Elle était attendue, et on a scandé des mots d'ordre pour dire dehors, dehors les enfumeurs", a raconté de son côté Marc Slyper, de la CGT spectacle, qui estime leur nombre à "une petite centaine"

"
Elle n'a pas essayé de parler. Elle est partie, ce qu'on lui disait de faire. Elle a rejoint sa voiture, elle est partie en courant", a-t-il poursuivi.

"On ne peut pas en parler"

Selon Denis Gravouil, également de la CGT Spectacle, certains militants "étaient là avec des masques de Filippetti [...]. Un moment, il a été dit : ça suffit l'enfumage, on n'est pas là pour discuter [...] Donc, du coup, elle est rentrée précipitamment dans sa voiture". "On ne peut pas empêcher quelqu'un de voyager, partout en France, ici c'est un pays libre", a déploré G. Germain. Selon lui,  elle aurait essayé de poser des questions, elle aurait essayé de dialoguer, "mais impossible [...] On ne peut pas parler ! C'est assez navrant".

Un peu plus tôt, réunis en assemblée générale, les membres des collectifs des festivals In et Off, de la CGT Spectacle et de la Coordination des intermittents et précaires, avaient décidé qu'ils ne la rencontreraient pas. "Tant qu'il n'y a pas d'ouverture de véritables négociations, il n'y a pas de raison de la rencontrer", avait précisé Jérôme Tisserand, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP). 
Les intermittents se sont adressés directement au Premier ministre Manuel Valls, lui demandant un engagement, dès jeudi, d'ouvrir des négociations sur le nouveau régime d'assurance chômage contesté, essentiellement par les techniciens, les mieux protégés, à la différence des artistes.

dimanche 13 juillet 2014

Festival d'Avignon: les intermittents ont encore frappé, samedi

Réussiront-ils à mettre le festival et les commerces en faillite?

O. Py apprend à se méfier sur sa gauche plutôt que sur sa droite


Six spectacles sur les treize prévus ce samedi au Festival d'Avignon ont été annulés dans le cadre du 'in', le festival officiel, en raison du mouvement des intermittents, a annoncé à la mi-journée le directeur du festival Olivier Py.


Pas moins de 13 spectacles sont donnés à Avignon dans le "In" ou festival officiel, qui avait repris après le coup de semonce sur l'ouverture quand les grévistes ont annulé les deux spectacles du 4 juillet, et après les intempéries. 
Le Prince de Hombourg qui avait déjà été annulé en ouverture le 4 juillet, faisait partie des cinq représentations promises lors d'une conférence de presse, éventuellement dans une forme allégée. Mais Py, le patron du festival, ne maîtrise rien et le doute subsistait sur les deux derniers spectacles au programme de la journée.

La CGT Spectacle et la Coordination des intermittents avaient lancé un appel à une nouvelle journée de grève samedi 
Le personnel du festival, consulté vendredi, s'était prononcé à 65% en faveur de la grève, mais la participation au scrutin n'avait pas dépassé 46%, et c'est spectacle par spectacle que les salariés ont voté samedi. 

L'emblématique "Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur, n'a encore pas été joué.
Parmi les quatre spectacles qui ont décidé de jouer, l'équipe d' 'Orlando', la pièce créée par Olivier Pyle directeur du festival, a choisi de verser son salaire du jour à la caisse de solidarité des intermittents du 'in'.  

Entre 1.500 artistes et techniciens du spectacle et employeurs (Syndeac), selon la police, et 3.000 à 5.000 selon les organisateurs ont par ailleurs défilé dans l'après-midi dans le centre ville. "Olivier Quy?", ont scandé les manifestants pour interpeller le patron de la manifestation.

Bilan provisoire: 138.500 euros de pertes pour le seul Festival
Les perturbations dans la programmation dues au mouvement des intermittents avaient déjà coûté 138.500 euros de pertes, avant les annulations de samedi, a calculé Olivier Py. "Je ne pense pas que la grève soit une bonne stratégie, c'est plutôt une tragédie", a-t-il commenté. 

Des manifestations et annulations partout en France

Aux Francofolies de La Rochelle, où ils sont assez discrets depuis l'ouverture, une cinquantaine d'intermittents vêtus de T-shirts noirs barrés d'une croix blanche ont organisé une marche funèbre avant le concert des Innocents. Ils sont montés sur scène sous les applaudissements du public. "Pendant dix ans, ceux qui sont maintenant membres du gouvernement ont soutenu nos propositions et affirmé que le protocole de 2003 [la précédente réforme du régime] était un mauvais accord. Aujourd'hui, ils agréent un accord qui reconduit le protocole de 2003 et l'aggrave", ont-ils dénoncé, amers. 

A Toulouse, les trois compagnies prévues au Théâtre du Grand Rond étaient en grève et leurs spectacles ont été annulés. 
Il n'y avait en revanche aucune perturbation attendue aux Nuits de Fourvière comme à Jazz à Vienne.

A Avignon, la contestation s'exprime aussi dans le Off, rassemblement de 1.100 compagnies en marge du festival officiel, mais les troupes, qui louent les salles très cher, ne peuvent se permettre pour la plupart de faire grève...

Ailleurs, la 34e édition de Montpellier Danse, achevée le 9 juillet, a finalement pu donner 38 représentations sur 48, 
tandis que le petit festival Uzès Danse était annulé, et le Festival de Marseille très touché.

Ils cassent leur outil de travail/
 Festival d'Avignon, samedi 12 juillet 2014
Les intermittents combattent la nouvelle convention chômage qui durcit leurs règles d'indemnisation. Vendredi, la justice a refusé de la suspendre en urgence. Depuis le début de la mobilisation, le Premier ministre, Manuel Valls, a multiplié les gestes pour tenter de déminer le conflit, annonçant une concertation sur l'intermittence puis la sanctuarisation des crédits du ministère de la Culture (hors communication) pour les trois ans à venir.

Interrogé sur la venue programmée de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti à Avignon, mercredi et jeudi, Olivier Py a souligné ne pas avoir connaissance qu’elle assistera à un spectacle. En début de festival, le collectif des salariés du festival avait souligné que les "membres du gouvernement sont persona non grata" au festival: "les spectacles n’auront pas lieu en leur présence".

A Avignon, outre la grève, une manifestation était prévue à partir de 14h30, tandis qu'à Paris, un concert de casseroles était organisé au Palais Royal.


Autre culture, autres moeurs
Parmi les spectacles emblématiques annulés figure le Mahabharata de Satoshi Miyagi. Les interprètes japonais "considérant que jouer est un acte sacré ont décidé de donner des extraits devant le Petit Palais (près du Palais des papes) gratuitement", a précisé Olivier Py. 

samedi 5 juillet 2014

Annulation des deux spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon

Le "off" souffre des actions des intermittents privilégiés du "in"

Le public est sur ses gardes et boude les réservations
Les spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon de vendredi soir ont été annulés en raison du mouvement de grève voté par une majorité du personnel en soutien aux intermittents privilégiés -notamment les techniciens- qui protestent contre la nouvelle convention d'assurance-chômage.
Les coordinations d'intermittents protestent contre la nouvelle convention qui menace selon elles leur statut -et donc leurs acquis sociaux- et qu'elles jugent discriminatoire, notamment au regard des congés maternité ou maladie. Mais encore faut-ils distinguer les artistes au cachet qui veulent jouer, parce que précaires, et les techniciens salariés qui ne le sont pas autant et bénéficient largement d'une convention extrêmement favorable, singulièrement à l'heure des sacrifices pour tous.  

Les salariés conservateurs du festival ont voté en faveur de la grève204 pour, 144 contre et quatre se sont abstenus jeudi soir en assemblée générale, selon un communiqué de la CGT spectacle, fer de lance du conflit des intermittents.
"La grève est un droit, je respecte absolument le droit de faire grève comme le droit de ne pas faire grève", a affirmé le directeur du Festival, Olivier Py, à la presse, après s'être résolu à l'annulation de la représentation du "Prince de Hombourg" et de "Coup fatal". "Grâce aux régisseurs, nous avons eu des informations qui nous permettent d'informer le public un peu plus tôt."

Py disait craindre le FN, mais s'est la CGT qui le met à genoux

En mars dernier, au lendemain du premier tour des municipales qui consacra la montée du FN,
Py avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national si ce dernier remportait la mairie, favorisant ainsi l'accession de la candidate PS: en cas de victoire du Front national au second tour, il envisageait de démissionner ou de délocaliser le festival dans une autre ville - après l'édition 2014, car "on n’arrête pas un cheval lancé en pleine course".

"Avignon doit être le lieu de la marche des fiertés  fierté politique", déclarait-il à Libération.
Invité sur France Inter un peu plus tôt dans la matinée, il avait estimé qu'il était difficile pour un directeur de festival "de voir compromis le spectacle d’ouverture"Il avait d'ailleurs promis qu'il n’annulerait pas le Festival, même en cas de grèves.
Engagé depuis 2003 au côté des intermittents, l'ancien patron du théâtre subventionné de L'Odéon à Paris découvre cette année ce que sont les responsabilités d'un directeur de Festival régi par la loi de 1901 sur les associations. Il ne semble donc pas suffire de soutenir les revendications un jour et de défendre la tenue des spectacles le lendemain.

Les intermittents du spectacle du Festival d'Avignon sont imprévisibles
Mardi, à une large majorité, ils avaient en effet voté  en faveur de la tenue de la première, mais tout en se réservant la possibilité d'autres initiatives, grèves partielles ou totales: une technique des trotskistes, notamment.
L’ensemble des troupes des festivals In et Off d’Avignon devraient tenir une nouvelle assemblée générale le mercredi 9 juillet prochain pour décider d’éventuelles autres actions. Sans garanties qu'ils tiendront parole...

Cette riposte "nécessaire" respecte-t-elle artistes et public ?

Le gouvernement doit assumer "ses décisions et leurs conséquences" a froidement estimé vendredi le numéro un de la CGT, puisqu'il a agréé la convention d'assurance-chômage le 26 juin

Thierry Lepaon a jugé la mobilisation "nécessaire".
"La CGT n'empêche jamais personne de travailler, la CGT s'oppose à la convention-chômage telle qu'elle a été négociée", a-t-il réaffirmé sur France Info. "Elle s'oppose à l'agrément qui a été donné par le ministre du Travail, elle organise la riposte qui est une riposte nécessaire, utile pour l'avenir du spectacle vivant dans notre pays".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, continue pour sa part d'assurer que les partenaires sociaux ont été respectés, souhaitant que "tout puisse se passer au mieux".
"Mon souci (...) c'est vraiment que les artistes, les techniciens puissent jouer et que les spectateurs puissent aller les voir", a-t-elle raconté sur RTL.
"L'inquiétude des intermittents, je la comprends, assure-t-elle en boucle, comme tous les membres des gouvernements de Hollande depuis 26 mois. "C'est pour cela qu'on a lancé cette grande concertation qui va aboutir à une vraie réforme pour sécuriser un régime qui est indispensable à tous les artistes et à tous les techniciens".

La "grande concertation" a débuté il y a seulement deux semaines... 
Manuel Valls a lancé ...fin juin une mission de concertation censée redéfinir le régime des intermittents pour sortir des crises à répétition dans ce secteur. Le Premier ministre a annoncé qu'en attendant l'Etat  ceux des Français qui sont soumis à l'impôt prendraient à leur charge le "différé d'indemnisation" prévu par la convention.
Les trois membres de la mission, Hortense Archambault,ancienne administratrice du Festival, Jean-Patrick Gille, (ici, escort boy de la ministre Filippetti, ancien professeur non titulaire de l'EN, député PS d'Indre-et-Loire, spécialisé dans les questions de formation professionnelle et d'emploi des jeunes, mais rapporteur de commission parlementaire sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques, adopté unanimement par les députés, à l'insatisfaction générale) et Jean-Denis Combrexelle (ex-directeur général du ministère du Travail), doivent remettre leurs propositions finales avant fin décembre.

vendredi 4 juillet 2014

Festival d'Avignon: bras de fer CGT-gouvernement au programme d'ouverture

Les artistes otages des techniciens pourtant peu exposés
Pendant la répétition du "Prince de Hombourg" à Avignon, le 2 juillet 2014.
Ca fait envie ?

Le Collectif du 'In', qui regroupe le personnel du Festival (permanents, intermittents…) a voté à une large majorité pour la grève, vendredi 4 juillet
à l'issue d'une longue assemblée générale, au cloître des Célestins, jeudi 3 juillet, de 17 heures à 21 heures.Le vote a eu lieu à bulletin secret. Sur 353 votants, 204 se sont exprimés pour la grève, 144 contre, et 5 votes blancs.

Le premier ministre centre gauche est ciblé par la CGT. " Le sens de ce vote, c'est de dire à Manuel Valls qu'il n'a rien compris et que l'on se bat pour tous les précaires", a expliqué, à l'issue de l'AG, Denis Rateau, l'un des porte-parole du Collectif du In.

Les deux représentations au programme sont menacées de perturbations. Le Prince de Hombourg, dans la Cour d'honneur du Palais des papes, la pièce de Kleist, mise en scène par Giorgio Barberio Corsetti, et Coup fatal, d'Alain Platel, dans la cour du lycée Saint-Joseph, seront-elles interrompues? 

Le technicien intermittent D. Rateau a tenu à faire peser la menace, précisant que ce vote ne présage pas de ce qui se passera sur le plateau du Prince de Hombourg ou sur celui de Coup fatal. Pour ces deux représentations, il reviendra à chacun, artiste et technicien, de décider de faire grève ou non. 

Au mépris du spectateur: sans eux, pas de spectacle...

"Ca ne peut être qu'un festival militant"
Denis Rateau se prévaut du vote du lundi 30 juin: le Collectif du In s'est prononcé à 80 % pour le maintien du Festival, avec des actions et des prises de parole, en vue de dénoncer l'accord du 22 mars sur l'assurance-chômage.
"Ce vote, qui concerne l'ensemble de la manifestation, résume notre ligne : le fait de jouer sert notre cause, plus que l'annulation."

Le public boude la billetterie
Alors que des places restent vacantes aux deux spectacles, l'activiste CGT a ajouté: "il est impossible que ce festival se passe normalement. Ça ne peut être qu'un festival militant". 
Et si les spectateurs se tournaient vers d'autres spectacles: il y a pléthore en France...

Si c'est le chômage en temps réel, a-t-il un charme discret?
Les artistes et techniciens qui font grève ne sont pas payés. Grève ou pas, jeudi 3 juillet, vers 22 heures, l'ultime répétition du Prince de Hombourg reprenait sur le plateau de la Cour d'honneur. La veille, elle avait été interrompue au bout d'une heure et demie par des intermittents extérieurs au Collectif du "In".
Mais pour "frapper" les grévistes au porte-monnaie, les organisateurs, à l'instar du Conseil général PS de l’Hérault, principal financeur du Printemps des comédiens,  tiennent ne pas annuler leur festival. Annuler entraîne des frais d’ordre divers pour les financeurs publics ou partenaires privés du festival. L’annulation s’apparente en effet à une rupture du contrat unilatérale de la part de la direction du festival, laquelle nécessite indemnisation.

Le chaos est installé durablement
Les organisateurs sont au bord de la crise de nerfs et de la faillite, tout comme les commerçants de la ville, non pas tombée aux mains du FN, mais du ...PS !

Mais attention! 
En 2003, le précédent trou de près de 2 millions d'euros avait été réglé par les tutelles du festival et l'Etat et les collectivités locales, c'est vous et c'est moi !

jeudi 3 juillet 2014

Intermittents: au festival d'Avignon: le gouvernement joue le pourrissement

Les socialistes abandonnent leurs artistes: ambiance électrique pour le "In" 

Incertitudes à la billeterie, ville PS en souffrance économique


Le festival a plus à craindre de la CGT que du FN ? Olivier Py avait politisé les municipales en stigmatisant les oppositions et singulièrement le FN. Aujourd'hui la ville a basculé à gauche et le festival 2014 s'annonce aussi tourmenté qu'en 2003, sous Jospin.

Le personnel (artistes, techniciens, etc) s'est prononcé massivement mardi 1er pour le maintien de l'événement, avec toutefois des "actions" ponctuelles... Une prise en otages des artistes et du public qui se tient sur ses gardes et tardent à réserver des places. Quant aux artisans et commerçants ils enregistrent déjà des pertes et crient haut et fort leur crainte de devoir licencier et déposer le bilan. 
Ca, c'est Le Prince de Hombourg...
Lors de la première de la pièce "Prince de Hombourg" mercredi, les intermittents en colère ont provoqué des discussions houleuses sur scène. 
Le Festival d'Avignon devrait toutefois démarrer vendredi 4 juillet, sous la menacé des intermittents du spectacle. Dès mercredi donc, plusieurs dizaines de grévistes ont interrompu la répétition générale du Prince de Hombourg dans la cour d'honneur du Palais des Papes, interrompant le spectacle par des applaudissements, et promettent d'autres perturbations sur les autres spectacles à venir.


Des comédiens présents étaient d'ailleurs passés du côté des plus forts du moment, affichant leur soutien aux revendications des intermittents en colère. Les spectateurs qui ont pris des billets s'inquiètent de savoir si la première de cette pièce mythique présentée par le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti pourra être donnée. Sera-t-elle retransmise comme prévu en direct sur France 2.  

Le doute plane désormais sur tous les spectacles et le service de billetterie enregistre déjà une perte qui ne peut que grossir. La menace sur l'avenir du festival 2015 est réelle, faute de trésorerie, et peut-être même au-delà...

Une profusion insensée de troupes
Les écolos ne trouvent rien à y redire...
Au supermarché de la culture à bas prix, 1.300 compagnies qui se produisent dans le "Off" sont, de leur côté, bien déterminées à jouer à Avignon (Vaucluse). Comme si de rien n'était, les comédiens se sont déjà lancés dans le collage d'affiches sur les murs, sans engagement de respect de la propreté qui incombera à la ville et à ses contribuables.

Fer de lance de la mobilisation des intermittents contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, la CGT Spectacle,  appelle en revanche à une "grève massive" pour l'ouverture du festival, avant une autre journée de mobilisation le 12 juillet.
 

vendredi 20 juin 2014

Intermittents : la CGT menace le festival d'Avignon plus sûrement que le FN

Olivier Py adopte désormais un profil bas

Lors des municipales, Olivier Py,
le directeur du Festival d'Avignon, avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national 
si ce dernier remportait la mairie. 

Le démocrate ne voyait alors que deux solutions, soit démissionner, soit délocaliser le Festival, "parce que je ne me sens absolument pas de travailler avec une municipalité Front national." Il soupçonnait une culture qui est "évidemment repliée sur elle-même qui ne s’intéresse plus à la parole de l’étranger, qui ne s’intéresse plus à l’international et qui fait du populisme croyant faire du populaire…"

Le Festival est maintenant menacé par la CGT

Le syndicat d'extrême gauche maintient son appel à la "grève massive" pour tout le mois de juillet. Manuel Valls a beau faire des promesses pour apaiser les esprits, le mouvement de grogne des intermittents devrait se poursuivre et menacer les festivals d'été. La CGT-Spectacle a en effet reconduit vendredi son préavis de grève pour tout juillet. Le syndicat appelle même à une "grève massive" le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival d'Avignon.

"L'été ne se passera pas normalement,  "si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions."  Le préavis de grève, qui court jusqu'au 30 juin et qui a déjà occasionné de nombreuses perturbations dans les festivals, est "reconduit à partir du 1er juillet pour tout le mois".

Valls est passé aux menaces contre le syndicat. Jeudi, après avoir reçu le rapport du médiateur du député PS Jean-Patrick Gille, le Premier ministre a multiplié les annonces, soufflant le chaud et le froid. D'un côté, la réforme de leur assurance-chômage sera appliquée, mais en repoussant provisoirement sa mesure la plus contestée et en sanctuarisant les budgets. 

 Valls donne des coups de menton, mais recule

 Olivier Py dans tout son style
"Les intermittents concernés ne verront pas de changement de leur situation par rapport à la situation actuelle"
En effet, l'Etat prendra à sa charge le "différé d'indemnisation", mesure que les intermittents dénonçaient puisqu'elle rallonge le délai de carence entre la perception des derniers revenus et le versement des allocations-chômage.
L'Etat, ce n'est pas Valls, c'est nous. 
Au final, la réforme sera appliquée. "Je le confirme, cette convention doit être agréée et elle sera agréée par le gouvernement. Il y va du respect de la signature des partenaires sociaux majoritaires qui l'ont signée", a maintenu Manuel Valls. Il reste ferme, mais si l'Etat financera Pôle Emploi, c'est-à-dire qu'il fera l'avance, aggravant les déficits publics, ce seront en fait les Français imposables qui paieront 90 millions d'euros en année pleine, pour apaiser les intermittents...

Deuxième pas en arrière: un effort sur le budget de la création  

La bonne volonté des Français est sans limites. Le Premier ministre a annoncé que le budget alloué au spectacle vivant et à la création artistique serait maintenu pour les trois années à venir, jusqu'en 2017. Il a tenu à souligner qu'il s'agissait d'un "effort très significatif", fait "en plein accord avec le président de la République". Filippetti ne joue plus que les seconds rôles.

Une réflexion globale pour préserver l'avenir. Manuel Valls a annoncé un mission pour redéfinir le statut des intermittents. Une équipe de trois -les troïka se multiplient- , à laquelle participera l'actuel médiateur, devra plancher sur un nouveau cadre. "Il nous faut rompre avec ce cycle infernal de crises et de tensions" pour mettre en place "un cadre enfin sécurisé et stabilisé", a-t-il déclaré, avant de conclure : "il va falloir inventer, innover, créer, les conditions d'une nouvelle donne pour l'intermittence".

Et Olivier Py reste en coulisses

Alors que la menace cégétiste est aux portes du festival qu'il dirige, Py ne démissionne plus: plutôt que de se délocaliser sur l'autre rive du Rhône, il se maintient et joue les oies du Capitole. La billetterie a été ouverte ce lundi et le directeur de la manifestation a fait part de son inquiétude au micro d'Yves Calvi, sur RTL. "La menace est réelle : si le gouvernement agréé cet accord, il y aura grève et si il y a grève il y aura sûrement arrêt du festival et des festivals", a-t-il prédit, avant d'en appeler à Matignon. "Je pense que c'est à Manuel Valls de prendre une décision… qui sera peut être difficile, et à convaincre les deux syndicats qui ont signé qu'il faut revenir à la table de travail !", a estimé le  théâtreux.

Olivier Py fait le grand écart: à la fois il rappelle qu'il doit sauver " l'édition 2014 (mais peut-être aussi les suivantes) et non seulement défend la grève, "droit inaliénable de la République", mais "applaudit même les grévistes courageux" ! Les artistes ne sont pas des comptables -pas même en intermittence-  mais "le coût d'un arrêt du festival se chiffrera peut-être à 4 ou 5 millions d'euros, et l'avenir même de l'institution festival est mise en danger. On ne sait pas qui renflouera l'énorme trou que va causer cet arrêt du festival. On est face à une véritable catastrophe." D'ailleurs, pourquoi le public miserait-il un kopec sur cette entreprise qui part à vau-l'eau?

Valls a froncé le sourcil, mais les intermittents n'abandonnent pas un si beau rôle  Le premier ministre parle, mais est inaudible. La CGT a appelé vendredi 20 juin, à une "grève massive" pour l'ouverture du Festival d'Avignon, le 4 juillet, et reconduit son préavis pour tout le mois de juillet.
 

mercredi 26 mars 2014

Municipales: Olivier Py fait le chantage de priver Avignon de son festival

Olivier Py, c'est qui, lui?

Le directeur du Festival d'Avignon a menacé de déménager la manifestation 
O. Py, directeur du Festival d'Avignon
 depuis septembre ...2013
si le FN est élu. Peut-on imaginer une déclaration plus stupide et totalitaire ?

"Je ne vois pas comment le festival pourrait vivre à Avignon avec une mairie Front national, ça me semble inimaginable", a déclaré lundidirecteur du Festival d'Avignon, au lendemain du premier tour des élections municipales. "L'édition 2014 aurait lieu parce que tout est déjà engagé, mais, pour la suite, si le Front national l'emportait, je prendrais mes responsabilités", a ajouté la danseuse du ministère de la Culture. Peut-on imaginer une prise de position plus stupide, plus irresponsable et plus contreproductive que celle-ci ?

Ainsi, sous prétexte que des citoyens libres puissent voter démocratiquement pour un candidat du Front national -dans le cadre d'une quadrangulaire au second tour-, un petit histrion nommé -et contesté- priverait d'autorité l'ensemble des habitants de la ville, de la région et le pays du festival international installé ici depuis 1947. Quelle belle preuve de tolérance et d'ouverture d'esprit que de couper la "culture" - comme on coupe le gaz ou l'électricité - à des gens qui ne pensent pas comme vous ! Ce serait ainsi le meilleur moyen d'assurer une élection triomphale au nouvel édile. 
Bars et restaurants de la ville réalisent en juillet 50 % de leur chiffre d'affaires annuel. Les priver -par idéologie- de ces trois semaines de festival, c'est les précipiter dans le marasme et inciter les hésitants à voter, justement, pour le FN, devenu premier parti politique dans les couches populaires.

Et si le pseudo intello raisonnait un instant

Que l'épidermique Olivier Py sorte un instant de son cercle bobo-hystéro et réalise que l'on vient au moins autant au Festival d'Avignon pour des lieux et pour la richesse patrimoniale d'une ville d'une exceptionnelle beauté que pour la programmation, régulièrement critiquée. Quelle ville peut offrir tant de lieux de représentation, allant de la cour d'honneur du Palais des papes aux dizaines de salles qui, à l'année, accueillent troupes et comédiens : le théâtre des Carmes, le théâtre du Chêne noir, le théâtre des Halles, le théâtre du Balcon, le théâtre du Chien qui fume, Fraction, le Théâtrographe, la Fabrikthéâtre... Nulle part ailleurs il ne trouverait un tel microclimat, de telles infrastructures, un tel patrimoine et une telle tolérance de la population envahie de "racaille" ! Souhaitons-lui bonne chance s'il veut déménager le festival dont il n'a pas la propriété à Arles ou Martigues, villes communistes ou Beaucaire sur le point de passer au FN.  Peut-être Orange ? 

Les bobo malins préconisent de faire de la résistance au FN
Parce que les socialistes raisonnent mieux que quiconque, ils soutiennent que c'est précisément là où le sectarisme fait le lit du FN que la culture devrait être prioritaire. S'il méprise à ce point les électeurs avignonnais qu'il les traite d'incultes dépourvus de sens politique, alors il doit faire ses valises.
Les Parisiens estiment que leur mission est de ré-éduquer les égarés.  Ils ont le sentiment que c'est une majorité d'"oeuvres" expérimentales, voire pourries,  qui peuvent les amener, pédagogiquement, à la conscience, la bonne, celle de la l'idéologie dominante qui produit ces rejets de la pensée unique et le basculement à l'extrême droite.
Py doit réaliser que le repli sur soi du milieu artistique n'est pas une solution. La littérature est un superbe plaidoyer pour la tolérance et le respect de la différence. S'il voulait s'affranchir des réflexes pavloviens du prêt-à-penser parisien, Olivier Py devrait faire la déclaration inverse : "Le FN risque de passer à Avignon, ma mission d'homme de théâtre, de propagateur de la culture, d'aiguillon des différences, est plus que jamais indispensable à cet endroit, auprès de ces gens." 
Mais Py est un totalitaire que le très socialiste Jean-Michel Ribes soutient depuis Paris et son théâtre subventionné du Rond-Point. Ce proche de François Hollande conçoit son activité comme "un théâtre de résistance". L'activiste utilise la culture à des fins politiques d'endoctrinement et de rééducation.  

L'exemple des Chorégies d'Orange

Lorsque Jacques Bompard fut élu à Orange en 1995, la direction des Chorégies montra ses muscles.
Il est toujours présent et les Chorégies ont prospérées et embelli. Un an plus tard, les loups étaient en effet devenus des agneaux. Les murs du théâtre antique sont irremplaçables et les oeuvres présentées immortelles, servies par des artistes de classe exceptionnelle. Près de vingt ans après, mélomanes, hommes d'affaires et ...le Tout-Paris se pressent aux Chorégies d'Orange. La ville et l'association qui organise ce festival cohabitent en bonne intelligence.

Olivier Py fait le pytre. 
Il a beau faire tourner son sabre de bois, il fait plus pitié que peur. Pire, il portera une grande responsabilité si dimanche prochain Philippe Lottiaux est élu maire d'Avignon
Sa sortie irréfléchie est sifflée, comme symbolique de ce que les électeurs ne veulent plus: une prise de position intempestive de la France d'en haut nantie et aveugle devant l'exaspération du peuple. 
Quand J.M. Ribes photographie
la nuque de Hollande:
idolâtrie ou fétichisme?
Quand on professe la tolérance, on n'exerce pas de grossières représailles au retour de la gauche au pouvoir parce qu'on a été viré (en 2011) de la direction du théâtre de l'Odéon à Paris.  Quand on réside un mois par an dans une ville, que l'on s'y déplace en voiture avec chauffeur, que l'on a table ouverte dans les hôtels et les restaurants du département, on n'a guère de crédibilité pour faire une sortie aussi dogmatique et bêtement politisée. Quand le monde de la culture est plus sectaire que ceux qu'il combat, il sort de son rôle et s'entête sur la voie du discrédit.  
Jean-Michel Ribes peut méditer sur ces lignes.

dimanche 7 juillet 2013

A. Filippetti interpelée en plein festival d'Avignon

La ministre de la Culture fait l'unanimité contre elle 

Aurélie Filippetti n'aurait fait qu'inaugurer le nouveau bâtiment du Festival d'Avignon, samedi à en croire le Nouvel Observateur...


La FabricA, implantée à l'articulation de deux quartiers difficiles en rénovation, Champfleury et Monclar, est un nouveau lieu de répétition, de spectacles et de résidence d'artistes, avec ses 18 studios. Arbre médiatique qui cache la forêt dépeuplée, il accueille actuellement le Groupe F qui, ce soir-là et à grand renfort de pression événementielle, proposait à Martigues (Bouches-du-Rhône) un spectacle pyrotechnique moyen, plein de temps morts et d'intensité artistique faible, faute de recul et de visibilité:  
A Cassis, en mai déjà...
la presse avait annoncé une "
saga de lumière et de feu" faite de "vaisseaux de lumière et navires éphémères chargés de poudre d’étoiles", mais le nombreux public déçu n'a  trouvé qu'un petit clone du spectacle d'Avignon, transposé pour les pauvres sur l'un des merveilleux canaux de la Venise provençale. 

La FabricA, projet construit en un temps record est le rêve depuis dix ans des deux co-directeurs du festival, Hortense Archambault et Vincent Baudriller, qui passent la main en septembre à Olivier Py. 
Sur les 40 centres dramatiques, une douzaine sont concernés par des changements de direction. Certains renouvellements ont provoqué des remous, comme à Montpellier, où Jean-Marie-Besset conteste son éviction, ou à Nanterre, où la décision du ministère de ne pas accorder un cinquième mandat en 2014 à Jean-Louis Martinelli, directeur du Théâtre des Amandiers depuis 2002, a été dénoncée comme "brutale". Et idéologique ?

Samedi 6 juillet, alors que la pièce "Par les villages", mise en scène par Stanislas Nordey, allait commencer dans la cour d'honneur du Palais des Papes, un représentant du Syndeac a pris la parole sur scène

Au nom des organisations syndicales, 
le syndicat des Entreprises Artistiques et Culturelles a dénoncé les "promesses parties en fumée faites au monde de la culture". 
Décrivant une situation "au bord de la paralysie", il a annoncé une manifestation est prévue à Avignon le 13 juillet à 11h30.


La ministre de la Culture présente dans la cour a été interpelée par deux personnes qui ont pris la parole après cette interruption. 
L'une d'elles a lancé à Aurélie Filippetti que la culture était "une chose trop sérieuse pour être confiée aux financiers". La ministre est restée silencieuse, mais elle donnera ce dimanche à Avignon une conférence de presse rédigée par ses collaborateurs
L'an dernier, elle avait échappé à ce type de réactions auquel Frédéric Mitterrand avait eu droit avant elle.Si le changement n'est toujours pas pour maintenant, c'est pour quand ?