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dimanche 6 juillet 2014

La gouvernance socialiste menace-t-elle aussi bien la gauche que la démocratie?

Le changement, mortifère pour la France, secourait subsidiairement la gauche

Livrer le 
pouvoir à des nuls, c'est envoyer le pays au casse-pipe
Avec la défaite de mars, le PS est devenu un syndicat d’élus:
 il a perdu un grand nombre de mandats et d'emplois liés aux municipalités. Ignorer la leçon des urnes, ce serait compromettre toute chance de réélection présidentielle en 2017 et condamner le parti au déclin.
"Oui, la gauche peut mourir...", confirme le Nouvel Obs 
Il aura suffi de ces quelques mots prononcés par Manuel Valls devant le conseil du PS le 14 juin pour se dédouaner d'un échec annoncé et relancer tout le débat sur le coma intellectuel supposément dépassé de la gauche, "ce grand cadavre à la renverse", ainsi que l'écrivait déjà Sartre au début des années 1960 dans sa préface à "Aden Arabie". 

Un avertissement à un pouvoir crépusculaire, deux ans seulement après l'arrivée  du socialiste à l'ElyséeCe coup de semonce n'avait d'autre objectif que de culpabiliser à court terme les députés de la majorité  rebelles à la caution du pacte de responsabilité, à une politique de l'offre et à une austérité européiste résolument embrassées par le président Hollande. Autant de choix politiques que très peu d'observateurs sont prêts à accorder l'AOC "de gauche"".

Traitement de choc

Brandir le spectre d'une disparition pour faire abandonner au PS ce qui lui reste de son idéologie sociale, au minimum celle de compenser le déséquilibre des forces entre capital et travail, voilà qui ne manque pas d'audace. Accorder au PS une mort dans la dignité, en lui évitant de longues souffrances pendant qu'il est temps,  telle pourrait en effet être  le traitement de choc préconisé: l'euthanasie.  Manuel Valls ne fait que récidiver: n'avait-il pas appelé en 2009, après une sérieuse déroute lors d'un scrutin européen déjà, à renoncer au nom même de socialisme, un nom "dépassé", renvoyant à "des conceptions du XIXe siècle" ?

Au-delà du rappel à l'ordre tactique, ce bulletin de santé publié par Valls accrédite l'idée que le peuple français a glissé à droite, du fait du reniement et du lâchage de toute une génération d'intellectuels et de politiques. L'idée que le PS est devenu une coquille creuse remonte à sa direction par Hollande et se trouve confortée par son élection par défaut. Après avoir nié la crise sous la férule salissante de la Ch'tite Aubry, le PS se voit contraint, mariage pour tous et projet de réforme pénale exceptés, à emprunter nombre de ses combats et de ses mesures à la pensée de droite.

Du côté de la gauche intellectuelle, qu'elle soit enkystée dans mai 68 ou portée par le vent de l'histoire d'ailleurs, elle s'en tire souvent par le trou de mémoire de ses propres errances: les laboratoires d'idées, les think tanks, ne sont-ils pas faits davantage pour l'agitation intellectuelle que pour l'action? Le Nouvel Observateur a conservé ses références passées et consulté encore Régis Debray qui explique aujourd'hui que "la gauche est déjà morte", même que "ce qui en survit est soit pathétique soit parodique", avant de demander : "Si on s'occupait d'autre chose ?" Loin de cette sensibilité républicaine de gauche, le philosophe Jacques Rancière, auteur de "la Haine de la démocratie" (2005) où il croisait le fer avec les néo-réactionnaires en passe de gagner la guerre des consciences, déclare lui aussi que le sujet est déjà clos dans la mesure où le PS a réussi sa "tâche historique" consistant en la "liquidation de la gauche"...

Un diagnostic sans remède

Ce n'est pas fait pour rassurer les démocrates, mais le PS va aussi mal que la "gauche de la gauche" qui peine à trouver le moindre courant électoral ascensionnel en France socialiste, contrairement aux nouveaux acteurs politiques de l'extrême gauche qu'on voit surgir ailleurs en Europe - du parti Syriza en Grèce (communistes et "rouges-verts comme Eva Joly) jusqu'aux Podemos espagnols, à l'initiative d'un groupe d'enseignants en 2014. Qui peut se réjouir aujourd'hui de ce constat sans chercher à y apporter le moindre remède? Qui, pour évoquer le proverbe chinois, préfère maudire l'obscurité plutôt que de faire jaillir la moindre étincelle ?

En 2009, l'ex-"nouveau philosophe" Bernard-Henri Lévy affirmait déjà que le PS était mort, en deux ans de présidence de Nicolas Sarkozy. Il pointait ceux nombreux qui n'osaient dire que, tel "le cycliste d'Alfred Jarry, il pédalait alors qu'il était déjà mort". Non sans masochisme, il affirmait avoir voté socialiste à la dernière présidentielle, mais "comme tout le monde : par habitude, sans y croire, et en ayant le sentiment qu'on essayait de réanimer un cadavre". Appelant de ses voeux une désintégration du PS et une refondation de la gauche sur de nouvelles bases, il précisait que celles-ci seraient nécessairement: l'antifascisme, l'anticolonialisme et l'antitotalitarismeQue des vieux serpents de mer: un vrai coup de jeune! On n'est jamais assez anti-tout, quand on n'a rien à proposer...

Les vieilles lunes ont la vie dure. Un combat crépusculaire contre trois ennemis historiques sortis du passé mais fantômes actifs aux heures sombres. Rien, en revanche, sur la lutte contre la finance mondialisée, alors que la grande crise des sub-primes avait déjà démarré l'année précédente. Rien sur la justice à rendre à des millions de travailleurs pauvres, que François Mitterrand osait encore évoquer comme fondement du socialisme, deux ans avant sa propre élection à la présidence. Rien non plus sur le tournant de la rigueur socialiste de 1983 et ses conséquences possiblement décisives sur la poussée du vote FN un an plus tard, lors d'élections européennes, une fois encore. A cet égard, ne parlons même pas du scrutin à la proportionnelle, l'une des 110 propositions pour la France du candidat François Mitterrand,  lors des élections de 1981, qui fit prospérer le FN. Que cet avatar de la IVe République n'ait pas été le dernier apprenti sorcier de la gauche, nous ne le savons que trop depuis 2012: les intellectuels et (sans les assimiler) les media n'ont-ils pas failli en n'avertissant pas les électeurs? 

"L'injonction de rompre"

On a pu, depuis, mesurer les conséquences du discours de tous ces Diafoirus de la gauche qui, sous couvert de se pencher sur le malade, accélèrent sa perte. A ce discours-là, on préférera décidément celui d'un Michel Foucault qui, en 1979, préfaçant un livre de Jean Daniel, oracle-maison du Nouvel Observateur, écrivait que concernant l'avenir de la gauche "l'injonction de rompre" tout autant que "l'exigence d'identité" sentent forcément "l'abus". La gauche, écrivait le professeur du Collège de France, c'est encore moins qu'une "coalition de partis sur l'échiquier politique", qui, elle, peut ponctuellement se défaire en effet, ce n'est qu'un "mélange d'évidences et de devoirs, 'patrie plutôt que concept'". 

Ce sont eux justement aujourd'hui, ces évidences et ces devoirs, qui semblent désormais plus confus que jamais dans la France de 2014 et au PS. Et le "Nouvel Observateur" de s'attribuer la paternité d'une mission vieille de cinquante ans: redéfinir, reprendre à nouveaux frais et porter plus que jamais une réflexion. A quoi ont donc servi vingt années de traversée du désert, depuis 1995 ? L'hebdomadaire ouvre donc ses colonnes au débat, entre autres sur l'avenir de la gauche, avec les contributions d'un sociologue, de Laurent Bouvet qui se penche depuis quelques années sur le divorce entre la gauche de gouvernement et les classes populaires, ou encore de la philosophe Michela Marzano, fraîchement élue députée au Parlement italien.

Le Nouvel Observateur prévoit que ce débat lancé dans l'urgence à l'heure des vacances se poursuivra "bien sûr à la rentrée, car les menaces se précisent"... L'hebdomadaire (multi-usages) à lire (par exemple) dans les sanisettes s'essuie sur l'extrême droite "habile à salir les combats les plus nécessaires contre le néolibéralisme et à dresser les Français les uns contre les autres." Du Martine Aubry (quasiment) dans le texte... Le FN n'a jamais paru aussi proche du pouvoir, estime-t-il. Plombé par ses difficultés chroniques et mortifères à créer, l'hebdomadaire socialiste continue donc de s'en prendre aux droites, pensant pouvoir renaître des cendres de ses victimes ! A-t-on jamais vu ça? "Il conviendra de lui barrer la route en veillant à ce que cette seule opposition ne dicte pas une fois encore à la gauche une identité facile et superficielle": telle est la feuille de route de la gauche, selon le Nouvel Obs. Et pourtant, ce n'est même pas signé de Bruno Roger-Petit ! Marine peut aller en paix à la pêche aux bigorneaux...

Reste qu'en menaçant la gauche et le bipartisme, le PS de Hollande menace la démocratie.

samedi 31 mai 2014

Hollande pourra-t-il aller au bout de son mandat ?

Une majorité battue à deux scrutins reste-t-elle légitime?  Et son président à 3% dans un sondage ?
Media et politiques s'interrogent. 

Christian Delporte décrypte la situation après les échecs du PS aux européennes: et si François Hollande n'allait pas au bout de son mandat ?

Invité de BFM-TV au lendemain de la débâcle des européennes, François Bayrou a eu un sursaut de désir d'avenir, lâchant "François Hollande n'ira pas au bout de son mandat. Il va y avoir un coup de foudre d'ici là. On ne peut pas durer trois ans dans la situation où on se trouve."

Selon une étude OpinionWay réalisée en exclusivité pour Le Figaro Magazine, les Français ne sont plus que 3% à préférer François Hollande comme candidat du PS à la prochaine présidentielle de 2017. En dépit de la force des institutions, l'hypothèse de voir François Hollande démissionner est-elle désormais crédible?
La démission du leader qui n'a plus la confiance du peuple est une vieille question, théorisée par…les bolcheviks ! Sur le plan institutionnel, rien n'oblige François Hollande à partir. L'impopularité mesurée par les sondages (même si l'actuel Président bat des records, sur ce plan) ou l'échec aux élections intermédiaires ne suffiront pas, sauf s'il en décidait lui-même ainsi, à le pousser à la démission. A cet égard, ses prédécesseurs ont eu la même attitude. Seule une situation exceptionnelle de chaos (manifestations et grèves massives, pays bloqué, violences…) pourrait l'y conduire. Nous n'en sommes pas là. Quand on est à la tête de l'Etat, on croit toujours, même si on s'illusionne parfois, qu'on finira par rebondir et reconquérir l'opinion. La démission, pour un homme politique, a fortiori exerçant les plus hautes fonctions, est une extrémité inadmissible. Seuls l'épuisement ou la contrainte sous une forte pression l'y mènent éventuellement. En attendant, les leaders de l'opposition peuvent bien poser la question du départ de Hollande, c'est bon pour mobiliser leur électorat qui attend un tel discours. Mais, en leur for intérieur, ils savent, par expérience, que cela ne se produira pas. 

Cette situation serait-elle inédite dans l'histoire politique?

Le Président Mac Mahon a démissionné en 1877, après avoir dissout la Chambre, finalement poussé dehors par la nouvelle majorité républicaine qui refusait de gouverner avec lui. Alexandre Millerand fut dans la même situation en 1924. D'autres chefs de l'Etat ont démissionné sous la IIIe République: Jules Grévy, en 1887, emporté par un scandale, Jean Casimir-Périer, en 1895 (après 6 mois et 6 jours, par dépit), Paul Deschanel, en 1922 (pour des raisons de santé bien connues): mais, à l'époque, comme disait De Gaulle, les présidents "inauguraient les chrysanthèmes" [Et une rupture de confiance avec le peuple n'impactait pas aussi lourdement le pays que sous la VIe République]. Le Général, justement, est parti en 1969, désavoué par le peuple lors d'un référendum où il avait mis son mandat en jeu. Dans ces deux cas, le départ résulte de l'expression du suffrage universel [Et on comprend donc ce qui fonde l'aversion de Hollande pour le référendum]. Mais, malgré lui [suffrage universel], Mitterrand, à deux reprises (1986, 1993) et Chirac (1997) ont préféré la cohabitation à la démission [le socialiste avait choisi la stabilité contre le chaos, rendant ainsi hommage à la Constitution de 1958...]. On se rappelle aussi qu'en 1968, De Gaulle avait écarté l'hypothèse de sa démission, préférant dissoudre l'Assemblée nationale, provoquer des législatives anticipées et, ainsi, poser la "question de confiance" au peuple français [et préférer le dialogue direct]

L'Express titre en une cette semaine, "Encore trois ans", tandis que Valeurs actuelles pose la question "Doit-il partir?" Ces Unes sont-elles le reflet d'une fragilité réelle du pouvoir ou contribue-t-elle à le déstabiliser?

Valeurs actuelles s'adresse à une clientèle de droite, tandis que L'Express vise un public plus large, mais les deux se rejoignent, simplement parce qu'ils traduisent l'air du temps. Je ne me lancerai pas dans la théorie de la poule et de l'œuf. La presse [Libération? Le Monde ?] évoque le départ de Hollande, parce que son impopularité bat des records et que, pour vendre, il ne faut jamais trop s'éloigner de ce que pensent ses lecteurs…Mais, du coup, répétée, reprise, l'idée du départ fait son chemin. La presse est généralement opportuniste et panurgienne.
Le chrysanthème manque d'eau
Souvenons-nous de l'époque de Nicolas Sarkozy, d'abord porté aux nues, ensuite jeté aux orties. La mode est au Hollande-bashing, pratiqué jusqu'à l'intérieur du PS (au moins dans les couloirs). Si Hollande remonte, même timidement, dans les sondages, il n'est pas exclu que quelques magazines le trouvent soudain formidable et s'interrogent sur sa réélection, avec des titres, du genre: «Et s'il réussissait son pari?»… Ainsi va la presse.

François Hollande bat des records d'impopularité et ne dispose plus d'une majorité solide. Dans ses conditions, comment peut-il tenir? De quelles options politiques dispose-t-il encore?

Il n'a pas beaucoup d'options. Je ne crois guère à la dissolution. Elle pourrait être contrainte, si le désaveu des "rebelles" du PS se traduisait par un vote de défiance à l'Assemblée. Mais les députés du PS se feront-ils hara-kiri? Combien reviendraient au Palais-Bourbon? Les Verts, dont la plupart des députés le sont grâce au PS qui leur a laissé des circonscriptions, y perdraient toutes leurs plumes. 
Pour le sport, imaginons la dissolution surprise. Elle se fonderait sur un pari risqué: l'échec aux législatives, la cohabitation avec l'UMP [union nationale obligée, suggérée par BHL], l'usure de la nouvelle majorité et une nouvelle virginité politique dans l'opinion (à l'instar de Mitterrand et de Chirac) lui ouvrant les portes de la réélection en 2017. Franchement peu vraisemblable. Le plus évident pour Hollande, c'est de miser sur le retour de la croissance [ce qu'il n'a cessé de faire, dans les zig-zag d'une politique affolées par les vents contraires], dont les signes sont présents dans plusieurs pays d'Europe [nous assure-t-on, sans qu'elle se précise, ni en Allemagne, ni aux USA]. Son seul atout, c'est le temps, ces trois ans qui nous séparent de l'échéance présidentielle. C'est là-dessus qu'il mise.

François Hollande, s'il ne démissionne pas, a -t-il encore une chance d'être candidat à sa propre succession en 2017 ?

Valls éclipse Hollande dans les sondages
Tout président élu pour un premier mandat rêve d'en accomplir un second, tout en se gardant de le dire. Difficile pour le PS de lui contester une deuxième candidature [et c'est bien pourquoi les primaires sont une arme à double tranchant], sans provoquer une crise qui ferait resurgir brusquement le spectre de 2002. Cependant, le contexte jouera également. En cas d'impopularité forte, la presse testera d'autres noms [que Hollande situé à 15% par les ...sympathisants socialistes] ceux de Valls [40%], Aubry [16%], Montebourg [3%] ou d'autres. Si les sondages le donnent perdant à coup sûr, alors qu'un socialiste pourrait l'emporter, une incroyable pression s'exercera sur lui, à laquelle il lui sera rude de résister.

La solution ne pourra venir que des oppositions. Ou de la rue !

dimanche 13 avril 2014

Retour des ex-ministres de Ayrault à la normalité

Les ex-ministres découvrent le chômage

Pour ceux et celles qu'intéresse le sort des acteurs de notre malheur
Licenciés,
ça plane pour eux...
Hollande avait parlé de changement, mais puisqu'il n'était pas venu, ses ministres imaginaient que cela allait encore durer. Mais les électeurs en ont décidé autrement  aux municipales en envoyant à la "gauche molle" un signal fort. Puisqu'il ne peut guère se débarrasser de  lui avant les cinq années de rigueur, le peuple doit faire avec son président, bien que sa popularité ait dégringolé à un point historique de rejet de 13%... Pépère s'est toutefois senti obligé de virer quelques-uns de ses ministres, le moins possible, à commencer par le sombre Ayrault. 
 
Certains vont de nouveau siéger au Parlement, d'autres, plus rares, n'ont plus aucun mandat. Les ex-ministres du gouvernement Ayrault renvoyés dans leurs foyers par le président Hollande et son valet Valls font ces jours-ci l'expérience de l'agenda vide, vécue parfois difficilement quand ils n'ont pâs vu venir le coup. Valls a lancé deux vagues de licenciements, le 2 avril pour les ministres et le 9 pour les secrétaires d'Etat.

Dénuement d'une ex
A 67 ans, Michèle Delaunay, ex-ministre déléguée chargée des Personnes âgées, n'a pas été prise par surprise, puisque sa cote de popularié ne lui laissait pas envisager une reconduction au troisième gouvernement de Hollande en deux ans. 
La montée en puissance de la parité obligée devait humaniser les relations personnelles dans la vie professionnelle et politique, mais les faits ne démontrent rien de tel.  "Objectivement c'est désagréable", dit-elle, en racontant avoir appris par un tweet de Marisol Touraine (Affaires sociales, Santé) l'identité des deux secrétaires d'Etat désormais placées sous la tutelle de cette dernière: une membre de la délégation aux Droits des femmes et à l’égalité des chances entre hommes et femmes de l'Assemblée nationale, Ségolène Neuville, aux handicappés, et la féministe Laurence Rossignol à la ...Famille et des personnes âgées. La position de domination rend visiblement les femmes de pouvoir "machistes."  
D'après ce message du 9 avril encore visible sur le réseau social, Mme Touraine avait réuni ce nouveau "trio de choc", photographié pour l'occasion, pour écouter les nominations des secrétaires d'Etat.

Le gynécée des Affaires sociales ne connaît pas la  parité
"Il eût été courtois qu'elle m'appelle avant", souligne Michèle Delaunay, Elue de Bordeaux, elle découvre que la courtoisie n'est pas une vertu politique - ni féminine, ni féministe - et va reprendre au bout d'un mois son siège à l'Assemblée nationale, renvoyant au néant son suppléant Vincent Feltesse, battu de surcroît par Alain Juppé à la mairie.

Elu de la même région, dans les Landes, dont il va aussi redevenir député, Alain Vidalies, 63 ans, a confié au journal Sud-Ouest avoir "appris les choses comme tout le monde, lorsque le secrétaire général de l'Elysée a annoncé les noms des 14 secrétaires d'Etat de ce nouveau gouvernement". L'ex-ministre a organisé le soir même une rapide et discrète passation de pouvoirs avec son successeur aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Et, très fair-play, il lui a fait  twitter "tous (ses) voeux de réussite". Il n'a visiblement pas envie de polémiquer et se dit content de "retrouver une vie normale et une vraie liberté d'expression".

Du largage par tweet au grand vide ?

Brigitte Ayrault n'est pas Anne Sinclair:
elle cherche Jean-Marc partout
Comparés au dénuement d'un salarié licencié et à son soudain désert affectif, l'empathie de la presse avec les états d'âme d'un ministre remercié a quelque chose de déplacé, sachant que la reconversion est assurée, souvent dans le privé, et que l'aisance financière des ex-ministres est statutairement garantie. Aux premiers l'angoisse de l'avenir et aux seconds le choix du lieu de resourcement, bien plus souvent que le souci de leur avenir professionnel.

Dix-sept ministres de Jean-Marc Ayrault n'ont pas été reconduits dans le gouvernement "resserré" dirigé par Manuel Valls. Mais la plupart pourront de nouveau siéger au Parlement, notamment Jean-Marc Ayrault.
Ceux qui, comme Pascal Canfin (ex-chargé du Développement) et Dominique Bertinotti (ex-Famille),  n'ont plus de mandat électif font figure d'exceptions.

D. Bertinotti affiche sa confiance dans une nomination prochaine à de hautes fonctions "au service de la République". "C'est en discussion effectivement avec les hautes autorités", dit celle qui avait lâché la mairie du IVe arrondissement de Paris pour entrer au gouvernement en mai 2012.
Comme Michèle Delaunay, Dominique Bertinotti a un sentiment de travail inachevé après 22 mois et elle s'intéressera aux débats - à partir de "fin mai" au Parlement, selon elle - sur son dernier sujet de prédilection qu'était "la sécurisation juridique des enfants".
Du fait des soins auxquels elle est contrainte, elle a été avertie de son départ du gouvernement "avant que la liste ne soit officiellement énoncée" par le secrétaire général de l'Elysée.

François Hollande soi-même aurait prévenu Thierry Repentin, un spécialiste reconnu du logement social qu'il avait tout naturellement placé aux ...Affaires européennes, mais cette prévenance exceptionnelle n'était nullement motivée par de quelconques égards. C'était seulement le fait d'une opération "bruxellage" visant Harlem Désir limogé de la Rue de Solférino avec la déculottée socialiste aux municipales et nouveau bénéficiaire du logement social de son prédécesseur. Repentin n'avait-t-il pas pourtant l'avantage d'être incolore et inodore?
Etes-vous déçu, amer? "Non, je connais la règle du jeu. Je savais depuis plusieurs jours qu'il y avait des tractations, notamment pour trouver un point de chute à Harlem", a répondu Repentin à la radio France Bleu Pays de Savoie, "il était député européen, il avait vocation, légitimité à assumer un poste". 
L'élu savoyard n'est pas à la rue. Il ne doit qu'un mois de préavis à son suppléant, André Vairetto, pour  reprendre son train de sénateur au Palais du Luxembourg. 
Il y a pire comme précarité. Celle d'allocataire à Pôle emploi.

samedi 29 mars 2014

30 mars, jour d'une double avancée

Votez, mais votez bien !

Pensez à avancer vos montres d'une heure

dans la nuit de samedi à dimanche

Et dimanche, on va voter !

Heure d'été, heure du renouveau...


Intox des municipales: Hollande n'a pas les moyens de ses promesses fiscales pré-électorales

Les promesses que Hollande ne pourra pas tenir 

François Hollande songe à nouveau à une possible baisse d’impôts 

François Hollande se préparerait à faire un geste envers les contribuables français. Sous la pression des résultats du premier tour des élections municipales et mercredi, avant le second tour, le service de presse de l'Elysée laisse entendre que le président de la République pourrait annoncer rapidement une baisse d'impôts pour les ménages
Il serait pourtant bien en peine d’abaisser la fiscalité alors que l’Etat tente de réduire ses déficits et que Bercy n'a pas les moyens des élucubrations élyséennes. L’exécutif planche donc aussi sur une autre piste, moins coûteuse à réaliser : une réforme fiscale et une simplification de la Prime pour l’emploi et du RSA.

L'intox consisterait à fusionner PPE et RSA

Le premier chantier fiscal auquel l’exécutif s’attèlerait viserait à donner, à peu de frais, des gages aux radicaux de son aile gauche et concernerait les travailleurs pauvres, ceux qui sont dans les deux premières tranches de l’impôt sur le revenu. Ces derniers sont censés pouvoir bénéficier de deux dispositifs : la prime pour l’emploi (PPE) et le revenu de solidarité active (RSA).

Sauf que seul un tiers des personnes qui peuvent bénéficier du RSA en font la demande et que ce dispositif doublonne avec la PPE. Et cette dernière connaît aussi ses propres aléas : aujourd’hui, les chômeurs qui reprennent un emploi sont trop souvent pénalisés car ils rentrent dans l’impôt, mais perçoivent trop tard leur PPE, qui est en fait un crédit d’impôt. A cause de ce manque de réactivité de la PPE, le retour à l’impôt n’est pas aussi progressif qu’il est censé l’être. L'ensemble et mal pensé, mais permet aux vicieux de l'Elysée de faire des promesses à bon compte

Le gouvernement sort dans l'entre-deux tours une intox sur lequel il planche depuis plusieurs mois:
la fusion de la PPE et du RSA, dont le coût cumulé avoisine les 8 milliards d’euros. Les bénéficiaires recevraient alors un chèque tout de suite qui adoucirait le retour de ‘l’impôt sur le revenu. 

La retenue à la source, l’autre chantier. L’autre réforme que le gouvernement pourrait mener concerne le prélèvement de l’impôt. Ce dernier est actuellement réalisé avec une année de décalage, ce qui ne va pas sans poser de problème : un contribuable qui gagnait bien sa vie et perd son emploi se retrouve à payer des impôts élevés un an plus tard… alors qu’il est au chômage et donc avec des revenus bien plus limités.
Il pourrait être mis fin à ce décalage en instaurant la retenue à la source. Ce système, appliqué dans la majorité des Etats européens, consiste à prélever les impôts chaque mois, directement au moment où le salaire est versé. Le contribuable ne verserait donc plus tous ses impôts d’un coup et avec un an de retard mais au fur et à mesure, ce qui est bien plus simple et indolore.
Bercy encaisserait ainsi sans délais, ce qui lui permettrait de réaliser des économie sur la levée de l'impôt et faire croire qu'il va plus vite et plus fort dans la réduction des déficits publics.

Municipale à Grenoble: A qui profite la chute du candidat Verts allié à l'extrême gauche ?

Le rival EELV du candidat PS frappé dans la rue

Éric Piolle, le candidat altermondialiste, a été agressé en pleine rue   
Éric Piolle, le candidat écologiste arrivé en tête du premier tour des municipales à Grenoble, a été frappé dans la rue vendredi soir par un homme qui l'a fait chuter à terre, selon la police. Dans un tweet posté samedi matin, Cécile Duflot, la ministre de l'Égalité des territoires et du Logement,  s'est dite "bouleversée et scandalisée" par cette agression.

Éric Piolle était seul à vélo rue de Stalingrad, à Grenoble, vendredi vers 22 h 50 quand une camionnette blanche a ralenti à sa hauteur. Le passager de la camionnette lui a alors jeté un coup de pied, le faisant chuter à terre. Il n'a pas été blessé dans l'agression.

Le candidat porte plainte

E. Piolle et J. Safar, en désaccord
Un passant a été témoin de la scène. L'écologiste a déposé une plainte au commissariat. Arrivé en tête du premier tour, Éric Piolle (29,41 %), qui mène une liste d'union avec le Parti de gauche, avait essuyé un refus de Jérôme Safar (25,31 %), le candidat socialiste et adjoint au maire sortant qu'il avait appelé à le rejoindre.

Au second tour dimanche, une quadrangulaire aura lieu dimanche entre les listes Piolle, Safar, Matthieu Chamussy (UMP/UDI, 20,86%) et Mireille d'Ornano (FN, 12,56%).
Quant à Philippe de Longevialle (MoDem) qui a recueilli respectivement 4,51 % se déclare en faveur de ...Jérôme Safar.

Animosité du député-maire PS sortant de Grenoble 
Le vélo de Piolle a-t-il une "autonomie" suffisante
pour aller au-delà de sa permanence?

Michel Destot 
justifie le maintien de Jérôme Safar, principal adversaire d'E. Piolle, 
au second tour,  malgré les pressions de l’état-major du PS et la perte de l’investiture socialiste…
Après trois mandats et dix-neuf ans à la mairie de Grenoble, Michel Destot pensait passer tranquillement le relais, dimanche soir, à son premier adjoint et successeur désigné, Jérôme Safar. Pourtant, ce projet a pris du plomb au soir du premier tour, lorsque le candidat écologiste, Eric Piolle (EELV-Parti de gauche), est arrivé en tête avec 29,41 % des suffrages. Devancé de quatre points, Jérôme Safar a néanmoins annoncé, mardi, le maintien de sa candidature au second tour. Une décision que soutient et justifie le maire de Grenoble, malgré la perte de l’investiture socialiste. 

"Les Verts n’ont jamais joué le jeu aux différentes élections", accuse Destot
Le premier tour a été une manifestation de désapprobation de la politique nationale qui s’est traduite par des votes extrêmes, avec une progression des écologistes radicaux, la montée du Front national et une abstention record, notamment dans les grandes villes les plus politiques, dans un contexte local de droite faible à Grenoble. Les électeurs se sont donc portés sur le candidat écolo-gauchiste et sur l’abstention. 
Les électeurs UMP, abstentionnistes du premier tour, ont-ils dit leur dernier mot?

Municipales de l'alternance: après la vague rose, la vague bleue

Ne pas reculer devant un vote sanction, 
malgré les épouvantails de la gauche

La gauche prend tous les moyens pour se maintenir dans les villes dimanche
Le désaveu infligé à la majorité devrait tourner à l'avantage de l'opposition, en position de reconquête d'une grosse centaine de villes. Ce sera sans la neutralité de la presse présidentielle qui assimile l'UMP au FN brandit comme épouvantail. 

D'abord dans le déni, l'exécutif assure enfin avoir entendu "l'avertissement" des électeurs. Mais ses réseaux assurent que les 16 millions qui n'ont pas voté au premier tour appartiendraient à la majorité. Après avoir promis le changement en mai 2012, il promet à nouveau d'oeuvrer au redressement du pays: en 2014, il irait plus vite, plus fort, "avec plus de cohérence et de justice". Une terminologie vidée de son sens en 22 mois, mais qui inquiète néanmoins au regard de la détermination du gouvernement socialo-écolo, à peine arrivé au pouvoir, à frapper vite et fort les contribuables et les entreprises. 

Au moment où le chômage enregistre une nouvelle hausse en France, les mécontents répandent l'idée d'un remaniement gouvernemental pourrait redonner la confiance dans l'après-municipales, un scrutin qui a agrégé les déçus du "hollandisme".

L'UMP entend transformer le "carton jaune" du 1er tour en "carton rouge"

Les conditions sont réunies pour lancer "la reconquête" jusqu'à la présidentielle de 2017. Le  signent une victoire à même de .  selon son président Jean-François Copé, .

Un succès assurerait au premier parti d'opposition et à ses alliés centristes un nombre déterminant de grands électeurs aux sénatoriales de septembre, puisque 178 sièges sont à renouveler. La droite pourrait ainsi reprendre le pouvoir à la haute assemblée et  le socialiste Jean-Pierre Bel ne s'y trompe pas, puisqu'il a annoncé son retrait de la présidence du Sénat, avant la fin de son mandat.

L'alternance ne réjouit pas tout le monde
La droite s'est fixée pour objectif de renverser le rapport de forces dans les quelque 1.100 communes de plus de 9.000 habitants contrôlées jusqu'à présent à 54,5% par la gauche.

Elle devrait réussir son pari, voire le pulvériser. Elle a déjà pris 29 villes à la gauche, une cinquantaine lui suffirait pour compléter l'équation,  une centaine, selon les analyses, pourrait lui échoir au final, pour peu que les électeurs de droite se rendent en masse aux urnes. A Marseille, le sénateur-maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin est assuré, sauf coup de théâtre, d'un quatrième mandat après le revers de Patrick Mennucci, symbole de la débâcle socialiste, arrivé troisième derrière le candidat FN.
"Il ne faudra pas tirer d'un bon résultat la conclusion que les Français plébiscitent dès à présent le projet de l'UMP", tempère toutefois en garde  François Fillon dans Le Figaro.

A Paris, la probabilité de victoire de Nathalie Kosciusko-Morizet est encore incertaine, bien qu'elle ait devancé sa rivale socialiste Anne Hidalgo au premier tour, car la gauche reste majoritaire en voix et en mesure de conserver les arrondissements-clés. 

La gauche au pouvoir profitera-t-elle au FN ? 

L'issue du scrutin s'annonce très serrée dans plusieurs grandes villes tenues par la gauche
, comme à Strasbourg, Metz, Toulouse, Saint-Étienne, Reims, Caen ou encore Amiens.

Le PS n'est pas parvenue sans accrocs à rassembler entre les deux tours. Elle a multiplié  les appels au "ressaisissement" à l'adresse des communistes, des écologistes et même de ses troupesconsidérant qu'ils sont responsables de l'abstention massive au premier tour.

L'exemple de Florange démontre un rejet du PS au profit du FN
Ville symbole des luttes ouvrières menées par la CFDT, proche du PS, Florange a rejeté le candidat socialiste au profit de l'UMP, dès le premier tour.  
Les espoirs de conquête sont minces: Avignon, Bourges, Bayonne, notamment.

Au-delà de la mobilisation, la question du report des voix du Front national sera déterminante, d'autant que le "front républicain" est défendu sans succès par le PS et que la stratégie du "ni, ni" (ni Front national ni Front républicain) à l'UMP ne favorise pas les enfumeurs.
"Le FN est plus que jamais l'arbitre du second tour entre le PS et l'UMP", résume Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'IFOP.

Les conséquences de la proportionnelle 
Le scrutin de liste à deux tours avec représentation proportionnelle favorise une inflation de listes au second tour et des "fronts républicains" ne peuvent rien, après premier tour, à la poussée du FN: 986 triangulaires et 207 quadrangulaires, traditionnellement favorables à la gauche, et 16 pentagulaires auront lieu dans des communes de plus 1.000 habitants.
Dans les trois villes de France les plus peuplées, Paris, Lyon, Marseille, l'élection se fait par secteur électoral, en suivant les mêmes règles que pour les communes de plus de 1.000 habitants, où l'élection des conseillers municipaux se déroule au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours, avec panachage.

Après avoir déjà fait élire 486 conseillers municipaux au premier tour, le FN, qui se maintient dans 329 villes, devrait atteindre aisément son objectif de dépasser les 1.000 élus.
Ses scores dans certaines villes "laissent potentiellement augurer des victoires" à Béziers, Saint-Gilles, Cogolin ou Fréjus par exemple, selon l'Ifop. Le FN caresse le même espoir à Brignoles, Forbach, Hayange, Villers-Cotterêts ou Beaucaire.
"Le FN-Rassemblement Bleu Marine est devenu une force de rassemblement de tous les Français", affirme Marine Le Pen, qui parle d'un "effet boule de neige" bouleversant la scène politique française.
Lien PaSiDupes: L’alliance DvD-FN qui vise à libérer Villeneuve-Saint-Georges : les grands moyens pour chasser l'extrême gauche

Les électeurs décideront qui -du FN ou du PCF- est le pire.