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samedi 31 mai 2014

Hollande pourra-t-il aller au bout de son mandat ?

Une majorité battue à deux scrutins reste-t-elle légitime?  Et son président à 3% dans un sondage ?
Media et politiques s'interrogent. 

Christian Delporte décrypte la situation après les échecs du PS aux européennes: et si François Hollande n'allait pas au bout de son mandat ?

Invité de BFM-TV au lendemain de la débâcle des européennes, François Bayrou a eu un sursaut de désir d'avenir, lâchant "François Hollande n'ira pas au bout de son mandat. Il va y avoir un coup de foudre d'ici là. On ne peut pas durer trois ans dans la situation où on se trouve."

Selon une étude OpinionWay réalisée en exclusivité pour Le Figaro Magazine, les Français ne sont plus que 3% à préférer François Hollande comme candidat du PS à la prochaine présidentielle de 2017. En dépit de la force des institutions, l'hypothèse de voir François Hollande démissionner est-elle désormais crédible?
La démission du leader qui n'a plus la confiance du peuple est une vieille question, théorisée par…les bolcheviks ! Sur le plan institutionnel, rien n'oblige François Hollande à partir. L'impopularité mesurée par les sondages (même si l'actuel Président bat des records, sur ce plan) ou l'échec aux élections intermédiaires ne suffiront pas, sauf s'il en décidait lui-même ainsi, à le pousser à la démission. A cet égard, ses prédécesseurs ont eu la même attitude. Seule une situation exceptionnelle de chaos (manifestations et grèves massives, pays bloqué, violences…) pourrait l'y conduire. Nous n'en sommes pas là. Quand on est à la tête de l'Etat, on croit toujours, même si on s'illusionne parfois, qu'on finira par rebondir et reconquérir l'opinion. La démission, pour un homme politique, a fortiori exerçant les plus hautes fonctions, est une extrémité inadmissible. Seuls l'épuisement ou la contrainte sous une forte pression l'y mènent éventuellement. En attendant, les leaders de l'opposition peuvent bien poser la question du départ de Hollande, c'est bon pour mobiliser leur électorat qui attend un tel discours. Mais, en leur for intérieur, ils savent, par expérience, que cela ne se produira pas. 

Cette situation serait-elle inédite dans l'histoire politique?

Le Président Mac Mahon a démissionné en 1877, après avoir dissout la Chambre, finalement poussé dehors par la nouvelle majorité républicaine qui refusait de gouverner avec lui. Alexandre Millerand fut dans la même situation en 1924. D'autres chefs de l'Etat ont démissionné sous la IIIe République: Jules Grévy, en 1887, emporté par un scandale, Jean Casimir-Périer, en 1895 (après 6 mois et 6 jours, par dépit), Paul Deschanel, en 1922 (pour des raisons de santé bien connues): mais, à l'époque, comme disait De Gaulle, les présidents "inauguraient les chrysanthèmes" [Et une rupture de confiance avec le peuple n'impactait pas aussi lourdement le pays que sous la VIe République]. Le Général, justement, est parti en 1969, désavoué par le peuple lors d'un référendum où il avait mis son mandat en jeu. Dans ces deux cas, le départ résulte de l'expression du suffrage universel [Et on comprend donc ce qui fonde l'aversion de Hollande pour le référendum]. Mais, malgré lui [suffrage universel], Mitterrand, à deux reprises (1986, 1993) et Chirac (1997) ont préféré la cohabitation à la démission [le socialiste avait choisi la stabilité contre le chaos, rendant ainsi hommage à la Constitution de 1958...]. On se rappelle aussi qu'en 1968, De Gaulle avait écarté l'hypothèse de sa démission, préférant dissoudre l'Assemblée nationale, provoquer des législatives anticipées et, ainsi, poser la "question de confiance" au peuple français [et préférer le dialogue direct]

L'Express titre en une cette semaine, "Encore trois ans", tandis que Valeurs actuelles pose la question "Doit-il partir?" Ces Unes sont-elles le reflet d'une fragilité réelle du pouvoir ou contribue-t-elle à le déstabiliser?

Valeurs actuelles s'adresse à une clientèle de droite, tandis que L'Express vise un public plus large, mais les deux se rejoignent, simplement parce qu'ils traduisent l'air du temps. Je ne me lancerai pas dans la théorie de la poule et de l'œuf. La presse [Libération? Le Monde ?] évoque le départ de Hollande, parce que son impopularité bat des records et que, pour vendre, il ne faut jamais trop s'éloigner de ce que pensent ses lecteurs…Mais, du coup, répétée, reprise, l'idée du départ fait son chemin. La presse est généralement opportuniste et panurgienne.
Le chrysanthème manque d'eau
Souvenons-nous de l'époque de Nicolas Sarkozy, d'abord porté aux nues, ensuite jeté aux orties. La mode est au Hollande-bashing, pratiqué jusqu'à l'intérieur du PS (au moins dans les couloirs). Si Hollande remonte, même timidement, dans les sondages, il n'est pas exclu que quelques magazines le trouvent soudain formidable et s'interrogent sur sa réélection, avec des titres, du genre: «Et s'il réussissait son pari?»… Ainsi va la presse.

François Hollande bat des records d'impopularité et ne dispose plus d'une majorité solide. Dans ses conditions, comment peut-il tenir? De quelles options politiques dispose-t-il encore?

Il n'a pas beaucoup d'options. Je ne crois guère à la dissolution. Elle pourrait être contrainte, si le désaveu des "rebelles" du PS se traduisait par un vote de défiance à l'Assemblée. Mais les députés du PS se feront-ils hara-kiri? Combien reviendraient au Palais-Bourbon? Les Verts, dont la plupart des députés le sont grâce au PS qui leur a laissé des circonscriptions, y perdraient toutes leurs plumes. 
Pour le sport, imaginons la dissolution surprise. Elle se fonderait sur un pari risqué: l'échec aux législatives, la cohabitation avec l'UMP [union nationale obligée, suggérée par BHL], l'usure de la nouvelle majorité et une nouvelle virginité politique dans l'opinion (à l'instar de Mitterrand et de Chirac) lui ouvrant les portes de la réélection en 2017. Franchement peu vraisemblable. Le plus évident pour Hollande, c'est de miser sur le retour de la croissance [ce qu'il n'a cessé de faire, dans les zig-zag d'une politique affolées par les vents contraires], dont les signes sont présents dans plusieurs pays d'Europe [nous assure-t-on, sans qu'elle se précise, ni en Allemagne, ni aux USA]. Son seul atout, c'est le temps, ces trois ans qui nous séparent de l'échéance présidentielle. C'est là-dessus qu'il mise.

François Hollande, s'il ne démissionne pas, a -t-il encore une chance d'être candidat à sa propre succession en 2017 ?

Valls éclipse Hollande dans les sondages
Tout président élu pour un premier mandat rêve d'en accomplir un second, tout en se gardant de le dire. Difficile pour le PS de lui contester une deuxième candidature [et c'est bien pourquoi les primaires sont une arme à double tranchant], sans provoquer une crise qui ferait resurgir brusquement le spectre de 2002. Cependant, le contexte jouera également. En cas d'impopularité forte, la presse testera d'autres noms [que Hollande situé à 15% par les ...sympathisants socialistes] ceux de Valls [40%], Aubry [16%], Montebourg [3%] ou d'autres. Si les sondages le donnent perdant à coup sûr, alors qu'un socialiste pourrait l'emporter, une incroyable pression s'exercera sur lui, à laquelle il lui sera rude de résister.

La solution ne pourra venir que des oppositions. Ou de la rue !

vendredi 30 mai 2014

Présidentielle 2017: le président Hollande écrasé par son premier ministre

En 2017,  Valls serait encore préféré à Hollande par les sympathisants PS
Les sympathisants socialistes sont largement favorables à l'organisation d'une primaire pour 2017, selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro Magazine. Manuel Valls apparaît comme le candidat favori, loin devant François Hollande. 

"Je ne vois pas pourquoi on sauterait par-dessus les primaires en disant qu'il y a une sorte de plébiscite légitime. Il y aura un débat", avertissait Julien Dray fin mars sur BFMTV. A l'instar de l'ex-député de l'Essonne, 81% des sympathisants socialistes sont favorables à l'instauration d'un scrutin pour désigner le candidat du PS, rapporte un sondage OpinionWay publié ce vendredi dans Le Figaro Magazine. Et ce, quand bien même Monsieur P'tite Blague décidait de se porter candidat à un second mandat. 

Mieux, le chef de l'Etat à mi-mandat est loin d'être le candidat favori de la gauche

40% des sympathisants PS reportent leurs espoirs sur Manuel Valls. François Hollande n'arrive qu'en troisième position, avec 15%, derrière... Martine Aubry (16%) bien que cordialement détestée pour ses partis-pris et sa violence

Seulement 3% de l'ensemble des Français souhaitent voir François Hollande se représenter pour le PS. Soit le même score qu'en 2011, lorsque Dominique Strauss-Kahn était de loin le candidat favori pour la primaire PS. Selon Le Figaro, le sondage est d'autant plus humiliant que le surnom du chef de l'Etat, à l'époque, était "Monsieur 3%"

Reste que le plébiscite de Manuel Valls "permet de rappeler que les sympathisants socialistes, comme les militants, sont avant tout des électeurs de centre gauche", souligne le directeur général adjoint d'OpinionWay, Bruno Jeanbart, pour Le Figaro Magazine. A ce titre, Arnaud Montebourg, qui incarne une ligne plus radicale, n'est que le cinquième candidat favori des sympathisants PS. 
Ségolène Royal arrive d'ailleurs en 4, devant l'ex-redresseur au Viagra de la courbe de l'emploi.  

samedi 22 juin 2013

Hollande se résout à parler à l'émir du Qatar, pénitent sur la route de Canossa

La realpolitik de François Hollande au Qatar

Longtemps critique de Doha, le président socialiste a fini par accepter de traiter avec l'émir.
 
Hollande a reçu l'émir du Qatar
Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, 
dès le 22 août 2012 à l'Elysée
Monsieur 3% s’est envolé pour le Qatar ce samedi, malgré toutes les attaques de la gauche. Mais l'opération de charme de l'Etat gazier n'aurait pas levé, nous assure-t-on, les suspicions et réticences du président socialiste envers ce riche état et sa finance omnivore. Une visite à forte teneur économique, néanmoins.

Mais 
pourquoi donc, alors, une visite d'Etat au glouton Qatar? 
François Hollande se rend pour la première fois dans ce pays du golfe persique. Pour Au programme, la visite du lycée franco-qatarien Voltaire, un dîner privé avec l'émir du Qatar, une participation au forum économique de Doha, la visite du chantier Bouygues-Qatar Petroleum, la signature d'accords, la visite du musée d'arts islamiques sont au programme.

Hollande ne prendra pas la route de Damas
Hollande doit maintenant faire taire les polémiques récurrentes de campagne et d'opposition systématique sur l'importance des investissements en France du Qatar, devenu en 2011 propriétaire emblématique du club de football Paris Saint Germain.
Lors de sa visite, devrait être finalisé un fonds commun franco-qatari destiné à financer des PME, en lieu et place du projet très contesté du Qatar, qui en 2011 prévoyait d'investir 50 millions d'euros dans les banlieues françaises. Ce nouveau fonds repose sur un partenariat entre la Caisse des dépôts et consignation et la Qatar Investment authority (QIA). 

Le volet économique de cette visite officielle sera très important, avec
une forte délégation de patrons de grandes entreprises
Même si "la méthode du président n'est pas celle d'un VRP", selon l'Elysée qui se situe en permanence dans le déni, la France espère bien faire avancer quelques gros dossiers, comme le projet de métro à Doha pour lequel le groupe Vinci est en lice, ou celui du tramway de la ville nouvelle de Lusail, dans lequel s'est engagé Alstom. Alors qu'Airbus équipe déjà quasiment toute la flotte qatarie, de nouveaux achats pourraient être annoncés à l'issue du déplacement. 

Dans le domaine énergétique, la compagnie Total, dont les investissements dépassent 5 milliards d'euros au Qatar, vient quant à elle de signer un contrat pour le
doublement des capacités de la raffinerie de Ras Laffan, dans le nord du pays.

Mais le dossier "d'importance stratégique majeure" est celui du Rafale, admet-on dans l'entourage du président. "Le Qatar a validé techniquement" l'avion de combat français, et "on attend des qatari qu'ils puissent rapidement nous confirmer l'engagement de négociations sur le Rafale seul", soulignent des sources gouvernementales. L'appareil du groupe Dassault Aviation est en concurrence avec l'Eurofighter construit par BAE Systems, Finmeccanica et EADS.

Mais 
la Syrie sera également au coeur des entretiens

Hollande et Fabius lui consacrent plus de temps qu'à tous les otages français réunis.

Samedi, jour d'arrivée de Hollande à Doha, les ministres des Affaires étrangères des onze pays du groupe des "amis de la Syrie" se réunissent dans la capitale qatarie pour discuter de l'aide à apporter aux rebelles syriens de l'Armée syrienne libre (ASL), la principale faction de l'opposition armée, soutenue par l'Arabie saoudite et le Qatar. 

Ce dernier a déjà soutenu les soulèvements du Printemps arabe, avec les conséquences que l'on sait sur leur instabilité et la montée en puissance des islamistes.

Une ingérence à hauts risques
Le régime de Damas a franchi une ligne rouge avec l'utilisation d'armes chimiques, mais reçoit le soutien de plus en plus appuyé du Hezbollah libanais, en plus de ceux de la Russie, de la Chine et de l'Iran.
Or, en plus des armes et de l'argent distribués aux groupes combattants, les deux monarchies du Golfe financent la formation de combattants djihadistes du nord de l'Afrique et du Moyen-Orient. Ils seraient déjà au nombre de 2.000 en Syrie. L'opposition armée bénéficie également de l'appui de la Turquie, qui met à sa disposition une précieuse base arrière et un important soutien logistique.

Et les soutiens aux rebelles ne sont pas désintéressés
Ces soutiens qui travaillent à la chute de Bachar al-Assad ont de nombreux projets économiques et financiers pour la Syrie, bien éloignés de l'idée d'y installer la démocratie.
Ainsi, derrière les volontés affichées par les soutiens de la rébellion d'installer la démocratie en Syrie, se cache une volonté de réorganiser la région à leur profit. Dans un premier temps, il s'agit de casser l'axe Iran-Syrie-Hezbollah. L'Arabie saoudite est, en effet, l'ennemi juré du régime iranien pour des raisons idéologiques et d'influence sur le monde musulman. 


Le Qatar et l'Arabie saoudite, qui partagent les mêmes objectifs, obéissent également aux voeux de leur allié et protecteur américain. Installer un régime proche de l'Arabie saoudite et du Qatar en Syrie permettrait de sécuriser les approvisionnements énergétiques occidentaux et d'affaiblir le Hezbollah, ennemi le plus menaçant d'Israël. Par ailleurs, les raisons du soutien de la Turquie aux rebelles tiennent à "son projet de jouer un rôle primordial dans les relations internationales au Moyen-Orient, en devenant le bras armé des Américains". A voir...

Dans ses bagages, il emporte cinq ministres
: Laurent Fabius (affaires étrangères), Manuel Valls (Intérieur), Nicole Bricq (Commerce extérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Frédéric Cuvillier (Transports), à l'exclusion d'Arnaud Montebourg, encore une fois...

Pépère ira aussi faire des salamalecs au roi Abdallah de Jordanie à Amman, au cours d'un dîner de travail, dimanche soir.
Lors de sa visite, Hollande et sa compagne Valérie Trieweiler, avec laquelle il n'est pas marié, seront conviés samedi soir à un diner privé, avec l'émir du Qatar, son épouse, et le prince héritier, signe notable de souplesse protocolaire dans l'émirat musulman. 

Dimanche à Amman, le président français rencontrera en tête à tête le roi de Abdallah II avant un diner de travail. Sur la table,
"les urgences dans la région, et en particulier la crise syrienne", à nouveau, a indiqué l'entourage de Hollande soulignant que la Jordanie est "particulièrement exposée" au conflit en Syrie, dont elle accueille quelque 500.000 réfugiés.


En janvier dernier, Hollande n'avait pas souhaité passer par Doha
à l'occasion d'un déplacement présidentiel à Abou Dhabi (photos ci-dessous). 













Cette fois-ci, François Hollande s'est résolu à se rendre dans la petite péninsule, "après avoir beaucoup hésité".
Hollande a encore mis ses discours dans sa poche et son mouchoir par dessus...

jeudi 30 mai 2013

U.-E. - Hollande accepte les délais accordés mais refuse les contraintes

François Hollande quémande puis tient tête à la Commission européenneà Bruxelles

Le président socialiste et son Premier ministre mordent la main qui les nourrit


L'ingrat Hollande a simplement à tenir ses engagements !

En marge d'un déplacement à Rodez mercredi, François Hollande a répliqué à la Commission européenne, après que Bruxelles a demandé à Paris d'engager la lutte pour la réduction de la dette publique et d'entamer la réforme des retraites dès cette année. La Commission européenne a publié mercredi ses "recommandations" à la France et lui a adressé un document de 9 pages qui doit lui servir de feuille de route pour remettre l'économie française sur les rails.

"La Commission n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire. Elle a simplement à dire que la France doit rétablir ses comptes publics", a-t-il riposté, souverain en peau de lapin. 

VOIR et ENTENDRE Hollande répliquer à Bruxelles par des mots et des coups de menton:




Ayrault et Moscovici ont quelque peu nuancé la vive réaction de Hollande 

"Pour ce qui concerne les réformes structurelles, notamment les réformes des retraites, c'est à nous et à nous seuls de dire quel sera le bon chemin pour atteindre l'objectif", a insisté le président des homosBruxelles ne fait pas confiance en Hollande qui regimbe donc à ses rappels à l'ordre. "La France n'est pas et ne sera jamais aux ordres de Bruxelles", rétorque  la "gauche molle" poussée à se durcir.

Ayrault garde la foi du charbonnier  
"Il n'y a pas de surprise, nous sommes dans la droite ligne de ce qui avait été annoncé, et donc la France va respecter ses engagements", venait de déclarer Simplet à l'issue d'une rencontre à Paris avec l'ancien chancelier social démocrate allemand, Helmut Schmidt (SPD). Le PS s'investit en effet beaucoup outre-Rhin dans la campagne du SPD contre la  CDU Angela Merkel qui se représente à la Chancelerie fédérale: Hollande aurait tellement besoin de la solidarité de l'Internationale socialiste ! 
Rappelé à l'ordre par le chef de guerre français au Mali, Zayrault a riposté à l'ingérence de Bruxelles :"nous ferons les réformes à notre manière", a-t-il assuré. En pick-ups et en babouches.

Pierre Moscovici est quant à lui allé masser la Commission européenne dans son coin du ring, après l'avoir  également renvoyé  dans les cordes. Le ministre de l'Economie a tenté de positiver et s'est défendu de rester les bras ballants, mais en énumérant des mesures vieilles de plusieurs semaines qui ne convainquent pourtant pas Bruxelles puisqu'elles tardent à produire des effets. "Pour l'essentiel, ces recommandations confortent les chantiers du gouvernement, notamment (sic) le Pacte pour la compétitivité, la croissance et l'emploi, la réforme du marché du travail, la modernisation de l'action publique, la réforme des retraites", a énuméré le ministre de l'Economie au desespoir (photo ci-contre). En faisant le choix du verbe "conforter", le ministre de l'Economie envoie un message subliminal à la Commission européenne pour qu'elle aide le pouvoir socialo-écolo à regagner la confiance de son opinion.

Après avoir donné la priorité au mariage homosexuel

La Commission européenne demande à Paris de prendre des mesures dès 2013 pour réformer son système de retraites
, afin de le ramener à l'équilibre "pour 2020 au plus tard". L'exécutif européen recommande à Paris "d'adapter les règles d'indexation, les âges minimum et de taux plein, la période de contribution et les régimes spéciaux, mais en évitant d'augmenter les contributions des employeurs" et ne pas casser la compétitivité des entreprises.



Pour rappel, les engagements de Hollande sur les objectifs de déficit fixés par l'UE pour bénéficier de son délai supplémentaire sont intangibles : la France a deux ans pour réduire son déficit à 3% du PIB. Pour autant, concernant les réformes à mener et la manière d'y arriver, la Commission européenne ne peut certes pas impose a méthode, mais "Monsieur 3%" a une obligation de résultats.