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mardi 16 juillet 2019

Macron s'en prend à l'Iran et fait monter nos prix des carburants

Les prix en forte hausse alourdissent le budget vacances

Macron appelle Rohani "à la retenue" 


De protestations qui visent également les alliés du régime, iraniens et russesLe président de la République a exprimé ce mardi 2 janvier sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" qui se succèdent dans le pays où une dizaine de villes se soulèvent - notamment à Idleb, bastion rebelle résistant - contre le pouvoir en place depuis le 28 décembre dernier. Environ 22 contestataires sont morts au cours de 16 manifestations.
Le 28 décembre, la manifestation avait mobilisé quelques centaines d'Iraniens pour défendre le coût de la vie, mais aussi contre le gouvernement et le chômage. Un mouvement qui n'a cessé de s'amplifier depuis, entraînant une répression de plus en plus violente. 
Le drapeau de l'opposition flotte dans la province d'Idleb pour protester contre le régime de Bachar al-Assad et le massacre annoncé
Ce climat de tension a fait réagir Macron, l'expert en "Flash-balls" (LBD40) et gaz.
Le président de la République s'est entretenu avec son homologue iranien Hassan Rohani par téléphone. Une conversation au cours de laquelle le président Je Sais-Tout, J'me Mêle de Tout a appelé Téhéran "à la retenue et à l'apaisement", a indiqué l'Elysée. 
Dans ce contexte, une visite à Téhéran du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian a été reportée à une date ultérieure et, du même coup, celle annoncée en octobre 2017 que devait effectuer Macron dans la foulée courant 2018. Celle-ci devait servir à préparer le déplacement d'Emmanuel Macron, qui avait dernier son intention de se rendre en Iran.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères assura que "les autorités françaises suivent avec attention la situation en Iran. Le droit de manifester librement est un droit fondamental. Il en va de même de la libre circulation de l'information". Commentaire d'autant plus piquant que la France de Macron ne brille pas dans le monde pour le libre exercice des droits de l'Homme, comme le démontrent les attaques de la majorité présidentielle contre la presse et la répression du mouvement social animé par les Gilets jaunes... 
Mais l'immense stratège de l'Elysée n'avait pas prévu qu'après le chaud Trump, dans l'ombre duquel il trotte, allait souffler le froid en mai. 
Après avoir pointé le régime des ayatollahs, "bête noire des États-Unis", régime "brutal et corrompu", ajoutant que "le peuple a peu de nourriture, une forte inflation et pas de droits de l'homme", Donald Trump joua l'apaisement pendant la réunion de crise à Vienne (28 juin 2019), le président américain déclarant depuis Osaka (29 juin) au Japon, que désormais "rien ne presse" pour résoudre les tensions entre son pays et l'Iran. Ce jour-là, les Etats encore parties à l'accord nucléaire signé en 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Iran et Russie) avaient essayé de sauver le texte en pressant l'Iran de ne pas commettre l'"erreur" de se retrouver en violation de ses engagements.

A l'arrivée,
Macron est apparu en fier-à-bras, braquant inutilement l'Iran, second producteur et exportateur de pétrole brut de l'OPEC, et quatrième producteur au monde. Si l'essentiel des besoins français sont satisfaits par du pétrole d'Europe de l'Est, soit 35% des importations françaises. Or, en 2010, seul 1% de nos besoins étaient couverts par la production dans l’hexagone, selon les statistiques de l’Union française des industries pétrolières. La quasi-totalité de nos besoins en pétrole brut sont donc satisfaits par des importations, et si "la Russie est notre premier fournisseur avec 15% du pétrole brut, suivie du Kazakhstan avec 12%", l’Afrique représente 30% de nos importations (7% du Nigeria et 6% de la Libye", seulement 4%s ont importés d'Iran. Le Moyen-Orient est la troisième grande région approvisionnant la France avec 19% de nos importations.  

Dans son relevé hebdomadaire,
le ministère de la Transition écologique a relevé
une forte hausse des prix des carburants depuis le début du mois de juillet. Le carburant représente 23% des dépenses des vacanciers.

13,6% d'augmentation pour le gazole, 19% pour le sans-plomb 95.

Depuis la première semaine, les prix des carburants sont repartis à la hausse, que subissent de plein fouet les vacanciers. La hausse devrait se poursuivre, en raison du contexte international et il ne faudra pas espérer une baisse des prix au retour des vacances. 


Pour maintenir le prix du baril de pétrole à des niveaux élevés, les pays exportateurs, Opep et Russie principalement, ont limité la production. Une initiative prise de concert, pour éviter de revivre la chute spectaculaire du cours de pétrole de 2014 et 2016. À ces périodes le baril se négociait moins de 30 dollars, contre 66,54 dollars aujourd'hui.

Ces hausses pourraient se poursuivre dans les prochaines semaines.
 

Les tensions entre la France, le Royaume-Uni d'une part, et l'Iran, d'autre part, la baisse de la production russe et des stocks américains, et même, selon Bercy, la tempête sur la Louisiane sont à l'origine d'une remontée des cours du pétrole liée à une offre perturbée (, tensions entre le Royaume-Uni et l'Iran, baisse de la production russe et des stocks américains...). Les prix des carburants à la pompe varient en fonction de plusieurs paramètres : le cours du baril de pétrole, les taxes, le taux de change euro-dollar, le niveau des stocks de produits pétroliers et la demande.

samedi 14 avril 2018

Frappes sur la Syrie: l'ONU appelle à la retenue les va-t-en guerre occidentaux

Trump, Macron et May passent par-dessus la tête de l'ONU pour punir Assad

Macron, suiveur de Trump, apporte sa force d'appoint et sa caution diplomatique

L'ONU appelle les Etats à la retenue
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé samedi tous les Etats membres à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte qui pourrait conduire à une escalade après les frappes occidentales contre la Syrie, dans la foulée de l'attaque chimique présumée survenue samedi dans la ville rebelle de Douma, malgré les menaces russes d'une réplique immédiate.
Pour mener une frappe contre la Syrie, les alliés ont saisi le prétexte de l'usage d'armes chimiques dont les alliés accusent Assad, bien que la Russie assure avoir les preuves contraires.

"J'appelle tous les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces circonstances dangereuses et à éviter tous les actes qui pourraient entraîner une escalade de la situation et aggraver les souffrances du peuple syrien", a déclaré dans un communiqué A. Guterres, qui a reporté un voyage prévu en Arabie saoudite pour gérer les suites de l'action militaire lancée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France.

Amnesty International prône l'allègement des souffrances du peuple syrien.
L'ONG a demandé samedi de "minimiser le tort" causé aux civils dans les frappes aériennes menées par les trois occidentaux en Syrie. "Le peuple syrien a déjà enduré six années d'un conflit dévastateur, et des attaques chimiques dont beaucoup sont des crimes de guerre", déplore l'ONG dans un communiqué. "Toutes les précautions doivent être prises pour minimiser le tort causé aux civils dans les actions militaires" menées en représailles à l'usage présumé d'armes chimiques par Damas contre sa population, a-t-elle justifié.

L'ONG demande également au président américain, Donald Trump, d'ouvrir ses frontières aux réfugiés syriens... "L'administration Trump ne doit pas tourner le dos à ces hommes, femmes et enfants qui souffrent en maintenant l'interdiction faite aux réfugiés d'entrer aux États-Unis", soutient Raed Jarrar, le directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient.

L'Allemagne se tient en dehors; le Canada approuve, mais ne frappe pas

La Turquie, elle même productrice et exportatrice d'armes chimiques, a applaudi ce matin aux frappes occidentales sur le territoire de son voisin syrien qui constituent, selon elle, une "réaction appropriée". "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

Sans y participer, le Canada a apporté son soutien à l'opération. Le Premier ministre a déclaré que le pays condamne "fermement l'utilisation d'armes chimiques dans l'est de la Ghouta, en Syrie". Justin Trudeau a aussi soutenu "la décision des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

L'Allemagne a refusé de participer aux frappes occidentales.
Le "nein" d'Angela Merkel dit clairement que l'Allemagne ne participera pas a une offensive militaire contre la Syrie, malgré le positionnement ferme du président conservateur du Comité des Affaires étrangères du parlement allemand, Norbert Röttgen, CDU, contre le régime syrien légitime.
"Il est presque honteux de le dire - il n'y a aucun engagement des Européens, alors que nous sommes les plus proches géographiquement. L'Allemagne fait partie de l'Europe. Depuis l'arrivée des migrants, on devrait être conscients que notre propre sécurité dépend aussi des conflits au Moyen et au Proche-Orient. C'est pour cela que les Européens devraient commencer à s'occuper de leurs propres intérêts, avec un engagement renforcé et plus systématique au Moyen-Orient. Je trouve que c'est aussi la responsabilité de l'Allemagne d'être intransigeante pour faire avancer une stratégie occidentale en Syrie et faire en sorte qu'elle ne soit pas abandonnée."

Les alliés préviennent la Russie ou Israël, mais ignorent l'Iran

L'Etat hébreu a été prévenu des attaques de ce matin, car Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre. Les relations sont d'autant plus tendues que trois ennemis d'Israël opèrent sur le théâtre syrien: le régime lui-même, l'Iran et le Hezbollah libanais.
Israël a justifié samedi les frappes occidentales en Syrie en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières". "L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit, sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence.".

L'Iran, discriminée, quoi qu'en dise Macron
L'Iran, principal allié régional de Damas, condamne "fermement" les frappes contre la Syrie et lance une mise en garde contre leurs "conséquences régionales".
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales menées contre la Syrie en qualifiant de "criminels" le président américain Donald Trump, son homologue français Emmanuel Macron et la Première ministre britannique Theresa May: "Ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice", a déclaré A. Khamenei en recevant les hauts dirigeants politiques et militaires du pays.
"Les Etats-Unis et leurs alliés, sans aucune preuve et avant même une prise de position de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont mené cette action militaire (...) contre la Syrie et sont responsables des conséquences régionales de cette action aventuriste", a renchéri le ministère iranien des Affaires étrangères.
"Cette agression vise à compenser l'échec des terroristes" dans la Ghouta orientale, qui vient d'être reprise par l'armée syrienne et ses alliés, ajoute le texte qui dénonce une "violation claire des règles et des lois internationales".

L'Iran envoie des "conseillers militaires" et des volontaires iraniens, afghans, pakistanais et irakiens en Syrie pour épauler l'armée syrienne contre les groupes djihadistes et rebelles.


L'Iran dénonce la diplomatie de Macron, "l'apprenti de Trump en Europe". Le président français s'était rendu au Qatar en décembre 2017 afin d'envoyer un message encourageant à l'Iran voisin, disait-on. En demandant l'ouverture d'un dialogue avec l'Iran sur son programme de missiles et ses actions extérieures, notamment en Syrie et en Irak, Macron s'était en fait mis en marche dans les pas de Trump.

Des frappes occidentales décidées avant l'arrivée des experts de l'OIAC
Les va-t-en-guerre prennent de vitesse l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Ses experts étaient annoncés pour ...aujourd'hui en Syrie. Dès samedi, ils devaient mener leurs investigations sur l'attaque présumée à l'arme chimique sur des rebelles dans la ville de Douma, en Ghouta orientale, le week-end dernier. Les frappes aériennes occidentales ont-elles brouillé les pistes en effaçant toutes traces exploitables ?
Les autorités syriennes ont déjà prévenu qu'elles tiendront "l'Occident" pour responsable de toute entrave faite sur le terrain à l'OIAC.

jeudi 5 avril 2018

Macron s'apprête à recevoir le prince héritier saoudien

Le prince héritier d'Arabie saoudite en visite officielle à Paris pendant la grève SNCF

L'AFP nous en dresse un portrait favorable

Macron , avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane,
main dans la main, 
à Riyad 
L'un des hommes clés au Moyen-Orient, le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, sera en visite en France de dimanche à mardi prochain. Grève ou pas grève.

Le nouvel homme fort de Riyad, qui a déjà visité plusieurs capitales occidentales et qui nourrit d'importantes ambitions de réformes en Arabie saoudite, "sera en visite officielle à Paris lundi et mardi, pour une visite principalement axée sur la culture, le tourisme, l'investissement et les nouvelles technologies", a précisé une source proche de la délégation saoudienne, tandis que l'Elysée n'ébruite pas cette visite contestée. 
Selon certaines sources, il devrait arriver dès dimanche en France. Un flou qui conforme les craintes des services respectifs de sécurité.

L'AFP lui décerne un brevet de respectabilité : surnommé MBS, Mohammed ben Salmane s'est récemment rendu en Grande-Bretagne et se trouve actuellement aux Etats-Unis, ce qui ne plaide pas franchement en faveur de MBS au regard des critiques incessantes de la presse aux ordres envers Trump.

L'AFP  prête au trentenaire toutes les vertus 
Réformiste de 32 ans, il a lancé une purge anti-corruption, a fait des déclarations sur l'évolution qu'il souhaite pour la société, notamment en ce qui concerne les droits des femmes, et veut réformer l'économie pour la préparer à l'ère de l'après-pétrole.

Les réformes du prince s’inspirent des Emirats arabes unis et Macron observe les deux avec sympathie.
Le projet de MBS est de faire de l’Arabie saoudite une version XL des Emirats arabes unis, c’est-à-dire un mélange de société ouverte, de libéralisme économique garant d’une certaine prospérité et d’autocratie, dans lequel Macron se reconnaît. Mohammed ben Zayed, 57 ans (ci-contre), prince héritier d’Abu Dhabi, le plus riche des sept émirats arabes unis, est devenu le mentor du Saoudien. MBS et MBZ, comme on les surnomme, sont très liés et une étroite coordination s'est établie entre les deux capitales, malgré le défi difficile : la population de l’Arabie saoudite est beaucoup plus importante, plus diversifiée et plus susceptible de se politiser. 
Depuis sa nomination au poste de ministre de la Défense, MBZ est considéré comme le nouvel homme fort des Emirats arabes unis, notamment par les autorités français. Or, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (donc Abu Dabi et MBZ) bombardent le Yémen depuis trois ans pour aider le gouvernement à vaincre ses ennemis houthis soutenus par l'Iran. Difficile pour Macron de dire qu'il est l'ami de l'Iran. Début janvier, à son homologue iranien Hassan Rohani, le président français a d'ailleurs exprimé sa "préoccupation" face "au nombre de victimes liées aux manifestations" des jours précédents en Iran et a appelé Téhéran à "la retenue et à l'apaisement." Assez pour tendre nos relations avec la Syrie, l'Irak, le Liban et le Yémen, alors que l'Iran soutient Daech.

Le prince saoudien pourrait relancer la guerre sunnites contre chiites

Acteur diplomatique majeur de la crise entre Ryad et Téhéran qui secoue l'ensemble de la région, il a aussi affirmé que l'Arabie saoudite se doterait de l'arme nucléaire "si l'Iran développe une bombe nucléaire".

Il est aussi un des acteurs clé de la guerre au Yémen où la coalition internationale emmenée par l'Arabie saoudite combat les rebelles houthis soutenus par l'Iran. Plusieurs ONG demandent à la France de cesser de fournir des armes à l'Arabie saoudite au motif que ces dernières feraient des victimes parmi les populations civiles du Yémen.

Son alliance objective avec Israël rebrasse les cartes au Moyen-Orient.
Les Israéliens ont le "droit" d'avoir leur propre Etat-nation comme les Palestiniens, a-t-il par exemple déclaré récemment dans la revue américaine The Atlantic, établissant ainsi un nouveau signe d'un rapprochement apparent avec Israël, alors que les deux pays ont l'Iran pour ennemi commun.

L'Arabie saoudite, allié encombrant
Le pétrodollar est l’une des bases fondamentales de l’économie mondiale moderne, rejaillissant inévitablement sur la géopolitique. Les Etat-s-Unis ont apporté à la famille régnante en Arabie Saoudite une certaine sécurité dans une région pleine de périls en échange d'une alliance sûre et essentielle parmi les membres de l’OPEP : l’Arabie Saoudite est le plus gros producteur de pétrole de l’OPEP, où elle occupe une position prépondérante, et elle est aussi le seul membre de ce cartel à ne pas être tenue de respecter un quota de productivité. C’est un producteur versatile qui peut augmenter ou diminuer sa production de pétrole pour provoquer une pénurie ou saturer le marché mondial. Par voie de conséquence, c’est pratiquement l’Arabie Saoudite qui détermine le prix du pétrole. Le système, qui fait du dollar la monnaie de réserve pour les échanges pétroliers a pour conséquence de maintenir la demande en dollars " artificiellement" forte depuis les années 70.

La politique américaine en Irak avait pour but de préserver et renforcer la position dominante des États-Unis, voire de s’emparer du pétrole irakien (et iranien). L'Etat irakien maintenait le verrou fermé aux populations entre le Sud et le Nord. Or, la menace islamiste sur le monde s’est matérialisée pendant ces dix dernières années et Daech poursuit d'ailleurs la guerre encore actuellement, à vaste échelle et à fronts multiples, ce qui appelle à une recomposition des stratégies et des alliances. MBS s'y emploie : c'est l'avenir de sa dynastie qui est en jeu.

De même que Macron montre les muscles sur plusieurs théâtres militaires, la politique extérieure agressive du prince au Yémen, au Qatar et au Liban pourrait potentiellement déstabiliser la région. Croyant aujourd’hui à un alignement des astres propice à un renversement des équilibres, l'un et l'autre apparaissent dangereux, notamment en Iran. Depuis des années, les Sunnites saoudiens se sentent encerclés par les Chiites iraniens, qui sont de plus en plus en position de force en Syrie, en Irak, au Liban, à travers le Hezbollah et au Yémen. Alors MBS s'est aisément rapproché de Jared Kushner, surnommé ironiquement "MBK", Mohammed ben Kushner, le gendre et conseiller spécial de Trump, comme du président américain, tous deux très anti-iraniens. Pour lui, c’est le moment où jamais de rabaisser l’influence de Téhéran dans la région. Il est dans une logique d’escalade.

Le prince héritier saoudien vient de traiter l’ayatollah Khamenei, guide suprême de l’Iran, de "nouvel Hitler" et les investisseurs étrangers ont pris peur. Son aventurisme à l’international sidère et la "purge anti-corruption" du 4 novembre 2017 a pu en refroidir plus d’un : 381 suspects avaient été arrêtés. Certains hommes d’affaires en France et ailleurs ont été choqués de voir leurs partenaires "embastillés" dans les suites du Ritz-Carlton à Riyad, sans jugement. Leurs avoirs ont été gelés. Et le premier prince libéré, le propriétaire du Crillon, à Paris, a dû signer un chèque de 1 milliard de dollars pour sortir. Le 9 novembre 2017, le président Macron s'était néanmoins rendu à Ryad, assurant que sa visite prévue plusieurs semaines à l'avance visait notamment à faire baisser la tension entre l'Arabie saoudite et l'Iran...

Peut-on faire confiance au prince héritier Mohammed ben Salmane ?

Comme Macron avec ses réformes, le nouveau faucon de Riyad prend des risques fous. 
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Comme lui, MBS gouverne d'une main de fer (il a fait arrêter des dizaines d’arrestations visant certains des hommes d’affaires les plus importants du pays, comme le milliardaire Al-Walid ben Talal, première fortune du monde arabe, qui détient notamment le George V à Paris ou Bakr ben Laden, qui dirige le plus grand groupe de BTP d’Arabie. Les milliardaires français Arnault et Pinault en font des cauchemars; quant à Niel et Bolloré ils ont déjà démontré qu'ils savent où est leur intérêt !) et a joui d’une image flatteuse parce qu’il est jeune et promet des réformes. Mais leurs accessions soudaines aux responsabilités suprêmes et leurs arrogances respectives leur ont valu beaucoup d’ennemis. Le prince héritier peut espérer compter sur deux soutiens, celui de son père et celui du peuple, même s’il est difficile d’en prendre la mesure réelle, comme dans l'Hexagone. 
D'autant qu'en France, à la différence de MBS qui joue clairement le peuple contre les élites, Macron joue le jeu inverse. Quoi qu'en dise son entourage qui se plaît à rappeler qu'elles étaient annoncées par le candidat, les réformes macroniennes du modèle économique ne sont pas en phase avec ce que pense une bonne partie de la population, pas plus que la réforme du code du Travail imposée par voie d'ordonnances ou celle à venir des institutions.

MBS a proclamé sa volonté de mettre en place un islam modéré en rupture avec "trente années d’extrémisme". Il veut un islam docile sous contrôle des autorités politiques et "occidentalo-compatible": il est donc pour un entrisme sournois de l'islam en Occident. 
De son côté, Macron a déclaré que ses équipes travaillent à la structuration de l'islam de France et aussi à la manière de l'expliquer, ce à quoi le président de la République ne parvient déjà pas lui-même dans la pédagogie de ses réformes, comme les cheminots le démontrent : sans doute sont-ils des "illettrés", doublés de "cyniques" attachés à leurs "droits acquis", le "sac à dos social" en cours de négociation... 

L'Etat islamique, à ses débuts, a reçu un soutien financier de l'Arabie saoudite
Selon plusieurs spécialistes, l'EI a bénéficié du soutien actif de plusieurs Etats du Golfe, quand il a rejoint l’insurrection syrienne sous le nom d’État islamique en Irak et au Levant (EIIL). "Il est clair que l’Arabie saoudite, puis le Qatar l’ont financé", déclare Alain Chouet, ancien officier de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Il souligne d'ailleurs, ce que la presse répugne à admettre, que les rebelles au régime ne se battent pas fondamentalement pour davantage de démocratie de type occidental, mais ont des motivations avant tout d'ordre religieux.
"Ces deux Etats finançaient l’ensemble des forces anti-Assad", complète Alain Rodier, ancien membre du même service et chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement...

Un rapport britannique révèle comment Washington et Riyad ont armé Daech.
Alors que Daech a été vaincu en Irak et est en passe de disparaître en Syrie, l’ONG britannique Conflict Armament Research (CAR) vient de publier un rapport sur l’origine des armes utilisées par l’État Islamique. L'organisation supranationale pointe du doigt les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite. Mais la majeure partie d’entre elles proviennent des stocks des armées syriennes et irakiennes récupérés lors des offensives de l’Etat Islamique. Or, "environ 90% des armes et des munitions (97% en Syrie et 87% en Irak) sont généralement de fabrication russe pour la Syrie et chinoise, hongroise et roumaine pour l’Irak."
L’ONG signale qu’à plusieurs reprises, des armes livrées par les États-Unis et l’Arabie Saoudite à des groupes anti-Assad se seraient retrouvées dans les mains de Daech, suite notamment à des revirements d’alliances, soit seulement 2 % de ces armements.
Le rapport du CAR ne mentionne ni les armes chimiques explosives fournies par la Turquie à partir desquelles la fabrication d'IED ('improvised explosive device' ou engins explosifs improvisés) fut rendues possibles à l'Etat islamique, ni les missiles anti-char BGM-71 TOW, de fabrication américaine, qui auraient été massivement livrés par l’Arabie Saoudite aux "rebelles" syriens et a causé d’importants dégâts aux forces régulières syrienne tout au long du conflit.

jeudi 21 avril 2016

Des étudiants de Sciences Po Paris organisent un "Hijab Day"


Une réplique à l'interdiction du voile à l'université

L'initiative française est un alignement


La première journée mondiale du hijab date du 1er février 2013. Nos étudiantes parisiennes ne sont donc pas le petit groupe de pionnières qu'elles prétendent être, mais des suiveuses. L'organisation étudiante qui organisait, ce mercredi, un "Hijab Day", autrement dit "une journée de sensibilisation sur la question du foulard en France," se défend de faire du prosélytisme, mais la présentation qu'elle donne de son action est aussi hypocrite que microcosmique. Il s'agit en fait d'une démarche internationale de "recognition of millions of Muslim women who choose to wear the hijab and live a life of modesty", autrement dit de "reconnaissance de millions de femmes musulmanes (la majuscule est-elle justifiée ?) qui choisissent de porter le voile islamique et de vivre une vie de pudeur. Sous notre latitude, cet état est celui de femmes qui se reconnaissent appelées à consacrer leur vie à Dieu et se distingue donc de l'état laïc.

L'initiative hexagonale est prise par des étudiantes de Sciences Po Paris, tardivement (et à contretemps?), alors que le débat sur le port du voile continue en France et que le gouvernement décide de prolonger l'état d'urgence contre le terrorisme. Amalgame honteux hurlent déjà les supporters candides de la liberté des femmes à se discriminer en public, tandis que les plus inégalitaires revendiquent la soumission de la femme à un état d'infantilisation et de faiblesse face à l'homme souverain, mais lubrique.
Cette réactivité des Françaises, en décalage de trois ans, prêterait à rire s'agissant d'une grande école, si elle n'était la manifestation d'un suivisme révélateur d'un état d'esprit grégaire en inadéquation avec leur ambition d'une formation personnelle à la réflexion par soi-même qu'elles sont supposées développer dans cette grande école.

Leur incitation à "se couvrir les cheveux d’un voile le temps d’une journée" est une mascarade.

Le timing du "hijab day", un 1er février, avec le carnaval de Mardi Gras 2016, fixé au 9 février, est en soi révélateur.
Cette action dure le temps d'une journée, mais le symbolique est d'autant plus fort qu'il est ponctuel et médiatisé, bien que sa sottise puisse s'apparenter à la journée sans pantalon (ci-dessus).

A plus d'un titre,
 cette mascarade épiphénoménale du 20 avril est avant tout une provocation.
Le fait de la proposer à tous les étudiants, hommes et femmes, souligne le caractère prosélyte de l'action. Et que cette proposition vise indifféremment les musulmans et les non musulmans  contredit l'intention d'une simple sensibilisation des femmes.
Cette initiative, tardive et prosélyte, est une riposte manifestement politique au gouvernement qui prolonge une seconde fois l'état d'urgence en croyant trouver ainsi les moyens de lutter contre toute radicalité et tout communautarisme pouvant encourager aux particularismes et au djihadisme.

VOIR et ENTENDRE un reportage contradictoire du quotidien Le Parisien dans ce lieu cosmopolite:

On notera que le vice-président de l'UNEF est favorable à cette opération. Ce syndicat étudiant fortement marqué à gauche est actuellement en lutte contre la réforme du droit du travail.

Les faux semblants 

Sur la page Facebook de l'événement, relayé par l'association étudiante de réflexion sur l'islam Salaam Sciences Po, les organisateurs expliquent ainsi leur démarche biaisée:
"Nous pensons que se couvrir les cheveux d’un foulard, même une petite journée, en cours, dans la rue, permet de prendre conscience du regard de l’autre, de ses propres appréhensions, et mieux comprendre - dans une moindre mesure, bien sûr - l’expérience de la stigmatisation vécue par de nombreuses femmes voilées en France."

En régime démocratique tel que le conçoivent ces étudiants en science politique, ce serait  à la majorité de prendre conscience des difficultés -librement choisies- d'intégration non assumées par une minorité exogène.  

Les initiateurs entendent ainsi "démystifier le tissu" (et le vider de toute charge religieuse), à l'heure où la proposition de Manuel Valls d'interdire le port du voile à l'université - rapidement écartée par le chef de l'Etat - a relancé le débat rapidement clos par un chef de l'Etat pusillanime et sans convictions qui ne pense qu'à sa réélection. "C’est la personne qui le porte qui donne une signification à son vêtement, et elle est la seule légitime à le faire", peut-on encore lire sur la page de l'événement. Les non musulmans n'ont pas voix au chapitre... L'association dénie aux laïcs le droit de porter un jugement et leur impose cette cohabitation non désirée. Celui qui voit le voile  donne inévitablement une signification islamique à ce "tissu". C'est sa liberté de penser.

Implication de l'association féministe Politiqu'elles

L'initiative pro-hijab a reçu le soutien de l'association féministe de Sciences Po Politiqu'elles.
"Le 'Hijab Day' vise à donner la parole à celles dont on parle tout le temps et qui ne sont jamais écoutées", assure, catégorique, l'organisation, qui appelle à un "débat serein". La pression est en fait mise sur les  non musulman(e)s qui sont incitées à la solidarité religieuse contre les valeurs républicaines de laïcité.
On n'envie d'ailleurs pas le sort des petites bourgeoises parisiennes qui revendiquent le droit de la femme à "disposer librement de son corps" à Science po si elles s'avisaient de porter un short court au Moyen Orient. Que les inconscientes -telle Lydia- essaient en Seine-Saint-Denis, pour commencer...

Une contre-initiative a été organisée "le Bikini/jupe/robe/whatever day à Sciences-po". "Nous proposons une journée pour s'habiller comme on veut : du 'crop top' à la jupe longue, tout est permis ! (...) celles qui souhaitent venir en hijab sont également les bienvenues mais contrairement à d'autres, nous ne souhaitons pas faire de prosélytisme et inciter qui que ce soit à porter telle ou telle tenue, qui plus est religieuse", explique l'événement Facebook.

Quand l'engagement des modernistes est ringard et incohérent

livierC33/status/722785770331877376">20 avril 2016

Les perturbations recherchées n'ont d'ailleurs pas manqué d'avoir  lieu.
Le premier événement créé sur le réseau social Facebook a été supprimé et le second fermé aux publications. Un chouïa méprisants, les organisateurs expliquent vouloir "ne pas perdre [leur] temps à signaler les nombreux messages islamophobes, haineux et racistes qu'[ils ont] reçus" et provoqués par leur initiative. Si le réflexe n'est pas à l'accusation de fascisme n'a pas encore opéré, il ne saurait tarder...L'UNI, association de droite universitaire, dénonce une volonté de "promotion du voile islamique. Le président de l'association Les Républicains a confié au Figaro ne pas être "défavorable au voile à l’université", mais il ne le "tolère que comme un choix vestimentaire et intime", et non pas comme une "expérience culturelle à partager".
L'antenne du Front national de l'IEP parle   d'une "initiative particulièrement écoeurante"", considérant ainsi que "voilées, les femmes ne sont plus des citoyennes, mais les membres d'un groupe religieux revendicatif".

Polémique autour de la mode islamique

Ce "Hijad Day" intervient quelques jours après la polémique provoquée par Laurence Rossignol qui avait fustigé les marques vendant des vêtements islamiques en France, estimant qu'elles étaient "irresponsables" et faisaient "d'un certain point de vue la promotion de l'enfermement du corps des femmes".


Sur les réseaux sociaux, les femmes voilées s'étaient alors mobilisées, lui opposant  que ce n'est pas à à la ministre du Droit des femmes de Hollande  - ni à la loi de la République- de décider si oui ou non, elles portent le voile en toute liberté.


Pourquoi le voile islamique est-il insupportable à la romancière iranienne Chahdortt Djavann.
Cette femme a été emprisonnée 13 ans en Iran pour avoir refusé de porter le voile.

"Lorsqu’on voile une gamine, on lui inculque d’emblée que si une parcelle de sa peau et de ses cheveux dépassent de ce tissu, toute tentative de viol relève de sa responsabilité. Et nous savons que cela se passe dans certains pays", a rappelé Chahdortt Djavann. "Dire, le voile est mon choix ne dit pas ce qu'EST le voile. Les islamistes ont piégé tout le monde. Tout le monde relaie le discours des islamistes", y compris au pays des libertés et parmi les intellos immatures, a souligné l'Iranienne qui se dit profondément choquée que des marques de mode comme Marks et Spencer proposent des maillots de bain intégraux qui cachent tout le corps.

Et si nos parisiennes comprenaient la réalité de la vie des musulmanes
"Le système islamique contrôle tout, même la vie intime et sexuelle" !

Avis aux étudiantes solidaires...

Dans son livre, Chahdortt Djavann dénonce également l'obligation de porter le voile en Arabie Saoudite et en Iran. Une situation qui la met en rage. "En Arabie Saoudite et en Iran, ils voilent toutes les femmes mais putain, les femmes sont la moitié de la population ! En voilant la moitié de la population, ils transforment les femmes en objet tabou et en objet interdit. Et en faisant cela, ils contrôlent la libido de tous les hommes. Ainsi le système islamique contrôle tout, même les vies intimes et la vie sexuelle", s'est-elle indignée.
Son nouvel essai politique et érotique - "Les putes voilées n'iront jamais au paradis", une fiction qui parle du désir des femmes - sera publié chez Grasset. 


Chahdortt Djavann estime que la récente ouverture de l'Iran sur l'Occident n'est vraiment pas une bonne nouvelle. "Ouvrez les yeux ! Daesh a servi à qui ? A l’Iran ! En 2004 déjà je l’écrivais, si l’Iran revient sur la scène internationale, dans dix ans, l’Europe sera islamisée !", a-t-elle mis en garde.

mercredi 6 avril 2016

Action directe: des victimes portent plainte contre Jean-Marc Rouillan, assassin anarcho-communiste

Rouillan, terroriste proche de 'Fraction armée rouge', en Allemagne ou des 'Brigades rouges', en Italie

Ses propos sur le "courage" des auteurs des attentats djihadistes de novembre à Paris montrent qu'il n'a pas changé

Des victimes portent plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour apologie du terrorisme.
Jean-Marc Rouillan ne s'est pas amendé et mardi l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) n'a pas loupé le terroriste qui fait l'objet d'une enquête ouverte lundi par le parquet de Paris à la suite de ses propos sur le prétendu courage des auteurs des attentats djihadistes de novembre 2015. L'AFVT a annoncé le dépôt d'une plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour "apologie du terrorisme", a-t-elle indiqué dans un communiqué. 

Rouillan, terroriste révolutionnaire, se croit-il lui-même courageux ?
"Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait. Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris (alors qu'ils) savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait déclaré Jean-Marc Rouillan en férvier à l'antenne de la radio marseillaise Radio Grenouille.
Des déclarations qualifiées de "bouillie intellectuelle" par l'AFVT, et de "sinistre imbécilité" par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. 

"Indécence absolue à l'égard des victimes"

Ces propos sont "dans une indécence absolue à l'égard des victimes de ce massacre", estime l'AFVT. Lundi, Jean-Marc Rouillan (ci-contre) a dit assumer ces propos, tout en prétendant qu'il ne s'agit "pas d'une valorisation du tout" des djihadistes, dont il dit ne pas partager l'idéologie. 

"Ce qui s'est passé, c'est que des jeunes sont venus en France pour tuer gratuitement (...) Et quelqu'un qui, après l'histoire qui a été la sienne, continue à penser que ce serait courageux de faire ça ? (...) C'est courageux de faire quoi? D'arriver [masqués] avec une kalachnikov au Bataclan et de tirer sur des gens [anonymes] qui n'ont pas d'armes? C'est ça le courage? Mais c'est la négation du courage. C'est pourquoi je dis 'sinistre imbécile' de dire des choses pareilles", a expliqué Stéphane Le Foll. 

Déjà un aller-retour en prison à cause d'un entretien

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, notamment pour les assassinats de Georges Besse, patron de Renault, et de l'ingénieur général René Audran,  haut fonctionnaire du ministère de la Défense, en 1985, pendant les "années de plomb" qui ont marqué le premier quinquennat de François Mitterrand. 

Ce terroriste d'extrême gauche révolutionnaire a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2007, révoqué fin 2008, parce qu'il s'était exprimé sur les infractions qui l'ont conduit en prison dans un entretien avec L'Express. Il a été remis en semi-liberté en 2011, mais reste interdit de séjour dans... 38 départements.

Sorti de prison, l’ex d’Action directe profite de la vie, tourne dans un road-movie "burlesque et subversif" et n’abjure rien de ses convictions. A 63 ans et en période d'état d'urgence, il est régulièrement accueilli dans des centres sociaux sympathisants ou des MJC, dont celle de Martigues, ville communiste des Bouches-du-Rhône, pour raconter ses "courageux" exploits et ses vingt-cinq ans passés en zonzon, dont sept à l’isolement.

Alors, prosélytisme révolutionnaire ? 
"J’ai eu la chance d’avoir cette corde à mon arc, de pouvoir lier la poésie et la littérature au témoignage de ce que j’ai vécu. Je ne crois pas que j’ai perdu de temps en prison," confirme cet auteur de plusieurs livres publiés.

Rappelons enfin, au moment où Hollande fait les yeux doux aux ayatollahs d'Iran, que Pierre Péan a écrit que pour "la communauté du renseignement, il ne fait aucun doute que l'assassinat de René-Pierre Audran […] a été planifié à Téhéran par les Gardiens de la Révolution" iraniens.

dimanche 3 avril 2016

Le régime islamique iranien pose problème aux hôtesses d'Air France

Les hôtesses Air France refusent de passer le voile à l'atterrissage à Téhéran

Les hôtesses de l'air ne souhaitent pas porter le voile lors des escales sur la future ligne Paris-Téhéran.

La compagnie aérienne française baissera-t-elle le pantalon, 
Les Françaises ne veulent pas ressembler à ça
face aux exigences iraniennes, à compter du 17 avril prochain ? A cette date, Air France proposera trois vols par semaine entre Paris-Charles-de-Gaulle et l’aéroport de Téhéran-Imam Khomeiny. Cette liaison devait être le symbole de l'apaisement des relations franco-iraniennes après la signature de l'accord sur le nucléaire en juillet dernier. Mais si la réouverture de cette ligne est importante du point de vue commercial, le personnel navigant, particulièrement les hôtesses de l'air, se voient imposer des contraintes d'un autre âge, comme l'a révélé France TV Info, ce vendredi
De nombreuses salariées d'Air France se sont insurgées contre l'obligation aux personnels féminins de porter un voile dès la sortie de la cabine. 

Dans le cadre de leur dotation vestimentaire, les hôtesses de l'air peuvent d'ordinaire choisir entre un uniforme avec une jupe et un autre avec un pantalon. Dans le cas particulier du vol Paris-Téhéran, la compagnie aérienne a envoyé  aux personnels de bord un mémento précisant que les femmes seront obligées de porter un pantalon, une veste longue et de se voiler les cheveux dès la sortie de l'avion.

Respect des cultures, mais à sens unique...


Depuis plusieurs mois, les syndicats attirent l'attention d'Air France sur le malaise créé par cette injonction iranienne transmise par
 la direction, sans sourciller. "Le personnel féminin ne souhaite pas se voir imposer de contraintes vestimentaires notamment l'obligation - dès la sortie de l'avion - du port du foulard Air France recouvrant intégralement les cheveux", a averti Christophe Pillet, secrétaire général adjoint du SNPNC (Syndicat National du Personnel Navigant Commercial) qui souhaiterait "établir la possibilité d'un principe de volontariat au nom du respect des libertés individuelles", au risque de désigner les hôtesses récalcitrantes aux autorités islamiques et de les exposer à des représailles ciblées. 

Le SNPNC accepte le volontariat discrimine les hôtesses et satisfasse les exigences iraniennes. "Il ne s'agit en aucun cas de remettre en cause la loi ou les coutumes en Iran. Ce volontariat éviterait le refus de mission et toutes les conséquences que cela peut avoir pour les personnels", souligne le syndicaliste. "Il n'y a pas de débat sur le fait que les personnels féminins doivent porter un voile dans la rue à titre privé. C'est uniquement dans le cadre du port de leur uniforme de travail", argumente-t-il encore. En entrant dans le jeu iranien, les hôtesses volontaires contribueraient à l'extension de cette soumission de la femme iranienne aux personnels étrangers et laïcs.    

Depuis 1979 et la révolution islamique des ayatollahs, le port du voile est obligatoire pour toutes les femmes en Iran au risque de fortes amendes. "Le climat et le contexte international n'est pas étranger non plus à la défiance vis-à-vis de ces consignes, mais on ne fait pas d'amalgame, et les syndicats l'ont rappelé, l'aéroport de Téhéran ne représente pas de problème majeur en terme de sécurité", soutient Christophe Pillet, syndicaliste détournant l'attention de l'impact de la théocratie chiite sur les libertés.

Tolérance et respect des cultures réciproques ?


Alors que le voile islamique est autorisé partout en France dans les lieux publics et les universités, les hôtesses de l'air de notre compagnie nationales devraient-elles porter le foulard ? Ce signe - aussi bien politique (une femme a par exemple été contrôlée à 33 reprises) que religieux - d’appartenance à un islam radical discrimine la femme. Il est passible depuis plus de cinq ans d’une contravention de 150 euros. Pourtant, le texte promulgué par Nicolas Sarkozy est constamment bafoué. En juin 2015, sur France Inter, Henri Guaino déplora que la loi n’est "pas appliquée". Le 1er octobre, encore sur France Inter, Valérie Pécresse, future présidente Les Républicains de la région Ile-de-France, s'indignait : "Est-ce que vous tolérez que, sur le sol français, la loi française qui interdit le voile intégral ne soit pas appliquée ?"
Les associations citoyennes et féministes, relais de la loi, l'ont mise en veilleuse. Le site gouvernemental dédié, www.visage-decouvert.gouv.fr, a disparu.
L
’association Ni putes ni soumises, dont les "ambassadrices de la laïcité" qui devaient se montrer vigilantes et faire bon usage d'une convention annuelle de 80.000 euros passée avec l’Etat, et "sillonner la France pour
faire de la pédagogie sur la question du voile intégral", ne communique plus sur le sujet. Le Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles (CNIDFF, fédération française d'associations qui, sous l'égide du ministère du Travail, a  la tutelle des Droits des Femmes) et ses 114 structures territoriales ont également été sollicités par l’Etat pour participer au travail d’"information des personnes " concernées. Résultat : "Nous avons échangé avec moins de dix femmes, relève la directrice générale, Annie Guilberteau. Nous sommes en contact avec pléthore d’associations de quartier et le sujet ne nous est pas remonté de façon flagrante."
La politique a renoncé à sa culture, au profit d'intérêts économiques


Air France ne comprend pas cette soudaine crispation sur un symbole culturel.
"La tolérance et le respect des cultures et des coutumes des pays dans lesquels elle est présente font partie des valeurs fondamentales d'Air France et de ses employés, énonce la direction. Comme tous les visiteurs étrangers, nos équipages sont tenus de respecter les lois des pays dans lesquels ils se rendent, souligne-t-elle, jusqu'ici sans rapport avec le sujet. La loi iranienne impose le port d'un voile couvrant les cheveux, dans les lieux publics, à toutes les femmes présentes sur son territoire. Cette obligation, qui ne s'applique donc pas durant le vol, est respectée par toutes les compagnies aériennes internationales desservant la République [islamique] d'Iran", a déclaré Air France. 


"Cette obligation de port d'un foulard dans certaines escales n'est pas nouvelle, insiste Air France, comme si une faiblesse passée des convictions justifiait qu'elle perdurât et s'étendît. "Elle existe depuis de nombreuses années dans d'autre pays desservis par Air France (ex : Arabie Saoudite). Elle s'applique aux hôtesses mais aussi aux autres catégories de personnel féminin (pilotes et personnel au sol). L'obligation de port de l'uniforme par les employés d'Air France est conforme aux règles en vigueur dans l'entreprise et au code du travail." Sauf que l'uniforme d'Air France n'est pas en cause, à moins, comme le halal est servi aux non-musulmans pour simplifier les services de cantines et pour enrichir les filières musulmanes qui financent les mosquées, qu'on rende le port du voile obligatoire sur le territoire français... "Celui-ci [le code du Travail] prévoit en effet (article L. 1121-1) la possibilité d'apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles ou collectives des salariés des restrictions, dès lors que celles-ci sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché," précise le communiqué de la compagnie aérienne. Ainsi la direction d'Air France entend-elle appliquer une législation étrangère à ses salariés. 


Le problème du voile n'existe pas sur d'autres vols, actuellement. 
Le chambellan de l'Elysée et le roi du Maroc:
aucun ne porte une tenue traditionnelle...
En Arabie saoudite, il n'existe pas d'obligation sunnite aux invitées étrangères de se voiler le visage, contrairement aux femmes saoudiennes. L'argumentaire rencontre des trous d'air, car il n'est, en l'occurrence, nullement question d'une résistance à l'obligation de voiler les visages, mais de recouvrir les cheveux.

Lorsqu'Air France dessert Ryad, les hôtesses doivent mettre un foulard si elles souhaitent sortir de l'hôtel et circuler dans la capitale du royaume d’Arabie saoudite. A noter toutefois que le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, propriétaire du PSG, ne porte la dishdash, ou gandourah, et le keffieh qu'en pays musulman, et un costume européen sur le sol français, respectant quant à lui le principe de laïcité de la république française.
Il y a huit ans quand Air France desservait Téhéran, cette obligation de port du foulard existait déjà, fait savoir la compagnie, prête à rendre les armes.


La ministre des droits des 'Femmes" tarde à prendre position en faveur des femmes

L'Union des navigants de l'aviation civile (UNAC) a porté le débat au niveau gouvernemental en envoyant un courrier à Laurence Rossignol, afin qu'elle n'ignore pas le problème plus longtemps. La ministre des Droits des Femmes n'a pourtant pas su faire mieux que de prendre parti contre une mode spécifiquement islamique en France, jugeant la proposition de commerçants étrangers (l'entreprise italienne de luxe Dolce & Gabbanale Japonais Uniqlo ou le Britannique Marks & Spencer) "irresponsable"

Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie et secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM) s'est irrité contre la ministre Rossignol.
"Est-ce qu'un ministre a le droit de s'ingérer dans la manière dont une femme souhaite s'habiller, dans la mesure où elle respecte les lois de la République et qu'elle ne cache pas son visage ?"


Alors que le socialiste Pierre Bergé (Yves-Saint-Laurent) conjurait mercredi les créateurs de "ne pas enfermer les femmes dans des voiles, comme des prisons", Orange et l'AFP réussissaient le tour de force de mentionner l'appel d'Elisabeth Badinter (PS) au boycottage de ces marques, mais sans les nommer... Ce sont aussi  Mango (espagnole), DKNY (américaine) ou Tommy Hilfiger (américaine). Quant à la chaîne suédoise de prêt-à-porter H&M, elle a introduit récemment un mannequin voilé dans sa campagne de publicité internationale.

La direction de la compagnie aérienne apportera une réponse aux salariés au début de la semaine prochaine. 
Et la ministre, quand Pierre Bergé appelle à ne pas être "complice de cette dictature" ? A la différence, jusqu'ici, de la féministe Rossignol, pour Bergé, "ces créateurs qui participent à l'asservissement de la femme, devraient se poser des questions". "D'une certaine manière, ils sont complices, tout cela pour faire du fric. Les convictions doivent passer avant l'argent", a-t-il ajouté.