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mercredi 6 avril 2016

Action directe: des victimes portent plainte contre Jean-Marc Rouillan, assassin anarcho-communiste

Rouillan, terroriste proche de 'Fraction armée rouge', en Allemagne ou des 'Brigades rouges', en Italie

Ses propos sur le "courage" des auteurs des attentats djihadistes de novembre à Paris montrent qu'il n'a pas changé

Des victimes portent plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour apologie du terrorisme.
Jean-Marc Rouillan ne s'est pas amendé et mardi l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) n'a pas loupé le terroriste qui fait l'objet d'une enquête ouverte lundi par le parquet de Paris à la suite de ses propos sur le prétendu courage des auteurs des attentats djihadistes de novembre 2015. L'AFVT a annoncé le dépôt d'une plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour "apologie du terrorisme", a-t-elle indiqué dans un communiqué. 

Rouillan, terroriste révolutionnaire, se croit-il lui-même courageux ?
"Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait. Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris (alors qu'ils) savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait déclaré Jean-Marc Rouillan en férvier à l'antenne de la radio marseillaise Radio Grenouille.
Des déclarations qualifiées de "bouillie intellectuelle" par l'AFVT, et de "sinistre imbécilité" par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. 

"Indécence absolue à l'égard des victimes"

Ces propos sont "dans une indécence absolue à l'égard des victimes de ce massacre", estime l'AFVT. Lundi, Jean-Marc Rouillan (ci-contre) a dit assumer ces propos, tout en prétendant qu'il ne s'agit "pas d'une valorisation du tout" des djihadistes, dont il dit ne pas partager l'idéologie. 

"Ce qui s'est passé, c'est que des jeunes sont venus en France pour tuer gratuitement (...) Et quelqu'un qui, après l'histoire qui a été la sienne, continue à penser que ce serait courageux de faire ça ? (...) C'est courageux de faire quoi? D'arriver [masqués] avec une kalachnikov au Bataclan et de tirer sur des gens [anonymes] qui n'ont pas d'armes? C'est ça le courage? Mais c'est la négation du courage. C'est pourquoi je dis 'sinistre imbécile' de dire des choses pareilles", a expliqué Stéphane Le Foll. 

Déjà un aller-retour en prison à cause d'un entretien

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, notamment pour les assassinats de Georges Besse, patron de Renault, et de l'ingénieur général René Audran,  haut fonctionnaire du ministère de la Défense, en 1985, pendant les "années de plomb" qui ont marqué le premier quinquennat de François Mitterrand. 

Ce terroriste d'extrême gauche révolutionnaire a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2007, révoqué fin 2008, parce qu'il s'était exprimé sur les infractions qui l'ont conduit en prison dans un entretien avec L'Express. Il a été remis en semi-liberté en 2011, mais reste interdit de séjour dans... 38 départements.

Sorti de prison, l’ex d’Action directe profite de la vie, tourne dans un road-movie "burlesque et subversif" et n’abjure rien de ses convictions. A 63 ans et en période d'état d'urgence, il est régulièrement accueilli dans des centres sociaux sympathisants ou des MJC, dont celle de Martigues, ville communiste des Bouches-du-Rhône, pour raconter ses "courageux" exploits et ses vingt-cinq ans passés en zonzon, dont sept à l’isolement.

Alors, prosélytisme révolutionnaire ? 
"J’ai eu la chance d’avoir cette corde à mon arc, de pouvoir lier la poésie et la littérature au témoignage de ce que j’ai vécu. Je ne crois pas que j’ai perdu de temps en prison," confirme cet auteur de plusieurs livres publiés.

Rappelons enfin, au moment où Hollande fait les yeux doux aux ayatollahs d'Iran, que Pierre Péan a écrit que pour "la communauté du renseignement, il ne fait aucun doute que l'assassinat de René-Pierre Audran […] a été planifié à Téhéran par les Gardiens de la Révolution" iraniens.

vendredi 24 mai 2013

En marge de la Manif pour tous, Valls travaille à interdiction du Printemps français

Les "black blocs" feront-ils partie de la même répression ?

Grande manifestation populaire le dimanche 26 mai 2013 à Paris



Valls distille la peur
et cherche à  démobiliser
les braves gens

Le gouvernement a provoqué la colère en précipitant le vote de la loi permettant la filiation homosexuelle: en anticipant le vote annoncé en juin, la majorité présidentielle a ainsi tenté de court-circuiter le débat.
Trois cortèges sont prévus dans les rues de Paris avec un grand rassemblement final sur l'esplanade des Invalides.


Manuel Valls a annoncé une interdiction du "Printemps français", la frange radicale du mouvement d'opposition au mariage pour tous, après des menaces à l'encontre de plusieurs personalités, ainsi que du gouvernement.


A deux jours d'une nouvelle manifestation pacifique des opposants à la loi sur le mariage homosexuel promulguée à la hâte le 18 mai, pour prendre de vitesse cette manifestation de masse, le ministre de l'Intérieur prend prétexte d'une forte présence annoncée  dans le cortège parisien de groupes exacerbés par les méthodes du gouvernement

Dans un communiqué publié mercredi,
le "Printemps français" envisage de prendre la parole dont ils sont privés par "le gouvernement actuel et tous ses appendices, les partis politiques de la collaboration et les lobbies où s'élaborent les programmes de l'idéologie et les organes qui la diffusent"

Manuel Valls sur France Info estime que "c'est un appel à la violence et il y a de nombreuses menaces même de mort et je ne les prends pas à la légère". 
Le ministre de l'Intérieur a conscience que la politique du gouvernement soulève le "vent de révolte" annoncé par Ségolène Royal depuis février 2008.  "La justice va devoir agir parce que c'est intolérable que dans la République il puisse y avoir ces messages de haine." Huit mois après l'entrée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, Ségolène Royal dénonça le bilan "calamiteux", selon elle, du président de la République, qu'elle qualifia de "monsieur taxe" (sic).

"Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte", déclarait la candidate socialiste battue à l'élection présidentielle dans une tribune publiée par ...Le Monde. Lien lepoint.fr

Valls se dit inquiet pour dimanche

Interrogé sur
une possible interdiction du "Printemps français", il a répondu: "Bien sûr, nous allons l'étudier parce que ces propos sont inacceptables, il n'y a pas de place pour des groupes qui défient la république, la démocratie et qui s'attaquent aussi à des individus." 


La figure de proue de "la manif pour tous", Frigide Barjot, a indiqué ne plus se sentir en sécurité et être la cible des mouvements d'extrême droite. Elle doit décider ce vendredi de son éventuelle participation à la manifestation de dimanche.

"Laissez-moi vous dire mon inquiétude", a insisté Manuel Valls. "Des groupes radicaux d'extrême droite veulent venir en nombre non pour manifester mais pour créer l'affrontement et le désordre et pour s'en prendre aux symboles de la République." A partir du moment où une loi a été votée par le parlement qu'elle a reçu l'aval du Conseil constitutionnel, "il est temps que tout le monde accepte ce choix", a insisté le ministre.

La mouvance libertaire conserve une belle espérance de vie
 

Ainsi les "Black blocks". Issus des mouvements autonomes européens, notamment allemand des années 1980, ils ont soutenu la Fraction armée rouge et se sont développés dans la contestation de la guerre du Golfe en Irak en 1991 et tout aussi bien lors des manifestations contre les sommets du G8 selon le mode pératoire de l'action directe, s'attaquant aux biens capitalistes plutôt qu'aux personnes. Les tribunaux européens ont poursuivi des membres de "Black Blocs" pour vandalisme, association de malfaiteurs et association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste.

En France, ils ont particulièrement marqué les esprits à Evian et Strasbourg.
En juin 2003, lors du G8 à Évian, de nombreux commerces fermèrent de crainte d'incidents comparables à ceux de Gênes: en juillet 2001, des banques, agences immobilières, concessionnaires automobiles, stations d'essence, agences de voyages, panneaux publicitaires furent détruits. Sur le parcours de la manifestation Genève-Annemasse, une station d'essence fut détruite par les participants d'un Black Bloc. Les "Black Blocs" se firent alors vivement critiquer par les pacifistes, mais aussi par d'autres membres du Black Bloc qui considèrent que certains types de destruction sont contre-productifs et discréditent l'idéologie anarchiste.
Mais début juin 2007, le G8 d'Heiligendamm (Allemagne) mobilisa environ 5000 personnes et donna lieu à des affrontements violents avec la police avec de nombreux blessés des deux côtés.
En avril 2009 lors du sommet de Strasbourg en France, au cours de la manifestation anti-OTAN, un Black Bloc d'environ 2000 personnes incendia la douane, l'office du tourisme, un distributeur de billets, une pharmacie et l'hôtel Ibis. Une station essence, une agence de La Poste, des vitrines d'usines et 27 abris bus furent également saccagés ou détruits, ainsi que des panneaux publicitaires, des caméras de vidéo-surveillance et un radar automatique. Une barricade est dressée à l'aide de wagons. Le montant des dégâts s'élèva à plus de 100 millions d'euros tandis que 1500 personnes étaient blessées dont plus de 100 policiers et 13 pompiers.


vendredi 24 juillet 2009

Action Directe: Schleicher libéré par la Cour d'Appel

Un de plus en liberté contre l'avis du Parquet
La Cour d'Appel de Paris a accordé aujourd'hui une nouvelle mesure de semi-liberté pour un ancien membre d'Action Directe (AD), groupe communiste libertaire.
Cette fois, c'est Régis Schleicher, ex-dirigeant de l'une des branches du mouvement armé d'extrême gauche Action Directe.

La Cour d'Appel n'est pas aux ordres du ministère de la Justice


Le 25 juin dernier, le Parquet général s'était opposé à la semi-liberté pour Schleicher, 52 ans, mais la chambre d'application des peines de la Cour d'Appel a suivi les juges du tribunal d'application des peines qui avaient déjà été favorables à la libération de l'ancien terroriste d'extrême gauche.
Les syndicats de la magistrature auraient-ils un faible pour l'extrême gauche ?

25 ans les deux perpétuités

Arrêté le 15 mars 1984, Régis Schleicher a été condamné à deux reprises par la Cour d'Assises de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité: la première fois en 1987 pour sa participation au meurtre de deux policiers avenue Trudaine à Paris le 31 mai 1983, puis en 1988 pour des hold-up avec tentatives de meurtre sur des policiers. Le 15 mars 2002, la Juridiction nationale de libération conditionnelle (JNLC) avait refusé sa remise en liberté.

La perpétuité à 12 ans et six mois a-t-elle encore un sens ?

Incarcéré à la centrale de Clairvaux (Aube), Régis Schleicher pourra bientôt sortir de prison la journée pour travailler mais devra y passer les nuits et les week-ends.

Les syndicats de police ont-ils quelque chose à déclarer ? Ca fait le meurtre de policier à six ans de détention...

Les extrémistes ont droit à la clémence des juges

En 1979, l' « organisation de guérilla » commença à revendiquer ses attaques sous le nom d'Action Directe, expression empruntée à l'anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle mais, au nom de la lutte contre l’impérialisme capitaliste, des symboles de la puissance de l’État, le grand patronat et la défense du prolétariat, elle ne fit alors que des dégâts matériels.

Le 13 septembre 1980, Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon, pensant rencontrer le terroriste Carlos, sont arrêtés
rue Pergolese à Paris après un échange de coups de feu. Mais, après l'élection de Mitterrand en 1981, le nouveau gouvernement fait voter une loi d'amnistie qui remet en liberté Rouillan et Ménigon. Pendant l'hiver 81-82, l'organisation se scinde en quatre groupes , dont l'Affiche rouge qui commettra plusieurs attentats anti-sémites tout en continuant sa lutte anti-impérialiste, et Action Directe avec Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon qui s'allient à la Fraction armée rouge à partir de 1985.

De 1982 à 1987, AD exécute plusieurs assassinats
ou tentatives: 1987, les principaux membres d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani sont arrêtés par le RAID et condamnés (tout comme Régis Schleicher, arrêté en 1984) à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine incompressible de dix-huit ans, notamment pour les assassinats de Georges Besse, PDG de Renault, par le commando Pierre Overney (un militant maoïste), et le général René Audran, (responsable des ventes d'armes de la République Française.

Les libérations anticipées

  • Joëlle Aubron, dont la peine avait été suspendue en 2004 pour raisons de santé,
    est décédée en 2006 .
  • Nathalie Ménigon a bénéficié de la clémence de la chambre d'application des peines de la Cour d'Appel de Paris qui lui a accordé le regime de semi-liberté en juillet 2007 et sa libération conditionnelle, après 20 ans, en juillet 2008.
  • Jean-Marc Rouillan a obtenu un régime de semi-liberté en décembre 2007, mais elle a été révoquée en octobre 2008, suite à des propos tenus lors d'une interview donnée au magazine L'Express. On ne se refait pas.
    En décembre 1986, Alain Peyrefitte, ancien Garde des Sceaux, avait pourtant fait l'objet d'une tentative d'assassinat.

    Il ne restait plus à la Cour d'Appel de Paris que de libérer Régis Schleicher. C'est chose faite depuis le 23 juillet 2009. Elle aura encore profité de la torpeur estivale...
  • dimanche 5 avril 2009

    Nouveaux en France, les Black Blocks

    Sur le passage des libertaires, l’herbe ne repousse plus

    Un Black Block (ou bloc noir, en allemand « Schwarzer Block ») est un regroupement éphémère d'individus au cours d'une manifestation, regroupement qui donne souvent lieu à des affrontements avec les forces de l'ordre.

    Les Black Blocs sont des structures informelles et décentralisées, sans appartenances formelles, ni hiérarchies. Ils sont constitués principalement d'activistes des mouvances libertaires : les black blocks ne sont qu'une technique du mouvement autonome pour exprimer des colères variées, mais essentiellement anti-capitalistes, par la lutte armée dans les rues.

    Evolution
    Les « blocs noirs » sont issus des « mouvements autonomes » européens, particulièrement du Mouvement autonome allemand des années 1980. Les autonomes allemands ont créé l'idée de « Schwarzer Block » avec des « actions directes » collectives pour la défense de squats (« Freiräume ») et de « lieux autogérés ». Ils ont aussi soutenu la Fraction armée rouge (« Rote Armee Fraktion ») lors des manifestations de solidarité, bien que la plupart des autonomes aient critiqué cette lutte armée. La lutte des autonomes allemands s'est également axée contre le nucléaire en organisant de gigantesques émeutes sur les lieux de construction de centrale.

    Les blocs noirs sont réapparus lors de manifestations de contestation de la guerre du Golfe en Irak en 1991, pratiquant des « actions directes » en marge de manifestations conventionnelles. Le 30 novembre 1999, lors du congrès de l’OMC à Seattle, un bloc noir d’environ 200 militants s'est attaqué aux locaux de sociétés multinationales se trouvant sur le parcours de la manifestation, et a bloqué les rues pour en faire des « zones autonomes temporaires », attirant l'attention des médias. Plusieurs nouvelles appellations sont apparues au sein du bloc noir par la suite ; le «Radical Anti-Capitalist Blocs» (RACB) composé d'un millier de personnes a émergé lors du rassemblement contre le FMI et la Banque mondiale à Washington les 16 et 17 avril 2000.

    Après les manifestations liées aux différents sommets du G8 en Europe au début des années 2000, les tribunaux européens ont poursuivi des membres de « black blocs » pour vandalisme, association de malfaiteurs et association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste. Le groupe Publixtheatre Caravan a été emprisonné un mois à l'issue du sommet de Gênes en juillet 2001. L'Union européenne conduit des enquêtes sur les « black blocks » sur tout son territoire. Les activistes arrêtés en marge du sommet de l'Union européenne à Gothenburg en 2001 ont été sévèrement condamnés, les activistes arrêtés à Gênes et à Thessalonique ont de lourdes charges à leur encontre.

    Mode opératoire
    Les blocs noirs se forment généralement en marge de manifestations de gauche. Ils pratiquent une forme d'action directe : destructions de banques, de bâtiments d'institutions officielles ou de sociétés multinationales, magasins, caméras de vidéo-surveillance, etc. Ces actions ne visent pas à s'attaquer aux personnes mais aux biens du capital. Le but est de faire perdre un maximum d'argent aux entreprises visées. Les activistes n'hésitent pas à affronter directement les forces de l'ordre (voir ci-dessous) qu'ils considèrent comme « le bras armé du capitalisme ».

    Outre la destruction matérielle, certains ‘black blocks’ se fondent pour mission de protéger la manifestation. Ils opèrent alors différemment et leur but devient l'ouverture de voies pour l'ensemble des manifestants, cela passant souvent par des affrontements avec les forces de l'ordre.

    Les activistes s'habillent et se masquent de noir pour marquer leur solidarité, symboliser l'unité et l'égalité des hommes et femmes au sein d'un black bloc et créer un effet de masse, mais surtout se prémunir contre les gaz lacrymogènes et les caméras de vidéo-surveillance. Ils portent souvent des blousons de cuir et des protections de fortune adaptées à la guérilla urbaine. La couleur noire est liée à l'anarchisme et au folklore de la piraterie.

    Bien qu'acceptés par les militants pacifistes et la plupart des militants altermondialistes – avec lesquels il existe parfois de réelles tensions, trouvant l'action des black blocs contre-productive pour la mise en place d'une alternative politique – la plupart des membres du black block se refusent à mettre en danger le reste des manifestants. Ainsi, pour la manifestation de Gênes, les échauffourées se sont déroulées le matin et dans un lieu éloigné, avant que ceux qui y avaient participé ne rejoignent les rangs de la grande manifestation pour défiler avec les autres manifestants. De plus, et cela se trouve souvent oublié, la solidarité au sein d'un black block est le ciment permettant sa cohésion: la tentative d'arrestation d'un membre d'un block par les forces de l'ordre entraînera une action immédiate des autres membres de ce bloc pour le libérer.

    Méfaits

    -> En décembre 1980, les autorités de la ville de Berlin-Ouest décident de mettre un terme aux occupations d'universités et aux squats. C'est dans ce contexte que des activistes ont eu recours pour la première fois à la tactique du « black block ». L'invention du terme (schwarzer Block) est du reste attribuée à la police allemande.
    Des « Autonomes » vêtus et masqués de noir sont descendus dans la rue affronter les forces de l'ordre venues les expulser.

    -> Un Black block de 1500 « Autonomes » se forme à Hambourg, en 1986, pour défendre le squat Hafenstrasse.

    -> Apparition de « Black blocks » à l'occasion de la présence du président américain Ronald Reagan à Berlin-Ouest, en juin 1987.

    -> En septembre 1988, à Berlin-Ouest, un « Black block » affronte les forces de l'ordre au cours d'une manifestation contre la réunion de la Banque mondiale et du Fond monétaire international (FMI).

    -> En 1991 à l'occasion d'une manifestation anti-guerre du Golfe à Washington, un Black block fracasse les vitres de la Banque mondiale.

    -> En 1992, à San Francisco, un Black Block se forme pour les 500 ans de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, manifestant contre les années de génocid (rien que çà !) perpétrés sur les Premières Nations.

    -> Congrès de l’OMC à Seattle en novembre 1999. Un bloc noir d’environ 200 activistes saccage des vitrines de banques, de magasins Nike, de commerces, et pille des magasins, causant 7 millions de dollars de dommages. Des slogans sont tagués sur les murs et le mobilier urbain est brûlé. Une ‘Zone autonome temporaire’ fortifiée par des barricades est constituée pendant quelques heures. José Bové participait à ces manifestations.

    -> Les 16 et 17 avril 2000, à Washington, se tint une réunion du FMI et de la Banque mondiale. Un millier de révolutionnaires anti-capitalistes y affronte directement la police.

    -> En 2000, divers Black Blocks se constituent aux USA en marge des conventions républicaine (1er juin 2000 à Philadelphie) et démocrate. Les incidents sont de faible gravité.

    -> Les 25 et 26 septembre 2000, le plus important Black Block a lieu à Prague à l'occasion de la réunion du FMI. Quelques 3000 anarchistes et autres autonomes se heurtent à la police tchèque. Les affrontements sont très violents et la répression est féroce. On dira plus tard que des militants néo-nazis auraient été "invités" dans les commissariats praguois pour « corriger les gauchistes ».

    -> En avril 2001 des membres d'un Black Block sont associés à l'agression d'un policier lors d'une marche pacifique dans les rues de la ville de Québec. Suite à cet événement, la population locale et plusieurs manifestants se distancient du groupe dont ils trouvent les méthodes trop extrêmes.

    -> En juin 2001, un important Black Bloc se forme à Göteborg contre le sommet de l'Union européenne. Toute une rue de la ville est dévastée. La police ouvre le feu sur la foule et blesse grièvement un des manifestants.

    -> G8 à Gênes les 20 et 21 juillet 2001. Des banques, agences immobilières, concessionnaires automobiles, stations d'essence, agences de voyages, panneaux publicitaires sont détruits. Lors de violents affrontements entre manifestants (regroupant des participants au Black Bloc et de nombreux autres manifestants) et la police, Carlo Giuliani, un manifestant italien, est abattu d'une balle dans la tête par un policier. Un rapport de police affirmera que la balle tirée en l'air par le policier a été déviée par un pavé lancé par un manifestant. Une photographie prise une seconde avant que le carabinier ne tire montre l'arme du policier pointé sur la tête du jeune homme. José Bové participait à ces manifestations.

    -> G8 à Évian, les 1er, 2 et 3 juin 2003. Manifestations à Genève et Lausanne. De nombreux commerces ferment de crainte d'incidents comparables à ceux de Gênes. Sur le parcours de la manifestation Genève-Annemasse, une station d'essence est détruite par les participants d'un Black Block. Le mouvement du Black Block se voit alors fortement critiqué par les pacifistes, mais aussi par d'autres membres du Black Block qui considèrent que certains types de destruction sont contre-productives et discréditent des idéologies comme l'anarchisme.

    -> G8 à Heiligendamm (Allemagne), début juin 2007. Un Black Bloc d'environ 5000 personnes se forme lors d'une grande manifestation contre le G8 et donne lieu à des affrontements violents avec la police (nombreux blessés des deux côtés).

    -> Sommet de l'OTAN à Strasbourg (3 et 4 avril 2009) : Un Black Block se réunit au cours de la manifestation anti-OTAN. L'ancien poste de douane à la frontière allemande et une pharmacie brûlent entièrement ; le feu incendie l'hôtel Ibis au port du Rhin. Une station essence et les vitrines d'usines et d'abribus sont détruits. Une barricade est dressée à l'aide de wagons de plusieurs tonnes.
    -> Pourtant anti-sécuritaire adepte de la prévention, la gauche française accuse la police de n’avoir pas maté ces forces subversives. Mais à la différence de Gênes, à Strasbourg, les Black blocks n’ont pas hésité à saccager la banlieue défavorisée, y incendiant un hôtel et la pharmacie. En 2001, les saccages s’étaient déroulés le matin et loin de la grande manifestation de l’après-midi.