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lundi 10 décembre 2018

Insurrection sociale : Macron a reçu syndicats et responsables politiques mais, mortifié, il est resté boudeur

Après avoir été reçus à l'Elysée, les syndicats et responsables politiques ne sont pas plus avancés

Aucune mesure n'a été annoncée" et tous attendent le discours de Jupiter
Vexé, Monsieur boude ostensiblement
A 20 heures, le président de la République fera diffuser aux Français sa parole enregistrée à l'Elysée.
Emmanuel Macron tentera ainsi de reprendre la main face à la colère des Français et notamment les "gilets jaunes". Il a reçu les élus et les partenaires sociaux, lundi 10 décembre mais, à la sortie de l'Elysée, ils ont expliqué qu'"aucune mesure n'a été annoncée". La France des matraqués fiscaux ne se font guère d'illusions avant 20 heures, quand il présentera "des mesures concrètes et immédiates", a assuré dimanche la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Macron a voulu faire son show en convoquant les décideus politiques et syndicaux. 
Des consultations ont duré quatre vingt. Le chef de l'Etat a réuni les présidents des associations d'élus locaux, du Sénat Gérard Larcher, de l'Assemblée Richard Ferrand et même Patrick Bernasconi, qui préside le CESE, un refuge grassement payé pour personnalités bien en cour, en même temps que les cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGE et CFTC), ainsi que trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P).

Peine perdue : "pas de coup de pouce au SMIC". 
Selon la ministre du Travail, Macron calmera le mouvement des "gilets jaunes". Sur LCI, dimanche 9 décembre, Muriel Pénicaud a en revanche de nouveau assuré qu'il n'y aura "pas de coup de pouce au smic" car "on sait que ça détruit des emplois, et ce n'est pas la bonne méthode." 
"Retrouver le chemin du cœur des Français." Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, s'est dit "sûr que le président de la République saura retrouver le chemin du cœur des Français, les toucher au cœur et parler à leur cœur". Cela fait plusieurs jours que l'opposition et les manifestants réclament une intervention du chef de l'Etat, avec le soutien de  huit Français sur dix.

Dans un contexte répressif : environ 1.000 personnes en garde à vue. 
Le parquet de Paris va encore revoir à la hausse le nombre d'audiences lundi et mardi pour faire face au nombre de prévenus interpellés en marge de la manifestation de samedi. Le bilan définitif s’établit à 1.082 interpellés, dont 974 gardés à vue. Parmi eux, 268 ont été déférés et 301 ont bénéficié d'un simple rappel à la loi. C'est notamment le cas de ceux et celles qui ont été interpellé ssur de simples soupçons, avant d'avoir passés à l'acte.

17h08 : La préfecture de la Vienne prolonge son arrêté de sécurité et tranquillité publique jusqu'à mercredi matin, 9 heures, annonce France Bleu Poitou. Concrètement, cela veut dire qu'il n'est plus possible de vendre, d'acheter ou de transporter du carburant en jerrycans, bidons et autres contenants mobiles.

15h44 : Prochain prévenu, Davy 31 ans de Paimpol, à 97 kms de Carhaix, épi-centre du mouvement des 'Bonnets rouges', interpellé alors qu’il était en possession d’un compas, 1 matraque télescopique , boules de plomb, fumigènes #GiletsJaunes cc @france3Bretagne#Justice

15h44 : Laurent, 33 ans, de Grenoble jugé pour avoir jeté une grenade lacrymogène sur CRS #Police "explique que lors d’une charge, s’est retrouvé isolé de son groupe d’amis .. une grenade tombe à ses pieds, il la relance par réflexe "exprime ses regrets".

15h44 : Julien explique qu’il a un cancer des poumons, avait donc besoin de se protéger du gaz lacrymogène quant aux boulons "pas de texte de loi qui en interdit le port".

15h44 : Julien, 29 ans interpellé en possession de masque à gaz, billes acier et boulons et raquette de tennis... nie avoir voulu se servir de la raquette pour lancer des billes acier, mais pour s’en servir de poing américain afin de se défendre.

15h44 : Après avoir été interpellés samedi, des manifestants comparaissent en ce moment devant le tribunal de Paris. Les effectifs de justice ont dû être triplés. 

15h30 : Bonjour @marc, bonjour @tomas1296. L'allocution aura lieu à 20 heures mais on ne sait pas encore combien de temps elle durera.

Violences policières sur un handicapé au péage de Bessan 
15h23 : Depuis quelques heures, une vidéo circule sur les réseaux sociaux montrant des gendarmes mobiles faisant chuter une personne à mobilité réduite. Si la gendarmerie comprend l'émotion suscitée par la vue de cette personne au sol, elle tient à préciser quelques éléments factuels :

15h24 : Après la viralité de la vidéo, la gendarmerie nationale a apporté des explications dans ce communiqué sur Twitter (ci-dessus). Elle assure que l'homme s'est montré "insultant" envers les forces de l'ordre et qu'il a "refusé de coopérer", "malgré des invitations répétées pour lui faire rejoindre le bas-côté".

15h42 : La vidéo a déjà été vue près de 10 millions de fois et a suscité de nombreuses réactions indignées. Elle montre une altercation entre un jeune homme en fauteuil roulant et des CRS au péage de Bessan (Hérault) sur l'A9, bloqué par des "gilets jaunes". Les raisons de la dispute ne sont pas claires, mais l'homme finit par tomber de son fauteuil.

15h09 : "Je regarde ma main et à la place il y a un moignon avec des lambeaux de chair qui pendent et un morceau d'os déformé."
Antoine a raconté sa souffrance à France Inter. Ce jeune homme a voulu ramasser une grenade lancée par les policiers, samedi, lors de la mobilisation des "gilets jaunes" à Bordeaux. Mais celle-ci lui a explosé dans la main. Il est aujourd'hui amputé.


15h15 :  les articles les plus lus cet après-midi concernent la mobilisation des "gilets jaunes".

• L'analyse du politologue Olivier Costa, qui revient sur les difficultés à gouverner à l'heure des réseaux sociaux.

• Un article de franceinfo où est expliqué le contenu du pacte de Marrakech, qui suscite les critiques des nationalistes et des anti-migrants, bien qu'il ne soit pas contraignants.

• Le témoignage d'Antoine, un jeune homme dont la main a été arrachée par une grenade, samedi, à Bordeaux.

14h53 : Depuis vendredi, Emmanuel Macron multiplie les réunions pour donner à penser qu'il "entend", avant son allocution télévisée, ce soir.  

14h48 : "J'ai rappelé la nécessité impérieuse de baisser la pression fiscale. Il est indispensable de donner des signaux ce soir." (Hervé Morin)

15h02 : Avis partagé par Hervé Morin, qui a lui aussi participé à la réunion. "Aucune mesure n'a été annoncée", a expliqué le président de la Région Normandie.

14h42 : "On n'a eu aucun élément sur la réponse qui sera apportée par le président de la République ce soir. On écoutera ça avec beaucoup d'intérêt, mais aussi un peu d'appréhension, vu la situation actuelle."

14h39 : "Je lui ai dit qu'il fallait des réponses de court terme sur la question du pouvoir d'achat."

14h39 : Ils viennent de sortir de leur réunion après plus de quatre heures de discussions entamées à 10h30. Plusieurs responsables politiques et syndicaux se trouvent en ce moment dans la cour de l'Elysée, après leur rencontre avec Emmanuel Macron.

14h23 : "Ils font leur shopping de Noël, sans se poser de questions." Interrogée, une commerçante du 8e arrondissement de Paris dont la boutique a été pillée raconte son désarroi face aux casseurs (lien).

13h35 : Les gardes à vue de 64 interpellés ont été prolongées et 268 personnes ont été déférées devant la justice. Parmi eux, on compte notamment Julien Coupat, l'ancien militant d'extrême gauche, relaxé au printemps lors du procès dit "de Tarnac".
Samedi 8 décembre à Paris, Julien Coupat a été placé en garde à vue pour "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations". Il va faire l'objet d'un rappel à la loi.
13h35 : selon le bilan définitif des arrestations de samedi, au total, 1.082 personnes ont été interpellées à Paris. Parmi elles, 974 ont été placées en garde à vue, selon une source policière.

13h19 : "best of" de la journée, selon franceinfo, décidément compassionnel :

• Dans le quartier de Saint-Cybard, à Angoulême, une usine à l'abandon a déversé un produit cancérigène dans les sols.

• Peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ? Le politologue et directeur de recherche au CNRS Bordeaux, Olivier Costa, livre son analyse pour mieux comprendre la crise politique suscitée par les "gilets jaunes".



12h50 : pour discréditer le mouvement des Gilets jaunes dont il est une voix qui porte, Christophe Chalençon est accusé de racisme et homophobie ordinaires... 

12h51 : Mounir Majoubi répond à Christophe Chalençon qui a observé que le secrétaire d'Etat au Numérique est un "ministre musulman et homosexuel", ce qui est factuel. 

12h26 : samedi, la fréquentation des centres commerciaux a chuté de 17%, indique un communiqué du Conseil national des centres commerciaux (CNCC).  C'est plus que les deux précédents samedis de manifestation (14,3% de moins le samedi 24 novembre et 12,7% le 1er décembre), preuve que le nombre de manifestants ne faiblit pas... Quelles sont les statistiques lors des mobilisations contre la "loi travail" ?

12h00 : Le bilan définitif du week-end à Paris s’établit à 1.082 interpellés, dont 974 gardés à vue, parmi lesquels 33 étrangers. Parmi les 974 gardés à vue figurent 37 femmes et 90 mineurs, précise une source policière, qui n'évoque pas leur provenance des banlieues, ni leurs origines ethniques.





11h46 : Autour de la table, 37 personnes, dont Emmanuel Macron, Edouard Philippe et 12 membres du gouvernement, les patrons des principaux syndicats et du patronat, ainsi que les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et des associations de collectivités locales.
  
Résultat de recherche d'images pour "avocat Julien Coupat"
10h42 : Après le simple rappel à la loi notifié à Julien Coupat, son avocat estime qu'"ils "ont choisi la seule procédure leur évitant de soumettre ce dossier à un juge indépendant, et donc de subir une nouvelle humiliation publique via une relaxe annoncée. La procédure n’en est pas moins ridicule et les services de la DGSI [direction générale de la sécurité intérieure] sont une fois de plus désavoués," toujours selon l'avocat, Me Jérémie Assous (start-ups du droit que sont 'Action Civile' et 'Demandez Justice').

Dans l'affaire de Tarnac, les activistes d'ultra-gauche, Julien Coupat et Yildune Lévy, ont été relaxés en avril dernier pour le sabotage d'une ligne SNCF. Les deux prévenus parmi les huit du groupe libertaire de Tarnac ont en revanche été reconnus coupables pour avoir refusé un prélèvement biologique mais ils ont été dispensés de peine.
10h27 : Début de la réunion à l'Elysée avec syndicats et organisations patronales, aux côtés des présidents du Sénat et de l'Assemblée.

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jeudi 21 septembre 2017

Un groupe anarchiste revendique l'incendie criminel de la caserne de Grenoble

Un groupuscule libertaire revendique l'incendie de la gendarmerie de Grenoble

D
es révolutionnaires avaient incendié 2.000 m2 de locaux et plusieurs véhicules de service

© Patrick Arnould
"Incendie A la gendarmerie de Grenoble", selon francetvinfo,
et non pas "incendie DE la gendarmerie...
Résultat de recherche d'images pour "infolibertaire"
Ces "libertaires"  assument l’incendie criminel qui a ravagé la caserne de gendarmerie de Grenoble dans la nuit de mercredi 19 au jeudi, vers 3h30 du matin. Il a mobilisé une cinquantaine de soldats du feu et était complètement maîtrisé vers 06h45, a précisé la Préfecture.

Image associéeSur son site internet anarcho-libertaire, infolibertaire.net, déjà utilisé pour des faits similaires perpétrés à Limoges deux jours plus tôt, le mouvement se flatte de "l’incendie de six fourgons d’intervention et de deux camions de logistique," ainsi que du "garage et de l’entreprise sur plus de 1.500 m2".

Selon ces probables lecteurs de 'Charlie hebdo' ou du 'Canard enchaîné' et du site Mediapart, 
Résultat de recherche d'images pour "infolibertaire"ce crime serait une mesure de représailles légitime au procès qui se déroule actuellement au tribunal correctionnel de Paris où sont jugés neuf personnes poursuivies pour l’incendie d’un véhicule de police occupé par deux jeunes fonctionnaires de police, 
"Voiture de police 'en feu' " (et non pas incendiée, selon 2minutes),
quai de Valmy à Paris (10e), le 18 mai 2016

qui ont en outre été agressés à la barre de fer, le 30 mai 2016, à l’occasion d’une manifestation que la préfecture n’avait autorisé.
Lien PaSiDupes
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Lycéens

Le texte posté à la mi-journée sur le site en plusieurs langues 
indymedia.org 
(plateforme américaine de media alternatifs - anti-fasciste et anti-capitaliste - qui supporte actuellement environ 175 sites internet autonomes et révolutionnaires dans une soixantaine de pays) affirme que "cet acte s’inscrit dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci ".
Indymedia suscite des controverses en permanence. Ainsi, sur l'un de ses sites italiens, cette plateforme, financée notamment par le milliardaire George Soros, a diffusé en 2002 le texte de revendication des Nouvelles Brigades rouges à la suite de l'assassinat de Marco Biagi, tandis que des Indymedia français se sont fait l'écho de messages de soutien à Cesare Battisti. L'hommage à Joëlle Aubron, membre d'Action directe, condamnée en 1989 et décédée en 2006 après 19 ans de prison, a suscité une polémique.
En 2010, après la publication d'articles qualifiant les policiers français d' "assassins" et de "déchets" et comparant la police nationale à la Milice, les syndicats de policiers ont dénoncé la pratique du copwatching par leurs sites de Paris  et de ...Grenoble.
De nombreux activistes ont par ailleurs empêché l'ouverture du procès de leurs camarades mardi, avant de commencer mercredi.

Le "groupuscule" menace aussi de poursuivre ses actions violentes 

"Quelle que soit l’issue du procès, on continuera à s’en prendre à la police et à la justice. Notre hostilité est un feu qui se propage", écrit-il sur leur site.

Le ministre de l’Intérieur a exprimé "sa consternation et son indignation", jeudi matin, suite à l’incendie de l'établissement militaire - emblématique de la République - à Grenoble, ville dont le maire est un écologiste EELV. 
Pollution de l'air sur la ville écolo de Grenoble...

Gérard Collomb a assuré que "toutes les dispositions étaient prises pour que les véhicules et les matériels soient remplacés sans délai et que les unités de gendarmerie touchées par les destructions soient en mesure de remplir leur mission de protection".

samedi 16 janvier 2016

Charlie Hebdo: Riss souille la mémoire du petit Aylan

Un dessin de Riss sur Aylan suscite l'indignation

Charlie hebdo prétend dénoncer le racisme mais provoque la nausée parmi les internautes
La finesse et le respect sont hors de portée des dessinateurs qui rient de tout, sans considération aucune de leurs congénères, si éprouvés et affaiblis soient-ils. "C'est injuste de nous faire mal à nouveau", a déclaré, depuis Vancouver ( Canada), Mme Kurdi, une tante du petit garçon, en imaginant la peine ressentie par son frère Abdallah, le père du petit noyé syrien.

Le directeur de la publication de Charlie Hebdo a en effet repiqué au truc, appliquant toujours le même mode de pensée ou recette (cf. dessin à droite) publiant un nouveau dessin faisant référence au drame de la mort du petit Aylan et à celui des agressions sexuelles en Allemagne, assuré de ne pas passer inaperçu, alors que les mobilisations anti-terroristes ne font plus recette et les commémorations à répétition saturent l'opinion pourtant prompte à la compassion.

Ne craignant pas l'amalgame entre fatalité
du drame du petit Aylan et la révulsion suscitée par les agressions sexuelles en Allemagne, le nouveau dessin du directeur de la publication de Charlie Hebdo pue l'exploitation du malheur. Un an après la terrible attaque terroriste contre sa rédaction, Charlie Hebdo reste le journal libertaire et ne reculant devant la provocateur propice, pense-t-il, à préparer la révolution.

"A Charlie, plus que jamais, nous voulons dessiner," insistent les butors égocentriques.
 
Charlie hebdo, assoiffés de sang ?
Et peu importe la souffrance qu'occasionne leur feuille. En référence aux "agressions sexuelles de masse" à Cologne, l'ambigu dessinateur extrapole sur la peur et le racisme supposés: l'esprit pervers imagine ce "que serait devenu le petit Aylan s'il avait grandi" et suggère que tous les migrants syriens sont des violeurs en puissance. Le dessin représente deux hommes, langue pendue, poursuivant des femmes.

Un humour qualifié d'extrême droite mais par des libertaires d'extrême gauche !
Face au déferlement d'indignation, quelques fanatiques irréductibles (et déséquilibrés de la même mouvance idéologique) défendent le dessin de Riss, tout comme sa démarche, appelant à la rescousse l'esprit de Charb ou de Cabu. Charlie hebdo fait pire que ses cibles et sur Twitter, nombreux sont les internautes qui démasquent les intentions cachées de ce dessin malsain à plus d'un égard: il souille la mémoire de la petite victime et fait porter leurs équivalents de la droite extrême la perversité qui l'habite. 
Pour autant, certains internautes estiment que le directeur de la publication de Charlie Hebdo a franchi une limite en évoquant à nouveau sur un mode satirique le cas emblématique du petit Aylan Kurdi, l'un des enfants syriens noyés découvert  sur une plage turque .



La reine de Jordanie a-t-elle l'une de ces "réactions épidermiques" dont L'Express accuse les indignés ?

Le dessin de Riss sur le petit Aylan suscite beaucoup de dégoût en France et partout dans le monde arabe. Des dessinateurs ont pris leurs crayons pour "défendre la mémoire" de l’enfant de migrants syriens mort en septembre dernier, échoué sur une plage turque parmi d'autres.
La reine de Jordanie répond au dessin de Charlie Hebdo
Sur son compte Twitter, la reine Rania de Jordanie a riposté par un dessin à une caricature de l'hebdomadaire anarcho-révolutionnaire.
L’un des dessins (ci-dessous) relaie le tweet (ci-dessus) de la reine Rania.

Sans doute la souveraine entre-t-elle dans la catégorie, stigmatisée par L'Express, des débiles qui ne comprennent jamais rien à rien. 
A l'inverse, penser que tous les migrants syriens sont de la graine de docteurs en médecine à de quoi jeter le trouble parmi les étudiants français qui n'ont pas ce potentiel imaginé...
Assez de délires en tout genre !


samedi 3 octobre 2015

Eurotunnel bloqué par l'intrusion de migrants dans la nuit

Quel est le rôle joué par les associations, voire les anarchistes révolutionnaires de 'No Border'?

Des migrants "extrêmement organisés" s'en est "pris au personnel et aux forces de l'ordre," selon Eurotunnel

Une centaine de migrants a pénétré sur le site du tunnel sous la Manche à Calais, dans la nuit de vendredi à samedi. C'est en ces termes que les représentants d'Eurotunnel décrivent l'opération commando de 113 migrants
Depuis 0h30 samedi, le trafic des navettes d'Eurotunnel était suspendu, dans les deux sens. La décision du gestionnaire du tunnel sous la Manche a été prise cette nuit après l'intrusion sur le site de "centaines de migrants', selon Le Monde, côté français. Samedi matin, la suspension ne concernait pas le trafic des trains Paris-Londres, les Eurostar dont le trafic a été toutefois affecté par de "légers retards" selon un communiqué.


Nos trains enregistrent des retards consécutifs à la fermeture du tunnel.
Le trafic reprendra sous peu son cours normal 
Eurotunnel avait précisé sur son site internet que la circulation des navettes de fret et des convois transportant les voitures était inopérante pour une durée indéterminée au départ de Calais et depuis Folkestone en Grande-Bretagne. 
Eurotunnel précise que ces migrants ont forcé une clôture et certains se seraient dirigés vers des entrées du tunnel, malgré la présence d'agents de sécurité. Malgré aussi le danger que représente une intrusion aux abords des voies ferroviaires et des installations électriques.

Le trafic des navettes fret et voitures reprend progressivement après l'interruption de la nuit, fait également savoir Eurotunnel


Après plus de sept heures d'interruption, le trafic a repris progressivement vers 8h. La circulation depuis la France devrait avoir lieu aux alentours de 10 heures.

"Aux alentours de 00h30, une centaine de migrants ont forcé une clôture et le passage auprès d'agents de sécurité du tunnel. Nous avons dû suspendre le service", a indiqué une porte-parole du groupe Eurotunnel. 
Dix blessés légers, dont sept migrants, ont été pris en charge par les cinq ambulances présentes sur place. "Actuellement les autres migrants sont en cours de sortie. Ils avaient pénétré dans le tunnel sud et le tunnel de service", a précisé un capitaine des pompiers. Les migrants ont progressé sur une quinzaine de kilomètres dans le tunnel, d'après les informations de la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio. 

Présence aux côtés des migrants de militants du mouvement anarchiste No Border

Selon Eurotunnel, il s'agissait d'une intrusion "massive, ciblé et organisée" de migrants pour attirer l'attention sur leur situation. Les forces de l'ordre et les pompiers sont intervenus sur le site d'Eurotunnel. Une opération a été menée pour tenter d'interpeller les migrants à 'l'intérieur du site. Les pompiers du département ont annoncé l'évacuation de plusieurs blessés, sans plus d'explications.

Interrogée sur l'agitation entretenue par les anarchistes, la représentante d'Eurotunnel a estimé qu'
il est "fort probable qu'il s'agisse d'une opération réfléchie ayant pour but d'attirer l'attention de l'opinion publique".
No Border est un réseau transnational de collectifs et d'activistes en lutte pour la libre circulation et l'abolition des frontières, contre les politiques de contrôle de l'immigration dans et en dehors de l'Espace Schengen, ainsi que pour la régularisation des étrangers en situation irrégulière, la fermeture des centres de rétention administrative et l'arrêt des expulsions.
Né en 1999, le réseau s'est depuis étendu à l'ensemble de l'Europe et ses violences ont également traumatisé des pays hors de l'Europe, comme l'Australie (Woomera, 2002), le Mexique (Mexicali, 2007), l'Ukraine (Uzhgorod, 2007) ou laTurquie (Dikili, 2008).
Ils sont insaisissables du fait de leur organisation autogestionnaire et anti-hiérarchique: le réseau est dépourvu de structures dirigeantes et de leaders. Les collectifs et leurs militants s'accordent sur la diversité des tactiques et toutes les formes et modalités d'action anticapitaliste, inscrivant dans les luttes portées par les réseaux anarchistes-libertaires.
Le site du tunnel, qui totalise 650 hectares et un périmètre d'une vingtaine de km, a fait l'objet de nombreuses tentatives d'intrusion pendant l'été, généralement la nuit. Un pic à 1.700 avait été atteint le 3 août. 

D'importants travaux de sécurisation - nouvelles barrières, renforcement d'effectifs, chiens renifleurs - avaient été entrepris. Le nombre de tentatives avait baissé pour se fixer autour de 100 par nuit, selon plusieurs sources policières. Certaines de ces intrusions se sont soldées par la mort de migrants.
Depuis le 26 juin, 13 d'entre eux sont morts aux abords du tunnel en tentant de rallier l'Angleterre. Quelle part de responsabilité dans ces morts violentes les No Border ont-ils ?  

lundi 10 août 2015

Terroristes de Tarnac: le Parquet déjuge la magistrate

Le Parquet maintient que le sabotage de lignes SNCF relève du "terrorisme"
Le Parquet de Paris a fait appel de l'abandon de la qualification "d'entreprise terroriste"
Famille bourgeoise et études supérieures
dans le dossier Tarnac, village de Corrèze (département du député François Hollande), où des activistes se retrouvaient.décidée par la juge d'instruction en charge du dossier.

Le Parquet de Paris conteste l'ordonnance du juge d'instruction qui a décidé de renvoyer en correctionnelle huit militants libertaires, dont Julien CoupatLe ministère public demandait que la circonstance aggravante d'"entreprise terroriste" soit retenue à l'encontre de trois militants, dont Julien Coupat (ci-contre) et sa compagne, Yildune Lévy (ci-dessous). Le dossier des huit membres du groupe Tarnac, soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en 2008, va être examiné par la chambre de l'instruction.



Une jeunesse propre sur elle
Les parties au procès s'écharpent depuis le début sur la qualification à retenir des actes reprochés aux prévenus, à savoir le sabotage de plusieurs lignes SNCF. La défense fonde son argumentation sur le manque de preuves, selon elle, contestant notamment la légalité de moyens de surveillance mis en oeuvre par la DCRI, au domicile de Julien Coupat dès le 15 août 2008, et à l'épicerie de Tarnac, via un dispositif artisanal découvert en avril 2008. Ces éléments avaient conduit juge d'instruction en charge du dossier, à abandonner la qualification d'entreprise terroriste. Jeanne Duyé lui a préféré celle "d'association de malfaiteurs", dans une ordonnance rendue vendredi.

Un appel "en toute logique" 
Type de littérature d'extrême gauche

"La juge d'instruction ne nous a pas suivi, c'est pourquoi nous faisons appel, comme nous en avons le droit." Le Parquet de Paris estime donc que son appel a été interjeté "en toute logique". "Nous nous étions exprimés lors des réquisitions pour que la qualification d'entreprise terroriste soit retenue dans le cadre du renvoi.
Le Parquet maintient que les éléments versés dans le dossier à l'encontre des prévenus relèvent bien du terrorisme, c'est-à-dire "d'actions commises en vue de porter atteinte à l'ordre public par l'intimidation ou la terreur". 
Il rappelle également que la Cour d'Appel de Paris a validé en octobre 2010 l'intégralité de l'enquête, la chambre de l'instruction rejetant à l'époque la demande formée par la défense pour faire invalider les pièces relatives au placement sous surveillance des prévenus. 

Une instrumentalisation politique ?

En toute logique également, Marie Dosé et William Bourdon, avocats des prévenus, considèrent que l'ordonnance de la juge d'instruction "est un camouflet difficilement supportable pour le Parquet, qui reste dans une logique qui n'a rien de juridique, mais qui est une logique d'entêtement idéologique". 

L'opposition et sa presse avaient politisé l'enquête. 

Le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avaient même été accusés de l'instrumentaliser en insistant sur son caractère terroriste lors d'une vague de sabotages révolutionnaires de caténaires en plusieurs points du réseau. L'internationale communiste révolutionnaire créa des comités de soutien en France et à l'étranger et une manifestation de soutien rassembla des militants extrémistes le 31 janvier 2009 à Paris (photo ci-dessus).
Julien Coupat, situationniste de 33 ans à l'époque et doctrinaire apparenté à l'ultra-gauche, et Yildune Lévy, 31 ans (à ce jour), ont bien reconnu leur présence à Dhuisy (Seine-et-Marne)  dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 aux abords de la voie ferrée où passe le TGV Est. Pour regarder passer les trains ?

En revanche, ils ont toujours nié avoir participé à la pose d'un fer à béton, retrouvé plus tard sur la caténaire. Tordu en forme de crochet, il avait causé d'importants dégâts matériels au premier TGV du matin, et fortement perturbé le trafic. 

Outre les faits de Dhuisy, le Parquet imputait à Julien Coupat, qui a effectué un peu plus de six mois de détention provisoire jusqu'en mai 2009, une participation à un autre sabotage du TGV Est, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2008 à Vigny (Moselle). Le Parquet de Paris a également fait appel d'un non lieu partiel prononcé par le juge pour ce volet  de l'affaire. Il considère que "ces faits sont constitués", a-t-on précisé à Reuters de même source.Le dossier Tarnac est désormais renvoyé devant la chambre de l'instruction.

Un numéro de duettistes

Dans un premier temps
, la juge a déqualifié la charge de terrorisme, en sorte que
la Cour d'Appel cautionne sa décision qui vide le dossier de l'essentiel.

Dans un second temps, le tribunal correctionnel prend le relais et finit le travail en jugeant  - avec les apparences du respect du droit - que les ex-terroristes ne sont que des étudiants attardés et des intellectuels inconscients ayant agi sans intention de nuire.


Au final, Christiane Taubira ne sera pas mécontente du tour joué à l'opinion. La comédie de justice aura bien été une mascarade.


 

vendredi 8 mai 2015

"L'esprit Charlie", une imposture, selon Emmanuel Todd

"Qui est Charlie?" Cinq citations pour comprendre le livre controversé d'Emmanuel Todd 

L'anthropologue revient sur les événements qui ont suivi les attentats islamistes de Paris
L'anthropologue Emmanuel Todd publie "Qui est Charlie ?" (Seuil), une étude sociologique sur les manifestants du 11 janvier 2015.
dans son dernier essai "Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse" (Seuil) pour y dénoncer “l’imposture” des manifestations.

"Nous savons désormais, avec le recul du temps, que la France a vécu en janvier 2015 un accès d’hystérie." Quatre mois après les manifestations du 11 janvier, qui ont réuni plus de quatre millions de Français, l'anthropologue et historien Emmanuel Todd partage sa vision de la 'France de Charlie'. Dans Qui est Charlie ? Sociologie d'une crise religieuse, publié le 7 mai, il analyse les fondements de "l’hystérie collective" et du "flash totalitaire" qui ont caractérisé, selon lui, les rassemblements qui ont suivi les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher.

A l’aide de cartes et de statistiques, Emmanuel Todd décortique les origines sociales des manifestants, et s'efforce de percer leurs motivations, une méthode aussitôt critiquée par le géo-politicien Jacques Lévy ou le démographe François Héran, dans Libération. Les manifestants, pris individuellement, "avaient de bonnes têtes, étaient sympas, ne disaient rien d'horrible"explique l'auteur. Mais en défendant les caricatures de Mahomet, ils auraient fait preuve d'islamophobie et de repli sur soi.


Cinq citations permettent de comprendre, étape par étape, le cheminement de sa vision.

1- La perte d'influence du catholicisme a laissé un grand vide

La citation : "Le basculement de la France dans l'incroyance généralisée (...) pose des problèmes d'équilibre psychologique et politique à la population." 

Explication : La France de 2015 est "un pays de sceptiques". Selon Emmanuel Todd, l'effondrement du catholicisme a provoqué une perte de sens en France. Pour expliquer ce phénomène, l'auteur remonte aux années 1960. A cette époque, la France vit une période de "déchristianisation" qui s'illustre en partie par une baisse de la fréquentation des églises et par l'augmentation du nombre d'enfants nés hors mariage. La religion catholique servait d'unité et de socle de valeurs communes entre les Français, souligne l'auteur. Sa disparition a provoqué un "vide existentiel" dans la population. 

2- Ce vide doit être comblé par un bouc émissaire : l'islam

La citation : "L’athéisme est générateur d’angoisse, la population de l’Hexagone est en risque métaphysique et donc à la recherche d’un adversaire structurant, d’une cible : l’islam.

Explication : Les pancartes brandies le 11 janvier en faveur de la liberté d'expression ou contre l'intégrisme religieux masquent une autre motivation plus implicite : l'islamophobie. "L'esprit Charlie" que Valls et Hollande veulent entretenir est-il en fait islamophobe ? 
En défendant le droit de caricaturer Mahomet, en demandant que l'Etat "sacralise une image de Mahomet en forme de bite" (selon Emmanuel Todd), les manifestants ont voulu écarter les musulmans de la République. Ce serait d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles Barack Hussein Obama n'a pas fait le déplacement de Paris. 
Pour l'auteur, le rassemblement du 11 janvier n'est pas égalitaire ni universel, comme il le prétend, puisque la demande des libertaires du droit de blasphémer le "personnage emblématique" d'une"religion minoritaire et opprimée" est, pour l'auteur, un moyen d'affirmer "sa domination et son droit de cracher sur la religion des faibles." Si tant est que les auteurs d'enlèvements, d'égorgements et de tueries soient des faibles sans défense.

3- Cette islamophobie est portée par les relents des valeurs du catholicisme

La citation : "Ce qui a marché en tête des manifestations, ce n’était pas la vieille laïcité, mais une mutation des forces qui avaient autrefois soutenu l'Eglise catholique, c’est le catholicisme zombie." 

Explication : Toute la France n'a pas manifesté le 11 janvier. Emmanuel Todd rappelle que "seuls" 4 millions de Français sur 65 millions sont descendus dans les rues après l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo. A l'aide de cartes répertoriant les régions les plus mobilisées lors des manifestations et de données socioprofessionnelles de l'Insee, le démographe dresse le profil type du manifestant: un cadre supérieur appartenant à la classe moyenne supérieure, un bourgeois "catholique zombie" de gauche. Si Todd dénonce la supposée islamophobie larvée du moment, c'est en fait pour stigmatiser notre civilisation judéo-chrétienne composite, faite de bourgeois  privilégiés et d'intellos, qu'ils soient Chrétiens, athées ou libre-penseurs.

Pour l'auteur, cette étrange expression de "catholicisme zombie" est l'empreinte des valeurs catholiques chez les individus, parmi lesquelles il mentionne la hiérarchie, l'obéissance et l'inégalité. A travers deux cartes, il montre que les régions les plus marquées par le catholicisme – la Bretagne, Rhône-Alpes (mais alors les Chrétiens, s'il ne faisait pas l'amalgame catholiques/protestants), l'Ile-de-France – sont aussi les régions qui se sont le plus mobilisées le 11 janvier au nom de la laïcité et de la liberté d'expression. Et en effet, la région PACA ne s'est guère sentie concernée par le massacre de 12 libertaires au siège de Charlie hebdo et de 5 Juifs au magasin casher. Vauzelle (PS) s'est d'ailleurs dit "fier d'être président de la plus grande région musulmane".

Emmanuel Todd souligne le paradoxe, puisque ces mêmes régions étiquetées "catholiques zombies" sont celles qui ont été les plus réfractaires à la Révolution de 1789, qui ont le plus soutenu l'Eglise catholique, qui se sont opposées à la laïcité, qui ont été le plus anti-dreyfusardes à la fin du XIXe siècle. Les Français sont donc plus profondément et intimement catholiques qu'il n'y paraît, lors des pointages (statistiques autorisées) aux sorties des églises. En somme, la France, république laïque et terre d'immigration, serait restée imperméable aux courants révolutionnaire et islamique. Et c'est dérangeant ? 
Todd est saisi d'un doute sur notre modèle d'organisation nationale qui permettait jusqu'ici d'assurer une cohérence dans une grande diversité. L'intrusion islamique -et en l'occurrence, islamiste- perturbe à la fois ce modèle et Todd: la conquête ne se passe pas sans résistance et sans heurts, insidieusement, comme il voudrait. Mais n'est-ce pas la méthode musulmane qui est en cause ?

Allié à l'islamophobie nouvelle, comme à l'antisémitisme dont les Français sont déjà si souvent accusés depuis des lustres, cet héritage culturel forme donc une "néo-République", un mélange de laïcité et d'acceptation des inégalités prôné par une partie de la France, à majorité socialiste, dont les manifestants faisaient partie, du point de vue d'Emmanuel Todd, au travers de son prisme marxisant.

4- Les "Charlie" favorisent aussi l'antisémitisme

La citation : "Il est clair qu'assassiner des enfants ou des hommes, simplement parce qu'ils sont juifs, est plus ignoble que de massacrer une rédaction engagée dans un combat."

Explication : Selon Emmanuel Todd, Charlie est donc athée, mais imprégné de culture catholique (et non plus "judéo"-chrétienne ?), à la façon de l'ado qui veut tuer le père pour exister, islamophobe refoulé, artisan des inégalités. 
Pire, la manifestation aurait directement favorisé la montée de l'antisémitisme dans les communautés noire et arabe de confession musulmane. Dans un entretien au journal Libération, le démographe développe son raisonnement : "C’est logique, la montée d’une passion religieuse islamophobe (...) ne peut que raviver, inévitablement, toutes les passions religieuses et finalement cibler la religion des autres minorités, conduire donc à l’antisémitisme. C’est ce qui se passe.
Malgré l'apparente compassion, au-delà des signaux sans portée et des propos creux de circonstance, les virevoltes de l'exécutif ne réalise pas la synthèse et brouillent les bonnes intentions plaquées : en voulant donner des gages aux Juifs et aux anarcho-révolutionnaires qui meurent sous les tirs de kalachnikov, mais aussi aux Chrétiens dont les églises sont profanées, sans condamner, ni même responsabiliser, les cadres du culte musulman, le pouvoir socialiste entretient la confusion. Soumise au dogme de la laïcité, la gauche est, dans tous les cas de figure, désarmée, que ce soit face à la montée de l'islam ou de l'islamophobie, dont les populations chrétienne et juive pâtissent profondément, puisque porteuses de l'ADN contraire.

Même si Emmanuel Todd rappelle que les manifestants sont individuellement de "bons gars", il suggère que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Le chercheur affirme que les #JeSuisCharlie sont passés à côté des vrais enjeux des attentats contre Charlie Hebdo : "Les manifestants ne sont plus réunis pour dénoncer ce qu'il y avait de plus grave, l'antisémitisme [les attentats de l'Hyper Casher, les tueries perpétrées par Mohamed Merah] et le danger croissant auquel une religion minoritaire, le judaïsme, doit faire face, car tout baigne pour les chrétiens (fusse dans le sang du Proche Orient) mais pour sacraliser la violence idéologique faite à une autre religion minoritaire : l'islam.
Pour l'auteur anti-sionniste et pro-palestinien, Charlie a réussi "au terme d'une gigantesque partie de billard sociologique, à mettre en danger les Français juifs en menaçant les Français musulmans." Ainsi, en dépit des réactions de musulmans hostiles qui ont saccagé des églises, partout à travers  le monde musulman, les Chrétiens restent un détail de l'Histoire, selon Todd. Contre l'incroyance et au nom de l'égalité sociale, il suggère la solution musulmane comme alternative au catholicisme en voie d'extinction...

5- Les manifestations ont fait le jeu du Front national

La citation : "Cette classe moyenne confite de bonne conscience qui a, par son égoïsme et son mépris, autorisé le pourrissement au bas de la société française et qui persiste, jour après jour, à condamner des catégories entières à la relégation sociale dans laquelle elles auront tout loisir de recuire leur frustration et leur rage."

Explication : Pour Emmanuel Todd, l'unification de "la France d'en haut" par l'immobilisme supposé face à l'antisémitisme et son "phobisme religieux" vis-à-vis de l'islam, et l'exclusion d'une partie de la population (ouvriers, habitants des banlieues) lors des manifestations, comme si une quelconque tranche avait été chassés des rues, singulièrement dans les quartiers, ont accentué le pouvoir de l'extrême droite et "ouvert les vannes à une nouvelle poussée du FN." Le chercheur serait plus crédible si ce fameux 11 janvier, il avait quitté son bureau et sa télé. Malgré l'âge, le sexagénaire n'a toujours pas tué le père et reste soumis à l'idéologie de son adolescence comme à son propre héritage culturel. 

Au premier rang lors de la marche du 11 janvier, François Hollande incarne, pour Emmanuel Todd, cette "gauche catholique zombie" qui a renoncé à défendre les inégalités et qui favorise la montée du FN.

Quand l'idéologie brouille l'esprit, est-on crédible et un chercheur fiable ?
En rapprochant les origines sociales et géographiques du président – né à Rouen d'un médecin catholique d'extrême droite et fils d'une assistante sociale de gauche – et ses choix politiques (la monnaie unique, "l'acceptation" d'un taux de chômage à 10%...), Emmanuel Todd explique que François Hollande incarne une gauche "xénophobe objective", une gauche qui n'est pas consciente d'être xénophobe. 
Guidée par des valeurs autoritaires héritées du catholicisme, "hiérarchie, obéissance, matriarcat" -on tombe dans la caricature au trait épais-, cette gauche ferait ainsi le jeu du FN. Rappelons qu'Emmanuel Todd avait appelé à voter pour François Hollande en 2012.
Encore un déçu, avec l'aigreur en sus...