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lundi 23 avril 2018

Manifeste "contre le nouvel antisémitisme"

Quinze personnalités prennent la plume pour dénoncer la menace antisémitisme 

Libération condamne "un virulent manifeste"...

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Ce manifeste, à l'initiative de Philippe Val et que publie 'Le Parisien-Aujourd’hui en France Dimanche', réunit plus de 250 signataires. Parmi eux, trois anciens Premiers ministres, des élus, des intellectuels, des artistes, toutes et tous "virulents" ?…

Dans un livre à paraître mercredi chez Albin Michel*, quinze intellectuels prennent la plume pour dénoncer le poison de l’antisémitisme. L’ouvrage, préfacé par la philosophe Elisabeth de Fontenay, est écrit avec l’énergie de la colère. Une colère qui prend aujourd’hui la forme d’un manifeste qu’ Aujourd’hui en France Dimanche  a décidé de publier. 
Elle se développe depuis la mort de Sarah Halimi, Parisienne de 65 ans défenestrée après avoir été rouée de coups le 4 avril 2017. La justice a mis plus de dix mois à reconnaître la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Le 23 mars, moins d’un an plus tard, dans le même arrondissement, au cœur de la capitale, l’assassinat de Mireille Knoll, 85 ans, ravivait l’émotion et l’indignation nées de l’affaire Halimi. L’enquête est en cours.

Plus de 250 signataires ont répondu à l’appel rédigé par un collectif, dont Philippe Val, l’ancien directeur de 'Charlie Hebdo'. Parmi eux, trois anciens Premiers ministres, des élus de tous bords, des représentants des différentes religions, des intellectuels, des artistes…

"Cette terreur se répand"

Résultat de recherche d'images pour "contre le nouvel antisémitisme""L’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous. Les Français, dont on a mesuré la maturité démocratique après chaque attentat islamiste [surprenant amalgame], vivent un paradoxe tragique. Leur pays est devenu le théâtre d’un antisémitisme meurtrier. Cette terreur se répand, provoquant à la fois la condamnation populaire et un silence médiatique [déconnectée pour cause d'idéologie altermondialiste] que la récente marche blanche a contribué à rompre.

Lorsqu’un Premier ministre, à la tribune de l’Assemblée nationale, déclare, sous les applaudissements de tout le pays, que la France sans les Juifs, ce n’est plus la France, il ne s’agit pas d’une belle phrase consolatrice, mais d’un avertissement solennel : notre histoire européenne, et singulièrement française, pour des raisons géographiques, religieuses, philosophiques, juridiques, est profondément liée à des cultures diverses parmi lesquelles la pensée juive est déterminante. Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés - et certains torturés - parce que Juifs, par des islamistes radicaux.

"Une épuration ethnique à bas bruit"

Pourtant, la dénonciation de l’islamophobie - qui n’est pas le racisme anti-Arabe à combattre - dissimule les chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. 10 % des citoyens juifs d’Ile-de-France - c’est-à-dire environ 50.000 personnes - ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau.

Pourquoi ce silence ? Parce que la radicalisation islamiste - et l’antisémitisme qu’il véhicule - est considérée exclusivement par une partie des élites [intellectuelles] françaises comme l’expression d’une révolte sociale [vision marxiste prévalant dans les universités et l'école], alors que le même phénomène s’observe dans des sociétés aussi différentes que le Danemark, l’Afghanistan, le Mali ou l’Allemagne… Parce qu’au vieil antisémitisme de l’extrême droite, s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des Juifs en victimes de la société. Parce que la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif.

"Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie"

Or, à la marche blanche pour Mireille Knoll, il y avait des imams conscients que l’antisémitisme musulman est la plus grande menace qui pèse sur l’islam du XXIème siècle et sur le monde de paix et de liberté dans lequel ils ont choisi de vivre. Ils sont, pour la plupart, sous protection policière, ce qui en dit long sur la terreur que font régner les islamistes sur les musulmans de France.

En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Nous attendons de l’islam de France qu’il ouvre la voie. Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France."

La liste des signataires
Charles Aznavour ; Françoise Hardy ; Pierre Arditi ; Elisabeth Badinter ; Michel Drucker ; Sibyle Veil ; François Pinault ; Eric-Emmanuel Schmitt ; Marceline Loridan-Ivens ; Radu Mihaileanu ; Elisabeth de Fontenay ; Nicolas Sarkozy ; Pascal Bruckner ; Laure Adler ; Bertrand Delanoë ; Manuel Valls ; Michel Jonasz ; Xavier Niel ; Jean-Pierre Raffarin ; Gérard Depardieu ; Renaud ; Pierre Lescure ; Francis Esménard ; Mgr Joseph Doré ; Grand Rabbin Haïm Korsia ; Imam Hassen Chalghoumi ; Carla Bruni ; Boualem Sansal ; Imam Aliou Gassama ; Annette Wieviorka ; Gérard Darmon ; Antoine Compagnon ; Mofti Mohamed ali Kacim ; Bernard Cazeneuve ; Bernard-Henri Lévy ; Philippe Val ; Zabou Breitman ; Waleed al-Husseini ; Yann Moix ; Xavier De Gaulle ; Joann Sfar ; Julia Kristeva ; François Berléand ; Olivier Guez ; Jeannette Bougrab ; Marc-Olivier Fogiel ; Luc Ferry ; Laurent Wauquiez ; Dominique Schnapper ; Daniel Mesguich ; Laurent Bouvet ; Pierre-André Taguieff ; Jacques Vendroux ; Georges Bensoussan ; Christian Estrosi ; Brice Couturier ; Imam Bouna Diakhaby ; Eric Ciotti ; Jean Glavany ; Maurice Lévy ; Jean-Claude Casanova ; Jean-Robert Pitte ; Jean-Luc Hees ; Alain Finkielkraut ; Père Patrick Desbois ; Aurore Bergé ; François Heilbronn ; Eliette Abécassis ; Bernard de la Villardière ; Richard Ducousset ; Juliette Méadel ; Daniel Leconte ; Jean Birenbaum ; Richard Malka ; Aldo Naouri ; Guillaume Dervieux ; Maurice Bartelemy ; Ilana Cicurel ; Yoann Lemaire ; Michel Gad Wolkowicz ; Olivier Rolin ; Dominique Perben ; Christine Jordis ; David Khayat ; Alexandre Devecchio ; Gilles Clavreul ; Jean-Paul Scarpitta ; Monette Vacquin ; Christine Orban ; Habib Meyer ; Chantal Delsol ; Vadim Sher ; Françoise Bernard ; Frédéric Encel ; Christiane Rancé ; Noémie Halioua ; Jean-Pierre Winter ; Jean-Paul Brighelli ; Marc-Alain Ouaknin ; Stephane Barsacq ; Pascal Fioretto ; Olivier Orban ; Stéphane Simon ; Laurent Munnich ; Ivan Rioufol ; Fabrice d’Almeida ; Dany Jucaud ; Olivia Grégoire ; Elise Fagjeles ; Brigitte-Fanny Cohen ; Yaël Mellul ; Lise Bouvet ; Frédéric Dumoulin ; Muriel Beyer ; André Bercoff ; Aliza Jabes ; Jean-Claude Zylberstein ; Natacha Vitrat ; Paul Aidana ; Imam Karim ; Alexandra Laignel-Lavastine ; Lydia Guirous ; Rivon Krygier ; Muriel Attal ; Serge Hefez ; Céline Pina ; Alain Kleinmann ; Marie Ibn Arabi-Blondel ; Michael Prazan ; Jean-François Rabain ; Ruth Aboulkheir ; Daniel Brun ; Paul Aidane ; Marielle David ; Catherine Kintzler ; Michèle Anahory ; Lionel Naccache ; François Ardeven ; Thibault Moreau ; Marianne Rabain-Lebovici ; Nadège Puljak ; Régine Waintrater ; Michèle Anahory ; Aude Weill-Raynal ; André Aboulkheir ; Elsa Chaudun ; Patrick Bantman ; Ruben Rabinovicth ; Claire Brière-Blanchet ; Ghislaine Guerry ; Jean-Jacques Moscovitz ; André Zagury ; François Ardeven ; Estelle Kulich ; Annette Becker ; Lilianne Lamantowicz ; Ruth Aboulkheir ; Christine Loterman ; Adrien Barrot ; Talila Guteville ; Florence Ben Sadoun ; Michèle Anahory ; Paul Zawadzki ; Serge Perrot ; Patrick Guyomard ; Marc Nacht ; André Aboulkheir ; Laurence Bantman ; Josiane Sberro ; Anne-Sophie Nogaret ; Lucile Gellman ; Alain Bentolila ; Janine Atlounian ; Claude Birman ; Danielle Cohen-Levinas ; Laurence Picard ; Sabrina Volcot-Freeman ; Gérard Bensussan ; Françoise-Anne Menager ; Yann Padova ; Evelyne Chauvet ; Yves Mamou ; Naem Bestandji ; Marc Knobel ; Nidra Poller ; Brigitte-Fanny Cohen ; Joelle Blumberg ; Catherine Rozenberg ; André Aboulkheir ; Caroline Bray-Goyon ; Michel Tauber ; André Zagury ; Laura Bruhl ; Eliane Dagane ; Paul Zawadzki ; Michel Bouleau ; Marc Zerbib ; Catherine Chalier ; Jasmine Getz ; Marie-Laure Dimon ; Marion Blumen ; Simone Wiener ; François Cahen ; Richard Metz ; Daniel Draï ; Jacqueline Costa-Lascoux ; Stéphane Lévy ; Arthur Joffe ; Antoine Molleron ; Liliane Kandel ; Stéphane Dugowson ; David Duquesne ; Marc Cohen ; Michèle Lévy-Soussan ; Frédéric Haziza ; Martine Dugowson ; Jonathan Cohen ; Damien Le Guay ; Patrick Loterman ; Mohamed Guerroumi ; Wladi Mamane ; William de Carvalho ; Brigitte Paszt ; Séverine Camus ; Solange Repleski ; André Perrin ; Sylvie Mehaudel ; Jean-Pierre Obin ; Yael Mellul ; Sophie Nizard ; Richard Prasquier ; Patricia Sitruk ; Renée Fregosi ; Jean-Jacques Rassial ; Karina Obadia ; Jean-Louis Repelski ; Edith Ochs ; Jacob Rogozinski ; Roger Fajnzylberg ; Marie-Helène Routisseau ; Philippe Ruszniewski ; André Senik ; Jean-François Solal ; Paule Steiner ; Jean-Benjamin Stora ; Anne Szulmajster ; Maud Tabachnik ; Daniel Tchenio ; Julien Trokiner ; Fatiha Boyer ; Cosimo Trono ; Henri Vacquin ; Caroline Valentin ; Alain Zaksas ; Slim Moussa ; Jacques Wrobel ; Roland Gori ; Nader Alami ; Céline Zins ; Richard Dell’Agnola ; Patrick Beaudouin ; Barbara Lefebvre ; Jacques Tarnéro ; Georges-Elia Sarfat ; Lise Boëll ; Jacques Wrobel ; Bernard Golse ; Céline Boulay-Esperonnier ; Anne Brandy ; Imam Karim ; Sammy Ghozlan.
(liste ouverte)
On cherche en vain un certain nombre de signatures, dont celle de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Après cette tribune, une certaine élite fielleuse persiste à amalgamer la lutte pour les juifs à une composante du combat identitaire français, avec la volonté inchangée de stigmatiser et d'exclure. 

C'est ainsi le cas du véhément Claude Askolovitch sur un texte " glaçant", "terrifiant" et "horrible" 
Résultat de recherche d'images pour "dessin antisémitisme antisionisme"
"que tant de personnes signent, que pour beaucoup je ne peux qu’estimer," dénonçant une "idéologie française", des mensonges "induits"et " une mise en accusation des musulmans de ce pays." Craintif de l'expansion de l'islamisation, le pleutre s'indigne que soit "étalonnée la souffrance juive à l’aune d’une supposée quiétude musulmane"...

L'antisioniste concède que sa posture est plus qu'ambiguë :
"Comment ne pas rejoindre un texte contre l’antisémitisme, quand depuis les années 2000, des juifs [majuscule ?] ont subi la violence et l’opprobre? Comment ne pas saluer un texte qui se scandalise du départ de juifs [toujours pas de respect] de quartiers populaires vers des havres plus apaisés, de Garges vers Sarcelles, de la France vers Israël?" Un nouvel exode qui renforcerait Israël embarrasse l'individu. 

Askolovitch s'offusque de la publication de chiffres 
cruels : "Les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans". Cette phrase est, selon lui, "attirante et dévastatrice. Elle fait de la lutte pour les juifs [idem] une composante du combat identitaire français, et cette identité exclut," conclut-il, sombrant volontiers dans un amalgame mêlant "de grands bourgeois humanistes, des politiques de gauche ou qui croient l’être encore, un ancien président qui troqua le libéralisme pour l’identitarisme, un chef de parti en glissade vers l’extrême droite, des journalistes de la même eau. " Que de mépris !

Les voix comme celle d'Askolovitch rejettent d'ailleurs ce syllogisme : 
la France, sans les juifs, n'est pas elle-même. Les juifs sont les victimes de musulmans [ou sectaires pro-musulmans]. La France, par ces musulmans radicalisés, est menacée dans son identité.

Le journaliste reste figé dans sa posture et lance ce terrible défi cynique :
"Pense-t-on que ces bêtises vont dissuader un seul antisémite, un seul bourreau ?"

mardi 19 avril 2016

"Tout le monde s’en fout de 'Nuit debout'", souligne Alain Finkielkraut

Alain Finkielkraut, Nuit debout et le fascisme des antifascistes

Le philosophe Alain Finkielkraut revient sur les insultes qu'il a reçues de la foule des abrutis anonymes de la 'Nuit debout'


"Le mouvement Nuit debout est-il vraiment démocratique ?"
s'interroge francetvinfo
Ces incultes l'ont traité de "facho" en crachant sur lui, le 16 avril, en pleine Place de la République, lieu symbolique s'il en est. A propos de sa tribune publiée par Le Figaro mardi 19 avril, Le Monde parle d'"écrivain" et de simple "altercation"... Pour francetvinfo.fr, service de la chaîne publique, écrit: "l'académicien a été prié [sic] de quitter la place de la République, samedi soir, et dénonce depuis les dérives du mouvement" et précise "le philosophe est parti sous les insultes et les huées, mais pas avant d'avoir perdu son sang froid." Match nul. Très nul.

Le Monde rapporte à sa façon -édulcorée, banalisante et irresponsable
  - que l''académicien explique y avoir écouté "deux réquisitoires de cinq minutes chacun", puis avoir "déambulé entre les stands", avec un arrêt devant un atelier consacré à la cause animale. Il raconte ensuite avoir été pris à partie par quelques individus, toujours selon l'organe officieux du PS, avant d’être exfiltré du rassemblement "citoyen" par le service d'ordre. Ce mouvement spontané et sans tête est donc visiblement plus organisé qu'il y paraît.

"On célèbre l’Autre, mais on proscrit l’altérité"

Puis vient l’analyse. L’académicien est catégorique : "On est entre soi à Nuit debout. Sur cette prétendue agora, on célèbre l’Autre, mais on proscrit l’altérité. Le Même discute fiévreusement avec le Même."

Sans concession, il termine par comparer la Nuit debout au mouvement des Veilleurs apparu en 2013 pour protester contre la loi Taubira sur le mariage homosexuel, pour qui il dit ne pas avoir de "sympathie particulière" :
« Tout le monde s’en fout, de Nuit debout. Tout le monde, sauf les médias qui cherchent éperdument dans ce rendez-vous quotidien un renouveau de la politique et lui accordent une importance démesurée. Quel contraste avec les Veilleurs, ces manifestants nocturnes contre la filiation pour tous et la gestation pour autrui !
 Ca, c'est la version du journal Le Monde.

"Ma réponse à ceux qui m'ont expulsé de Nuit debout": la version officielle

Le citoyen français de confession juive raconte l'agression verbale et les menaces dont il a été l'objet place de la République samedi soir et analyse ce qui se déroule là-bas.
"Intrigué par tout ce que je lisais dans la presse sur le mouvement Nuit debout, j'ai voulu juger par moi-même. Je suis donc allé samedi soir place de la République, à Paris. A peine arrivé, j'ai été interpellé par un homme qui semblait avoir mon âge: «On va voir le petit peuple, quelle décadence!» Mon épouse, interloquée, l'a fusillé du regard. En réponse, il nous a tiré la langue, puis nous a ostensiblement tourné le dos. Refusant de nous laisser décourager par cet accueil, nous avons poursuivi notre chemin jusqu'à l'assemblée générale. Au moment d'y accéder, un jeune homme m'a dit, le regard noir et le visage fermé: «On n'a pas besoin de vous ici.» J'ai répondu que c'était moi qui avais besoin de voir et de savoir. Nous avons écouté deux réquisitoires de cinq minutes chacun - car telle est la règle, plus draconienne encore que dans les talk-shows télévisés - contre la société de consommation, et contre le capitalisme. Puis nous avons déambulé entre ..."

Mais, sans aucune pudeur, ne serait-ce que déontologique, sur un sujet aussi grave, et pour le coup historique - à la différence de Nuit Debout - marquant un recul des libertés et des droits de l'Homme, Le Figaro réclame des sous contre une information aussi essentielle... Comme les petits pois et malgré les subventions d'Etat (quand moins de 50% des Français sont des contribuables solidaires) ou la pub que nous payons une première fois à la source de la grande distribution, cette information est aussi un produit soumis au buzz. Le lecteur devra se reporter au récit de PaSiDupes lien 1 et lien 2: le pluralisme de l'information a encore du chemin à parcourir, en fait, une course d'obstacles par-dessus les abonnements et les interdits du blocage de la pub mercantile, elle-aussi. Il n'est plus de produits nobles.


Cette expulsion infâmante est révélatrice de l'état d'esprit sectaire de la gauche radicale.


"Pour ceux qui ont regardé les vidéos sur internet, la scène était insoutenable" aux humanistes,
sauf donc pour Le Monde et Libération qui s'y prend à deux fois pour réviser son point de vue.

Le fils de Sophie Bouchet-Peterson, une bourgeoise passée par la LCR, conseillère spéciale de Ségolène Royal, la candidate de la gauche battue en 2007, et actuellement chargée de mission pour ses relations, le fils à sa maman se déclare juste un peu "mal à l'aise" face à cette "scène d’intolérance primaire", avant d'expliquer que Finkielkraut est un "polémiste réactionnaire", une "tête à clash" et accuse le penseur de naïveté, à la limite de la provocation pour s'être promené dans l'espace public squatté par des énergumènes.
Le jeune journaliste bobo dénonce l'usage qui "en est fait, à droite et à l’extrême droite", bien qu'elles n'aient rien demandé! Et de verser dans l'accusation franche et odieuse: "Finkielkraut lui-même affirmant quelques minutes après sa sortie chahutée [sic] : «On a voulu purifier la place de ma présence.» "Rien que ça, se gausse le petit bourgeois bien pensant. Jugeant ensuite qu’il se serait fait lyncher sans l’intervention de quelques personnes." La belle affaire, en effet !...
Et le réquisitoire à charge se poursuit. "Il n’a toutefois pas hésité, en retour, à balancer lui aussi des «fascistes» à ses contempteurs," note le journaleux par protection, indépendant et pas sectaire. Ni antisémite. Il concède enfin que Finkielkraut, "dont les idées ne sont évidemment pas [sic] celles des participants de Nuit debout, avait pleinement le droit de se pointer sans bristol [connotation classieuse de socialiste nanti] à République, en simple spectateur.
Jonathan Bouchet-Petersen justifie les réactions antisémites de l'extrême gauche rassemblée en dénonçant la liberté de mouvements du philosophe "suffisamment lucide pour anticiper les réactions que sa présence à Nuit debout ne pouvait que susciter"...
Alors, l'illustre Laurent Mouchard-Joffrin a dû sortir de sa réserve pour noyer le poisson. Le directeur de la publication de Libération s'en prend d'abord aux "quelques dizaines de béotiens excités qui ont insulté Alain Finkielkraut samedi soir sur la place de la République, ou qui lui ont craché dessus  [ça, c'est fait... pour se dédouaner de toute], au motif noble qu' "ils n’imaginent pas le service qu’ils ont rendu aux adversaires de Nuit debout."
Un éditorial qui s'engage d'emblée sur les rails de garage du parti-pris et de la polémique. Représentent-ils le mouvement, comme le clame une bonne partie de la droite ? s'interroge le chroniqueur de métier suggérant que les Nuit Debout, comme les jeunes contre la loi Valls de réforme du droit du Travail, ont aussi leurs "casseurs", "en marge"! "Sans doute non," hésite le manipulateur des faits. Le philosophe, pendant ce court mais symbolique incident [sic], a été accompagné [?] et protégé par un service d’ordre improvisé [le visiteur indésirable était-il ou non "accompagné"?]. Sur les réseaux sociaux, beaucoup de partisans du mouvement ont condamné l’expulsion honteuse de samedi. Tout partisan sensé de cette expérience nouvelle doit dire [le journaliste est-il moralisateur ou kapo ?] : «Je me désolidarise sans nuances de ce comportement.»
Mais dans la foulée, le fourbe partage l'intolérance ambiante: "C’est un fait que les idées constamment défendues dans ses livres et dans tous les studios par Alain Finkielkraut choquent une partie de l’opinion et, a fortiori, les militants de Nuit debout. Rien d’étonnant, au fond,
comme l’a indiqué notre journaliste ­Jonathan Bouchet-Petersen sur notre site.

Mais justement. Qu’est ce que la démocratie – que les militants de Nuit debout veulent rénover et porter plus loin – sinon la capacité à accepter le dissensus, à protéger l’expression des idées différentes, à tolérer, interroge le pédant professeur, dès lors qu’on reste dans le cadre des lois, les opinions adverses, seraient-elles provocantes ou bien outrageantes ? [...] Quand on passe aux insultes, aux crachats, c’est qu’on est à court [ou démuni] d’arguments. Ou bien c’est qu’on s’en remet aux rapports de force plus qu’à la force de l’intelligence. Aveu de faiblesse intel­lectuelle. Nous sommes d’autant plus à l’aise pour rappeler ces principes élémentaires [mais théoriques] que nous n’avons pas ménagé Alain Finkielkraut dans Libération…

Du coup, on entend d’ici le réquisitoire des anti-Nuit debout, servi sur un plateau par sa frange irresponsable, dénonce le donneur de leçons. Ainsi, sur la place de la République – la place des citoyens – [mais squattée et privatisée: zone de non droit], certains sont indésirables parce qu’ils pensent mal [selon l'idéologie dominante et totalitaire]. Ainsi, alors que les sectaires de tout poil s’efforcent en général d’édicter une interdiction de parole contre leurs adversaires, on [le 'citoyen' exemplaire] vient d’inventer une prohibition supplémentaire : l’interdiction d’écouter [mais aussi de circuler dans l'espace public: l'esprit "zadiste" des anti-aéroport de Notre-Dame-des-Landes !]. Ainsi, sous la devise «liberté-égalité-fraternité», on vient de restreindre la liberté, de proclamer que certains, pour cause de déviance [à expliciter], sont moins égaux que d’autres, et de
remplacer la fraternité par un crachat. Certains disent ou diront [mais Mouchard-Joffrin n'est pas de ceux-là] que le philosophe a tout loisir de disserter dans les médias et qu’il exerce de fait un magistère télévisuel qui devrait lui suffire. [restriction de la liberté d'expression: ghettoïsation des penseurs? C'est un journaliste qui fixe les limites aux libertés]
Mais, outre qu’il n’a pas demandé à parler ce soir-là, le mouvement Nuit debout n’a-t-il pas bénéficié d’une bienveillance médiatique qui va bien au-delà de son importance numérique ? Dans une majorité de médias – à commencer par Libération qui s’est efforcé encore ce week-end de rendre compte au long
des débats tenus dans ces assemblées – [faut-il se sentir à ce point "m*rdeux" pour tenter de se justifier encore une fois?], le mouvement a été présenté, à juste titre [auto-justification...], comme un signe positif de repolitisation civique.
S’il s’agit à l’inverse d’une repolitisation sectaire, elle ne fera pas long feu et s’effilochera, comme souvent, dans les invectives et la confusion [la haine aussi]. On aurait voulu discréditer un mouvement positif mais fragile qu’on ne s’y serait pas pris autrement.
Le Mouchard s'en frotte les mains, avec le pouvoir socialiste. 
Mathieu Bock-Côté  est moins ambigu

Alors qu'il se rendait place de la République pour observer directement, sans filtre médiatique, les manifestants rassemblés dans Nuit Debout,  écrit ce docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et spécialiste du multiculturalisme et des mutations de la démocratie contemporaine), le philosophe Alain Finkielkraut a été agressé par des petites brutes se considérant probablement comme l'avant-garde de la révolution, les gardiens de la tolérance et les promoteurs admirables d'une démocratie enfin délivrée de sa pudeur libérale. Car, à ce qu'on dit, à Nuit Debout, on réinvente la citoyenneté.

On pourrait n'y voir qu'un fait divers [ce que font Le Figaro ou Libération]. Mais on aurait tort. Car cette expulsion est terriblement révélatrice d'un état d'esprit sectaire étrangement encensé par les médias qui aiment bien jouer à la révolution de la jeunesse. «Bien fait pour sa gueule». «Qui sème le vent récolte la tempête». Ces formules souvent reprises sur les médias sociaux nous rappelaient l'incroyable capacité de la gauche radicale à culpabiliser les victimes et à victimiser les coupables, pour ne jamais sortir de ses schèmes idéologiques confortables. Alain Finkielkraut est par nature un vilain, et il ne sera jamais autre chose.

En se présentant dans un espace public censé mettre en scène une démocratie améliorée, Alain Finkielkraut se serait livré à une odieuse provocation, pour créer le buzz médiatique autour de sa personne. C'est un stratège rusé qui se serait présenté Place de la République pour se faire cracher dessus, se faire traiter de fasciste et ainsi donner une mauvaise image au mouvement citoyen. Et puisque Finkielkraut, excédé, finira par répondre à une femme qui l'invectivait ardemment, on présentera finalement sa brutalisation comme une simple échauffourée entre excités idéologiques.


Finkielkraut a été chassé d'un espace public confisqué par une faction idéologique qui se prend pour le peuple en marche qui distingue ceux qui y sont les bienvenus et ceux qui ne le sont pas. [discrimination au faciès?]
Les militants les plus engagés de Nuit Debout n'acceptent pas dans leur vision de la démocratie la possibilité même du désaccord idéologique. Ils savent à l'avance quelles positions sont respectables et lesquelles ne le sont pas. Un des plus grands philosophes français n'était pas le bienvenu comme un simple témoin dans le peuple militant.

Nuit Debout veut réinventer la démocratie en renouvelant en profondeur le débat public, en le délivrant de ses entraves institutionnelles. Officiellement, la démocratie représentative serait souillée et corrompue, et étoufferait la véritable délibération. [Vive la Commune. Et pourquoi pas la Constituante et la Terreur 1793-2016.] Il faudrait désormais se connecter directement au peuple, en lui permettant de parler sans filtre. [Rassurant!] C'est le rêve éternel de la démocratie directe. Mais on constate que les militants de Nuit Debout sont prêts à injurier et calomnier certaines personnes associées à des idées qui ne sont manifestement pas les bienvenues dans la conversation démocratique telle qu'ils l'imaginent.

Comprenons bien la logique: la démocratie directe se pratiquera dans un éventail idéologique assez restreint. [Elle est exclusive] Et même si nous sommes devant un mouvement qui se dit citoyen, on constate qu'il se permet de distinguer sans complexe ceux qui sont dignes d'être citoyens et ceux qui ne le sont pas. Il a là une forme d'aristocratisme militant qui ne dit pas son nom. Entre les citoyens éclairés et les autres, il y a une différence de statut qui fonde la légitimité de l'action militante. Les premiers ont eu la révélation progressiste: les autres sont dans l'obscurité et sont au mieux à plaindre.

[C'est le retour de la dictature du prolétariat]

C'est le paradoxe de la démocratie directe
: elle prétend approfondir la démocratie alors qu'elle s'ouvre à la logique de la meute en se permettant de conspuer la dissidence trop ouvertement affichée. La démocratie directe ne se croit véritable que lorsqu'elle est fusionnelle et donne à ceux qui s'y investissent le sentiment de participer à une unanimité révolutionnaire. Ceux qui ne se joignent pas au mouvement sont alors présentés comme des ennemis du peuple et même, de l'humanité. Ils ne posent pas des questions légitimes: ils polluent le bel élan révolutionnaire par la mauvaise foi. Ils ne témoignent pas d'une autre conception du bien commun mais cherchent à mutiler ce dernier. Il faut en finir avec eux.

Dès lors, l'insulte suprême peut-être lancée: on accusera Finkielkraut de fascisme.
La fascisation de l'adversaire permet ainsi d'en finir avec lui [le four à gaz ou le goulag de nos primitifs]. Car on ne débat pas avec le fascisme: on le combat. [Tout déviant est un fasciste]
Contre le fasciste, la violence est permise et même encouragée. On le chasse de l'espace public, on l'empêche de se présenter dans une agora théoriquement ouverte à tous, on l'interdira même d'écouter ce qui s'y dit: c'est un intrus, un agent contre-révolutionnaire qui vient épier les militants du monde meilleur [et qu'il faut "accompagner", comme l'écrit le si candide Mouchard-Joffrin: l'heureux temps du "rideau de fer" soviétique].

Le mouvement Nuit Debout, en se transformant en théâtre d'un triste lynchage, a dévoilé sinon sa vraie nature, du moins celle de certains de ses militants, qui carburent à un fanatisme progressiste étranger aux règles élémentaires de la civilité démocratique.

lundi 10 août 2015

Terroristes de Tarnac: le Parquet déjuge la magistrate

Le Parquet maintient que le sabotage de lignes SNCF relève du "terrorisme"
Le Parquet de Paris a fait appel de l'abandon de la qualification "d'entreprise terroriste"
Famille bourgeoise et études supérieures
dans le dossier Tarnac, village de Corrèze (département du député François Hollande), où des activistes se retrouvaient.décidée par la juge d'instruction en charge du dossier.

Le Parquet de Paris conteste l'ordonnance du juge d'instruction qui a décidé de renvoyer en correctionnelle huit militants libertaires, dont Julien Coupat. Le ministère public demandait que la circonstance aggravante d'"entreprise terroriste" soit retenue à l'encontre de trois militants, dont Julien Coupat (ci-contre) et sa compagne, Yildune Lévy (ci-dessous). Le dossier des huit membres du groupe Tarnac, soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en 2008, va être examiné par la chambre de l'instruction.



Une jeunesse propre sur elle
Les parties au procès s'écharpent depuis le début sur la qualification à retenir des actes reprochés aux prévenus, à savoir le sabotage de plusieurs lignes SNCF. La défense fonde son argumentation sur le manque de preuves, selon elle, contestant notamment la légalité de moyens de surveillance mis en oeuvre par la DCRI, au domicile de Julien Coupat dès le 15 août 2008, et à l'épicerie de Tarnac, via un dispositif artisanal découvert en avril 2008. Ces éléments avaient conduit juge d'instruction en charge du dossier, à abandonner la qualification d'entreprise terroriste. Jeanne Duyé lui a préféré celle "d'association de malfaiteurs", dans une ordonnance rendue vendredi.

Un appel "en toute logique" 
Type de littérature d'extrême gauche

"La juge d'instruction ne nous a pas suivi, c'est pourquoi nous faisons appel, comme nous en avons le droit." Le Parquet de Paris estime donc que son appel a été interjeté "en toute logique". "Nous nous étions exprimés lors des réquisitions pour que la qualification d'entreprise terroriste soit retenue dans le cadre du renvoi.
Le Parquet maintient que les éléments versés dans le dossier à l'encontre des prévenus relèvent bien du terrorisme, c'est-à-dire "d'actions commises en vue de porter atteinte à l'ordre public par l'intimidation ou la terreur". 
Il rappelle également que la Cour d'Appel de Paris a validé en octobre 2010 l'intégralité de l'enquête, la chambre de l'instruction rejetant à l'époque la demande formée par la défense pour faire invalider les pièces relatives au placement sous surveillance des prévenus. 

Une instrumentalisation politique ?

En toute logique également, Marie Dosé et William Bourdon, avocats des prévenus, considèrent que l'ordonnance de la juge d'instruction "est un camouflet difficilement supportable pour le Parquet, qui reste dans une logique qui n'a rien de juridique, mais qui est une logique d'entêtement idéologique". 

L'opposition et sa presse avaient politisé l'enquête. 

Le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avaient même été accusés de l'instrumentaliser en insistant sur son caractère terroriste lors d'une vague de sabotages révolutionnaires de caténaires en plusieurs points du réseau. L'internationale communiste révolutionnaire créa des comités de soutien en France et à l'étranger et une manifestation de soutien rassembla des militants extrémistes le 31 janvier 2009 à Paris (photo ci-dessus).
Julien Coupat, situationniste de 33 ans à l'époque et doctrinaire apparenté à l'ultra-gauche, et Yildune Lévy, 31 ans (à ce jour), ont bien reconnu leur présence à Dhuisy (Seine-et-Marne)  dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 aux abords de la voie ferrée où passe le TGV Est. Pour regarder passer les trains ?

En revanche, ils ont toujours nié avoir participé à la pose d'un fer à béton, retrouvé plus tard sur la caténaire. Tordu en forme de crochet, il avait causé d'importants dégâts matériels au premier TGV du matin, et fortement perturbé le trafic. 

Outre les faits de Dhuisy, le Parquet imputait à Julien Coupat, qui a effectué un peu plus de six mois de détention provisoire jusqu'en mai 2009, une participation à un autre sabotage du TGV Est, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2008 à Vigny (Moselle). Le Parquet de Paris a également fait appel d'un non lieu partiel prononcé par le juge pour ce volet  de l'affaire. Il considère que "ces faits sont constitués", a-t-on précisé à Reuters de même source.Le dossier Tarnac est désormais renvoyé devant la chambre de l'instruction.

Un numéro de duettistes

Dans un premier temps
, la juge a déqualifié la charge de terrorisme, en sorte que
la Cour d'Appel cautionne sa décision qui vide le dossier de l'essentiel.

Dans un second temps, le tribunal correctionnel prend le relais et finit le travail en jugeant  - avec les apparences du respect du droit - que les ex-terroristes ne sont que des étudiants attardés et des intellectuels inconscients ayant agi sans intention de nuire.


Au final, Christiane Taubira ne sera pas mécontente du tour joué à l'opinion. La comédie de justice aura bien été une mascarade.


 

dimanche 15 février 2015

Au top 5 de l'horreur totalitaire, qu'a Staline à envier à Hitler ?

Pourquoi le PS ne se vante pas de ses alliances avec les communistes

Pendant que ses troupes affrontaient les nazis, le "petit père des peuples" s'en prenait aux Juifs d'URSS. 
 
Parmi ces "cosmopolites", très peu échappèrent à la purge. Le livre de Guennadi Kostyrtchenko nous le rappelle.

En septembre 1942, on se bat à Stalingrad. Au même moment, la direction de la propagande du comité central rédige un rapport sur les institutions artistiques de l'URSS. Elle feint de découvrir que, un Arménien et un Russe exceptés, les responsables du Bolchoï, centre de l'art lyrique soviétique, sont tous des juifs. La situation serait identique aux conservatoires de Moscou et de Leningrad. Peu après, le dirigeant de la cinématographie révèle qu'il s'est opposé au cinéaste Eisenstein. Celui-ci voulait confier à une actrice "aux traits sémites très accentués" le rôle d'une princesse russe dans son film Ivan le Terrible.

Ainsi, en pleine guerre contre le nazisme, se prépare sournoisement la vague d'antisémitisme soviétique qui ne se calmera qu'à la mort de Staline, "le Pharaon rouge", en mars 1953. Elle aura plusieurs étapes, marquées par des meurtres, des tortures et des procès. Vaste entreprise d'épuration qui frappera l'Etat, le Parti, sans épargner aucun domaine de la société.
 
Guennadi Kostyrtchenko, un chercheur russe, est devenu le spécialiste de cette décennie de persécutions en URSS. Il a eu accès à des documents classés jusque-là "secrets". Sans se prononcer sur la part de judéophobie paranoïaque du dictateur et de machiavélisme politique dans la chasse aux éléments "cosmopolites", il analyse la mise en place d'un antisémitisme d'Etat bâti sur le vieux fond de xénophobie et de chauvinisme du "peuple russe". 

Les méthodes impitoyables de Staline et de ses sbires

Elles s'illustrent dans la liquidation du Comité antifasciste juif, créé dès les premiers mois de la guerre. L'URSS a encouragé les contacts de ce comité avec les organisations internationales juives à l'étranger, surtout en Amérique. Elle a également fait miroiter le projet d'une autonomie juive en Crimée, avant de le dénoncer. Le responsable du comité, directeur du Théâtre juif de Moscou, Salomon Mikhoëls, sera assassiné à Minsk, en janvier 1948. On interdira Le Livre noir, rédigé par une équipe d'écrivains juifs liés au comité. Provocations, aveux, montages auront raison des survivants, figures de la littérature yiddish. 

La purge, menée sous l'étendard de la lutte contre le "cosmopolitisme sans racines", s'étend comme la peste. Elle touche la presse, allant jusqu'à menacer Zaslavski, un journaliste protégé par Staline, qui se voit reprocher son abonnement au Théâtre juif. Des têtes tombent à la Pravda. Les intellectuels juifs sont chassés des journaux, de la radio, de l'enseignement supérieur. Ils survivent en donnant des conférences ou rejoignent des secteurs moins exposés. On "nettoie" la pédagogie, la philosophie, l'économie, l'industrie, la production et la recherche militaires. Seuls quelques juifs, peu nombreux, appartenant à l'élite, échappent au combat contre la "pollution". 

Un complot imaginaire

L'affaire des médecins, dite "des Blouses blanches", marque le paroxysme de cette politique délirante. Elle est analysée minutieusement par Kostyrtchenko. On invente de toutes pièces un complot des médecins du Kremlin, dont beaucoup sont juifs. Ils auraient assassiné des leaders soviétiques, comme Jdanov, disparu en 1948, et préparé l'assassinat de plusieurs autres. On les arrête. On les soumet à la question. La fin de Staline leur épargne une liquidation certaine. Quant à ceux qui furent mêlés à cette opération criminelle, hormis Beria, ils ne connurent aucun remords et vécurent avec les honneurs dus à leur rang. 

Le bilan des victimes de ce pogrom bureaucratique ne dépasse pas la centaine. Il n'a donc rien à voir avec l'extermination des juifs par les nazis. Staline dut se contenter de détruire les âmes, de briser les volontés, et, même s'il envisagea des déportations massives de Juifs vers l'Altaï ou le Kazakhstan, il ne put réaliser son plan.
Le "mur des cons" du SM n'a rien inventé...

Mais les purges staliniennes ont existé, en plusieurs vagues d'ampleur et de significations différentes.
Elles ont été pour Staline le moyen de s'assurer le pouvoir absolu. Plongeant le pays dans un
climat de terreur et de suspicion policières, elles détruisaient toute possibilité d'opposition dans et hors du parti. En attribuant ses échecs à des boucs émissaires, elles justifiaient aussi les mesures de Staline. Enfin, elles faisaient disparaître non seulement les acteurs de la révolution d'Octobre qui portaient ombrage au maître du Kremlin, mais aussi les apparatchik qui auraient voulu s'émanciper de sa tutelle. Les premiers procès préfabriqués, celui des ingénieurs de l' "affaire Chakhty", celui du "parti industriel", celui du "bureau fédéral menchevik", font leur apparition dès la fin des années vingt (1928-1931). Ils sont suivis d'arrestations massives: la collectivisation forcée s'accompagne de la déportation de millions de familles paysannes qualifiées de koulaks. 
Mais le coup d'envoi de ce qu'il est convenu d'appeler la grande purge se situe au lendemain de l'assassinat de Kirov, le 1er décembre 1934, un acte isolé que Staline mit à profit sans tarder. L'explication immédiate du déclenchement de la grande purge réside dans la conjoncture : malgré le radicalisme des méthodes mises en œuvre pour la collectivisation et l'industrialisation, on assistait à un échec partiel. Au sein du bureau politique, une jeune équipe stalinienne, Kirov en tête, assassiné en 36, s'apprêtait à entreprendre une action visant à destituer Staline. 
Dès lors, le mécanisme des purges va s'accélérer sous l'égide du N.K.V.D. (commissariat du peuple aux Affaires intérieures). Il se situe à plusieurs niveaux: les grands procès des vieux dirigeants bolcheviques en sont la facette publique et le véritable début. Entre 1929 et 1931, plus de 250.000 communistes sont exclus du Parti, beaucoup pour "déviationnisme droitier". En janvier 1937 se déroule un deuxième procès, celui du "Centre anti-soviétique trotskiste de réserve". Le verdict est le même que lors du premier procès : les dix-sept accusés sont jugés coupables et, à une exception, tous condamnés à mort.

Les procès de Moscou sont le signal du début de purges massives. 
La phase la plus violente se déroule de fin 1936 à 1938, et coïncide avec la Iejovschina. Durant ces deux années, la répression fait plus de deux millions de victimes, dont 725.000 exécutions. L'ordre opérationnel no 00447 du 31 juillet 1937, qui ordonne de réprimer les "éléments anti-soviétiques et socialement dangereux", marque le début des purges à grande échelle. Iejov y ordonne à la police secrète de fusiller un quota minimal de 75.950 personnes et d'en envoyer 193.000 au goulag.
Pour Robert Conquest, la Grande Terreur aurait entraîné au moins
six millions d'arrestations, trois millions d'exécutions et deux millions de décès dans les camps du goulag (la photo ci-contre n'est pas prise dans un camp nazi).
Beaucoup d'"ennemis du peuple" sont poursuivis sous l'inculpation de sabotage économique, d'affiliation au trotskisme ou de participation à la subversion étrangère. L'automne 1938 marque la fin de la "Grande terreur". La pratique des arrestations arbitraires continue toutefois jusqu'à la mort de Staline.

Mais il ne faut pas oublier que l'un de ses successeurs, Brejnev, voulut en finir à son tour avec un peuple qui tenait à ses traditions, à sa langue et à sa culture. Il l'obligea à un second Exode.

Prisonniers du Pharaon rouge, par Guennadi Kostyrtchenko. Trad. par Michèle Kahn. Solin/Actes Sud, 448 p.

 

jeudi 4 décembre 2014

Des socialistes totalitaires demandent à Sarkozy de supprimer de la photo son action passée d'ancien président

Les sectaires voudraient lui retirer ses avantages, mais accabler son bilan 

Veulent-ils sa mort sur l'échafaud ?
 
 Moteur de la majorité socialiste, la haine est-elle républicaine ?
Des députés montagnards du PS tentent de  sucrer à Sarkozy ses droits d'ancien président de la République. Pour l'heure, ils contestent à Nicolas Sarkozy une indemnité de 6.000 euros par mois et des bureaux, un chauffeur, trois collaborateurs et gardes du corps liés à sa fonction. 

Un quarteron de députés socialistes nostalgiques de la Terreur de 1793 a demandé que Nicolas Sarkozy renonce à toutes les avantages associés à son statut d'ancien chef de l'Etat, maintenant qu'il est redevenu le chef de l'UMP. "Il bénéficie, en plus de son salaire d'ancien président et de l'ensemble de ses indemnités d'ancien élu, d'un certain nombre d'avantages, et notamment d'un cabinet conséquent payé par le contribuable", soulignent les députés Yann Galut, Alexis Bachelay, Colette Capdevielle et Marie-Anne Chapdelaine (élue sur un poste réservé à une femme), membres du collectif "La Gauche forte" dans une tribune consultable sur le site de L'Obs. "A la suite de son élection à la tête de l'UMP, l'ancien président perd sa neutralité. Il ne peut être à la fois arbitre et acteur de la vie politique nationale", estiment-ils dans un amalgame malveillant. Selon ces élus, l'ancien président doit "renouveler son engagement à ne pas siéger au Conseil constitutionnel (dont il est membre de droit) [ce qui ne semble pas devoir faire de problème puisqu'il avait affirmé en juillet 2013 qu'il le ferait,] et prouver qu'il renonce à l'ensemble de ses indemnités d'ancien président", ce qui n'est pas un renoncement imposé à Claude Bartolone, qui ne brille portant pas pour sa neutralité à la présidence de l'Assemblée nationale. Le troisième personnage de l'Etat est député de  Seine-Saint-Denis, conseiller municipal du Pré-Saint-Gervais et conseiller communautaire. A la différence d'Alexis Bachelay, Yann Galut cumule quant à lui les avantages de conseiller général du Cher, de député et de vice-président du groupe socialiste.

Alors qu'un sondage révèle que la gauche serait laminée si les législatives avaient lieu aujourd'hui

Même discours mercredi soir du ministre des Finances, Michel Sapin. "Je pense qu'il doit y renoncer. Il était ancien président de la République, il est maintenant président d'un parti politique", a soutenu Sapin en réponse à une question sur Canal+ et zappant cinq années au sommet de l'Etat. "Il doit donc avoir tous les attributs d'un président de parti politique, mais pas ceux d'un ancien président de la République", a-t-il insisté, au moment où ce sondage CSA publié le 2 décembre estime que la droite remporterait quelque 500 sièges et le FN obtiendrait près de 25 élus.

Comme Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy a le droit à une indemnité d'environ 6.000 euros par mois.  La constitution  de la Ve République a  en outre voulu que les anciens présidents soient aussi membres de droit du Conseil constitutionnel (12.000 euros par mois). Nicolas Sarkozy s'est cependant mis en congé de cette institution et n'en perçoit plus l'indemnité.

François Hollande avait proposé un projet de réforme constitutionnelle pour y mettre fin, mais, faute de majorité, il n'a jamais été inscrit à l'ordre du jour. En effet, selon un sondage de fin octobre, une majorité des Français (55%) serait favorable à la dissolution de l'Assemblée nationale et à l'organisation d'élections anticipées.
Les Robespierre du PS 2014 peuvent-ils aussi passer outre leur faible représentativité pour exercer leur terrorisme parlementaire ? En plus des djihadistes verts, Marianne doit faire face à ce nouveau club des Jacobins ? La haine est-elle inversement proportionnelle à la représentativité du PS à l'Assemblée comme dans le pays ? Les oppresseurs n'ont-ils pas assez d'accabler les Français d'impôts et de taxes ?